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mercredi 1 mai 2024

GRÈVE DES TRAVAILLEURS DE BILBAO EN BISCAYE AU PAYS BASQUE EN MAI 1947

GRÈVE À BILBAO EN MAI 1947.


A partir du 1er mai 1947, des milliers d'ouvriers se mettent en grève, à Bilbao.


primer mayo españa 1947 franquismo historia huelga
1ER MAI 1947 ESPAGNE
JOURNAL RENOVACION





La tradition du premier mai revendicatif des travailleurs remonte au Premier Mai 1886.


Cette année-là, les syndicalistes américains organisent des actions collectives le premier mai en 

faveur de la journée de huit heures.



Certains travailleurs obtiennent satisfaction mais 340 000 d'entre eux doivent faire grève 

pour avoir eux aussi gain de cause.



Le 3 mai 1856, une manifestation est violemment réprimée par la police et il y a trois morts 

parmi les grévistes.



Une marche de protestation a lieu le lendemain et au moment de la dispersion, une bombe 

explose.



Il y a une quinzaine de morts parmi les policiers.



Trois syndicalistes anarchistes sont jugés et condamnés à la prison à perpétuité.

Cinq autres sont pendus le 11 novembre 1886 malgré des preuves incertaines. 

Ils seront réhabilités plusieurs années après.




En souvenir de ce drame va être instauré chaque année une "journée internationale des 

travailleurs" ou "Fête des travailleurs", appelée plus communément "Fête du Travail".



Voici ce que rapporta l'hebdomadaire communiste La France nouvelle, au sujet de ces grèves en 

Pays Basque Sud, en mai 1947 :



"A la manière des mineurs du Nord et du Pas-de-Calais, en Mai 1941 :

La grève héroïque des travailleurs de Bilbao.



Au cours des premières semaines de mai, plus de 50 000 ouvriers ont quitté les usines, les ateliers, les fabriques de la région industrielle de Biscaye. C'est la plus importante manifestation antifranquiste depuis la guerre civile. Les grèves locales, les protestations, les actions des guérilleros n'ont cessé depuis la prise du pouvoir par Franco de témoigner d’un courant extrêmement vivant de résistance au fascisme espagnol, malgré les odieuses répressions, la prison, les tortures, les exécutions. L’ampleur de ce mouvement de grève de Biscaye, en dépit des précautions prises par Franco, a un retentissement dans toute l’Espagne et au-delà des frontières. L’action des travailleurs basques éveille une sympathie agissante pour tous les Espagnole opprimés, elle stimule les énergies résistantes au fascisme espagnol ; elle renforce les espérances de la chute prochaine de Franco et de la renaissance de la République espagnole.



Le développement de la grève.



En accord avec les trois organisations syndicales basques de l'intérieur, l'U.G. T., la C. N.T. et la Solidarité des travailleurs basques, le gouvernement banque avait décrété la cessation du travail le 1er mai dans les usines et les chantiers de Biscaye. La décision n’affectait ni les commerces ni les transports publics. Des tracts avaient été distribués à profusion.



Avant le déclenchement de la cessation du travail, le gouverneur civil avait donné ordre aux patrons de licencier les ouvriers ne se rendant pas ce jour-là dans les ateliers.



Avec un esprit de discipline magnifique, le 1er mai, 70 à 80 pour cent des ouvriers chômèrent. Les contremaîtres et les ouvriers spécialisés furent les premiers à s’abstenir. Dans les ateliers de la Compagnie Euzkalduna, à la Construction naval, à l'entreprise "Earle", l’arrêt a été complet.



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COMPAGNIE EUSKLADUNA BILBAO
PAYS BASQUE D'ANTAN



Le gouvernement franquiste, par l’intermédiaire du gouverneur civil, prit une série de mesures coercitives. La répression a commencé par une phase administrative.


"Ceux qui ont essayé de rappeler les coutumes passées, disait le 2 mai le gouverneur civil, se verront soumis aux mesures suivantes" :


1° Leur contrat collectif de travail sera annulé.

2° Dans un délai de 10 jours, ils devront demander à nouveau leur réadmissions individuelle dans leur ancienne entreprise. 

3° Les entreprises enverront ces demandes d'embauche à la préfecture pour enquête.

4° Les "producteurs" réintégrés perdront leurs droits d'ancienneté dans l'entreprise.

5° A partir de ce jour, toute entreprise avant d’embaucher du personnel, devra exiger de celui-ci un certificat de son ancien patron, qui établira, s'il a été puni ou non, en vertu de ces dispositions.



Dans la matinée du lundi 5 mal, le nombre des renvois atteignait 14 000.



Les organisations syndicales décrétèrent alors la grève dans toutes les usines où les renvois avaient été effectués. Plus de 25 000 travailleurs se trouvèrent alors en grève.



Très rapidement la grève s’étendit. Les ouvriers des transports, du bâtiment et les boulangers se minent en grève par solidarité.



Cependant, la répression franquiste entrait dans une phase policière.



Les arrestations se sont multipliées. Des patrouilles ont parcouru les rues, des mitrailleuses furent mises en batterie. Les éléments phalangistes ont adopté une attitude provocatrice. Au lendemain du 1er mai, déjà une centaine d'ouvriers étaient incarcérés. Tous ceux qui jouissaient de liberté provisoire, conditionnelle, ont été convoqués pour savoir s'ils avaient participé au mouvement. Il y en avait plusieurs milliers.



Les patrons qui n’avaient pas agi conformément aux ordres du gouverneur civil étaient arrêtés, emprisonnés, frappés de lourdes amendes.



Les cachots des commissariats de police, la prison de Larriniga furent rapidement pleins. Le 8 mai, plus de 6 000 personnes, hommes et femmes, étaient détenus aux arènes de Vista Alegre.




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ARENES VISTA ALEGRE BILBAO
PAYS BASQUE D'ANTAN



Les patrons eux-mêmes ont accusé le gouverneur civil Riestra, de maladresse et de cruauté. "Au-dessus des intérêts particuliers et industriels de la Biscaye, a répondu le gouverneur à une délégation patronale, il y a les intérêts de Franco et de son régime."



Alors que le travail a repris, emprisonnements, déportations de grévistes, arrêtés le plus souvent au hasard, se poursuivent. Les intérêts supérieurs de Franco et de son régime exigent les souffrances des camps de concentration franquistes en Afrique, les tortures, les massacres. 



Une action de masse contre Franco.



La tyrannie fasciste espagnole, la terreur semée dans les provinces par les éléments phalangistes, les recherches policières, les emprisonnements, les menaces et les coups n’ont pas empêché une manifestation de masse puissante, un cri de révolte viril, qui retentit dans toute l'Espagne, et dont le monde entier recueille les échos.



C'est précisément cette tyrannie franquiste, cet asservissement du peuple sous le joug fasciste qui est la cause première et profonde de la rébellion. La grève de masse des travailleurs basques est la première vague puissante d'une tempête qui gronde. L'unité du peuple espagnol se forge dans l'oppression, dans la souffrance. C'est l’action de masse qui balaiera Franco.



La grève des ouvriers de Biscaye résulte aussi des conditions économiques dans lesquelles se trouve l’Espagne tout entière. C’est le franquisme qui a plongé la péninsule dans des difficultés alimentaires très graves. Ouvriers et paysans ont souvent eu, au cours des siècles, une existence misérable, étant exploités par les propriétaires terriens et par les industriels. Les capitaux étrangers lèvent une dîme sur le sueur des ouvriers espagnols. Bien que la guerre n’ait pas ravagé l’Espagne, la situation alimentaire du pays demeure extrêmement précaire et rien n'est entrepris par le régime qui règne sur le peuple, contre le peuple, malgré le peuple.



La grève a réussi parce que les courants de haine contre Franco se sont rassemblés, unifiés, au lieu d’éclater en manifestations sporadiques et fréquentes réprimées avec sauvagerie. Les colères des travailleurs ont soulevé cette fois la masse du peuple de Biscaye, comme elles soulèveront demain la masse entière du peuple espagnol.



La grève a été soigneusement préparée par les organisations syndicales, en accord avec le gouvernement basque. C’est une des raisons de son succès. La secrétaire générale du parti communiste espagnol "La Pasionaria" insistait, au troisième congrès du parti communiste espagnol sur l’importance de la préparation des actions de masse.



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DOLORES IBARRURI "LA PASIONARIA"



Sur le terrain de la lutte effective, il faut préparer les grèves et les actions de protestation des masses, les développer en profondeur et en étendue, les coordonner et ne pas les laisser commencer et se développer séparément.



Comme les mineurs français en 1941.



La grève des ouvriers basques rappelle aux Français un mouvement survenu dans des conditions analogues d’oppression.



L’occupant hitlérien sur le sol de France dictait sa loi. Toute protestation, alors, entraînait des représailles. A l’apogée de la puissance arrogante du fascisme allemand, les mineurs français, en 1941, se mettaient en grève dans les bassins du Nord et du Pas-de-Calais.



Cette action de masse parfaitement réussie avait été alors préparée avec soin par Auguste Lecoeur collaborateur direct de Jacques Duclos et du Comité central du Parti Communiste Français, par les comités populaires et les éléments de la C.G.T. clandestine en pleine reconstitution. Ce fut la première résistance de masse française, résistance muette, passive, puissante que les canons allemands ne purent empêcher. Cette grève eut aussi des retentissements profonds, elle contribue à renforcer l'activité de la Résistance et à galvaniser toutes les énergies patriotiques.



De même, en Espagne, la grève de Bilbao donne une impulsion à toutes les énergies antifranquistes : elle accroît la confiance du peuple dans l'avenir de l’Espagne, dans la lutte contre Franco et la reconquête de la liberté.



Signification de la grève.



C'est dans cette province catholique, le pays basque qu'éclate la grève la plus puissante de toute la sombre et sinistre histoire du franquisme, jusqu'à ce jour.



La grève est d'abord une manifestation d'unité du peuple espagnol. Elle témoigne d’une hostilité générale contre Franco. Elle est une réponse à tous ceux qui prétendent en Espagne et hors d'Espagne que le régime est en réalité accepté par le peuple. Elle démontre que le régime ne se maintient que par une farouche terreur. Elle stigmatise les appuis que le dictateur reçoit dans les chancelleries, les pays qui lui donnent la possibilité de se survivre, pays partis en guerre contre le fascisme italien et allemand, qui oublient la honteuse survivance espagnole.



Certains patrons ont manifesté une vive résistance aux ordres de l’administration franquiste. C'est que le régime qui propage la terreur en Espagne répand aussi la ruine. Il en fait un pays appauvri et décadent. Les vaines et grandiloquentes proclamations du dictateur ne contribuent nullement à donner au pays l'essor économique auquel il pourrait prétendre.



Les travailleurs catholiques du pays basque se sont élevés, eux aussi, contre un Etat qui prétend reposer sur des fondements religieux. Les croyants d'Euzkadi n’acceptent pas la dictature sous couvert de catholicisme officiel. Parmi les motifs de grève énoncés par le poste radio clandestin basque, il y avait celui-ci :


"Faire de l'Eglise une institution digne et libre et non au service de dictateurs de quatrième catégorie."



La dictature de Franco s'exerce sur l'ensemble des masses travailleuses. Les prétextes de lutte anticommuniste sont depuis longtemps éventés. Aussi, croyants, non croyants, maudissant le régime de contrainte, de misère de terreur, forgent dans la souffrance l'unité du peuple espagnol contre la dictature.



La courageuse grève des travailleurs basques a été saluée au delà des frontières espagnoles par toutes les forces de la liberté et des progrès démocratiques. La Fédération syndicale mondiale, les organisations ouvrières de nombreux pays ont témoigné du désir de soutenir efficacement la lutte vaillante et douloureuse contre les dernières forces du fascisme.



Toutes les nations démocratiques et en premier lieu les grands alliés qui ont combattu pour le triomphe de la liberté, contre les dictateurs fascistes d'Italie et d'Allemagne ne peuvent demeurer insensibles à l'oppression de tout un peuple. La dictature franquiste a été installée en Espagne avec l’aide des blindés de la Wehrmacht et des avions fascistes italiens. La victoire sur Hitler et Mussolini n'est pas complète tant que leur créature règne sauvagement sur l'Espagne martyre.



Des Basques et des Espagnols sont morts à Narwick, en Afrique, en Italie, en France, pour le triomphe des alliés et la liberté du monde. C’est un devoir pour les nations démocratiques de les aider à leur tour à retrouver la liberté dans leur propre pays.



A bas Franco, la honte sanglante !"



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)










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mardi 12 octobre 2021

UN RÉSEAU D'ESPIONNAGE DE FRANCO AU PAYS BASQUE NORD EN 1947

UN RÉSEAU D'ESPIONNAGE FRANQUISTE EN 1947.


Des réseaux franquistes ont longtemps existé sur la Côte Basque.



pays basque 1948
BIARRITZ EN 1948
PAYS BASQUE D'ANTAN




Voici ce que rapporta à ce sujet le journal La France Nouvelle, dans son édition du 26 avril 1947 :



"France Nouvelle au Pays Basque et sur la Côte de l'Atlantique.



Le puisant réseau d'espionnage de Franco.



Scandaleuses complicités des services français de sécurité.



Sur la côte basque, Hendaye, gare frontière avec l'Espagne, est aujourd'hui une gare morte. Les quais sont déserts, les rails rouillés. Les trains ne franchissent plus cette limite. Au delà, c’est l’Espagne de Franco, refuge de tous les résidus du fascisme, c’est l'Espagne où des milliers d'agents de l'Abwehr, de la Gestapo et des services de renseignements allemands ont reconstitué de puissantes organisations dont le premier travail est de remettre sur pied dans les pays démocratiques ces  "5e colonnes" qui contribuèrent si efficacement aux victoires hitlériennes des années 39 et 40.



A  300 mètres de la gare d'Hendaye, la route franchit la Bidassoa, torrent-frontière, sur le pont "international" d'Irun. De part et d'autre du pont les barrières sont fermées.



Du poste-frontière, on domine la petite ville espagnole d'Irun, dans la vallée de la Bidassoa : ville silencieuse d’où ne monte aucun bruit. On aperçoit les rues désertes et, de temps à autre, les silhouettes des phalangistes et des carabiniers. Car Irun est aujourd'hui une ville militaire, au centre d'un secteur puissamment fortifié. Et tandis qu'à l'horizon, des hauteurs qui dominent Fontarabie, les canons franquistes sont braqués sur la France, d'Irun un puissant réseau d’espionnage rayonne sur notre pays basque et sur toute la côte française de l'Atlantique.



Les objectifs et les chefs.


Les objectifs de ce réseau sont multiples : services de renseignements, infiltration dans l'immigration républicaine espagnole, passage en Espagne de nazis et de collaborateurs français et belges, constitution de dépôts d'armes en France et aide directe à nos néofascistes.



L’espionnage franquiste est dirigé par le colonel Ortega, chef du secteur frontalier d’Irun. A ses côtés, le commandant Ibanez dirige les services de renseignements avec l’aide de deux adjoints : le commandant Ozorès, de la police militaire, et le commissaire Peroda, du poste-frontière de Dancharia, à 16 km. d'Irun



L’existence et l’activité du réseau franquiste ont été révélées par l’affaire Simon Arbelot, par l’arrestation à Biarritz du colonel Picquer, et à Paris du général Villalba, par l'arrestation de l'espionne Alice Bertis et par l'affaire de l'abbé Moulat.



Simon Arbelot, espion de "qualité".



Le 9 février dernier, Simon Arbelot de Vacqueur, ex-consul de Vichy à Malaga, et sa femme "Belou", étaient arrêtés dans une ferme, à proximité du poste-frontière de Dancharia.



Simon Arbelot vivait réfugié à St-Sébastien et il était venu attendre à la frontière sa femme qui résidait à Biarritz et qui possédait un passeport diplomatique délivré par le Quai d’Orsay et une autorisation de résidence espagnole.



Les époux Arbelot correspondaient régulièrement par la filière du réseau franquiste au profit duquel ils travaillaient.



Quelques jours plus tard, Arbelot et sa femme étaient transférés à Paris, et, le 18 février, ils étaient libérés. L'affaire se terminait par un non-lieu.



Pendant l’occupation, Arbelot a largement collaboré à la prose nazie de Paris et signé notamment de nombreux articles dans La Gerbe, d’Alphonse de Châteaubriant.




ecrivain france collaboration
ALPHONSE DE CHÂTEAUBRIANT 1946



Les faux Républicains. 



Il y a quelques semaines, la Sûreté arrêtait à Biarritz le colonel Picquer, agent franquiste, se faisant passer pour républicain immigré. Son travail consistait à dépister les organisations de résistance espagnole pour procéder à toutes les arrestations voulues en Espagne. L’arrestation de l’espion Picquer a entraîné celle du général Villalba à Paris.




general franquiste espion
GENERAL RICARDO VILLALBA RUBIO


Mais leur chef direct Luis Alfaro vit en toute liberté à Biarritz. Alfarro travaille sous le contrôle du commandant Ibanez, d’Irun.



Leurs complices français, Alice Bernis, Zozaya et Espana, arrêtés en décembre dernier, ont fait des aveux complets. Ils sont aujourd’hui libérés sous le prétexte qu'ils seraient agents doubles (D.G.E.R.). Ils ont repris toute leur activité au pays basque.



Le complot des couvents.


Le directeur du collège St Bernard, à Bayonne, l’abbé Moulat, et l'un de ses professeurs, le frère Armando Ritz, espagnol, organisent depuis de longs mois le passage en Espagne de collaborateurs, belges pour la plupart. Le collège St-Bernard est une charnière du réseau "Bruxelles-Hendaye", l’une des plus importantes filières qui conduisent en Espagne.




pays basque autrefois college
PENSIONNAT ST BERNARD BAYONNE
PAYS BASQUE D'ANTAN



L’abbé Moulat est en contact direct avec le commissaire Peroda de Dancharia. Des collaborateurs arrêtés au moment où ils franchissaient la frontière ont avoué l’aide reçue de l’abbé Moulat. Celui-ci a avoué tonte son activité. L’affaire a été étouffée. L'abbé a été condamné, en tant que simple "contrebandier", à 5 000 francs d’amende.



Aujourd'hui, l'abbé Moulat a repris toute son activité, il rencontre Ortega à Irun et le frère Xavier de St-Sébastien, chez qui séjournent actuellement Degrelle et Peretti Della Rocca.



pais vasco antes nazi
LEON DEGRELLE SOUS L UNIFORME SS


Au début d'avril, Péreda est venu à Bayonne, muni de papiers français, et il a eu une longue entrevue avec l'abbé.



Le travail en famille.



Ainsi, toutes ces affaires d'espionnage ont été étouffées. Aucune arrestation n’a été maintenue. Tout ce beau monde travaille en famille, sous l'oeil "paternel" des services français de sécurité.



Ortega et Ibanes viennent en France munie de "laissez-passer" délivrés par les renseignements généraux d’Hendaye dirigés par le commissaire Morel.



La frontière est fermée, mais la police française donne toute facilité aux dirigeants des services d'espionnage franquistes pour venir en France rencontrer leurs agents.



Incurie ou complicité ! C’est en fait une véritable trahison, une aide directe aux agents de Franco qui travaillent contre notre pays. Le scandale dure depuis plusieurs mois.



Tout récemment encore, le 1er avril, le capitaine Ibanez a dîné à Hendaye au restaurant Broca avec plusieurs femmes venues de Paris et reparties tout aussitôt.



Ibanez était accompagné de Gil Fernando, officier de la Policia Armada, de Madrid.



Voilà ce que tolèrent les renseignements généraux d'Hendaye et l'on peut se demander qui couvre une telle carence de nos postes-frontières !



Le commissaire Morel rend d’ailleurs fréquemment des "visites de courtoisie" à Irun au colonel Ortega.



Et voici la D.G.E.R. 



La D.G.E.R. est d'ailleurs solidement installée à la frontière franco-espagnole.



Le capitaine Alex Perricaud, de la D.G.E.R., très lié avec le commissaire Morel, a eu une grosse activité dans le pays basque, jusqu’au jour où il a dû quitter la région, compromis dans une affaire de trafic de postes de T.S.F. avec l'Espagne.



Mais les agents de l'ex-D.G.E.R. fourmillent dans la région.



L’un d’eux, Dionne, qui appartint à la bande Carbone et Spirito, partage son temps entre Paris et sa villa de Guétary. Il possède, en outre, un bateau de pèche et se livre au "cabotage". Cet individu poursuit ses activités multiples autant que mystérieuses avec la complicité totale des services de la sûreté.



C’est ainsi que l’an dernier, lorsque Paul Baudoin, ex-ministre de Vichy, fut arrêté à la frontière au moment où il allait passer en Espagne, on découvrit dans l'auto de Baudoin, Dionne et le capitaine Iguelmo, des services de renseignements franquistes de Saint Sébastien, qui était muni d'ailleurs de papiers français.



ministre information vichy seconde guerre mondiale
PAUL BAUDOUIN
MINISTRE DE L'INFORMATION SOUS VICHY


Dionne, relâché, n'a jamais été inquiété et poursuit en toute sérénité ses "travaux". lguelmo, libéré, a repassé la frontière. Il est vrai qu’on n’en est pas à un scandale près dans la région.



"Monsieur Fisch".



Le réseau d’espionnage franquiste se double d'un réseau d'espionnage allemand dont le centre n'est plus Irun mais Saint-Sébastien.



En 1913, les Basques virent s’installer à Saint-Jean-Pied-de-Port un "civil" allemand, M Klaus Fisch qui, indépendant de tous les services officiels de l’armée, de la police et de la douane, passait son temps à peindre les paysages.



"Monsieur Fisch" se rendait fréquemment à Paris, ainsi qu’en Espagne, à Pampelune et à Saint-Sébastien. Mais il revenait toujours avec fidélité au Pays basque. Se disant ancien peintre officiel du maréchal Hindenburg, il réglait tous les litiges de la population avec les autorités occupantes. Personnage puissant, il fit revenir dans leurs familles de très nombreux prisonniers basques.



Il obtint même de la Gestapo le libération de Mgr Mujica, évêque séparatiste basque espagnol, réfugié à Cambo ; en août 44,  il gagna in extremis l'Espagne avec des complicités françaises.



Aujourd'hui "Monsieur Fisch" est le général Fisch, dirigeant le S.R.A. de Saint-Sébastien. Il est aidé de l’espion nazi Furscht et travaille en collaboration étroite avec le colonel Ortega.



Pendant les deux années de son séjour à Saint-Jean-Pied-de-Port., il a su mettre en place le réseau qu'il dirige aujourd'hui.



L'"Ostereier Aktion".



La présence du général Fisch à Saint-Sébastien est en relation directe avec la découverte récente d'un puissant réseau allemand installé en 1943 et 1944 par l’Abwehr II, sur toute la côte atlantique. Cette opération montée par les services spéciaux allemands était désignée sous le nom de "Ostereier Aktion".



Dans le cadre de cette opération, plusieurs "missions" s'échelonnent de Nantes à Hendaye. La mission "Carmen" qui occupe le secteur Nantes, Saint-Nazaire, la Baule.



La mission "Carmen II" qui occupe le secteur Niort-la Rochelle-Arcachon-Bordeaux-Libourne.




La mission "Appel" qui s’étend d’Arcachon à Hendaye.



Des dépôts d’armes sont en place, qui contiennent de grosses mines magnétiques contre écluses et bateaux, des petites mines pour voies ferrées et lignes de haute tension, de grosses quantités de plastique, des engins incendiaires de poche, des postes émetteurs. Un certain nombre de ces dépôts ont été retrouvés par la Sécurité du territoire. De très nombreux autres sont demeurés en place, et n'ont pu être repérés. De Saint-Sébastien et avec l’aide des services franquistes, le général Fisch continue de diriger l’Ostereier Aktion. Ainsi, de Nantes à Hendaye, un dispositif puissant, mis en place sous l’occupation par les services de l'Abwehr, continue d'être contrôlé d'Espagne, par les officiers allemands, avec l'aide des services franquistes.



On reste confondu de la facilité a laquelle ces agents franquistes travaillent à la frontière des Pyrénées.



De scandaleuses complicités facilitent leurs activités toutes dirigées contre la France et la Démocratie.



Est-ce parce que les agents franquistes apportent une aide directe aux mouvements fascistes qui se reconstituent en France qu’on favorise leurs activités à la frontière pyrénéenne ?



Qui est responsable de la carence de nos services de sécurité à la frontière ?



D’ores et déjà, des sanctions immédiates s’imposent à l’encontre de ceux qui laissent pénétrer en France, depuis des mois, les Ortega, les Ibanez, les Gil Fernando !



Que la frontière espagnole ne s'ouvre que pour laisser passer les agents de Franco, voilà un scandale qui ne saurait durer.



Le danger n’est pas imaginaire. La sécurité du territoire sait à quoi s'en tenir sur l’existence des dépôts d’armes et les agissements des agents de l'Abwehr réfugiés en Espagne.



Il est temps de mettre fin aux activités de cette nouvelle "cinquième colonne"."





(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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