mardi 4 septembre 2018

LA BATAILLE D'IRUN EN GUIPUSCOA AU PAYS BASQUE EN SEPTEMBRE 1936

LA BATAILLE D'IRUN EN SEPTEMBRE 1936.


Pendant la Guerre Civile Espagnole, Hendaye et Béhobie, villes-frontière ont été les premiers témoins du Pays Basque Nord de ce conflit, en particulier en août et septembre 1936.


guerra civil espanola
AFFICHE OFENSIVA PARA EUZKADI 1936
PAYS BASQUE D'ANTAN


Je vous ai déjà parlé dans un article précédent de la bataille d'Irun.


Voici aujourd'hui la chronologie, presque heure par heure, de cette bataille.

Voici ce que rapporta le journal Le Petit Parisien, dans son édition du 5 septembre 1936 :

"Les phases pathétiques de la prise d'Irun.


La bataille pour Irun.



A 9 heures, exode éperdu de la population.


Hendaye, 4 septembre (dép. Havas) 



Les troupes rebelles, protégées par les tanks et les automitrailleuses avancent toujours, Elles ont dépassé la fabrique d'allumettes et sont arrivées aux premières maisons du centre de la ville. Irun va tomber malgré l'héroïsme d'une poignée d'hommes qui, avec quelques mitrailleuses, ont juré de se faire tuer sur place. C'est l'affaire de quelques heures, de quelques minutes peut-être, et Irun sera prise par les rebelles. Bientôt le drapeau tricolore sera remplacé par le drapeau rouge et or, l'emblème des troupes du général Mola.



pais vasco antes
AFFICHE HOMMAGE A L ARMEE POPULAIRE ESPAGNOLE 1936 1937
PAYS BASQUE D'ANTAN


Des maisons brûlent dans la ville. C'est pendant la nuit que la manoeuvre s'est effectuée. D'ailleurs, la résistance était pour ainsi dire nulle sur la route de Saint-Martial à Irun, et les insurgés descendaient également de la montagne. Que pouvaient faire les miliciens du Frente Popular devant le nombre et un armement bien supérieur au leur ?


irun antes
IRUN EN FLAMMES SEPTEMBRE 1936
PHOTO PARIS SOIR
PAYS BASQUE D'ANTAN


Dans Béhobia, quelques coups de feu sont toujours tirés çà et là, mais la petite ville est presque entièrement aux mains des rebelles.




A Hendaye, aux abords de gare, dans les rues, on voit, réunis par centaines, les habitants d'Irun et de Béhobia qui, toute la nuit, sont passés en France. A partir de ce matin 6 heures, ce fut la ruée; les hommes suivent, abandonnant la lutte; il y en a qui portent encore la cotte bleue avec laquelle ils se battaient ces jours derniers ; ils sont démoralisés et viennent rejoindre leur famille. "Puisqu'on ne peut plus se défendre !" nous dit l'un d'eux.




hendaye autrefois
GARE HENDAYE SEPTEMBRE 1936
PAYS BASQUE D'ANTAN



Ces groupes de réfugiés, encore haletants, les traits tirés, vêtus de la façon la plus hétéroclite, constituent un tableau lamentable. On a vraiment l'impression d'une débâcle. Chacun a sauvé ce qu'il a pu : l'un des ustensiles de cuisine, l'autre un matelas, d'autres des souvenirs de famille. Une petite fille porte une cage où s'affole un canari. Les enfants s'égarent dans cette foule prostrée. On entend des sanglots, et pour ajouter à la désolation, la pluie tombe, une petite pluie fine, impitoyable. Au dernier moment, de nombreuses voitures ont pu passer la frontière, chargées comme des voitures de déménagement.



Irun n'est toujours pas occupé définitivement par les troupes rebelles. 




Du pont international, on voit une quinzaine de miliciens qui, derrière deux mitrailleuses et protégés par des barricades faites avec des matelas, mitraillent légionnaires et Marocains qui sont échelonnés depuis la rive espagnole de la Bidassoa jusqu'aux premières maisons de la ville.

pais vasco antes
IRUN SEPTEMBRE 1936
PHOTO PARIS SOIR
PAYS BASQUE D'ANTAN



Par quelle rue vont entrer les vainqueurs ? L'artillerie rebelle n'est pas entrée en action ; sans doute, le commandement ne veut-il pas ajouter encore aux ruines.




La bataille de rues commence, la plus tragique, la plus atroce.




Les miliciens du Frente Popular et les soldats, voyant toute résistance vaine, ont abandonné la lutte et ont demandé à revenir en Espagne en passant par la Catalogne. Des trains spéciaux vont être formés, qui les dirigeront sur Barcelone.




Un incident s'est produit à ce sujet. Plusieurs miliciens sont montés dans des automobiles espagnoles qui, toutes, portent les marques C. N. T., U. G. T., U. H. et sont partis pour Barcelone par la route, sans aucune autorisation. M. Mathieu, préfet des Basses-Pyrénées, qui a passé toute la nuit au pont international, a donné immédiatement l'ordre à tous les postes de gendarmerie d'arrêter les voitures et de les ramener à Hendaye, d'où les miliciens partiront par le train avec leurs camarades.



guerra civil espanola
TRAIN DE MILICIENS POUR LA CATALOGNE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Un milicien a sauvé le drapeau républicain qui flottait sur l'hôtel de ville il l'a roulé autour de sa hampe et il le serre nerveusement contre lui.


pais vasco antes
MAIRIE IRUN
PAYS BASQUE D'ANTAN


Tous les miliciens et soldats passés en France ont été désarmés.




On apprend que le bombardement effectué hier sur Irun et Fontarabie a fait de nombreux blessés. On parle de deux cents.




Fontarabie se vide à son tour de sa population, qui traverse, en barque, abordant à Hendaye, au vieux port. 




pais vasco antes
PLAGE D'HENDAYE SEPTEMBRE 1936
PAYS BASQUE D'ANTAN



A Béhobie, à Hendaye, dans toutes les rues, sur toutes les places, on ne voit que des réfugiés. Les autorités françaises s'occupent activement de les répartir et de les diriger sur divers départements français.




A 10 h. 30, la résistance se poursuit.




Irun se défend toujours et les miliciens occupent encore le poste-frontière.




A Béhobia, par contre, la résistance est réduite et les carlistes ont pris possessions du poste-frontière.




A 13 heures, la ville est en flammes.




Une dizaine d'hommes à peine résistent encore sur le pont d'Irun. 




Des camions, des automobiles de luxe ont transporté la plupart des défenseurs en France, où ils sont désarmés au fur et à mesure. D'autres miliciens battent en retraite vers Fontarabie, passant la route derrière le pont d'Irun.




La ville et toute la vallée sont recouvertes d'une épaisse fumée : Irun entière est en flammes. De violentes ̃explosions se font continuellement entendre. Les balles sifflent autour du poste frontière français.



pais vasco antes
IRUN EN FLAMMES SEPTEMBRE 1936
PAYS BASQUE D'ANTAN



Les miliciens en retraite ont incendié un dépôt d'automobiles.




Près du pont d'Irun, on entend les cris des blessés.




Sur le quai de la gare d'Hendaye, les miliciens qui se sont réfugiés en France sont rassemblés et prennent place par centaines dans les trains qui vont les conduire vers Barcelone. 



pays basque autrefois
GARE HENDAYE SEPTEMBRE 1936
PAYS BASQUE D'ANTAN



A 14h. 15, l'hôtel de ville occupé par les insurgés.




A 14 h.15, l'hôtel de ville d'Irun est occupé par les insurgés.




Une vieille voiturette fait le va-et-vient, amenant en France, par groupes de quatre ou cinq, les derniers miliciens avec leurs armes, qu'ils remettent aux gendarmes français. 




C'est une question de minutes maintenant. La résistance est pratiquement terminée.




A Hendaye, une compagnie du 18e régiment d'infanterie de Bayonne a relevé les gendarmes, qui ont assumé un long et dur service au cours des dernières journées.


hendaye autrefois
LA FUITE A HENDAYE SEPTEMBRE 1936
PAYS BASQUE D'ANTAN


A 15 h. 30, le pont d'Irun résiste toujours, paradoxe extraordinaire, alors que trois miliciens seulement restent au delà de la Bidassoa, auprès d'une mitrailleuse.




Les troupes rebelles continuent de tirer.




A 18 heures, la poignée d'hommes qui tient le pont d'Irun résiste toujours, les anarchistes, en retraite, multiplient les foyers d'incendie. De la gare d'Hendaye même on voit brûler les premières maisons de Fontarabie. C'est dire que les hommes des ponts sont encerclés de très près et n'ont plus de recours que dans la fuite vers la France.



pais vasco antes
IRUN SEPTEMBRE 1936
PAYS BASQUE D'ANTAN


C'est fini.


Pont d'Irun, 4 septembre (d. Hav.) (Retardée en transmission)


A 19 heures, les troupes rebelles qui depuis déjà une heure sont au repos se mettent en mouvement et lentement avancent face à l'avenue de France, aussi la mitrailleuse du pont est mise en action, les rafales se succèdent, puis le silence revient.




A 19 h. 15, cinq hommes traversent le pont international, très crânes, un petit baluchon sur l'épaule, la cigarette à la bouche, ils rentrent en France.



guipuzcoa antes
IRUN 1936
PAYS BASQUE D'ANTAN


"Ça va, c'est fini, nous disent-ils." 




Cependant la mitrailleuse crépite toujours.




Le torpilleur gouvernemental  n° 3 qui était ancré devant Fontarabie a levé l'ancre et est parti en direction de Saint-Sébastien.




euzkadi 1936
MARINE DE GUERRE BASQUE 1936
PAYS BASQUE D'ANTAN



D'autre part. M. Mathieu, préfet des Basses-Pyrénées et le général Hug, ont inspecté les services d'ordre installés aux abords de la frontière. 





Les rebelles n'occupent pas le pont International.


Hendaye, 4 septembre (dép. Havas). 


Ce sont des volontaires belges qui tiennent encore le pont d'Irun. Ils sont arrivés au dernier moment, venant de la voie de chemin de fer, sur laquelle ils avaient installé une mitrailleuse qu'ils ont avancée jusqu'au pont. 



Ils se disent décidés à tenir jusqu'au bout, jusqu'à la dernière cartouche.




A 23 h. 15, les rebelles n'avaient pas encore occupé le pont international. 



guipuzcoa antes
FRANQUISTES A IRUN SEPTEMBRE 1936
PHOTO OCANA
PAYS BASQUE D'ANTAN


Un véritable abattoir. 



Londres, 4 septembre (dép. Radio.) 



Un journaliste anglais qui se trouvait près d'Irun lors de l'entrée des rebelles télégraphie que ceux-ci ont fusillé tous les miliciens trouvés les armes à la main.



Le journaliste anglais ajoute que les rues d'Irun ressemblent maintenant à un véritable "abattoir" car non seulement des miliciens ont été tués, mais même des femmes, des enfants, des vieillards qui n'avaient pas évacué la ville et qui se décidaient enfin à partir pour la France au moment de l'entrée des rebelles, furent pris entre le feu de ces derniers et celui des loyalistes, près du pont international.


pais vasco antes
IRUN SEPTEMBRE 1936
PAYS BASQUE D'ANTAN



Ce même journaliste affirme avoir vu femmes, enfants et vieillards tomber sous les balles perdues tandis que les miliciens fusillaient tout homme valide qui voulait se réfugier en France. Ceux qui voulaient traverser la frontière devaient passer sur les corps encore chauds des victimes.




Le journaliste anglais ajoute que toua les défenseurs d'Irun, pour la plupart des communistes et des anarchistes, qui ont été pris vivants, ont été fusillés sur-le-champ.




"En conclusion, dit-il, ce fut la répétition exacte de ce que j'avais déjà vu à Badajoz."


guerra civil espanola
LES FRANQUISTES A IRUN SEPTEMBRE 1936
PHOTO OCANA
PAYS BASQUE D'ANTAN


Le sort des otages.


Londres, 4 septembre (dép. Radio). 



Les derniers messages de source britannique, reçus de la frontière espagnole, annoncent que, avant de battre en retraite à Irun, les gouvernementaux ont fusillé tous les otages qui se trouvaient emprisonnés à la forteresse de la Guadalupe ainsi que tous les moines du monastère de Fontarabie.




Parmi les suppliciés se trouverait l'archevêque de Valladolid.




130 blessés à l'hôpital d'Hendaye.


Hendaye, 4 sept, (dép. Havas.) 


L'hôpital installé place de la République, à Hendaye, qui a recueilli les blessés d'Irun, fonctionne normalement. Il y a sept médecins espagnols, dont un commandant-major, et trois médecins français. L'hôpital est dirigé par le docteur Cazenave, d'Hendaye. qui a su parer aux premières nécessités.




On compte actuellement cent trente blessés environ, dont vingt atteints grièvement. L'un d'eux est aveugle, une balle lui ayant traversé la tête, sectionnant le nerf optique."


(Source : http://margoytia.fr/2014/02/25/1936-guerre-despagne-irun-2/)







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