samedi 21 avril 2018

LES "GRANDES FAMILLES" AU PAYS BASQUE EN JUiN 1918

LES FAMILLES NOMBREUSES AU PAYS BASQUE EN 1918.


Au début du vingtième siècle, les familles Basques ont de très nombreux enfants.


ciboure autrefois
DEPOPULATION A SOCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que raconta à ce sujet le journal L'Univers, dans son édition du 2 juin 1918, sous la 

plume d'André Olivier :

"...Quelques-uns des fondateurs de "la plus Grande Famille" nous ont fait l'honneur de nous communiquer des réflexions purement personnelles qui confirment ce que nous avons cité plus haut. 


Voici quelques extraits de ce document si intéressant : 


"Aux chefs des familles nombreuses du pays basque et des Basses-Pyrénées. 


Votre région est remarquable par le très grand nombre d'enfants qui continuent à peupler chaque foyer. 


ascain autrefois
FABRICANT DE CHISTERA ASCAIN - AZKAINE
PAYS BASQUE D'ANTAN

Avec la Vendée, la Bretagne, le Pas-de-Calais, le Nord, votre région a résisté à ce formidable courant d'égoïsme qui menace d'exterminer la race française par la dépopulation et qui a failli la submerger par l'invasion. Si vous aviez eu le malheur de voir vos foyers envahis comme l'ont été ceux de vos pairs, les chefs de famille du Nord et du Pas-de-Calais, les Allemands, en pénétrant dans vos maisons, auraient eu le même étonnement qu'ils ont eu dans le Nord, en voyant des grappes d'enfants suspendues aux bras des mères demeurées seules : "On nous avait enseigné, disaient-ils, qu'en France, il n'y avait plus d'enfants et que nous étions en droit d'occuper un pays de célibataires et de fils uniques." II y a, en effet, des régions entières de la France où, par égoïsme, par peur de la vie et de la peine, on a systématiquement supprimé les enfants et c'est le calcul honteux de ces régions qui a été la cause de la décadence économique de la France et de son invasion...  


Si la France a continué à vivre, si elle a pu résister à l'invasion, elle le doit à quelques régions restées saines et généreuses comme votre pays basque, et à des familles dispersées dans les provinces stériles, qui conservaient les traditions du temps, où, à chaque foyer français on élevait autant d'enfants qu'il plaisait à Dieu d'en envoyer. 


behobie autrefois
GROUPE D'ENFANTS ESPAGNOLS BEHOBIE - PAUSU
PAYS BASQUE D'ANTAN

Le Dr Jacques Bertillon, le plus éminent statisticien de notre temps l'a prouvé : sur cinq foyers, il n'y en a plus en France qu'un seul qui ait plus de quatre enfants et ce seul foyer a fourni aux armées plus de soldats que les quatre autres réunis. On a déterminé pour le département du Nord, où comme dans votre pays basque les familles sont restées particulièrement nombreuses, quelle était la proportion de soldats fournis par ce département. Cette proportion s'élève à 6 p. 100. Sur cent des soldats qui ont préservé vos foyers de l'invasion, six étaient nés aux foyers féconds de la Flandre française, aujourd'hui détruits ou occupés par l'ennemi. Pour vous autres Basques, il serait bien intéressant de déterminer de la même manière dans quelles proportions vos familles ont participé par leur fils à la défense nationale. Cette proportion doit être très élevée. Cette proportion vous crée des droits, comme elle en a créé à toutes les familles nombreuses qui ont assuré par leurs enfants le salut de la France. 



bardos autrefois
ENFANTS ENTREE BOURG BARDOS - BARDOXE
PAYS BASQUE D'ANTAN

C'est pour faire valoir ces droits qu'un groupe de chefs de familles nombreuses s'efforce de susciter dans chacune des régions où, comme dans votre pays basque, la grande famille est encore de règle, une association, une fédération des chefs de grande famille. 


Les buts généraux de cette association sont exposés dans une lettre aux chefs de famille de France. Par cette lettre nous invitons tous les pères de famille nombreuse à créer entre eux des associations d'aide mutuelle, de quelque forme et de quelque objet qu'elles soient, pourvu qu'elles aient pour résultât de créer un lien moral et matériel d'union entre les chefs de famille nombreuse. 


Mais l'aide mutuelle pratique ne peut pas se réaliser aisément d'un bout à l'autre de la France. Il est nécessaire, pour aboutir à quelque chose de pratique, de se cantonner dans les limites d'une région. Nous vous demandons donc d'examiner dans quelles conditions vous pourriez constituer une fédération des chefs de famille du pays basque ou des chefs de famille des Basses-Pyrénées. 


saint etienne de baigorry autrefois
ENFANTS RUE DE LA GARE ST ETIENNE DE BAIGORRY - BAIGORRI
PAYS BASQUE D'ANTAN

A côté des différents buts généraux poursuivis par toute l'association, votre fédération régionale pourrait s'appliquer d'abord aux deux réalisations suivantes : 

Toutes les écoles sociales sont aujourd'hui d'accord sur la nécessité de remédier aux maux causés par les excès de la centralisation, telle qu'elle a été créée par Napoléon pour une époque sans chemins de fer ni télégraphes; l'organisation des régions s'impose, les régions doivent évidemment être tracées d'après les nécessités économiques, mais les nécessités morales doivent être aussi envisagées. Votre petite patrie basque, vos trois provinces basques françaises ont apporté assez d'éléments de natalité à la grande patrie française pour que leur personnalité si nettement tracée et si attachante soit respectée. Dans l'organisation des régions, il faudrait éviter de retomber dans les erreurs commises, lorsque un décret administratif délimita des départements "morceaux de province sans âme, fiction qu'un autre décret emportera", comme l'a si justement écrit Taine, Une région, une province, n'est en définitive que l'association des familles qui habitent son territoire; les volontés, les intérêts de ces familles ne doivent pas être brimés par un pouvoir central exagérant ses droits. Qui oserait dire que depuis un siècle les volontés et les intérêts des Basques ont été reconnus et respectés par le pouvoir central? L'association, la fédération des chefs de grande famille, que nous vous suggérons de fonder, pourra légitimement se considérer comme représentant mieux les volontés et les intérêts du peuple basque que tels fonctionnaires étrangers au pays et imposés par une fiction qu'un décret doit emporter. A plusieurs reprises, depuis la fondation de la plus Grande Famille, dans ses différents congrès M. Charles Brun, délégué général de la Fédération régionaliste française, a présenté de remarquables rapports sur cette question : le Régionalisme et les familles nombreuses. Avec la supériorité et la hauteur de ses vues, M. Ch. Brun a mis en lumière les vérités suivantes : 


Notre organisation sociale ne connaît guère que l'individu et l'État; l'individu seul est désarmé devant l'État fonctionnaire et tout-puissant. 



biarritz autrefois
ENFANTS PLAGE BIARRITZ - MIARRITZE
PAYS BASQUE D'ANTAN

Sans doute la France est-elle divisée en départements et arrondissements; mais c'est là une division purement factice, ne correspondant à rien de réel. Le département est simplement un des aspects de l'État. Il n'a aucune autonomie; il est gouverné par des délégués de l'État, sans attache avec le milieu, allant au hasard des nominations gouverner successivement, au nom du pouvoir central, du Nord au Midi et de l'Est à l'Ouest, des populations auxquelles ils sont étrangers. 


Et cependant la région existe. Elle est faite d'un ensemble de traditions, de coutumes, de tempérament, d'intérêts communs. Les réfugiés, que les événements ont dispersés aux quatre coins de la France, ont bien éprouvé la force du sentiment régional. 


La région est un fait social, mais sans existence juridique. La loi doit le reconnaître.


hendaye autrefois
ENFANTS PLACE DE LA REPUBLIQUE HENDAYE - HENDAIA
PAYS BASQUE D'ANTAN

Elle le ferait, si dans chaque province les chefs de famille nombreuse, profondément attachés au sol natal, incarnant en quelque sorte la région tout entière, s'unissaient, s'organisaient, se faisaient les porte-paroles de leurs concitoyens pour réclamer les "franchises" régionales.


Les familles nombreuses des régions envahies ont constaté qu'elles n'étaient plus en sécurité dans leur patrie; elles ont senti qu'elles étaient insuffisamment protégées, que leurs intérêts n'étaient pas assez connus et défendus dans une nation administrée, mais non organisée.


Une organisation rationnelle demande, entre l'État tout puissant et une poussière éparpillée d'individus, des organismes intermédiaires : l'organisation régionale, l'organisation professionnelle s'imposent. 


Cette organisation nouvelle, il n'est pas possible de l'attendre des fonctionnaires ni de tous ceux qui, à un titre quelconque profitent actuellement du désordre qui sévit dans la société française. Le groupe de politiciens sans enfants, qui a réussi à s'emparer du gouvernement de la France, n'a aucunement en vue, dans l'administration du pays, les intérêts des familles. Ces intérêts sont impitoyablement sacrifiés par de joyeux drôles, fils uniques, sans famille, sans enfant, qui n'ont jamais réfléchi qu'une nation, la France, n'est en somme qu'une association de familles, et que les intérêts de ces familles devraient être l'unique préoccupation des gouvernants.



PAYS BASQUE AUTREFOIS
FANFARE
PAYS BASQUE D'ANTAN

Nos lecteurs ont senti par les documents ci-dessus l'intensité du mal. Ce mal a des causes profondes et l'une de celles-ci est l'avortement. Ce sera l'objet de notre prochain article." 



Merci ami lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans ce 1076ème article.




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