dimanche 8 avril 2018

MARGA D'ANDURAIN UNE FEMME BASQUE EXCEPTIONNELLE (Deuxième partie)

LA "MATA-HARI" BASQUE.

Tous les 8 mars, est célébrée la Journée Internationale des droits des femmes. Cette journée met en avant la lutte pour les droits des femmes et notamment celle pour la réduction des inégalités, salariales entre autres, par rapport aux hommes.
pays basque autrefois
MARGA D'ANDURAIN
PAYS BASQUE D'ANTAN

Je vous ai présenté, dans un premier article le portrait de cette femme Basque, aventurière, 

surnommée : "la Mata-Hari Basque", "la reine de Palmyre", "la comtesse aux vingt crimes", 

"la maîtresse de Lawrence d'Arabie", "l'émule de la Brinvilliers" ou "l'amazone du désert".



Initialement, Marga avait surtout souhaité se prévaloir d’être la première européenne à entrer 

à La Mecque de façon à pouvoir en faire la relation de voyage (une rihla). 


Le "Mari-Passeport" ne fut pas aussi coopératif que prévu et l’aventure se termina 

tragiquement par le décès de Soleiman. 

pays basque autrefois
MARGA D'ANDURAIN ET SOLEIMAN
PAYS BASQUE D'ANTAN


Marga n’a jamais avoué être responsable de sa mort, mais tous ses récits montrent bien la 

tension croissante entre les deux êtres durant tout le voyage. 


Il apparaît évident notamment que, à son arrivée à Djeddah, Marga craignait de perdre sa 

liberté. 


A juste titre d’ailleurs puisque repérée immédiatement comme une roumi, elle avait été 

enfermée dans un harem — seul lieu où une femme seule peut vivre en toute honnêteté et toute 

sécurité – en attendant que les autorités responsables de l’accueil des pèlerins statuent sur son 

sort. 

pays basque autrefois
MARGA D'ANDURAIN
PAYS BASQUE D'ANTAN


Saoudienne de passeport et musulmane de religion, elle risquait d’être condamnée à la 

lapidation pour adultère et meurtre de son légitime époux.


Soleiman avait bien pu succomber à une crise aiguë de paludisme, mais aucune autopsie 

n’avait été pratiquée


PAYS BASQUE AUTREFOIS
PROCES DE MARGA D'ANDURAIN EN EGYPTE EN 1933


Incarcérée le 21 avril 1933, elle passa soixante-trois jours en prison. 


À la suite d’un procès où elle reçut le soutien du consul Maigret, elle fut acquittée et put 

rentrer en France.

Après l’Orient.

Son projet de pèlerinage mecquois avait lamentablement échoué. 

Mais volontiers provocatrice, Marga d’Andurain refusa cette image et mit en exergue 

l’incroyable exploit qui avait sous-tendu le projet. 


pays basque autrefois
MARGA D'ANDURAIN
PAYS BASQUE D'ANTAN

Elle insista sur son courage et sa ténacité lorsqu’elle se trouvait enfermée dans les geôles d’Ibn 

Saoud et se présenta dès lors comme une aventurière. 

Se méprenant sans aucun doute sur elle-même, sa vie eut alors comme le dit François Furet 

"l’éclat tragique d’un roman" : en décembre 1936, Pierre, avec qui elle s’était remariée, fut 

assassiné à Palmyre sans que l’on connaisse vraiment jamais les mobiles. 



pays basque avant
MARGA D'ANDURAIN A PALMYRE
PAYS BASQUE D'ANTAN

Seule, inquiète, Marga se vit bientôt dans l’obligation de quitter Palmyre et l’Orient.

Revenue en France à la veille de la guerre, elle mena alors une vie très ambiguë, côtoyant 

autant le monde de la Résistance à travers son fils Jacques – au point d’ailleurs que ce fut son 

petit 6,35 mm qui servit lors de l’attentat du métro Barbès le 21 août 1941 – que celui de la 

Gestapo avec laquelle elle envisagea un temps quelques affaires. 


pays basque autrefois
MARGA D'ANDURAIN
PAYS BASQUE D'ANTAN


Finalement, impressionnée par les menaces que faisaient peser sur elle les truands Bonny et 

Lafont, elle trouva refuge à partir de la fin de l’année 1943 auprès d’Emmanuel et de Grace 

d’Astier de la Vigerie à Alger. 


Mais elle devait très vite renouer avec les drames. 


Après la mort de son aîné en février 1945, elle fut accusée au mois de novembre d’avoir 

empoisonné son filleul, Raymond Clérisse. 


Arrêtée à Nice, elle fut incarcérée quelques jours avant d’être rapidement mise en liberté 

provisoire pour ne plus être inquiétée par la justice ensuite. 


Enfin, alors qu’elle était devenue propriétaire d’un yacht, le Djeilan, qui croisait en 

Méditerranée, elle disparut à son bord le 5 novembre 1948. 


L’un de ses serviteurs, Hans Abele et son amie Hélène Kulz, furent jugés coupables du 

meurtre. 


Hans Abele fut condamné à 20 ans de réclusion et Hélène Kulz à une peine d’un an de prison.

La presse française s’empara du mystère qui entourait Marga d’Andurain en deux occasions : 

en 1946 d’abord lorsqu’une présomption de meurtre pesa sur elle, en 1948 ensuite lorsqu’elle 

disparut assassinée dans la baie de Tanger. 


pays basque autrefois
MARGA D'ANDURAIN
PAYS BASQUE D'ANTAN

Entre ces deux dates, tout ou presque fut affirmé à son propos : "Émule de la Brinvilliers", "de 

Mata Hari", "maîtresse du colonel Lawrence" puis du chef du Foreign Office, "amazone du 

désert", "Reine des sables", "ex-reine de Palmyre", "aventurière aux vingt crimes", 

"empoisonneuse", "comtesse aux vingt crimes", "espionne et agent double" pour le compte 

des Anglais puis des Arabes… mais encore trafiquante de perles, de diamants, d’opium et d’or, 

nymphomane, droguée, la liste augmentant d’ailleurs au fur et à mesure que le personnage 

disparaissait de la mémoire de ses contemporains pour entrer dans une autre catégorie de 

l’analyse, celle du fantasme de la femme aventurière, qui plus est, femme titrée issue d’une 

"bonne famille ». 


Son parcours fut suffisamment inhabituel pour susciter un intérêt, au demeurant pas toujours 

bienveillant, au même titre que celui dont avaient pu bénéficier avant elle d’autres 

aventurières, Isabelle Eberhardt, Ida Pfeiffer, Alexandra David Neel ou Ella Maillard. 

pays basque autrefois
ALEXANDRA DAVID-NEEL


Mais n’ayant joué aucun rôle officiel, ayant peu écrit – en dehors d’un texte de justification

elle laissa en définitive peu de traces si ce n’est comme le dit, avec admiration et délicatesse, 

Pierre Fournié, la "silhouette […] d’une personnalité symbolisant la France au Levant".

Indiscutablement associée aujourd’hui à l’image de la femme occidentale en Orient, elle est 

une sorte de version sublimée et inversée des femmes girondes et lascives chères aux 

orientalistes du XIXe siècle. 


Habillée à l’occidentale ou à l’arabe, revendiquant pleinement le pouvoir d’agir comme les 

hommes, elle incarna en réalité ce "désir d’Orient", si bien raconté par Edmonde Charles-

Roux , qui avait animé certaines occidentales du début du XXe siècle. 


Dans le désert de Syrie, à Palmyre, elle avait trouvé paradoxalement davantage de liberté 

qu’en Occident. 


Là, elle avait conçu la grande aventure de sa vie, celle d’être la première Européenne à entrer 

dans le sanctuaire de La Mecque.



(SOURCE : https://www.lesclesdumoyenorient.com/Marga-d-Andurain-1893-1948-une.html)



Merci ami lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans ce 1050ème article.


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