Marga d'Andurain, née Jeanne Amélie Marguerite Clérisse le 29 mai 1893 à Bayonne (Basses-Pyrénées) et morte le 5 novembre 1948 dans la baie de Tanger (Maroc), est une aventurière française.
MARGA D'ANDURAIN PAYS BASQUE D'ANTAN
Source de nombreux fantasmes, elle fut tour à tour accusée d'espionnage, de meurtres, de trafic de drogue, de perles ou de diamants, mais elle a surtout marqué son temps pour avoir tenté d'être la première européenne à pénétrer dans la cité sainte de la Mecque. Elle fut assassinée à bord de son yacht, le Djéïlan, à 55 ans.
Voici ce que rapporta au sujet de son arrestation la presse nationale dans plusieurs éditions :
Qui ?, le 30 janvier 1947 :
"Qui ? Police" avait raison.
La vicomtesse Marga d’Andurain vient d’être remise en liberté provisoire par M. Goletty.
L’affaire a évolué dans le sens que nous avions été les seuls à laisser prévoir. Nous avions fait le partage entre l’inculpation qui motiva son arrestation et l’extravagance des récits qui présentaient Mme d’Andurain comme la plus extraordinaire aventurière du siècle. Cette légende, à laquelle elle n’est peut-être pas étrangère, faillit lui jouer un mauvais tour. La décision de M. Goletty dégonfle une affaire démesurément enflée et démontre la sûreté des informations de Qui ? Police"
MARGA D'ANDURAIN PAYS BASQUE D'ANTAN
La Gazette provençale, le 6 janvier 1949, sous la plume d'A.E.P. et André Gérard :
"Aux 21 morts mystérieuses qui ont marqué la destinée de Magda d'Andurain une 22ème s'ajoute : la sienne.
Magda d’Andurain, la femme aux mille aventures, à qui l'on a donné mille surnoms, la "comtesse du Désert", la "reine de Palmyre", etc... a disparu en rade de Tanger. Cette disparition qui avait toutes les apparences d’un assassinat et dont on parte maintenant seulement, remonte au 5 novembre, date anniversaire de la mort de Raymond Clérisse (5 novembre 1945) que sa tante, la vicomtesse d’Andurain, a été accusée d’avoir empoisonné en lui faisant prendre un bonbon au chocolat. Arrêtée puis remise en liberté provisoire, elle avait obtenu une ordonnance de non-lieu.
La légende et l’histoire de cette femme extraordinaire auront eu au moins le mérite d’être peu communes.
Que n'a-t-on pas reproché à Magda d'Andurain ? On l'a accusée de vingt et un meurtres. Ou a dit qu’elle était une espionne et une intoxiquée.
Ce qui est vraiment étrange c’est que, au cours de l’enquête sur la mort de Raymond Clérisse, les faits et les déclarations ont été constamment déformés. D’abord, l’instruction a considéré comme exact que c’était elle qui le 5 novembre 1945. avait mêlé des sels de mercure au bonbon de chocolat qu’elle avait offert à son jeune neveu. Et celui-ci avait, ô romantisme, écrit sur un ticket de métro : "Ma tante m’a donné un bonbon qui avait un drôle de goût". Quand elle lui avait apporté des fleurs à l'hôpital, il s’était écrié : "Enlevez-moi ça cela va me porter malheur". Et le même Clérisse, au témoignage d’une tante de l’accusée, aurait déclaré quelques instants avant d'expirer que sa tante ne pouvait être soupçonnée. Le père du jeune mort s’était porté partie civile de même que la bru de Magda d’Andurain, qui ne craignait pas de prétendre que l’aventurière avait voulu empoisonner son propre fils, mort en Allemagne ; mais le survivant Jacques, n’a cessé de défendre sa mère avec acharnement.
Les médecins experts ont conclu : "Le neveu de Mme d’Andurain est bien mort empoisonné". Après la première enquête effectuée lors de la maladie et du décès du jeune homme. Magda d’Andurain, qui avait résisté à un interrogatoire de 35 heures, avait déjà failli bénéficier d’un non-lieu. Il aurait été rendu si les antécédents de Magda n’avaient été aussi bizarres. Et sur les instances de la partie civile, un supplément d'enquête fut ordonné.
RAYMOND CLERISSE QUI ? 9 JANVIER 1947
De plus, le jeune homme aurait dit à sa mère avant de mourir : "Nous y passerons tous", et il s’agissait de tous les membres d’une bande assez louche dont l’un fut trouvé criblé de balles avec cinq cent mille francs sur lui et dont d'autres périrent d’une manière mystérieuse.
Deux choses sont certaines : c’est que Magda qui aurait à présent 55 ans avait toujours depuis sa plus tendre enfance été "infernale", la seconde, c’est que, toute sa vie, Magda a été véritablement entourée d’un cortège de morts. Les cadavres ont marqué comme des bornes toutes les étapes de sa vie.
Toute jeune, elle était successivement renvoyée de toutes les pensions et sa mère n'avait trouvé qu’un remède : la faire exorciser. Mais l'exorcisme même n’y fit rien. Elle n’avait pas quinze ans que, déguisée en lieutenant de hussard, elle prenait part à des manoeuvres avec un officier qu’elle avait rencontré. Ses parents furent bien heureux lorsque le vicomte d’Andurain accepta d'épouser Jeanne-Claire Marguerite Clérisse.
Son mari part pour l'Amérique du Sud et elle va le rejoindre mais elle se perd dans la brousse et elle met six mois à faire aboutir ses recherches. Plus tard, le couple part pour l’Egypte où Magda veut vendre de fausses perles, les perles Arga.
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Voici l’aventurière sur la route qui va de Haïfa à Naplouse. Elle est avec un officier de l'Intelligence Service, disons seulement un officiel britannique, gouverneur de Haïfa, le major Sinclair. En route Magda disparait et le major s'aperçoit que des documents importants qu’il avait avec lui ont disparu aussi. Homme d'honneur il se tue. Magda déclare simplement que le major était neurasthénique et amoureux.
Cette femme qui au Caire, a été reçue dans les cercles les plus fermés, comme le Sporting-Club, décide tout à coup d’aller se fixer à Palmyre. Pourquoi Palmyre ? Caprice, beauté du paysage souvenir de la reine Zénobie qui tint tête là aux armées romaines ? C’est l’explication qu’elle donne, mais il y en a sans doute une autre et, si celle-ci est exacte, toute la vie de Magda Andurain s’éclaire : Palmyre est sur la route des hommes, anglais et français, qui s’intéressent au pétrole. Là, Magda d’Andurain va ouvrir un hôtel.
Auparavant, elle s'est intéressée aux Arabes. Ceux-ci l’hiver précédent (l’hiver 1933) ont vu périr leurs troupeaux. La Basquaise qui, primitivement, n’était guère riche, rachète des bêtes ; elle les donne aux bergers bédouins et ainsi elle devient reine d’une tribu. Ses sujets l’appellent Zeinab. Ils lui sont dévoués, et l’insigne qu’ils lui donnent est un poignard incrusté d'or et d'émeraudes.
Les officiers français sont pleins de défiance à son égard et pourtant, ne dit-on pas qu'elle sert le deuxième Bureau, qu’elle émarge à la fois au ministère de la Guerre et au ministère des Affaires Etrangères ? Elle connaît l'extraordinaire Lawrence le grand agent anglais du Moyen-Orient. Mais sa tribu et l'"Hôtel de la reine Zénobie" ne sont pas encore pour elle un horizon assez vaste. Il lui faut pénétrer dans le Nejd, en Arabie Saoudite. Qu’y veut-elle faire ? Le commerce des pierreries, dit-elle.
Mais cette fois encore, il doit s’agir d'autre chose que d’un caprice de femme et même d’un projet de commerçante.
Magda dit à son mari son projet d’aller dans ces terres interdites à tout roumi et surtout à toute femme non musulmane.
"Pour cela, dit-elle, il n’y a qu’un seul moyen : nous allons divorcer, je me convertirai à l’Islam et j'épouserai un musulman".
De plus en plus curieux, le mari ne fait aucune objection. Le divorce est donc prononcé et Magda jette son dévolu sur un Arabe pauvre, Soleiman qui, précisément, est du Nejd et qui connaît toutes les pistes du désert. Elle achète ce mari 30 000 francs. Elle lui promet de payer tous les frais de voyage et de lui donner en outre, au retour, une somme double de tout ce qui aura été dépensé au cours du voyage. Soleiman est tout heureux. Le simple chamelier se voit déjà riche.
La conversion à l’Islam ne peut se faire à Palmyre par un officier français (Magda est de plus en plus suspecte) qui refuse les témoignages nécessaires. Alors Magda et son fiancé s'en vont à Haïfa où elle reçoit l’instruction religieuse musulmane et où le mariage est célébré.
Les époux n'ont plus qu’à se rendre à Djeda, le port de la Mecque. Mais Magda est incorrigible. Elle oublie qu'elle est musulmane. Elle danse avec des marins anglais ; elle flirte audacieusement avec le fils du Consul de France. Et Soleiman se fâche. Une coïncidence veut que Soleiman meurt.
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Magda est enfermée dans la prison de Djedda. Elle est condamnée à périr non point tellement à cause de la mort de son mari que pour adultère, ce que la loi musulmane ne pardonne pas aux femmes. Elle sera donc lapidée jusqu’à ce que mort s’ensuive. Là, un miracle la sauve. Elle avait eu l’occasion de visiter le palais d’Ibn Séoud et les mauvaises langues prétendent que le roi d'Arabie n’a pas été complètement irrésistible à son charme. Le consul de France fait des démarches. Il obtient la grâce totale de la condamnée. Mais il s’agit pour elle d'échanger à la vengeance certaine de la famille de son mari. Elle repart pour son pays basque natal.
Mais il ne se passe pas longtemps avant quelle n'ait l’envie — ou qu'elle n'ait la mission — de retourner à Palmyre. Au bout de quelque temps, en décembre 1937, elle reprend avec son ancien mari, la direction de l’Hôtel de la reine Zénobie et elle épouse à nouveau M. d'Andurain.
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Une nuit de tempête, celui-ci est frappé par un bédouin de dix-sept coups de poignard. Il a un œil crevé, la main tailladée, de nombreuses plaies dans le dos. Une fois de plus, la malveillance accusera Magda d’être l’instigatrice du meurtre.
Mais l’air de Palmyre va devenir mauvais pour la "reine du désert". Deux officiers français, qui n’ont pas voulu admettre qu’elle n’ait joué aucun rôle dans la mort de son mari, prétendent que Mme d’Andurain a essayé de les écraser avec sa voiture. Des femmes de l’entourage de Magda meurent et des hommes aussi, mais qui sont de peu d'importance. Participe-t-elle à l’exécution sommaire d’une quinzaine d’agents doubles ? On le dira encore. A Palmyre, un garçon d’hôtel meurt étranglé. Un ami de Magda. le capitaine Jurin, meurt empoisonné.
Magda quitte le Moyen-Orient. La voici en France, avec la guerre. Elle veut passer en Espagne, elle est enfermée au cap de Urbernaga d’Ubila mais elle jouit de privilèges. Elle a, avec elle, quatre valises bourrées de vêtement et elle porte un sac qui contient, paraît-il, tout un trésor et qu’on lui volera dans le train. La voici en Algérie. On l’accuse d'avoir pris part à un complot contre le général Catroux. Mais celui-ci dément lui-même cette fantaisie. Seulement il refuse à Magda l'autorisation de se rendre en Syrie où elle voulait retourner encore. Est-ce parce qu’elle avait, de surcroît, la réputation d’être communiste ?
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Et voici la mort du petit neveu. Pourquoi l’aurait-elle tué ? Pour une vague histoire d’appartement qu’il occupait ? Le motif ne semble guère suffisant.
Après son acquittement. Magda acheta un rafiot avec lequel elle fit le commerce légal et fructueux, de l’or entre le Congo et Tanger.
A toutes les morts mystérieuses qui ont marqué sa destinée, une nouvelle mort mystérieuse s’ajoute pour Magda d’Andurain : la sienne propre."
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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Marga d'Andurain, née Jeanne Amélie Marguerite Clérisse le 29 mai 1893 à Bayonne (Basses-Pyrénées) et morte le 5 novembre 1948 dans la baie de Tanger (Maroc), est une aventurière française.
MARGA D'ANDURAIN PAYS BASQUE D'ANTAN
Source de nombreux fantasmes, elle fut tour accusée d'espionnage, de meurtres, de trafic de drogue, de perles ou de diamants, mais elle a surtout marqué son temps pour avoir tenté d'être la première européenne à pénétrer dans la cité sainte de la Mecque. Elle fut assassinée à bord de son yacht, le Djéïlan, à 55 ans.
Voici ce que rapporta au sujet de son arrestation la presse nationale dans plusieurs éditions :
Qui ?, le 9 janvier 1947 :
MARGA D'ANDURAIN QUI ? 9 JANVIER 1947
"L'affaire d’Andurain a pris, par la publicité qui lui a été donnée, des proportions extravagantes et la liste des crimes qui étaient tout d'abord imputés à la vicomtesse tend, comme une peau de chagrin, à se réduire de notable façon. Ii semble bien que la seule affaire qui tienne et qui, d’ailleurs, a provoqué un supplément d’information, est la mort étrange, mystérieuse et tragique de Raymond Clérisse.
Les invraisemblables mémoires de Mme d’Andurain, qui semblent être, de sa part, une sorte de provocation, sont moins une défense qu’un appel au désir impérieux de faire parler d’elle. A tout prix. Le goût du scandale et l’imagination la plus désordonnée paraissent la guider. Nous ne la suivrons pas sur ce terrain. Le seul qui nous occupe est le terrain judiciaire et celui-là échappe au roman ; il appartient aux faits.
Les 15 "crimes" de Mme d’Andurain se situent dans le temps et dans l’espace, hors de toute vérification. Il semble difficile de les pouvoir établir. Le moins qu’on puisse dire, c’est, en tout cas, que la vicomtesse ne porte pas chance à ceux qui l’entourent.
Un homme qui a longtemps vécu en Syrie, un homme très informé des luttes et des manoeuvres de nos services secrets dans le Moyen-Orient, un homme qui a eu de nombreuses occasions d’approcher la vicomtesse et de suivre ses évolutions a bien voulu tracer, pour les lecteurs de QUI ?, le vrai visage de Marga d’Andurain.
Voici, vu et rapporté par lui, le récit des aventures de la vicomtesse en Syrie.
Il arrive parfois que des événements nécessitent une mise au point. Le cas de Marga d’Andurain rentre dans cette catégorie. De l’affaire criminelle, je ne dirai rien ; un des meilleurs et des plus impartiaux juges d’instruction s’en occupe : M. Gollety est un homme à qui l’on peut faire confiance pour la recherche de la vérité judiciaire.
Une fois pour toutes, le faux mystère de Mme Marga doit être décortiqué, il n’est pas utile de laisser une femme tenter de se parer de persécutions mystérieuses n’existant que dans son imagination.
En cette Syrie, où elle vécut, des fantômes hantèrent ses nuits. Elle rêva de s’identifier à eux, elle voulut être la grande aventurière possédant des secrets de vie et de mort ; elle campa un personnage né de sa seule imagination et dont elle fut la victime consentante. Ce personnage, on le retrouve dans les articles parus ces jours derniers ci dont les signataires n’ont qu’un souvenir fort vague des tragiques luttes, au grand jour ou clandestines, qui ravageaient le Proche-Orient alors que Marga y vivait.
On a fait de cette hôtelière mal préparée à sa profession, de cette inventrice de la perle Arga, de cette chercheuse d’amoureux bédouins, une espionne de classe, une maîtresse du "double jeu" ; on a même été jusqu'à écrire que la loi du silence contraindrait des services hvper-secrets à ne pas s’occuper de ce bon serviteur parce qu’il était "grillé". Tout cela est de la plaisanterie.
Des noms ont été jetés au hasard avec un aimable mépris pour les faits et une gracieuse indifférence pour les dates. Tel celui du major anglais S... dont la vie et la mort ne furent pas du tout ce qu’on en a écrit. Il fut mêlé à des "incidents techniques" ; s'il quitta la terre, ce ne fut pas à cause des beaux yeux trahissant de la vicomtesse de l'hôtel Zénobie, mais parce qu’il fut une des causes précises de la disparition, par massacre, de 1 400 officiers français, impeccables serviteurs de ces affaires indigènes qui firent la grandeur coloniale de notre pays ; jamais C... et G... n’eurent vis-à-vis de la vicomtesse Marga d’autre sentiment que l’énervement déterminé, chez des hommes responsables de la sécurité d’un secteur sensible, par la présence d’êtres générateurs de "tuiles".
Poussant le grotesque un peu loin, on a été jusqu’à parler du "chaste du désert", ce colonel Lawrence dont les goûts physiques et moraux étaient certainement la meilleure barrière entre les femmes et lui. Jamais il ne s'intéressa à aucune d’elles, à plus forte raison ne les utilisa-t-il jamais.
Par un beau soir de Damas.
Quatre officiers des A.I. causaient un soir de Marga à Damas. Il y avait là un général fort doué pour le véritable S.R., un sableur de légende, le capitaine C... qui devait mourir général après la libération de la France comme chef militaire de la région de Toulouse, et deux autres, obscurs. Ils tombèrent d’accord, au cours de la conversation, sur le fait que la "comtesse" avait des nuits torturées d’insomnies dangereuses durant lesquelles elle rêvait, les yeux ouverts, d’être une Rosita Forbes ou une Gertrude Bell française, une réelle châtelaine du Liban. On décida que l’on ferait tout pour la neutraliser, mais, comme le souligna l’un des présents :
— Ce sera difficile, car elle est envahissante comme une maladie contagieuse.
L’un des deux obscurs résuma le débat ; il avait quelque teinture de médecine :
— Marga d’Andurain, dit-il, présente un cas typique de mythomanie. Elle prend ses désirs pour des réalités. Ce n’est même pas une aventurière, elle n’en possède pas l’étoffe. C’est une petite bourgeoise retorse, douée d’un aplomb infernal, égarée par ses lectures et ses rêveries, voulant à tout prix vivre une vie hors série pour épater la galerie.
Le recoupement des informations des agents, ou agences bénévoles des A.I., à cette joyeuse époque où l’on s’assassinait à longueur de journée au Moyen-Orient, se faisait sérieusement. Après discussion, on décida de "sacquer" définitivement la trop imaginative Marga.
Quant au reste, il est fort peu probable que l'I.S. anglais l’ait utilisée, car il avait autant de sévérité dans ses travaux que les A.I.. Les deux services, fort souvent en délicatesse, ne pouvaient se permettre la moindre bévue et se guettaient l’un l’autre.
Autour de cocktails, amicalement bus aux bars des hôtels de Damas, on s’espionnait dur et, dans ce jeu spécial, générateur de morts violentes, on se gardait d’introduire autre chose que des éléments baroudeurs sûrs : Tcherkesses pour la France, Druses pour les Anglais. C’est-à-dire du recrutement sur place, le tout dûment encadré par des hommes ayant fait leurs preuves et qui n’étaient pas tout à fait des enfants de chœur... Jamais, au grand jamais, l’un de ces deux services n’aurait confié une mission à une femme, être trop nerveux, trop vite "matraqué" par le soleil, trop vite lanciné par des appétits sexuels au contact des vigoureux Arabes.
L’hôtel de la reine Zénobie fut toujours un aimable sujet de plaisanteries grâce à sa bonne hôtesse recherchant de solides Bédouins et son directeur, homme lunaire, perdu dans ses livres, ne sortant de sa rêverie que pour reprocher à sa femme de "déroger" en se livrant au négoce des chevaux, des fausses perles, des armes hors d’usage, et, ajoutait-il, à l’usure à la petite semaine.
Cet homme, avant de mourir obscurément de dix-sept coups de couteau, un vilain soir, avait connu, grâce à son épouse, de nombreuses vicissitudes. En ses jours de découragement, il les contait. Quand il retrouvait sa vie de garçon, entre deux mariages avec sa femme, il parlait de ses pérégrinations en Amérique du Sud et autres pays avec la trépidante Marga...
S. R. français et I. S. anglais, en avez-vous fait rêver des jeunes femmes !... Marga, en tous pays où elle passait, fut votre victime consentante, mais non ravie, puisqu’elle n’atteignit jamais le Saint des Saints où elle pensait que devaient se trouver les grands chefs de la guerre au masque noir...
Il n’y a pas de romantisme de fiches et Marga, une fois pour toutes, avait été classée.
L’aventure avec Souleiman, marchand de lait de chamelle, n’est pas une histoire où le bel Arabe s’éprend de la roumi, abandonne son harem pour elle, vit en extase à ses pieds. uniquement du désir d’"épater" les officiers de Palmyre ne prenant pas au sérieux l’hôtesse de Zénobie ; elle tenta, par Souleiman, de leur faire croire qu’elle irait à la Mecque. Le bon mari, peu jaloux, négocia lui-même le départ de sa volcanique moitié et la remit aux mains du marchand de lait de chamelle devenu son successeur sur le plan marital. Elle partit ; on négligea même de la signaler aux surveillants des caravanes de pèlerins, preuve que l’on attachait peu d’importance à son voyage ; on était surtout heureux de la voir s’éloigner des environs du Haut Commissariat, non à cause de sa curiosité d’agent, mais, plus prosaïquement, du fait que son petit commerce commençait à énerver les tribus.
Elle n’alla pas à la Mecque ; son périple se termina dans la prison de Djeddah ; elle fut accusée d’avoir collaboré à la mise hors service de son marchand de lait de chamelle... Elle se tira de cette assez mauvaise affaire grâce à la conquête, in extremis, du fils d'un haut fonctionnaire français, le jeune M..., homonyme d’un héros des romans de Simenon.
Des sourires et des hommes.
Voyagea-t-elle même dans le Moyen-Orient et l’Orient ?... Rien n’est moins sûr ; elle fit des voyages classiques en des villes où les communications étaient faciles. Tout en rêvant de caravanes chamelières, elle prenait tranquillement le tram.
Des hommes passèrent curieusement dans la vie de Marga d’Andurain-Clérisse, comme ce berger arabe, Olib, qui l'accuse des pires forfaits tout en prenant le petit air fat du monsieur à qui elle n’a rien refusé ; comme Rakam, le patron du fameux Souleiman, chef d’une tribu ; tel aussi El Haddiddi qui fut accusé du meurtre de M. d’Andurain, puis remis en liberté malgré les protestations de la créatrice de la perle Arga,
Des femmes aussi passèrent dans la vie syrienne de Mme Marga, telles ces deux Anglaises, Mmes B... et M..., qui, hélas ! se montrèrent aussi, à l’usage, exactement de la même classe d'énervées, passionnées de mystères inexistants... car ils en ont aussi, en Angleterre...
Tout ce que nous écrivons ici replace la vie, en Moyen-Orient, de Marga sur son vrai plan.
Au reste, celle qui avoue : "J’ai été exorcisée toute jeune parce que ma famille me croyait possédée du diable" et qui mentionne "qu’elle partit, déguisée en homme, en sous-lieutenant, pour suivre un jeune officier de hussard" paraît avoir perdu, fort jeune, son "point fixe".
Une seule question se pose pour M Gollety : Raymond Clérisse a-t-il été empoisonné ?
RAYMOND CLERISSE QUI ? 9 JANVIER 1947
Tous les amis de Marga sont unanimes.
— C’est une femme au style de vie extravagant.
Aussi bien, on se demande comment Jeanne-Claire-Marguerite-Amélie Clérisse, vicomtesse d’Andurain, pourra un jour se défaire de son passé. Et, ces jours-ci encore, Marga s’est retrouvée à nouveau prisonnière de ses vingt-cinq années d’aventures dont une bonne partie se déroula en Moyen-Orient.
Mais cette légende fabuleuse construite par la vicomtesse au milieu des vestiges de Palmyre est malgré tout un bien mauvais conte des Mille et Une Nuits. Ce qui n’empêche nullement Marga de le narrer à l’envi dans les salons parisiens.
MARGA D'ANDURAIN PAYS BASQUE D'ANTAN
Seules, les enluminures qu’elle apportait à sa vie réelle en faisaient un conte oriental où le merveilleux le disputait à l’irréel.
Ce halo de mystère qui l’enveloppait d’une sorte d’auréole s’est brusquement déchiré l’autre dimanche, sur le quai de la gare de Lyon, à l’arrivée du train 60 bis.
Avant de gagner la camionnette qui devait l’emmener au Dépôt, Marga avait eu le temps de lancer à la cantonade :
— Aujourd’hui, je suis plus en forme que jamais. Ma famille veut me confondre, mais je la confondrai.
Au Dépôt, Marga ne se départit pas un seul instant de son calme. Et lorsque le juge d’instruction Gollety, qui redoutait pour la vicomtesse et pour lui-même les photographes, se rendit par le labyrinthe souterrain du Palais dans la cellule de la détenue, celle-ci était d’excellente humeur.
Marga d’Andurain, vêtue d’une douillette robe de chambre, les pieds dans des chaussons fourrés, subit de bonne grâce l’interrogatoire d'identité. Elle faisait même preuve d’un optimisme débordant, assure-t-on.
L’information judiciaire dont Marga fait actuellement l’objet concerne uniquement la mort de son cousin Raymond Clérisse, affaire qui remonte à plus d’un an et demeure toujours aussi troublante.
Querelle pour un bail.
Le 5 novembre 1945, Raymond rendait visite à sa cousine, 1 bis, rue Scheffer, dans le petit studio qu'elle occupait au quatrième étage, studio que Raymond venait de lui restituer. Car, en 1943, Marga d’Andurain, qui avait reçu plusieurs fois la visite de la Gestapo, avait jugé prudent de gagner l’Afrique du Nord.
Avant de se rendre en Espagne, où elle devait connaître, comme tant d’autres, les geôles franquistes, Marga avait cédé à son cousin le bail de cet appartement.
— A mon retour, lui avait-elle précisé, j'entends, au cas où tu voudrais le céder, avoir au moins un droit de priorité.
Raymond Clérisse lui avait donné son accord.
Lorsqu’elle revint d’Alger, Marga s’installa tout d’abord à Chatou, dans une villa réquisitionnée. Cependant, dans le courant d'octobre, voulant habiter à nouveau Paris, elle s’en vint trouver son cousin et lui demanda alors de s’exécuter. Raymond, à l’époque, pensait partir pour l’Indochine comme chargé de mission par la D.G.E.R.
Il acquiesça. Mais il faut croire que les renseignements recueillis sur son compte n’étaient guère brillants car son engagement fut refusé. On avait appris que le jeune homme, qui ne travaillait pas, faisait un peu de marché noir. S’il n’était qu’un pâle margoulin et un modeste trafiquant à la petite semaine, il n’en avait pas moins d’étranges amis et un singulier penchant pour la boisson. Son engagement refusé, Raymond voulut revenir sur sa décision et réoccuper sa garçonnière. Une discussion éclata entre lui et sa cousine.
— Je l’ai louée meublée à partir du 1er décembre.
Mais Marga ne l’entendait pas de cette oreille. Elle lui aurait même dit :
— Raymond, si tu insistes, tu t’en repentiras.
Le poison, arme de femme.
Le 5 novembre, donc, le jeune homme rend visite à sa cousine.
Il bavarde avec elle pendant plus d’une heure.
Il aime l’entendre raconter ses aventures qu’elle agrémente chaque fois d’un détail pittoresque. Raymond est curieux. Il fait un inventaire détaillé de l’appartement, ouvre des tiroirs et fouille même dans un placard qui se trouve dans le cabinet de toilette. Un petit pot retient son attention. Il veut l'ouvrir, mais Marga intervient :
— Ne touche pas à ça, lui recommanda-t-elle ; c’est du poison : un poison très violent : du cyanure de potassium.
— Du poison ! s’exclame le jeune homme. Pourquoi faire ?
Marga redevient un instant mystérieuse et ajoute, sur le ton de la confidence :
— On peut toujours en avoir besoin pour tuer quelqu’un.
Puis tous deux reprennent le cours de leurs bavardages et, vers 19 h. 15, Raymond prend congé de sa cousine. Comme il se retire, celle-ci l’accompagne.
— Je vais embrasser la cousine Marthe. La vicomtesse prend alors, dans son sac à main, une truffe au chocolat.
Au rez-de-chaussée, devant la porte de l’appartement de Mme Lacarrière, Raymond et Marga vont se séparer. Mais la vicomtesse tend au jeune homme, dont elle connaît la gourmandise, la truffe au chocolat qu’il avale aussitôt. Il s’en va prendre le métro, à la station du Trocadéro, distante de 300 mètres environ. Cependant, à peine est-il arrivé avenue Paul-Doumer qu’il est en proie à un violent malaise. D’horribles douleurs le plient en deux. La phrase de Marga lui revient tout naturellement à l’esprit.
— Du poison. On peut toujours en avoir besoin pour tuer quelqu’un.
A la station de métro qu’il a pu atteindre à grand-peine, Raymond se fait délivrer un ticket de 1re classe. Les douleurs persistent et un étrange pressentiment l’habite alors.
Aussi écrit-il ces mots au verso de son billet :
"Marga m’a donné un bonbon de chocolat qui avait un drôle de goût."
Un quart d’heure plus tard, il arrive chez des amis, 45, avenue Marceau, qui lui offrent l’hospitalité. Il leur fait part aussitôt de son malaise, puis s’alite. Un médecin l’examine et déclare qu’il souffre d’une crise hépatique. Cependant, dès le lendemain. Mme Gros, la sœur du jeune homme, se présente au commissariat de la Muette où elle signale que Raymond Clérisse vient d’être victime d’un empoisonnement criminel.
Le malade téléphone à Marga:
— Je suis au lit, et malade. La truffe en est la cause.
Son état s’améliore. Mais, le lendemain, 7 novembre, de nouvelles et violentes douleurs le torturent une fois encore. Le docteur Blamoutier, appelé en hâte au chevet du jeune homme, l’examine et conclut à un empoisonnement, Le praticien le fait alors transporter à l’hôpital Broussais.
Tous ces faits troublants motivent une enquête de la brigade criminelle. Un inspecteur entend le jeune homme sur son lit d’hôpital. Mais Raymond Clérisse qui a déclaré, peu après son admission : "Mourrons-nous donc tous cette année ?" se montre discret, presque réticent.
— Je ne me souviens plus, dit-il au policier. si c’était une boite en métal ou un pot de grès que j’ai trouvé dans le placard du cabinet de toilette. Mais aioute-t-il, je ne peux arriver à croire que Mme d’Audurain ait eu des mobiles suffisants pour me faire disparaître.
Le 23 novembre, Ravmond Clérisse meurt.
L’examen toxicologue des viscères de Raymond Clérisse révèle la présence de sels de mercure, et l’enquête policière apprend également que le jeune homme se rendait fréquemment chez un médecin qui le soignait pour une maladie spécifique. Ceci est-il suffisant pour expliquer la présence du mercure dans l’organisme de Raymond Clérisse ? C’est un point que l’enquête n’a jamais pu fixer, le praticien n’ayant jamais répondu aux convocations des enquêteurs.
Bagarre de témoins.
La vicomtesse d’Andurain est longuement entendue Quai des Orfèvres et elle raconte toute l’histoire à l’officier de police Casanova.
— J’avais confectionné ces truffes avec mon amie la générale Yvon qui destinait ces friandises à son fils. Pour me remercier de mon obligeance, la générale m’en offrit quelquestures. Le fils de ma concierge, le jeune Guy Joulagen, âgé de 3 ans 1/2, en a du reste mangé sans être le moins du monde incommodé.
"Quant au pot de cyanure, il s’agit d’un plat en terre. J’ai simplement voulu effrayer mon cousin, qui avait la déplorable habitude de fouiner partout. Ce pot contenait un produit de beauté."
Les autres témoins entendus Quai des Orfèvres devaient, à l’exception de Mme Gros, confirmer en tous points ces déclarations. Seule la sœur de Raymond Clérisse déclara :
— Marga est une anormale capable de tout.
Les cousines de la vicomtesse, par contre, infirmèrent ce témoignage.
— Quand Marga est venue s’installer ici, nous lui avons conseillé de ne pas revoir son cousin Raymond. Nous le lui disions constamment, car nous pensions qu’il pouvait lui attirer des ennuis, et, vous voyez, ça n’a pas manqué.
Pas le moindre élément ne permit alors d’établir la culpabilité de la vicomtesse.
Mais l'affaire rebondit...
Toutefois, dès les premières heures de l’affaire, le père du jeune homme, Me Clérisse, notaire à Bayonne, avait le pressentiment que son fils avait succombé à des agissements criminels. Il porta plainte, mais ne voulut pas se constituer partie civile avant que l’enquête ne fût complètement terminée.
MARGA D'ANDURAIN PAYS BASQUE D'ANTAN
Et voilà que, sur les instances de Me Larrivoire, le juge d’instruction Goilety, décidant de reprendre l’enquête, vient de délivrer trois nouvelles commissions rogatoires.
Le commissaire Courtant, de la Ire brigade mobile, recueillit à Alger deux témoignages d’officiers qui devaient amener le rebondissement de l’affaire et l’arrestation de l’aventurière.
Cependant, si ces dépositions fixent davantage la silhouette de Marga d’Andurain et précisent ses aventures en Syrie, elles n’ont éclairé d’aucune lueur nouvelle la mort étrange de Raymond Clérisse.
On cherche d’ailleurs, si crime il y a, un mobile.
Il est possible que la vicomtesse et son cousin aient fait ensemble des affaires douteuses.
Elle a raconté celle-ci, entre autres, dans laquelle elle aurait joué le rôle de victime, et dont elle accusait Raymond d’être l’instigateur.
Elle avait fait la connaissance d’un prêtre qui voulait acheter de l’or pour fabriquer un calice. Rendez-vous est pris avec lui dans une église. Le prêtre en surplis vient vers elle. Elle lui remet l’or qu’il va peser à la sacristie. Elle l’attend. Il ne revient pas. A la sacristie, on lui déclare qu’on n’a pas vu ce prêtre, qu’il est inconnu à la paroisse...
Quoi qu’il en soit, prisonnière de son mythe, Marga d’Andurain, à 53 ans, aura ajouté une aventure de plus à sa troublante existence de femme fatale."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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Paul Marie Bolo, plus connu sous le nom de Bolo Pacha ou Bolo-Pacha, né le 24 septembre 1867 à Marseille et exécuté le 17 avril 1918 au fort de Vincennes, était un aventurier français.
BOLO PACHA FEVRIER 1918
Voici ce que rapporta à son sujet le quotidien Le Matin, le 5 décembre 1917, dans plusieurs
Lundi après-midi, le capitaine Bouchardon a reçu les témoignages de deux députés, MM. Ajam et d'iriart d'Etechepare.
DEPUTE MAURICE AJAM
La déposition de M. Ajam a porté sur deux points :
1° L'attitude de Bolo, lors des troubles de Champagne, attitude que le Matin a longuement déterminée ;
2° les origines des relations de l'aventurier avec M. Caillaux.
"Pendant les troubles de Champagne, a déclaré M. Ajam, la Petite Gironde dont j'étais le collaborateur me chargea de faire une enquête sur place. Bolo était alors propriétaire du journal de la Confédération générale des vignerons. Je le rencontrais à Epernay en compagnie des présidents des divers syndicats de vignerons. Je ne cacherai pas qu'il me produisit alors une excellente impression.
De retour à Paris, un de mes amis à qui je parlai de cette affaire, me conseilla d'être prudent, car, disait-il, Bolo est un rasta. Désirant en avoir le cœur net, j'allai prier Bolo de s'expliquer. Celui-ci me déclara qu'il y avait en effet un dossier le concernant à la Sûreté générale mais qu'il démontrerait son innocence si je voulais lui ménager une entrevue avec M. Caillaux, alors ministre de l'intérieur.
J'allai voir M. Caillaux, qui me montra le dossier Bolo. Convaincu, je signifiai à Bolo que je rompais toutes relations avec lui.
Allez voir le président Monier, me dit-il alors, il vous édifiera en vous apprenant que je suis innocent et que c'est un autre homme qui s'est fait condamner sous mon nom.
Je me rendis chez le magistrat indiqué qui me mit sous les yeux une lettre de M. Panon, dans laquelle ce dernier reconnaissait le fait allégué par Bolo. (Cette lettre, nos lecteurs en connaissent l'histoire détaillée moyennant 2 000 francs, Bolo l'extorqua à son ami d'alors, Panon.)
Le président Monnier s'étant porté garant de l'honorabilité de Bolo, j'en fis part à M. Caillaux. Que se passa-t-il ensuite, je l'ignore. Je ne revis plus Bolo ni le président Monier."
Ce que dit M. d'Iriart d'Etchepare.
DEPUTE LOUIS D'IRIART D'ETCHEPARE
M. d'Iriart d'Etchepare, député des Basses-Pyrénées, ne connut qu'en 1914 le pacha, qui passait chaque année plusieurs mois à Biarritz. Bolo fréquentait en effet chez plusieurs personnes, amies du député de Pau.
A la fin d'août 1914, à Paris, M. d'Iriart d'Etchepare rencontra Bolo qui paraissait fort ennuyé. Aux questions de M. d'Iriart d'Etchepare, Bolo expliqua que le moratorium, auquel d'ailleurs il ne comprenait rien du tout, le gênait sérieusement : bref, il manquait d'argent. Le député essaya de lui préciser les prescriptions du décret ministériel, et l'accompagna jusqu'à la succursale d'un établissement de crédit, située avenue de Villiers. Là Bolo ne put toucher, conformément au moratorium, que le dixième de son compte courant, soit une somme de 7 000 francs.
Dans cette banque, Bolo se fit apporter des titres de rente française 3%, immatriculés au nom de Mme Bolo. M. d'iriart d'Etchepare crut discerner que le capital de ces titres se chiffrait à plusieurs millions. De 1914 à 1916, M. d'iriart d'Etchepare rencontra encore plusieurs fois Bolo qui se vantait de posséder une grande influence auprès de nombreux personnages, parmi lesquels il citait notamment le khédive Abbas Hilmi.
KHEDIVE ABBAS HILMI
Enfin, en 1917, M. d'îriart d'Etchepare apprit, par M. Coggia, préfet des Basses-Pyrénées, que Bolo était particulièrement surveillé. Vers le mois de mai, M. Coggia prévint 1e gouvernement que Bolo devenait de plus en plus suspect, et conseilla de rappeler à Paris le pacha qui sinon pourrait bien profiter de sa liberté pour franchir la frontière.
Le député de Pau jugeait Bolo un hâbleur il pense encore qu'il n'a pas assez d'envergure pour avoir organisé et dirigé en France les manœuvres de trahison."
dans sa 4ème édition :
"Les millions de l'ennemi.
Déposition de de M. Maurice Barrés.
Les agissements de Cavallini.
Le capitaine Bouchardon a recueilli hier matin, de 10 h. 30 à 11 h. 40, la déposition de M. Maurice Barrès, député de Paris, au sujet du discours qu'il prononça il y a huit jours à la Chambre.
DEPUTE MAURICE BARRES
A sa sortie du cabinet du juge d'instruction, M. Barrès nous a déclaré :
Excusez-moi de ne pouvoir fournir à la presse les indications que je n'ai pas cru devoir fournir à la tribune. Tout ce que je puis vous dire, c'est que ma déposition a porté sur le rôle de M. Malvy et sur le Bonnet Rouge.
Un des substituts de M. Bouchardon, le lieutenant Bondoux, a reçu la déposition d'un camarade de régiment de Goldsky, M. Hirsch, qui apporta un témoignage concernant la moralité de l'inculpé.
De son côté, le lieutenant Jousselin, lui aussi substitut de M. Bouchardon, a entendu dans la matinée deux témoins au sujet des tentatives d'achat du Figaro, vers la fin de 1915, par les émissaires de Cavallini.
L'un de ces témoins est M. Kaufman, banquier, rue de la Boétie. M. Kaufman a raconté qu'il reçut en 1905 la visite de M. Gaston Lebel, publiciste, que Cavallini avait chargé de rechercher et d'acheter des actions du Figaro.
M. Kaufman lui répondit que cette tentative était vouée à l'insuccès, car elle était antifrançaise.
– Vous ne trouverez pas un agent de change, déclara-t-il, pour se prêter à ces manoeuvres.
M. Lebel rompit alors toutes relations avec Cavaliini. Auparavant, il s'était adressé à M. Ley, administrateur du Figaro, lequel a été aussi entendu hier et a fait une déposition qui corrobore celle de M. Kaufman. Il nous en a indiqué le sens à sa sortie du cabinet de M. Bouchardon.
"– Il s'agit d'une vieille histoire, nous déclara-t-il. Les faits remontrent mai et juin 1915. A cette époque, de nombreux courtiers de Bourse cherchèrent à exécuter des ordres d'achat en actions du Figaro. Ils se passaient le mot entre eux et je reçus plusieurs visiteurs qui me demandèrent :
– Avez-vous des actions vendre-ou connaissez-vous des vendeurs ?
Ma réponse fut négative. Mais le conseil d'administration du Figaro tenait à être fixé sur cette manœuvre. Il nous fut facile de savoir que les ordres de Bourse émanaient d'un nommé Cavallini et une courte enquête nous apprit que ce Cavallini était un agent de Bolo pacha. Or, nous connaissions les relations de Bolo pacha et de Caillaux. Nous étions fixés."
Le lieutenant Bondoux a, d'autre part, entendu un soldat, M. Haase, ancien secrétaire général d'un music-hall, lequel a donné certains détails sur Almereyda.
Dans l'après-midi, le capitaine Bouchardon a reçu le lieutenant Pruvost, du service des traductions étrangères du bureau de la presse, lequel lui a apporté plusieurs articles parus dans la presse américaine au sujet de Hearst.
Il a ensuite interrogé de nouveau Porchère, l'expert-comptable, ami de Bolo. Me Marcel Héraud, qui assiste Porchère, a demanda que son client fût soumis à un examen mental : à la suite d'une fièvre typhoïde, Porchère a eu une hémiplégie et a perdu l'usage de l'oeil droit. Le docteur Roubinovitch a été commis par M. Bouchardon.
Le boche Emmel.
Le capitaine Mangin-Bocquet s'attache surtout présentement à élucider tout ce qui concerne les relations de Paix-Séailles et du Boche Emmel.
Il a reçu hier le témoignage de Mme Gattez, qui fut pendant un an au service des Emmel comme femme de ménage. Emmel, a-t-elle dit, sortait de chez lui le matin et ne revenait que le soir. Elle croyait qu'il gérait des propriétés. Elle a signalé que Mlle Habert, qui avait dans la maison l'emploi d'une demoiselle de compagnie, recevait les visites et le courrier et semblait connaître les habitudes et les occupations des Emmel.
Mlle Habert a déjà été entendue par le capitaine rapporteur. Elle a vingt-quatre ans et habite 280, boulevard Raspail, chez sa mère, concierge d'un immeuble qui appartient à Paix-Séailles. Au mois de juillet 1914, lorsque les Emmel se rendirent en Allemagne, Mlle Habert les accompagna. Elle assista là-bas à un dîner où des officiers allemands, invités par les Emmel, portèrent la santé de l'Allemagne et du kaiser. Il y eut un assez vif incident, parce qu'elle refusa de se joindre à leurs toasts.
A la déclaration de guerre, Mlle Habert, qui se trouvait à Cologne, réussit à traverser le Rhin en barque et à regagner la France.
En revanche, Mlle Habert a donné, sur l'existence et les ressources d'Emmel, des indications très utiles à la justice.
Emmel vivait avec une femme qu'il présentait comme son épouse. Dans la réalité, il n'était pas marié. Sa compagne était une Anglaise, Mme Deany. Et cela explique comment Paix-Séailles a pu acquitter le loyer de l'appartement des Emmel, situé rue Géricault. Quoique Mme Deany soit volontairement en Allemagne, elle n'en demeure pas moins de nationalité anglaise, et ses biens n'ont pas été mis sous séquestre. Elle avait, dans les sociétés montées par Emmel, un certain nombre d'actions. Et c'est avec l'intérêt de ce capital que Paix-Séailles a payé le loyer de la rue Géricault.
L'interrogatoire de Desouches.
M. Drioux a continué hier d'interroger l'ex-avoué Guillaume Desouches, le complice de Lenoir. Il a repris le premier interrogatoire, dont il examine et approfondit, successivement chaque détail. L'interrogatoire a pris fin à 18 h. 45."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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Marga d'Andurain, née Jeanne Amélie Marguerite Clérisse le 29 mai 1893 à Bayonne (Basses-Pyrénées) et morte le 5 novembre 1948 dans la baie de Tanger (Maroc), est une aventurière française.
MARGA D'ANDURAIN PAYS BASQUE D'ANTAN
Source de nombreux fantasmes, elle fut tour accusée d'espionnage, de meurtres, de trafic de drogue, de perles ou de diamants, mais elle a surtout marqué son temps pour avoir tenté d'être la première européenne à pénétrer dans la cité sainte de la Mecque. Elle fut assassinée à bord de son yacht, le Djéïlan, à 55 ans.
Voici ce que rapporta au sujet de son arrestation la presse nationale, et en particulier le
quotidien France Soir, le 4 janvier 1947 :
"Voici comment, à Palmyre, un soir de tempête, le vicomte d'Andurain est mort, lardé de coups de poignard... Je connais les instigateurs du crime. Je dirai leurs noms, par Marga d'Andurain.
Marga d’Andurain a raconté dans France-soir comment, après avoir été renvoyée de tous les couvents de la région de Bayonne et s’être mariée à quinze ans avec le vicomte Pierre d’Andurain, elle courut la grande aventure en Amérique du Sud, puis en Syrie. C'est là qu’elle devint Zeinab, chef de tribu arabe. Pour pouvoir se rendre dans la citadelle sacrée du Nedjd interdit aux Européens, elle devient musulmane en épousant un ami de son cuisinier, Soleiman, acheté 30 000 francs. Elle vit au harem mais, un soir elle s’enfuit, est accusée d’adultère, échappe de peu au supplice grâce à l’intervention du fils du consul de France. Elle regagne Palmyre. Un jour elle est accusée du meurtre d’un berger de sa tribu, Mohamed. Après trois autopsies, elle est déclarée innocente, mais des inconnus la poursuivent et cherchent à la tuer avec son mari.
MARGA D'ANDURAIN PAYS BASQUE D'ANTAN
Le 5 novembre 1936, chose étrange, j'épousais mon mari d’avec qui j’avais divorcé quelques années plus tôt. Je réécoutais mon mari pour satisfaire au grand désir qu’il en avait lui-même et parce que sa famille jugeait notre situation scandaleuse. Après notre mariage, mon mari rentra à Palmyre. Moi, je restai à Beyrouth. Quelques jours avant la Noël, mon mari m’écrivit, et ce fut la dernière lettre que je devais recevoir de lui : "J’ai de fortes raisons de croire que X. n’en a plus pour longtemps, ce qui fera l’affaire de certains."
X. était l’homme que les gendarmes de Palmyre et nous-mêmes considérions comme l’assassin du berger Mohamed. Bien d’autres également le savaient. Entre quelles mains cette lettre était-elle tombée avant de venir dans les miennes ? La moitié de notre courrier disparaissait.
Cette lettre fut peut-être un témoignage qui précipita la fin de mon pauvre mari.
L'assassinat.
Le 24 décembre, Je quittai Damas pour Palmyre. J’allai vendre mes troupeaux puisqu’il nous était devenu impossible de les surveiller nous-mêmes.
Toute la nuit, nous devions entendre des pas et des chuchotements sous nos fenêtres. Mon mari voulait ouvrir. Je le suppliai de n’en rien faire, craignant le pire.
Le 26 décembre, nous vendîmes, le troupeau du Cheik Ahmed, un Ismaïlich, qui, par amabilité, surveillait nos propres troupeaux et que nous logions chez nous. Le soir, comme il allait tranquillement à l’écurie pour prendre sa jument, il revint en courant. Il nous dit qu’un homme grand et large était couché en face de la chambre de mon mari et qu’il s’était enfui à son approche après lui avoir donné de grands coupe de "haesa" (canne arabe).
MARGA D'ANDURAIN PAYS BASQUE D'ANTAN
Mon mari et les domestiques ressortirent avec lui. Mais l’homme avait dû s’enfuir. Ils ne trouvèrent plus rien.
Pour bien comprendre les événements tels qu’ils vont se passer, il faut reconstituer dans ses grandes lignes le plan de la maison : l’écurie, la centrale électrique, qui alimente l’hôtel que nous gérions et les appartements de mon mari situés dans l’annexe forment un groupe distant de la maison même d’une centaine de mètres.
Le 26 et le 27 décembre se passèrent paisiblement. Le 28, nous attendions dix-sept professeurs de l’Université américaine de Beyrouth et nous manquions d’électricité.
Soudain, un vent violent s’éleva. Notre éolienne se mit à tourner avec violence et les accus enregistrèrent une forte charge. Nous pensions à nos hôtes, qui allaient venir, et nous étions bien satisfaits.
Dans l’office, les domestiques se chauffaient autour de la chaudière.
A 7 heures, mon mari retourne à l’éolienne. La tempête fait rage.
Malgré la pleine lune, qui, en général, éclaire les ruines comme en plein jour, la nuit est opaque. Il n’y a pas cinq minutes que mon mari était parti, que les domestiques entrent en courant dans le petit salon où j’attends, seule. Et ils se mettent à crier dans l’affolement :
— Madame, il y a un légionnaire qui veut entrer dans la cuisine !...
— Eh bien ! dis-je, renvoyez-le, fermez les portes et appelez Monsieur.
Mais la crainte me vient. Je retiens un domestique par le bras. Nous écoutions derrière la porte.
J’hésite quelques secondes à reconnaître la voix de mon pauvre mari, une voix étouffée par le sang. De ses deux poings, il frappe à la porte contre laquelle s’arcboute le domestique effrayé.
— Marga !... Ali !...
C’est Pierre. Et voilà que deux hommes amènent en le soutenant jusqu’à moi un être humain si terrifiant que personne ne peut en soutenir la vue. A peine la porte du petit salon a-telle été ouverte que l’Arabe, qui était resté avec moi, la repoussa brutalement. Je crie en arabe :
— Khawago !... (Monsieur !)
Il est là, tout droit, tout raide. Son masque abominable exprime la souffrance, la lutte, l’angoisse, le désespoir et d’une manière si profonde qu’il me semble impossible de le traduire. La paupière gauche, coupée, tient encore aux deux extrémités, et le sang coule à flots de cet œil crevé. Et de la bouche et du nez ce n’est que ruissellement.
MARGA D'ANDURAIN PAYS BASQUE D'ANTAN
"Je vais mourir..."
Il regarde encore de son œil droit qui tourne effroyablement, et il reconnaît tout le monde. Il me fait signe de ne pas le quitter. Alors, je m’agenouille auprès de lui et je lui prends la main. Horreur ! Ma main enfonce dans la chair vive. Le pouce est sectionné de l’index : sur une profondeur de huit centimètres, dira-t-on plus tard, blessure défensive.
Il survivra encore pendant deux heures.
L’homme qui l’a attaqué est un Bédouin. Il était grand et fort. Il avait un revolver. Ce fut ce revolver dont mon mari parla le plus. Il est probable qu’il empêcha le Bédouin de s’en servir en lui tenant la main.
Je lui demande :
— Crois-tu que ce soit un voleur ?
Il réplique par saccades :
— Un voleur... aurait pu... s’échapper. Mais... il s’est acharné... Il... m’a... assassiné...
Le docteur réclame à ce moment l’ambulance pour emmener mon mari au poste de la Légion étrangère. Le dos est lardé de coups de poignard. Le docteur Cadi (qui fut parfait en cette circonstance), fait les pansements nécessaires, couvre les blessures d'agrafes pour arrêter les hémorragies.
Enfin, on installe mon mari gémissant sur un brancard, dans l’automobile sanitaire qui doit le transporter au terrain d’aviation. Le trajet est atroce. Il étouffe, rend du sang, et enfin, dans un dernier soubresaut :
— C’est trop ! s'écrie-t-il. Je vais mourir.
L’ambulance s’arrête. Dans le grand silence du désert, on entend ronfler le moteur de l’avion. Le docteur saute à terre, puis l’infirmier, puis moi. Un goujat, venu d’on ne sait d’où, s’approche de moi et me dit :
— Vous ne monterez pas dans l’avion.
— Impossible, dis-je. Mon mari exige ma présence auprès de lui. Il n’a confiance qu’et moi. Si je ne pars pas, il ne partira pas.
MARGA D'ANDURAIN PAYS BASQUE D'ANTAN
Mais, craignant que Pierre ne meure à cette minute même, je remonte dans l’ambulance pour lui demander s’il préfère rester à Palmyre avec moi ou partir seul pour Damas.
Pas de réponse. Je crie au docteur Cadi :
— Il ne répond plus.
— Il dort, me dit le docteur.
Les soldats descendent le brancard. Quelques mètres séparent l’ambulance de l’avion. Penchée sur sa face devenue soudain immobile, j’appelle :
— Pierre !... Pierre !...
Pas Un muscle de son visage ne bouge. On hisse le blessé dans l’avion. Le moteur est assourdissant. La nuit est complète et le vent souffle. Les aviateurs, les mécano, les quelques officiers qui nous accompagnent, Chus debout, silencieux, tête nue, attendent le départ de l’avion.
Mais voici que le moteur stoppe. Le docteur saute de l’avion.
— Que se passe-t-il ?
Il lève les bras d’un geste impuissant. Un sanglot me serre la gorge. J’appuie la tête contre l’avion. Mes larmes jaillissent.
MARGA D'ANDURAIN PAYS BASQUE D'ANTAN
Une fosse dans le désert.
Jamais je n’oublierai ce retour de veillée funèbre, et toutes les horreurs de cette mort, et la solitude infinie de ce bled perdu.
Le silence s’installe autour de moi. Il s’éternise. Le lendemain se passe dans une attente vide. Aucune réponse à tous les télégrammes que j'ai lancés à Beyrouth et à Damas. Pas même l'annonce de l’arrivée de mon fils, auquel j’ai télégraphié deux fois. Mon isolement est complet.
J’ai télégraphié à un prêtre pour lui demander de venir enterrer mon mari. Mais le prêtre ne peut pas trouver le moyen de venir jusqu’à nous.
Pierre était mort le lundi soir. Tous les officiers de Palmyre étaient à l’enterrement. De nombreux sous-officiers, des soldats. Tous volontaires.
Mon fils et moi nous partons sans avoir tendu la main à personne : nous ne voulons pas serrer la main du criminel ou des instigateurs du crime.
Qui a tué ?
Qu’ajouterai-je maintenant ?
Beaucoup de suppositions existent :
Mon mari a-t-il été tué pour être volé ?
A-t-il été tué par un fanatique pour s’être remarié avec moi, devenue musulmane ?
Est-ce une vengeance — le prix du sang — de la tribu des Turqui qui me crurent coupable de la mort de Mohamed ?
Je rejette toutes ces hypothèses.
Et je demande :
Qui, bien des années auparavant, m’a fait une réputation d’espionne ?
Qui a répandu le bruit de ma culpabilité pour la mort de Mohamed ?
Qui m’a ruinée moralement et financièrement, alors que je venais tout simplement travailler en Syrie, étant encore passionnément patriote ?
Qui a poussé, conseillé ou payé les auteurs de l’attentat commis dans ma chambre à l’hôtel de Palmyre en 1932 ?
Qui m’a desservie auprès des deux colonels état-major actuellement en Syrie ?
Qui s’est vanté d’avoir ma peau, d’avoir sa vengeance ?
Qui sont mes deux seuls grands ennemis en Syrie ? Leur nom est sur toutes les lèvres, spécialement sur celles de mes deux fils et de moi-même."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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