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mardi 18 août 2026

LES HÔPITAUX DU PÈLERINAGE DE SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE AU PAYS BASQUE EN 1900 (deuxième partie)

LES HÔPITAUX DU PÈLERINAGE DE SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE AU PAYS BASQUE AUTREFOIS.


Le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle a été créé et instauré au début du 9ème siècle.



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LES CHEMINS DE SAINT-JACQUES-DE-COMPOSTELLE


Voici ce que rapportèrent à ce sujet l'abbé V. Dubarat (Aumônier du Lycée de Pau) et l'abbé P. 

Haristoy (Curé de Ciboure), dans le numéro de janvier 1900 des Etudes historiques et religieuses 

du Diocèse de Bayonne :



"... 6° Hospitalité chez les particuliers. Les pèlerins trouvaient une hospitalité accueillante non seulement dans les établissements religieux et hospitaliers de St-Esprit-Bayonne, mais encore chez les particuliers "les gîtes étaient nombreux et la foi vive". Les maisons spécialement ouvertes aux pieux voyageurs portaient pour enseigne une coquille sur la façade et étaient surmontées de cette inscription : "Casas de la Concha".



"La grande chanson des Pèlerins de Saint-Jacques" consacre un quatrième couplet aux Landes en ces termes :


Bien étonnés

Nous avions de l'eau jusqu'à mi-jambes

De tous côtés.

Compagnons, nous faut cheminer

En grandes journées

Pour nous tirer de ce pays

De si grandes rosées.


Le cinquième couplet continue ainsi sur Bayonne :


Quand nous fûmes à Bayonne

Loing du pays

Changer nous fallut nos couronnes

Et fleurs de lys.

C'est pour passer le pays

De la Biscaye.


Enfin, son sixième couplet nous apprend qu'il y avait, comme aujourd'hui, un cambio de monedas,


Changer nous fallut nos gros blancs

Quand nous fûmes dans Bayonne,

Nos quarts d'écu qu'on nomme francs,

Avec notre monnoie en somme 

Semblablement notre couronne. 

C'est pour la Biscaye passer,

Où il y a d'étrange monde :

On ne les entend pas parler.



Lahonce : Ancienne abbaye d'abord des Bénédictins, puis des Prémontrés, remontant au XIe Se car Bertrand, vicomte de Bayonne, à qui on attribue sa fondation, ne l'avait fait que restaurer en 1164 (Conventus Foncie 1302 charte du chapitre de Bayonne. Nostra Domina de la Honce 1693 (collections du diocèse de Bayonne). Nous comprenons ce monastère parmi les hôpitaux du pays. N'est-ce pas de règle chez les Bénédictins et chez les Prémontrés d'avoir un hôpital ou refuge pour les pauvres passants, par conséquent pour les pèlerins ? L'abbaye de Lahonce bénéficia des dispositions testamentaires de Dominique de Manx, évêque de Bayonne, et de celles d'Arnaud-Raymond, vicomte de Tartas (31 mars 1312). 



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GISANT DE DOMINIQUE DE MANX EVEQUE DE BAYONNE
CLOÎTRE CATHEDRALE DE BAYONNE



Elle fut visitée par divers personnages et entre autres par Charles IX qui, avec sa cour, y dîna le 3 juin 1564 ; elle possédait une justice seigneuriale, les cures de Mouguerre, de la Madeleine et d'Ispoure réunies près Saint-Jean-Pied-de-Port et enfin la Grange d'Orthecole (Otchocol) à Urt. Cette grange fut fondée par Roger de Gramont, grand serviteur de la Sainte Vierge, qui, se réservant le droit patronal d'y nommer un religieux, la donna à l'abbaye de La Honce. La grange, détruite aujourd'hui, a été remplacée par une petite chapelle but de pèlerinage encore en certains jours de fête. 


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ROGER DE GRAMONT 
COLL MAISON GRAMONT



II Canton de Saint-Jean-De-Luz.



Saint-Jean-de-Luz : Santus Johannes de Luis mentionné dans le cartulaire de Bayonne (f° 32) avait un couvent des Récollet inauguré en 1613 par Mgr d'Echaux, évêque de Bayonne, et porté tantôt de St-Jean-de-Luz, tantôt de Ciboure, aujourd'hui reconnu de cette dernière ville. Elle possédait encore un couvent des Ursulines établi en 1639 et un ancien hôpital. M. Brutails, archiviste de la Gironde, donne un document du 13 janvier 1357, où il est relaté que dans "l'hôpital de Saint-Jayme (St-Jacques) cerca Fontarabie como en Sent Johan de Luyx", eut lieu une montre (revue) des troupes partant pour la Normandie en 1357. Il s'agit ici de l'hôpital de Santiago de Zubernoa (la Bidassoa) et de l'ancien hôpital de Saint-Jean-de-Luz. Cet établissement était situé au nord-ouest de la ville près du chenal actuel, d'où son nom de couvent de la barre. Cédé aux Ursulines à leur arrivée, il fut envahi par la mer dans la nuit du 21 au 22 janvier 1745. L'hôpital actuel, converti aujourd'hui en hôpital civil, fut bâti en 1623 par Johanis Haraneder et Garcie Françoise de Chibau, son épouse. N'était même le document cité par M. Brutails, il est évident que la ville de Saint-Jean-de-Luz, traversée par tant de pèlerins, n'est pas restée sans un hôpital jusqu'à l'année 1623. 



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COUVENT ET FONTAINE DES RECOLLETS CIBOURE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Le septième couplet de la Grande chanson des Pèlerins fait l'éloge de ses habitants en termes suivants :


Quand nous fûmes à Saint-Jean-de-Luz,

Les biens de Dieu en abondance 

Car ce sont des gens de Dieu élus, 

Des charités ont souvenance

Donnant aux pauvres chévance

Et de leurs biens en abondance,

Disant : Vous aurez souvenance

Dieu vous conduise à sauvement.



Ciboure : On nous permettra de reporter une partie des louanges du couplet précédent sur les habitants de Ciboure. N'avons-nous pas vu plus haut un pèlerin picard prendre comme du reste de nos jours quelques étrangers les deux villes soeurs pour une seule ? N'y trouve-t-on pas les mêmes élans de zèle et de charité pour les oeuvres de Dieu ? Quoi qu'il en soit, Zubiburu (tête de pont), ancien démembrement de la paroisse d'Urrugne, avait son hôpital avec oratoire et un cimetière. Nous avons dit plus haut avec quelle solennité la fête de saint Bernard, entre autres, y était célébrée. L'hôpital était situé à l'extrémité de la rue Agorette, aujourd'hui Evariste Baignol, près la Croix dite Blanche, portant la date de 1616, qui pouvait être au cimetière du dit hôpital. Celui-ci fut démoli à la Révolution ; son emplacement et celui du cimetière sont indiqués par une petite pièce de terre dont jouit la commune.


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PONT DE CIBOURE
PAYS BASQUE D'ANTAN 


Urrugne : Sanctus Vincentius de Urruina, Villa Urrungia mentionné au XIe Se (livre d'or p.8) avait aussi son hôpital situé un peu au-delà de l'église paroissiale, sur l'ancienne route d'Espagne. Son nom se conserve encore dans une maison. Les pèlerins devaient faire des réflexions sérieuses à la vue — si pour lors elle existait — de cette inscription du cadran de l'église si connue même des étrangers : Vulnerant omnes, ultima necat, toutes (les heures) blessent, la dernière tue. Disons dans un sens plus chrétien : Toutes nous rapprochent, la dernière nous unit.



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CADRAN EGLISE D'URRUGNE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Serres : Villa que dicitur Asseres, mentionné vers 1140 (cart. de Bayonne p. 8) est une ancienne commune unie à Ascain en 1845. Son église, dédiée à S. Jacques (Sanctus Jacobus de Serres (coll. du diocèse de Bayonne) avait un cimetière et probablement un hôpital comme une étape naturelle des pèlerins entre St-Pée et St-Jean-de-Luz.



Zubernoa : Zubernie XIIe Se (cart. de Bayonne p. 9). L'hôpital de Soubernoa 1581 (arch. de l'Empire F. 867 n° 12) ancien hameau de l'antique paroisse d'Urrugne. Il devint un prieuré-paroisse à une époque qu'on ne peut préciser et dépendant de l'abbaye d'Arthous (Landes). Son origine paraît devoir remonter à un gentilhomme, G. de Zubernoa, conseiller intime de Bertrand, vicomte de Bayonne, 1137 à 1170, dont parle Jules Balasque.


La paroisse de Zubernoa, aujourd'hui partagée entre Hendaye et Béhobie, comptait, en 1766, 400 communiants. Son église dont il ne reste plus trace, fut démolie le 23 avril 1793, lors de l'invasion espagnole dirigée par le général Caro. Son emplacement et celui de son cimetière forme un champ où on voit une croix processionnelle, près de la maison prieuriale qui porte encore ce nom, et est propriété de la famille Durruty de Hendaye.



En 1645, M. d'Olce, évêque de Bayonne, donna le prieuré de Zubernoa à René Pichon, chanoine de Bordeaux. C'est sans doute la statue de S. Jacques de cette église que l'on voit aujourd'hui au retable de celle de Hendaye.



Son antique hôpital sur les bords de la Bidassoa, aujourd'hui démoli, indiquait le port de ce nom, c'est-à-dire la dernière étape des pèlerins sur la terre de France. C'est dans cet hôpital qu'eut lieu en 1357 la montre ou revue dont nous avons parlé à l'article St-Jean-de-Luz. Cet établissement possédait l'ile des Faisans appelée anciennement l'île de l'hôpital, divers moulins, nasses, les terres qui de la gare actuelle de Hendaye s'étendaient au territoire de Biriatou et celui d'Urrugne. En sortant de cet hôpital, les pèlerins traversaient la Bidassoa et arrivaient à Sainte-Marie de Huran (Irun) sur la terre d'Espagne. Voici leur complainte dans le 6° couplet de la grande chanson :


Quand nous fùmes à Sainte-Marie 

Hélas, mon Dieu,

Je regrettois la noble France

De tout mon coeur,

Et j'avais si grand désir,

D'être auprès d'elle,

Aussi de tous mes grands amis 

Dont je suis en malaise.



Voici ce que nous apprend un autre couplet de la 6° chanson :


Quand nous fûmes à Sainte-Marie

Adieu la France jolie

Et les nobles fleurs de lys,

Car je m'en vais en Espagne.

C'est un étrange pays."






A suivre...




(Source : Wikipédia et gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France et L'apogée de la Maison Gramont)




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dimanche 5 octobre 2025

L'ÉGLISE DE LAHONCE EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1934

L'ÉGLISE DE LAHONCE.


L'église Notre-Dame de Lahonce, construite en 1121, est une église romane, dédiée à la Vierge Marie et dépend du diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron.




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EGLISE DE LAHONCE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet le Bulletin de la Société des Sciences, Lettres & Arts de Bayonne

le 1er juillet 1934 :



"A l'Eglise de Lahonce.



L'église paroissiale de Lahonce est une antique église abbatiale. Au commencement du XIIe siècle, peu de temps après la création de l'Ordre des Prémontrés, quelques-uns de ceux-ci s'établirent dans le diocèse de Bayonne. L'abbaye qu'ils devaient occuper pendant 700 ans environ et dont l'église actuelle était la chapelle, aurait été fondée, d'après certains auteurs, par le Vicomte de Bayonne, Bertrand.



Les religieux étaient assujettis à règle de Saint Augustin ; ils étaient en même temps curés et desservaient des paroisses. L'abbaye avait en effet sous sa dépendance les églises d'Ispoure et de la Madeleine son annexe en Basse-Navarre, celle de Béhaune de Lantabat et, dans ses environs immédiats, celles de Lahonce, d'Urcuit et de Mouguerre. Aussi un certain nombre de moines étaient-ils toujours absents de l'abbaye où ne résidaient que quatre ou cinq d'entr'eux avec un abbé, un prieur et un syndic.



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EGLISE D'URCUIT
PAYS BASQUE D'ANTAN

L'histoire de cet établissement est encore à écrire ; malheureusement il est à craindre qu'on ne puisse réaliser ce travail car ses archives ne sont pas parvenues jusqu'à nous et on ne connaît que peu de choses sur les événements qui ont marqué son existence.



Ce qu'on en sait provient des Archives de Bayonne et concerne de nombreux incidents, à l'occasion des droits de juridiction que cette ville exerçait sur les riverains de l'Adour et que les religieux de Lahonce supportaient difficilement.



A la Révolution, on vendit les biens de l'Abbaye et l'Ordre fut dissous ; mais, lors du Concordat, Lahonce fut érigé en paroisse, avec la chapelle du couvent comme église. C'est alors qu'on y construisit les galeries réservées aux hommes.



Au cours de sa longue existence cet édifice a subi de nombreuses transformations dont un examen attentif permet de retrouver les traces. Cependant il est peu probable que son aspect général ait beaucoup changé depuis l'origine. Ses murs, épais de 1 m. 40, sont construits avec des matériaux divers, parmi lesquels domine, tout au moins dans les parties les plus anciennes, un grès jaune de grand appareil. Primitivement le choeur, dont les stalles existent encore, était, dans l'abside, séparé de la nef par un autel à deux faces, sur lequel on pouvait, à volonté, célébrer la messe soit du côté des chanoines, soit du côté du public.



Au mois d'Août dernier (1934) l'église a subi des réparations importantes. A certains endroits les murs ont été dépouillés d'une couche de mortier qui les revêtait, et on a constaté qu'il y avait dans le mur une série d'"enfeu" de dimensions et de formes diverses et tous comblés avec des pierres et du mortier. Quelques-uns carrés, mesurant 0 m. 50 et 0 m. 40, d'autres, plus longs, et dépassant un mètre, parfois même deux mètres. Une dizaine de ces niches ont été mises à jour sur une même ligne, dans le mur méridional de l'église ; mais des sondages ont permis de se rendre compte qu'il y en avait un grand nombre disséminées dans tous les murs. Sans doute les grandes pouvaient-elles recevoir des corps entiers. Quant aux petites il est probable qu'on les utilisait pour y déposer des ossements enlevés du cimetière lorsque la place venait à y manquer. On peut en effet constater l'existence de dispositions similaires dans le mur du cloître de la Cathédrale de Bayonne parallèle à la rue d'Espagne, auxquelles on peut attribuer la même destination si l'on rappelle que le Cloître entourait au Moyen Age le cimetière de la paroisse.




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CLOÎTRE CATHEDRALE DE BAYONNE
PAYS BASQUE D'ANTAN



La découverte de ces "enfeu" n'est pas la seule qu'aient fait constater les travaux réalisés à l'église de Lahonce. Ils ont mis à jour, à l'angle sud de la nef, à côté de la porte d'entrée, un escalier à vis en pierre, ayant une hauteur de 7 mètres et qui conduisait autrefois au clocher. Actuellement, le porche est précédé d'une façade à pignons, avec des alvéoles pour les cloches. On ne peut préciser l'époque de cette disposition, mais l'existence de cet escalier qui se termine à hauteur de la voûte permet de supposer qu'il y a eu anciennement un clocher dont le dernier vestige est cet escalier.



Comment était ce clocher ? Dans quelles circonstances a-t-il été remplacé par la façade actuelle qui, d'après son apparence, est de construction récente ? Pourquoi a-t-on préféré, à sa restauration, une façade du type de celle des églises souletines ? Ce sont autant de questions auxquelles il n'est pas possible de répondre ; le champ est ouvert aux hypothèses...



Mais la découverte, sans contredit la plus sensationnelle, est celle de la date de construction de l'église. Le tympan qui surmonte la porte d'entrée du côté du porche était recouvert d'un panneau de bois avec l'image de Dieu le Père, M. l'abbé Doyhénart, curé de Lahonce, prêtre très averti en architecture religieuse, a eu l'excellente idée de faire enlever ce panneau, qui ne présentait aucune valeur au point de vue artistique. Il n'a pu que s'en féliciter, en constatant que la pierre centrale du linteau portait, gravée d'une manière assez fruste, mais très lisible, la date 1121. Cette constatation est d'autant plus intéressante que les églises ou chapelles portant la date de leur fondation sont des plus rares.



1121. Or, c'est à 1120 que remonte la fondation à Prémontré, à 17 kilomètres de Laon, de l'Ordre des Prémontés, par Saint Norbert, archevêque de Magdebourg. L'abbaye de La Honce, sur l'Adour, a été, croit-on, tout d'abord, une possession bénédictine, où les disciples de S. Norbert s'installèrent vers 1150. Cf. Dubarat-Daranatz, Recherches sur la Ville et sur l'Eglise de Bayonne, II, 9-10.



religion catholique saint sainte norbert
6 JUIN SAINT NORBERT DE GENNEP


La date découverte a été incontestablement sculptée par l'Ordre de Saint-Benoît."



(Source : Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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mercredi 20 octobre 2021

ANDRÉ BÉHOTÉGUY RUGBYMAN JOUEUR DE L'AVIRON BAYONNAIS ET DE L'ÉQUIPE DE FRANCE DE 1923 À 1929

ANDRÉ BÉHOTÉGUY RUGBYMAN DE L'AVIRON BAYONNAIS DANS LES ANNÉES 1920.



André Béhotéguy, né le 19 octobre 1900 à Bayonne et mort le 14 juillet 1960 à Nice, est un joueur français international de rugby à XV qui a évolué au poste de centre, d'abord à l'Aviron Bayonnais puis à l'Us Cognac.



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ANDRE BEHOTEGUY RUGBYMAN AVIRON BAYONNAIS



Voici ce que rapporta à son sujet le journal Match, le 14 août 1934, sous la plume de Jean 

Labourd :



"André Béhotéguy a quitté le rugby pour l'élevage.



A quelques kilomètres de Bayonne, en remontant l’Adour, on rencontre Lahonce. A vrai dire, ce village sans histoire ni renom ne s’étend pas tout entier — tant s’en faut ! — sur les rives du beau fleuve. Car s’il a son port de pêcheurs, ses preneurs d’aloses et à l’occasion de saumons, il a aussi et surtout ses collines, en forme de promontoires. Sur l’une d’entre elles se dresse le gros du bourg, autour de l’église et du presbytère. Le curé du lieu est un sportif de la première heure. L’abbé Dominique Doyhénart, de Guéthary, a été un excellent pilotari (voire même un champion, au grand chistera) et un actif trésorier de la Fédération Française de Pelote basque. Entre temps, il conquit ses galons de commandant et sa croix de chevalier de la Légion d’honneur... Mais ceci est une autre histoire...



Face à cette colline sacrée, si je puis dire, s’élève un autre promontoire, aussi net, aussi hardi, mais qui ne porte à son sommet qu’une seule construction, délicieuse maison basque, inondée de soleil : c’est "Carrabidia", au nom sonore et rocailleux, mais au visage plein de politesse avec les deux versants égaux de son toit pointu, son porche cintré, que surplombent un balcon de bois et les poutrelles de sa façade, le long desquelles grimpent des roses. 



C’est là qu’habite, avec sa charmante femme, l’ancien international de rugby, le capitaine de l’équipe de France, celui qu’on appela le "centre-express", André Béhotéguy.



Le rugby ? Il lui a dit adieu depuis quatre ans, non seulement comme joueur, mais même comme spectateur.



N’en concluez pas, cependant, que le ballon ovale — auquel il doit tant de joies... et tant de gloire ! — laisse André Béhotéguy indifférent : le hall de "Carrabidia" abrite, en effet, un poste de T. S. F. et André y a suivi, avec tout l’intérêt, toute la passion, même, d’un membre de la famille, la campagne victorieuse de ses chers "bleu et blanc" de l’Aviron Bayonnais. Il aime aussi à parler "rugby" ; et j’évoquerai tout à l’heure quelqu’une de nos conversations sur ce sujet.



Mais il en est un sur lequel il est intarissable et qui, visiblement, l’a pris tout entier : c’est l’élevage de ses Rhode-lsland,



poule rhode island
POULE RHODE-ISLAND



Levé avec le jour, couché — c’est le cas de le dire ! — en même temps que les poules, André Béhotéguy mène à Lahonce la vie du terrien, "la vie idéale", comme il se plaît à le répéter.





J’ai eu plusieurs fois l’occasion de le voir à l’œuvre, évoluant avec l’aisance et la joie d’un vieil éleveur parmi son petit peuple de coqs imposants, de poules magnifiques, de poussins piaillant, le tout de cette belle couleur acajou qui est l’apanage des Rhode-Island. J’ai assisté au repas des pensionnaires de "Carrabidia" qui se nourrissent d’une mystérieuse farine venue, je crois, de Hollande ; à la cueillette des œufs dans les petits nids à souricière, l’éleveur inscrivant soigneusement, sur chaque œuf, le matricule que la fondeuse porte à la bague de sa patte. 




poule rhode island
POULE RHODE ISLAND ROUGE ACAJOU GRANDE RACE


J’ai vu, aussi éclore — littéralement — quelques-uns des six cents œufs renfermés dans une couveuse modèle, et j’ai pénétré, à la suite d’André, dans les chambres surchauffées où grandissent les "espoirs". Rien n’est curieux comme les cages à trois étages où, devenus forts, ils attendent, par rang de taille, le sort réservé, hélas ! à tous leurs pareils : car c’est par quatre mille que se chiffre la production de "Carrabidia" en poulets de table, sans compter les douzaines d’œufs "pour la coque" que Mme André Béhotéguy apporte journellement dans son élégant cabriolet, à deux clients privilégiés — pas plus — de Bayonne et de Biarritz...



Avec une telle vie et dans un pareil site, comment songer aux choses du rugby ?



Nous en avons devisé, cependant, à maintes reprises et il me souvient, tout particulièrement, d’une visite faite, le printemps dernier, à "Carrabidia", en compagnie d’Eugène Lissalde, l’animateur des champions de l’Aviron, et de deux jeunes joueurs : Louis Duboué et Alexandre Lafaurie. Trois générations de "bleu et blanc" : celle de 1913, celle de l’après-guerre — avec André Béhotéguy — et celle d’aujourd’hui...



Je recueillis, ce jour-là, des vues bien justes sur le mal dont a longtemps souffert notre rugby :


"Voyez-vous, disait André, on a trop sacrifié l’attaque à la défensive. Il en est résulté une pénurie trop générale d’attaquants ! Le remède est complexe, d’application difficile. Il faudrait que le public possède une meilleure compréhension du jeu et applaudisse indistinctement toutes les belles phases ; que l’arbitre "dirige" le jeu, à la manière anglaise, au lieu d’apparaître comme un perpétuel trouble-fête...



— Et le rugby à treize ? lui demandai-je. — Evidemment, la formule est séduisante. Mais elle a ses inconvénients : et puis, nos bons Français, s’il leur en prend fantaisie, auront tôt fait de le défigurer, comme ils n’ont que trop défiguré le rugby à quinze !... C’est celui-ci — à condition que l’attaquant n’y soit pas perpétuellement "marqué" — qui demeure le plus complet, le plus beau."



Et l’on voit, sur sa physionomie mobile, les souvenirs se presser en foule. Mais André Béhotéguy est un discret... et un sage. Je l’ai pourtant vu rayonner, s’épanouir sans réserve, quand l’Aviron Bayonnais — son club d’origine et de prédilection — a conquis enfin le titre qui lui échappa de si peu, quand André et Henri Béhotéguy y jouaient sous le capitanat de Joseph Laurent, en 1922 et 1923...



rugby aviron bayonnais équipe france
LES FRERES ANDRE ET HENRI BEHOTEGUY
EQUIPE DE FRANCE DE RUGBY 1928



pays basque autrefois aviron bayonnais
RUGBY AVIRON BAYONNAIS 1922
PAYS BASQUE D'ANTAN


Et je l’ai trouvé, aussi, très heureux, le jour où il a reçu la médaille d’or de l’Education physique, dans la même promotion que ses amis Lasserre, Billac et Magnanou : une belle brochette de "rugbymen", n’est-il pas vrai ?



Mais le sourire d’André Béhotéguy n’est jamais aussi large, aussi lumineux que lorsqu’il parle de son cher élevage :


"Les jours y succèdent aux jours, délicieusement semblables", m’a-t-il dit, certain soir...



Quelle belle formule !"



(Source : Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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samedi 3 novembre 2018

UN SOURCIER DE LAHONCE À SAINT-PIERRE-D'IRUBE EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1925

UN SOURCIER À SAINT-PIERRE-D'IRUBE EN 1925.


Au Pays Basque, au début du vingtième article, la profession de sourcier est très recherchée, car l'eau courante n'est pas généralisée.