CARTES POSTALES , PHOTOS ET VIDEOS ANCIENNES DU PAYS BASQUE. Entre 1800 et 1980 environ.
mardi 4 juin 2024
lundi 3 juin 2024
PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 3 JUIN 2024 SAINT KÉVIN ET SAINT MORAND ET SAINT CHARLES LWANGA - UGAITZ
PROVERBE DU 3 JUIN 2024 (SAINT KÉVIN) (SAINT MORAND) (SAINT CHARLES LWANGA) (UGAITZ).
KÉVIN (ou COEMGEN) : Kevin de Glendalough est un Irlandais qui naît vers 498.
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| 3 JUIN SAINT KEVIN DE GLENDALOUGH |
Kévin fonde l'abbaye de Glendalough, dans les montagnes de Wicklow, en Irlande, vers 550.
Par la suite, Glendalough, avec ses sept églises, est devenu l'un des principaux pèlerinages d'Irlande.
C'était l'époque où des missionnaires quittaient "l'île des saints", tout juste christianisée, pour évangéliser le continent.
La légende dit que Kévin signifie "juste engendré", "bien engendré" ou "de noble naissance".
Kévin est fêté le 3 juin par les Eglises catholique romaine et orthodoxe.
Kévin est présenté comme un protecteur des animaux.
Saint Kévin est également le patron de la ville de Dublin.
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| 3 JUIN SAINT KEVIN DE GLENDALOUGH |
MORAND : du latin Morandus ou Moderamnus, il naît vers 1050 ou 1075.
Originaire de Rhénanie, c'est un moine clunisien, surnommé l'"apôtre du Sundgau".
Il joue un rôle important, au cours du Moyen Âge, comme saint protecteur de la vigne et du vin.
Il meurt le 3 juin 1115.
CHARLES LWANGA : Saint Charles Lwanga, né en 1865 et mort le 3 juin 1886, est un martyr ougandais, d'ethnie Baganda.
Charles Lwanga est chef des pages à la cour du roi Mwanga II.
Ce roi exigeant que ses sujets convertis au christianisme, abandonnent leur nouvelle foi, et fait exécuter de nombreux catholiques et anglicans entre 1885 et 1887, dont Charles Lwanga, le 3 juin 1886.
Il est béatifié en 1920 par le pape Benoit XV et canonisé le 18 octobre 1964 par le pape Paul VI.
Il est liturgiquement commémoré, avec les autres martyrs de l'Ouganda, le 3 juin.
UGAITZ : J.M. Satrustegiren izendegian.
Un décès du 3 juin : Alexandre-César-Léopold Bizet, plus connu sous le nom de Georges Bizet.
Né le 25 octobre 1838 à Paris - Mort le 3 juin 1875 à Bougival (Seine-et-Oise).
C'est un compositeur français de la période romantique.
Fils unique, Georges montre très tôt des dons pour la musique et entre au Conservatoire de Paris, à l'âge de 9 ans, dans la classe de piano d'Antoine François Marmontel.
Il y obtient un premier prix de piano en 1851, puis un second prix en 1852.
En 1852, il entre dans la classe d'orgue de François Benoist.
Georges entre, en 1853, dans la classe de composition de Fromental Halevy et il obtient un premier prix d'orgue et de fugue en 1854, puis un second prix en 1855.
A 17 ans, il remporte avec sa cantate Clovis et Clotilde le prix de Rome de composition musicale, dont la récompense est un séjour de 3 ans à la villa Médicis, à Rome.
De retour en France, il se consacre à l'enseignement et à la composition.
En 1863, Léon Carvalho lui commande Les Pêcheurs de perles, pour le Théâtre-Lyrique, oeuvre qui sera un succès et sera représentée 18 fois.
Georges épouse en juin 1869 Geneviève Halevy, fille de son professeur de composition, avec laquelle il aura un fils.
Il réalise de nombreuses transcriptions pour piano d'oeuvres lyriques à la mode.
Pendant la guerre de 1870, il s'engage dans la Garde nationale, puis part pour Libourne, avant de revenir, en 1871, à Paris.
Sa vie familiale n'est pas heureuse, et ayant reconnu l'enfant qu'il a eu avec leur bonne, sa femme le quitte, emmenant avec elle son fils pour retourner chez ses parents.
En 1875, Georges s'installe à Bougival, où il termine l'orchestration de Carmen, après 3 mois de travail sans répit et 1 200 pages de partition.
Le 3 mars 1875, il est fait chevalier de la Légion d'honneur, le jour de la première de Carmen, qui se révèle être un désastre.
Le 29 mai 1875, il se baigne dans l'eau glacée de la Seine et il est pris dès le lendemain d'une crise aiguë de rhumatisme articulaire.
Georges meurt d'un infarctus, dans la nuit du 2 au 3 juin 1875, à l'âge de 36 ans.
Il laisse environ 120 oeuvres musicales, dont Carmen, l'un des opéras les plus connus et les plus joués au monde.
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| COMPOSITEUR GEORGES BIZET |
Voici le proverbe du lundi 3 juin 2024 :
BAGIL ARGIA, URTE GUZIKO ARGIA.
Juin lumineux, lumière pour toute l'année.
(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)
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VERA DE BIDASOA-BERA EN NAVARRE AU PAYS BASQUE EN 1899
VERA DE BIDASOA EN 1899.
En 1899, la commune de Vera de Bidasoa, en Navarre, comporte environ 2 600 habitants.
Voici ce que rapporta à ce sujet le mensuel La Grande revue, le 1er mai 1899, sous la plume de
Louis de Robert :
"VII Véra.
Je me serais reproché d’avoir quitté le pays basque sans avoir vu Véra. C’est un petit village espagnol perdu dans la chaîne des Pyrénées. Comme un objet précieux jeté au fond d’une coupe il repose dans le creux naturel que forment à leur base des monts entrecroisés. Pour s’y rendre c'est assez compliqué, car nombreuses sont les formalisés qu’entraîne le passage d’une voiture sur la route espagnole. De loin en loin, un carabinier, fusil au poing, vous intime l’ordre de vous arrêter. Il faut acquitter un droit de péage. Et, à la porte de Véra, vous devez descendre chez le receveur qui, derrière son bureau, vous interroge comme un juge. Il est grand, très barbu, avec des yeux d'Oriental. Si vous ne parlez pas espagnol et si vous avez l’esprit enclin à la gaîté, la scène ne vous apparaît pas dénuée de comique. Cela peut devenir même du vaudeville par les malentendus qui naissent et la pantomime à laquelle on doit se livrer des deux côtés pour se faire comprendre. Le receveur inscrit sur un registre des indications interminables : vos nom, prénoms, qualités, les nom et adresse du cocher, le nom des chevaux, leur âge, leur taille, leur sexe. Après quoi il vous délivre un laissez-passer que vous payez sept pesetas. Et vous pouvez enfin franchir le seuil de Véra.
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| ROUTE DE BEHOBIE A VERA NAVARRE D'ANTAN |
Il faut renoncer à décrire ce vieux village. Les lignes qu’on en pourrait retracer ne feraient pas naître chez le lecteur le sentiment grave et en même temps rêveur qu’il inspire. Il est apaisant. Il vous pénètre l’âme par un charme qui semble venir de loin, de très loin, au delà des objets visibles. Il ouvre en vous comme une multitude de petites portes, et des choses qui dormaient dans l’ombre y sont par la lumière tirées de leur sommeil. Le pas se fait léger sur ses dalles. Il semble qu’insensiblement une force élastique et sûre vous caresse et vous transporte. Et ce que l’on éprouve, à la fois doux et complet, ne se saurait traduire.
Ce n’est pourtant qu’un ensemble de vieilles maisons très simples. Or, à vouloir faire tenir cela dans des mots je sens que toute la grâce s’en échappe. Elle fuit sous la plume comme fuit entre les doigts l’air qu'on voudrait étreindre, l’eau qu’on voudrait saisir. C'est fluide et imprenable. Les formes apparentes ne sont rien. C’est leur expression qui les transfigure. Comment dire, par exemple, l’adorable poésie de deux petits saules qui pleurent sur une vieille fontaine, tout contre un mur d’où tombe une marge d’ombre ? La tristesse de ces deux petits arbres sur cette fontaine, l’atmosphère qui les baigne, le soleil, le mur, la marge d’ombre : autant d’inexprimables choses !...
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| FAUBOURG ILLECUETA VERA DE BIDASOA NAVARRE D'ANTAN |
Aussi n’essaierai-je pas de peindre la beauté de ce coin du monde où vivent des êtres qui sont nés là, y mourront, qui n’ont rien vu d’autre et qu’aucun rêve ne tourmente, de même que je me résigne à ne rendre ici ni la paix, ni le silence, ni la merveilleuse mélancolie de ce lieu où, dans l'ardeur de midi, les maisons semblent mortes, les vieilles maisons toutes ridées, aux fenêtres closes, derrière lesquelles pourtant s’agitent des existences. Avec cela, la couleur des pierres est chose que seuls les villages méridionaux offrent aux yeux du voyageur, nuance si particulière qui tient de la rouille, ton à la fois éteint et chaud et qui, dirait-on, rayonne tout alentour.
Il y a là des murs qu’on regarde avec recueillement, et qu'on écoute aussi, comme on écoule certains vieillards quand ils se racontent. Véra est plein d’ouvertures subites, imprévues, couloirs de ruelles, fuites vers l’horizon, échappées vers de l’espace. De tous côtés à la fois, entre chaque maison, par cette baie, par ce vide, par cette fente, la nature magnifique reparaît, vous sourit, atteste quelle elle est là, s'impose à l'attention. Et il y a surtout un plateau devant l'église, un carré d'herbe, une sorte de terrasse qui domine la place et où l'on découvre le panorama des montagnes, tout un paysage prodigieux de reliefs et d’accidents. Cette terrasse est bordée d’un parapet où l’on s’accoude. Et l’on songe. Les vieilles choses, les vieilles demeures, tout ce qui longtemps enfermé de la vie, tout ce qui en a reçu le contact, jette dans l’âme de l’homme le même sentiment de rêverie. Flacons vides encore imprégnés de l’odeur qu’ils continrent ! On y respire le passé ; on y évoque ce qui n’est plus. Ici, ailleurs, partout, l'impression est la même. Grandes salles du château de Jeanne-la-Folle ! Voitures paralysées d’Hendaye ! Murs de Véra ! Les gens qui se sont assis sur ce parapet, les jambes pendantes, je les vois. Des pères, des fils, des amoureux, des fiancés. Que de promesses s'y sont faites ! Que d'allégresses, que de résignations s’y sont penchées ! Et combien d’étrangers, de curieux ont eu à cette même place cette même songerie ! De tous les gens qui, depuis des siècles, se sont appuyés sur elles, ces pierres ont gardé comme une chaleur vivante. Alors, d’où vient que loin de constater mon passage éphémère dans ce décor durable de la nature, j’aie conscience d’être très vieux, comme ces montagnes, vieux comme les pierres de ce village. Je songe que j’étais en germe dans mon premier ancêtre, que j’ai vécu dans tous les êtres de ma race, que j’en suis le prolongement pour une destinée que j’ignore et qui, peut-être, ira de moi à d’autres êtres en qui je revivrai. A ce moment, comme je me suis retourné machinalement, des lézards qui dormaient près de moi, sur les marches ensoleillées d’un escalier, s’enfuient en frétillant. Quelle indication de paix, de silence et de solitude donne au passant la sécurité d’un lézard ! Une ombre suffit à troubler cet animal timide et fier. A présent, à chaque fissure une petite tête fine apparaît qui m’interroge d’un œil prudent et malicieux. Ainsi les marches de l’escalier semblent tressaillir de vie.
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| PLACE VERA DE BIDASOA NAVARRE D'ANTAN |
La porte de l’église est close. Mais, par une partie ajourée, mon regard plonge à l'intérieur. Eclat éteint de l’autel doré, galerie de bois, pénombre et mystère. C’est dans ces vieilles églises que se manifeste la force des religions, et l’incroyant n’a pas envie de sourire devant la trace muette laissée sur ces bancs par des siècles de foi. En ce pays basque surtout, si fidèle à ses traditions, l’église est l’âme du village et sa note dominante. C’est là qu’il faut chercher le secret du caractère d’immutabilité dont on est frappé sur ce sol et la clé des impressions profondes qu'il vous donne. Aussi ne comptais-je pas quitter Véra sans entrer dans ce lieu. Porte close. Prestige des choses entrevues et devinées ! Il me faut bien dire que cela avait son charme. Le bedeau ne devait pas être bien loin. Pour quelques sous il m’eût ouvert. J’avoue que j’ai préféré ne pas me mettre en quête de lui et que la réalité, par suite, n'a pu déranger ni réduire ce que j’ai imaginé au seuil de cette église.
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| GRAND AUTEL VERA DE BIDASOA NAVARRE D'ANTAN |
Et voici que j’arrive au bout de ces trop courtes notes, peut-être trop longues au gré du lecteur. Quelques heures de chemin de fer ont mis des distances entre moi et ce pays au charme singulier. La Bidassoa, la rive espagnole, Fontarabie, Hendaye et la ligne des montagnes bleues, tout cela est loin. Je n'ai plus comme horizon que de blanches façades et des toits. Eteints les bruits qui complétaient le paysage, chansons d’insectes, heurts de feuilles, rumeur de la mer, assaut des vagues sous ma fenêtre, vent qui passe. Comme bruit, je n’ai que celui des voilures qui cahotent sur le pavé de la rue. Et je regarde ma page où j’aurais voulu faire revivre tant de rêveries et tant d’émotions. Comment rendre par des mots assez subtils et ingénieusement assemblés tout ce qui me transporta d’allégresse ? Comment verser en des paroles froides tout ce qui me faisait chaud à l’âme ? Les mots m’apparaissent inertes. Je voudrais les rendre palpitants. Je voudrais dire la magie de certaines heures où il ne s’est rien passé, l’enchantement de certains éclairages, le langage du silence et la griserie de l’espace. Je voudrais être clair, être profond, être compris. Je voudrais trouver des nuances fuyantes par lesquelles la mobilité de mes sensations serait traduite ici. Mais elles sont comme ces ailes de papillons qui chatoient dans l’air et ne nous laissent aux doigts quand on les saisit qu'une sorte de cendre incolore. Éveils d’oiseaux, vallées au brouillard lumineux, gaze brillante des matins, tournants de routes, petites mares pensives, attelages lents des bœufs, avec le geste auguste du conducteur, dos courbés de laboureurs, comment restituer cela, comment dire ?...
Je dois me résigner. Et je le fais en songeant que d’autres, meilleurs peintres, sans doute, passeront par là et fixeront en des images définitives ce que je n’ai fait ici qu’indiquer."
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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