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lundi 24 juin 2024

LE 5ÈME CONGRÈS DES ÉTUDES BASQUES À VERGARA EN GUIPUSCOA AU PAYS BASQUE EN AOÛT-SEPTEMBRE 1930

LE CINQUIÈME CONGRÈS DES ÉTUDES BASQUES À VERGARA EN 1930.


Le Cinquième Congrès des Etudes Basques s'est tenu à Vergara en 1930 et a rassemblé des chercheurs et des passionnés de la culture Basque pour discuter de divers sujets liés à l'art populaire et à l'ethnographie.




pais vasco antes guipuscoa historia estudios autonomia
5EME CONGRES D'ETUDES BASQUES VERGARA 1930
PAYS BASQUE D'ANTAN


Voici quelques-unes des conférences qui ont eu lieu lors du congrès :

  1. L'Art Populaire dans la vie basque par Angel de Apraiz Buesa.
  2. La chanson basque par José Gonzalo de Zulaica Arriegui.
  3. Explication des instruments agricoles par Telesforo Aranzadi Unamuno.
  4. Questions générales au sujet de l'art populaire basque par Eugenius Frankowski.
  5. Systématisation des motifs usités dans la décoration populaire basque par Philippe Veyrin.
  6. La Musique Populaire Basque par Padre (Aita) Donostia.
  7. Etc...

pais vasco antes guipuscoa historia estudios autonomia
5EME CONGRES D'ETUDES BASQUES VERGARA 1930
PAYS BASQUE D'ANTAN




Voici ce que rapporta à ce sujet Le Quotidien, le 17 septembre 1930, sous la plume de J.A. May :


"Les Basques espagnols demandent le rétablissement de leur autonomie.

Un meeting en faveur de l'instruction bilingue se tiendra à Saint-Sébastien le 28 septembre.



La Société des Etudes basques a organisé un innocent congrès basque, qui se tient en ce moment à Vergara, en Guipuzcoa. Ce devait être d'abord une simple exposition de l'artisanat basque depuis la période romaine, à travers le moyen Age, jusqu'à nos jours. Les organisateurs ont fouillé tous les coins les plus reculés des terres basques, aussi bien en France qu'en Espagne, pour trouver tous les souvenirs historiques possibles de l'art basque, y compris les vieux ustensiles de cuisine, antiques vaisselles, instruments agricoles, équipements et armes de chasse, instruments de musique, etc.



Puis, — l’appétit vient en mangeant, — les organisateurs ont vu là une riche occasion de discuter des aspirations politiques des Basques : car les Basques ont, eux aussi, des aspirations de cette nature.



Le général Berenguer n’a-t-il pas annoncé qu'il ne serait pas défavorable aux aspirations régionalistes ? Pourquoi n’aurait-on pas d’aspirations régionalistes ? Le général Berenguer autorise de se servir de la langue et de promener le drapeau régional dans les manifestations : il faut en profiter.




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DAMASO BERENGUER FUSTE
Par Auteur inconnu — Narodowe Archiwum Cyfrowe, 1-E-6368, originally published in Ilustrowany Kurier Codzienny., CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=89423714



Et voilà les Basques du congrès de Vergara qui parlent tout se suite d’autonomie, d’une fédération des trois provinces basques de Viscaye, Guipuzcoa et d’Alava avec la Navarre, qui furent autrefois toutes quatre indépendantes.



Elles ne demandent pas la séparation d'avec l’Espagne, encore que quelques idéalistes rêvent la réunion de tous les Basques français et espagnols, qui, il ne faut pas l’oublier, sont 525 000, dont 375 000 vivent en Espagne et 150 000 en France.



La race basque.


L’origine et l'histoire de la race basque sont plutôt mystérieuses. On admet qu'ils descendent des anciens Ibères ; mais ceux-ci ?... Leur langue, à laquelle ils sont attachés et qu’ils appellent "Euskera" a déconcerté tous les philologues, qui lui trouvent une certaine ressemblance avec certains idiomes de tribus du continent américain.



Les démocrates modernes ont repris avec enthousiasme l’antique recueil des lois (Fueros), car pendant quatre siècles le petit territoire basque fut une vraie démocratie, où l'autorité était exercée par les délégués élus librement par le peuple.



Aux treizième et quatorzième siècles, quand les Basques du versant sud des Pyrénées décidèrent de se réunir à l'Espagne et acceptèrent volontairement la souveraineté de la Couronne de Castille, ils spécifièrent que leurs anciennes lois fussent reconnues et tout souverain, à son avènement, jurait sur le code "Fueros".



Cela dura jusqu’à la première guerre carliste pendant laquelle de nombreux Basques prirent parti pour Don Carlos. La paix revenue, bien que la reine Isabelle eût reconnu le code basque, elle réussit à y apporter quelques modifications qui le mirent en accord avec les intérêts généraux de la nation espagnole. Peu à peu, les Basques perdirent de plus en plus de leur indépendance et le "Fueros" ne fut bientôt plus qu’un souvenir.



Aujourd’hui, les Basques voudraient de nouveau être administrés d'après le vieux code, modifié suivant les nécessités du moment. Au moment du coup d'Etat de Primo de Rivera, en 1923, les Basques crurent l'occasion favorable pour demander le rétablissement de leur antique autonomie ; mais le dictateur, craignant des revendications plus graves à côté, surtout en Catalogne, agit avec prudence et se contenta de consolider quelques droits encore en vigueur, notamment en matière de taxation.



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MIGUEL PRIMO DE RIVERA



Ce n'était pas assez : aujourd'hui, tous les groupes, intellectuels, socialistes, commerçants et autres, ont été priés de faire connaître leur point de vue à la Société d'études basques sur la meilleure politique à employer pour amener le Parlement, quand il sera réuni, à prononcer l'autonomie des pays basques. Pour cela, tous les partis politiques sont d’accord et excluent de leurs discussions la question capitale qui divise l’Espagne en monarchistes et républicains. Mais, au meeting antimonarchiste de Saint-Sébastien, du 17 août, auquel prirent part tous les républicains espagnols, sauf le parti fédéral, on a adopté, à l’unanimité, une résolution pour reconnaître à chaque région le droit à sa propre autonomie.



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5EME CONGRES D'ETUDES BASQUES VERGARA 1930
PAYS BASQUE D'ANTAN



En tout cas, il se fait, depuis quelque temps, une grande agitation en faveur de l'emploi plus fréquent de la langue basque, notamment dans les livres scolaires. Un mémoire en faveur de l'instruction bilingue a été envoyé au gouvernement, et, pour le 28 septembre, se prépare, à Saint-Sébastien, un nouveau meeting pour la défense de la langue régionale."



(Source : Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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jeudi 2 novembre 2023

LES "PROVINCES VASCONGADES" ET LE ROYAUME DE NAVARRE EN 1808 (deuxième partie)

LES "PROVINCES VASCONGADAS" ET LE ROYAUME DE NAVARRE EN 1808.


Les "provinces Vascongades" désignent trois territoires du Pays Basque Sud : l'Alava, la Biscaye et le Guipuscoa.




pais vasco antes vascongadas provincias navarra
PROVINCES VASCONGADES ILLUSTREES
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien la Gazette Nationale ou Le Moniteur Universel, le 7 

octobre 1808 :



"... La proximité de la mer n’a pu manquer d’inspirer de bonne heure le goût de la navigation et de la pêche à un peuple aussi industrieux que les Guipouscoans, et, nous voyons, en effet, qu’ils fréquentaient les bancs de Terre-Neuve pendant les seizième et dix-septième siècles. Plusieurs édits de Philippe II ordonnèrent aux commandants des vaisseaux guipouscoans, se rendant à la pêche de Terre-Neuve, de porter des armes et des munitions de guerre, pour réprimer les Rochellois, qui commettaient des pillages dans les pêcheries espagnoles de ces parages. Le nom même de bacallao, qui, en espagnol, désigne la morue, est basque. Aujourd'hui, cette pêche est tombée, ainsi que celle de la baleine ; mais les Guipouscoans font sur leurs côtes une pêche considérable de thons, de sardines, de raies, de merluches, etc. Ils vendent le poisson frais, salé ou mariné à leurs voisins d’Alava et de Navarre ; une grande partie passe en Aragon et dans la Castille, et se consomme à Saragosse, à Valladolid et à Madrid. Les rivières de Guipouscoa sont aussi fort poissonneuses ; celles qui se rendent dans la mer abondent en saumon, moules et huitres.



Le commerce des Guipouscoans était déjà très étendu au treizième siècle ; les principaux articles de leur négoce étaient alors le fer, le cidre et le vin. C'est le 29 août 1350 que se donna la bataille navale entre l'escadre guipouscoanne et biscayenne et celle d'Angleterre ; la première fut défaite, et perdit vingt-six vaisseaux de guerre. Rymer a publié une convention, en date de 1482, conclue entre l'Angleterre et la Guipouscoa, en vertu de laquelle la paix devait subsister entre les deux parties contractantes pendant dix années. En 1348, les Guipouscoans établirent à Bruges une Bourse pour le commerce de leur nation ; ce qui prouve quelle en était alors l'étendue. C'est à cet esprit de commerce et de navigation lointaine, qui caractérise les naturels de cette province, que l'on doit la découverte qu'ils firent des îles Canaries en 1393 ; et celle des îles Philippines et Mariannes en 1565.



Les villes et bourgs de Guipouscoa sont, en général, élégamment bâtis, les rues droites et bien pavées, les maison commodes, et en pierres ou en briques ; les bourgs tant soit peu peuplées sont éclairés la nuit ; Tolosa et Saint-Sébastien sont avec des réverbères semblables à ceux de Paris. Les églises sont en général belles ; et les routes, malgré l'inégalité et l'élévation du terrain, excellentes et nombreuses. Tout, en un mot, respire dans ce pays, l'aisance et le bonheur. L'on dirait que la nature a placé les trois provinces à côté de la malheureuse Vieille-Castille, comme pour faire au gouvernement de celle-ci un reproche constant des institutions funestes qui tiennent ses habitants dans l'état d'indigence et d'abjection où ils sont réduits.



La ville de Saint-Sébastien, la plus grande de cette province, est située au 14e deg. 32 mn. de longitude du méridien de l'île de Fer, et au 43e deg. 19 mn. de latitude. Elle est sur l'Océan Cantabrique qui, en se partageant en deux bras, en fait une presqu'île ; de sorte que de loin, on prendrait la ville pour un amas d'édifices flottant dans la mer. 



Le terrain sur lequel Saint-Sébastien est bâti est un sable mouvant ; c'est pourquoi on n'a jamais de la boue dans les rues, même après les plus fortes pluies.



Les maisons de la ville ne sont pas très hautes, on en compte de 600 à 700 dans l'intérieur, formant vingt-une rues ; les faubourgs en contiennent un plus grand nombre.



Saint-Sébastien est place forte, mais ses fortifications sont très défectueuses : aussi, lors de la dernière guerre, la ville se rendit aux Français sans leur opposer la moindre résistance.



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SAINT-SEBASTIEN GUIPUSCOA 1837
PAYS BASQUE D'ANTAN






Cette ville contient deux paroisses, et une troisième dans les faubourgs ; deux couvents de moines, trois de religieuses, et un hôpital.



Saint-Sébastien a toujours été une ville très commerçante ; c'est dans son sein que se forma la compagnie de Caracas, fondue aujourd'hui dans celle des Philippines. Le commerce de laine, jadis considérable, est actuellement réduit à rien.



Au dénombrement des fabriques de Saint-Sébastien que nous avons déjà donné, nous ajouterons des tanneries établies dans le faubourg Saint-Martin.



Cette ville est le lieu de résidence du commandant-général de Guipouscoa. Le corrégidor de la province y réside aussi pendant trois ans sur douze.



Tolosa est la commune la plus peuplée de Guipuscoa après Saint-Sébastien ; ce n'est qu'un bourg, nom que l'on donne en Espagne à toutes les communes qui n'ont pas obtenu du roi le tire de ville, sans aucun égard à leur population ; en sorte que Madrid même n'a que le titre de bourg. Tolosa est située au centre de la Guipouscoa. Nous avons dit que les rues en sont très bien pavées, et mieux éclairées que celles des plus populeuses capitales.



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TABLEAU DE TOLOSA
PAR OÑATIVIA GREGORIO


La population de Tolosa s'élève à 4 100 habitants, dont 2 562 dans l'intérieur de la ville, et le reste dans les faubourgs. La plupart d'entr'eux s'adonnent à l'agriculture, et récoltent année commune 5 200 fanègues de froment, 7 300 de maïs et 1 400 de châtaignes. Nous avons déjà parlé des nombreuses manufactures de ce bourg industrieux.



Vergara a une population de 4 000 âmes, et un collège qui s'était rendu célèbre, mais qui a beaucoup déchu de son ancienne splendeur. Au reste, c'est le sort de tous les établissements d'enseignement public en Espagne. Si quelqu'un s'élève dans le commencement au-dessus du médiocre, on a grand soin de l'abaisser bientôt au niveau de tous les autres.



Les lois qui régissent la province de Guipouscoa ont été recueillies et imprimées en un volume in-folio à Tolosa, en 1696. En 1758, on y a ajouté un supplément des lois postérieures à cette époque. 



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BLASON DU GUIPUSCOA 
PAYS BASQUE D'ANTAN



Les assemblées de la province se célèbrent tous les ans dans les dix-huit villes prescrites par les fueros, et durent six jours. Il y a une assemblée générale où l’on élit quatre députés généraux qui doivent avoir domicile, l’un à Saint-Sébastien, le second à Tolosa, le troisième à Azpeytia, et le dernier à Azcoytia. Le député de la ville où réside le corrégidor, a le droit d’assembler la députation ordinaire ; celle-ci est formée par quatre personnes, qui sont ce député, son adjoint et deux municipaux de la même ville. L’extraordinaire, qui s’assemble par convocation spéciale pour des affaires d'une grande importance, et régulièrement dans les mois de décembre et de juillet, se compose des quatre députés généraux ou de leurs substituts, en cas d’absence ou de maladie.



Les alcaldes ordinaires de la province sont au nombre de 74 ; ils jugent les affaires contentieuses en première instance, et l'on interjette appel de leurs jugements devant le corrégidor. La province nomme aussi tous les ans un alcalde de sacas, qui a soin d'empêcher l'introduction des marchandises de contrebande, et cette charge est une des plus considérées du pays. 



Le corrégidor, qui presque toujours est membre du conseil de Navarre, et qui réside tour à tour dans les communes de Tolosa, Saint-Sébastien, Azpeytia et Azcoytia, l'espace de trois ans dans chacune, est juge dans les matières civiles et criminelles ; il prononce sur les causes qui sont portées en appel devant son tribunal. Il préside les assemblées générales et particulières de la province, mais sans donner sa voix ; il a aussi la haute police administrative ; l’exercice de sa charge dure six ans. 



La Guipouscoa a, dans tous les temps, fait elle-même ses lois. Le premier recueil des lois de cette province fut sanctionné par Jean 1er, en 1379. Henri IV approuva, en 1469 et 1470, les ordonnances de Guipouscoa de ces mêmes années. Mais ce ne fut qu'en 1583, que le licencié Gomez de Puerta, corrégidor de Guipouscoa, avec le licencié Armendia, le docteur Zarauz, et autres alcaldes et députés, rédigèrent un recueil complet des lois de cette province."



A suivre... 




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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lundi 12 septembre 2022

UN GUIDE POUR LE VOYAGEUR EN GUIPUSCOA AU PAYS BASQUE EN 1877 (quinzième partie)


UN GUIDE DE VOYAGE EN 1877.


Vers la fin du 19ème siècle, apparaissent des guides de voyage pour les voyageurs désirant se rendre en Hego-Alde, dans les  provinces Basques du Sud.





pais vasco antes guipuzcoa
VUE GENERALE D'ELGOIBAR GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN





Voici ce que rapporta à ce sujet, M. L. Capistou, en 1877 :



"Province du Guipuzcoa.



... Itinéraire : Azcoitia. — Elgoibar. — Eibar. — Placencia. — Vergara. — Zumarraga. — Beasain. — Villafranca, etc.



"Elgoibar.



C'est une ville de 2 000 habitants, fondée en 1346 par Alphonse XI. Elle n'était auparavant qu'une petite réunion de caserios, dépendant de la juridiction de Marquina de Yuso, et s'intitula dès lors Villanueva de Marquina. Elle ne prit le nom de Elgoibar qu'en 1463.



La première église d'Elgoibar fut celle de San Bartolomé de Olaso ; située sur une petite hauteur hors des murs de la ville et que les Templiers avaient construite. Cette église fut abandonnée en 1678 et une véritable église paroissiale fut construite dans l'intérieur de la ville. Celle-ci menaçant ruine, fut réédifiée le siècle dernier et l'on ne conserva de l'ancienne que le portail de sa façade, qui est fort curieux par son ornementation.



pais vasco antes guipuzcoa iglesia
EGLISE PAROISSIALE ELGOIBAR GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN



Vue du côté de la Deva, sur la rive droite de laquelle elle est assise, Elgoibar présente un aspect très pittoresque ; ses maisons baignent leur pied dans la petite rivière traversée çà et là par des ponts très hardis ou des passerelles légères.



Son industrie est toute entière dans la fabrication des armes à feu et dans quelques minoteries.



C'est à Elgoibar que naquit Don Eugenio de Larumbide, ministre et conseiller d'Etat sous Ferdinand VII.



Eibar.



Eibar est située à environ six kilomètres d'Elgoibar. On y arrive par une route magnifique, qui longe la Deva jusqu'à Malzaga, puis tourne à droite vers l'ouest, laissant à gauche la route de Placencia et Vergara.



Cette industrieuse ville, peuplée d'environ 3 500 habitants, est assise dans une jolie vallée au pied de la montagne d'Arrate (ou d'Arriarte) que couronne un ermitage célèbre.



C'était autrefois une importante cité, de laquelle dépendait un territoire étendu. Elle était murée et protégée par des tours. Ses demeures attestent une antique noblesse et de leur nombre on cite les maisons de Urquizu, de Unzueta, de Ulzaga, de Isasi. etc., etc.



L'église paroissiale, placée sous le vocable de saint André, est d'une antiquité incontestable.



C'est un des plus beaux monuments religieux de la province. Ses voûtes sont très élevées et ses autels richement ornés.



pais vasco antes guipuzcoa iglesia
EGLISE PAROISSIALE EIBAR GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN



Au quatorzième siècle, Eibar se nommait Villanueva de San Andres, ainsi qu'en font témoignage les écrits de Garibay et de Isasti.



Elle fut favorisée par certains privilèges relatifs à son industrie, dans le milieu du quinzième siècle.



Eibar possède quelques fabriques d'armes, au nombre desquelles les plus importantes sont celles de MM : Larranaga, Ibarzabal, Orbea hermanos et Zuloaga. Les ouvriers de ces fabriques sont arrivés à la perfection dans leur métier ; ils excellent surtout dans les incrustations et le damasquinage des armes blanches et des objets d'art.



Entre les fils les plus illustres de Eibar, on doit spécialement citer Fray Andres de Ubilla, évêque de Chiapa ; Domingo Martinez de Orbea, chevalier de Santiago et trésorier de Charles-Quint, et le capitaine Albizuri, général dans les mers du Sud. C'est à Eibar que mourut en 1634, le 11 mai, l'infant Francisco Fernando, fils de Philippe IV, qui était venu en Guipuzcoa étudier avec le professeur Isasti Idiaquez.



Eibar a beaucoup souffert durant l'invasion française en 1794, ainsi qu'en 1834 pendant la première guerre carliste.



Placencia.



C'est une antique cité basque située sur la rive droite de la Deva, à sept kilomètres d'Elgoibar.



Elle est entourée de riantes montagnes, admirablement cultivées. Sa population est de 2 000 âmes. Au point de vue de l'art, elle ne possède rien de notable ; son église n'a aucun mérite.



Sur la rive gauche de la rivière se trouve l'importante fabrique d'armes La Euskalduna, qui occupe journellement trois cents ouvriers et est dirigée par un officier supérieur d'artillerie délégué par le gouvernement de Madrid. On y fait d'excellentes armes à feu à l'aide d'un matériel perfectionné et mis au niveau de tous les progrès de la science.



Une jolie route, remontant le cours de la Deva, traverse le village des Martires, laisse à sa droite la sierra de Elgueta et le village de ce nom, franchit la rivière sur un joli pont et conduit à Vergara.



Vergara.



C'est une ville de 6 000 habitants, assise dans une petite plaine dominée par les montagnes de Elosua, Murquizu, Sospechu et Otzaiz. On fait remonter au XIe siècle l'époque de sa fondation. Il est vrai de dire que son nom est cité dans un acte signé par D. Sancho de Navarre en 1050. Le roi Alphonse-le-Sage lui concéda, en 1268, le titre de ville.



C'est à Vergara que fut installée, en 1764, la Société Royale Vascongade, qui distribua tant de richesses et de bienfaits dans les trois provinces. Le séminaire fut fondé quelque années plus tard.



Cette ville fut occupée, en 1794, par l'armée française. En 1835, le général carliste Zumalacarregui s'en empara après un siège de peu de durée. En 1873, elle tomba une seconde fois aux mains des carlistes.



C'est dans la plaine située non loin de la ville, sur la route de Madrid, en face du barrio de San Antonio, que se traita le célèbre convenio du 31 août 1839, entre les généraux Espartero et Maroto.



Vergara est une ville bien construite, percée de larges rues et de places spacieuses, possédant de jolis édifices, deux églises, un grand collège et un couvent où des religieuses se dédient à l'enseignement des jeunes filles. Le séminaire, devenu institut provincial, a été transféré à Saint-Sébastien.



L'église de Saint-André, située au centre de la ville, est un monument vaste et très solide, mais sans architecture. Dans une de ses chapelles existe une remarquable sculpture de Martinez Montanés, qui représente le Christ à l'agonie en grandeur naturelle. Cette église fut construite avec les matériaux du château-fort de Elosua.



L'autre église paroissiale fut édifiée en 1542, d'après les plans de l'architecte Lcturiondo. Il y a dans ce temple divers objets d'art notables, tels que les statues dues au ciseau de D. Luis Salvador, qui ornent le retable du maitre-autel, et un tableau représentant le Santo Cristo de Burgos.



Autour de la ville il existe plus de 30 ermitages, presque tous placés sur des monticules ou dans des situations pittoresques ; les plus célèbres sont le monastère de San Miguel de Areceta, celui de San Marcial et celui de Santa Ana, dans la chapelle duquel on conserve un pupitre portatif ayant appartenu à saint Francisco de Borja.



Le commerce de Vergara est assez développé et son industrie consiste dans une grande fabrique de tissus occupant 600 ouvriers ; une fabrique de chaudières en cuivre ; une autre de papier et de carton ; divers moulins à farine et une fonderie.



Vergara a vu naître quelques hommes illustres, entre lesquels on cite D. Antonio de Rios y Rosas, auteur de divers ouvrages littéraires et traducteur des œuvres de saint Augustin ; D. Gabriel de Mendizabal, général qui se distingua dans la guerre de l'Indépendance ; Hernan Martinez de Izaguirre, secrétaire d'Isabelle-la-Catholique, et D. Lucas de Vergara, maître de camp aux îles Philippines.



Une route tortueuse traversant le village de Anzuola et le col de Descarga, où les diligences ne peuvent être traînées que par des bœufs, conduit à Zumarraga.



Zumarraga.



C'est une station importante des chemins de fer du Nord de l'Espagne.



La ville est très restreinte, mais sa position promet de lui donner un grand développement commercial.



Elle possède quelques bons hôtels et diverses fabriques. Son église est de belle construction, dotée d'un portail remarquable. 



pais vasco antes guipuzcoa iglesia
EGLISE SANTA MARIA ZUMARRAGA GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN



Zumarraga est la patrie de D. Miguel Lopez de Legazpi, conquérant des îles Philippines.



Cette ville est en communication directe avec tous les points de l'intérieur de la province par l'intermédiaire des diligences de D. Marcelino Ugalde, entrepreneur de transports, commissionné par la Compagnie des chemins de fer du Nord de l'Espagne. 



Villareal.



La petite localité de Villaréal, attenante à Zumarraga, est située au pied du mont Irimo, à cinq cents mètres environ de la station du chemin de fer. Elle possède une jolie église, une casa consistorial, un hôpital et quelques monuments très anciens. Sur le flanc du mont Irimo se voit le magnifique château de Ipenarrieta, remarquable par son architecture et ses grandes dimensions.



Villaréal est la patrie du guerillero Gaspar de Jauregui (El Pastor), qui servit dans la guerre de l'Indépendance contre les Français et qui, dans la première guerre carliste, joua un rôle important. Il mourut à Vitoria en 1844. Ses restes reposent dans l'église de son lieu de naissance.



Beasain.



Une distance de 14 kilomètres sépare Zumarraga de Beasain. La voie ferrée suit toujours la vallée de l'Oria, coudoyant la route nationale, et traverse une série de tunnels, laissant à droite et à gauche de son trajet les pittoresques villages de Ezquioga, Ichaso et Gaviria pour passer au-dessus de Ormaiztegui, sur un viaduc en fer de cinq travées, reposant sur des colonnes d'une hauteur moyenne de 34 mètres.



Le village de Ormaiztegui s'étend dans une petite plaine au pied du viaduc. Les eaux sulfureuses de son établissement de bains jouissent d'une grande réputation. C'est la patrie du célèbre général carliste D. Tomas de Zumalacarregui, né dans le palais de Iriarte-Erdicoa, le 29 décembre 1788, et mort à Cegama, le 24 juin 1835, des suites d'une blessure au genou reçue au siège de Bilbao.


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TOMAS DE ZUMALACARREGUI


Après avoir dépassé le viaduc d'Ormaiztegui, le chemin de fer pénètre diverses fois encore dans le sein de la montagne et l'on arrive à Beasain, localité peuplée de 1 500 habitants, possédant une importante fonderie de métaux, dirigée par M. Goitia, dans laquelle de nombreux ouvriers sont occupés.



Beasain est reliée par un chemin vicinal à Segura et Cegama, situés dans la chaîne des Pyrénées. Sur ce chemin s'embranchent diverses voies conduisant à Mutiloa, Cerain, Olaberria et Ydiazabal.



Un autre chemin relie Beasain à Azpeitia par Astigarreta, Noarbe et Urrestilla.



En aval, en suivant le cours de l'Oria, se trouve Villafranca.



Villafranca.



C'est une petite ville de 1 200 habitants, située sur la rive gauche de l'Oria, entourée de murailles et flanquée de tours en ruines. Quatre portes permettent son accès. Elle est la patrie de Andres de Urdaneta, célèbre marin du quinzième siècle, qui découvrit la Nouvelle-Guinée.



Villafranca possède quelques belles habitations du seizième siècle, une Casa consistorial, un hôpital et les deux palais de Barrenechea et Zabala. Cette ville fut assiégée et prise par Zumalacarregui, le 2 juin 1835, après la défaite du général Espartero dans le col de Descarga.



pais vasco antes guipuzcoa
VILLAFRANCA DE ORIA GUIPUSCOA 
PAYS BASQUE D'ANTAN



Un chemin vicinal relie Villafranca à Lazcano et Ataun, localités de la rive droite de l'Oria, assises au pied du mont Aralar.



pais vasco antes guipuzcoa ria rio
FLEUVE ORIA TOLOSA GUIPUSCOA 
PAYS BASQUE D'ANTAN



De Villafranca à Tolosa, la voie ferrée passe successivement à Izasondo et Ycazteguieta, laissant à sa droite Arama, Alzaga, Baliarrain, Alegria et Orendain, petites bourgades sans importance. Une route conduit de Alzo à Amezqueta, village situé dans une vallée formée par les déclivités des monts Larrunari et Otsabio."



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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dimanche 14 février 2021

LE MAKHILA AU PAYS BASQUE EN 1932

LE MAKHILA BASQUE EN 1932.


Le Makila (ou Makhila) est l'outil (l'instrument) inséparable du Basque, lorsqu'il se rend aux foires et aux marchés en ce début de 20ème Siècle.




pays basque autrefois makila
FABRICANT DE MAKILAS MUSEE BASQUE BAYONNE
PAYS BASQUE D'ANTAN




Voici ce que rapporta à ce sujet la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque, le 26 

novembre 1932 :



"Le Makhila Basque.



Sur notre "bâton national", sur le makhila, le Réveil Basco-Béarnais publie un article, qu’il nous est agréable de placer sous les yeux de nos lecteurs :



Figure fine, nez mince, droit, yeux gris-verts dénotaient la plus pure origine basque chez Jean Ainciart, l’artisan le plus populaire, le plus connu du Pays Basque, le dernier de cette famille de fabricants de makhilas



Hélas ! tout le pays a pleuré, cet été, la mort de cet homme extrêmement modeste et bon, parti après une longue et douloureuse maladie. 



Cependant, je m’étais promis de faire une enquête sur la fabrication et l’origine du makhila pour mes compatriotes de Paris, et je courus un beau soir de septembre, à Larressore. 



Près d’un tout petit fronton ancien à deux faces, ce qui permet de jouer deux parties simultanément, se trouve, au milieu de chênes séculaires, une coquette maison blanche aux portes et fenêtres rouges entourée d’une charmille de bois. C’est là qu’on fabrique, à côté d’une épicerie-mercerie et d’une salle d’auberge, ce bâton qui a couru le monde sous le nom de makhila.


pays basque autrefois makila larressore
MAISON AINCIART BERGARA LARRESSORE
PAYS BASQUE D'ANTAN


— Agur jauna ! (bonjour monsieur). 


— Ongi etorri ! (soyez le bienvenu), me répond un jeune pépère qui promène en ses bras un superbe poupon de quelques mois. C’est M. Bergara, élève, gendre et successeur de Ainciart. 



"La fabrication du makhila a commencé en 1810 ou 1815, me dit-il, par Gratien Ainciart, à Larressore." 



Il était à son origine beaucoup plus longue de nos jours et servait en même temps d’aiguillon, de bâton de montagne et d’arme de défense. 



pays basque autrefois makila
MAKILA
PAYS BASQUE D'ANTAN



J’ai eu dans ma jeunesse un makhila qui avait appartenu au célèbre bandit basque Chirrip, et qu'il portait le sinistre soir où il assassina le domestique d’un docteur de Sare, qui cherchait à défendre son maître. Ce bâton faisait environ un mètre trente ; il était en néflier très mince et très souple, sa lance était à peine plus grande que le clou d’un aiguillon et la gaine en cuivre qui la protégeait était faite pour, tout juste la couvrir. Les cuivres étaient à peu de chose près les mêmes qu’aujourd’hui et le pommeau minuscule était en corne de bœuf. 



A Gratien Ainciart succéda son fils Antoine et, à celui-ci, son fils Jean, dit Manech Killo, en souvenir des quenouilles qui, du temps de son grand-père, voisinaient à l’atelier avec les makhilas.



Grâce à eux, le makhila a porté le nom de l’Euskarie autour du monde et de hautes personnalités de New-York, Londres, Rome, Paris, etc., en possèdent. 



S. Mgr Gieure ne trouva de plus beau cadeau à offrir au Pape Pie X, qui en fut ravi, qu’un beau makhila. Le Prince de Galles en possède un en néflier et argent et son grand-père, Edouard VII, en faisait sa canne préférée. 



La fabrication du makhila a été sujette à une étude particulière. Ainsi le bois de néflier, qui est plus indispensable à sa fabrication que le fameux sou de la légende, est cultivé à Mauléon qui, grâce à la qualité de son terrain, donne un bois plus dur en même temps que très souple. 


pays basque autrefois makila
FEMME AVEC MAKILA
PAYS BASQUE D'ANTAN


La terre du Labourd est trop grasse et donne un bois trop tendre. 



Les arabesques, qui sont toujours en relief, sont obtenues en pratiquant une incision dans l’écorce du jeune arbuste un an avant la coupe. 



Expédié à Larressore, ce bâton est redressé, séché et roussi à la cendre de bois, puis verni en le frottant avec des noix. 



Vient ensuite le travail du cuivre. Celui-ci est débité dans la forme conique du néflier et ciselé de divers dessins basques et légendes, tels que : 


"Nere laguna eta laguntza" (Mon compagnon et mon aide) ; "Nere etsaiaren bildurra" (La terreur de mes ennemis), etc. 



Au bas du bâton on trouve toujours la signature du fabricant. 


pays basque autrefois makila
MAKILA
PAYS BASQUE D'ANTAN


Autrefois, on se servait simplement de la corne de bœuf pour le pommeau, mais aujourd’hui les beaux makhilas sont munis de corne de buffle. C’est-à-dire que sans perdre son caractère primitif, le makhila devient une canne de plus en plus élégante. 



Le manche ou gaine qui renferme la lance est une des particularités qui fait, le charme des connaisseurs. Ceci est la spécialité de Mme Bergara qui tresse le cuir merveilleusement depuis son plus jeune âge, d’abord aux côtés de son père, et aujourd’hui de son mari. 



Il existe plusieurs légendes sur le makhila, et, à en croire certains, il serait le précurseur de la baïonnette. Il aurait en ce cas existé du temps de Louis XIV et celui-ci l’aurait remarqué quand il vint se marier à Saint-Jean-de-Luz



D’autres disent que les Basques repoussèrent les Anglais envahisseurs de Bayonne, à coups de makhila. 



Nombreux sont ceux qui prétendent qu’on reconnaît un vrai makhila d’un faux à l’existence ou à l’absence d’une pièce d’un sou qu’on retrouve souvent au-dessous du bâton. 



Je dis souvent, car nombre de beaux makhilas ne l’ont pas. Moi-même j’en possède deux. L’un signé J. Ainciart 1924, l’autre Ainciart-Bergara. Celui-ci a le sou traditionnel dans le bas alors que l’autre ne l’a pas. Pourquoi celui du maître serait-il moins vrai que celui de l’élève ? 



pays basque autrefois makila
MAKILA MUSEE BASQUE BAYONNE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Si les fabricants de makhilas ont mis un sou au-dessous de leurs bâtons, c’est que la rondelle de bronze qui soutient ce qu’ils appellent le trèfle (le bout de fer qui termine), coûterait beaucoup plus d’un sou s’ils devaient la faire à la main. 



D’ailleurs les fabricants de faux makhilas, ceux qui les font avec toutes sortes de bois, moins le néflier, ne manquent pas d’y mettre le fameux sou dans le bas et les armoiries des sept provinces basques sur le pommeau, preuves d’authenticité pour les naïfs. 



Ayant entendu l’appel répété d’un clackson, je quittai l’aimable Bergara qui continuera l’œuvre de ses beaux-parents, aidé de sa jeune femme, en attendant que le superbe poupon qu’il promène sur ses bras lui succède à son tour. 



Et je montai dans l’autobus qui me ramena, à travers un pays merveilleux, à mon coin d’Aïnhoa."



 



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samedi 18 novembre 2017

ISIDRO DE MONZON L'ARCHITECTE DE BERGARA EN GUIPUSCOA AU PAYS BASQUE SUD


ISIDRO DE MONZON UN ARCHITECTE BASQUE SINGULIER.


Isidro Ortiz de Urruela Monzon fait partie de ces architectes Basques qui ont façonné dans les années 1970 le patrimoine architectural du Pays Basque Nord (Iparralde).