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jeudi 29 août 2024

FOUILLES ROMAINES À SAINT-JEAN-LE-VIEUX EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE EN 1966 (première partie)

FOUILLES ROMAINES À SAINT-JEAN-LE-VIEUX.


Entre 1965 et 1975, ont eu lieu des fouilles historiques et archéologiques sur le site d'Imus Pyrenaeus, à Saint-Jean-le-Vieux, en Basse-Navarre.





pays basque basse-navarre histoire romains fouilles
FOUILLES ROMAINES SAINT-JEAN-LE-VIEUX 1966
PAYS BASQUE D'ANTAN





Voici ce que rapporta à ce sujet le Bulletin du Musée Basque N° 34 en 1966, sous la plume de Jean-

Luc Tobie :



"Fouilles romaines à Saint-Jean-le-Vieux.


Présentation du site.


Le site auquel la tradition donne le nom de "Camp Romain" est situé à l'ouest du village de Saint-Jean-le-Vieux, sur la terrasse de la rivière Laurhibar ; il est constitué par deux grands champs rectangulaires qui occupent les parcelles n° 423-425-427 du Plan Cadastral, présentant l'un par rapport à l'autre une dénivellation de brusque de 1m. 50 environ. Cet ensemble forme une terrasse bien délimitée au Nord par la route nationale 133, au Sud et à l'Ouest par la petite route menant à Aïncille, à l'Est enfin, par un chemin encaissé conduisant à un pont sur le Laurhibar et rejoignant la route d'Aïncille. Le chemin et la route dominés de 5 à 7 mètres par les glacis du camp fort visibles et tout à fait rectilignes empruntent apparemment le tracé de l'ancien fossé.



Ce camp se présente donc comme un ensemble homogène, de forme rectangulaire, mesurant environ 180 mètres de long sur 120 de large, bien délimité sur trois côtés et nettement surélevé par rapport aux prairies qui descendent en pente douce vers la rivière.



Sur tout le côté Ouest de l'ouvrage (dominant la route d'Aïncille) court un fort talus, atteignant parfois 3 mètres de hauteur pour une largeur de 4 mètres à la base, qui évoque par ses proportions un agger défensif.



Sur la frange Est du "camp" s'élève une butte d'une vingtaine de mètres de haut et d'une trentaine de mètres de diamètre à la base, connue sous les différents noms de "Kaxkomendi", de "Tertre romain", ou encore de "Camp de César" et dont l'origine et la destination ont quelque peu intrigué les esprits depuis que l'on y découvre régulièrement d'incontestables vestiges antiques.



Les dernières trouvailles faites en 1963 sur cette motte et en divers points du village par M. B. Duhourcau, trouvailles qu'il a consignées dans un rapport à la Direction des Antiquités Historiques d'Aquitaine, nous apportèrent d'utiles indices pour nos investigations.



M. B. Duhourcau fait état, dans ce même rapport, de la découverte d'un groupe de cuves funéraires grossières aujourd'hui presque toutes disparues. Il en subsiste une dans la propriété Laco située à 200 mètres du "Camp Romain" dans laquelle on récupéra après la guerre, un moyen bronze à l'effigie de Septime Sévère qui est actuellement en possession du rapporteur.



Enfin et surtout, la tradition place à Saint-Jean-le-Vieux le site d'Imus Pyrenaeus, station sur la voie romaine de Bordeaux à Astorga, mentionnée dans l'Itinéraire d'Antonin et dont le tracé a été étudié par L. Colas.



La motte féodale.



Cette série de données nous permit d'axer nos recherches sur deux centres précis. La butte de "Kaxkomendi" tout d'abord. Le problème qu'elle pose semble assez facilement résolu, mais, même s'il ne subsiste aucun doute dans l'esprit des chercheurs de notre région quant à sa datation approximative, il serait souhaitable qu'une étude particulière, tant archéologique qu'historique dissipât définitivement les croyances qui font du tertre un édifice contemporain du "Camp Romain". Ce tertre présente toutes les caractéristiques de la motte féodale traditionnelle des 11ème ou 12ème siècles. Dans le cas de Saint-Jean-le-Vieux, les assises du donjon qui la couronnait étaient encore visibles au début du siècle. Quant au fait qu'elle renferme des tessons de céramique romaine ou tout autre vestige antique, il s'explique par son édification même. Traditionnellement l'on construisait une motte de ce genre avec la terre retirée des larges douves qui la cernaient ; cette méthode simple évitait les inconvénients de transport d'un remblai trop lointain et permettait dans une même action de doubler la défense, en ce sens que plus les douves étaient profondes et larges, plus la motte était élevée et puissante. Ainsi le creusement de ce fossé qui échancrait le camp romain proprement dit dans sa partie Sud-Est (son tracé quoique comblé est parfaitement visible dans ce secteur), entama la couche archéologique romaine, tirant ainsi, pour l'édification de la motte, de la terre chargée de vestiges de toutes sortes.



La répartition apparente de la céramique dans tout le volume de cette motte, s'explique par la méthode de construction qui voulait que l'on s'élève en déversant la terre à partir du sommet du cône.



La campagne de sondages.



Le deuxième point était le camp proprement dit.



Quatre sondages furent effectués de mars à octobre 1966 : trois d'entre eux dans la partie Sud-Ouest du "Camp" et le dernier dans la partie Est à proximité de la motte (voir le plan).




pays basque basse-navarre histoire romains fouilles
PLAN FOUILLES ROMAINES
SAINT-JEAN-LE-VIEUX 1966
PAYS BASQUE D'ANTAN




Le premier sondage, pratiqué le plus au Sud et sensiblement sur l'axe présumé du "Décumanus", mit à jour, à 40 cm de profondeur et sur une surface de 7 m2, un beau dallage de grès rouge. Ce sondage révéla fort peu de mobilier : quelques petits fragments de céramique "sigillée" et de céramique de tradition locale.



Le second sondage, pratiqué à une quinzaine de mètres au N.-E. du précédent et dans le même axe, mit à jour, à 65 cm de profondeur et sur une surface de 1 m2 environ, un pavage de galets mis de champ et parfaitement homogène. Ce second sondage donna également un mobilier très pauvre, mais lui aussi antique.



Le troisième sondage, à quinze mètres à l'Est du précédent, ne donna que peu de résultats.




pays basque basse-navarre histoire romains fouilles
PLAN FOUILLES ROMAINES
SAINT-JEAN-LE-VIEUX 1966
PAYS BASQUE D'ANTAN



Ces trois sondages nous livrent des témoins d'une infrastructure architecturale ignorée jusqu'alors et que confirme un agrandissement de photo aérienne du site.



Le quatrième sondage, pratiqué dans la partie N. E. du camp (partie haute), allait magnifiquement confirmer ces premiers indices.



Architecture.



Entre la fin du mois de mars et le mois d'octobre 1966, l'on met à jour un ensemble de murs de 65 cm de large, arasés entre 45 et 60 cm, bâtis selon la méthode dite "de blocage" : coffrage de gros moëllons, à l'intérieur duquel sont entassés des moëllons plus petits, le tout en grès rouge sur une fondation de gros galets et ans aucun mortier.




pays basque basse-navarre histoire romains fouilles
FOUILLES ROMAINES SAINT-JEAN-LE-VIEUX 1966
PAYS BASQUE D'ANTAN






A ce jour, l'on a dégagé 11 m. 80 de murs. Ceux-ci s'ordonnent en fonction d'un grand mur orienté S. E. - N. O. ; cette partie dégagée sur 2 m. 10 apparaît plus détériorée que le reste. A 3 m. 40 de l'angle que forme le grand mur avec son retour, apparaît un mur de refend parallèle à ce dernier et dégagé sur 1 m. 10 de long. L'on a ainsi le départ d'une première pièce qui présente, dans son angle S. E. , un quart de cercle composé de neuf très gros galets, non fondés, reliant les deux murs et formant une sorte de foyer d'angle (?). A 15 cm de la crête des murs, apparaîssent, par endroits, les restes d'un dallage grossier fait de plaques de grès rouge taillé de 3 cm d'épaisseur et ne dépassant pas 25 cm de côté.



Stratigraphie.



L'étude stratigraphique, vu l'état peu avancé des recherches, ne prétend pas à des affirmations. Des travaux d'arasement, dans la haute partie du camp, remontant à 3 ans, ont abaissé celle-ci de 1 m. 50 environ, évitant de très peu un sol pavé qui forme la couche 1 de la stratigraphie. Ce pavage très compact est fait de gros galets et de blocs de grès rouge grossièrement taillés ; il a été trouvé jusqu'alors partout en place et ne présente pas de solution de continuité. Ce sol est pour l'heure indatable ; le récent arasement ayant fait disparaître tout indice, seuls subsistent, mêlés à la fine couche de terre végétale qui le recouvre, quelques fragments de céramique, souvent locale et fruste, à priori antique, mais indatable avec précision.




pays basque basse-navarre histoire romains fouilles
STRATIGRAPHIE FOUILLES ROMAINES
SAINT-JEAN-LE-VIEUX 1966
PAYS BASQUE D'ANTAN



Couche II : Sous ce gros pavage, de 18 à 25 cm d'épaisseur, qui a fait office de "couvercle" protégeant les niveaux inférieurs, apparaît une couche de terre brun clair (terre végétale mêlée d'argile et de sable), de 35 cm d'épaisseur. Si l'on considère que l'on se trouve en présence des fondations des murs, l'on ne peut que rattacher le dallage de plaques de grès au même état et, dans ce cas, l'ensemble architectural appartiendrait à la couche II. Cette couche renferme un mobilier assez peu abondant par rapport à la densité de celui de la couche III : quelques tessons de céramique "sigillée" difficilement datables avec précision et surtout beaucoup de céramique locale (vases à décor peigné, à engobe externe rougeâtre et à bord plat). La plupart du temps, ce mobilier est trouvé au contact des murs ou du sol dallé, ce qui laisserait supposer que la couche II est essentiellement composée d'un remblai sur lequel on a posé le gros pavage du sol I, après avoir arasé des murs ruinés.




pays basque basse-navarre histoire romains fouilles
HAUT AMPHORE FOUILLES 1966
SAINT-JEAN-LE-VIEUX



Couche III : Sous le niveau du dallage de grès (sol II), l'on rencontre une couche d'incendie, très nette, de 10 cm d'épaisseur environ (charbon très dense et terre argileuse mêlée de cendres, de nombreux clous et de fragments de bois calciné), puis une couche de terre argileuse très dense de 55 cm d'épaisseur, mêlée de charbons.



Cette couche III, qui a de 65 à 70 cm d'épaisseur en tout, est la plus riche. La densité du mobilier y est exceptionnelle ; celui-ci est souvent trouvé dans un état remarquable de conservation."



A suivre...


(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)







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mercredi 28 août 2024

PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 28 AOÛT 2024 SAINT AUGUSTIN ET SAINT JULIEN - AUSTIN

 

PROVERBE DU 28 AOÛT 2024 (SAINT AUGUSTIN) (SAINT JULIEN) (AUSTIN).


AUGUSTIN : Né le 13 novembre 354 à Tagaste (Algérie), Augustin devient évêque d'Hippone. 



religion catholique saint sainte augustin
28 AOÛT SAINT AUGUSTIN D'HIPPONE



Chrétien romain, de la classe aisée, ayant des origines berbères, Augustin est un des théologiens les plus fascinants de son époque.

Né à la fin de l'empire romain, Augustin assiste aux grandes invasions et au sac de Rome par le Wisigoth Alaric. Cela va imprégner ses écrits. 

Augustin meurt à 76 ans, le 8 août 430.

Son oeuvre immense le range parmi les plus grands Docteurs de l'Eglise ; Augustin est le patron des théologiens.

Avec Ambroise de MilanJérôme de Stridon et Grégoire le Grand, Augustin est l'un des quatre Pères de l'Eglise occidentale et l'un des 36 docteurs de l'église.

Augustin d'Hippone reste l'un des écrivains les plus lus et les plus étudiés dans toutes les langues et sur tous les continents.




religion catholique saint sainte augustin
28 AOÛT SAINT AUGUSTIN D'HIPPONE


JULIEN : Saint Julien de Brioude (3ème siècle) est un martyr de l'Eglise des premiers temps.




religion catholique saint sainte julien
28 AOÛT SAINT JULIEN DE BRIOUDE


Soldat romain converti au christianisme, il aurait subi le martyre en 304.

Au-dessus de son tombeau, trois basiliques successives ont été élevées.

Le modeste tombeau de  Saint-Julien à Brioude est l'un des sanctuaires les plus anciens de l'Auvergne.

On lui a dédié plus de 800 églises, dont il reste au moins 300. 





AUSTIN : Agustin (es), Augustin (fr).

Artikutzako eguna. Mendebaldeko kulturan eraginik handiena izan duten gizonetarik bat Augustinus Afrikarra (+430).

AGUSTIN : Latineko Augustinus-etik sortua, eta hau Augustus-etik. Aljeriako Hipona (egun Bona) hirian jaio zen Eliza katolikoaren lau doktoreetako bat den san Agustin. Jaia abuztuaren 28an da. Aldaerak : AugustinMustio eta Austin (Deun-ixendegi euzkotarra-Die).

MUSTIO : Agustin-en aldaera, Orbaibarko (Nafarroa) toponimian ageri dena.





Une naissance du 28 août : Sir Edward Burne-Jones.


peintre angleterre morris baronnet préraphaélisme 19ème siècle
PHOTOGRAVURE DU PEINTRE SIR EDWARD BURNE-JONES
PAR SON FILS PHILIP BURNE-JONES 1898



Né le 28 août 1833 à Birmingham (Midlands de l'Ouest, Angleterre) - Mort le 17 juin 1898 à Londres (Angleterre).

C'est un peintre britannique préraphaélite.

Ayant perdu sa mère quelques jours après sa naissance, Edward est élevé par son père, à Birmingham, où il passe les 20 premières années de sa vie.

Excellent élève, notamment en mathématiques, il se fait également remarquer par ses talents de dessinateur, croquant caricatures et portraits de ses professeurs et de ses camaradesde classe.

En 1853, il part étudier au Collège d'Exeter d'Oxford où il rencontre William Morris, avec lequel il effectue un voyage en France, en 1855.

A son retour, il décide qu'il sera peintre.

En 1856, il quitte Oxford, sans avoir obtenu son diplôme, et s'installe à Londres.

Hormis quelques leçons données par Dante Gabriel Rossetti, Edward est un autodidacte, puisant les sujets dans la littérature romantique, avec des dessins au crayon ou à l'encre et des aquarelles.

En 1860, il épouse Georgina Mc Donald, soeur d'un ancien camarade de classe, avec laquelle il aura 3 enfants.

Il gagne sa vie comme dessinateur de vitraux pour le compte de plusieurs fabricants.

En 1862, il effectue un second voyage en Italie et il commence à développer son style propre, mêlant des éléments empruntés au préraphaélisme de Rossetti, au classicisme et aux primitifs italiens.

A partir de 1867, Edward peint quotidiennement des personnages, de préférence d'après nature.

En 1870, deux affaires vont considérablement l'ébranler.

Tout d'abord, il est vivement critiqué pour une toile représentant un couple nu et il est obligé de démissionner de l'Old Watercolour Society dont il était membre depuis 1864.

Ensuite, sa liaison avec un de ses modèles fait un scandale.

Ayant recentré son travail sur l'huile, Edward devient un peintre reconnu, jusqu'en France où plusieurs de ses toiles sont exposées lors de l'Exposition universelle de 1878 à Paris.

Il collabore toujours avec son ami William Morris, réutilisant se croquis préparatoires pour décorer du carrelage, des pianos, des bijoux, des costumes de théâtre ou encore des tapisseries.

En 1885, il devient, à contrecoeur, membre de l'Académie Royale de peinture, dont il démissionne en 1893.

Reconnu comme un des peintres majeurs du préraphaélisme tardif, il est anobli, en 1894, par le premier ministre William Ewart Gladstone.

Les 57 illustrations des Oeuvres complètes de Chaucer, en 1895, furent une de ses réalisations pour William Morris et sa Kelmscott Press, alors qu'il était déjà malade.

Edward meurt le 17 juin 1898, à 64 ans.

Six jours après sa mort, à la suite de l'intervention du prince de Galles, une cérémonie funéraire eut lieu à l'abbaye de Westminster et c'était la première fois qu'un artiste était ainsi honoré.


peintre angleterre morris baronnet préraphaélisme 19ème siècle
FAMILLES BURNE-JONES ET MORRIS



Voici le proverbe du mercredi 28 août 2024 :


SAN-AGUSTIN, TXILIN TXILIN, KUARTILLU BETE TXAKOLIN.

Pluie fine à la Saint-Augustin, le gobelet plein de vin.



augustin vin txakoli getaria guipuscoa
TXAKOLI DE GETARIA
PAYS BASQUE D'ANTAN


(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)



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STRUCTURE DE LA LANGUE BASQUE EN 1938 (première partie)

STRUCTURE DE LA LANGUE BASQUE EN 1938.


Le Basque (euskara) est  la langue d'Europe occidentale la plus ancienne in situ.

Elle était appelée aquitain, dans l'Antiquité et Lingua Navarrorum (langue des Navarrais).  



pais vasco lengua euskara academia
EUSKALTZAINDIA 1927
Par Juan San Martin — http://www.guregipuzkoa.net/photo/9758, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=9773496



Voici ce que rapporta à ce sujet le linguiste, bascologue, Georges Lacombe dans le bimensuel 

Revue des Cours et Conférences, le 15 juin 1938 :



"Structure de la langue basque par Georges Lacombe.



Il importe, avant tout, de définir ce qu’il faut entendre par "langue basque". Certes, cette expression est commode et il faut continuer à l’employer, mais elle ne correspond pas à la réalité. Il y a bien eu un temps où il existait un langage sensiblement un dont le basque ou euskara est le représentant actuel, mais aujourd'hui nous nous trouvons en présence, dans quelques cantons français et quatre re provinces d’Espagne, d’un grand nombre de parlers sensiblement différents les uns des autres, si bien qu’un Bas-Navarrais oriental du pays de Mixe par exemple ne comprend guère un Biscayen occidental. Et, cette diversité dialectale est telle, qu’il est impossible d’énoncer une phrase quelconque de deux mots seulement qui soit identique partout. Pour donner une idée de ces divergences, nous nous bornerons à quatre exemples, deux pris dans la conjugaison, et deux dans le vocabulaire. "Nous sommes" se traduit d’une douzaine de façons, et en prenant les formes qui se ressemblent le moins, nous aurons garade et gii, prononcé gi quelquefois : les deux mots n’ont de commun que l’initiale. De même "il me l'a" se dira de nombreuses manières et notamment daut (aboutissement d’un ancien daraut, attesté en vieux labourdin), alors que les plus anciens textes guipuscoans nous donnent déjà dit, forme extrêmement évoluée, usitée encore de nos jours. "Lune" se dit, suivant les localités, ilargi, argizari, goiko, etc. : ces termes n’ont rien de commun. Enfin, pour "front" nous avons kopeta, bekoki, belar, boronte et leurs variantes. De tout cela on peut conclure que l’expression "langue basque" n’a pas de sens plus précis que l’expression "patois gallo-romains" ou "langues Scandinaves".



Il est bon de constater du reste que cette absence d’unité permet d’appliquer les méthodes de la grammaire comparée et compense, dans une faible mesure il est vrai, l’inconvénient qui résulte du fait que le premier livre euskarien ne date que de 1545.


pais vasco lengua euskara academia
LIVRE LINGUAE VASCONUM PRIMITIAE
DE BERNARD D'ETCHEPARE 1545



Il est impossible, dans la durée normale d’une conférence, de donner un aperçu, même rapide, de toute la structure d’une langue. Aussi nous bornerons-nous à parler d’un certain nombre de catégories agrammaticales. Nous aborderons successivement l’article, les démonstratifs, les pronoms personnels, la numération, le nombre, le genre, la déclinaison et le verbe.



Article. — Le basque possède deux articles, le déterminé et l’indéterminé. Le déterminé -a est, de nos jours, postposé (gizon "homme", gizona "l’homme"). Néanmoins, il n’en a pas toujours été ainsi : nous en avons diverses preuves : dans aurten "cette année", le -a est l’article, de même dans auri "pluie" (forme recueillie au siècle dernier à Puente-la-Reina). Ce fait (et bien d’autres) prouve que le basque n’est pas autant qu’on l’a dit une langue à suffocation : aujourd’hui encore les préfixes abondent dans conjugaison : c'est ainsi que dans nago "je suis, je demeure", le n- n'a pas plus d'autonomie que le j du français "j’aime". Cet article déterminé était anciennement -ar, vestige du démonstratif très éloigné har- < *kar < *gar. On peut signaler en deuxième lieu un second article déterminé, disparu maintenant, mais dont on trouve des traces chez les vieux auteurs, notamment dans Liçarrague (1571) : c’est -or (seme gaztenor "le fils le plus jeune"). Nous avons affaire ici à un reste d’un démonstratif moins éloigné. Quant à l’article indéterminé, c’est bat "un", qui est le nom de nombre usuel. Cependant Liçarrague emploie toujours pour indiquer cette notion le pronom indéfini, zembait.




pais vasco lengua euskara academia
LIVRE NOUVEAU TESTAMENT
DE JEAN DE LICARRAGUE 1571



Démonstratifs. — L’euskara nous offre trois démonstratifs (comme en espagnol) correspondant à trois degrés d’éloignement. Ces mots sont difficiles à interpréter, car ils se présentent sous une forme vraisemblablement très altérée. Le démonstratif du premier degré suivant les époques et les dialectes, est kaur, gau, haur, hau, au. Nous serions tentés d’y voir le gar dont nous venons de parler à propos de l’article, plus le mot ur usité encore en biscayen, et qui signifie "près", de sorte que la signification littérale en serait "celui-là près". Il y a aussi un autre démonstratif du premier degré, gon-, kon-, on-, hun-, qui est usité, à l’exclusion de kaur et ses variantes, à l’ergatif singulier. Quant au démonstratif, indiquant le second degré d’éloignement, c’est hori, gori, bori, etc. Il a donné naissance à l’article or mentionné plus haut. Enfin le degré d’éloignement le plus grand s’exprime par hura. Ici encore, à l’ergatif, nous avons har- origine de l’article défini, ainsi que nous le disions précédemment.



Pronoms personnels. — Le basque en possède quatre, ni "moi", hi < *ki "toi", gu "nous" et zu "vous". Ce dernier ayant fini par prendre le sens d’un singulier honorifique, on a créé un pluriel zuek "vous" (en parlant à plusieurs personnes). Il est intéressant de noter que dans la vallée d’Arratia, en Biscaye, il existe un pluriel de hi ou i "toi" sous la forme irek, employé quand on s’adresse à plusieurs personnes que l’on tutoie. On remarquera que le pronom de la troisième personne manque : on le remplace par un démonstratif : un Basque français dira souvent : "moi, toi et celui-ci" (au lieu de "lui"). Toutefois, ce pronom a dû exister jadis, car on en trouve des traces dans le verbe : dans dator "il vient" par exemple, il est infiniment probable que le représente ce pronom. Il y en aurait eu même un second, be, qui se retrouve dans bere "son" (be-re "de lui") en lisant à rebours. Et ceci nous amène à constater que les adjectifs possessifs ne sont autre chose que les génitifs des pronoms personnels (ni-re "mon", hi-re "ton"), zu-re (vôtre).



Numération. — Nous n’en dirons que peu de chose. Les Basques combinent le système décimal et le vigésimal. Il y a un mot simple pour "dix" (hamar), un aussi pour vingt (hogoi). Quarante s’exprime par "de nouveau vingt", cinquante par "de nouveau vingt et dix", soixante par "trois fois vingt". "Cent", ehun a été considéré comme un emprunt au gothique et le terme signifiant "mille" est d’origine romane."



A suivre...




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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mardi 27 août 2024

PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 27 AOÛT 2024 SAINTE MONIQUE - HOKI


PROVERBE DU 27 AOÛT 2024 (SAINTE MONIQUE) (HOKI).


MONIQUE : Née en 332 à Souk Ahras (Algérie), Monique donne le jour à 3 enfants dont le futur saint Augustin d'Hippone.




religion catholique saint sainte monique
27 AOÛT SAINTE MONIQUE



Monique est saisie d'une extase mystique à Ostie, le port de Rome, peu après qu'elle ait réussi à convertir son fils.

Monique meurt dans les jours qui suivent, en 387, à l'âge de 56 ans.

Reconnue sainte par l'Eglise catholique romaine et l'Eglise orthodoxe, Monique est fêtée le 27 août, veille de la fête de son fils.

Toutefois, en Wallonie, Monique est fêtée le 4 mai.




religion catholique saint sainte monique
27 AOÛT SAINTE MONIQUE



HOKI : Andre Mariaren kapera Zuberoko Sohütan.


pays basque église soule
CHAPELLE TRINITAIRE DE HOQUY A CHERAUTE SOULE




Un décès du 27 août : Charles-Edouard Jeanneret-Gris, dit Le Corbusier.


architecte france suisse peintre sculpteur dessinateur
ARCHITECTE LE CORBUSIER



Né le 6 octobre 1887 à La Chaux-de-Fonds (Neufchâtel, Suisse) - Mort le 27 août 1965 à Roquebrune-Cap-Martin (Alpes-Maritimes).

C'est un architecte, urbaniste, décorateur, peintre, sculpteur, auteur suisse naturalisé français.

Le Corbusier est l'un des principaux représentants du mouvement moderne avec, entre autres, Ludwig Mies van der Rohe, Walter Gropius, Alvar Aalto et Theo van Doesburg.

Il a également oeuvré dans l'urbanisme et le design.

Il est connu pour être l'inventeur de "l'unité d'habitation". "L'unité d'habitation de grandeur conforme" ne sera construite qu'au moment de la reconstruction après la Seconde Guerre mondiale, en 5 exemplaires tous différents, à Marseille (Bouches-du-Rhône), Briey-en-Forêt (Meurthe-et-Moselle), Rezé (Loire-Atlantique), Firminy (Loire) et Berlin (Allemagne).

Sa conception envisage dans un même bâtiment tous les équipements collectifs nécessaires à la vie : garderie, laverie piscine, école, commerces, bibliothèque et lieux de rencontre.

Dès 1905, Le Corbusier réalise ses premières villas.

Entre 1922 et 1931, il réalise un ensemble remarquable de projets de villas, d'ateliers ou d'habitations manifestes, construites ou  non.

Dès 1926, il définit "Une architecture moderne" en 5 points : les pilotis, le toit-terrasse, le plan libre, la fenêtre-bandeau et la façade libre.

A partir de la crise économique de 1929, il va concentrer sa réflexion théorique sur l'organisation de la concentration urbaine.

En 1930, Le Corbusier épouse Yvonne Gallis, ancien mannequin monégasque.

En mai 1940, il ferme son atelier de dessin-cabinet d'architecture de Paris, et va à Grenoble, puis dans le Midi et avec son épouse à Ozon (Hautes-Pyrénées).

De janvier 1941 à juillet 1942, il est à Vichy où il essaie de convaincre le régime de Vichy de ses idées architecturales.

De la mi-1942 à avril 1944, il est conseiller technique à la Fondation française pour l'étude des problèmes humains.

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, Le Corbusier est soupçonné d'antisémitisme et de collaboration avec le fascisme.

Soutenu par Eugène Claudius-Petit et André Malraux, il échappe à l'épuration.

En 1946, il travaille autour des mesures harmoniques basées sur le nombre d'or, le Modulor, dont l'intérêt principal ne repose pas sur les nombres en jeu, mais sur le rapport de leurs combinaisons.

En 1946 également, il élabore les plans et supervise la construction de la Cité radieuse, sa première unité d'habitation dont la construction s'achèvera en 1952.

Entre 1912 et 1966, Le Corbusier consigne ses théories et ses recherches dans 35 ouvrages.

En octobre 1957, il perd son épouse Yvonne, puis sa mère début 1959.

Il meurt le 27 août 1965, à 77 ans, à la suite d'un malaise cardiaque.

Son oeuvre est immense, hormis le domaine architectural, avec 450 peintures, 44 sculptures, 8 000 dessins et papiers collés, 50 émaux et 30 tapisseries. 


architecte france suisse peintre sculpteur dessinateur
ARCHITECTE LE CORBUISER SEPTEMBRE 1964



Voici le proverbe du mardi 27 août 2024 :


ABERASTEKOTZ JAIK BOST ORENETAN, ABERASTU ETA ZAZPIETAN ASKI DUZU.

Pour t'enrichir, lève-toi à 5 heures ; devenu riche, à sept heures suffira.


humour enfant lever tôt
SE LEVER DE BONNE HEURE



(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)


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