CARTES POSTALES , PHOTOS ET VIDEOS ANCIENNES DU PAYS BASQUE. Entre 1800 et 1980 environ.
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samedi 13 juillet 2024
jeudi 24 juin 2021
L'EAU SULFUREUSE DE GARRIS EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE EN 1838 (troisième et dernière partie)
L'EAU DE GARRIS EN 1838.
Il a existé au 19ème siècle, à Garris, en Basse-Navarre, une source et un établissement thermal.
Voici ce qu'écrivit à ce sujet J. P. Salaignac, pharmacien de Bayonne en 1838 :
"Essai d'analyse chimique de l'eau sulfureuse de Garris.
...M. Longchamp a confirmé aussi un fait important, déjà signalé par d'autres chimistes, c'est que plusieurs eaux sulfureuses ont la propriété de conserver, après avoir été chauffées à un certain degré, la plus grande partie de leur acide hydrosulfurique, et de jouir de leurs vertus les plus essentielles. L'eau de Garris, comme on a pu le voir dans son analyse, est de cette espèce ; ce qui est d'ailleurs confirmé tous les jours, par les effets qu'elle produit sur le système tégumentaire, appliquée en bains, après qu'elle a été élevée à un degré de chaleur convenable.
| MARCHE AUX BESTIAUX GARRIS BASSE-NAVARRE PAYS BASQUE D'ANTAN |
C'est en partant de ces diverses considérations qu'on pourra mieux apprécier les propriétés médicinales de cette eau minérale. L'expérience a fait connaître, depuis longtemps, qu'elle peut être assimilée, par sa manière d'agir, à des eaux sulfureuses qui ont acquis le plus de réputation. Les guérisons qu'elle opère d'un grand nombre de maladies qui présentent quelquefois un caractère grave, lui ont attiré une renommée bien méritée que l'avenir doit nécessairement étendre. Les médecins de la contrée, MM. Cazalot, Bidégaray, Etcheparre et Roques, qui inspirent la plus entière confiance par des connaissances étendues dans leur art et une pratique éclairée, la regardent comme un puissant moyen de thérapeutique et la prescrivent très avantageusement à leurs malades. MM. Cazalot à Saint-Palais et Bidégaray à Garris, ont particulièrement recueilli des observations sur l'emploi de cette eau : elles sont relatives à des maladies qui doivent fixer l'attention du médecin, et dont quelques-unes résistent parfois aux moyens ordinairement employés. Les limites de ce simple aperçu ne me permettant pas de présenter la série de ces observations intéressantes, on en trouvera du moins ici le résumé qui prouve que l'eau de Garris a eu les plus grands succès dans les cas suivants :
Administrée en bains et en boisson.
1° Dans diverses sortes d'affections cutanées rebelles (gale, dartres , etc.) — 2° Dans les rhumatismes. — 3° Dans les phlegmasies chroniques de la vessie (catarrhe vésical). — 4° Dans certaines affections nerveuses et hémorrhoïdales.
Administrée en boisson seulement.
1° Dans le catarrhe bronchique. — 2° Dans les névroses pulmonaires. — 3° Dans la gastralgie. — 4° Dans les phlegmasies chroniques des voies digestives (estomac).
Cette eau peut offrir aussi une grande ressource dans le traitement des affections scrofuleuses ; elle a la propriété d'augmenter la transpiration et de favoriser la sécrétion des urines. Prise à petites doses, elle peut être avantageuse dans la diarrhée rebelle qui a résisté à tous les traitements et même dans la dysenterie chronique. On l'emploie avec succès pour guérir la chlorose et rétablir les menstrues diminuées ou supprimées.
| PLACE DU MARCHE GARRIS BASSE-NAVARRE PAYS BASQUE D'ANTAN |
Lorsqu'on administre l'eau de Garris à l'intérieur, il convient, dans quelques cas, de la couper avec du lait, de l'eau d'orge ou une solution gommeuse. Ces mélanges peuvent être faits dans les proportions d'un tiers ou de la moitié du volume de l'eau minérale. On doit observer de ne les préparer qu'au moment de les boire, comme je l'ai déjà fait observer, afin de prévenir la décomposition qu'ils pourraient éprouver en les conservant. Le lait et les liquides mucilagineux ont, comme on le sait, la propriété de modifier avantageusement l'action des eaux sulfureuses chez certains individus qui sont disposés à des irritations ou qui ont l'estomac faible. On a remarqué que plusieurs sujets qui ne pouvaient pas supporter les eaux sulfureuses dans leur état naturel, en ont retiré, par ce moyen, les plus grands avantages. Il est donc important de ne pas négliger cette sorte de médication, lorsque les circonstances l'indiquent.
Il peut aussi se présenter des cas où il conviendra, pendant l'usage de l'eau de Garris, de tenir le ventre du malade un peu libre. On obtiendra cet effet au moyen de quelques légères doses d'un sel purgatif, tels que le sulfate de soude ou celui de magnésie, prises pendant deux ou trois jours consécutifs. Mais c'est aux médecins qu'il appartient de déterminer ces sortes de cas et principalement tous ceux où l'on peut recourir à l'emploi des eaux sulfureuses en général.
Il ne paraît pas qu'on ait fait encore usage de l'eau de Garris en douches ; mais, d'après sa nature, on doit penser qu'on pourra en faire des applications très utiles, sous cette forme, pour dissiper la roideur des membres, l'enflure oedémateuse, des tumeurs, des gonflements aux articulations et principalement pour guérir les ulcères calleux, fistuleux ou invétérés ; dans la paralysie et même quelquefois dans l'épilepsie, quoique plusieurs de ces affections cèdent aussi à l'usage des bains. Ce mode d'administration de l'eau de Garris pourra être employé d'autant plus utilement qu'il est des circonstances où la douche d'eau froide doit avoir la préférence. C'est là encore un avantage qu'offrent les eaux sulfureuses d'une basse température, telle que celle dont il est ici question : on peut, comme on l'a vu, leur communiquer de la chaleur à volonté, sans craindre de dissiper une trop grande quantité de leur principe sulfureux, tandis que si l'on voulait amener à un certain degré de refroidissement des eaux sulfureuses chaudes, ces dernières, dans l'espace de temps qu'exigerait leur exposition à l'air, pour en éliminer le calorique, perdraient presque entièrement l'acide hydrosulfurique qu'elles contiennent, principe auquel elles doivent toute leur énergie.
| PLACE DE LONGUE PAUME GARRIS BASSE-NAVARRE PAYS BASQUE D'ANTAN |
Maintenant que la composition chimique et les propriétés médicinales de l'eau sulfureuse de Garris sont mieux connues, on comprendra toute son importance dans le traitement de plusieurs maladies. Si, d'un autre côté, on considère la situation de cette source au milieu de contrées populeuses qui se trouvent assez éloignées des eaux de Barèges, Cauteretz, Bonne et Cambo, on sentira l'avantage qu'offre la source de Garris à de nombreux malades de pouvoir s'y transporter, sans un grand dérangement et à peu de frais. L'établissement que MM. Vivié frères viennent d'v élever, avec des soins tout particuliers, est donc sous plusieurs points de vue, un bienfait inappréciable. Il est juste de leur en témoigner de la reconnaissance, et c'est un sentiment public qui ne leur manquera point."
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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lundi 24 mai 2021
L'EAU SULFUREUSE DE GARRIS EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE EN 1838 (deuxième partie)
L'EAU DE GARRIS EN 1838.
Il a existé au 19ème siècle, à Garris, en Basse-Navarre, une source et un établissement thermal.
Voici ce qu'écrivit à ce sujet J. P. Salaignac, pharmacien de Bayonne en 1838 :
"Essai d'analyse chimique de l'eau sulfureuse de Garris.
...Limpidité.
Cette eau est parfaitement claire et incolore. Mise dans des bouteilles qu'on remplit entièrement et qu'on a le soin de bien boucher, elle ne se trouble point. On peut la transporter et la conserver très longtemps, sans qu'elle perde ses propriétés. Administrée en bains, elle laisse sur la peau une sorte d'onctuosité qui lui donne de la douceur.
Saveur.
La première impression qu'on éprouve en goûtant l'eau de Garris est une saveur d'oeufs couvés ou altérés qui parait se porter plutôt sur le sens de l'odorat que sur celui du goût, comme cela a lieu pour toutes les eaux sulfureuses ; mais la véritable saveur de cette eau est très légèrement fade. Elle n'excite aucun dégoût en la buvant.
Température.
Sa température, prise à différentes époques, au moyen d'un thermomètre à mercure, s'est trouvée constamment de 11 à 13 degrés centigrades ; ce qui classe cette eau parmi les eaux sulfureuses froides.
| PLACE DE LONGUE PAUME GARRIS BASSE-NAVARRE PAYS BASQUE D'ANTAN |
Pesanteur spécifique.
La pesanteur spécifique de l'eau de Garris, comparée à celle de l'eau distillée, est comme 10 000 à 10 003 ; l'eau distillée bouillie et refroidie étant 10 000, et ces deux liquides pris à la température de 12 degrés 5 centigrades.
Action de la lumière et de l'air sur l'eau de Garris.
Cette eau n'éprouve aucune altération de la part de la lumière.
Lorsqu'on l'expose au contact de l'air, elle subit une décomposition qui la trouble légèrement ; mais ces effets ne s'opèrent qu'avec beaucoup de lenteur. J'ai exposé à l'air deux kilogrammes d'eau de Garris dans un vase où elle présentait une grande surface. Ce n'est qu'après vingt-quatre heures et sous l'influence d'une température de 16 à 18 degrés centigrades, qu'elle a été entièrement décomposée. Sa transparence était alors un peu troublée par la séparation d'une petite quantité de soufre et de carbonates insolubles, dont une partie s'était précipitée. La connaissance de ces faits peut être utile aux médecins, pour qu'ils recommandent à leurs malades de ne point abandonner à l'air l'eau sulfureuse qu'ils leur prescrivent de boire. Cette décomposition de l'eau de Garris s'opère également lorsqu'elle est conservée dans des bouteilles en vidange. La théorie de la décomposition des eaux sulfureuses, par l'action de l'air, est connue depuis longtemps. On sait que l'oxygène de l'atmosphère agit sur l'acide hydrosulfurique contenu dans l'eau, et en sépare le soufre dont une partie se précipite, tandis qu'une autre passe à l'état d'acide hyposulfureux. Pendant cette réaction les carbonates insolubles perdent l'acide carbonique qui les tenait en dissolution et se précipitent de leur côté, comme on l'a déjà vu. Lorsque les eaux contiennent des hydrosulfates, ces sels se convertissent en hyposulfites, par suite de cette décomposition.
| PLACE DU MARCHE GARRIS BASSE-NAVARRE PAYS BASQUE D'ANTAN |
Action de la chaleur sur l'eau de Garris.
J'ai examiné avec beaucoup d'attention les effets de la chaleur sur l'eau de Garris, d'autant plus qu'il était important de s'assurer, d'une manière positive, si cette eau chauffée au degré convenable, pour être administrée en bains ou en douches, pouvait conserver encore des propriétés sulfureuses et agir efficacement sur le système tégumentaire ; les expériences que j'ai faites dans cet objet ont démontré, de la manière la plus complète, que l'eau de Garris peut être élevée à une température qui la rend propre au service d'un établissement thermal.
... Ces expériences sont décisives et ne laissent, par conséquent, aucun doute sur la propriété qu'a l'eau de Garris de supporter une chaleur assez grande, sans se décomposer entièrement : ce n'est qu'au terme de 90 à 100 degrés, toujours centigrades, que le nitrate d'argent cesse d'y produire un précipité noir ou brun.
Action des réactifs sur l'eau de Garris.
L'usage des réactifs, dans l'examen des eaux minérales, sert à se procurer des indications sur la nature des principes qu'elles contiennent : c'est ce qu'on appelle l'analyse qualitative de ces eaux. Ces essais sont suivis d'autres expériences qui ont pour objet de déterminer l'état de combinaison de ces mêmes principes et leurs quantités respectives. Cette partie constitue l'analyse quantitative. Pour suivre cette marche, qui est tout à fait méthodique, j'ai examiné, sur l'eau dont je m'occupe, les effets des réactifs dont il va être question.
Effet du mercure.
L'eau de Garris, agitée avec un globule de mercure, dans un flacon de cristal plein et bien bouché, agit sur ce métal en lui donnant une couleur noire.
Effets de l'argent et de l'or.
Une pièce d'argent, mise sous le jet de cette eau, lorsqu'elle sort de la source, y prend d'abord les couleurs de l'iris et passe bientôt après au noir ; l'or est aussi altéré à la longue. Les personnes qui prennent des bains doivent donc se prémunir contre ces effets, en se défaisant d'avance de leurs bijoux.
Effets produits par le lait de vache et d'autres liquides mucilagineux.
L'usage où l'on est d'administrer les eaux sulfureuses, dans certains cas, coupées avec du lait de vache, ou d'autres liquides mucilagineux, devait me porter à examiner de tels mélanges avec l'eau de Garris. Je l'ai donc mêlée à du lait, de la solution de gomme arabique et de la décoction d'orge perlé.
Ces mélanges, dans les proportions d'un tiers ou de la moitié du volume de l'eau minérale, n'ont donné lieu à aucune décomposition pour le moment ; mais comme ils peuvent s'altérer, en les conservant quelque temps, il convient d'en user au moment où l'on vient de les préparer. Le seul effet qu'opèrent immédiatement ces liquides mucilagineux sur l'eau de Garris, est de diminuer plus ou moins sa saveur, en raison de la densité de chacun d'eux et de leurs proportions : d'où il résulte naturellement que les mélanges opérés ont un goût mixte qui participe de celui de l'eau minérale et du liquide employé...
| MARCHE AUX BESTIAUX GARRIS BASSE-NAVARRE PAYS BASQUE D'ANTAN |
... Propriétés médicinales de l'eau de Garris.
On a vu, d'après les résultats de l'analyse chimique de l'eau de Garris, qu'elle contient un principe très actif : l'acide hydro-sulfurique dont une partie s'y trouve à l'état libre, et l'autre à celui de combinaison. Ce principe doit nécessairement lui communiquer des propriétés énergiques, et la rendre très utile dans le traitement d'un grand nombre de maladies. Des substances salines s'y associent secondairement ; mais ce qui est remarquable dans cette eau, c'est que la matière organique que les chimistes ont désignée sous le nom de glairine, s'y trouve en très grande quantité, comparativement à d'autres eaux minérales de la même espèce. On sait que cette matière organisée qui est d'une consistance épaisse et comme gélatineuse, modifie avantageusement l'action de l'acide hydrosulfurique, et celle des hydrosulfates, notamment dans l'emploi des eaux sulfureuses à l'extérieur.
Sous ce rapport, et en considérant, par ailleurs, la présence du chlorure de sodium dans l'eau de Garris, on trouvera qu'elle a beaucoup d'analogie avec les eaux de Barèges, de Cauteretz et plusieurs eaux minérales des Pyrénées Orientales dont la renommée est des plus étendues. Il faut cependant observer à cet égard, qu'indépendamment d'une composition qui n'est pas absolument la même, cette eau diffère de celles qui viennent d'être citées, par la température de ces dernières qui est assez élevée pour quelques-unes, tandis que l'eau de Garris est naturellement froide. On est donc obligé de la chauffer pour l'amener à la température qui est nécessaire aux bains ou aux douches, et qui s'élève le plus ordinairement de 30 à 32 degrés de Réaumur ou 37 1/2 à 40 degrés centigrades. Cette élévation de température qu'on donne aujourd'hui à plusieurs eaux sulfureuses froides, a provoqué une objection relative à la nature de la chaleur que quelques eaux minérales apportent avec elles du sein de leurs sources. Il s'agissait de déterminer si cette chaleur était pourvue de quelque propriété particulière, de quelque chose de sui generis, ou bien si elle était absolument identique avec celle de nos foyers. Un grand nombre d'expériences qui ont été faites dans cet objet, sur plusieurs eaux minérales naturelles ou factices, par M. Longchamp, chimiste qui s'est beaucoup occupé de l'analyse des eaux, ont résolu cette question de la manière la plus satisfaisante : elles ont prouvé clairement que la chaleur artificielle, ou, en d'autres termes, celle qui peut être communiquée, ne diffère en rien de la chaleur naturelle."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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samedi 24 avril 2021
L'EAU SULFUREUSE DE GARRIS EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE EN 1838 (première partie)
L'EAU DE GARRIS EN 1838.
Il a existé au 19ème siècle, à Garris, en Basse-Navarre, une source et un établissement thermal.
Voici ce qu'écrivit à ce sujet J. P. Salaignac, pharmacien de Bayonne en 1838 :
"Essai d'analyse chimique de l'eau sulfureuse de Garris.
Aperçu de la topographie du lieu et situation de la source.
C'est auprès de la chaîne des Pyrénées, au Nord-Ouest et à une petite demi-lieue de Saint-Palais, qu'on trouve la commune de Garris : elle est située sur un terrain élevé et très accidenté d'où l'on découvre un magnifique paysage. Ses nombreux coteaux plantés de vignes, ses champs fertiles, ses prairies riantes , ses bois de haute futaie sur le penchant des monts et ses jolis bosquets où règnent l'ombrage et la fraîcheur, en font une campagne délicieuse. On y respire l'air pur et salutaire des montagnes, qui donne tant de vitalité et de ressort à nos organes. Aucune eau stagnante, aucune mare insalubre n'existent dans cette agréable localité. Les eaux potables y sont excellentes et en abondance : leur écoulement donne lieu à deux ruisseaux qui traversent la commune dans la direction du Sud au Nord et de l'Ouest à l'Est, servant à d'utiles irrigations. Les vents qui règnent le plus souvent à Garris, viennent de la partie du Nord ; ce qui tempère la chaleur pendant l'été, qui d'ailleurs ne se fait assez fortement sentir, pour l'ordinaire, que dans la première quinzaine du mois d'août. Les habitants de ce lieu sont, en général bien constitués, d'une santé robuste, et, comme tous les Basques, polis, affables et prévenants.
Le bourg comprend un assez grand nombre de maisons dont la majeure partie sont bien bâties. On y remarque, vers le centre, les restes d'un antique château-fort qui était anciennement le siège de la juridiction de Mixe, vallée de la ci-devant Basse-Navarre.
| QUARTIER DE L'EGLISE GARRIS BASSE-NAVARRE PAYS BASQUE D'ANTAN |
Ce vieil édifice dont l'aspect a été changé dans ces derniers temps, par une nouvelle couverture qu'on lui a donnée, est aujourd'hui le lieu de la mairie de Garris. Sa vétusté a exigé qu'on l'appuyât par deux éperons, vers la partie du Nord ; mais il est néanmoins à croire que ce reste d'antiquité du pays n'aura pas une longue existence.
Cette commune a une population d'environ 640 personnes. Son revenu principal consiste en vins excellents qui sont très renommés et recherchés. On y tient tous les quinze jours, en vendredi, un marché considérable qui donne lieu à un mouvement de numéraire assez grand ; toutes sortes de denrées abondent à Garris particulièrement dans la saison des eaux. Les étrangers qui s'y rendent à cette époque y trouvent des logements très propres et commodes.
| MARCHE AUX BESTIAUX GARRIS BASSE-NAVARRE PAYS BASQUE D'ANTAN |
La source minérale est située au Sud et à une petite distance du bourg. On y arrive, en descendant une colline, par un chemin qui suit une douce pente et qui donne un libre accès aux voitures. L'eau jaillit par plusieurs jets, au pied d'une petite montagne et à une assez grande profondeur d'une roche schisteuse micacée qui présente, dans sa cassure, quelques traces de soufre. On a trouvé que le volume de la source est de dix mille quatre-vingt litres d'eau dans les vingt-quatre heures. MM. Vivié frères, propriétaires de cette source, y ont élevé un établissement thermal. La plus grande partie de l'eau est reçue dans un bassin rectangulaire de quatre mètres de longueur, sur trois de largeur et six de profondeur. Ce vaste bassin est construit en forte maçonnerie et enduit intérieurement d'un ciment inattaquable par l'eau. On y a adapté un couvercle en bois, qui le ferme exactement et qui s'oppose à l'évaporation du gaz sulfureux, ainsi qu'à l'introduction de l'air extérieur ; de sorte que l'eau ne peut éprouver aucune déperdition, ni de décomposition. Au moyen d'un jeu de pompe qu'on a disposé dans ce bassin, l'eau minérale est portée dans une chaudière de cuivre fortement étamée où elle est chauffée à soixante-dix degrés centigrades, pour être employée ensuite en bains ou en douches, au degré de chaleur convenable. La pompe qui est aussi en cuivre a été également étamée. A côté de ce bassin on a mis à profit un jet d'eau sulfureuse, pour établir une buvette. Le trop-plein de cette fontaine, ou espèce de réservoir particulier qui a aussi son couvercle, se déverse par un canal supérieur dans le grand bassin dont il vient d'être parlé ; le fond et les parois intérieures de ces deux bassins sont enduits d'une matière jaunâtre que l'eau y dépose et qui est d'une consistance épaisse et comme gélatineuse. Le tout est renfermé dans un appentis construit en maçonnerie, qui communique à un bâtiment principal dans lequel sont établies les baignoires et les conduites de l'eau, fabriquées en planches de zinc d'une forte dimension, métal qui n'éprouve presque pas d'altération de la part des eaux sulfureuses.
| PLACE DU MARCHE GARRIS BASSE-NAVARRE PAYS BASQUE D'ANTAN |
Le bâtiment principal est un parallélogramme rectangle de dix-neuf mètres et demi de longueur sur neuf mètres de largeur, qui est élevé d'un étage et d'un comble. Le rez-de-chaussée se divise, du côté de la façade, en deux pièces à peu près carrées et assez grandes, au milieu desquelles se trouve l'entrée du bâtiment ; la partie opposée présente dans toute son étendue neuf cabinets de bains, dont un est réservé pour la douche ; un corridor qui suit d'un bout à l'autre le front de ces cabinets, leur donne l'entrée. On a disposé dans les pièces supérieures des logements très agréables et très commodes pour les personnes qui veulent se trouver à la proximité de la source.
Les environs de cet établissement sont des plus pittoresques, par la variété de la culture et de récentes et nombreuses plantations qui bordent sur l'inclinaison des collines de beaux tapis de verdure. La petite montagne auprès de laquelle jaillit la source minérale, présente une végétation moins énergique ; mais ce lieu, un peu solitaire, n'est pas non plus sans intérêt. Ce sont des charmilles naturelles qui conduisent, par une douce pente, sur le sommet de ce mont d'où l'on découvre, mieux que partout ailleurs, les beautés du paysage. On remarque de ce point, sur la crête d'une petite montagne voisine, une fortification élevée en terre et très bien conservée, dont la construction, dit-on, remonte à l'époque de l'invasion des Maures. Cette tradition a acquis quelque fondement, depuis que des fouilles pratiquées dans de semblables terrains, sur d'autres points de cette partie du pays basque, y ont fait découvrir d'anciennes armes. C'est de là aussi qu'on aperçoit la vignicole et jolie commune de Luxe, avec sa petite église où reposent, dans un modeste tombeau, les restes de la comtesse d'Olonne, originaire de ce lieu.
Les agréments de la campagne ne sont pas les seuls plaisirs que l'on goûte à Garris ; on en trouve d'autres bien propres à exercer une influence avantageuse dans certaines maladies ; surtout dans celles qui ont pour cause une sorte d'abattement moral, et où il est utile de joindre à l'usage tonique des eaux une diversion agréable de l'esprit, ou des exercices du corps qui puissent en rompre l'atonie : dans l'objet d'user de ces puissants moyens de l'hygiène, on a recouru au goût du pays pour le jeu de paume, et l'on a construit un trinquet devant l'établissement thermal ; à une petite distance de là, est une jolie rotonde qui invite à la danse.
| PLACE DE LONGUE PAUME GARRIS BASSE-NAVARRE PAYS BASQUE D'ANTAN |
L'établissement se trouvant par sa position assez rapproché de Saint-Palais, on peut s'y rendre de ce lieu par un chemin de traverse, où l'on a établi des voitures qui en font le trajet plusieurs fois par jour dans la saison des eaux. Ces circonstances permettent aux personnes qui ne seraient pas bien malades et qui préféreraient habiter St-Palais, d'user des eaux minérales en jouissant à la fois des agréments de la ville et de la campagne.
La source minérale de Garris est connue depuis un temps immémorial, sans qu'on sache l'époque de sa découverte. Son eau n'avait point encore été analysée, quoiqu'elle ait souvent fixé l'attention des médecins par les guérisons qu'elle opère d'un grand nombre de maladies. On l'employait non seulement en boisson, mais encore en bains, quoiqu'on éprouvât bien des difficultés pour l'administrer de cette dernière manière, faute d'un établissement thermal.
On arrive à Garris par des routes départementales très bien entretenues, sur lesquelles circulent, dans la belle saison, plusieurs voitures publiques qui offrent des moyens sûrs et commodes de transport ; une nouvelle route de Hasparren à Saint-Palais, passant par Garris, doit être bientôt ouverte et donner lieu à d'utiles communications.
Expériences analytiques.
Propriétés physiques.
L'eau de Garris.
Odeur.
L'odeur qu'exhale l'eau de Garris est celle de l'acide hydrosulfurique. Cette odeur est très prononcée dans l'établissement et elle se fait même sentir quelquefois assez fortement au-dehors, lorsque certaines circonstances atmosphériques donnent lieu, dans la source, à un dégagement plus grand du gaz sulfureux que dans les temps ordinaires."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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