CARTES POSTALES , PHOTOS ET VIDEOS ANCIENNES DU PAYS BASQUE. Entre 1800 et 1980 environ.
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lundi 22 septembre 2025
DEUX VICTIMES DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE À SARE EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1794 (quatrième et dernière partie)
mardi 22 juillet 2025
DEUX VICTIMES DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE À SARE EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1794 (deuxième partie)
DEUX VICTIMES DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE À SARE EN 1794.
La Révolution française a fait disparaître les institutions particulières du Pays Basque Nord.
Voici ce que rapporta à ce sujet J. -B. Daranatz, dans le bulletin de la Société des Sciences, Lettres
& Arts de Bayonne, en octobre 1936 :
"Deux victimes de la Révolution à Sare.
... Vicaire et secrétaire de l'abbé Haristoy, à l'époque où M. le Curé de Ciboure donnait le bon à tirer au 1er tome de ses Paroisses du Pays Basque, je me rappelle fort bien lui avoir entendu dire qu'il avait, pendant plusieurs jours, procédé à une enquête personnelle à Sare, qui aboutit à la confirmation rigoureuse du récit du chanoine Duvoisin sur Madeleine Larralde.
L'écho des mêmes traditions, tour à tour exalté et mis en doute pendant longtemps, devait se retrouver fidèlement bientôt après au concours de poésie des fêtes d'Abbadie, dont parle M. Haristoy.
Voici la pièce en vers couronnée qui fut chantée au jeu de paume de Saint-Jean-de-Luz en 1894.
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| AFFICHE GRANDES FÊTES INTERNATIONALES SAINT-JEAN-DE-LUZ 1892 www.archives-abbadia.fr |
Sarako Martira, Madalena Larralde
hamabortz urtheko neskatcha
Duela ehun bat urthe, goibel zagon Frantzia,
Herraustera zaramaten jende Cristau guzia
Eskual herrian arrotzak hari ziren gogotik ;
Bainan Eskualduna tieso... hemen ikus frogatik.
Berratik eta Sarara, Madalena Larralde,
Belchareneko alaba, heldu da etche alde ;
Lizuniako errekan jadanik da sartua.
Uso churi, uso gazte, doi doia lumatua.
Pineten soldadu tzarrak, kukuturik sasian,
Belatch usoz gosetuak, erne daude guardian,
Madalena gaichoari zaiko betan oldartzen,
Beren aztapar zorrotzez lau aldetarik lotzen.
— "Espainiako lurretan, diote neskatchari,
"Zeren ondotik habilan, dena den aithor guri."
— "Kofesatzen naiz izatu Berako komentuan.
"Jainkoa gabe gozorik ez baitut nik munduan."
— "Neskatcha dohakabea, ichil zan aithor hori ;
"Chahu haiz heltzen bazaio Pinet jeneralari.
"Hoin gaztedanik hiltzea damu zaikun osoki :
"Erran hor hindabilala norbeit nahiz ikusi."
— "Gezurra litake hori ; ez da haizu gezurrik ;
"Hilik ere, erranen dut hala dena garbirik.
"Berran kofesatua naiz, horra zer den egia ;
"Ez dut horren aithortzeko aphalduren begia."
Loturik badaramate, iduri gachtagina,
Sarako Pineten gana Larralde Madalena.
"Zerk habilka, enuchenta, gure legez trufatzen?"
— Berraraino naiz izatu frailetan kofesatzen."
Pinetek zuen anaia Donibane hirian,
Hura zen han buruzagi tribunale gorrian ;
Hari dio berehala Madalena igortzen,
Otso gaitzaren ahora bildotcha du bidaltzen.
Saratik Donibanera, soldaduek burlaka
Badabilkate gaichoa chizpa-zurekin joka.
"Oihu egin zan, ergela : Biba nazionea."
Madalenak aldiz beti : "Bib'erlisionea."
Zaluki zuen Pinetek hauzi hori churitu
Lephoa moztuz hiltzera neskatcha kondenatu ;
Bainan hortaz Madalena ez batere tantitu :
Bihotza garbi duena zerk behar du izitu?
Phestara bezala doha guillotinari buruz,
Bertze guziak nigarrez, hura gozoki kantuz ;
Begiak zerura beha, dio : Salve Regina,
Bidera dohakon deituz Martiren Erregina.
Madalena Saratarra, igan zare zerura,
Egia betikoaren betikotz gozatzera :
Dezagun zurekin ikas egiaren maitatzen,
Denetan, zer nahi gerta, gezurretik beiratzen.
(Etudes historiques, 1894, p. 560 ; Les Paroisses, I, 1895, p. 299). Avec traduction française.
Cette pièce était signée : Baigurako bi artzain, deux bergers de Baïgura, pseudonyme choisi pour la circonstance par les deux curés voisins de cette montagne : Mgr Diharassarry, curé d'Ossès et M. Daguerre, curé d'Irissarry.
Chose digne de remarque : Mgr Diharassarry était originaire de Sare, né en 1848. Sa version de l'arrestation, du jugement et de l'exécution de Madeleine Larralde, corrobore dans les plus petits détails le texte de Duvoisin et de Haristoy. Il ajoute cette précision, que Madeleine avait 15 ans.
Mon grand-père, né à Sare en 1809, 15 ans à peine après les événements de 1794, mon père, né aussi à Sare en 1836, par conséquent 42 ans après l'exécution de Madeleine, partageaient en tous points, le sentiment exprimé par Mgr Diharassarry à ce sujet, parce qu'ils n'avaient jamais entendu raconter différemment cette sinistre exécution.
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| LIVRE MELANGES DE BIBLIOGRAPHIE ET D'HISTOIRE LOCALE DE L'ABBE V. DUBARAT |
A son tour, M. Dubarat, (dans ses Mélanges de Bibliographie et d'Histoire locale, V., 1902, p. 322), nous donne, sur Madeleine Larralde, les lignes suivantes :
"La tradition rapporte qu'une pauvre fille de Sare, nommée Madeleine Larralde, ayant été recevoir les sacrements au couvent des Capucins de Véra, en Espagne, fut surprise par les troupes du général Pinet. Traduite devant un tribunal militaire, elle avoua naïvement ce qu'elle venait de faire, fut condamnée à mort et exécutée. M. Duvoisin précise ainsi les faits dans la Vie de M. Daguerre, p. 479 : "Un rapport est adressé à Pinet aîné à St-Sébastien, et celui-ci prend, le 10 fructidor an II (24 août 1794) un arrêté d'après lequel elle serait traduite devant le tribunal militaire de Chauvin-Dragon (St-Jean-de-Luz). Madeleine Larralde comparut devant ses juges avec un noble courage, refusa de sauver sa vie au prix d'un mensonge et marcha à la mort en invoquant Dieu et en chantant le Salve Regina en l'honneur de la Reine du Ciel."
Notre collaborateur, M. Haristoy, continue M. Dubarat, donne encore quelques détails. Il dit Madeleine fille de Michel, le charpentier, surnommé Belcha, et de Gratianne de Luc. Elle naquit dans la maison Larrondo-Zahar, eut plusieurs frères et soeurs, dont les noms sont cités dans le travail de notre ami. Il ajoute qu'après l'exécution, le bourreau prit la tête en s'écriant : Vive la Nation ! Il remarque encore que Marie Harotzanea, de Sare, fut arrêtée à Irun et livrée elle aussi au même tribunal. On ignore son sort ; "mais ne peut-on pas croire qu'elle ait subi le même supplice ?" (P. Haristoy. Les Paroisses du Pays Basque, I, 244.)
Le souvenir de Madeleine Larralde, ajoute M. Dubarat, est resté tout rayonnant d'innocence et d'héroïsme ; et, en 1894, le sujet mis au concours a été sa fin tragique. La douce martyre a été célébrée en beaux vers basques.
Précisément à cette époque, j'ai entendu émettre les doutes les plus graves sur l'existence et le supplice de Madeleine Larralde. Malgré les précisions données par M. Duvoisin et par M. Haristoy, on ne trouvait pas comme pour d'autres infortunés, des actes publics constatant la condamnation et la mort. On prétendait même que la guillotine n'avait pu être portée à St-Jean-de-Luz à la fin de 1794.
Nous venons aujourd'hui faire connaître un document, un peu laconique sans doute, mais qui tranche définitivement la question de la condamnation et de la mort de Madeleine Larralde.
Le Bureau d'enregistrement de St-Jean-de-Luz vient de verser aux Archives départementales un registre ainsi indiqué : "N° 3 des domaines. Sommier des biens des père et mère des émigrés ou condamnés à mort ou mis hors de la loy et enfin déportés. Commencé le 1 vendémiaire an III, fini le 1 vendémiaire an VIII". On y trouve les mentions suivantes :
"Biens de "Jn Gorostarsou, ci-devant juge de paix d'Espelette, mis à mort par jugement de la Commission extraordinaire séant à Bayonne.
J.-S. Lahetjuzan, natif de Sare, officier au 1er bataillon des chasseurs basques, condamné à mort par jugement rendu par le tribunal militaire du premier arrondissement de l'armée des Pyrénées occidentales.
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| THEÂTRE DES OPERATIONS ARMEE DES PYRENEES OCCIDENTALES DE 1793 A 1795 |
Enfin, plus loin, nous lisons la mention suivante :
"Chapitre 3e, Madelaine Larralde, fille de Larralde Chaharria, tisserand de profession, demeurant dans la commune de Sare, condamnée à mort par jugement du tribunal militaire du 1er arrondissement de l'armée des Pirennées occidentales en date du 3e jour des sans culottides, an 2e."
"En note : "Pour connoître les biens de lad. Larralde a lesés (?) j'ay écrite (sic) à la municipalité de S. Pée, dont la cy devant commune de Sare dépend, le 10 frimaire."
"A la page suivante : "Chapitre 1er. Marie Harotsenne fille de la maison de Bordacheria, sans profession, habitante de Sare, condamnée à la déportation par jugement du tribunal militaire du 1er arrondissement de l'armée des Pirennées occidentales, en datte du 3e jour des sans culottides, an 2e de la République française une et indivisible." En note : "Le receveur ne connoissant aucun bien appartenant à lad. Hortsanne, il a écrite (sic) à la municipalité de S. Pée, le 10 frimaire, pour connoître ses biens".
"De ces derniers textes, déclare M. Dubarat, il résulte que Madeleine Larralde et Marie Harotsenna ont été condamnées par le tribunal militaire, la première à la peine de mort, la seconde à la déportation, le 19 Septembre 1794. Ce jugement, rendu après la chute de Robespierre, aurait de quoi nous étonner, si nous ne savions que les tribunaux militaires furent alors aussi implacables que pendant la Terreur. Nous en pourrions citer de nombreux exemples.
"Madeleine Larralde fut sans doute la dernière victime de la Révolution parmi nous. Elle tomba, probablement fusillée, sous les balles fratricides, de soldats qui n'étaient pas des bourreaux. Il doit exister, quelque part, aux Archives du ministère de la guerre peut-être, une copie du jugement et des motifs qui menèrent à la mort une enfant de 16 ans".
Cette dernière phrase de M. Dubarat, l'avouerai-je, me laissa rêveur. Après l'avoir lue et relue à diverses reprises, l'idée me vint d'établir dare dare un résumé de tous les documents qu'on vient de lire et de le faire parvenir, sans délai, à la Section historique du Ministère de la guerre.
Je demandais, comme conclusion, communication du décret d'arrestation pris par Pinet aîné à St-Sébastien le 10 fructidor an II (27 Août 1794) contre les deux victimes, de leur jugement de condamnation et, pour Madeleine Larralde, du procès-verbal de son interrogatoire et de son exécution."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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dimanche 22 juin 2025
DEUX VICTIMES DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE À SARE EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1794 (première partie)
DEUX VICTIMES DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE À SARE EN 1794.
La Révolution française a fait disparaître les institutions particulières du Pays Basque Nord.
Voici ce que rapporta à ce sujet J. -B. Daranatz, dans le bulletin de la Société des sciences, lettres
& arts de Bayonne, en octobre 1936 :
"Deux victimes de la Révolution à Sare.
C'était en 1794.
Depuis le 22 février, l'atmosphère du Labourd était lourdement assombrie. Ce jour-là, 4 ventôse an II, avait paru un premier arrêté des représentants du peuple Pinet et Cavaignac.
Provoqué par la déplorable désertion de 47 soldats de la commune d'Itxassou (dans la nuit du 19 au 20 février), cet arrêté ordonnait la poursuite des parents et le séquestre de leurs biens.
Quelques jours après, le 13 ventôse (3 mars), et quoique les habitants de Sare ne fussent pour rien dans cette affaire, ils furent pourtant compris dans ce nouvel arrêté des mêmes représentants :
"Les habitants des commune infâmes de Sare, d'Itxassou et d'Ascain seront enlevés de leurs domiciles et conduits à une distance au moins de 20 lieues des frontières. — Tous les habitants des communes d'Espelette, d'Ainhoa et de Souraïde, sur le compte desquels il s'est élevé ou s'élèvera le plus léger soupçon de haine pour la Révolution et d'amour pour les Espagnols, seront, avec leur famille entière, soumis à la même peine.
Aussitôt la forme armée se précipite dans les 6 communes : tous les habitants de Sare, d'Itxassou et d'Ascain, un grand nombre de ceux d'Espelette, d'Ainhoa et de Souraïde, hommes, femmes, vieillards octogénaires, enfants à la mamelle, sont indistinctement saisis, enlevés, entassés dans des églises malsaines, sans lits, sans linge, sans autres vêtements que ceux dont ils sont couverts. Là, couchés sur des dalles froides et humides, privés de sommeil pendant la nuit, mangeant du pain et buvant de l'eau pendant le jour, ils attendent pendant plusieurs semaines que les représentants du peuple aient fixé enfin le lieu où ils subiront leur internat. Beaucoup de ces malheureux succombèrent, avant d'avoir connu l'arrêt qui les concernait ; ceux qui survécurent furent disséminés dans différentes communes des Landes et du Gers.
Le 19 septembre 1794 devait être pour la commune de Sare un jour de douleur profonde ; son sinistre souvenir se perpétue dans la mémoire de ses habitants.
Deux de ses enfants, l'une âgée de 20 ans, l'autre âgée de 35 ans, comparaissaient, à la réquisition de Pinet aîné, devant le tribunal criminel militaire de Chavin-Dragon (St-Jean-de-Luz), pour être "convaincues d'émigration".
Leur crime ? Toutes les deux étaient inculpées "d'avoir entretenu correspondance avec les ennemis de la République, d'avoir émigré de France en Espagne, et d'avoir été prises sur le territoire de la République." Deux jeunes filles !...
Toutes les deux sont "convaincues d'émigration". Les actes de la procédure montrent le sérieux (?) des chefs d'accusation. Toutes les deux sont condamnées. Marie Harotsenne doit à sa jeunesse d'échapper à la peine suprême ; elle est condamnée à la déportation et à la confiscation de ses biens. Quant à la malheureuse Madeleine Larralde, ce même jour verra sa condamnation à mort et son exécution suprême par "les mains du vengeur national". Elle fut guillotinée sur la place de la Liberté à Saint-Jean-de-Luz, à cinq heures du soir.
Il faut lire avec soin les textes officiels du double jugement de condamnation et du procès-verbal d'exécution. Ces documents proviennent des Archives historiques du Ministère de la Guerre. Nous aurions voulu surtout publier le procès-verbal d'interrogatoire de Madeleine Larralde. Il n'a pas été conservé.
Les échos de la tradition populaire, relatifs à ces événements, principalement à Madeleine Larralde, consignés par les historiens et chantés par les poètes, diffèrent notablement, d'une manière constante et unanime, de la version officielle.
Dans leur récit traditionnel, les Actes de Madeleine Larralde laisseraient entrevoir une Cause possible de Béatification. Les documents militaires au contraire semblent trancher le débat tout différemment.
Voici les pièces du procès : relation officielle et croyance populaire.
Les échos de la Tradition Populaire.
Ouvrons d'abord le très remarquable ouvrage intitulé : Vie de M. Daguerre, fondateur du Séminaire de Larressore, avec l'histoire du diocèse de Bayonne depuis le commencement du dernier siècle jusqu'à la Révolution Française, par l'abbé C. Duvoisin, chanoine titulaire de la Cathédrale de Bayonne, ancien directeur du Séminaire de Larressore. Bayonne, Lamaignère, 1863. In-8° de XI-520 p. L'auteur a pris soin de nous détailler comment il a composé son ouvrage : "Pendant 24 ans, je n'ai épargné ni travail, ni fatigues, ni voyages, ni dépenses, pour recueillir brin-à-brin les matériaux nécessaires ;... j'écrivais des lettres, et je doute qu'il y en ait eu une sur trente qui ait eu l'honneur d'une réponse... sur des centaines de lettres envoyées soit en Espagne soit dans diverses villes de France, à peine 4 ou 5 m'ont-elles attiré des réponses qui m'aient apporté quelque faible lumière. Je me suis mis à voyager ; j'ai fait un voyage en Espagne, trois ou quatre à Bordeaux, douze à quinze à Pau, puis je suis allé à Oloron, à Mauléon, à Dax, etc... ; j'ai parcouru un grand nombre d'autres localités ; partout j'ai fouillé les archives pendant des semaines et des mois entiers." Voir Recherches sur la Ville et sur l'Eglise de Bayonne, I, 265, note.
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| LIVRE DE M DAGUERRE DIRECTEUR SEMENAIRE LARRESSORE PAR L'ABBE DUVOISIN |
Or, la patrie de nos deux victimes révolutionnaires, Sare, était distante d'une quinzaine de kilomètres du manoir natal de cet écrivain, Elizaldea, à Espelette. La gravité du sujet, la probité historique de l'auteur, une conscience professionnelle aussi affinée, garantissent au lecteur le maximum de véracité historique.
M. le chanoine Duvoisin dit, dans sa Vie de M. Daguerre, p. 478 : "Une jeune fille de Sare, nommée Magdeleine Larralde, voyant qu'elle ne pouvait guère recevoir les secours religieux en France sans danger pour elle-même et pour le prêtre qui les lui aurait accordés, s'était décidée à les aller demander au couvent des PP. Capucins de Véra, en Espagne. Elle était occupée un jour à remplir ce pieux devoir, quand les troupes françaises, sous les ordres du général de brigade Pinet jeune, exécutent un mouvement en avant, entrent au village de Véra, et pénètrent jusque dans le couvent des PP. Capucins. Elle est aussitôt arrêtée et amenée devant le général qui l'interroge sur le motif de sa présence en Espagne. Magdeleine lui répond avec naïveté qu'elle est venue se confesser. "Malheureuse, reprend le général, ému de pitié, ne dis point cela, ce serait ton arrêt de mort. Dis plutôt que la marche de l'armée française t'a effrayée et poussée à fuir sur le territoire espagnol. — Mais ce que je dirais là, ne serait point vrai, réplique la jeune fille ; et j'aime mieux mourir mille fois que d'offenser Dieu en proférant un mensonge. Le général, voulant la sauver, insistait et pressait, mais ce fut en vain ; il dut renoncer à vaincre la fermeté de Magdeleine, et, sans doute irrité de rencontrer en elle tant de constance, il la déclara émigrée. Un rapport est adressé à Pinet aîné à St-Sébastien, et celui-ci prend le 10 fructidor an II (27 Août 1794), un arrêté d'après lequel elle serait traduite devant le tribunal militaire de Chauvin-Dragon (St-Jean-de-Luz). Magdeleine comparut devant ses juges avec un noble courage, refusa de nouveau de sauver sa vie au prix d'un mensonge et marcha à la mort en invoquant Dieu et en chantant le Salve Regina en l'honneur de la Reine du Ciel".
Voilà, sur cette mort tragique, l'écho des traditions locales fidèlement recueilli et rapporté avec émotion par Duvoisin en 1863. On s'est demandé si Duvoisin n'a pas "eu en mains un document, plus ou moins traditionnel, mais où se trouvent des éléments qui concordent avec l'original de la condamnation". Ce document — s'il a existé — est insaisissable. Sa trace échappe aux recherches les plus multipliées.
L'abbé Haristoy (Etudes historiques et religieuses du Diocèse de Bayonne, 1894, p. 378 ; Les Paroisses du Pays Basque pendant la période révolutionnaire, I, p. 244), écrit trente ans plus tard : "Madeleine Larralde. Elle eut pour père Michel de Larralde, charpentier, surnommé Belcha, et pour mère Gratianne de Luc. Elle naquit dans la maison Larrondo-Zahar, acquise par son père et appelée depuis, de son nom, Belchanea.
"Madeleine était une fille pieuse, aimant à remplir souvent ses devoirs religieux. Ne pouvant satisfaire sa piété dans son pays, elle aimait à recevoir les sacrements chez les Pères Capucins de Véra, en Espagne, non loin de la frontière. Elle était occupée un jour à remplir ce pieux devoir..." (Suit tout le texte de l'abbé Duvoisin reproduit ci-dessus).
M. Haristoy termine par ces mots : "Ainsi mouraient les martyrs des premiers siècles du christianisme. La tradition rapporte que le bourreau, après l'exécution de la victime, prit sa tête et que l'élevant, il s'écria : "Vive la Nation !" La même tradition nous apprend que Madeleine eut la douleur de voir du haut de son échafaud un homme de sa parenté, passé aux révolutionnaires, insulter à son son supplice et à son frère...
"M. Antoine d'Abbadie, de l'Institut, en qui l'amour du Pays Basque égale son amour pour la science, au l'heureuse idée de donner le beau trait de la mort de Madeleine pour sujet de poésie, au concours de l'année 1894."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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samedi 2 octobre 2021
LES PAROISSES DU PAYS BASQUE NORD PENDANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE : AHETZE ET ARBONNE ET HALSOU EN LABOURD (sixième partie)
LES PAROISSES BASQUES PENDANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE.
Pendant la Révolution française, le Pays Basque Nord, avec sa frontière avec l'Espagne a connu de nombreux combats et a souffert avec la déportation de milliers d'habitants en 1794.
Voici ce que publia à ce sujet l'Abbé Haristoy, Curé de Ciboure, en 1899 :
"Ahetze et Arbonne, en basque Ahetze et Arbona.
Le premier est cité sous les noms de "Villa quæ dicitur Ahece" au XIIe s. ; d’Aheze, au XIIIe s. (cart. de Bayonne fos 8 et 12), d’Ahetce en 1302 (charte du chap. de Bayonne. Le second appelé Narbonna en 1186 (cart. de Bayonne f° 82) fut quelque temps la résidence d’été des évêques de Bayonne. Nous regrettons de n’avoir pas pu connaître le nom de leur demeure.
Ahetze et Arbonne formaient une seule paroisse au XVIIIe s. La population d’Ahetze en 1650, était de 107 foyers ; en 1718, de 747 habitants, en 1820, de 509. Celle d’Arbonne en 1650, de 150 foyers, en 1718, de 1 050 habitants et en 1820, de 577.
| EGLISE D'ARBONNE LABOURD PAYS BASQUE D'ANTAN |
Le curé, à la nomination de l’évêque, résidait ordinairement à Ahetze et le vicaire à Arbonne, annexe. Les revenus de la cure consistaient :
1° dans la 1/2 des fruits décimaux et prémiciaux des terres anciennes et novales, 700 1.
2° dans la 1/2 des fruits décimaux et des terres anciennes et novales d’Arbonne, 460 1. ;
3° dans le casuel d’Ahetze 100 1., celui d’Arbonne 80 1. avec charge de 200 1. pour le vicaire, résumé net 1 140 1.
La fabrique possédait, à Ahetze, un revenu net de 120 1. et à Arbonne une part dans les dîmes de quelques terres d’Arbonne et d’Ahetze évaluées 60 1.
A Ahetze, il y avait quelques obits tombés en désuétude ; les prébendes étaient celles d’Arretchea (12 mars 1692) 25 1. ; — de Chahirenea N. ; — de Hargues ; — de Juncas ; — d’Ilbarots-Hirigoyen ; — d’Achoutoa ; — de Dominique d’Ostalerie ; — du Sr Casaubon, curé de St-Pé-d’lbarren (13 août 1693) 100 1. ; — de Harambillague (15 novembre 1741) 20 1. ; de Lartucea (9 mai 1698) N. ; — de Janier Etcherenea N.
Les obits et prébendes d’Arbonne étaient : 7 obits d’un rapport annuel de 257 1. — Les prébendes : celles de Juncas, fondée par Armand Juncas, vicaire, le 29 août 1727, revenu 50 1. ; — de Labiton, aliàs de Socobie, (4 septembre 1701) 201. ; — de Sorhouet-Etcbesarry 21 1. ; — de Pouy (26 octobre 1710) 200 1. ; — de St-Paul (?) 100 1. ; — de Mentaberria N.
Chapelle : celle de Pouy à Arbonne, mentionnée en 1751 (Intendance E. 38). — Confrérie : celle de N.-D. du Rosaire érigée en 1714 dans l’église de St-Martin d’Ahetze, et approuvée, le 19 juillet 1738, par Mgr de Bellefont. Parmi les membres figurent : "Arnaud Harambillague, prestre et prieur de la frairie 1761 ; Bernard de Hirigoyen, prestre ; Saubot Detcheverry, prestre ; et Dominica Duhalde, gouvernante de Duhart prestre".
Les actes paroissiaux de 1774 à 1779 portent les signatures de Munduteguy et de Duhart, prêtres.
Période révolutionnaire. — A cette époque Ahetze n’avait qu’un vicaire à la tête de la paroisse : c’était Martin Daguerressar, né à Lahonce. Grâce à la piété des fidèles qui ne voulaient pas que leur chef spirituel apostasiât, Daguerressar hésita quelque temps entre sa conscience et son ambition. Les 26 et 30 janvier 1791, il déclare au maire Dupouy, ne pouvoir prêter que le serment restrictif. Quelques jours après il dit au même magistrat : "C’est une affaire qui m’embarrasse, mais il faut en passer par là", et le 13 février suivant, il prêta le serment pur et simple. Grâce à son apostasie, à l’aide de Daguerressar, notaire de Mouguerre, il devint curé constitutionnel de Lahonce jusqu’à l’abolition du culte. Alors il abdiqua et, devint juge de paix. Avant son départ, d’Ahetze, il envoya à la municipalité un don patriotique de 116 1. 13 s. 4 d. .
| PLACE D'ARBONNE LABOURD PAYS BASQUE D'ANTAN |
— Un autre prêtre l’abbé Duhart, ancien curé et trésorier de la fabrique d’Ahetze, abdiqua aussi.
La Révolution enleva d’Ahetze une cloche, une petite croix du poids de 1° 21 d etc. On parvint à sauver une belle croix du XVe s. que l’on montre encore dans cette paroisse. Véritable objet d’art, elle a été décrite dans les Annales de M. Didron, par un professeur des plus distingués du séminaire de Larressore, l’abbé Laran, de Bayonne, prématurément enlevé par la mort aux sciences et aux lettres. On nous a assuré que la belle croix d’Ahetze n’a échappé à la rapacité des révolutionnaires que grâce à l’inaltérable fidélité d’un enfant de la paroisse, dont nous regrettons de ne pouvoir pas donner le nom.
A la Révolution, Arbonne avait son curé et son vicaire. Loin d’imiter leur triste voisin, ils se refusèrent à prêter le serment schismatique. Le premier était Laurent Duhart, né à Ayherre, de Jean D. et de Marie Haramboure, ordonné à St-Jean-Pied-de-Port, le ler juin 1765, et le deuxième Guillaume d’Etchepare, né à Ainhoa, le 1er septembre 1758, de Jean d’E. et de Ursule Marticorena, ordonné à Oloron en avril 1783. 11 devint vicaire à Espelette et mourut le 23 août 1810. Arbonne perdit à la Révolution trois cloches, etc.
Au rétablissement du culte, la paroisse d’Arbonne fut confiée à Martin Duhart. Nous avons déjà dit que celle d’Ahetze fut donnée à Louis Duhalde, d’Ustaritz. En 1793, on appela Arbonne Constante.
Halsou :
Halsou, en basque Haltsu, est cité au XIIIe s. dans le cartulaire de Bayonne (f° 49) et dans les collations du diocèse en 1760, sous le nom de Beata-Maria de Halsou. Ce fut d’abord une chapelle dédiée à la Ste Vierge, fondée en 1506, par Martin d’Uhalde et son épouse Marie de Haïtze. Leur demeure se voit encore près l’église de Halsou. Un jour de dimanche, les deux nobles époux allaient entendre la messe à l’église de Larressore. La rivière de la Nive, grossie par d’abondantes pluies, avait un courant des plus violents. Durant la traversée, une de leurs filles tomba dans le torrent et s’y noya. Dans leur désolation, ils demandèrent et obtinrent de Mgr Bertrand de Lahet, évêque de Bayonne, de fonder, près de leur château, une chapelle particulière ; c’était en 1506. Le seigneur de St-Martin de Larressore ayant hérité de la maison d’Uhaldea nommait à la cure de Halsou.
| HALSOU LABOURD PAYS BASQUE D'ANTAN |
Picamillh dit que "l’église de Halsou est une ancienne chapelle édifiée par les soins du baron de Lacarre, en commémoration de la mort de sa fille noyée au passage de la Nive." Mais, comme le dit le capitaine Duvoisin, ce n’est pas dans les anciens écrits que l’auteur a puisé ce renseignement. Les barons de Lacarre n’étaient pas encore alliés à la noble famille de St-Martin de Larressore.
La chapelle fut érigée en paroisse, en 1512, avec l’autorisation du prélat et le consentement du curé de Cambo et de Larressore, annexe. (Halsou ne formait alors qu’un quartier de Larressore). Le manuscrit attribué à l’abbé Larréguy nous donne le nom de ce curé. C’était Monsieur St-Martin. Il était en même temps abbé du couvent d’Urdach. Au XVIIIe s. M. St-Martin, seigneur de Larressore, nommait à la cure de Halsou.
La population, en 1650, était de 100 feux ; en 1718, de 500 habitants et en 1820, de 273. — Les revenus de la cure consistaient en une portion de la dîme, quelques prémices évaluées 336 1. et dans un casuel de 30 l., total 366 l. — Il y avait 14 obits d’un rapport annuel de 68 l. 15 s. — Les prébendes étaient celles de Hiriberria (21 mars 1713), 11 l. 5 s. ; — d’Etchegoyen, aliàs Dithurbide, (20 juin 1693), 30 l. ; — de Hiriartea (30 novembre 1667), 11 1. 5 s. ; — de Dithurbide, aliàs Etehegoyen, (prébende confondue avec la précédente), 45 l. 4 s. ; — d’Ourbarroa (28 février 1727), 6 1. ; — d’Etchegoyen, aliàs Lascorret, (7 avril 1734), augmentée postérieurement, 13 l.10 s.
— La fabrique possédait une rente constituée d’un capital de 120 l. avec charge de quatre messes.
A la Révolution, était curé de Halsou, Pierre Haramboure, enfant de la paroisse, né le 24 septembre 1716 dans la maison Etcheverry-Zahar. Après deux années de professorat à Aire, il y fut ordonné en 1742. Il devint curé de sa paroisse natale et refusa le serment schismatique ; ce qui lui valut la déportation malgré ses 84 ans. Il mourut dans son exil à Mayo (Espagne).
Une de ses sœurs, Gratianne, était mariée à Martin Harriet, grand-père des abbés Fabien et Maurice, chanoines de Bayonne ; Gratianne avec ses trois filles Haurra-Marie, Marie et Josefa, fut victime des mêmes fureurs révolutionnaires. Les quatre furent un moment emprisonnées dans l’église de St-Jean-de-Luz, changée en prison. Josefa y mourut au milieu d’un grand nombre d’internés, entassés pêle-mêle, sans distinction ni d’âge ni de sexe. Les deux autres sœurs rentrèrent au foyer paternel avec leur mère âgée de 80 ans.
Pierre Harriet, fils de cette dernière, était procureur du roi au bailliage d’Ustaritz. Il occupait dignement sa charge, quand la Révolution vint le condamner à mort comme réactionnaire. Pendant quelque temps, il se cacha dans les bois qui entouraient sa maison natale d’Etcheverry-Zahar. Un jour, il était dans une ferme appartenant à la famille et située au bois de Jatxou. Des agents de Hasparren, lancés à sa poursuite, abordent le fermier et réclament la victime. "Il a pris la direction de Hasparren", répond le fermier fidèle. Dépistés un moment, les agents reviennent encore. "Maître, dit le fermier à Harriet, les voici revenus ; ils sont quatre. Je me charge de deux, vous pourriez vous charger des deux autres, nous prendrions leurs chevaux et nous passerions la frontière." Le fermier était un vigoureux bohémien, qui ne quittait jamais son maître. L’ancien procureur rejeta la proposition et franchit la nuit même la frontière. Il alla rejoindre six prêtres émigrés de ses amis et condisciples de Larressore.
C’étaient les abbés Haramboure, curé de Halsou, dont nous avons parlé, Munduteguy, curé de Jatxou, Bernard Etchegoyen, vicaire de Jatxou, Michel Garat, missionnaire de Larressore. et deux autres dont nous regrettons de n’avoir pas les noms. Ils se mirent en communauté, faisant les prières et autres exercices de piété ensemble, exemple suivi toute sa vie, au sein de sa famille, par l’ancien procureur depuis son retour d’Espagne ; l’ex-magistrat servait la messe à ses co- exilés, à raison de deux sous par messe. Le petit pécule servait à augmenter le menu du dîner à certains jours de fête. L’ordinaire se composait de pain et de quelques fruits, assaisonné du bonheur d’une conscience tranquille.
| LIVRE LES PAROISSES DU PAYS BASQUE PENDANT LA PERIODE REVOLUTIONNAIRE DE L'ABBE PIERRE HARISTOY TOME II |
Martin de Munduteguy, dont nous avons déjà parlé, était né à Halsou le 19 novembre 1729, et ordonné à Aire en décembre 1755. Un moment il eut la faiblesse de prêter le fameux serment, faute qu’il répara immédiatement en le rétractant publiquement et en déclarant que jamais il ne reconnaîtrait que l’autorité de l’évêque légitime. Il avait la réputation d’un grand prédicateur.
Bernard Etchegoyen, dit Choko, naquit à Halsou, le 25 décembre 1766, et fut ordonné le 20 mars 1790. Sitôt l’onction sacerdotale reçue, il fut nommé vicaire à Jatxou et peut-être aussi chargé de l’administration de sa paroisse natale, après le départ du curé Haramboure, car sur la liste des déportés ou lui donne le titre de curé de cette paroisse. Mais il ne tarda pas d’aller rejoindre ses confrères à Pampelune. La Révolution enleva de l’église de Halsou 1 calice avec patène, 1 ciboire, 1 soleil sans pied, 1 croix brisée, 1 porte-Dieu ; le tout pesant l6 m 50.
A l’ouverture des églises, Martin de Mundutegpy devint curé de Halsou et Jatxou réunis. Il fut remplacé bientôt par Bernard Etchegoyen. Chez ce dernier se retira, à son retour d’Espagne, l’abbé Michel Garat, missionnaire de Larressore, en attendant sa nomination à la cure de St-Pierre d’Irube vers 1805. Démissionnaire de sa cure en 1817, l’abbé Etchegoyen vécut en prêtre habitué dans sa paroisse natale, jusqu’à sa mort, en 1828.
Doué d’une excellente mémoire et connaissant la vie du saint fondateur du séminaire de Larressore, l’abbé Etchegoyen fournit, nous a-t-on assuré, d’intéressants détails à l’auteur de sa vie. Mais son bonheur, surtout dans ses vieux jours, était d’aller raconter aux élèves de cet établissement les événements de la Révolution, sa vie et celle de ses confrères sur la terre d’Espagne. Ses visites étaient désirées autant par les maîtres que par les élèves. Un jour, il y était allé dîner. Que ce fut la faute du fournisseur ou celle de l’économe, on servit à table une viande des plus coriaces. Le vénérable vieillard n’en pouvant détacher miette passa son plat à son chien, qui se tenait à ses pieds. A la récréation qui suivit, il narrait ses aventures, quand son chien vint le caresser. "Saute, lui dit-il, saute, Napoléon, c’était le nom du gardien fidèle, tu as mieux dîné que ton maître". Il paraît que désormais l’économe surveilla sa cuisine, et fêta mieux l’aimable visiteur."
| HALTE DE HALSOU-LARRESSORE LABOURD PAYS BASQUE D'ANTAN |
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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