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mardi 4 juin 2024

LA DESTITUTION DU COMITÉ RÉVOLUTIONNAIRE DE BAYONNE EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1794 (première partie)

LE COMITÉ RÉVOLUTIONNAIRE DE BAYONNE EN 1794.


A partir d'octobre 1793, le Comité Révolutionnaire sévit à Bayonne, en Labourd.




pays basque autrefois révolution histoire
COMPAGNIE FRANCHE DE BAYONNE 1793
PAYS BASQUE D'ANTAN


Voici ce que rapporta à ce sujet le Bulletin N° 3 de janvier 1929 de la Société des Sciences, Lettres, 

Arts et Etudes Régionales de Bayonne, sous la plume de René Cuzacq :



"I. — L'Arrêté du 12 Pluviôse An II. — 31 Janvier 1794.

Texte de l'arrêté.


Au nom du peuple français,


Les Représentants du Peuple près l'armée des Pyrénées occidentales et les Départements voisins.


Réfléchissant sur l'étendue du devoir que la Convention Nationale leur a imposé, en leur confiant par la loi du 14 Frimaire, qui établit le gouvernement révolutionnaire, l'épuration des autorités constituées et sur la terrible responsabilité que cette mission aussi honorable pour eux qu'utile et importante pour la chose publique, fait peser sur leur tête.


L'heureux terme de la Révolution, le triomphe des patriotes, le bonheur du peuple, la paix intérieure et la tranquillité de la République dépendant en quelque façon de la manière dont ils composeront les autorités constituées, ces autorités qui réunissant entre elles une si immense étendue de pouvoirs, peuvent, soit en agissant séparément, soit encore mieux en se coalisant, porter, si elles sont formées d'aristocrates, d'intrigans et d'ambitieux, les coups les plus terribles à la liberté et à l'égalité.


Considérant que cette épuration importante, qui doit mettre un terme aux machinations de la chose publique, demande d'être faite avec ce sang-froid, cette sagesse, cette prudence, cette fermeté et cette énergie, base des grandes mesures révolutionnaires qui jusqu'à présent ont sauvé la république du précipice dans lequel on a si souvent tâché de l'entraîner...


Considérant que sur les débris de l'aristocratie, du royalisme, du fédéralisme, et du fanatisme, sur les ruines de la noblesse et du clergé, il s'élève actuellement une classe d'hommes, plus misérable peut-être, du moins aussi dangereuse, une classe d'hommes sans moeurs, sans probité, sans vertus, intrigans par caractère, vicieux par principe, patriotes par intérêt, qui se sont jetés dans la Révolution par système et dont l'ambition vise à toutes les places qu'ils s'efforcent d'obtenir, en chassant par leurs vociférations qu'ils appellent dénonciations patriotiques, ceux qui les occupent, semblables à ces insectes auxquels les eaux croupissantes d'un marais impur ont donné naissance, nés comme eux dans la fange et dans la bassesse. Tels sont les hommes qui se mettent aujourd'hui sur le chandelier, qui parlent des grands services qu'ils prétendent avoir rendus à la Révolution, qui calomnient les vieux patriotes, égarent souvent les citoyens par leurs cris, détournent l'attention d'eux et cachent, sous le voile spécieux de l'amour du bien public, leur immoralité et leur vie passée.


Considérant que ces hommes dangereux, plus dignes de l'exécration publique que les patriotes forcenés, doivent être démasqués, écartés de toutes les places, enchaînés même ; que si la contre-révolution était possible, c'est par leur moyen qu'elle pourrait être opérée ; que les patriotes les mieux prononcés ne peuvent voir qu'avec douleur et indignation des hommes impurs, des intrigans et des ambitieux occupant des places qui ne sont dues qu'à la vertu, qui devroient être remplies exclusivement par des citoyens dont la moralité et la probité ont toujours été sans tâche, dont la pureté des moeurs est intimement liée à cet amour ardent de la liberté et de l'égalité qui ne peut exister dans un coeur vicieux et corrompu.


Considérant que les autorités constituées ne peuvent remplir dignement et utilement les fonctions considérables qui leur sont confiées qu'en s'environnant du respect, de l'estime, de la considération et de la confiance de tous les citoyens ; que plus l'autorité qui leur est dévolue est grande, terrible, imposante, plus les mains qui en sont dépositaires doivent être pures ; que ces organes de la loi, impassibles et incorruptibles comme elle, doivent marcher entre la terreur qu'ils inspirent aux méchants et la confiance et la sécurité qu'ils font naître dans le coeur des hommes vertueux.


Considérant que ce sont surtout les Comités de surveillance, qui doivent fixer l'attention et la sollicitude des représentants du Peuple appelés par plusieurs lois et notamment par celle du 14 frimaire, sur le gouvernement révolutionnaire, à l'honorable et importante fonction de concourir d'une manière particulière à détruire le royalisme, l'aristocratie et le fédéralisme, enchaîner la malveillance et anéantir le fanatisme et la superstition, à surveiller, à déjouer les intrigans, les ambitieux ; les Comités de surveillance revêtus, pour l'utilité de la République, du plus grand, du plus terrible des pouvoirs, celui de priver les citoyens de la liberté, doivent commander le respect et l'estime ; il faut sans doute qu'à côté de la massue d'Hercule qui repose entre leurs mains, toutes les vertus publiques et privées assurent aux bons citoyens la tranquillité et le bonheur dont ils doivent jouir.



pays basque autrefois révolution histoire
COMITE SURVEILLANCE REVOLUTIONNAIRE


Considérant que beaucoup de ces citoyens en patriotisme, de ces républicains du 31 Mai, sortis de ces tripots et des mauvais lieux, ont bien pu, pour quelques instants, surprendre la confiance de quelques représentans du peuple qui, marchant sur un sol qui leur était étranger, manquant de renseignements assurés, et s'abandonnant à la pureté de leur coeur, ont pris pour leur véritable visage le masque imposteur qui les couvrait ; mais l'oeil sévère de l'homme intègre, perçant bientôt le voile épais dont l'intrigant et le fourbe s'environnent, le moment où l'abus qu'on a fait de sa confiance frappe ses regards, est pour ces hommes faux et dangereux, le dernier moment de leur existence.


Considérant que la convention nationale a, par mesure de prudence et de sûreté générale, rejeté de son sein des gammes appartenant aux nations avec lesquelles nous sommes en guerre, qu'elle a également voulu qu'ils fussent éloignés des fonctions publiques ; qu'il serait souverainement dangereux de ne pas adopter et suivre rigoureusement cette mesure de sagesse, de fermer les yeux sur son exécution et surtout dans un pays frontière où les relations avec nos ennemis peuvent s'établir facilement, que ce seroit manquer tout à la fois à son devoir et à la prudence.


Considérant que le comité de surveillance de Bayonne renferme dans son sein, trois classes d'hommes que la sollicitude des représentants du peuple ne leur permet pas d'y laisser plus longtemps, des citoyens revêtus de ces fonctions dont l'incompatibilité est prononcée par la loi, des étrangers et des émigrans ; que l'existence de ces derniers surtout dans le comité est un scandale pour les patriotes qui gémissent avec raison de voir l'autorité qui leur est confiée, cette autorité qui ne devroit être terrible qu'aux méchans, menacer indifféremment leurs têtes et celles des aristocrates, au gré des passions de certains hommes qui ont pris pour règle de leur conduite toute autre chose que la justice.


Considérant que ce comité a commis les fautes les plus graves, qu'il s'est non seulement permis d'enlever à leurs fonctions et de mettre en état d'arrestation des autorités constituées, avant que les représentans du peuple eussent prononcé leur destitution, ce qui est contraire à la loi et à l'intérêt public ; mais qu'il a pris même sur lui de les remplacer et qu'à tous ces actes illégaux il a joint un procédé plus étrange encore, celui de garder là-dessus un profond silence auprès des représentans du peuple.


Considérant qu'instruit une première fois d'une conduite aussi extraordinaire que coupable, le représentant du peuple Monestier se transporta dans son sein et après avoir mis sous les yeux des membres du comité, en père, qui veut corriger des enfans chéris, leurs torts, il sortit persuadé qu'ils ne tomberoient plus dans la même faute ; que cependant ces actes scandaleux se sont répétés depuis, ce qui prouve d'abord que ce n'étoit pas par ignorance qu'ils péchoient, puisqu'ils récidivoient, après l'instruction paternelle de Monestier ; ensuite le peu de cas qu'ils faisoient de l'autorité des représentans du peuple dont ils osoient se jouer ainsi.



pays basque autrefois révolution histoire
JEAN-BAPTISTE-BENOÏT MONESTIER


Considérant que ce comité voulant sans doute éluder la loi qui lui défendoit de prononcer sur le sort des détenus, droit réservé aux représentans du peuple, et se procurer, par des vues détournées, la faculté de mettre en liberté ceux qui auroient trouvé, n'importe comment, les moyens de l'intéresser en leur faveur, s'est permis de faire des attributions aux tribunaux, ce qu'il ne pouvoit se permettre sous aucun prétexte, et ce qui lui a parfaitement réussi pour le citoyen Lesca.


Considérant que, par une suite coupable de sa conduite, le comité a osé suspendre astucieusement la bonne foi des représentans du peuple ; qu'il a abusé de leur confiance pour leur faire signer la mise en liberté de la municipalité coupable d'Hasparren.


Considérant que ménagé encore, après un tel oubli de ses devoirs, les représentans du peuple qui auroient dû le casser sans balancer, se contentèrent de le tancer fortement, et de lui ordonner de faire sur le champ mettre de nouveau en état d'arrestation la municipalité d'Hasparren.


Considérant que le comité au lieu de s'empresser d'exécuter cet ordre et de tâcher de faire oublier par là ses torts multipliés, a osé y désobéir et a forcé les représentans du peuple de prendre pour le faire rentrer dans son devoir, l'arrêté du 6 de ce mois ;


Considérant qu'en prenant cet arrêté, qui ne prononce pas la cassation de ce comité qui l'a mérité à tant de titres, les représentans du peuple n'ont pas prétendu se lier les mains ; qu'en suspendant un moment la foudre qu'ils ont fait gronder sur leurs têtes coupables, ils n'ont pas entendu conjurer l'orage pour des hommes indignes de toute indulgence ; qu'ils sont loin d'avoir promis de ne pas les frapper ; qu'ils se doivent à eux-mêmes, qu'ils doivent à la Convention nationale et au peuple, pour le bonheur duquel ils travaillent, de faire partout justice de ces hommes qui n'ont d'étonnant que leur effronterie et leur immoralité ; 


Considérant qu'en recevant l'arrêté des représentans du peuple, du 6 de ce mois, qui les rappelle à leurs devoirs avec sévérité sans doute, mais avec beaucoup plus de ménagemens qu'ils ne méritoient, quelques membres du comité ont eu l'imp(r)udence (sic), au lieu de se rendre auprès des représentans du peuple, qu'ils avoient forcé de sévir contre eux, et de s'efforcer d'effacer de leur esprit, par l'aveu sincère de leur faute et les expressions de leur repentir, l'impression défavorable que leur conduite y avoit faite, de mettre en délibération s'ils ne députeroient pas auprès de la convention nationale pour dénoncer cet arrêté, et que la crainte seule du châtiment sévère que la convention elle-même auroit fait tomber sur leurs têtes, les a retenus.




pays basque autrefois révolution histoire
COMITE SURVEILLANCE REVOLUTIONNAIRE


Considérant qu'en renonçant à cette démarche, ils ont cependant l'effronterie d'envoyer sur le champ un d'eux vers Monestier à Orthez, dans l'espoir sans doute de faire détruire par lui ce qui avoit été fait par ses collègues, de faire rapporter leur arrêté, d'opposer autorité à autorité, d'élever autel contre autel et de se faire de lui un rempart à l'abri duquel ils puissent continuer leurs manoeuvres coupables.


Considérant qu'une pareille audace ne peut rester impunie, qu'elle est pour Monestier dont les principes sont les mêmes que ceux de ses collègues et qui est lié avec eux par l'amitié la plus étroite, un outrage sanglant ; qu'il faut apprendre aux intrigants qu'ils ne parviendront pas à désunir des vieux patriotes, de francs et vigoureux montagnards.


Considérant que le comité a eu l'inconcevable audace de créer des membres dans son sein, de déléguer à un individu de son choix l'autorité qui lui avoit été confiée, que cette prévarication téméraire et odieuse ne peut être trop promptement et trop sévèrement punie.


Considérant que les membres coupables de ce comité ont fait mettre en liberté des hommes suspects ; qu'ils font journellement des parties de plaisir avec les femmes des détenus.


Considérant que certains membres du comité se faisant un jeu, et de l'autorité dont ils sont revêtus, et de la liberté des citoyens, avilissent cette autorité terrible et respectable par la manière dont ils en font l'usage, se permettant dans les caffés, sur les places publiques, à la comédie, de menacer ceux qui leur déplaisent de les envoyer coucher dans la maison de réclusion ;



Considérant que quelques uns de ces hommes coupables se sont permis de dire qu'ils ne reconnaissoient pas l'autorité des représentans du peuple, qu'ils ne leur devoient et ne leur rendoient aucun compte.


Considérant qu'il est temps enfin que tant d'audace soit réprimée ; qu'il est temps d'apprendre à ces hommes misérables, destinés à la nullité — et devenus quelques chose par le concours des circonstances fortuites ; qu'ils ont beau se croire des géants, la représentation nationale les brisera comme un verre et les fera rentrer dans la poussière dont ils n'auroient jamais dû sortir ; qu'il est temps qu'un acte de sévérité et de justice en traçant aux autorités constituées leur devoir, mette sous leurs yeux le châtiment qu'elles encourront si elles se permettent d'en sortir ; Arrêtent :


Article Premier. — Le Comité de surveillance de Bayonne est destitué."



A suivre...



(Source : Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)







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lundi 3 juin 2024

PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 3 JUIN 2024 SAINT KÉVIN ET SAINT MORAND ET SAINT CHARLES LWANGA - UGAITZ

 


PROVERBE DU 3 JUIN 2024 (SAINT KÉVIN) (SAINT MORAND) (SAINT CHARLES LWANGA) (UGAITZ).


KÉVIN (ou COEMGEN) Kevin de Glendalough est un Irlandais qui naît vers 498.



religion catholique saint sainte kévin
3 JUIN SAINT KEVIN DE GLENDALOUGH


Kévin fonde l'abbaye de Glendalough, dans les montagnes de Wicklow, en Irlande, vers 550.

Par la suite, Glendalough, avec ses sept églises, est devenu l'un des principaux pèlerinages d'Irlande.

C'était l'époque où des missionnaires quittaient "l'île des saints", tout juste christianisée, pour évangéliser le continent.

La légende dit que Kévin signifie "juste engendré", "bien engendré" ou "de noble naissance".

Kévin est fêté le 3 juin par les Eglises catholique romaine et orthodoxe.

Kévin est présenté comme un protecteur des animaux.

Saint Kévin est également le patron de la ville de Dublin.




religion catholique saint sainte kévin
3 JUIN SAINT KEVIN DE GLENDALOUGH


MORAND : du latin Morandus ou Moderamnus, il naît vers 1050 ou 1075.

Originaire de Rhénanie, c'est un moine clunisien, surnommé l'"apôtre du Sundgau".

Il joue un rôle important, au cours du Moyen Âge, comme saint protecteur de la vigne et du vin.

Il meurt le 3 juin 1115.



religion catholique saint sainte morand
3 JUIN SAINT MORAND




CHARLES LWANGA : Saint Charles Lwanga, né en 1865 et mort le 3 juin 1886, est un martyr ougandais, d'ethnie Baganda.


religion catholique saint sainte charles lwanga
3 JUIN SAINT CHARLES LWANGA


Charles Lwanga est chef des pages à la cour du roi Mwanga II.

Ce roi exigeant que ses sujets convertis au christianisme, abandonnent leur nouvelle foi, et fait exécuter de nombreux catholiques et anglicans entre 1885 et 1887, dont Charles Lwanga, le 3 juin 1886.

Il est béatifié en 1920 par le pape Benoit XV et canonisé le 18 octobre 1964 par le pape Paul VI.

Il est liturgiquement commémoré, avec les autres martyrs de l'Ouganda, le 3 juin.




UGAITZ : J.M. Satrustegiren izendegian.




Un décès du 3 juin : Alexandre-César-Léopold Bizet, plus connu sous le nom de Georges Bizet.




compositeur france carmen arlésienne
COMPOSITEUR GEORGES BIZET


Né le 25 octobre 1838 à Paris - Mort le 3 juin 1875 à Bougival (Seine-et-Oise).

C'est un compositeur français de la période romantique.

Fils unique, Georges montre très tôt des dons pour la musique et entre au Conservatoire de Paris, à l'âge de 9 ans, dans la classe de piano d'Antoine François Marmontel.

Il y obtient un premier prix de piano en 1851, puis un second prix en 1852.

En 1852, il entre dans la classe d'orgue de François Benoist.

Georges entre, en 1853, dans la classe de composition de Fromental Halevy et il obtient un premier prix d'orgue et de fugue en 1854, puis un second prix en 1855.

A 17 ans, il remporte avec sa cantate Clovis et Clotilde le prix de Rome de composition musicale, dont la récompense est un séjour de 3 ans à la villa Médicis, à Rome.

De retour en France, il se consacre à l'enseignement et à la composition.

En 1863, Léon Carvalho lui commande Les Pêcheurs de perles, pour le Théâtre-Lyrique, oeuvre qui sera un succès et sera représentée 18 fois.

Georges épouse en juin 1869 Geneviève Halevy, fille de son professeur de composition, avec laquelle il aura un fils.

Il réalise de nombreuses transcriptions pour piano d'oeuvres lyriques à la mode.



compositeur france carmen arlésienne
COMPOSITEUR GEORGES BIZET


Pendant la guerre de 1870, il s'engage dans la Garde nationale, puis part pour Libourne, avant de revenir, en 1871, à Paris.

Sa vie familiale n'est pas heureuse, et ayant reconnu l'enfant qu'il a eu avec leur bonne, sa femme le quitte, emmenant avec elle son fils pour retourner chez ses parents.

En 1875, Georges s'installe à Bougival, où il termine l'orchestration de Carmen, après 3 mois de travail sans répit et 1 200 pages de partition.

Le 3 mars 1875, il est fait chevalier de la Légion d'honneur, le jour de la première de Carmen, qui se révèle être un désastre.

Le 29 mai 1875, il se baigne dans l'eau glacée de la Seine et il est pris dès le lendemain d'une crise aiguë de rhumatisme articulaire.

Georges meurt d'un infarctus, dans la nuit du 2 au 3 juin 1875, à l'âge de 36 ans.

Il laisse environ 120 oeuvres musicales, dont Carmen, l'un des opéras les plus connus et les plus joués au monde.



compositeur france carmen arlésienne
COMPOSITEUR GEORGES BIZET



Voici le proverbe du lundi 3 juin 2024 :


BAGIL ARGIA, URTE GUZIKO ARGIA.

Juin lumineux, lumière pour toute l'année.



mois calendrier juin mucha
MOIS DE JUIN PAR ALFONS MUCHA



(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)




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VERA DE BIDASOA-BERA EN NAVARRE AU PAYS BASQUE EN 1899

VERA DE BIDASOA EN 1899.


En 1899, la commune de Vera de Bidasoa, en Navarre, comporte environ 2 600 habitants.



pais vasco antes navarra bidasoa
EGLISE VERA DE BIDASOA
NAVARRE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet le mensuel La Grande revue, le 1er mai 1899, sous la plume de 

Louis de Robert :



"VII Véra



Je me serais reproché d’avoir quitté le pays basque sans avoir vu Véra. C’est un petit village espagnol perdu dans la chaîne des Pyrénées. Comme un objet précieux jeté au fond d’une coupe il repose dans le creux naturel que forment à leur base des monts entrecroisés. Pour s’y rendre c'est assez compliqué, car nombreuses sont les formalisés qu’entraîne le passage d’une voiture sur la route espagnole. De loin en loin, un carabinier, fusil au poing, vous intime l’ordre de vous arrêter. Il faut acquitter un droit de péage. Et, à la porte de Véra, vous devez descendre chez le receveur qui, derrière son bureau, vous interroge comme un juge. Il est grand, très barbu, avec des yeux d'Oriental. Si vous ne parlez pas espagnol et si vous avez l’esprit enclin à la gaîté, la scène ne vous apparaît pas dénuée de comique. Cela peut devenir même du vaudeville par les malentendus qui naissent et la pantomime à laquelle on doit se livrer des deux côtés pour se faire comprendre. Le receveur inscrit sur un registre des indications interminables : vos nom, prénoms, qualités, les nom et adresse du cocher, le nom des chevaux, leur âge, leur taille, leur sexe. Après quoi il vous délivre un laissez-passer que vous payez sept pesetas. Et vous pouvez enfin franchir le seuil de Véra.



pais vasco antes navarra bidasoa
ROUTE DE BEHOBIE A VERA
NAVARRE D'ANTAN



Il faut renoncer à décrire ce vieux village. Les lignes qu’on en pourrait retracer ne feraient pas naître chez le lecteur le sentiment grave et en même temps rêveur qu’il inspire. Il est apaisant. Il vous pénètre l’âme par un charme qui semble venir de loin, de très loin, au delà des objets visibles. Il ouvre en vous comme une multitude de petites portes, et des choses qui dormaient dans l’ombre y sont par la lumière tirées de leur sommeil. Le pas se fait léger sur ses dalles. Il semble qu’insensiblement une force élastique et sûre vous caresse et vous transporte. Et ce que l’on éprouve, à la fois doux et complet, ne se saurait traduire.



Ce n’est pourtant qu’un ensemble de vieilles maisons très simples. Or, à vouloir faire tenir cela dans des mots je sens que toute la grâce s’en échappe. Elle fuit sous la plume comme fuit entre les doigts l’air qu'on voudrait étreindre, l’eau qu’on voudrait saisir. C'est fluide et imprenable. Les formes apparentes ne sont rien. C’est leur expression qui les transfigure. Comment dire, par exemple, l’adorable poésie de deux petits saules qui pleurent sur une vieille fontaine, tout contre un mur d’où tombe une marge d’ombre ? La tristesse de ces deux petits arbres sur cette fontaine, l’atmosphère qui les baigne, le soleil, le mur, la marge d’ombre : autant d’inexprimables choses !... 



pais vasco antes navarra bidasoa
FAUBOURG ILLECUETA VERA DE BIDASOA
NAVARRE D'ANTAN



Aussi n’essaierai-je pas de peindre la beauté de ce coin du monde où vivent des êtres qui sont nés là, y mourront, qui n’ont rien vu d’autre et qu’aucun rêve ne tourmente, de même que je me résigne à ne rendre ici ni la paix, ni le silence, ni la merveilleuse mélancolie de ce lieu où, dans l'ardeur de midi, les maisons semblent mortes, les vieilles maisons toutes ridées, aux fenêtres closes, derrière lesquelles pourtant s’agitent des existences. Avec cela, la couleur des pierres est chose que seuls les villages méridionaux offrent aux yeux du voyageur, nuance si particulière qui tient de la rouille, ton à la fois éteint et chaud et qui, dirait-on, rayonne tout alentour.



Il y a là des murs qu’on regarde avec recueillement, et qu'on écoute aussi, comme on écoule certains vieillards quand ils se racontent. Véra est plein d’ouvertures subites, imprévues, couloirs de ruelles, fuites vers l’horizon, échappées vers de l’espace. De tous côtés à la fois, entre chaque maison, par cette baie, par ce vide, par cette fente, la nature magnifique reparaît, vous sourit, atteste quelle elle est là, s'impose à l'attention. Et il y a surtout un plateau devant l'église, un carré d'herbe, une sorte de terrasse qui domine la place et où l'on découvre le panorama des montagnes, tout un paysage prodigieux de reliefs et d’accidents. Cette terrasse est bordée d’un parapet où l’on s’accoude. Et l’on songe. Les vieilles choses, les vieilles demeures, tout ce qui longtemps enfermé de la vie, tout ce qui en a reçu le contact, jette dans l’âme de l’homme le même sentiment de rêverie. Flacons vides encore imprégnés de l’odeur qu’ils continrent ! On y respire le passé ; on y évoque ce qui n’est plus. Ici, ailleurs, partout, l'impression est la même. Grandes salles du château de Jeanne-la-Folle ! Voitures paralysées d’Hendaye ! Murs de Véra ! Les gens qui se sont assis sur ce parapet, les jambes pendantes, je les vois. Des pères, des fils, des amoureux, des fiancés. Que de promesses s'y sont faites ! Que d'allégresses, que de résignations s’y sont penchées ! Et combien d’étrangers, de curieux ont eu à cette même place cette même songerie ! De tous les gens qui, depuis des siècles, se sont appuyés sur elles, ces pierres ont gardé comme une chaleur vivante. Alors, d’où vient que loin de constater mon passage éphémère dans ce décor durable de la nature, j’aie conscience d’être très vieux, comme ces montagnes, vieux comme les pierres de ce village. Je songe que j’étais en germe dans mon premier ancêtre, que j’ai vécu dans tous les êtres de ma race, que j’en suis le prolongement pour une destinée que j’ignore et qui, peut-être, ira de moi à d’autres êtres en qui je revivrai. A ce moment, comme je me suis retourné machinalement, des lézards qui dormaient près de moi, sur les marches ensoleillées d’un escalier, s’enfuient en frétillant. Quelle indication de paix, de silence et de solitude donne au passant la sécurité d’un lézard ! Une ombre suffit à troubler cet animal timide et fier. A présent, à chaque fissure une petite tête fine apparaît qui m’interroge d’un œil prudent et malicieux. Ainsi les marches de l’escalier semblent tressaillir de vie.



pais vasco antes navarra bidasoa
PLACE VERA DE BIDASOA
NAVARRE D'ANTAN



La porte de l’église est close. Mais, par une partie ajourée, mon regard plonge à l'intérieur. Eclat éteint de l’autel doré, galerie de bois, pénombre et mystère. C’est dans ces vieilles églises que se manifeste la force des religions, et l’incroyant n’a pas envie de sourire devant la trace muette laissée sur ces bancs par des siècles de foi. En ce pays basque surtout, si fidèle à ses traditions, l’église est l’âme du village et sa note dominante. C’est là qu’il faut chercher le secret du caractère d’immutabilité dont on est frappé sur ce sol et la clé des impressions profondes qu'il vous donne. Aussi ne comptais-je pas quitter Véra sans entrer dans ce lieu. Porte close. Prestige des choses entrevues et devinées ! Il me faut bien dire que cela avait son charme. Le bedeau ne devait pas être bien loin. Pour quelques sous il m’eût ouvert. J’avoue que j’ai préféré ne pas me mettre en quête de lui et que la réalité, par suite, n'a pu déranger ni réduire ce que j’ai imaginé au seuil de cette église.




pais vasco antes navarra bidasoa
GRAND AUTEL VERA DE BIDASOA
NAVARRE D'ANTAN



Et voici que j’arrive au bout de ces trop courtes notes, peut-être trop longues au gré du lecteur. Quelques heures de chemin de fer ont mis des distances entre moi et ce pays au charme singulier. La Bidassoa, la rive espagnole, Fontarabie, Hendaye et la ligne des montagnes bleues, tout cela est loin. Je n'ai plus comme horizon que de blanches façades et des toits. Eteints les bruits qui complétaient le paysage, chansons d’insectes, heurts de feuilles, rumeur de la mer, assaut des vagues sous ma fenêtre, vent qui passe. Comme bruit, je n’ai que celui des voilures qui cahotent sur le pavé de la rue. Et je regarde ma page où j’aurais voulu faire revivre tant de rêveries et tant d’émotions. Comment rendre par des mots assez subtils et ingénieusement assemblés tout ce qui me transporta d’allégresse ? Comment verser en des paroles froides tout ce qui me faisait chaud à l’âme ? Les mots m’apparaissent inertes. Je voudrais les rendre palpitants. Je voudrais dire la magie de certaines heures où il ne s’est rien passé, l’enchantement de certains éclairages, le langage du silence et la griserie de l’espace. Je voudrais être clair, être profond, être compris. Je voudrais trouver des nuances fuyantes par lesquelles la mobilité de mes sensations serait traduite ici. Mais elles sont comme ces ailes de papillons qui chatoient dans l’air et ne nous laissent aux doigts quand on les saisit qu'une sorte de cendre incolore. Éveils d’oiseaux, vallées au brouillard lumineux, gaze brillante des matins, tournants de routes, petites mares pensives, attelages lents des bœufs, avec le geste auguste du conducteur, dos courbés de laboureurs, comment restituer cela, comment dire ?...



Je dois me résigner. Et je le fais en songeant que d’autres, meilleurs peintres, sans doute, passeront par là et fixeront en des images définitives ce que je n’ai fait ici qu’indiquer."


(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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