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mercredi 5 juin 2024

UN CRIME À JUXUE-JUTSI EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE EN DÉCEMBRE 1835

UN CRIME À JUXUE EN 1835.


En 1835, la commune de Juxue, en Basse-Navarre compte environ 460 habitants, et est administrée par le Maire Laborde.




pays basque autrefois basse-navarre crime fait divers
BLASON DE JUXUE-JUTSI BASSE-NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN




Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien Le Droit, le 26 mars 1836 :



"Cour d'Assises des Hautes-Pyrénées (Tarbes). 

Présidence de M. Ferrier, conseiller à la Cour royale de Pau.

Audience des 17 et 18 mars.

(Correspondance particulière.) 

Tentative de parricide. — Condamnation par le Jury des Basses-Pyrénées. — Acquittement par le Jury des Hautes-Pyrénées. 



Cette importante affaire a occupé, pendant deux jours, la Cour d’assises des Hautes-Pyrénées ; le public en a suivi les débats avec un intérêt mêlé de curiosité. L’accusation était dirigée contre un homme né au sein d’une population dont les habitudes, les mœurs et le caractère, mais principalement le langage, font un peuple à part au milieu de la nation française.



L’accusé est basque d’origine ; il est né à Juxue, dans la Navarre, son nom est Pierre Garat, dit Harispe ; il est âgé de 31 ans, charpentier de profession.



Traduit, le mois de décembre dernier, devant la Cour d’assises des Basses-Pyrénées, il y fut condamné aux travaux forcés à perpétuité. Sur son pourvoi, la déclaration du jury a été annulée par la Cour de cassation et la cause renvoyée aux assises de ce département.



Pierre Garat, né à Juxue, comme on vient de le dire, habitait depuis deux années environ, une autre commune du pays Basque, celle de Hotta, où il s’est marié. Avant de quitter la maison de son père, il avait eu avec lui des discussions, relativement à la succession de sa mère. Quoique d’un mince intérêt, ces discussions avaient allumé dans son cœur une haine profonde contre l’auteur de ses jours. Il ne dissimulait pas les sentiments qui l’animaient ; il le traitait, de fripon, de coquin, disant qu'il avait la figure d’un réprouvé. Il lui avait adressé à lui-même ces expressions révoltantes.



Aux outrages, il ajoutait les menaces. Un témoin lui a entendu dire qu’il lui casserait les os et lui ferait autant de trous qu'à un crible ; un autre, que son père serait cause qu’il ferait une mauvaise fin, mais qu’il ne lui pardonnerait pas ; un troisième, qu’une nuit, il s’était levé deux fois de son lit pour le châtier, mais qu’il avait réfléchi ; que plus tard, il trouverait l'occasion de se satisfaire.



Bernard Garat, père de l’accusé, fut en effet obligé de déserter une nuit sa demeure et de chercher asile dans la maison d’un voisin.



Cependant, leur réconciliation paraissait avoir été opérée par l’intermédiaire du prêtre de la paroisse ; ils avaient transigé sur leurs contestations. Le père avait acquis pour 75 fr. la part revenant à son fils dans la succession de sa mère ; de son chef, il lui avait promis une somme de 50 fr., en avancement d’hoirie, et de plus, une autre somme de 75 fr., dans le cas où il viendrait à se marier.



Peu de temps après, Garat fils contracta un mariage dans la commune de Hotta, et depuis il ne revint que deux fois dans la maison de son père. La première fois pour y voir Elizabeth, sa sœur aînée, qui était malade, et la seconde, pour engager, mais inutilement, son père à se retirer auprès de lui.



D’après l’accusation, Garat fils conservait toujours dans son cœur, le ressentiment qu’il avait manifesté avant son mariage ; il nourrissait en même temps un sentiment profond de jalousie contre sa sœur Elizabeth, objet de la prédilection de son père.



A la fin du mois de mai 1835, ou dans les premiers jours du mois suivant, il rencontra dans un cabaret un habitant de Juxue ; il lui demande si son père et sa sœur Elizabeth sont toujours d'accord. Sur sa réponse affirmative, il s’écrie : ils ne le seront pas longtemps. Mon père n'a pas la figure d'un homme, mais d’un diable ; je le traverserai avant longtemps de deux balles. Tu verras avant longtemps, dit-il, à cette personne, qui voulait le ramener à de meilleurs sentiments. Pierre Garat, dans ce moment était, il est vrai, en état d’ivresse.



Quelques jours auparavant, il s’était adressé à deux autres personnes différentes pour se procurer des pistolets, disant à l’une qu’il en avait besoin pour accompagner des contrebandiers, et à l’autre qu’il voulait s’en servir pour une noce.



Telles étaient les dispositions de Garat fils, poursuit l’accusation, lorsque le 16 juin dernier, vers huit heures du soir, Bernard Garat père, revenu de son travail, est atteint par derrière d’un coup de feu, au moment même où il ouvrait la porte de sa maison demeurée déserte toute la journée ; il tombe frappé de deux balles qui lui ont traversé les reins.



A cette explosion, aux cris plaintifs de la victime, Elizabeth, sa fille, accourt la première. Ses cris, mêlés à ceux de son père, attirent les voisins. L’infortuné vieillard est baigné dans son sang. On le porte dans un lit, on le questionne sur son malheur. Il a entendu un léger bruit avant l’explosion, mais il n’a pas vu son assassin ; il n’accuse personne.



Bernard Garat père était un ouvrier laborieux, un parfait honnête homme, un galant homme, déclarent tous les témoins. Jamais il n’eut de discussion avec personne, si ce n’est avec sou fils. Et déjà chacun tout bas, au fond du cœur, accuse le fils du meurtre de son père.



On s’aperçoit bientôt que la maison a été dévalisée. Une armoire placée à l’étage supérieur est enfoncée. Tout ce quelle elle contenait, hormis un vieux drap de lit, a disparu. Les papiers de famille étaient dans une autre petite armoire, au rez-de-chaussée ; cette armoire, dont Garat père tenait la clé dans celle du premier, a été ouverte et refermée, mais les papiers ne s’y trouvent plus. Un fusil, qu’il avait emprunté depuis trois ans et chargé lui-même de deux balles, a été enlevé aussi. Oh ! dit-il, sans doute que le voleur s'en est servi pour me frapper.



La justice, informée de ce fatal événement, se transporte, le lendemain 17, au domicile du malheureux Garat. Le fils, que sa sœur Elizabeth a fait prévenir du malheur de leur père, arrive aussi au moment où le médecin, appelé à lui donner des soins, opérait l'extraction de l’une des deux balles arrêtée dans la cuisse droite. Il demeure froid, indifférent, à la vue de son père en proie aux souffrances les plus atroces. Ses sœurs, tout le monde est dans l’affliction : lui seul est insensible à ce spectacle de douleur. Retiré dans un coin, pas une larme n’échappe de ses yeux, pas une parole de consolation dans ce moment suprême.



La justice, dont les soupçons contre lui ont été éveillés par la rumeur publique, ordonne son arrestation. On l’interroge. Il nie le crime. On lui demande ce qu’il a fait la veille, où il était à l’heure que l’attentat a été commis. Il répond qu’il a travaillé toute la matinée de son état de charpentier, qu’il est allé ensuite à la recherche de son cheval, égaré sur les montagnes depuis quelque temps, et qu’il est rentré vers dix heures du soir.



On interroge aussi les sœurs, le père, qui a survécu jusqu’à ce jour à la gravité de ses blessures, comme par miracle, a dit le docteur chargé de les constater, mais qui ne peut y résister longtemps encore. Le vieillard n’accuse pas son fils. Il rappelle seulement les dissentiments et la mésintelligence qui éclataient entre eux après le décès de sa mère, et les paroles outrageantes qu’il lui adressait à cette époque.



Cependant Garat fils est sous la main de la justice. De nouveaux indices de culpabilité vont bientôt s’élever contre lui.



Quatre jours après le crime, le 20 juin, un enfant a découvert quelques effets an milieu des broussailles. Ce sont les effets enlevés de la maison de Garat père. Son linge, ses hardes, ses outils de charpentier, ses papiers, son fusil. Le fusil était déchargé. Parmi ces objets, on trouve une serviette enveloppant des fourchettes et des cuillers en fer, marquée P A. Elizabeth la reconnaît. Elle l’a donnée, dit-elle, à son frère, quelque temps après la mort de leur mère. Elle en a donné de pareilles à chacune de ses deux sœurs, Justine et Marie, mais avec des marques différentes.



Le jour du crime, Pierre Garat a été vu passant dans les communes d’Ibarre, Prunus et St-Just, qui séparent Hotta de Juxue. Il a pris le chemin de traverse qui conduit à cette dernière commune.



Le soir, entre onze heures et minuit, un meunier de St-Just, cherchant des mulets qu’il a perdus, a rencontré, sur le chemin de Juxue, un homme marchant à pas précipités, et portant sur son col un panier au bout d’un bâton. Il chemine avec lui quelque temps ; il lui parle ; il l’observe : à sa taille, à sa voix, il croit, sans pouvoir l’affirmer, que cet inconnu était Garat fils.



C’est sur les présomptions de culpabilité résultant de ces diverses circonstances, qu’une accusation de parricide a été portée contre lui.



Ces présomptions, ainsi qu’on l’a dit, avaient paru suffisantes au jury des Basses-Pyrénées, pour le déclarer coupable de ce crime, avec préméditation et guet-à-pens, en reconnaissant néanmoins qu’il existait en sa faveur des circonstances atténuantes.



Nonobstant l’arrêt de la Cour de cassation, qui a annulé cette déclaration et les débats qui l’avaient précédée, ce préjugé était formidable pour l’accusé.



De nouveaux débats se sont ouverts, où l'on a vu figurer des hommes étrangers à nos contrées, et dont l’idiome inconnu a été traduit à MM. les jurés par l’interprète attaché à la Cour d’assises des Hautes-Pyrénées.



M. Bouvet, substitut du procureur du roi, chargé de porter la parole dans cette grave accusation, en a présenté les charges avec une grande énergie. Nous regrettons de ne pouvoir reproduire l’exorde, dans lequel il a dépeint l’énormité du crime et l'horreur qu’il a inspiré à tous les peuples dans tous les temps, ce crime qu’un grand législateur de l’antiquité n'avait pas puni, parce qu'il le croyait impossible.



La défense de l’accusé était confiée à Me Lebrun. Ses efforts ont été couronnés d’un plein succès.



M. le président a résumé les débats avec une facilité d’élocution et une impartialité remarquables. Dix minutes après, le jury a prononcé un verdict d’acquittement à l'unanimité."



(Source : Wikipédia).



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jeudi 1 septembre 2022

LES "PROVINCES VASCONGADES" AU PAYS BASQUE EN 1835 (quatrième et dernière partie)

 


LES "PROVINCES VASCONGADES" EN 1835.


Les "provinces Vascongades" désignent trois territoires du Pays Basque Sud : l'Alava, la Biscaye et le Guipuscoa.

lundi 1 août 2022

LES "PROVINCES VASCONGADES" AU PAYS BASQUE EN 1835 (troisième partie)

 

LES "PROVINCES VASCONGADES" EN 1835.


Les "provinces Vascongades" désignent trois territoires du Pays Basque Sud : l'Alava, la Biscaye et le Guipuscoa.

vendredi 1 juillet 2022

LES "PROVINCES VASCONGADES" AU PAYS BASQUE EN 1835 (deuxième partie)


LES "PROVINCES VASCONGADES" EN 1835.


Les "provinces Vascongades" désignent trois territoires du Pays Basque Sud : l'Alava, la Biscaye et le Guipuscoa.

lundi 15 novembre 2021

UN RAPPORT DU GÉNÉRAL HARISPE ORIGINAIRE DE BAÏGORRY EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE EN 1835

UN RAPPORT DU GÉNÉRAL HARISPE EN 1835.


Jean-Isidore Harispe, né le 7 décembre 1768 à Saint-Etienne-de-Baïgorry (Basses-Pyrénées) et décédé le 26 mai 1855 à Lacarre (Basses-Pyrénées), est un militaire et homme politique français, maréchal de France.




pays basque autrefois harispe marechal
MARECHAL JEAN-ISIDORE HARISPE



Voici ce que rapporta à ce sujet la Gazette nationale ou le Moniteur universel, le 25 octobre 1835 :



"...Quelques journaux s’étant opiniâtrés à publier des articles dans le but d’établir que l’esprit militaire et la discipline avaient éprouvé du relâchement sur plusieurs points, le ministre de la guerre a cru devoir donner dos instructions aux généraux commandant les divisions militaires et les divisions actives, pour qu’ils eussent à lui rendre un compte exact de la situation des corps placés sous leur commandement ; à ranimer, s’il en était besoin, l’esprit et les habitudes militaires ; à prendre enfin toutes les mesures que l’état des choses pourrait exiger. Presque tous ces officiers-généraux ont déjà fait connaître que les craintes que l’on avait cherché à inspirer étaient dépourvues de tout fondement. Parmi les rapports qui ont été adressés à ce sujet à M. le ministre de la guerre, nous transcrirons ci-après, comme offrant en quelque sorte le résumé de tous les autres, celui de M. le général Harispe, commandant la division active des Pyrénées-Occidentales. Le témoignage de cet officier-général, aussi distingué par son patriotisme que par ses talents militaires, est un des plus sûrs garants qui puissent être offerts au Gouvernement et à la nation, du bon esprit qui anime l’armée, de la stricte discipline qu’elle n’a cessé d’observer, et de l’union fraternelle qui règne entre les citoyens et les soldats. M. le général Castellane, qui commande la division active des Pyrénées-Orientales, ne rend pas un compte moins satisfaisant de la situation des troupes sous ses ordres, et c’est un résultat qu’il est juste d’attribuer en partie à la bonne direction qu’elles ont reçues du zèle de cet officier-général. 



MARECHAL BONIFACE DE CASTELLANE 1858



Division des Pyrénées-Occidentales. 

Quartier-général de Bayonne,

le 16 octobre 1835. 



Monsieur le maréchal, 



Au reçu de votre circulaire du 10 courant, je me suis empressé de rappeler, par un ordre du jour, à toute ma division, les devoirs imposés par les règlements ; mais je n’ai pu lui demander qu’une constante persévérance dans l’accomplissement de ces devoirs. 



Depuis trente ans que j’ai l’honneur d’être officier-général, et que je commande des troupes réunies en paix et devant l’ennemi, je n’ai jamais rencontré une plus complète régularité de conduite et de service, jamais une discipline plus exacte, une plus louable émulation dans l’observance et l’exécution des devoirs militaires. Si l’habitude de cette régularité a rendu le service facile, il n’en est pas moins strict et sévère ; mais cette sévérité se fait sentir à moins de monde, l’exemple de la masse servant à la fois à prévenir le mal et à entraîner au bien. 



J’ai des régiments de ma division qui sont disséminés jusqu’à occuper dix-sept cantonnements, d’autres réunis dans des places ; je viens de les examiner tous en détail dans une longue inspection, et je n’aurais pu faire de différence entre les régiments sortis de la caserne pour arriver sur le terrain, et ceux dont les compagnies s’étaient donné rendez-vous de cinq à six heures de distance. 




pays basque autrefois baigorry marechal harispe
MARECHAL HARISPE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Dans une situation où la division active que je commande occupe soixante-cinq cantonnements, l'harmonie règne à tel point entre la population et la troupe, que de tous côtés je reçois des demandes des conseils municipaux pour obtenir des troupes, et que lorsque je suis obligé d’en retirer par quelques mouvements, je reçois de toutes parts des réclamations pour les conserver. 



Et cependant, dans un tel état de choses qui indique la bonne conduite civile des troupes, la discipline militaire ne s’est point relâchée ; les compagnies sont prêtes au premier coup de tambour ; le service se fait comme devant l’ennemi, le sac au dos et le soldat prêt à partir ; les patrouilles, les reconnaissances, parcourent la ligne dans des montagnes escarpées, dans des chemins affreux, à travers toutes les intempéries des saisons, comme sur un terrain d’exercice.



Tel est le tableau fidèle de ma division ; et si j’ai été assez heureux pour obtenir l’approbation du Gouvernement, mon devoir est de lui en reporter tout le mérite. 



Quant au découragement et à l’altération de l’esprit et des habitudes militaires, je n’ai rien vu de pareil. Sans doute, nos officiers ont vu avec peine leur avancement suspendu depuis deux ans, mais ils n’ont point murmuré, et leur dévouement n’a point diminué. Moi-même, à trois inspections différentes, il m’a été pénible de porter dans quelques corps trois fois les mêmes sujets pour l’avancement, et de les trouver également méritants et sans récompense pendant trois ans. Mais cette nécessité a été comprise, bien plus même dans l’armée qu’au dehors, et je n’ai pas eu plus de démissions parmi les officiers, plus de congés pris parmi les sous-officiers. Quant au soldat, je ne l’ai jamais vu plus gai, plus content, plus heureux : jamais son bien-être n’a été plus assuré par le Gouvernement, et jamais il ne l'a mieux senti ; il arrive joyeux sous les drapeaux et en repart de même, c’est la règle naturelle. 


pays basque autrefois marechal harispe baigorry
MARECHAL HARISPE
PAYS BASQUE D'ANTAN


J’ai communiqué votre lettre aux maréchaux-de-camp sous mes ordres, et je ne doute pas qu’elle ne les confirme dans les excellentes dispositions dont ils donnent tous les jours des preuves ; ils sont tous deux au milieu des troupes, sur les points de la frontière les plus importants, où ils surveillent l’exécution de mes ordres. Quant aux fonctionnaires de l’administration, leur zèle constant est une des plus sûres garanties de l’ordre qui règne parmi nos troupes ; le résultat le prouve : dans nos deux inspections corrélatives, M. l’intendant Delasalle et moi nous n’avons pas trouvé un livret en défaut, pas un registre fautif, pas une réclamation relative à des deniers ; voilà pour l’administration des corps. Celle des matières avait, l’année dernière, faibli ; sur mon rapport, vous avez fait un exemple sévère, et tout marche à merveille aujourd’hui. 



Vos ordres seront suivis quant au port de l’uniforme. 



Tel est le compte que j’ai à vous rendre de la situation des troupes, Monsieur le maréchal : il est vrai, et je serais le premier à vous signaler le mal là où je l’apercevrais, comme je l’ai fait en plusieurs occasions, comme je le ferai encore pour quelques objets de détail dans mon compte rendu d’inspection. 



Agréez, etc. 



Le lieutenant-général commandant, 

Cte Harispe."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)







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samedi 24 octobre 2020

LE ROYAUME DE NAVARRE EN 1835 (deuxième et dernière partie)

 AU ROYAUME DE NAVARRE EN 1835.


Le royaume de Navarre est un royaume médiéval fondé en 824 par les Vascons, dont le premier roi est Eneko Arista, premier d'une lignée de 16 rois Basques qui régneront sur le royaume jusqu'en 1234.




pais vasco antes navarra
ARMOIRIE NAVARRE




Voici ce que rapporta à ce sujet La Gazette du Languedoc, dans son édition du 4 décembre 1835 :



"Description du théâtre de la guerre au-delà des Pyrénées. (3° article.)



Royaume de Navarre


En partant de Sare ou d’Urdache, sur notre frontière, on entre dans des vallées où sont tracés d'assez bons chemins. A gauche, on trouve Maya, Bosate , Ariscou ; dans un petit vallon à gauche est Inharhide. Revenant sur la route principale, on rencontre Elissondo, lieu célèbre dans la guerre actuelle, et sur une route qui, de ce point, se dirige vers la capitale de la Merindade, sont Gareny, Ziga, Berrueta, Almanda, Lanz, Ostiz. Le chemin que nous avons quitté près d’Elissondo traverse le bourg de Lecaroz, et bien au-dessous de Bertiz, il reçoit une autre route qui, de Sare aussi, se dirige vers Pampelune, passant d'abord à Etchalard, Siumbilla, puis à San-Esteban, au-dessous de Bertiz, ensuite à Maréa, Arraiz, Orquin, Lizasse, Urrizola, Latassa, Zildos et Ainzoan. 



De Andaye, en France, un chemin qui traverse le bourg Navarrais de Bera, passe près de celui sur lequel Etchalar est bâti ; un autre venant d’Irun, court presque parallèlement à celui de Andaye. C’est entre ce chemin et les limites de la province du Guipuzcoa que sont situés Lesaca, Janci, Aranaz, la petite ville de Goyzueta, Zubieta, Bemzalabayen, et d’autres villages plus ou moins remarquables. 



Dans la partie Sud-Est de la Merindade de Pampelune sont Arbizu, Lurmendi, Ustegui, Etcharri-Aranaz, Lacunza, Terrano, Viderettu, Puente, Mendigorria, Artajona ; à l’Est, sont et la petite ville d’Aoiz, Zamzorren, Artaiz, Montréal et beaucoup d’autres lieux. 



Merindade de Sanguesa


pais vasco antes navarra
SANGÜESA NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Cette petite province du royaume de Navarre est bornée au Nord par le département des Basses-Pyrénées ; elle communique avec la France par le port Sainte-Engrace, et quelques autres. Oxagavia est un des lieux principaux de cette merindade. Les forges d’Orbaiceta et quelques autres y emploient l’excellent fer des montagnes de la Navarre ; à l’Orient elle a pour limite le canton ou corregiemento de Cinco Villas, qui fait partie de l’Aragon ; sur les autres portins de son enceinte, elle a les Merindades d’Olitte et de Pampelune



Lumbier, l’une des principales villes de la merindade, en latin, Lumbaria, était le chef-lieu d’un peuple antique, les Lumberitani, dont Pline fait mention. Elle est bâtie sur la rivière d’Irato. Sanguesa, capitale de la province, est une petite ville sur la frontière d’Aragon, et sur la rivière qui porte le nom de ce royaume ; elle est à 8 lieues de Pampelune. Le bourg d’Avhar touche presque à Sanguesa. 



Merindade d’Olitte. 


pais vasco antes navarra
SAN PEDRO OLITE NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Cette province prend son nom de celui de sa capitale. Elle est dans une contrée agréable et fertile, sur la route de Pampelune à Sarragosse. Le Cidaço baigne ses murs. Elle n’est qu’à trois lieues de Tudela. Les Rois de Navarre y ont fait leur résidence, et ce fut dans cette ville que mourut, en 1425, Charles III, Roi de Navarre, fils de Charles II, dit le Mauvais. La merindade a pour bornes, au Nord et au Nord-Ouest, celles de Sanguesa et Pampelune ; à l’Est, le corregimiento de Cinco Villas ; et au Sud, la merindade de Tudela. L’une de ces principales villes est Tafalla, bâtie sur la rivière de Cidaço, et fortifiée, à cinq lieues de Pampelune, et dans un territoire qui produit d’excellents vins. 



Caparrosa, est après Olitte et Tafalla, l’un des lieux les plus remarquables de la merindade ou province. Caparrosa est à l’entrée d’un grand désert couvert de ronces, de broussailles et de bois, qu’on nomme la Bardena del Rey



Merindade de Tudela



pais vasco antes navarra
TUDELA NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Cette petite province s'étend à la droite et à la gauche de l'Ebre, et c’est le point le plus avancé du royaume de Navarre vers le Sud. Elle prend son nom de Tudela, sa capitale, bâtie sur la droite de l’Ebre, qu’on y traverse sur un pont qui doit avoir, dans la guerre actuelle, une assez grande importance. La possession de ce pont et de la ville, qui en est la tête et qui le défend, permettrait à un agresseur, venu du Nord, de faire une pointe sur Madrid, qui n’en est qu’à 60 lieues, en s'avançant par Cascante, Tarazona, Soria, Almazea et Siguença. La ville de Tudela renferme dix paroisses et plusieurs monastères. Alphonse 1er, roi de Navarre et d’Aragon, en fit la conquête sur les Maures, la repeupla de chrétiens et lui accorda de grands privilèges. C’est à quelque distance de Tudela, comme ou l’a déjà dit, qu’est le Bocal ou l’entrée du canal impérial. Ce fut sous les murs de Tudela que commença, le 23 novembre 1808, la bataille à laquelle cette ville a donné son nom. L’armée espagnole, composée de 50 mille hommes, commandés par Castaños, y fut attaquée par les maréchaux Lannes et Moncey ; elle combattit vaillamment jusqu’à Cascante, s’abritant dans les buis d’oliviers, et trois fois elle put espérer la victoire. Tudela fut alors pillée et saccagée par les Français. 



Nous venons de nommer Cascante ; cette petite ville est à l’extrémité Sud de la merindade. Corella, Alfaro, Alditas et Valtierra, sont encore des lieux remarquablée de cette contrée ainsi que el Castillo de Sancho Abarca et Nuestra Señora del Yugo



Merindade d'Estella



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ESTELLA NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Le territoire de cette petite province est borné a l’Est par la merindade de Tudela ; au Nord, par celle de Pampelune ; à l’Ouest, par la province d’Alava ; au Sud, par l’Ebre ; à l'Est, elle s’étend un peu sur la rive droite de ce fleuve. Ses lieux les plus remarquables sont : 


Viana, qui formait une Principauté ; les fils aînés des rois de Navarre ont pris le titre de Princes de Viana, et notre Henri IV lui-même l’a porté ; 


pais vasco antes navarra
VIANA NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Los Arcos, lieu devenu célèbre par plusieurs combats, dans les temps anciens et à l’époque où nous vivons. 



pais vasco antes navarra
LOS ARCOS NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Mendavia, gros bourg. 



Lodosa et Sesma, lieux très-peuplés. 



Pedra Millera, dont le nom vient d’une colonne milliaire romaine. Allo, Dicastillo, Muniain, Villatuerta, sont sur une route qui, de Calahorra, conduit, en laissant Estella à gauche, à Jabal, Muez, Goni, Huarte, Araquil, Lacunza, Etcharri-Aranaz, et Salvatierra, dans l’Alava.


Ciroqui, Larraga, Miranda Falces, Peralta, célèbre par ses vignobles ; Funes, Millagro, Azagra, Andosilla, sont aussi des bourgs, plus ou moins peuplés et riches de cette merindade. 


Lerin, sur la route que nous avons décrite, est le chef-lieu de l’ancien et célèbre comté de ce nom. 


Estella, capitale de la merindade, est bâtie sur le bord du Rio-Ega. Son importance actuelle a fait tourner souvent les regards vers cette petite ville qui n’a point de fortifications. Elle communique, par de bonnes routes, avec Salvatierra, Pampelune, Viana et Calahorra."




(Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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jeudi 24 septembre 2020

LE ROYAUME DE NAVARRE EN 1835 (première partie)

AU ROYAUME DE DE NAVARRE EN 1835.


Le royaume de Navarre est un royaume médiéval fondé en 824 par les Vascons, dont le premier roi est Eneko Arista, premier d'une lignée de 16 rois Basques qui régneront sur le royaume jusqu'en 1234.




pais vasco antes navarra
ARMOIRIE NAVARRE



Voici ce que rapporta à ce sujet La Gazette du Languedoc, dans son édition du 4 décembre 1835 :



"Description du théâtre de la guerre au-delà des Pyrénées. (3° article.)



Royaume de Navarre. 



Il y a peu de contrées moins visitées ordinairement par les voyageurs que l’ancien royaume de Navarre. Sa superficie est de plus de deux cents lieues castillanes carrées. Il est borné à l'Ouest et au Nord, par les provinces Vascongades de Guipuzcoa et d’Alava, et par le département des Basses-Pyrénées, à l’Orient, par une portion du royaume d’Aragon, et au Sud, par la Vieille-Castille. En général, ce pays est couvert de hautes montagnes, traversé par des rivières torrentueuses qui arrosent des vallées fertiles, où l’on recueille beaucoup de grains et des vins estimés ; le lin et le chanvre y réussissent. Des forêts assez bien conservées y fournissent des bois de construction ; des troupeaux nombreux y produisent des laines que l’on exporte hors du royaume ; des mines de fer y fournissent un minerai très-bon, qui sert à alimenter les forges du pays même ; on y trouve aussi des mines de cuivre et de sel. Ses vallées principales sont celles de Salazar, de Roncal, de Bastan, de Roncevaux et de Lerin, et ses principales rivières sont l’Arga, la Bidassoa, le Rio Ega, l'Aragon ; l’Ebre traverse une partie du canton de Tudela, et c’est là que le Canal impérial commence. 



Le royaume de Navarre est divisé en cinq petites provinces, auxquelles on donne le nom de Merindades ; ce sont celles de Pampelune, de Sanguesa, d'Olite, d’Estella et de Tudela. 



La population est de 225 450 habitants, parmi lesquels on compte un peu plus de 3 000 ecclésiastiques et environ 500 religieuses. 



Le royaume de Navarre eut pour premier souverain et pour fondateur, Ignigue Arriscat, comte de Bigorre, au commencement du neuvième siècle. Les habitans de ces contrées gémissaient sous le joug des Maures. La valeur d’Ignigue leur fit voir en lui un sauveur. Ils l'appelèrent à leur secours, et le comte, suivi d’un petit nombre de preux, leur apporta des armes , les appela à la liberté, les conduisit aux combats, et délivra le pays de la tyrannie de l'étranger. La reconnaissance lui décerna la souveraine puissance, et elle demeura dans sa famille, (qui d’ailleurs réunit plus tard les couronnes de Léon, d’Aragon et de Castille à celle de Navarre, jusqu’en 1 234, époque où Sanche VII , surnommé le Fort, mourut sans postérité, après avoir désigné pour son successeur, son neveu, Thibaud le Posthume , fils de Thibaud III, comte de Champagne. Les maisons de Foix et d’Albret ont possédé ensuite ce royaume. 



pais vasco antes navarra
SANCHE VII 1212



Ce fut au décès de Jean Il, roi d’Aragon et de Navarre, arrivé le 19 janvier 1479, qu’Eléonore, sa fille et son héritière, veuve du comte Gaston, monta sur le trône ; elle ne le posséda que peu de jours, étant morte le 12 février de la même année. Ses droits passèrent alors à son petit-fils, François Phébus, comte de Bigorre et de Foix. "Les factions déchiraient alors la malheureuse Navarre. Deux maisons puissantes étaient à leur tête et leur avaient donné leur noms : c’étaient celles de Beaumont et de Grammont. Les discordes s'étant enfin calmées, le jeune roi fut couronné à Pampelune , le 6 novembre 1482. Il mourut subitement , le 30 janvier de l’année suivante, âgé seulement de quinze ans."



Catherine, sœur de François Phébus, était son unique héritière. Le roi de Castille sollicita son alliance pour son fils encore au berceau. Le comte d'Angoulême, le duc d’Alençon et d’autres seigneurs demandèrent sa main. Les états, consultés firent choix de Jean, fils d’Alain , sire d’Albret ; ce fut sous le règne de celui-ci que toute la Haute-Navarre , située au-delà des monts, fut soumise par le roi Ferdinand-le-Catholique. En vain Louis XII aida de toutes ses forces Jean d’Albret, celui-ci ne put recouvrer que la merindade de la Basse-Navarre , située sur le revers septentrional des Pyrénées, et où sont les villes de Saint-Palais, Saint-Jean-Pied-de-Port et Labastide-Clairence. Ce fut au sujet de la prise de toute la partie méridionale de ses états, assez faiblement défendus par Jean d’Albret, que Catherine de Foix lui disait : "Ah Don Juan , Don Juan ! si nous fussions nés, vous Catherine, et moi Don Juan, nous n’aurions jamais perdu la Navarre". 



Les Navarrais sont actifs, braves jusqu’à la témérité, légers à la course, excellents soldats et fiers ; moins communicatifs et plus sérieux, peut-être, que leurs voisins des provinces Vascongades, ils sont comme eux invinciblement attachés à leurs coutumes locales, à leurs vieux privilèges. Leur caractère tient un peu de l’âpreté des monts qu’ils habitent ; mais c’est surtout chez eux que l’on retrouve le type espagnol du 14e siècle. Le monde politique peut émarger autour d’eux ; des idées nouvelles peuvent séduire d’autres populations ; ils resteront Navarrais, c’est-à-dire chrétiens fervens, royalistes dévoués, amis chaleureux de leur patrie et de ses antiques libertés. 



Nous avons dit que le royaume actuel de Navarre était divisé en cinq petites provinces, ou merindades, nous allons successivement les faire connaître. 



Merindade de Pamplona, ou Pampelune. Cette province tire son nom de sa capitale, qui est aussi celle du royaume. Pampelune est bâtie sur un coteau qui s’élève dans une plaine environnée de hauteurs, et que sa forme a fait appeler la Cuenca (la Conque.) L'Arga coule au pied de ses remparts, et arrose de belles campagnes. Une citadelle à cinq bastions domine la ville. Ce fut, en pleine paix que, par ordre de Napoléon, le général Darmagnac s’empara, par surprise, de cette forteresse, que le vice-roi, avec un peu plus de pénétration et de courage, aurait pu conserver encore à son souverain. Des promenades assez agréables, et parmi lesquelles on distingue la Taconera, donnent quelques agrémens aux environs de la ville. L’intérieur de celle-ci est obscur et triste. Sa Cathédrale est un assez beau monument. La population de Pampelune est de 14 à 15 000 âmes, et cette ville a presque toujours une forte garnison. 



La merindade de Pampelune communique avec la France, par la route de Saint-Jean-Pied-de-Port et de Valcarlos à la capitale du royaume, et à Tudela ; elle se bifurche, sa branche de gauche, passant à Orbeiceta et Orbara, qui sont dans la Merindade de Sanguesa ; elle rejoint à Burguete la branche droite qui traverse Gorrosgarraga et Roncevaux. De ce point, circulant à travers les monts, traversant Misquiriz et Osteritz, laissant Garalte à gauche ainsi que Viscaret, elle se réunit à l’autre route, qui, venant aussi de Saint-Jean-Pied-de-Port, passe à Eugui et Larrascane, Cabaldica et Vilalba, laissant Huarte à gauche. L’autre branche se dessine vers Tafalla et Olitte, passant dans les lieux de Hurdoz, Zabalegui et Tiebas. A droite de ce chemin, et dans les environs de Pampelune, sont Egues, Beriani et Esparza."



A suivre...



(Source : Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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samedi 24 août 2019

LES "PROVINCES VASCONGADES" AU PAYS BASQUE EN 1835 (première partie)


LES "PROVINCES VASCONGADES" EN 1835.


Les "provinces Vascongades" désignent trois territoires du Pays Basque Sud : l'Alava, la Biscaye et le Guipuscoa.