Libellés

Affichage des articles dont le libellé est EVASION. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est EVASION. Afficher tous les articles

jeudi 27 février 2025

L'ÉVASION D'ALLEMAGNE DE TROIS PRISONNIERS DE GUERRE BASQUES EN NOVEMBRE 1918 (quatrième et dernière partie)

TROIS BASQUES PRISONNIERS DE GUERRE EN ALLEMAGNE S'ÉVADENT EN NOVEMBRE 1918.


Quelques jours avant l'Armistice du 11 novembre 1918, des Basques, prisonniers en Silésie prussienne, décident de s'évader du camp de Sprottau.




pays basque histoire première guerre mondiale prisonniers allemagne
CAMP DE PRISONNIERS DE SPROTTAU
SILESIE PRUSSIENNE 1914 1918



Le camp de Sprottau, en Silésie prussienne, situé au Sud-Est de Francfort-sur-l'Oder a accueilli 

des milliers de prisonniers de nationalité française, anglaise, italienne et russe.

Il a été construit pour une capacité de 10 000 hommes. 



pays basque histoire première guerre mondiale prisonniers allemagne
BARAQUE DE CONVALESCENCE SPROTTAU
SILESIE PRUSSIENNE 1914 1918



Au 16 avril 1916, suite à une visite du Comité International de la Croix-Rouge, il contient 1 100 

Russes et Français et son Commandant est le Colonel von Wacholtz.



Le camp est établi sur un terrain sablonneux et sec, dans une contrée boisée.


Il y a deux sortes de baraques : 

1° les Erdbaracken, en planches revêtues de carton bituminé, de 2m 50 de hauteur et 3m 50 de ligne médiane, avec un cube d'air suffisant pour 100 occupants. Le chauffage est assuré par de petits poëles en fonte et l'éclairage par des lampes électriques.


2° les nouvelles baraques, destinées au lazaret de tuberculeux, de dimensions intérieures (10 X 12 X 4), donnant un cube d'air de 18 m2 par lit.



pays basque histoire première guerre mondiale prisonniers allemagne
BOULANGERIE CAMP DE SPROTTAU
SILESIE PRUSSIENNE 1914 1918



Le camp de Sprottau a été désigné comme lazaret central pour les tuberculeux des autres camps. Les autres prisonniers sont peu à peu évacués, en dehors de ceux qui sont nécessaires au service du camp. La présence de ces nombreux malades a changé sans doute l'aspect et la vie du camp, avec la grande difficulté de pourvoir à l'alimentation renforcée indispensable pour le traitement de cette maladie.






Voici ce que rapporta au sujet de l'évasion de ce camp par trois Basques le quotidien local La 

Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, le 5 décembre 1918 :



pays basque histoire première guerre mondiale prisonniers allemagne
TRIESTE
3 NOVEMBRE 1918

"... Nous comptons être à Pola le soir et à Ancôme le lendemain. Mais tout le jour se passe sans que nous bougions. A 6 heures, on lève l'ancre, mais pour aller simplement à la jetée à l'autre bout du port. Notre déception est grande et nous commençons à comprendre que comme le petit navire, nous avons entrepris un long voyage. Nous nous rendons en délégation auprès du capitaine qui donne sa parole d'honneur de faire débarquer, le lendemain à 7 heures, les 37 Français qui sont à bord. La nuit s'écoule dans cet espoir. Le lendemain, à l'heure dite, malgré nos récriminations et la promesse du capitaine, celui-ci refuse d'appeler le remorqueur. Nous partons à 11 heures cahin-caha, filant du 6 ou 7 noeuds à l'heure le long de côtes plates de l'Istrie. Nous arrivons enfin à 8 heures du soir devant Pola. Dès que nous avons quitté Trieste, nos yeux, où ont pénétré les poussières du charbon sont devenus douloureux. Le soir venu, quand nous essayons de dormir, cette douleur devient intolérable. Nos paupières gonflent jusqu'à cacher entièrement nos yeux, ce qui augmente notre désir de quitter au plus vite ce malencontreux sabot. D'ailleurs, tandis que nous essayons vainement de calmer par des compresses d'eau fraiche cette brûlure, la sirène dans la nuit appelle le pilote qui bientôt vient dire l'impossibilité dans laquelle il se trouve d'entrer dans le port pendant la nuit, à cause des mines flottantes. Notre situation est peu tranquillisante ; on ne nous cache pas le danger auquel nous sommes exposés de nous jeter sur un des champs de mines qui pullulent encore dans l'Adriatique.




pays basque histoire première guerre mondiale prisonniers allemagne
PULA CROATIE 1903



Enfin, le jour vient. De nouveau une délégation de Français va demander au capitaine notre débarquement à Pola. il refuse d'abord, mais sous la menace d'une révolte à bord, il consent à envoyer deux d'entre nous auprès du commandant du cuirassé "Condorcet" que nous savons en rade, pour lui demander de bien vouloir nous prendre à son bord. Celui-ci reçoit nos 2 camarades avec bonté, et détache immédiatement 2 canots auprès du "Maria-Thérésa". Qu'on juge de notre joie en apercevant au loin les 3 couleurs qui flottent à l'arrière des embarcations et les pompons rouges des petits marins français !... En un clin d'oeil, nous avons pris nos paquets et nous sommes logés dans les petites barque blanches, le premier coin de France que nous touchions. Nous voici bientôt contre le "Condorcet" ; l'équipage est en partie réuni sur le pont et le commandant, les mains tendues vers nous, dans un geste accueillant et paternel, nous crie du haut de la passerelle : "Venez vite, mes enfants !" Quelle douce émotion nous éprouvons !... Ce merveilleux bateau de guerre est donc français. Tous ces marins autour de nous parlent français. C'est comme une douce musique qui caresse nos oreilles ; il y a 4 ans que nous attendions ce moment. On nous prend par le bras et on nous conduit, les adjudants au poste des premiers maîtres, les sergents au poste des seconds maîtres et les soldats à celui des matelots. On nous fête, rien ne manque ; un délicieux repas, du vin, des cigarettes. La joie brille dans tous mes yeux, nos frères retrouvés ne se lassent pas d'écouter les récits de notre captivité. Le soir, nous couchons dans des hamacs.



pays basque histoire première guerre mondiale prisonniers allemagne
CUIRASSE CONDORCET 1907



Dès le lendemain 9 heures, nous partons pour Venise sur le contre-torpilleur "Le Sénégalais", qui a à son bord l'amiral Falque. Comme sur le "Condorcet", l'accueil de nos frères marins est touchant. Jusqu'à l'amiral lui-même qui s'entretient avec nous et nous serre la main avec une simplicité charmante. Le torpilleur va à la jolie vitesse de 23 noeuds, et fait la traversée en moins de 3 heures. C'est un enchantement pour nous de le voir bondir sur les vagues.



pays basque histoire première guerre mondiale prisonniers allemagne
CONTRE-TORPILLEUR LE SENEGALAIS



A Venise, le consul français se montre très accueillant et nous délivre des passeports qui nous permettront de prendre le train du soir. Juste le temps de parcourir Venise endormie et presque déserte. Ses habitants, chassés par les Gothas, ont été chercher un refuge vers le Sud ; et ses palais autrefois brillants de lumière, aujourd'hui enveloppée d'une ombre mystérieuse, qui se confond avec celle de l'eau profonde, nous font songer à une ville morte pleurant sur ses splendeurs passées.



pays basque histoire première guerre mondiale prisonniers allemagne
VENISE ITALIE 1918



Quelques jours à peine nous séparent encore du but final. Nous voyons Milan. Gênes, rien n'y marque notre passage. le dimanche 17, nous arrivons à Vintimille. Une des choses qui nous frappe le plus, c'est l'abondance des victuailles qui se montrent aux étalages des magasins de comestibles. Songez donc, des poulets, du gibier, de la belle graisse fine et blanche, un assortiment de charcuterie. Il y a belle lune que nos yeux étaient déshabitués d'un tel spectacle.



pays basque histoire première guerre mondiale prisonniers allemagne
VINTIMILLE ITALIE 1918



C'est le 17 au matin que nous revoyons la France ; nous exultons de joie. Nous sommes libres enfin !... Tout autour de nous respire un air de fête. La Méditerranée déroule à nos yeux émerveillés son long ruban d'azur ; et cela fait en nous un contraste étrange avec les neiges de Silésie que nous revoyons comme dans un mauvais rêve passé.



Au dépôt du 49e régiment d'infanterie, où nous nous présentons le lendemain, nous recevons de la part des officiers et des rares camarades rescapés de la grande guerre un accueil affectueux, et pour lequel nous leur exprimons ici notre reconnaissance."










Merci ami(e) lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.

Plus de 6 700 autres articles vous attendent dans mon blog :

https://paysbasqueavant.blogspot.com/


N'hésitez pas à vous abonner à mon blog, à la page Facebook et à la chaîne YouTube, c'est gratuit !!!

mardi 28 janvier 2025

L'ÉVASION D'ALLEMAGNE DE TROIS PRISONNIERS DE GUERRE BASQUES EN NOVEMBRE 1918 (troisième partie)

DES BASQUES PRISONNIERS DE GUERRE EN ALLEMAGNE S'ÉVADENT EN NOVEMBRE 1918.


Quelques jours avant l'Armistice du 11 novembre 1918, des Basques, prisonniers en Silésie prussienne, décident de s'évader du camp de Sprottau.




pays basque histoire première guerre mondiale prisonniers allemagne
CAMP DE PRISONNIERS DE SPROTTAU
SILESIE PRUSSIENNE 1914 1918



Le camp de Sprottau, en Silésie prussienne, situé au Sud-Est de Francfort-sur-l'Oder a accueilli 

des milliers de prisonniers de nationalité française, anglaise, italienne et russe.

Il a été construit pour une capacité de 10 000 hommes. 



Au 16 avril 1916, suite à une visite du Comité International de la Croix-Rouge, il contient 1 100 

Russes et Français et son Commandant est le Colonel von Wacholtz.

Le camp est établi sur un terrain sablonneux et sec, dans une contrée boisée.

Il y a deux sortes de baraques : 

1° les Erdbaracken, en planches revêtues de carton bituminé, de 2m 50 de hauteur et 3m 50 de ligne médiane, avec un cube d'air suffisant pour 100 occupants. Le chauffage est assuré par de petits poëles en fonte et l'éclairage par des lampes électriques.


2° les nouvelles baraques, destinées au lazaret de tuberculeux, de dimensions intérieures (10 X 12 X 4), donnant un cube d'air de 18 m2 par lit.



pays basque histoire première guerre mondiale prisonniers allemagne
BOULANGERIE CAMP DE SPROTTAU
SILESIE PRUSSIENNE 1914 1918



Le camp de Sprottau a été désigné comme lazaret central pour les tuberculeux des autres camps. Les autres prisonniers sont peu à peu évacués, en dehors de ceux qui sont nécessaires au service du camp. La présence de ces nombreux malades a changé sans doute l'aspect et la vie du camp, avec la grande difficulté de pourvoir à l'alimentation renforcée indispensable pour le traitement de cette maladie.



pays basque histoire première guerre mondiale prisonniers allemagne
BARAQUE DE CONVALESCENCE SPROTTAU
SILESIE PRUSSIENNE 1914 1918




Voici ce que rapporta au sujet de l'évasion de ce camp par trois Basques le quotidien local La 

Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, le 4 décembre 1918 :



"Evadés d'Allemagne.



... C'est encore M. Spelt, directeur du grand Restaurant "Rokoko", qui fut longtemps maître d'hôtel chez Ritz, à Paris. Il est marié à une charmante Parisienne qui le seconde dans la direction du restaurant. Ils nous ont reçus à leur table de fort agréable façon, qui nous semblait plus agréable encore après ces 4 années de renoncements. M. Spelt, ainsi que beaucoup de nos amis Tchèques, craignent que les Français ne sachent pas assez exactement l'affection qu'ils nous portent ; ils craignent par dessus tout qu'on les confonde avec les Autrichiens, et surtout avec les Hongrois qu'ils détestent. Ils nous disent que les angoisses et les espoirs des Français ont été leurs angoisses et leurs espoirs depuis le commencement de la guerre et que leur joie actuelle est aussi grande que la nôtre. Ils sont orgueilleux de notre propre gloire.



Nous quittons Prague le 7 novembre. M. le Préfet de police Adanicka a dépêché un inspecteur pour retenir 3 places de seconde dans le train de Vienne. Nous nous présentons, toutes les portes s'ouvrent : nous sommes Français.



Nous sommes munis d'un passeport recommandant aux nations étrangères de nous recevoir et de nous secourir à notre passage. Le docteur Jelineck qui nous le donne, déclare que c'est là le premier document officiel du nouveau gouvernement tchèque. Installés dans notre wagon, nous entendons au loin la foule mélangée à des prisonniers français récemment libérés d'Autriche, chanter encore la "Marseillaise" et le "Chant du Départ", et, un instant, il faut faire un effort pour ne pas se croire en France.



pays basque histoire première guerre mondiale prisonniers allemagne
CHANSON LE CHANT DU DEPART
HYMNE GUERRIER FRANCAIS



De Prague à Vienne, notre voyage se fait sans incident. Ayant traversé la ville, qui nous charme par sa beauté, nous gagnons la gare du Sud. Malgré les Tchèques qui ont insisté pour retarder notre départ, faisant ressortir à nos yeux les dangers auxquels nous nous exposerons par la rencontre des troupes autrichiennes qui, retournant du front, pillent et même tuent les voyageurs, nous voulons continuer notre voyage, poussés par le désir de revoir notre pays et les nôtres. Nous voudrions passer par le Tyrol, mais nous sommes à l'heure où les Bavarois tentent leur offensive sur la ligne d'Innsbruck. Force nous est d'aller vers Trieste, redevenu italienne.



La gare du Sud, où nous nous embarquons, a un aspect extraordinaire ; une foule de soldats de toutes provenances s'y pressent dans un brouhaha assourdissant. Des Autrichiens qui rejoignent leur foyer, des Italiens venus des camps des prisonniers dont les gardiens ont ouvert les portes sans se soucier du désordre qui en serait la conséquence ; quelques Français internés en Autriche.



Ce pays, où sévit une terrible crise de famine, et particulièrement l'Autriche allemande, n'a qu'une pensée : se débarrasser au plus vite et par tous les moyens des bouches inutiles. L'ordre est donné dans les gares de délivrer gratuitement à tout militaire, quelle que soit sa nationalité, des billets de chemin de fer pour n'importe quelle destination. Mêlés à ce flot envahissant, nous réussissons, malgré nos habits civils, à trouver 3 petites places au milieu des 5 000 voyageurs qui prennent d'assaut le train. Pas le plus petit coin de libre ; dans l'intérieur des wagons, c'est un entassement de gens ; à l'extérieur, sur les marchepieds, sur la locomotive, depuis les lanternes jusqu'à la plate-forme du mécanicien, ce sont de véritables grappes humaines. Jusqu'à chacun des toits qui donne à plus de 30 soldats l'asile le moins confortable et le plus dangereux qu'on puisse imaginer. Trois machines, en 48 heures, ont peine à nous conduire jusqu'à Trieste, où nous arrivons le dimanche 1er novembre, vers 5 heures.



pays basque histoire première guerre mondiale prisonniers allemagne
TRIESTE
3 NOVEMBRE 1918



La voie ferrée surplombe la ville de plus de 100 mètres, et c'est un spectacle saisissant que ce tram hérissé d'une multitude de bras qui s'agitent frénétiquement vers l'Adriatique, toute bleue et calme comme un lac, seul obstacle désormais entre ces hommes et leur Patrie. En gare, aucun service d'ordre, et tous ces voyageurs impatients se répandent dans la ville en quête de vivres qui, hélas ! n'existent pas. Bientôt des patrouilles italiennes surgissent dans les rues et repoussent la foule des soldats vers un immense dépôt situé au bord du quai et entouré de puissantes grilles. Nos 5 000 compagnons de voyage viennent se joindre là à 60 000 autres prisonniers italiens dans des conditions analogues, sans aucun vivre, couchant à la belle étoile, depuis 6 jours ; ils sont là, massés dans une attente obstinée, les yeux désespérément tournés vers le large. Ils attendent un bateau qui jamais ne vient et quand il s'en présente un, c'est vers lui une ruée irrésistible. Ils sont 60 000, il y a de la place pour 5 000. Du bord des quais, ou bien des passerelles, des groupes tombent dans la mer et se noient. Le bateau s'éloigne, et c'est de nouveau l'attente angoissante. Les officiers italiens essaient de nous expliquer l'étrange réception faite à ces exilés de 1 ou 2 ans.



— L'Autriche et l'Italie ont signé un accord par lequel les prisonniers rentreront par la Suisse, où des réserves de vivres sont prévues. Mais les Autrichiens ont tout bonnement ouvert les portes des camps, disant à leurs captifs : "Vous êtes libres !" D'où leur arrivée à Trieste, où aucune mesure ne peut encore être prise pour les recevoir.



Nous apprenons qu'un transport civil ira à Venise, le 13 ; il nous en coûte d'attendre jusque-là. Pendant ce temps, nous nous mettons en relation avec les Yougo-Slaves qui nous témoignent la même sympathie que les Tchèques de Prague. C'est eux qui nous apprennent la signature de l'armistice entre l'Allemagne et l'Entente. Nous avons peine à croire à notre bonheur, car nous supposions que le coup de grâce ne serait donné qu'au printemps.




pays basque histoire première guerre mondiale prisonniers allemagne
BULLETIN DE LA VICTOIRE
TRIESTE 1918



Le Président du Comité Yougo-Slave prie notre ami Delahodde de retarder d'un jour son départ ; on lui remettra certains documents à destination de la France. Nous allons donc nous séparer, car nous apprenons soudain que le "Maria-Thérésa" lèvera l'ancre le mardi, à destination d'Ancône, avec escale à Pola. Par faveur particulière des autorités italiennes, les Français, au nombre de 37, sont pris à bord une fois le chargement en troupes terminé.



Nous embarquons à 10 heures. Le "Maria-Thérésa" est un gros vapeur trois-mâts, pris par les Italiens aux Autrichiens et qui n'a pas été mis en service depuis plus de 4 ans. Mal entretenu, son pont est couvert d'une fine poussière de charbon avec laquelle nos yeux auront bientôt à compter. Sur 2 machines, une seule fonctionne. L'équipage est un équipage de fortune, de même le capitaine. Dans la cale et sur le pont, grouillent les 5 000 passagers qui attendent toujours la première distribution de vivres. Nous sommes le mardi 12 novembre."



A suivre...







Merci ami(e) lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.

Plus de 6 700 autres articles vous attendent dans mon blog :

https://paysbasqueavant.blogspot.com/


N'hésitez pas à vous abonner à mon blog, à la page Facebook et à la chaîne YouTube, c'est gratuit !!!

vendredi 27 décembre 2024

L'ÉVASION D'ALLEMAGNE DE TROIS PRISONNIERS DE GUERRE BASQUES EN NOVEMBRE 1918 (deuxième partie)

DES BASQUES PRISONNIERS DE GUERRE EN ALLEMAGNE S'ÉVADENT EN NOVEMBRE 1918.


Quelques jours avant l'Armistice du 11 novembre 1918, des Basques, prisonniers en Silésie prussienne, décident de s'évader du camp de Sprottau.




pays basque histoire première guerre mondiale prisonniers allemagne
CAMP DE PRISONNIERS DE SPROTTAU
SILESIE PRUSSIENNE 1914 1918



Le camp de Sprottau, en Silésie prussienne, situé au Sud-Est de Francfort-sur-l'Oder a accueilli 

des milliers de prisonniers de nationalité française, anglaise, italienne et russe.

Il a été construit pour une capacité de 10 000 hommes. 



Au 16 avril 1916, suite à une visite du Comité International de la Croix-Rouge, il contient 1 100 

Russes et Français et son Commandant est le Colonel von Wacholtz.

Le camp est établi sur un terrain sablonneux et sec, dans une contrée boisée.

Il y a deux sortes de baraques : 

1° les Erdbaracken, en planches revêtues de carton bituminé, de 2m 50 de hauteur et 3m 50 de ligne médiane, avec un cube d'air suffisant pour 100 occupants. Le chauffage est assuré par de petits poëles en fonte et l'éclairage par des lampes électriques.


2° les nouvelles baraques, destinées au lazaret de tuberculeux, de dimensions intérieures (10 X 12 X 4), donnant un cube d'air de 18 m2 par lit.



pays basque histoire première guerre mondiale prisonniers allemagne
BOULANGERIE CAMP DE SPROTTAU
SILESIE PRUSSIENNE 1914 1918



Le camp de Sprottau a été désigné comme lazaret central pour les tuberculeux des autres camps. Les autres prisonniers sont peu à peu évacués, en dehors de ceux qui sont nécessaires au service du camp. La présence de ces nombreux malades a changé sans doute l'aspect et la vie du camp, avec la grande difficulté de pourvoir à l'alimentation renforcée indispensable pour le traitement de cette maladie.



pays basque histoire première guerre mondiale prisonniers allemagne
BARAQUE DE CONVALESCENCE SPROTTAU
SILESIE PRUSSIENNE 1914 1918




Voici ce que rapporta au sujet de l'évasion de ce camp par trois Basques le quotidien local La 

Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, le 3 décembre 1918 :



"Evadés d'Allemagne.



... A cinq heures, nous chaussons des sandales qui rendront notre marche silencieuse, et, la nuit étant venue, nous commençons notre marche à travers bois, guidés par une boussole lumineuse. Nous n'atteindrons notre but que si nous marchons loin des routes et des sentiers, ce qui rend notre tâche plus difficile. Nous sommes cependant dans l'obligation de traverser 3 villages et plusieurs cours d'eau de moyenne profondeur. Nous y marchons avec précaution pour ne pas éveiller l'attention des habitants.



Sans de trop grandes difficultés, nous atteignons, vers 9 heures, le village de Gorbersdorf, situé à 3 kilomètres de la frontière. Mais ces 3 kilomètres qu'il nous faut franchir à tout prix pendant la nuit, nous paraissent un obstacle presque insurmontable en si peu de temps. La muraille du Riesengebirg se dresse devant nous, sombre obstacle dans la nuit noire. Ce sont des monts de moyenne élévation, mais couverts de sapins extraordinairement serrés livrant un pénible passage sur un sol semé de galets qui se déplacent sous les pas et rendent la marche fatigante et dangereuse. La carte indique 3 sommets successifs de 1 000 mètres d'altitude ; leurs côtes sont escarpées et leurs gorges profondes se transforment parfois en précipices. Or, force nous est de suivre les sommets pour éviter les sentiers et les cols, certainement gardés par les sentinelles. Les pentes que nous franchissons sont tellement rapides qu'il nous est à peu près impossible d'avancer de plus de 30 pas sans faire une courte halte. Nous ne mettons pas moins de 6 heures pour arriver à proximité de la frontière, à 600 mètres environ.




GORBERSDORF
ALLEMAGNE D'ANTAN



Presque jusqu'à la dernière heure, nous ne nous sommes pas écartés de la direction ; mais au dernier moment, et à la suite d'un détour voulu pour éviter une route, nous nous trouvons dans une gorge profonde et nous avons l'impression bien nette que notre itinéraire est perdu. Mais notre camarade Touzaa, qui a pris la direction, déclare que l'écart est insignifiant et qu'étant donné la proximité de notre but, une marche vers le sud nous conduira à bon port. Voici le suprême effort ; nous voyons se dresser devant nous un mur qui semble ne pas finir. Nous montons, et notre marche, tout à coup, nous semble si pénible, qu'un doute se mêle à notre confiance. Atteindrons-nous le sommet avant le jour ? Touzaa donne des signes évidents de lassitude. Pendant les 4 années de captivité, il a eu au camp une vie particulièrement sédentaire, et son entraînement physique s'en ressent. Notre marche se ralentit. Cossid voit le danger et insiste pour que l'on s'arrête, quitte à se cacher un jour de plus dans la montagne et à passer la frontière dans la nuit suivante.



Touzaa, pris d'une faiblesse, accepte cette sage proposition.



Le froid est intense et la chaleur naturelle née de l'effort, disparaît bientôt pour faire place à de terribles frissons dont nous connaissons le danger. Mais Cossid, qui a conservé toute sa vigueur et qui, de plus, a joué le rôle d'infirmier pendant ses 4 années de captivité, rentre dans ses fonctions naturelles. Il déshabille Touzaa, le réchauffe, ce qui permet à ce dernier de dormir et de reprendre ses forces. 6 heures, l'aube paraît ; il faut passer, car le bonheur est proche. Quelques centaines de mètres nous séparent du sommet et la frontière est sur le versant opposé. Remplis d'un nouvel espoir, nous repartons ; voici le sommet. Mais la forêt profonde arrête notre vue ; elle nous sauve aussi, il est vrai, des sentinelles et patrouilles ennemies. Nous descendons très vite, nous frayant un passage au travers des braches qui, en se refermant, lacèrent notre visage. Un premier sentier, puis un deuxième, c'est la frontière. Nous traversons, n'osant pas encore croire à notre bonheur. Nous courons maintenant. Voici un ruisseau, il coule du nord au sud : c'est un indice certain, nous somme en Autriche. D'ailleurs, la plaine s'étend à nos pieds, et nous apercevons là-bas de paisibles villages. Mais nous voudrions une preuve de notre bonheur. Voici deux jeunes filles. Delahodde les interpelle en allemand : 

— Sommes-nous toujours en Allemagne ou en Autriche ?

— En Autriche, nous dit-elle...

Notre émotion est grande ; c'est à peine si nous retenons nos larmes ; nous voudrions embrasser ces étrangères qui nous apprennent notre liberté. Nous nous contentons de leur donner à chacune un bâton de chocolat, suprême faveur, en Allemagne ou en Autriche, par ces temps de disette.



Après un brin de toilette dans le ruisseau, nous déjeunons au village de Grenzdorfel et prenons le train à Halbstadt, situé à 5 kilomètres plus loin. Les billets pour Prague nous sont délivrés sans difficulté.



HALBSTADT
AUTRICHE D'ANTAN



C'est le mardi soir 5 novembre, que nous arrivons dans la capitale de la Bohême, où nous resterons 3 jours. Nous ne pouvons ici nous étendre longuement sur le charme si particulier et la beauté de cette ville. Qui est-ce qui n'a pas lu les descriptions sur ses rues, ses monuments et sur les trésors artistiques qu'elle renferme ? Nous savions que les Tchèques avaient de la sympathie pour les Français, mais nous ne nous doutions pas de quelle façon enthousiaste ils allaient nous la manifester. Et nous considérons ici comme une devoir d'écrire de quelle touchante sollicitude nous avons été l'objet de leu part. C'est d'abord le Préfet de Police, M. Adamicka, qui nous loge à la préfecture. Sa dame parle un excellent français, comme tous les intellectuels Tchèques ; elle nous reçoit deux fois à déjeuner avec une grâce charmante. C'est le docteur Jelineck, président du Comité National, professeur à l'Université de Prague, qui nous accompagne dans nos démarches, en vue d'obtenir un passeport ; il donne des ordres pour qu'il nous soit délivré des effets neufs en remplacement des nôtres, en fort piteux état.



PRAGUE 1918
TCHEQUIE D'ANTAN



Un soir, le docteur Jelineck nous conduit au théâtre. On nous place dans la loge officielle. La salle est ornée de drapeaux tchèques et de ceux de l'Entente ; les drapeaux sont les plus nombreux et occupent la place d'honneur. Sitôt que le premier acteur paraît, il nous dit dans notre langue :

"Très gentils à vous, messieurs les Français, d'être venus parmi nous !"



Quand il quitte la scène, l'orchestre entonne la "Marseillaise" tandis que tout l'auditoire, debout et découvert, l'accompagne. Ensuite, un monsieur se lève, et dans le plus pur français, nous dit :

"Nous saluons en vous la belle France, la première nation du monde par ses sciences, ses arts et ses lettres, et nous sommes heureux de vous dire l'amour ardent que nous avons pour elle !"



Delahodde répond. Puis ce sont des cris de :"Vive la France !", mêlés aux nôtres de "Vive la Bohême". Après quoi, l'auditoire chante l'hymne tchèque religieusement, si l'on peut dire, et avec les élans du plus pur patriotisme."



A suivre...







Merci ami(e) lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.

Plus de 6 100 autres articles vous attendent dans mon blog :

https://paysbasqueavant.blogspot.com/


N'hésitez pas à vous abonner à mon blog, à la page Facebook et à la chaîne YouTube, c'est gratuit !!!

mercredi 27 novembre 2024

L'ÉVASION D'ALLEMAGNE DE TROIS PRISONNIERS DE GUERRE BASQUES EN NOVEMBRE 1918 (première partie)

DES BASQUES PRISONNIERS DE GUERRE EN ALLEMAGNE S'ÉVADENT EN NOVEMBRE 1918.


Quelques jours avant l'Armistice du 11 novembre 1918, des Basques, prisonniers en Silésie prussienne, décident de s'évader du camp de Sprottau.




pays basque histoire première guerre mondiale prisonniers allemagne
CAMP DE PRISONNIERS DE SPROTTAU
SILESIE PRUSSIENNE 1914 1918



Le camp de Sprottau, en Silésie prussienne, situé au Sud-Est de Francfort-sur-l'Oder a accueilli 

des milliers de prisonniers de nationalité française, anglaise, italienne et russe.

Il a été construit pour une capacité de 10 000 hommes. 



Au 16 avril 1916, suite à une visite du Comité International de la Croix-Rouge, il contient 1 100 

Russes et Français et son Commandant est le Colonel von Wacholtz.

Le camp est établi sur un terrain sablonneux et sec, dans une contrée boisée.

Il y a deux sortes de baraques : 

1° les Erdbaracken, en planches revêtues de carton bituminé, de 2m 50 de hauteur et 3m 50 de ligne médiane, avec un cube d'air suffisant pour 100 occupants. Le chauffage est assuré par de petits poëles en fonte et l'éclairage par des lampes électriques.


2° les nouvelles baraques, destinées au lazaret de tuberculeux, de dimensions intérieures (10 X 12 X 4), donnant un cube d'air de 18 m2 par lit.



pays basque histoire première guerre mondiale prisonniers allemagne
BOULANGERIE CAMP DE SPROTTAU
SILESIE PRUSSIENNE 1914 1918



Le camp de Sprottau a été désigné comme lazaret central pour les tuberculeux des autres camps. Les autres prisonniers sont peu à peu évacués, en dehors de ceux qui sont nécessaires au service du camp. La présence de ces nombreux malades a changé sans doute l'aspect et la vie du camp, avec la grande difficulté de pourvoir à l'alimentation renforcée indispensable pour le traitement de cette maladie.



pays basque histoire première guerre mondiale prisonniers allemagne
BARAQUE DE CONVALESCENCE SPROTTAU
SILESIE PRUSSIENNE 1914 1918



Voici ce que rapporta au sujet de l'évasion de ce camp par trois Basques le quotidien local La 

Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, le 2 décembre 1918 :



"Evadés d'Allemagne.



Trois prisonniers de guerre, dont un Bayonnais, Cossid, et un Biarrot, Touzaa, ayant réussi à s'évader d'Allemagne ont eu l'aimable pensée d'écrire pour la "Gazette" le récit de leur intéressante odyssée. Nous en commençons aujourd'hui la publication :



"Nous avions depuis longtemps l'intention de nous évader, mais la situation d'un camp de Sprottau, en Silésie, où nous étions internés à environ 800 kilomètres de la frontière Suisse ou de celle de Hollande, nous avait toujours empêchés de mettre notre cher projet à exécution. Mais nous apprenons que les Tchèques ont déclaré au Reichsrath autrichien qu'ils sont les amis de l'Entente, et deux jours après que la Bohême a proclamé son indépendance, notre décision est prise.



Nous sommes environ à 80 kilomètres du Riesengebirrg, qui nous sépare de l'Autriche. Nous sommes trois : Delahodde, Touzaa et Cossid. Le premier est l'interprète officiel du camp, et il possède la langue allemande d'une manière parfaite. Ayant pu se procurer des effets civils auprès d'une jeune Allemande, très accessible, comme beaucoup de ses semblables, au prestige des Français, il va représenter le fermier venant au camp pour y chercher deux prisonniers et les conduire au travail. Chacun de nous parvient à quitter le camp isolément et à des heures différentes ; puis nous nous rejoignons à l'extérieur de la ville.




pays basque histoire première guerre mondiale prisonniers allemagne
SALUTATIONS DE SPROTTAU
SILESIE PRUSSIENNE


A Sprottau, nous passons inaperçus ; mais, de crainte d'être reconnus à la gare, nous décidons de prendre nos billets au village de Mallmitz, situé à huit kilomètres plus loin. N'allons-nous pas rencontrer un officier ou un Allemand quelconque qui nous connaisse ? C'est le coeur serré que nous faisons cette étape presque décisive, chargés de nos sacs de travailleurs et suivis de notre "propriétaire" aux lunettes d'or et au visage rasé qui, par instants, pour faire accélérer notre allure, nous lance le "louss" brutal qui caractérise la race.




pays basque histoire première guerre mondiale prisonniers allemagne
SALUTATIONS DE MALLMITZ
BASSE-SILESIE



En gare de Mallmitz, on nous délivre nos billets contre présentation de faux papiers établis sur des imprimés dérobés au bureau du camp.



Jusqu'à Breslau, notre voyage se fait sans encombre. Nous nous amusons même à écouter les conversations des "Fritz" qui semblent fort peu se soucier de l'avis collé sur les parois : "Attention aux espions !" Les esprits autrefois si passifs, nous paraissent extraordinairement surchauffés, surtout dans ce fond de la Silésie. Imprécations contre le kaiser, réflexions sur les dirigeants et les diplomates qui ne sont choisis que parmi les "Von" et non parmi les plus capables, comme en France, en Angleterre et en Amérique.



En gare de Breslau, nous avons affaire à la police, qui, à deux reprises différentes, vérifie nos papiers et interroge notre "propriétaire". Nous croyons un instant la partie perdue ; mais Delahodde parle tellement bien l'allemand, qu'on ne peut reconnaître en lui un étranger. Même un brave et gros gendarme abandonne un instant l'air de grave importance que ses pareils affectent là-bas, pour nous dire en plaisantant : "Bonchour Mossieu !"



La gare où nous devons nous embarquer pour la frontière est située à l'autre bout de la ville que nous traversons. Après quelques instants, nous remarquons avec émotion qu'un homme nous suit ostensiblement à quelque distance, sans doute un policier ; nous nous croyons pris. Voilà l'homme sur nos talons ; il nous fait signe d'arrêter, et, quand il nous a rejoints, c'est dans le plus pur français qu'il nous interpelle. Sa voix tremble d'émotion. Celui que nous prenions pour un policier, n'est autre chose qu'un malheureux Messin exilé par les Boches depuis 1914. Quatre ans, il a vécu, comme des milliers d'Alsaciens-Lorrains, loin de sa famille, libre en Silésie, mais surveillé à chacun de ses pas. Il nous dit son malheur, ses souffrances et sa haine ; mais aussi son espérance. Il a vu deux Français : malgré la défense formelle, il n'a pu résister au désir de leur parler dans sa chère langue maternelle. Nous nous tenons pourtant sur nos gardes, car on n'est jamais trop méfiant en pareille aventure, et lui montrant du geste notre propriétaire qui, en comédien consommé, ne sourcille pas, nous lui disons : "Vous pouvez y aller, il ne pige pas". Mais les badauds (il y a partout des badauds) intéressés par notre groupe, commencent à s'arrêter. Une pression de main rapide, et nous nous éloignons à regret de notre ami inconnu qui, demeuré sur place, regarde tristement s'éloigner ces deux prisonniers et leur maître dans lesquels il est loin de supposer trois évadés. Nous éprouvons comme un regret de ne pouvoir le mettre dans la confidence.



A la gare, on nous apprend que le train du soir, celui qui doit nous conduire à Fell Hammer, village situé à 15 kilomètres de la frontière, est supprimé. Nous voici tenus de coucher à l'hôtel, circonstance défavorable et dangereuse, qui nous oblige à donner nos noms exacts déjà inscrits sur les papiers qu'il nous faut produire. Notre "propriétaire" déclare s'appeler Langer et appartenir à la religion protestante. Nous avons peine à retenir notre rire, lorsque nous restons seul. Le lendemain matin, nous prenons, sans encombre, le train de 5 heures, et vers 10 heures, nous arrivons à Fell Hammer.



Nous traversons rapidement le village et, sitôt que nous traversons un bois, nous nous y enfonçons et choisissons un endroit où nous ne puissions pas être découverts. C'est le dimanche 3 novembre. L'effort à produire sera grand pour traverser les monts de Bohême ; aussi, puisons-nous largement dans nos vivres et, après avoir enterré tous les objets et les effets qui ne nous sont pas indispensables, nous étudions notre itinéraire avec le plus grand soin et en écrivons les moindres détails. Cela nous est facile, car nous avons pu nous procurer une excellente carte au 1/150 000."



A suivre...








Merci ami(e) lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.

Plus de 6 000 autres articles vous attendent dans mon blog :

https://paysbasqueavant.blogspot.com/


N'hésitez pas à vous abonner à mon blog, à la page Facebook et à la chaîne YouTube, c'est gratuit !!!