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mercredi 12 août 2026

LES FORGES AU BOUCAU EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1914

LES FORGES AU BOUCAU EN 1914.


Dès 1880, est annoncée l'implantation de ce qui allait devenir l'usine "Les Forges de l'Adour".




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USINE FORGES DE L'ADOUR BOUCAU
PAYS BASQUE D'ANTAN




Voici ce que rapportèrent à ce sujet G. Ouvrard et L. Teillery dans la revue mensuelle illustrée, 

Pyrénées-magazine, le 1er juin 1914 :



"Les forges et Aciéries de la Marine et d’Homecourt au Boucau (Basses-Pyrénées).



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COMPAGNIE DES FORGES ET ACIERIES
DE LA MARINE ET D'HOMECOURT



Pour  cette merveilleuse côte Basque, véritable enchantement pour les yeux, où la lumière joue si joyeusement, où s’entend constamment la chanson de la mer, c’est une véritable surprise que de découvrir les hautes cheminées d’une usine.



A deux pas de Biarritz, sur les bords de l’Adour, c’est cependant le spectacle qui attend le touriste, car là se dresse l’important établissement des Forges du Boucau : cité du travail à côté de la cité du plaisir. Les hauts fourneaux érigent leur noire statue sur le ciel et le grondement incessant de l’usine répond de loin à la plainte sans fin de la mer.



L’usine des Forges du Boucau, construite en 1880, appartient à la puissante Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine et d'Homecourt dont les autres principaux établissements de Saint-Chamond (Loire) et d’Homecourt (Meurthe-et-Moselle), sont si renommés.



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VUE GENERALE DES FORGES DE L'ADOUR BOUCAU
PAYS BASQUE D'ANTAN



Le Directeur général de la Compagnie est M. Th. Laurent.



Située sur la rive droite de l’Adour, où elle dispose d’appontements particuliers, elle est reliée du côté de terre à la ligne du Midi par la gare du Boucau où vient aboutir son réseau de voies ferrées.




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GARE BOUCAU
PAYS BASQUE D'ANTAN



Cette situation lui permet d’utiliser les deux moyens de transport et le lecteur aura une idée du trafic qui s’y fait quand nous lui aurons dit que, pour les approvisionnements seuls, la consommation atteint chaque jour 400 tonnes de charbon et autant de minerais.



A l’intérieur, d’immenses halls abritent un outillage, dont la description technique n’est plus de notre compétence. Seul se détache en relief le groupe imposant des hauts fourneaux qui, au nombre de quatre, produisent des fontes de toutes qualités.



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OBLIGATION 1 000 FRANCS
COMPAGNIE DES FORGES ET ACIERIES
DE LA MARINE ET D'HOMECOURT



L’acier est obtenu par des convertisseurs Martin et Bessemer et de puissants laminoirs, marteaux-pilons, etc., achèvent la fabrication. Tous ces divers produits partent chaque jour pour les Compagnies de Chemins de fer, les constructions navales, l’artillerie et les autres industries.



Cette production, qui se poursuit jour et nuit, exige un personnel de 1 500 à 1 600 ouvriers.



La direction en est actuellement confiée à M. Ch. Magnin, qui succéda à son père, lequel, après avoir dirigé l’usine depuis sa fondation, fut appelé successivement à la direction générale de la Compagnie et à la vice-présidence de son Conseil d’Administration.



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CLAUDIUS MAGNIN
LES FORGES DE L'ADOUR
PAYS BASQUE D'ANTAN



La création des Forges de l’Adour transforma complètement son voisinage immédiat et sur des terrains autrefois déserts s’élève aujourd’hui une importante agglomération. L’usine elle-même fit construire de nombreux logements pour son haut personnel d’ingénieurs et une cité ouvrière qui occupe tout un quartier avec église et écoles.


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CHAPELLE DES FORGES DE L'ADOUR BOUCAU - BOKALE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Ainsi, dans cette région si étrangement belle, l’usine des Forges du Boucau, colosse imposant, élève fièrement ses cheminées, symbolisant au sein même d’un des pays les plus favorisés qui soient la puissance et la beauté du travail.


G. Ouvrard et L. Teillery."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France et https://les-forges-de-l-adour.over-blog.fr)







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mardi 23 juin 2026

LA PÊCHE À LA SARDINE AU PAYS BASQUE EN 1914

LA PÊCHE À LA SARDINE AU PAYS BASQUE EN 1914.


La pêche à la sardine existe, au Pays Basque, depuis de très nombreuses années, et en particulier depuis le début du 20ème siècle.



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DEBARQUEMENT DE LA SARDINE 
PORT DES PÊCHEURS BIARRITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet la revue mensuelle illustrée Pyrénées-magazine, le 1er février 

1914, sous la plume de G. Ouvrard et L. Teillery :


"Pêche à la sardine.


Bayonne Biarritz St-Jean-de-Luz.



Autrefois, sur nos côtes de l'Atlantique, de Biarritz à Hendaye, la pêche à la sardine se faisait sans appât, avec un grand filet traînant sur yole à voiles, non pontées ou sur traînières ; depuis plus d'un an, on fait la nouvelle pêche à la mode d'Arcachon, en appâtant avec de la rogue.



pays basque pêche sardine labourd
SARDINIERS REPARANT LE FILET
33 ARCACHON



Aujourd'hui, pour cette pêche, on se sert de chaloupes à vapeur, ayant quinze mètres de long sur trois mètres de large, de la force d'environ 20 chevaux. Le port de Biarritz comprend cinq chaloupes à vapeur et deux pinasses à moteur, appartenant à des pêcheurs ou à des particuliers ; la flotte sardinière de St-Jean-de-Luz a vingt chaloupes à vapeur et une pinasse à moteur. L'équipage se compose d'un mécanicien, d'un chauffeur et dix hommes. Sur le pont, emboîtés les uns dans les autres, quatre à cinq doris (petits bateaux, à fond plat, manoeuvrant à la godille, larges de 1m 50 sur 3m de long, servant à lancer les filets et la rogue sur les lieux de la pêche).



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DEBARQUEMENT DE LA SARDINE SAINT-JEAN-DE-LUZ
PAYS BASQUE D'ANTAN


Les petits filets servant à la pêche à la sardine ont douze mètres de long sur cinq mètres de tombant, la maille réglementaire est de douze millimètres ; les grand filets servant à la pêche de l'anchois ont quatre-vingt à cent mètres de long, sur douze mètres de tombant, la maille a dix millimètres. Les filets sont en fil, teints en vert ou en bleu.



Dans le port, les chaloupes sont prêtes, chargées de leur provision de briquettes. Le départ a lieu suivant la marée, de 1 heure à 2 heures du matin.



Pour suivre cette pêche, nous embarquâmes dans le port de St-Jean-de-Luz, par une nuit tiède de Décembre. Le ciel était étoilé ; nous attendions le départ. La sirène se fit entendre, et en route ; la mer est calme, la chaloupe a l'avant élevé, glisse, avance fièrement sur la mer, faisant dans les flots sombres un large sillon, couronné d'une écume blanche. Rien de plus féérique, de plus beau que de contempler à cette heure matinale les quais de St-Jean-de-Luz, éclairés de loin en loin par les réverbères minuscules comme des étoiles, indiquant que l'on fuit la côte.



Le long des côtes que nous longeons, Guéthary, Bidart, Biarritz, drapés dans un voile nocturne, parsemés de milles petites lumières. Nous piquons au travers de Contis, dans le Nord, bien plus loin que Capbreton ; il faut quelquefois cinq ou six heures pour arriver sur les lieux propices à la pêche.



Nous voici en pleine mer ; les phares espagnols et les phares de la côte brillent dans le lointain. La lune se lève, reflétant son croissant dans les eaux de l'Océan en d'infinis reflets d'argent.



L'hélice tourne toujours à grande vitesse, mêlant son tic-tac au sillage de l'eau ; nous approchons du lieu de la pêche.



Pendant que les pêcheurs sont groupés sur le pont et trient la rogue qui doit servir à appâter la sardine, nous dirons un mot sur ce poisson de mer.



En Mars, pour frayer, la sardine s'approche des côtes jusqu'en octobre ; mais elle varie beaucoup dans ses migrations. La pêche se fait de Juin à Octobre, mais il y a des années où elle se fait jusqu'en février — quelquefois presque toute l'année. Après la pêche à la sardine, c'est la pêche à l'anchois. La sardine porte différents noms, suivant les pays :


Dans les Pyrénées-Orientales : Sarda, Sardinyola.

Dans la Charente : Royan.

Sur les côtes picardes et normandes : Célan, Célerin, Pilchard, hareng de Bergues.



... L'hélice tourne sans cesse. Entre le ciel et l'océan une longue traînée de feu, un incendie, c'est Phoebus qui chasse la nuit.



Sept heures. — Nous voici sur le lieu de la pêche : on commence par jeter la sonde ; si elle accuse 18 à 20 brasses de profondeur, l'endroit est favorable ; on stoppe pour pouvoir mettre à la mer un doris — sur lequel prend place un pêcheur avec un filet et un seau de rogue.



On abandonne le doris, le pêcheur égrène son filet et sème la rogue pour attirer la sardine qui en est très friande.



La rogue sort des oeufs de morue fortement salés ; son prix est de 60 à 70 francs les cent kilos.



Trois cents mètres plus loin, un second pêcheur est laissé avec un autre doris et ainsi de suite jusqu'à ce que tous les doris soient à la mer.



Nous suivons les sauts gigantesques des marsouins qui sont à la poursuite d'un banc de sardines ; les mouettes aux ailes blanches sont de la partie. Bon signe pour nous, car nous avons un filet de réserve et, tout en voguant, nous jetons notre filet, ce qui nous permet d'en capturer quelques centaines seulement car le bruit de l'hélice ne les laisse pas assez approcher ; le marsouin, très méfiant, s'échappe.



Lorsque les lièges des filets surnageant à la surface des flots s'enfoncent, c'est une preuve que la sardine abonde, la chaloupe à vapeur s'avance du premier filet jeté et les trois hommes restés à bord tirent le filet pour recueillir la sardine prise dans les mailles.



Il faut toucher le moins possible à la sardine car elle ne se conserverait pas ; elle est jetée sur le pont. Le filet est ensuite replacé par le doris et l'on va à un autre doris pour lever le filet.



La pêche terminée, les doris sont remis à bord. Alors les pêcheurs trient les sardines par grosseur, et les comptent. Pour les compter on se sert d'une caisse spéciale contenant environ 360 sardines ; de cette façon on a le total approximatif de la pêche.



La chaloupe pique vers St-Jean-de-Luz ; pendant ce temps nos pêcheurs arrangent les filets et font la toilette du bateau.



Notre chauffeur ne perd pas de temps, lui non plus ; une grande casserole est bien vite mise au foyer de la machine, quelques tomates, morues sèches et sardines fraîches, voilà le régal que nos braves pêcheurs ont bien mérité, sans oublier le "chahakua".



Là-bas, dans le lointain, le soleil se couche dans un manteau de pourpre, reflétant ses derniers rayons dans les eaux de l'Océan.



Lorsque la pêche est fructueuse, la chaloupe reprend vite la route du port. Quelques chaloupes même viennent vendre les produits de leur pêche à Bayonne, sur les quais de la Place de la Liberté, quand elles ne peuvent, à cause de la marée, rentrer au port. S'il y a beaucoup de sardines, un pavillon est hissé au bout d'une rame pour indiquer aux cascarottes attendant l'arrivée des chaloupes chaloupes qu'il y a de la sardine. Au port, cinquante à soixante cascarottes ou marchandes de sardines, attendent anxieuses le débarquement de la sardine. Rien de plus comique que cette vente ; au milieu de cris aigus, les mots tendres ne sont pas épargnés.



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LES MARCHANDES DE POISSONS BAYONNE 1905
PAYS BASQUE D'ANTAN



La sardine est achetée, suivant le cours, de 10 à 45 francs le mille.



Les cascarottes se répandent vite à travers la ville, et vont dans les rues de Bayonne crier d'une voix rauque ou argentine :



pays basque autrefois pêche marchandes poissons
LES KASCAROTS DE ST JEAN DE LUZ ET CIBOURE

"Chardine frais"

"Anchoa friaou"

"Anchoa tout bibot"



Depuis quelques années la sardine abonde sur nos côtes et chaque fois qu'il fait vent d'ouest avec un peu de houle, temps très favorable pour cette pêche, chaque chaloupe rentre avec 50 à 100 000 sardines.



Du 29 Novembre au 2 Décembre 1913, 3 millions 500 sardines étaient débarquées. Cette année, la plus grosse pêche pour une chaloupe a été de 129 000 sardines. Les sardines fraîches, fortement salées, sont mises en caisses pour être expédiées dans les grandes villes. On en fait aussi des conserves à l'huile dans des boîtes de fer blanc.



Dans cette région, il n'existe pas d'usine ; aussi les pêcheurs sont obligés de vendre toute la sardine en frais, d'où pour eux un moindre bénéfice.



Ailleurs, c'est le contraire, les usiniers se plaignent du manque de sardine.



Il serait, croyons-nous, utile de trouver une solution pour mieux vendre nos pêches et donner un plus fort gain à nos braves pêcheurs, dont la fatigue et la peine méritent d'être récompensés encore davantage.


G. Ouvrard & L. Teillery.



Nota. — Nous n'ajouterons qu'un mot à l'article intéressant et documenté de MM. Ouvrard et Teillery. Depuis deux ans environ que la pêche à la sardine se pratique à la rogue les prises sont très importantes, au point que ces poissons se vendent souvent à vil prix. Les mareyeurs font parfois des affaires d'or à St-Jean-de-Luz ! Mais cela va changer bientôt, car une grosse maison de Nantes doit installer dans la région des usines de conserves. Nos pêcheurs y auront tout avantage.



Il existe depuis longtemps, entre pêcheurs français et espagnols un conflit provenant d'une différence de réglementation appliquée sur les deux côtes par leurs gouvernements respectifs. La zone neutre est à 3 milles des côtes françaises, et à 6 milles des côtes espagnoles. Donc les pêcheurs espagnols peuvent capturer le poisson à 3 milles de nos côtes, et ils en usent largement, tandis que les pêcheurs français doivent se tenir à 6 milles de la côte espagnole. Il y a là une injustice flagrante qu'un accord entre les deux Etats devrait faire disparaître. Les doléances de nos pêcheurs à ce sujet ont été présentées au récent Congrès de Lorient. Il faut espérer qu'elles parviendront à intéresser les Pouvoirs Publics. Que font donc le contre-torpilleur de Hendaye, et la canonnière de Socoa ? Ne sont-ils pas tous deux spécialement chargés de protéger nos pêcheurs ?


La Direction."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)





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mercredi 3 juin 2026

LE DOMAINE ILBARRITZ DE BIDART EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN MARS 1914

LE DOMAINE ILBARRITZ DE BIDART EN 1914.


En 1893, le Baron Albert de l'Espée, héritier des fonderies de Wendel, en Moselle, immensément riche, découvrit ce site dominant l'océan et la ville, et décida d'acquérir soixante hectares de cette colline.




pays basque labourd bidart domaine
ILBARRITZ BIDART 1914
CLICHE OUVRARD ET TEILLERY
PYRENEES-MAGAZINE 1ER MARS 1914



Voici ce que rapporta à ce sujet Henry Ternaux dans le mensuel Pyrénées-magazine, le 1er mars 

1914 :



"Après quinze ans de mystère impénétrable, le légendaire château d'Ilbarritz a enfin ouvert ses portes au public. C'est en 1912 que, pour la première fois et par les soins de M. P. B. Gheusi, ce féérique voisin de Biarritz laissa pénétrer son mystère à l'occasion d'une fête musicale grandiose au profit de l'aviation militaire.



Jusque-là, il était demeuré solitaire, muet, érigeant fièrement sa silhouette sur le ciel, regardant la mer, les monts cantabriques, les longues falaises. Des légendes couraient sur son propriétaire "opulent artiste, d'un égoïsme hautain et raffiné" : le baron de l'Espée.



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BARON DE L'ESPEE



Passionné de ce qui est grand et beau, il fit construire voici quelques années ce château qui domine la mer et de la terrasse duquel le regard, embrassant, sur la droite et sur la gauche, le magnifique panorama de la Côte d'Argent, se heurte, en face, à la ligne d'horizon qui marque la jonction fictive de l'azur du firmament et du bleu vif des flots apaisés.


Selon les fantaisies de son imagination hardie, il avait créé une cité bizarre. "Partout, l'ingéniosité réfléchie de son invention instantanément exécutée par un architecte hardi, surpasse les légendes fondées sur l'extérieur barbare du domaine, hérissé d'un suzerain mépris du qu'en dira-t-on, au nom de "l'Art", devant l'aspect offensant de ses lignes dans le paysage. Pavillons chinois, tunnels, chemins couverts, interminable couleuvre des toits de tuile, tout surprenait dans cette mystérieuse cité. Que ne disait-on pas de ce fabuleux Baron que nul ne connaissait, qui ne voulait voir personne et qui gardait jalousement derrière ses fenêtres triples, ne laissant filtrer ni un son, ni une lueur, les chefs-d'oeuvre créés par son caprice : "portes burinées, serrures tout en ciselures, galeries ouvragées en plein chêne", murailles de marbres de tous pays et de toutes couleurs, "cheminées colossales de vieux rouvre sculpté et de marbre calabrais", et surtout l'orgue merveilleux dont il faisait, selon son inspiration, retentir les quatre-vingts jeux, "orgue sans rival, rempli de musique vivante comme une grenade de rubis mûrs".



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VUE NORD DOMAINE ILBARRITZ BIDART



Et maintenant, de ces choses étranges, de cette solitude, il ne restera que le souvenir. Sur sa colline ardue, Ilbarritz va s'animer, dépouiller son mystérieux visage et offrir aux amoureux, toujours plus nombreux, de la côte Basque, l'attrait de sa situation unique, dominant l'Océan aux mille voix, et les maisons blanches de la côte qui "ouvrent sur le large les yeux songeurs de leurs fenêtres".



Ce domaine, vaste et grandiose, subit, en effet, actuellement, une série de transformations qui en fera un séjour de rêve dans une atmosphère de luxe, d'activité sportive et de manifestations artistiques. Et, qu'elle serait la surprise de l'hôte de jadis de percevoir à Ilbarritz cette rumeur cyclopéenne produite par une légion de terrassiers attaquant la brousse et fouillant le sol pour installer un golf, si, maintenant, il y revenait dans l'espoir de goûter le charme reposant de ce silence recueilli qui n'était troublé que par les voix mystiques de son orgue incomparable !



Depuis quelques mois, trois cents ouvriers environ s'acharnent à une terrible besogne ; des milliers de mètres cubes de terre ont été déplacés ; les landes, les ajoncs et les ronces ont été arrachés. Le terrain prend un autre aspect, un golf se dessine.



Sa superficie sera considérable. Il comprendra 18 "Greens" disposés d'après les indications précises d'un spécialiste anglais ; il renfermera, au surplus, de nombreux "Bunkeers" qui augmenteront les difficultés du jeu.



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DOMAINE D'ILBARRITZ ET SES CAHUTES BIDART
PAYS BASQUE D'ANTAN



Outre la création future d'un splendide casino, les travaux de construction d'un Golf-House, entre le petit château féodal et la plage, avec tennis, commenceront incessamment. L'on affirme, même, qu'il sera terminé pour cet été, époque à laquelle le golf doit être inauguré.



Ce n'est pas tout, les propriétaires actuels du domaine ont songé à un Palace-Hôtel ; les architectes avaient l'intention de le situer à l'emplacement de la villa du baron de l'Espée qui aurait été rasée. Fort heureusement, il en a été décidé autrement ; la villa, le cas échéant, subira quelques modifications extérieures et l'intérieur sera transformé en salle de spectacles. 



Des voies larges et unies seront percées et sillonneront, en tous sens, la nouvelle cité. Un funiculaire mettra en communication les deux versants de la colline.



Conception grandiose éclose de cerveaux judicieusement entreprenants ; travaux gigantesques qui donnent la mesure de l'effort humain lent et combiné : puissance du capital qui permet de réaliser, dans un temps relativement court, des projets plus surprenants les uns que les autres.



Et, autour de ce domaine, comme un écrin prêt à recevoir le futur joyau du littoral : la débauche verdoyante des collines de Bidart et de Guéthary où s'essaiement les maisons blanches, casquées de rouge, du pays basque ; la masse sereine des montagnes : la Rhune et les Trois Couronnes particulièrement, aux teintes si différentes suivant l'heure et la clarté.



Enfin, le légendaire lac de Mouriscot, près La Négresse, que le touriste, dans sa course rapide, entrevoit en même temps que le ciel changeant qui s'y contemple sous tous ses aspects."



pays basque autrefois lac lavoir labourd
LAC MOURISCOT BIARRITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN


(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



    




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