mardi 7 février 2017

LE CAMP DE PRISONNIERS A HENDAYE EN LABOURD AU PAYS BASQUE DE 1940 A 1944


LE CAMP DE PRISONNIERS D'HENDAYE DE 1940 A 1944.



Peu de nos contemporains le savent aujourd'hui, mais en plus d'être un point de passage avec ces 4 ponts internationaux, HENDAYE a abrité aussi pendant 5 ans un camp d'internement.


En effet, au gré des vicissitudes de l'Histoire, y ont été internés des centaines de personnes.


Dès la signature de l'armistice  franco-allemand, le 22 juin 1940, Hendaye est en zone occupée.

En 1936, il y a 6436 habitants à Hendaye et 6251 en 1946.


De très nombreux soldats de l'armée française sont faits prisonniers et notamment des soldats 

venus d'Afrique du Nord : Algérie, Tunisie, Maroc, Senégal et Soudan, les fameux tirailleurs 

Sénégalais.



Selon des sources allemandes, sur 140 000 soldats Nord-Africains engagés dans les combats par 

la France, 24 000 d'entre eux seront faits prisonniers ou tués au combat.


le pays basque autrefois
PRISONNIERS TIRAILLEURS SENEGALAIS



Dès le début de l'occupation allemande, les prisonniers Français issus des troupes coloniales 

travaillèrent au Pays Basque à construire un immense terre-plein devant Bayonne, et des 

prisonniers de guerre venus de toute la région furent utilisés pour la construction d'une route 

côtière, faisant fi de la Convention de Genève, interdisant l'utilisation de militaires prisonniers 

"dans un cadre à finalité militaire".



Par la suite, nombre d'entre eux, ainsi que les habitants requis pour le Service du Travail 

Obligatoire travaillèrent entre autres à construire et à renforcer le Mur de l'Atlantique.



J'en parlerai dans un autre article.



Aujourd'hui, ce qui m'intéresse c'est ce fameux camp d'internement d'Hendaye, qui était une 

annexe du Camp de Bayonne Front Stalag 222 (Camp du Polo de Beyris).


Pour avoir une idée du nombre d'internés de ce camp, ce sont plusieurs centaines et même

certainement plusieurs milliers sur les 5 ans.



En effet, dès la visite de la Maréchale Pétain, la femme du Maréchal, au PAYS BASQUE, le 17 

novembre 1940, nous savons qu'il y avait 812 internés au camp du Polo et 230 internés à 

Hendaye.

Le journal Le Petit Parisien indiquait que : "la première pensée de la maréchale a été pour les 

prisonniers, pour ces hommes de l'Empire Algériens, Tunisiens, Marocains, Sénégalais et 

Soudanais ramenés dernièrement d'Allemagne vers des températures plus clémentes. Vers eux, 

les 812 du camp de Bayonne et les 230 d'Hendaye, elle s'est penchée avec sollicitude".



le pays basque autrefois
ARTICLE LE PETIT PARISIEN 18 NOVEMBRE 1940



Les archives et en particulier les archives Départementales des Landes (et bizarrement pas 

celles des Basses-Pyrénées) que les Historiens ont retrouvées et étudiées permettent d'indiquer 

qu'à Hendaye les allemands ont utilisé divers endroits pour interner des prisonniers.


le pays basque d antan
SOLDATS ALLEMANDS HENDAYE PAYS BASQUE 1940



L'administration allemande a gardé les factures de travaux divers effectués dans plusieurs 

endroits de la ville, avec la mention "camp de prisonniers".


Ainsi, dans les factures de plâtriers, serruriers, électriciens et autres entreprises, en 1941 et 

1942, on cite comme adresses : route de Behobie, rue du Port et Villa Durruty.


Les archives nous révèlent aussi des accidents du travail, par exemple, celui du 23 mars 1942, 

survenu dans un groupe de 8 prisonniers Sénégalais, en gare d'Hendaye.


De même, on sait qu'il y a eu des tentatives d'évasion, dont une tragique, le 30 mai 1944, 

quelques jours avant le débarquement allié en Normandie.


Ce jour là, un soldat : Mohamed Ben HAMED tente de traverser la Bisassoa à la nage.

Les sentinelles allemandes font feu et son corps disparaît dans les eaux du fleuve.


Il est retrouvé quelques jours plus tard. 

Son certificat de décès est signé par le Docteur REBOUL.


Ce soldat est enterré au cimetière d'Hendaye, travée N°5, concession N°19.



Bien sûr, tous ces drames et accidents  sont consignés dans des rapports en 4 ou 5 exemplaires, 

destinés au Sous/préfet de Bayonne, au Procureur de la République de Bayonne, aux autorités 

allemandes Feldkommandantur ou Standortkommandantur et aux archives, ce qui me permet 

d'en parler aujourd'hui.


Mais le vent de l'Histoire tourne et les prisonniers deviennent parfois gardiens.


C'est le cas à la libération de la France.



LE PAYS BASQUE AUTREFOIS
LIBERATION DE HENDAYE PAYS BASQUE 1944




le pays basque autrefois
LIBERATION HENDAYE PAYS BASQUE 1944




Un rapport est demandé par le Préfet des Basses Pyrénées Jean Baylot le 17 octobre 1944 sur 

la situation au camp d'internement d'Hendaye au Commissaire Divisionnaire d'Hendaye.


Celui-ci y dépêche 2 inspecteurs qui lui font le rapport suivant :

"Nous avons l'honneur de vous rendre compte des résultats de l'enquête que nous avons effectuée suivant vos instructions au sujet du camp d'internement d'Irandatz :

  • Le camp d'internement d'Irandatz est situé en bordure de la route de Béhobie et on y 
accède par la rue Santiago.


  • Les internés sont au nombre de 17 actuellement, tous de nationalité espagnole, plusieurs 
contingents de ces internés ont déjà été dirigés sur le camp d'internement de Jurançon à Pau.


  • La garde du camp est assurée par 9 Sénégalais, dont un sergent-chef et un sergent, tous 
détachés par le Commandement Militaire de la Frontière à Hendaye.

  • Le camp est constitué par une vingtaine de baraquements en bois. 
Parmi ces bâtiments, est affecté un logement du corps de garde. Des baraques sont également prévues pour les salles de jeux, de désinfection, de douches et de réfectoire. Le service médical est assuré par les médecins d'Hendaye qui sont appelés en cas de maladie d'un interné. La nourriture est satisfaisante et assurée jusqu'à maintenant par le PC des FFI qui cependant se décharge de ce soin à partir du 1er novembre 1944.

  • Ce camp est installé par le Commandant Militaire de la Frontière et par la Sécurité 
Militaire pour recevoir les espagnols qui traversent la frontière franco-espagnole depuis le 

départ des troupes d'occupation.

  • Les internés ne se livrent à aucun travail régulier en dehors de l'entretien  du camp 
(barbelés, nettoyage etc..). Lorsque le nombre de ces internés est assez important, on nomme 

parmi eux un Commandant, responsable de ses hommes.


  • Dans l'ensemble les conditions de vie au camp d'Irandatz sont satisfaisantes. Les internés 
n'y restent d'ailleurs pas longtemps, étant évacués sur PAU dès que leur nombre permet la 

formation d'un convoi.


Il est à signaler d'ailleurs que le nombre de ces internés a sensiblement diminué depuis le 

renforcement par les troupes régulières de Franco.

P.S. : le camp d'IRANDATZ avait été construit par les allemands pour y loger la Division Azul 

(Bleue) espagnole, les baraques sont très bien installées, les couchettes sont en bon état, et il 

existe du chauffage dans chacune d'elles."



(Source : merci à M DURUT www.retours-vers-les-basses-pyrenees.fr, www.margoytia.fr et www.http://hendaye.environnement.over-blog.fr/. Merci aussi à Peter GAIDA "Le Mur de l'Atlantique")





Merci ami lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.


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