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jeudi 8 mai 2025
UNE RÉUNION DES NATIONALISTES BASQUES À ZUMARRAGA EN GUIPUSCOA AU PAYS BASQUE EN SEPTEMBRE 1934 (deuxième partie)
samedi 26 avril 2025
26 AVRIL 1937 : BOMBARDEMENT DE GUERNICA EN BISCAYE AU PAYS BASQUE
26 AVRIL 1937 : LE BOMBARDEMENT DE GUERNICA.
Tous les ans, le 26 avril, je vous parle du bombardement de Guernica et du massacre de sa population civile.
Je vous en ai déjà parlé à 6 reprises le 26/04/2017, le 26/04/2018, le 26/04/2020, le 26/04/22, le
26/04/23 et le 26/04/24.
Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien communiste L'Humanité, le 29 avril 1937, sous la
plume de Gabriel Péri :
"De Guernica il ne reste que cinq maisons !
Et Mola déclare "qu'il rasera Bilbao" !
L'effroyable récit d'un journaliste anglais sur "ce raid sans parallèle dans l'histoire militaire" : malades éventrés dans un hôpital, un prêtre mitraillé au moment où il sauvait un enfant, l'amas des corps déchiquetés de cinquante femmes dans une rue.
On lira plus loin l'hallucinant compte rendu que publie le correspondant du Times en Biscaye, sur la tragédie de Guernica. Le fascisme italien et le fascisme allemand nous avaient habitués à des horreurs sans nom. Se souvenir de Badajoz, se souvenir de Malaga et des descriptions que conte le livre si puissant de M. Arthur Koestler, L'Espagne ensanglantée. Le Times et tous les journaux anglais commentent les événements dans des articles extrêmement sévères dont, hélas, nous ne trouvons pas l'équivalent dans la presse française. Le Times parle des "avions allemands de Mola".
Le gouvernement français sait que les antifascistes du monde entier ont parfaitement discerné les responsables du massacre de Guernica. Le massacre n'a été possible que parce que la politique de la non-intervention a été, en fait, celle de l'intervention fasciste tolérée.
Des femmes et des enfants ont péri dans les flammes parce que la France et la Grande-Bretagne ont laissé Hitler et Mussolini transporter en Espagne des bombes incendiaires.
Et comme le Duce veut venger la défaite de Guadalajara, ces transports se poursuivront. La décision en a été prise formellement ces jours-ci par Goering et Mussolini au cours de leur rencontre. A Guernica, l'ordre de bombardement a été donné par l'état-major allemand. Il a été exécuté par 120 avions allemands.
M. Delbos s'imagine-t-il qu'il lui suffira tout à l'heure, pour justifier sa politique devant la commission des affaires étrangères, de dire que le contrôle fonctionne sur les côtes d'Espagne ?
Le gouvernement français, si tant est qu'il l'ait pu jusqu'ici, ne peut plus plaider l'ignorance.
Mola a annoncé hier que l'armée rebelle et interventionniste était décidée à raser Bilbao comme elle a incendié Guernica.
L'Allemagne hitlérienne veut transformer la Biscaye en un monceau de ruines.
Il y a quinze jours, del Vayo a annoncé — mais M. Delbos et M. Eden ont fait semblant de ne pas entendre — que l'Italie et l'Allemagne utiliseraient les navires contrôleurs et les gaz asphyxiants contre les villes républicaines. Une note du gouvernement espagnol confirme que les hydravions des navires contrôleurs coopèrent ouvertement avec les unités rebelles, et le sous-marin allemand U. 35 arrête les navires gouvernementaux. Très exactement, comme nous en avions avisé par avance M. Delbos !
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| YVON DELBOS MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES DU 4 JUIN 1936 AU 13 MARS 1938 |
Si placées devant ces menaces, si prévenues de ce plan infernal, la France et la Grande-Bretagne se croisent les bras, elles mériteront d'être accusées de complicité. On dira : la Biscaye est en flammes parce que des gouvernements ont eu la lâcheté d'être complices des incendiaires, comme on a dit : Mussolini a vaincu Addis-Abeba parce que la complicité de la France de Laval a appuyé l'action de l'ypérite.
Le récit d'un témoin oculaire.
"La destruction de Guernica par les avions allemands est sans précédent dans l'histoire militaire" déclare l'envoyé spécial du Times.
Le carnage de Guernica a soulevé une très vive indignation en Angleterre. Le Times consacre un éditorial et un long récit de son envoyé spécial qui fut témoin oculaire des bombardements. Nous publions ci-dessous de larges extraits de sa description :
... Par la forme de son exécution et l'ampleur de la destruction ainsi que par le choix de son objectif, le raid sur Guernica n'a pas de parallèle dans l'histoire militaire. Guernica n'était pas un objectif militaire. Une usine de matériel de guerre, qui s'élève aux environs de la ville, n'a pas été touchée. De même, deux casernes situées à quelque distance de la cité sont restées intactes.
L'objet du bombardement fut, semble-t-il de démoraliser la population civile et de détruire le berceau de la race basque. Tous les faits confirment cette opinion, à commencer par le jour où l'acte fut perpétré.
Lundi est le jour de marché habituel à Guernica, pour tous les gens des alentours. A 16h30, au moment où, dans le marché plein de monde, des paysans continuaient à affluer, les cloches de l'église sonnèrent l'alarme, annonçant l'approche des avions. La population chercha refuge dans des caves et dans les abris qu'on avait préparés à la suite du bombardement de la population civile de Durango, le 31 mars, bombardement qui ouvrit l'offensive du général Mola dans le Nord.
Cinq minutes après, un seul avion allemand de bombardement parut, décrivit des cercles au-dessus de la ville à une faible hauteur, puis laissa tomber six bombes lourdes, visant apparemment la gare. Les bombes, avec une averse de grenade, tombèrent sur un ancien institut et sur des maisons et des rues autour. Puis l'avion s'éloigna. Après cinq minutes, arriva un deuxième avion de bombardement, qui jeta le même nombre de bombes au milieu de la ville. Environ un quart d'heur plus tard, trois junkers survinrent pour continuer l'oeuvre de destruction et puis la bombardement augmenta en intensité et devint permanent. Il ne cessa qu'à l'approche de la nuit, à 19 heures 45. Toute la ville de 7 000 habitants, plus 3 000 réfugiés, fut lentement et systématiquement mise en morceaux.
Sur un rayon d'environ huit kilomètres, la technique des assaillants fut de bombarder des fermes isolées. Dans la nuit, ces dernières brûlèrent comme de petites chandelles sur les coteaux. Tous les villages des environs furent bombardés avec la même intensité que la ville elle-même et, à Mugica, petit pâté de maisons à l'entrée du chemin de Guernica, la population fut soumise au feu des mitrailleuses pendant un quart d'heure.
Le rythme de la mort.
Il est encore impossible d'établir le nombre des victimes. Dans la presse de Bilbao, on écrit ce matin que leur nombre est heureusement petit, mais on craint que ce ne soit une sous-estimation dans le but de ne pas créer de panique parmi le grand nombre de réfugiés de Bilbao. Dans l'hôpital "Joséfinas", qui fut le premier à être bombardé, tous les 42 miliciens blessés qui y étaient en traitement, furent tués sur le coup. Dans une rue descendant de la place de la "Casa de la Juntas", je vis un endroit où cinquante personnes, presque toutes des femmes et des enfants, furent bloquées dans un abri, sous une masse de débris fumants. Beaucoup de gens furent tués dans les champs et, au total, on peut estimer le nombre des morts à plusieurs centaines. Un vieux prêtre, du nom d'Aronatégui, fut tué par une bombe alors qu'il était en train de sauver des enfants d'une maison en feu.
La tactique des assaillants, qui peut intéresser les étudiants de la nouvelle science militaire (sic) fut la suivante : d'abord de petits groupes d'avions jetèrent de lourdes bombes et des grenades à main sur toute la ville, choisissant endroit après endroit en ordre précis. Ensuite, vinrent des avions de combat qui volèrent bas pour mitrailler ceux qui, pris de panique, s'enfuyaient des abris, dont certains avaient déjà été pénétrés par des bombes de 1 000 livres, faisant des trous de huit mètres de profondeur. Beaucoup de ces gens furent tués dans leur fuite. Un fort troupeau de moutons, qui avait été amené au marché, fut anéanti complètement. Le but de cette manoeuvre fut, apparemment, de pousser la population à se réfugier de nouveau sous terre, car, ensuite, douze avions de bombardement jetèrent de lourdes bombes incendiaires sur les ruines. Le rythme de ce bombardement d'une ville ouverte fut, par conséquent, logique : d'abord des grenades à mains et de bombes lourdes pour créer la panique parmi la population, puis l'emploi des mitrailleuses pour pousser les gens sous terre, ensuite le jet de lourdes bombes incendiaires pour démolir les maisons et les incendier au-dessus de leurs victimes.
Lorsque je pénétrai dans Guernica après minuit, des maisons s'écroulaient de chaque côté et il fut impossible absolument, même pour les pompiers, d'entrer dans le centre de la ville. Les hôpitaux de "Joséfinas" et du "Convento de Santa Clara" étaient des monceaux de cendres fumantes ; toutes les églises, sauf celle de "Santa Maria" furent détruites et le peu de maisons qui restaient encore debout menaçaient de s'écrouler. Quand je visitai de nouveau Guernica cet après-midi, la plus grande partie de la ville brûlait encore et de nouveaux incendies avaient éclaté. Près de trente morts étaient allongés dans un hôpital détruit.
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Hitler avait offert une paix séparée au Gouvernement Basque.
"Il y a un mois et demi qu'un représentant autorisé du chancelier Hitler a fait à plusieurs reprises, au représentant du gouvernement basque des offres de paix séparée. L'homme de confiance de Hitler a accompagné ces offres de la menace de faire une guerre impitoyable contre le pays basque, en cas de refus. Nous avons refusé. Les entretiens ont eu lieu à Paris.
Ces révélations sensationnelles ont été faites aujourd'hui par M. Piccavea, président de la délégation basque de Paris, au cours d'une conférence de presse qui a eu lieu à l'ambassade d'Espagne. Elles furent corroborées par M. Bastarrerea, juge au tribunal constitutionnel de la république espagnole.
M. Piccavea déclara que l'offensive des insurgés dans le pays basque est dirigée par un état-major allemand, auquel sont adjoints quelques officiers italiens, et qui a son siège à Deva, la frontière de la province du Guipuzcoa.
"C'est une guerre de l'Allemagne contre le pays basque, dit M. Piccavea, une guerre qui a pour but la mainmise allemande sur nos richesses, nos minerais de fer, les plus purs de l'Europe. Il ajouta que les Allemands veulent prendre Bilbao sans lutte et sans destruction, afin de s'emparer des usines de guerre qui sont concentrées dans cette ville. Pour parvenir à ce but, pour forcer Bilbao à se rendre, pour effrayer la population, l'état-major allemand fait bombarder sans pitié les villes et les villages des environs, et fait mitrailler la population civile et même les paysans, les attaquant pendant leur paisible labeur. M. Piccavea tint à souligner que cette tactique de l'état-major allemand n'aboutira pas. Nous sommes prêts à mourir dans les dernières tranchées, plutôt que de nous rendre."
A suivre...
(Source : Le bombardement de Guernica en 1937, le massacre qui a inspiré Picasso)
P. S. : Le nombre officiel de victimes, toujours maintenu depuis par le Gouvernement Basque, fait
état de 1 654 morts et plus de 800 blessés.
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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vendredi 26 avril 2024
26 AVRIL 1937 : GUERNICA EN BISCAYE AU PAYS BASQUE
26 AVRIL 1937 : LE BOMBARDEMENT DE GUERNICA.
Tous les ans, le 26 avril, je vous parle du bombardement de Guernica et du massacre de sa population civile.
Je vous en ai déjà parlé à 5 reprises le 26/04/2017, le 26/04/2018, le 26/04/2020, le 26/04/22 et le
26/04/23.
Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien L'Humanité, le 12 mai 1937 :
"L'émouvante enquête de Paul Vaillant-Couturier.
Avec les héros et les martyrs d'Euzkadi.
Guernica, ville cobaye.
Bilbao comptait, il y a un an, 300 000 âmes. Aujourd'hui, je l'ai déjà dit, il y a 600 000 bouches à nourrir à Bilbao. De Guipuzcoa et de Biscaye, 300 000 Basques se sont réfugiés dans la ville.
Ils se sont entassés dans cette longue rue maritime, l'estuaire, qui s'étend sur des kilomètres entre les falaises des montagnes de fer, formant la plus visible et la plus dense des cibles...
Je n'ai jamais vu tant d'enfants dans les rues qu'à Bilbao, sauf en Chine.
Ils grouillent parmi les sacs à terre, dans les abris, sur l'asphalte, sur le pas des portes, sur les routes...
Et toute cette chair innocente, toute cette chair à bombes, qui attend de nouvelles torpilles est déjà, pour plus de moitié, composée de petits rescapés...
Enfants de Bilbao, enfants de Durango, enfants de Guernica, autant de petits non-combattants d'autant de batailles livrées par les avions allemands aux berceaux basques. Avec chaque fois 700, 800, 1 000 morts...
J'ai vu ces enfants, les uns hébétés et qui ne jouent plus. D'autres qui font des crises nerveuses au moindre bruit. J'ai vu leurs courses soudaines vers les abris ou vers les bras de leur mère, pour un son un peu prolongé de klaxson, pour un moteur de camion qui s'emballe, pour une voiture qui monte une côte en chuintant, ou même simplement pour une porte qui claque. J'ai interrogé beaucoup d'entre eux et j'ai causé avec leurs parents...
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| BILBAO REGARDS 27 MAI 1927 |
Au dossier du crime de Guernica, crime qui annonce le sort que les tueurs fascistes de l'Espagne entendent réserver à Bilbao et que Paris doit méditer j'apporte ici témoignages inédits les dépositions de huit rescapés de Guernica. Et je les apporte dans leur nudité sténographique.
Demain, vous entendrez ici Maria Olabarria, veuve Gorteil, de Guernica, qui a eu ses deux filles tuées à côté d'elles par les Junkers, Maria Dolorès Ribas, jeune fille catholique nationaliste basque de Guernica, Candido Odriozola, cultivateur, Raphaël Bastérechéa, cultivateur, tous d'eux du hameau de Luño, faubourg de Guernica, Domingo Onaindia, industriel à Guernica, Estanislao Basabé, menuisier à Guernica, Florentino Bastarechea, charron à Guernica, et José Labauria, capitaine de la marine marchande, maire nationaliste basque de Guernica...
Leur témoignage qui vient s'ajouter à ceux de multiples personnalités du journalisme et de l'Eglise vient achever de ruiner — s'il en était besoin l'affreuse légende de "Guernica détruite par les rouges" lancée par la propagande nazie et accueillie ici — pour leur honte — par les journaux fascistes.
De leurs déclarations concordantes, et que j'ai recueillies séparément, il résulte que le crime de Guernica est le résultat d'une expérience scientifique qui porte la marque indélébile de l'état-major allemand des rebelles.
Le crime se ramène à la solution d'un problème élémentaire pour école nazi.
Etant donné une ville de tant de circonférence, faite de tant de milliers de mètres cubes de maçonnerie et de charpentes en bois, habitée par tant d'hommes, de femmes et d'enfants, étant donné l'emploi de tant d'avions de bombardement et de chasse, de tant de torpilles de tant de kilos, de tant de bombes incendiaires, et de tant de bandes de mitrailleuses, combien de temps faut-il pour l'anéantir ?
| GUERNICA - GERNIKA 26 AVRIL 1937 PAYS BASQUE D'ANTAN |
Réponse : Trois heures et demie.
A condition, bien entendu, qu'il n'y ait pas d'avions ni d'artillerie antiaérienne pour la défendre. Cette dernière condition c'est le Comité de non-intervention de Londres, qui l'a accordée à l'état-major allemand.
De sorte que l'expérience elle-même, barbare, lâche et bête, ne prouve rien d'autre en définitive que la monstruosité au blocus à sens unique de l'Espagne."
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Marcel Cachin rajouta dans le même journal du 12 mai 1937 :
"Un devoir d'humanité.
Le Rassemblement universel poux la paix appelle ce soir le peuple parisien à une puissante démonstration de Front uni international en faveur des Espagnols, des Catalans et des Basques qui défendent leur sol, leurs libertés, leurs républiques et la paix du monde contre le fascisme international.
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| AFFICHE RASSEMBLEMENT UNIVERSEL POUR LA PAIX 7 NOVEMBRE 1937 |
Tous les partis du Front populaire seront représentés par leurs délégués qualifiés. Tous sans exception ! Et, à côté d'eux, parleront des anciens combattants, des protestants, des catholiques, des savants éminents, des chefs du syndicalisme. Des Belges, des Anglais, des Basques, des Espagnols, des Français, des jeunes, des femmes prendront aussi la parole !
Les événements de Guernica, de Bilbao et des pays basques préoccupent aujourd'hui tous les esprits des hommes et des femmes civilisés. De toutes les nations libres s'élèvent des protestations indignées contre les crimes, les incendies, les assassinats d'enfants accomplis avec la barbarie la plus honteuse par les fascistes allemands, italiens, espagnols. Des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, de Belgique, des Pays Scandinaves parviennent les témoignages d'une indignation violente contre les coupables et les responsables de telles horreurs. Chacun comprend en outre que ce qui se passe à Bilbao et sur tous les fronts d'Espagne n'est qu'une préface et un avertissement pour tous les pacifiques de l'univers. Toutes les nations sont menacées des mêmes invasions, des mêmes massacres par les chefs fascistes qui, dans la péninsule, portent depuis dix mois la désolation, la ruine, la mort.
Pour mettre un terme à la guerre en Espagne et pour empêcher l'extension du fléau à toute l'Europe, le Rassemblement universel propose que la Société des nations se saisisse enfin du conflit qui ensanglante la péninsule ! Les peuples ont éprouvé beaucoup de déceptions du côté de Genève. Mais dans l'état présent des choses, nul ne peut se refuser à aucune tentative pour rétablir la paix. Les peuples s'associent donc à la demande du R.U.P. de soumettre la question espagnole à la prochaine session de la Société des nations qui se tient à Genève dans quelques jours.
Dans leur esprit, les dirigeants des nations, grandes et petites, ne peuvent sans les plus graves périls se désintéresser : des événements abominables qui »e déroulent en Espagne. D'après eux, il faut agir contre le bombardement barbare des villes ouvertes et contre l'occupation d'un pays par les armées régulières de deux gouvernements qui veulent imposer par les armes leur politique à des populations malgré elles.
Il est des Français prétendus nationaux qui osent reprocher à cette heure même aux gouvernements de Paris et de Londres de favoriser l'exode et le salut des femmes et des enfants basques. Il est des journaux comme le Flambeau qui, sous la signature d'un Saint-Brice et avec l'adhésion d'un La Rocque et du Basque Ybarnegaray, protestent contre cette décision d'humanité élémentaire. Les patriotes de l'espèce du colonel de La Rocque et du P. S. F. s'élèvent impudemment contre le fait que l'opinion française et anglaise a imposé aux dirigeants de mettre à l'abri des obus et de la famine des milliers de victimes innocentes.
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| YBARNEGARAY EN 1932 PAYS BASQUE D'ANTAN |
II est ainsi en France des fascistes qui poussent leur amour de Franco, Mussolini et Hitler au point d'interdire au peuple de France de sauver et d'accueillir ceux que leurs complices les fascistes internationaux veulent assassiner.
Un vaste front uni de tous les travailleurs humains et pacifiques se réalisera ce soir au Vél' d'Hiv' pour flétrir une telle sauvagerie et pour réclamer aide et secours sous toutes les formes au peuple espagnol, catalan et basque, héroïque, presque désarmé et affamé."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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jeudi 18 mai 2023
LE JUGEMENT DE L'ABBÉ MOULAT AU PAYS BASQUE EN DÉCEMBRE 1946
LE JUGEMENT DE L'ABBÉ MOULAT EN 1946.
En décembre 1946, l'Abbé Moulat, directeur du Pensionnat Saint-Bernard, comparaît devant le Tribunal Correctionnel de Bayonne.
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| PENSIONNAT SAINT-BERNARD BAYONNE PAYS BASQUE D'ANTAN |
Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien L'Humanité, le 5 décembre 1946, sous la plume de
Georges Royer :
"Le Tribunal Correctionnel de Bayonne juge : les fautes de l'abbé Moulat.
Bayonne, 4 décembre.
— Un événement qui fait grand bruit au pays basque, c'est la comparution devant la justice de l'abbé Moulat, directeur du collège des jésuites, qui avait transformé son pensionnat en maison trop hospitalière pour les hitlériens de tout poil.
Quelle sera l’attitude de la "justice" de M. Teitgen devant les délits qu’elle sera contrainte de juger ?
Nous l’examinerons en temps utile. Bornons-nous pour l’instant à rapporter objectivement les faits tels qu’ils ont été portés à notre connaissance par les témoins les plus autorisés.
En juillet 1945...
Par un bel après-midi ensoleillé de la fin du mois de juillet 1945, un monsieur d’allure respectable heurtait le porche du collège Saint-Bernard, établissement d’enseignement libre qui éduque très chrétiennement la jeunesse dorée de Bayonne.
— De la part du père Bollaert, dit le visiteur.
Il fut aussitôt introduit dans le bureau du directeur, l’abbé Moulat, affable ecclésiastique, frère de la Compagnie de Jésus, qui comptait alors dans les soixante et quelques printemps. L’entretien fut bref.
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| PENSIONNAT SAINT-BERNARD BAYONNE PAYS BASQUE D'ANTAN |
Après le dîner, l’abbé Moulat fit quérir son hôte.
— Le père Bollaert est-il toujours en bonne santé ?
Il est en bonne santé, mon père. Je l'ai vu à Paris il n’y a pas deux jours. Il m’a confié que, depuis le mois de mai, il achemine et reçoit par votre intermédiaire le courrier qui franchit clandestinement la frontière d’Espagne,
L’abbé Moulat acquiesce de la tête. Il n’avait pas été sans remarquer le fort accent flamand de son interlocuteur,
— Vous êtes Belge, sans doute, ainsi que le père Bollaert ?
— Nationaliste flamand, mon père, tout comme lui. Et comme lui aussi traqué par la police de mon pays pour mon activité politique pendant toutes ces années, j’ai dû franchir clandestinement la frontière franco-belge, je me nomme Ruyssphaert... J’ai grand besoin de votre aide.
— Je puis vous faire passer la frontière et vous acheminer comme de coutume au père des frères jésuites à Bilbao...
— Ce n'est pas là tout à fait ce que je désire, mon père. Et si vous le permettez, je vais vous exposer en détail le but de ma visite.
— Je vous écoute.
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| PENSIONNAT SAINT-BERNARD BAYONNE PAYS BASQUE D'ANTAN |
La confession.
— Depuis quelque six mois je m’occupe de mettre à l’abri de la police nos amis qui retrouvent en Belgique dans une situation trop exposée... De plus, il est important que ceux d’entre nous qui n’ont pas été contraints d’abandonner la place restent en relation permanente avec nos amis d’Espagne.
"Quelques jours auparavant, en effet, trois jeunes Belges, avec mon fils Gérard, convoyant vers la frontière, avaient été arrêtés à Bayonne. D’autres filières avaient été décelées par la police. Mon fils avait dû rentrer précipitamment à Paris se réfugier auprès du père Bolaert, puis aller me retrouver en Belgique, sans avoir rempli sa mission. Il a été très heureux pour nous que nos amis d’Espagne aient réussi — grâce à vous — à rétablir la connexion.
Et nos trois amis belges sont en prison et je voudrais vous demander en premier lieu si vous pouvez intercéder en leur faveur."
— Vous aurez l’obligeance de me consigner par écrit tous les renseignements nécessaires. Soyez assuré que je tenterai tout ce qu’il est possible.
— Puis-je compter sur vous, mon père, pour continuer d’acheminer nôtre courrier, ainsi que les hommes se présentant à vous de notre part ?
— Assurément.
— Sans indiscrétion, mon père, peut-on vous demander quelles sont les filières que vous utilisez ?
— M. Aguirré, d'Hendaye, qui m’a été envoyé par le père Xavier, se charge de passer le courrier. Je remets les fugitifs aux mains de Léonce Armendaritz, un Espagnol répétiteur à notre collège. Il connaît parfaitement les régions de Sare, Arnéguy. On ne saurait trouver meilleur guide...
"...Vous êtes ici chez vous, monsieur Ruyssphaert. Serez-vous longtemps notre hôte ?"
— Je rends visite demain aux pères jésuites de la rue Montpensier, à Pau, qui sont en relation avec les pères de Saint-Sébastien. Le père Bollaert m’a prié de les voir.
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| PENSIONNAT SAINT-BERNARD BAYONNE CLASSE COMMERCIAL PAYS BASQUE D'ANTAN |
Venez-vous de Bilbao ?
Depuis la visite du collaborateur Ruyssphaert, Il ne se passait guère de jour qu’un hitlérien quelconque ne se rendît au pensionnat Saint-Bernard.
Dans la première quinzaine de novembre 1945, un soir vers 19 heures, un jeune homme frappait à son tour à la porte du pensionnat.
— Je m’appelle Jacques Lassalle, dit-il, et je viens de la part de Gérard Ruyssphaert. Je suis condamné à mort par la cour de justice de Marseille pour avoir appartenu au P.P.P. et je cherche à passer en Espagne.
— Gérard Ruyssphaert, répondit Moulat, voulez-vous épeler son nom. Le fugitif s’exécuta.
— Je ne connais pas de Ruyssphaser, mais un de Ruis, quel est le pseudonyme de Gérard ?
— Je l'ignorais.
— Connaissez-vous Bollaert ?
— Non pas. Gérard m'a dit simplement de voir un certain Léonce Armendaritz.
Venez-vous de Bilbao ?
Au cours de ces interrogatoires pleins de rétractations, de réticences, de mensonges par omission ou de mensonges purs et simples, l’abbé Moulat a prétendu ne pas se souvenir pourquoi il a posé cette question : "Venez-vous de Bilbao ?"
Ne prouve-t-elle pas formellement que le collège Saint-Bernard ne servait pas seulement de relais vers l’Espagne, mais qu’il s’y faisait un trafic dans les deux sens ?
L’abbé Moulat fut arrêté. Quelques jours, il séjourna à la "Villa Chagrin" de Bayonne puis, sur une intervention d’en haut — un puissant personnage en vérité — il fut remis en liberté.
Aujourd’hui, il comparaît devant le tribunal correctionnel. Combien a-t-il hébergé de traîtres ? A combien de nazis, de collaborateurs et de franquistes a-t-il permis de franchir la frontière espagnole dans les deux sens ?
Quelles consignes de sabotage sont passées entre ses mains et quelles sommes d'argent, destinées à financer les agents de l’ennemi sur notre sol et en Belgique, postérieurement à la libération ?
Pourquoi, pour commencer, n’a-t-il pas été déféré devant une cour de justice ? M. Teitgen considère-t-il que son activité ne relève pas de la trahison ?"
L'Abbé Moulat fut condamné à 3 000 francs d'amende.
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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