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vendredi 5 septembre 2025

UNE "JOURNÉE LOUIS XIV" À SAINT-JEAN-DE-LUZ EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN SEPTEMBRE 1938

UNE CÉRÉMONIE À LA MÉMOIRE DE LOUIS XIV EN 1938.


Le mariage du Roi Louis XIV a eu lieu, à Saint-Jean-de-Luz, le 9 juin 1660.



pays basque mariage LOUIS XIV église saint-jean-de-luz
MARIAGE DE LOUIS XIV ET DE L'INFANTE MARIE-THERESE
16 JUIN 1660
MUSEE GREVIN SAINT-JEAN-DE-LUZ 




Voici ce que rapporta à ce sujet A. Lagrolet dans le quotidien local la Gazette de Bayonne, de 

Biarritz et du Pays basque :



"Un grand tricentenaire français.

Louis XIV glorifié à Saint-Jean-de-Luz.

Une grande cérémonie religieuse à l'église où fut célébré le mariage du Roi de France avec une infante d'Espagne.

M. Léon Bérard et le général Lambrigot célèbrent la mémoire de Louis le Grand.

(De notre correspondant particulier)



Les inquiétudes que pouvait inspirer le mauvais temps de samedi, ne se sont pas vérifiées le dimanche, et c'est sous un ciel clair et ensoleillé que s'est levé le jour consacré à commémorer le souvenir du grand roi qui scella dans notre église son union avec Marie-Thérèse, infante d'Espagne.



La fête commença par une grand'messe solennelle célébrée dans notre église avec le concours ee la Schola paroissiale. Jamais foule plus considérable n'envahit la nef et les galeries. Elle débordait jusque dans la rue. Au point qu'il fut impossible de fermer les portes. Dans les galeries les files d'hommes s'étageaient sur deux et trois rangs.



Léon Bérard, qui faisait à notre ville l'honneur de présider à l'inauguration du médaillon, don de Maxime Real del Sarte, se rendit de la mairie à l'église entouré du général Lambrigot, notre maire, des adjoints, de membres du Conseil municipal. Des places leur étaient réservées au centre de la nef.




homme politique béarn ministre sénateur
LEON BERARD
SENATEUR BASSES-PYRENEES 1927 ET 1936


Ils furent accueillis à leur entrée dans l'église par le "Choeur de louanges", de Lulli, admirablement interprété par la Schola paroissiale.



La messe fut célébrée par le chanoine Bellevue, curé doyen, qui avait pour la circonstance revêtu, ainsi que ses assistants, les ornements sacerdotaux, qui servirent au mariage de Louis XIV. Le devant d'autel, à broderies à gros relief représentant l'Annonciation, était aussi un don du monarque.



La messe chantée à l'unisson, par la Schola et les hommes de l'assistance, étaient une des messes en plein chant de Dumont, compositeur français du XVIIe siècle. Quand Pie X ordonna la réforme du chant dans les églises, ces messes ne devaient pas figurer dans l'Edition vaticane dressée par les Bénédictins. Mais lors d'un pèlerinage d'hommes à Rome, Pie X fut accueilli à Saint-Pierre de Rome par le "Credo d'une messe", de Dumont, chanté par les 60 000 Français qui remplissaient la basilique. Il en fut tellement impressionné, qu'il dit : "Que les Français gardent ce chant" et c'est ainsi que les messes en plein chant de Dumont figurent en appendice dans l'Edition Vaticane.



A l'offertoire, Charles Lebout, notre organiste et maître de chapelle, interpréta avec sa maîtrise habituelle "Sur les grands jeux", de Couperin.



La Schola se fit encore attendre dans "O amor", de M. A. Charpentier, et à la sortie dans "Au Christ triomphant", de de Camposa. Ainsi toute la partie musicale de l'office était de l'époque de Louis XIV.



En chaire, Mgr Saint-Pierre, qui fut coadjuteur de l'archevêque de Carthage, prononcera éloquemment un sermon de circonstance.



Cette cérémonie religieuse fut de toute beauté et nos visiteurs en garderont longtemps l'impressionnant souvenir.



Un médaillon sur la maison de l'Infante.



Après l'office avait lieu la cérémonie de l'inauguration du médaillon à l'effigie de Louis XIV placé sur le mur de la maison de l'Infante. Une enceinte était réservée aux invités de la municipalité. Une tribune drapée de drapeaux tricolores avait été érigée à côté de l'emplacement réservé au médaillon.



Quand Léon Bérard fit son entrée dans l'enceinte réservée, entouré du maire et des autorités, l'Harmonie municipale l'accueillit aux sons de la "Marche française" de Lulli.



Le général Lambrigot, maire, prit le premier la parole au moment où fut enlevé le voile qui couvrait le monument et prononça un discours.



Un magnifique éloge du grand roi par un grand orateur.



M. Léon Bérard nous prouva ensuite qu'il n'est homme en France qui puisse mieux penser et mieux dire.



Ces discours, que des haut-parleurs diffusaient à une assez grande distance, fut savouré par une foule nombreuse dans l'enceinte et hors de l'enceinte.



Nous avons remarqué au premier rang des invités : M. Surchamps, préfet des Basses-Pyrénées, Daguerre, sous-préfet, Maxime Real del Sarte, M. de Coral, député, Mgr Saint-Pierre, M. Lannepouquet, conseiller général, le chanoine Bellevue, curé doyen, etc...



Entre les deux discours l'Harmonie municipale exécute le "Menuet du Bourgeois Gentilhomme", de Rameau, et à la fin le "Rigodon de Dardanus", également de Rameau.



Ainsi tout était du grand siècle, car nous pouvons dire du discours de M. Léon Bérard que c'était le grand siècle qui nous parlait par sa bouche.



Un déjeuner intime.



Un déjeuner intime réunissait après l'inauguration une vingtaine d'invités de la municipalité à l'hôtel d'Angleterre. Il était présidé par Léon Bérard, qui avait pour vis-à-vis Mme Léon Bérard, qui embellissait la réunion de sa gracieuse présence.



Le ministre avait à sa droite le préfet des Basses-Pyrénées et le chanoine Bellevue, à sa gauche le général Lambrigot et Mme Duhourcau. A la droite de Mme Léon Bérard, Mgr Saint-Pierre et M. Lannepouquet, à sa gauche M. Daguerre, sous-préfet, et Maxime Real del Sarte.




pays basque monument morts sculpteur
MAXIME REAL DEL SARTE
CAMELOT DU ROI ET SCULPTEUR

Au dessert, le général Lambrigot, en quelques phrases courtes et élégantes, remercia Mme Bérard d'avoir honoré ce déjeuner de sa gracieuse présence.




Avant la séparation, le ministre salua les autorités présentes et Maxime Real del Sarte et il fit avec cette finesse et cet esprit qui sont à chacune de leur manifestation un sujet d'admiration et un véritable régal pour l'intelligence.



Nous n'aurons garde d'oublier l'hôtel d'Angleterre pour la parfaite ordonnance de l'élaboration d'un menu, vrai régal de gourmets. Qu'on en juge : Hors-d'oeuvres de choix, filets de soles roi Soleil, tournedos sautés aux cèpes d'Aïnhoa, pintadeaux fourrés de truffe à l'Infante, asperges à la sauce mousseline, bombe glacée Marie-Thérèse, corbeille de fruits, arrosé de vins et de champagne bien choisis.



pays basque mariage LOUIS XIV église saint-jean-de-luz
HÔTEL D'ANGLETERRE SAINT-JEAN-DE-LUZ
PAYS BASQUE D'ANTAN



Divertissement.



La fête se terminait par un divertissement de musique et de danses donné au théâtre de verdure de Ducontenia. Elle fut un grand succès pour les musiciens, chanteurs et danseurs qui en composaient le programme, dont les divers numéros furent expliqués et commentés par le comte de Rivière qui avait bien voulu se prêter au rôle de speacker.



Nous reviendrons demain sur cette partie de la fête qui avait attiré une assistance particulièrement nombreuse. Les applaudissements prouvèrent le plaisir pris par les spectateurs à cette manifestation qui unissait des danses du XVIIe siècle à des chants et à des danses qui depuis des siècles font partie des traditions basquaises.



Le soir, une foule énorme se pressait sur la place Louis XIV pour la bataille de confetti et le toro de fuego. Et ce fut dans la joie et les rires la fin d'une belle journée.



Saint-Jean-de-Luz a fêté à sa manière le tricentenaire du grand roi qui lui mérita d'être appelée la ville du mariage de Louis XIV. L'oeuvre de Maxime Real del Sarte restera comme un éternel souvenir de cette journée qui sera une belle page dans la grande saison de 1938."




(Source : Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)







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mardi 19 août 2025

SAINT-JEAN-DE-LUZ COMMUNE DU LABOURD AU PAYS BASQUE VUES PAR HIPPOLYTE TAINE EN 1858 (quatrième et dernière partie)

 

SAINT-JEAN-DE-LUZ VUE PAR TAINE EN 1858.


Hippolyte Taine, né le 21 avril 1828 à Vouziers (Ardennes) et mort le 5 mars 1893 à Paris 6ème arrondissement, est un philosophe et historien français, membre de l'Académie française.


pays basque voyage philosophe pyrénées taine
PORTRAIT D'HIPPOLYTE TAINE
PAR LEON BONNAT



En 1855, Hippolyte Taine part suivre une cure médicale dans les Pyrénées au terme de laquelle il 

rédigera son célèbre Voyage aux Pyrénées.



Voici ce que rapporta à ce sujet Hippolyte Taine dans son livre Voyage aux Pyrénées : 



"... Un noble hôtel, aux larges salles, aux grands appartements antiques s'étale au coin du premier bassin en face de la Mer. Anne d'Autriche y logea en 1660, lors du mariage de Louis XIV. Au-dessus d'une cheminée, on voit encore le portait d'une princesse en habit de déesse. N'étaient-elles point déesses ? Un pont tapissé allait de ce logis à la petite église, sombre et splendide traversée de balcons de chêne noir, et chargée de chasses étincelantes. Les deux époux le traversèrent, entre deux haies de suisses et de gardes chamarrés, le roi, tout brodé d'or, le chapeau garni de diamants ; la reine, avec un manteau de velours violet, semé de fleurs de lis, et par-dessous un habit blanc de brocart étoilé de pierreries, la couronne sur la tête. Ce ne furent que processions, entrées, magnificences et parades. Qui de nous aujourd'hui voudrait être grand seigneur à condition de représenter ainsi ? L'ennui du rang supprimerait les plaisirs du rang ; on s'impatienterait d'être un mannequin brodé, toujours en spectacle et à la montre. Alors c'était toute la vie. Quand M. de Créqui vint porter à l'infante les présents du roi, il avait soixante personnes de livrée à sa suite avec un grand nombre de gentilshommes et beaucoup d'amis. Les yeux se complaisaient dans cette splendeur. L'orgueil était plus vaniteux, les jouissances plus extérieures. On avait besoin d'étaler sa puissance pour la sentir. La vie d'apparat avait appliqué l'esprit aux cérémonies. On apprenait à danser, comme aujourd'hui à réfléchir ; on passait des années à l'académie ; on étudiait avec un sérieux et une attention extrême l'art de saluer, d'avancer le pied, de se tenir debout, de jouer avec son épée, de bien poser sa canne ; l'obligation de vivre y contraignait ; c'était le signe du rang et de l'éducation ; on prouvait ainsi ses alliances, son mode, sa place auprès du roi, son titre.



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MARIAGE DE LOUIS XIV 1660



Bien mieux, c'était la poésie du temps. Une belle façon de saluer est belle ; elle rappelait mille souvenirs d'autorité et d'aisance comme une attitude en Grèce rappelait mille souvenirs de guerre et de gymnase ; une demi-inclination du col, une jambe noblement étendue, un sourire complaisant et calme, une ample jupe traînante avec des plis majestueux remplissaient l'âme de pensées commandantes et polies, et ces grands seigneurs étaient les premiers à jouir du spectacle qu'ils offraient.



"J'allai porter mon offrande, dit Mlle de Montpensier, et fis mes révérences aussi bien que pas une de la compagnie ; je me trouvais assez propre pour les jours de cérémonie ; ma personne y tenait aussi bien sa place que mon nom dans le monde".



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ANNE-MARIE-LOUISE
DUCHESSE DE MONTPENSIER




Ces mots expliquent l'attention infinie qu'on donnait aux préséances et aux cérémonies ; Mademoiselle ne tarit pas sur ce point ; elle parle comme un tapissier et un chambellan ; elle s'inquiète de savoir à quel moment précis les grands d'Espagne ôtent leur chapeau, si le roi d'Espagne baisera la reine mère ou ne fera que l'embrasser : ces importants intérêts la troublent. En effet, c'étaient alors des intérêts importants. Le rang ne dépendait point, comme dans une démocratie, du mérite prouvé, de la gloire acquise, de la puissance exercée ou de la richesse étalée, mais des prérogatives visibles transmises par héritage ou accordées par le roi : de sorte qu'on se battait pour un tabouret ou pour une mante, comme aujourd'hui pour une place ou pour un million.



Entre autres perfidies, on machina de loger les soeurs de Mademoiselle chez la reine. "La proposition m'en déplut ; elles auraient toujours mangé avec elle, ce que je ne faisais point. Cela réveilla ma gloire, j'étais au désespoir en ce moment." Les combats furent plus grands lorsqu'on en vint au mariage. On s'avisa qu'il fallait porter une offrande à la reine, qu'ainsi je ne pouvais pas porter sa queue, et que ce seraient mes soeurs qui la porteraient avec Mme de Carignan. Dès qu'on avait parlé de porter les queues, M. le duc de Roquelaure s'était offert de porter la mienne.



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GASTON-JEAN-BAPTISTE
DUC DE ROQUELAURE



L'on chercha des ducs pour porter celles de mes soeurs, et comme pas un ne voulait le faire, Mme de Saugeon cria fort que Madame serait au désespoir de cette distinction. Quelle joie de marcher la première sur le pont tapissé, la queue dans la main d'un duc, pendant que les autres vont honteusement derrière, avec une queue sans duc ! Mais tout d'un coup d'autres y prétendent. Mme d'Uzès accourt toute effarée : il s'agit d'une usurpation atroce. "La princesse palatine aura une queue ; ne voulez-vous pas empêcher cela ?" On s'assemble, on va chez le roi, on lui représente l'énormité du fait : le roi interdit cette nouvelle queue usurpatrice et criminelle, et la palatine, qui pleure et tempête, déclare qu'elle n'assistera pas au mariage si on la prive de son appendice.



Hélas ! toute prospérité humaine a ses revers ; Mademoiselle, si heureuse en matière de queues, ne put obtenir de baiser la reine, et, sur cette défense, resta plongée tout le jour dans le plus noir chagrin. C'est que ces recherches de rang avaient été dès l'enfance son unique souci ; elle avait voulu épouser tous les princes du monde et toujours en vain ; peu lui importait la personne. D'abord le cardinal infant, le contraire d'un Amadis : à l'âge des rêves, au seuil de la jeunesse, parmi les songes vagues et les premiers enchantements de l'amour, elle choisissait ce vieux grimaud à fraise pour trôner avec lui, sur un beau fauteuil, dans le gouvernement des Pays-Bas.



Puis Philippe IV d'Espagne ; l'empereur Ferdinand, l'archiduc : d'elle-même négociant avec aux, au risque de faire pendre son diplomate. Puis le roi de Hongrie, le futur roi d'Angleterre, Louis XIV, Monsieur, le roi de Portugal. Qui pourrait les compter ? Au besoin, elle s'y prenait d'avance : la princesse de Condé se trouvant malade, puis grosse, cette tête romanesque imagina que le prince allait devenir veuf, et voulut le retenir pour mari.



Personne ne prit cette main qu'elle avait tendue à toute l'Europe. En vain elle tira le canon dans la Fronde ; elle resta aventurière, poupée de parade, girouette, jusqu'au bout, de temps en temps exilée, vingt fois veuve, mais toujours avant les noces, promenant par toute la France les ennuis et les imaginations de son célibat involontaire.



Enfin Lauzun parut ; pour l'épouser, et secrètement, il lui en coûta la moitié de ses biens ; le roi puisait la dot de son bâtard dans la mésalliance de sa cousine. Ce fut un ménage exemplaire : elle le griffa ; il la battit. — Nous rions de ces prétentions et des picoteries, de ces mésaventures et de ces querelles d'aristocratie ; notre tour viendra, comptons-y ; notre démocratie aussi apprête à rire : notre habit noir est, comme leur habit brodé, chamarré de ridicules ; nous avons l'envie, la tristesse, le manque de mesure et de politesse, les héros de George Sand, de Victor Hugo et de Balzac. Au fait qu'importe ?


Sifflez-moi librement ; je vous le rends mes frères.



Ainsi parlait Voltaire, qui donnait à la fois à tout le monde la charte de l'égalité et de la gaieté."



(Source : Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)







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dimanche 1 septembre 2024

PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 1ER SEPTEMBRE 2024 SAINT GILLES ET SAINT LOUP - IRAIA

 


PROVERBE DU 1ER SEPTEMBRE 2024 (SAINT GILLES) (SAINT LOUP) (IRAIA).


GILLES Gilles l'Ermite naît à Athènes vers 640.




religion catholique saint sainte gilles
1ER SEPTEMBRE SAINT GILLES

Gilles est moine gyrovaque du Languedoc.

Gilles a vécu dans le désert de la Crau avant de devenir abbé.

Gilles meurt vers 720.

Une basilique a été construite sur son tombeau et la  ville de Saint-Gilles-du-Gard s'est développée autour.

Gilles est le saint patron des infirmes, des mendiants et forgerons.

Gilles est qualifié saint Auxiliator (intercesseur), dans le domaine de l'épilepsie, la folie, la stérilité et la possession démoniaque.


religion catholique saint sainte gilles
1ER SEPTEMBRE SAINT GILLES


LOUP : Saint Loup ou Leu, naît vers 573 à Orléans (Loiret) et meurt le 1er septembre 623 à Brienon (Yonne).



religion catholique saint sainte loup sens
1ER SEPTEMBRE SAINT LOUP DE SENS


C'est un évêque de Sens et un saint catholique français.

Loup naît dans une famille illustre, près d'Orléans, avec un oncle évêque d'Orléans et un autre évêque d'Auxerre.

Il reçoit une éducation soignée et c'est un très bon élève à l'école.

Il fait preuve d'une grande piété et d'un grand ascétisme ; attentionné envers les pauvres, il pratique la charité avec application.

Sa réputation est telle qu'il est nommé évêque de Sens à la mort d'Arthemius.

Il est aimé par le peuple car il défend la justice, pratique le jeûne, généreux dans ses aumônes et zélé dans l'annonce de la sainte doctrine.

A la fin du 6ème siècle, il fonde le monastère Sainte-Colombe, à Saint-Denis-lès-Sens, dans l'Yonne.




IRAIA : Izena oso erabilia gaur egun Euskal Herrian.



Un décès du 1er septembre Louis XIV, dit "le Grand" ou "le Roi-Soleil".



roi louis 14 soleil
ROI LOUIS XIV


Né le 5 septembre 1638 au château Neuf de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) - Mort le 1er septembre 1715 à Versailles (Yvelines).

C'est un roi de France et de Navarre qui a régné du 14 mai 1643 au 1er septembre 1715, soit 72 ans de règne, le plus long règne de l'histoire de France.

Né Louis, surnommé Dieudonné, il monte sur le trône de France, au décès de son père, Louis XIII, quelques mois avant son 5ème anniversaire. 

Il devient ainsi le 64ème roi de France, le 44ème roi de Navarre et le 3ème roi de France issu de la dynastie des Bourbons.

S'il n'aime guère que son principal ministre d'Etat, Colbert, fasse référence à Richelieu, ministre de Louis XIII et partisan intransigeant de l'autorité royale, il s'inscrit néanmoins dans son projet de construction séculaire d'un absolutisme de droit divin.

Usuellement, son règne est divisé en 3 parties : de 1648 à 1653, la période de sa minorité, troublée par la Fronde, durant laquelle sa mère et le cardinal Mazarin gouvernent ; de 1661 (mort de Mazarin) au début des années 1680, pendant laquelle Louis XIV gouverne en arbitrant entre les grands ministres ; la période allant du début des années 1680, à sa mort (1er septembre 1715), où il gouverne de plus en plus seul, notamment après la mort de Colbert, en 1683, puis de Louvois, en 1691.

Cette période est aussi marquée par un retour du roi à la religion, notamment sous l'influence de sa seconde épouse, Mme de Maintenon.

Louis XIV est sacré le 7 juin 1754 en la cathédrale de Reims.



roi louis 14 soleil
LOUIS XIV EN 1654
Par Juste d'Egmont — https://www.altesses.eu/princes_max.php?image=fe93b9aef8, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=12403015



Il épouse, à Saint-Jean-de-luz, le 9 juin 1660, Marie-Thérèse d'Autriche, avec laquelle il aura 6 enfants.

Avec ses deux principales maîtresses, Louise de La Vallière et Mme de Montespan, il aura 10 enfants légitimés.

Son règne voit la fin des grandes révoltes nobiliaires, parlementaires, protestantes et paysannes qui avaient marqué les décennies précédentes.

La France est, pendant son règne, le pays le plus peuplé d'Europe, ce qui lui confère une certaine puissance d'autant que, jusque dans les années 1670, l'économie se porte bien grâce notamment au dynamisme économique du pays et à des finances publiques en ordre.

Par la diplomatie et la guerre, Louis XIV affirme sa puissance en particulier contre la maison de Habsbourg, dont les possessions encerclent la France.

Sa politique du "pré carré" cherche à agrandir et rationaliser les frontières du pays, protégées par la "ceinture de fer" de Vauban, qui fortifie les villes conquises.

Son adversaire principal est l'Angleterre, avec à sa tête Guillaume III d'Orange-Nassau.

D'un point de vue religieux, le XVIIème siècle est complexe ne se limite pas à l'opposition entre catholiques et protestants, mais aussi entre jésuites et jansénistes.

En 1685, la révocation de l'édit de Nantes va entraîner la persécution des protestants.

A partir de 1682, Louis XIV dirige son royaume depuis le vaste château de Versailles, dont il a supervisé la construction.

Le prestige culturel s'y affirme grâce au mécénat royal en faveur d'artistes tels que MolièreRacineBoileauLully, Le Brun et Le Nôtre, ce qui favorise l'apogée du classicisme français, qualifié, dès son vivant, de "Grand Siècle", voire de "siècle de Louis XIV".

Sa fin de règne, difficile, est marquée par l'exode des protestants persécutés, par des revers militaires, par les famines de 1693 et de 1709, qui font près de 2 millions de morts, par la révolte des Camisards et par les nombreux décès de ses héritiers royaux.

Tous ses enfants et petits-enfants dynastes sont morts avant lui, et son successeur, son arrière-petit-fils Louis XV, n'a que 5 ans lorsqu'il meurt, le 1er septembre 1715, à 76 ans.



roi louis 14 soleil
ROI LOUIS XIV

Voici le proverbe du dimanche 1er septembre 2024 :


SAN-JIL, IRETZEAK EBAKI TRANKIL !

A la Saint-Gilles, fauche les fougères tranquille !



pays basque béret histoire béarn
BRET CHIC EL RAMUNTCHO
ROI DES PAYS BASQUES


(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)




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vendredi 14 juin 2024

SAINT-JEAN-DE-LUZ "PETIT PARIS" EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1660 (deuxième et dernière partie)

SAINT-JEAN-DE-LUZ "PETIT PARIS".


En 1660, les membres des cours de France et d'Espagne vont résider à Saint-Jean-de-Luz, à l'occasion du mariage du roi Louis XIV et de l'infante Marie-Thérèse d'Espagne, le 9 juin 1660.




pays basque autrefois mariage royal labourd
MARIAGE DE LOUIS XIV ET DE MARIE-THERESE D'ESPAGNE
9 JUIN 1660




Voici ce que rapporta à ce sujet la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque, le 23 mai 1929 :



"Saint-Jean-de-Luz "pétit" Paris.



Il y a quelques jours nous analysions la première partie d une intéressante étude consacrée par M. P. Dop. dans Gure Herria, à Saint-Jean-de-Luz, à la visite du roi Louis XIV et du fameux dicton : Saint-Jean-de-Luz "pétit" Paris, Bayon, il est ses écuries... 


On a vu que tout le monde fut enchanté du séjour dans la curieuse petite ville d’alors et sur la Côte Basque... Tout le monde, excepté Mazarin. Citons encore aujourd'hui quelques pages de cet attachant article : 



N'est-il pas vrai que l’impression faite sur nous par un pays dépend beaucoup des dispositions physiques et morales que nous y apportons ? Or, Mazarin souffrait de la goutte. Un accès plus violent le confina chez lui, les huit premiers jours de son arrivée. L'éloignement de la Cour, le souci des affaires, les difficultés dans l'élaboration du traité, l'ennui de continuelles et incommodes allées et venues entre St-Jean-de-Luz et l'île de la Conférence, sur une route qui était, parait-il fort mauvaise, contribuèrent certainement à gâter ses impressions sur le pays. Se modifièrent-elles durant son second séjour ? L'entourage de la Cour, la satisfaction des difficultés politiques vaincues eurent peut-être une influence heureuse à ce propos. En s'installant cette fois-là à Ciboure, dans la maison de M. d'Echeto qui était sur le quai, Mazarin avait fait choix d'une demeure mieux ouverte que la précédente au grand air et à la lumière, d'où l’on jouissait d'une vue agréable sur le bassin, la ville de Saint-Jean-de-Luz, les montagnes. Cependant, la maladie le retenait souvent. On rapporte que, dans une de ses crises, recevant un jour la reine-mère, il se leva, et, découvrant ses jambes, il lui dit : "Madame, voici les jambes du Cardinal Mazarin, de cet homme autrefois si bien fait, dont la chronique scandaleuse a dit tant de mal et publié tant de faussetés." 



Depuis près d’un an, la Cour avait quitté Paris, et menait une vie errante à travers le Midi de la France. Louis XIV s’était figuré que les négociations de paix seraient rondement menées, et que son mariage avec l'infante s'ensuivrait rapidement. On s'était mis en route dès la fin de juillet c'est-à-dire peu de jours après le Cardinal, et, par étapes, on avait gagné Bordeaux, où les souverains et leur suite s’installèrent, attendant les événements. Mais les négociations traînant en longueur, au mois d'octobre, on se rabattit à petites journées sur Toulouse. Puis, malgré la conclusion du traité, le roi Philippe IV qui devait accompagner sa fille à la frontière se refusant, à cause de sa santé, à voyager pendant la mauvaise saison, il fut décidé qu'on irait passer l’hiver en Provence. 



C'est ainsi qu’habituée depuis de longs mois à des résidences qui manquaient presque toujours de confort, la Cour ne se montra pas difficile pour les logements qu'elle occupait à Saint-Jean-de-Luz



pays basque autrefois mariage royal labourd
GRAVURE D'OZANNE
PORT DE SAINT-JEAN-DE-LUZ 1776


On était dans la belle saison. Volontiers on se tenait dehors, et on se plaisait à se promener sur le bord de la mer, ce qui constituait la grande attraction. 



A cette époque, la ville n’avait pas encore été forcée d’opposer aux envahissements de l’Océan le puissant mur qui le sépare de nos jours. Ses rues débouchaient directement sur la plage, et, tandis que de brillants cavaliers se livraient sur la grève à de folles chevauchées, des carrosses chargés de dames suivaient avec lenteur la ligne du rivage, qui se continuait alors devant la ville à la hauteur des rochers supportant aujourd’hui l'établissement des bains de Ciboure



La plage était vite devenue le rendez-vous favori de tout ce beau monde. 



Les bains de mer n'étaient pas encore à la mode, encore moins les bains de soleil. On sait d'ailleurs que le "bain tout court" était fort peu en honneur du temps de Louis XIV, l'eau étant redoutée pour les coiffures artistement bouclées, les visages savamment fardés et piquetés de mouches. 



Les dames quittaient leurs carrosses, les seigneurs leurs montures, et on se contentait de deviser galamment et de potiner au bruit cadencé des vagues venant mourir sur la grève. 



Sans doute, appartenaient-ils au pays, les trois fort bons nageurs, dont parle l’abbé de Montreuil, qui, s’étant fiés à la marée, se noyèrent à la vue de la Cour, un soir, celui de la Fête-Dieu. Ce spectacle mit en grand émoi les dames qui se promenaient sur le bord de la mer. Mais notre conteur ajoute qu'une certaine d’entre elles les fit rire, quand, sur la fin de cette aventure, elle se mit à genoux sur le sable, faisant un ex-voto à saint Antoine de Padoue, avec la même hardiesse que si elle eût été le mieux du monde avec lui. 



Les évêques (il y en avait douze, réunis à Saint-Jean-de-Luz) venaient aussi sur la plage en compagnie des aumôniers du roi et d’autres abbés. 



Un jour, nous empruntons l'anecdote à François Abbadie qui l'a tirée de la "Vie de Daniel de Cosnac", par l’abbé de Choisv, l’évêque d'Orléans, l’abbé Le Camus, depuis cardinal, l’abbé de Bonzi, Daniel de Cosnac, évêque de Valence, et quelques autres, se promenaient sur le bord de la mer, quand l’un d'eux qui avait quelque grief contre Mazarin, commença à s'exprimer plus que librement sur son compte. L’évêque de Valence l’imita, puis l’abbé de Bonzi. Enfin, chacun à son tour fit de même. Tout à coup, l’évêque de Valence, coupant court à ce dangereux entretien, prit son chapeau, ses gants et son manteau, dont il s’était débarrassé pour être plus à l'aise, et dit à ses compagnons : "Messieurs, je vous donne le bonsoir ; je me retire et vais conter à M. le Cardinal tout ce que j’en ai dit et tout ce que vous en avez dit, car j’aime encore mieux pour vous et pour moi qu’il en soit informé par mes soins que par ceux de l'abbé de Bonzi, qui ne manquerait pas de lui en rendre compte." L’abbé de Bonzi était un favori du Cardinal. 




pays basque autrefois mariage royal labourd
PIERRE DE BONZI
CARDINAL-ARCHEVÊQUE DE NARBONNE
Par Didier Descouens — Travail personnel, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w



Des menus épisodes de ce genre nous aident à reconstituer l’aspect de cette Cour de Louis XIV, transportée un beau jour dans la petite cité, et y transportant avec elle, en même temps que ses beaux atours et ses équipages, sa frivolité galante et son badinage, ses mille intrigues et ses petites rivalités. 



Cependant, sous l’influence d’une nature charmeuse comme celle de notre pays, certaines âmes laissant vagabonder leur imagination, s’abandonnaient à la rêverie, et se laissaient imprégner de mélancolie. 



C’est ainsi que Mlle de Montpensier et Mme de Motteville se mirent à ébaucher à Saint-Jean-de-Luz tout un plan de retraite semi-religieuse, semi-mondaine. que, pendant un an ou deux, elles s'amusèrent à développer dans une correspondance mutuelle. 


pays basque autrefois mariage royal labourd
PORTRAIT PRESUME DE LA DUCHESSE DE MONTPENSIER
Par Beaubrun, Henri et Charles (atelier de), peintre — https://www.parismuseescollections.paris.fr/fr/musee-carnavalet/oeuvres/portrait-presume-d-anne-marie-louise-d-orleans-duchesse-de-montpensier-dite#infos-principales, CC0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=131145587


Je vais laisser parler Mlle de Montpensier. 


"Un jour, je regardais par une fenêtre de M. le Cardinal, par laquelle on voyait la rivière et les Pvrénées. Mme de Motteville, qui était avec moi, me donna occasion de lui parler de la solitude des déserts, et nous moralisions sur la vie heureuse ou on y pouvait mener, débarrassées des fatigues de la Cour, et au-dessus des injustices que l’on y recevoir ; que cela mettoit les gens en état de ne vivre que pour soi-même. Cette conversation avait un grand champ de morale ; pour peu qu’on eut eu envie d’y mêler du christianisme, nous ne nous serions pas si tôt séparées ou tues ; mais la reine était sortie pour aller à la comédie, je l’accompagnai jusqu'à la porte, et m’en allai promener sur le bord de la mer, où il me passa bien des idées dans l'esprit sur le plan d’un vrai solitaire." 



Ce plan, Mlle de Montpensier nous en donne l'aperçu suivant. Il vous fera certainement sourire : 


"Il seroit bon, dit-elle de concerter tous ensemble du lieu de l'habitation et de délibérer si l’on choisiroit les bords de la Loire ou ceux de la Seine. 


Quelques-uns aimeroient mieux les bords de la mer. Pour moi, qui naturellement n’aime pas l'eau, j'aimerois mieux la vue de la mer et des rivières en éloignement, et que ma maison fût située dans le voisinnage d'un grand bois et que l'on y arrivât par de grandes routes où le soleil se feroit voir à plein en plein midi. Je la bâtirai de la plus agréable manière que je pourrois l'imaginer. Les dedans seront de même fort propres, et point magnifiques, non plus que les meubles : car il ne convient pas quand on méprise tout, que l’un veut paroitre au-dessus de toutes les choses, d'avoir la faiblesse de s'attacher à la superfluité. Dans ce désert, ou plutôt dans cette cité mystique, il y auroit un couvent de carmélites, bâti sur le modèle de celui d’Avila : ce seroit dans leur église qu’on iroit prier Dieu ; il y auroit aussi d'habiles docteurs, chargés de prêcher la parole divine ; ceux qui aimeroient leurs sermons iroient plus souvent, les autres, moins, sans être contrariés dans leur dévotion... Enfin, tout seroit disposé à souhait pour mener une vie parfaitement morale et chrétienne de laquelle les plaisirs innocents ne seroient point bannis." 



Laissons ces deux grandes dames à leurs rêves ingénus de Thébaïde dorée — on les voit d'ailleurs s'en dégager facilement — et retrouvons la Cour, qui, avec la promenade et la conversation, recherchait le plaisir dans ses divertissements habituels : le jeu, le spectacle, le bal."




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)






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mardi 14 mai 2024

SAINT-JEAN-DE-LUZ "PETIT PARIS" EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1660 (première partie)

SAINT-JEAN-DE-LUZ "PETIT PARIS".


En 1660, les membres des cours de France et d'Espagne vont résider à Saint-Jean-de-Luz, à l'occasion du mariage du roi Louis XIV et de l'infante Marie-Thérèse d'Espagne, le 9 juin 1660.




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MARIAGE DE LOUIS XIV ET DE MARIE-THERESE D'ESPAGNE
9 JUIN 1660




Voici ce que rapporta à ce sujet la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque, le 8 mai 

1929 :



"La Petite Histoire. 

"Saint-Jean-de-Luz pétit Paris Bayon, son lécurie" 

Au temps du Grand Roi. — On admirait déjà la Côte et le Pays Basque. 

(D'après une conférence de M. Dop).



On entend souvent citer le dicton populaire, fameux dans notre région : 

"Saint-Jean-de-Luz, pétit Paris, 

Bayon, son lécurie  

Et Ciboure, son poissonnerie." 



Ce dicton a-t-il quelque chose de péjoratif pour Bayonne ?... On l’a cru parfois dans cette ville. On y veut voir une pointe de moquerie. Il paraît que c’est là une erreur et la "petite histoire" régionale, en marge de la grande, nous apprend qu’il n’en est rien. 



Bayonne, écurie de Saint-Jean-de-Luz ?... 



Oui, au temps que le roi Louis XIV, le cardinal Mazarin et sa cour l’habitèrent, à cause des négociations avec l’Espagne et avant le mariage royal. On était débordé de toutes parts à Saint-Jean-de-Luz ; la cavalerie, notamment, était nombreuse : il fallut en envoyer la majeure partie à Bayonne



Quant à Ciboure, port de pêche important dès ce temps-là, il approvisionnait en poisson toute la cour. 



Dans son dernier numéro, "Gure Herria" publie le texte d’une récente et intéressante conférence faite par M. Dop, au Grand Séminaire, sur "Louis XIV et sa cour à Bayonne". Après avoir rappelé le dicton que nous citons en commençant et ce qu’était alors Saint-Jean-de-Luz, il dit :


"Louis XIV arriva à Saint-Jean-de-Luz le 8 mai 1660.  


Harangue des magistrats à l’entrée de la ville, milice en armes formant la haie le long des rues, foule curieuse et agitée encombrant les voies, garnissant les croisées, maisons tendues de tapisseries, arcs fleuris jonchés de verdure, bruit du canon, son des cloches, acclamations, tout cela ou à peu près, s’était vu dans les villes déjà traversées par le souverain. Mais ce que Saint-Jean-de-Luz mit de particulier à sa réception, outre, je le pense bien, l’enthousiasme inégalable, l’exubérance de sa population, ce furent les douze danseurs et leur chef, dits "crascabilaires", du mot basque "koskarabilla" (grelot), qui se placèrent en tête des chevaux du roi.  


Copieusement chamarrés, couverts de rubans aux couleurs blanche et bleue, coiffés de bonnets d’écarlate où nous pouvons voir l’ancêtre du béret rouge, sinon le béret rouge lui-même, gantés, la jambe gainée dans des bas d’étamine blanche, les danseurs s’avançaient, exécutant le saut basque, bondissant avec aisance et légèreté, sans se départir d’une certaine gravité, tintant de tous les grelots cousus à leurs vêtements, accompagnés de violons et de tambourins.  


La face amusée des dames et des seigneurs, penchés aux portières de leurs carrosses, prouvait le plaisir qu’ils prenaient à ce spectacle inattendu. 


Le cortège, ainsi égayé, débouchant par la route qui alors suivait la côte, descendit la grande rue et passa sans s’arrêter devant l’église, sur la porte de laquelle, entouré d’un nombreux clergé, attendait le curé, qui s’inclina profondément et envoya une bénédiction au passage. Il se disloqua devant le château Lohobiague où avaient été disposés les logements du roi, tandis que ceux de la reine-mère étaient aménagés à Joanoenia, demeure de l’opulente famille de Haraneder, et ceux du duc d’Anjou, frère du roi, chez le bayle, Martin de Haraneder, dont la maison m’est inconnue. 



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MAISON DE L'INFANTE SAINT-JEAN-DE-LUZ
PAYS BASQUE D'ANTAN


Il faut se représenter à l’extrême l’encombrement de Saint-Jean-de-Luz pendant le séjour du roi. 



En plus des gens de la cour, qui l’avaient suivi dans ses déplacements — et l’on sait ce que comprenait le bagage d’une cour à cette époque, jusqu’à des lits, des ameublements — tous les jours, des personnages nouveaux arrivaient. Et ce monde débarquait avec une suite imposante de courtisans, de secrétaides, de serviteurs, etc...  


Comment finit-on par se caser ? Les habitants eurent beau se serrer tant qu’ils purent, de façon à laisser le meilleur de leurs appartements à des hôtes dont ils étaient fiers, beaucoup de seigneurs durent se contenter de logements dont, en temps ordinaires, ils n’auraient pas voulu pour leurs valets. On construisit des baraquements pour les équipages nécessaires au service journalier. Le reste fut envoyé à Bayonne.  



De là évidemment le fameux dicton populaire qui prit naissance par la suite et dont les Bayonnais, on le voit, auraient tort de se formaliser. 



Mais M. P. Dop, ajoute encore : 


"Malgré beaucoup d’incommodités, la petite ville fit bonne impression sur ses hôtes. 


Sans doute, se laissèrent-ils prendre au charme basque, comme tant d’autres de nos jours. Les danses originales qui accompagnaient le cortège, la bonne humeur, la gaîté de la population avaient favorablement disposé les esprits dès le premier contact. Les séductions du site firent le reste." 



Il en est encore de même aujourd’hui, auprès d’autres visiteurs qui ne peuvent s’y soustraire.



M. Pierre Dop poursuit ainsi : 


"Les souverains apprécièrent sûrement la vue dont ils jouissaient des fenêtres ou galeries de leur logis : au premier plan, le port, que limitaient le quai de Ciboure, dont le pittoresque n’est pas encore tout à fait disparu, et le grand pont de bois qui reliait les deux bourgades voisines en s’appuyant sur une pointe de l’île des Récollets. Il était garni d’une quantité de bateaux pavoisés, au milieu desquels se balançait la belle galiote couverte, merveilleusement ornée, construite pour le service du roi à l'instar de celles du roi d’Espagne, servie par seize marins portant des hauts de chausse en toile boucassine bleu, coiffés de bonnets d’écarlate — encore le béret rouge — et ornés eux aussi de multiples rubans de couleur blanche et bleu "aux bonnets collets soulliers". Plus loin, tel ou à peu près que nous le voyons de nos jours, la ceinture verte de collines boisées, et, dans la fond, la ligne harmonieuse des montagnes, dominées par la Rhune, qu’assombrissaient ses forêts aujourd’hui disparues. 



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GRAVURE D'OZANNE
PORT DE SAINT-JEAN-DE-LUZ 1776



Aucun document ne nous révèle l’impression personnelle du roi. Mais nous connaissons celle des membres de son entourage, qui devait être à l’unisson. 


"Saint-Jean-de-Luz est un village très agréable, dit Mlle de Montpensier. Les maisons y sont propres." 



Relevons en passant cet hommage rendu à la propreté traditionnelle des Basques. 



L’abbé de Montreuil est plus enthousiaste encore. 


"Nous sommes dans le plus beau village du monde, excepté La Haye, en Hollande", écrit-il à Mlle de Hautefort. En toute impartialité, j’ajouterai que Mazarin avait manifesté une impression très contraire, lors de son premier séjour dans le pays. Il trouva la ville ennuyeuse, le climat malsain. Ecrivant à Le Tellier le 14 septembre 1659 que le traité pourra être signé dans huit ou dix jours, il ajoute : "Après quoy vous pouvez bien croire que je ne ferai pas long séjour en ce païs-ci, si ce n’est que je voulusse emploier quelque temps là apprendre le basque et à sauter comme ils font, ou je misse en teste de ne m’en retourner pas, que je n’eusse pu prendre une baleine." 



Il est vrai que M. de Mazarin était incommodé de la goutte ! Que n'a-t-il connu le Saint-Jean-de-Luz de maintenant. Il y serait certainement resté et s’y serait guéri."



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)







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