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vendredi 31 juillet 2026

LE DÉPÔT MONÉTAIRE D'URIO BEHEREA À SARE EN LABOURD AU PAYS BASQUE AUTREFOIS (première fois)

LE DÉPOT MONÉTAIRE D'URIO BEHEREA À SARE AUTREFOIS.


En 1965, des pièces romaines sont découvertes lors de fouilles à Sare.



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GROTTES DE SARE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet Jean-Luc Tobie dans le Bulletin de La Société des Sciences, Arts 

Lettres de Bayonne, en janvier 1973 :



"Le dépôt monétaire d'Urio Beherea à Sare.

Apport à l'étude de la circulation du bronze avant Gallien dans l'Aquitaine Méridionale.



Au début du mois de février 1965 explorant la petite grotte de Urio-Behera située dans la commune de Sare (Pyrénées-Atlantiques) nous découvrîmes, à proximité de l’entrée supérieure, dans un horizon stratigraphique superficiel, une monnaie dans un état d’oxydation avancé qui se révéla au nettoyage être un grand bronze à l’effigie d’Antonin le Pieux. Avec cette monnaie, avaient été trouvés divers fragments de céramique protohistorique très fragmentés.



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SESTERCE ANTONIN LE PIEUX



Une autorisation de sondage fut accordée par la Direction des Antiquités Historiques d’Aquitaine et nous pûmes, dans les mois qui suivirent, et au hasard des week-ends dont nous disposions, effectuer une fouille convenable du sol de cette petite caverne. 



La grotte d’Urio Beherea est située dans le massif calcaire de Lekugaixto. Sur le versant oriental de ce massif, surplombant le ruisseau Urio, s’élève une falaise rocheuse tranchée par une profonde entaille déterminant deux promontoires rocheux ; le méridional renferme la grotte d’Urio-Gaina, l’autre qui se relève nettement vers le Nord domine les faibles collines entourant Sare. C’est dans ce dernier promontoire rocheux que s’ouvre la grotte où fut trouvé le dépôt monétaire, Urio Beherea. Celle-ci traverse de part en part l’extrémité du promontoire dans la direction N.N.W.-S.S.È. et comporte une entrée à chacune de ses extrémités. L’accès de l’entrée méridionale est le plus malaisé : un étroit passage à flanc de falaise mène à une petite plate-forme de 3,20 m sur 3 m d’où l’on domine un très ancien chemin, lequel, sur la rive droite de l’Urio, s’accroche au flanc de la Peña Plata et aboutit en direction de l’Espagne à la ligne de crêtes qu’il utilise jusqu’au-delà du col de Navalas, et de là poursuit vers l’ouest jusqu’à la vallée de la Bidassoa et Vera. Une deuxième branche, par le col des Trois Bornes, en direction de Gorea, rejoint la vallée de la Bidassoa par Echalar. C’est donc là une route aisée vers cette vallée, certainement en tout cas plus aisée que par le col de Lizarrieta aujourd’hui emprunté. Au reste, son antiquité n’est plus à démontrer, car elle est jalonnée tout au moins dans sa montée septentrionale par bon nombre de traces de sépultures protohistoriques et sa configuration (doublement et parfois triplement de son assiette par endroits, son encaissement, des restes de pavage) ne fait que conforter d’aussi patentes preuves archéologiques. 



Sur cette plate-forme étroite s’ouvre une galerie de 2,60 m de large à son départ, allant se rétrécissant jusqu’à 2 m, pour s’élargir ensuite jusqu’à dépasser 6 m. C’est cet élargissement qui constitue la grotte proprement dite. L’ensemble a une vingtaine de mètres de long et débouche vers le Nord par une chatière (la deuxième entrée) dans un abri assez imposant et visible d’assez loin. 



Voici donc plutôt un large boyau assez inconfortable car très fortement incliné et dont le sol marque une pente constante s’abaissant vers le Nord, la dénivellation entre les deux accès étant très forte. En outre, cette dénivellation entraîne un appel d’air continuel (l’entrée la plus basse étant située aux vents dominants) qui ajoute à cet inconfort mais s’avère par contre excellent pour le tirage de foyers et l’évacuation de la fumée par l’entrée supérieure. 



Mais nous ne traiterons pas ici du site dans la mesure où il a servi d’habitat provisoire ou d’éphémère refuge à l’époque protohistorique ou historique, nous ne considérons ce lieu que comme le cadre discret d’une cachette monétaire dont nous entreprenons l’étude, et peut-être même comme le théâtre d’un petit drame d’il y a seize siècles... 



Le tamisage systématique de tout le sédiment composant le sol de la grotte livra donc treize autres sesterces, tous groupés en contrebas de l’entrée méridionale, épars, mais cependant concentrés sur une surface de 4 m 2 au maximum ; aucun débris de poterie nettement identifiable de l’époque romaine ne put être décelé. Il semble donc que ces pièces aient été jetées depuis l’ouverture méridionale et que la solifluxion très forte du fait de la pente et des infiltrations d’eau les aient entraînées, le temps aidant, jusqu’en bas où elles se sont trouvé arrêtées par un coude que fait le boyau et qui correspond très localement à une absence de pente. C’est contre la paroi de ce coude que les 80 % des monnaies ont été trouvées, le reste était encore plus haut vers l’entrée, en cours de cheminement. Il ne faut cependant pas qu’une telle constatation nous fasse repousser l’éventualité d’un dépôt moins précipité et il se peut aussi fort bien qu’un homme ait trouvé le temps de creuser, probablement à l’emplacement de la plus grande densité de trouvailles, un trou pour y enterrer à même le sol son pécule. Car les occupations postérieures dont nous avons retrouvé les traces évidentes ont pu bouleverser le sol meuble bien peu épais, les monnaies antiques ont pu même être mises au jour et la plus grande quantité emportée, soit pour la fonte,  soit encore, et cela est vraisemblable, pour les remettre en circulation : l’on a vu, dans les campagnes et jusqu’au début de ce siècle, des bronzes antiques être utilisés sur le marché comme espèces divisionnaires (gros sous). 



Nous n’aurions dans cette hypothèse que les restes d’un dépôt plus important, mais fort heureusement si tel est le cas, et nous ne pourrons jamais trancher, les espèces récupérées par nous paraîtraient bien représentatives de l’ensemble, si l’on en juge par des confrontations avec des trésors de bronzes d’époque sensiblement identique, trouvés particulièrement en Aquitaine, qui paraît se comporter en matière de durée de circulation du monnayage de bronze du Haut-Empire, différemment du reste de la Gaule. Mais nous reviendrons sur ce problème en gardant comme hypothèse de travail l’idée qu’il s’agit d’un ensemble homogène de 14 grands bronzes dissimulés pour une raison que nous tenterons d’éclairer et que leur dernier propriétaire n’a jamais pu venir récupérer. 



Il s’agit de 14 sesterces (HS), dont nous répartissons ci-dessous les émissions par règnes :


Trajan (98-117) : 1 sesterce (fruste) à l’effigie de Trajan.


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SESTERCE TRAJAN



Hadrien (117-138) : 3 sesterces (dont un fruste) à l'effigie d’Hadrien.

Antonin (138-161) :   4 sesterces à l’effigie d’Antonin. 1 sesterce à l’effigie de Faustine Jeune.


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SESTERCE FAUSTINE LA JEUNE
-




Marc-Aurèle (161-180) :  2 sesterces à l’effigie de Faustine Jeune.

Commode (180-192) :  1 sesterce de Consecratio à l’effigie de Marc Aurèle. 1 sesterce (fruste) à l’effigie de Commode.



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CESTERCE CONSECRATION MARC-AURELE



Sévère-Alexandre (222-235) : 1 sesterce à l’effigie de Sévère- Alexandre.



Ce qui donne le décompte chronologique suivant :

Trajan 1 

Hadrien 3 

Antonin 5

Marc-Aurèle 2

Commode 2 

Sévère-Alexandre 1

Total : 14 



Lorsque l’on examine ce lot, une première constatation s’impose, c’est que, à une exception près — la monnaie fruste de Commode — l’usure des pièces est plus accentuée quand on remonte dans le temps. 



Ainsi la plus ancienne, le bronze de Trajan a son avers à peine lisible, le revers, lui, est totalement effacé ; cette monnaie a donc circulé jusqu’à sa limite, en tout cas elle eût pu dans cet état difficilement tenter un thésaurisateur. Il en est de même de deux sur trois des pièces du règne suivant, celui d’Hadrien. Dans l’ensemble d’ailleurs et compte tenu d’un milieu humide dans lequel ce dépôt a été conservé, à part une frappe d’Antonin et la monnaie de Consecratio émise sous Commode, toutes ces monnaies ont beaucoup circulé et nous ne nous trouvons pas semble-t-il en présence d'espèces choisies pour être thésaurisées."



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)







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Par contre, la monnaie la plus récente, le sesterce à l’effigie de Sévère-Alexandre, est fleur de coin, en tout cas, il n’a guère circulé entre sa frappe et l’époque de sa cachette. 




jeudi 30 juillet 2026

PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 30 JUILLET 2026 SAINTE JULIETTE - MIKELDI



PROVERBE DU 30 JUILLET 2026 (SAINTE JULIETTE) (MIKELDI).


JULIETTE : Juliette de Tarse ou Juliette de Césarée (Turquie) était une riche veuve romaine du 3ème siècle dépouillée par un homme d'affaires qu'elle voulut poursuivre en justice ; mais les chrétiens du début du 4ème siècle ne pouvaient témoigner à un procès qu'en reniant leur foi.





religion catholique saint sainte juliette
30 JUILLET SAINTE JULIETTE DE CESAREE

Sur le point de gagner, Juliette fut reconnue comme chrétienne et de ce fait interdite de se pourvoir en justice.

Malgré les instances du juge, Juliette refusa d'apostasier, c'est-à-dire de renier sa foi, et se rendit au bûcher le sourire aux lèvres.

Juliette mourut vers 304.

Juliette de Césarée (ou sainte Juliette ou sainte Julitte) est la mère probable de Cyr, dit autrefois saint Quirice, l'un des plus jeunes martyrs de la chrétienté à la suite des saints Innocents.




culture religion saint sainte juliette
30 JUILLET SAINTE JULIETTE


MIKELDI : "Idole" "Idolo" Urde handi bat edo urde ordots bat agertzen du. Alde batean eguzkia eta bestean ilargia itxuratzen duen disko bat dauka honek bere hanken artean. San Bizente baseliza desagertutik gaur Durangoko hirigunean dagoenetik hurbil dago. Burdin Arokoa da.


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IDOLE DE MIKELDI MUSEE BASQUE DE BILBAO
De EUGENIO from Bilbao, España - Mikeldi, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=24893829


Bilboko Museo Historikoan gorderik dagoen Durangaldeko idolo (bertan irodu deitua) ospetsuaren izena. Burdin Aroko zezen edo hartza da, hanka artean eguzkia eta ilargia dauzkana. Litekeena da Ama Lurraren irudia izatea.



Une naissance du 30 juillet : Jean Jules Marie Auguste Champetier de Ribes.



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AUGUSTE CHAMPETIER DE RIBES



Né le 30 juillet 1882 à Antony (Seine) - Mort le 6 mars 1947 à Paris 17ème arrondissement.

C'est un homme d'Etat français, ministre sous la IIIe République et président du Conseil de la République sous la IVe République.

Fils d'un notaire parisien, il fait ses études primaires et secondaires au collège Stanislas, passe son baccalauréat en 1900 et est reçu en 1903 licencié ès lettres, et en droit de l'Université de Paris.

Appelé sous les drapeaux à la mobilisation générale le 2 août 1914, Auguste est d'abord adjudant au 10e bataillon de chasseurs à pied, avant d'être promu sous-lieutenant à titre temporaire et adjoint au chef de bataillon du 50e BCP.

Nommé sous-lieutenant à titre définitif en mai, il est blessé une première fois au combat de Reillon en octobre 1915.

Engagé, toujours comme adjoint au chef de bataillon, pour reprendre le fort de Vaux, il est à nouveau blessé, avec amputation de 2 doigts, en octobre 1916 et fait chevalier de la Légion d'honneur.

Juriste, il est adepte du catholicisme social et disciple d'Albert de Mun.

Auguste est élu, sous l'étiquette du Parti démocrate populaire, député des Basses-Pyrénées, un mandat qu'il occupe de 1924 à 1934.

Il est ensuite sénateur de 1934 à 1940.

Président du Parti démocrate populaire à partir de 1929, il est sous-secrétaire d'Etat aux Finances du 3 novembre 1928 au 21 février 1930, puis ministre des Pensions du 2 mars au 13 décembre 1930, dans le ministère André Tardieu, ministre des Anciens combattants et pensionnés du 10 avril 1938 au 13 septembre 1939 dans le cabinet Edouard Daladier et sous-secrétaire d'Etat du 13 septembre 1939 au 10 mai 1940 dans les gouvernements Daladier et Paul Reynaud.

Il est l'un des 80 parlementaires qui, le 10 juillet 1940, votent contre l'octroi des pleins pouvoirs à Philippe Pétain.

Auguste se retire dans son département, où il dirige le groupe départemental de Combat.

Premier chef de parti à reconnaître l'autorité du général de Gaulle en qualité de chef de la France libre, il est membre de l'Assemblée consultative provisoire à la Libération.

En 1946, il est nommé par la France procureur au procès de Nuremberg, lorsque François de Menthon quitte Nuremberg à la suite de la démission de De Gaulle du gouvernement provisoire de la République française.

Il devient président du Conseil de la République le 27 décembre 1946 au bénéfice de l'âge car, comme son concurrent communiste Georges Marrane, il obtient 129 voix.

Deux jours plus tard, Auguste est le candidat du MRP à l'élection présidentielle, qui voit la victoire du socialiste Vincent Auriol.

La maladie l'empêche d'assumer sa fonction de président de la haute assemblée, et il meurt en fonction, le 6 mars 1947, à 64 ans.

Des obsèques nationales lui sont faites, le 10 mars 1947, en la cathédrale Notre-Dame de Paris.


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AUGUSTE CHAMPETIER DE RIBES
PROCES DE NUREMBERG 1946



Voici le proverbe du jeudi 30 juillet 2026 :


ORTZADAR, EURI EDO OZKARBI.

Arc-en-ciel, pluie ou temps serein.

humour pluie vent arc-en-ciel
VENT ET ARC-EN-CIEL


(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)




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DU CYCLOTOURISME AU PAYS BASQUE EN 1932 (troisième et dernière partie)

 

CYCLOTOURISME AU PAYS BASQUE EN 1932.


Dès 1885, la revue Le Véloce-sport publie des circuits de randonnées à vélo.




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REVUE MENSUELLE DE CYCLOTOURISME
1ER DECEMBRE 1932



Voici ce que rapporta à ce sujet, Henry Lacoste dans le Bulletin officiel de la Fédération française 

des sociétés de cyclotourisme, en date du 1er décembre 1932 : 


"... Le village d’Irissarry nous étant recommandé comme pittoresque, nous poursuivons dans cette vallée jusqu’à lui. 



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VUE GENERALE D'IRISSARRY
PAYS BASQUE D'ANTAN



Nous sommes récompensés de notre peine par la vue d’un joli village au milieu duquel s’élève l’antique maison Ospitalia, véritable donjon, siège d’une Commanderie fondée au douzième siècle, et qui appartint plus tard aux Chevaliers de Malte. Ceci fait, nous revenons sur Ossès. A 1 500 mètres plus loin, deux vallées se présentent à nous, séparées par la montagne  "La Jarra" (on peut y monter par une ancienne route militaire : belles vues sur le pays de Cizes et les Pyrénées). 



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64 PIC DU JARRA 1908



Donc, partant de Eyharce, nous choisissons la vallée du Baïgorry, qui tire son nom du torrent qui l’arrose et du gai village étalé gracieusement au pied du vieux château féodal d’Echauz. Construit à une époque inconnue, il a été complètement remanié en 1555 et il présente encore des traces des moyens de défense de cette époque. Saint-Etienne-de-Baïgorry est relié à la vallée espagnole de la Bidassoa par une route qui, après avoir traversé une région pittoresque et sauvage, franchit la frontière au col d’Ispéguy (8 kilomètres). Une autre route pénètre au fond de la vallée en traversant les jolis villages de Banca, les Aldudes et Urepel. De ce dernier village, un sentier nous mène en Espagne par le col de Burdincuruch (1 029 mètres). Mais nous délaissons ces deux routes pour arriver à Saint-Jean-Pied-de-Port qui est le point terminus de cette randonnée. 



Nous voici dans la capitale de la Basse-Navarre, ancienne place forte construite sous les ordres de Vauban. 



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PORTE DE FRANCE
SAINT-JEAN-PIED-DE-PORT
PAYS BASQUE D'ANTAN



Dès la Porte de France nous accueille un étalage de cuivres du pays, sonnailles de troupeaux, ferretas ou seaux de bois coniques, cerclés de métal, que nous avons déjà vus, chemin faisant, sur la tête de belles filles du pays, nobles et sculpturales comme des canéphores antiques, makilas ou bâtons basques à pointes, curieusement bagués de cuivre. A notre gauche, une enseigne de posada marque le souvenir et le voisinage de l’Espagne. La rue en pente raide est faite de maisons lourdes et massives, aux façades de grès rouge, sur les linteaux des portes desquelles se lisent de belles inscriptions en relief, aux lettres larges et nettes comme des rubriques de missel et qui associent encore, au seuil de la demeure familiale, le nom du mari et de la femme qui la firent construire.



Un petit pont sur la Nive de Béhérobie, qui traverse la ville comme un canal étroit et intime, et voici l’église du XVe siècle, dont l’intérieur sombre et nu respire déjà le mysticisme espagnol. 



La Grande-Rue Centrale, sur la droite, se glisse silencieusement entre de belles maisons des XVIe et XVIIe siècles, aux balcons délicats, ornés de boules de cuivre, éclairés de plantes grimpantes, pour aboutir aux remparts signés de Vauban. En remontant, au contraire, sur la gauche, c’est une succession de maisons plus anciennes et plus rudes, aux moellons énormes, aux toits à larges auvents et à deux rangs de poutres, surplombant une rue au sol rugueux, infiniment solitaire et mélancolique sous le soleil de midi. Nulle boutique, nulle devanture moderne : fenêtres, portes, pas d’escaliers et ferrures sont là tels encore que purent les voir les patrouilles du XVIIe siècle, et il semble qu’en haut de cette rue, sous la porte fortifiée qui la termine et qui s’ouvre sur la campagne, on va trouver quelque corps de garde de soldats de Mazarin ou de grenadiers du Premier Empire, alors que Saint-Jean-Pied-de-Port pouvait se faire gloire de surveiller et de défendre notre frontière  du côté de l’Espagne. Rien n’est plus touchant que la décrépitude de cette petite place forte, jadis redoutable, mais en des siècles où les nécessités militaires s’accommodaient avec le style des belles maisons bourgeoises et où les fortifications elles-mêmes se piquaient de grâce et d’élégance. Aussi a-t-on pu écrire fort justement, de la jolie citadelle navarraise qu’elle est devenue "plus charmante encore d’être inutile". 



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LE CHEMIN DE LA CITADELLE
SAINT-JEAN-PIED-DE-PORT
PAYS BASQUE D'ANTAN



Tel est le lieu choisi par le Comité Midi-Pyrénées pour le Rallye Pyrénéen de 1933, qui s’est assuré de la collaboration de l'Association Sportive et Touristique de Bayonne, avec MM. Laroche et Galam. 



Nous comptons y voir beaucoup de cyclotouristes, car le pays vaut d’être connu. Je serais heureux d’avoir convaincu quelques amis de la "petite reine", par ce passage que j’ai décrit de mon mieux pour leur donner une idée sur le pays qu’ils auront à excursionner. 



Le vrai pays de Ramuntcho.



M. Armand Praviel, écrivain très connu et d’une réelle valeur, écrit ceci dans son magnifique ouvrage : Côte d’Argent, Côte et Pays Basque, Béarn.



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LIVRE CÔTE D'ARGENT CÔTE ET PAYS BASQUES BEARN 1927
D'ARMAND PRAVIEL



"Sare, me semble-t-il, a plus de caractère. C’est qu’un enchanteur est passé par là, qui nous a fait mieux sentir la beauté de son église lourde comme une forteresse, et de ses lourdes maisons divisées en deux groupes, les unes serrées étroitement, avec leurs auberges à cidre et leurs boutiques simplettes, les autres, plus nombreuses, disséminées aux environs, parmi les arbres, dans des ravins, sur des escarpements. C’est que Sare n’est autre que ce village d'EtchezarPierre Loti a fait vivre son Ramuntcho et sa Gracieuse, Vincent et Mireille basques... "Ce village d’Etchezar, solitaire et haut perché sur l’un des contreforts des Pyrénées, loin de tout, loin des lignes de communication qui ont bouleversé et perdu le bas pays des plages, et qui demeure à l’abri des profanations étrangères, vivant de sa vie d’autrefois." Nous le reconnaissons tel qu’il a été fixé pour jamais, autour de ces deux choses qui en sont le cœur et qui en symbolisent l’existence : l’église et le fronton. 


Les maisons y sont très élevées, aux murs déjetés parfois, mais soigneusement blanchis à la chaux, avec des chevrons débordants, des auvents de châtaignier peints en vert, de très petites fenêtres encadrées de granit et munies de contrevents pleins, et surtout avec d’importants balcons de bois, où sèchent au dernier soleil des citrouilles jaunes d’or, des gerbes de haricots roses et des chapelets de piments rouges, "toutes choses de la terre encore féconde, toutes choses du vieux sol nourricier, amassées ainsi suivant l’usage millénaire, en prévision des mois assombris où la chaleur s’en va". 



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MAISON BASQUE SARE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Ces demeures, solides comme des citadelles, attestent la force et la durée de la famille basque, de cette famille-souche qui a résisté à toutes les évolutions des siècles et même aux destructions du Code civil. 


Des vergers et des jardins les entourent, fleuris de lauriers-roses en pleine terre, de yuccas, de palmiers, d’hortensias, et de platanes soigneusement taillés en voûte, formant devant chacune d’elles comme une sorte d’atrium. 



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EGLISE ET CIMETIERE SARE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Voici l’église, entourée du cimetière. Si nous y entrons un dimanche, nous y retrouverons toute la population : les hommes dans les hautes tribunes qui l’encerclent, les femmes au rez-de-chaussée, la tête et le costume dissimulés sous le cachemire de deuil. Graves, ils ne vivent alors que pour la prière, chantant avec ensemble et avec élan les chants liturgiques : devant eux, absorbant leurs regarde, l’autel scintille sur un fond de vieux ors étincelants, d'entablements compliqués, de statues aux contournements excessifs et aux draperies tourmentées, dans le goût de la Renaissance espagnole. Comme l’a noté Pierre Loti, la magnificence du tabernacle contraste avec la simplicité des murailles latérales peintes tout uniment à la chaux blanche ; mais un air de vieillesse extrême harmonise ces choses que l'on sent habituées depuis des siècles à durer en face les unes des autres. 



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INTERIEUR EGLISE DE SARE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Par la magie prodigieuse d’un grand artiste, il semble, quand nous circulons à Sare, que nous nous trouvons au milieu d’anciennes connaissances : ces jolies filles, élégamment coiffées en cheveux, un soupçon de foulard sur la nuque, ces jeunes gens, aux figures rasées et brunies, auxquels les travaux des champs, de la contrebande et de la mer ont donné une maigreur presque ascétique, nous les reconnaissons. Qu’ils s’agenouillent autour des tombes, où viennent les convois de deuil en longue cape noire, qu’ils bondissent sur leur fronton de pelote, qu’ils dansent le fandango, le soir, aux sons des cuivres, ils nous sont familiers ; même leur cri de guerre et de joie, l'irrintzina, ne nous étonne plus, ce grand cri basque qui s’est transmis avec fidélité du fond de l’abîme des âges jusqu’aux hommes de nos jours, ce cri qui part de notes très hautes, féminines, et se prolonge avec quelque chose de rauque et de puissant, de mâle et de sauvage. 



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FRONTON SARE 1907
PAYS BASQUE D'ANTAN



Et le pays lui-même se révèle maintenant, s’impose peu à peu, comme fait la campagne bretonne. Ne lui ressemble-t- il pas, en effet, par le perpétuel granit qui affleure partout, par la pluie si fréquente et si pénétrante, par l'immobilité aussi et par la continuité du même rêve religieux ? 



Élevons-nous lentement, à travers les pentes fleuries de digitales roses, de silènes, de fougères. Nous sommes très loin dans l’espace et dans le temps. Les bouviers que nous croisons, avec leurs larges mâchoires et leurs cous bronzés et massifs décèlent une vieille race sobre et religieuse ; leurs bœufs, coiffés d’une peau de mouton couleur de bête fauve, qui leur donne des airs de bisons ou d’aurochs, traînent des chariots lourds dont les roues sont des disques pleins, comme celles des chars antiques. Nous montons. "Les chênes, les hêtres, les châtaigniers deviennent de plus en plus énormes, vivent à travers les siècles d’une sève toujours fraîche et magnifique." Une verdure puissante, tranquille, est jetée sur toute cette géologie tourmentée des Pyrénées basques : depuis des millénaires, elle la couvre et l’apaise sous la fraîcheur de son immobile manteau. "Et ce ciel nébuleux, presque obscur, qui est familier au pays, ajoute à l’impression que l’on a d’un universel recueillement où les choses seraient plongées. Une étrange pénombre descend de partout, descend des arbres d’abord, descend des épais voiles gris tendus au-dessus des branches, descend des grandes Pyrénées, cachées derrière les nuages..."


Non décidément, nous ne sommes pas ici sur une terre ennuyeuse et banale. Rien que par sa simplicité grave, elle atteint à la grandeur." — Armand Praviel. 



— Que voulez-vous ajouter à une si belle description du sol basque ? Comment mieux décrire le sol de Ramuntcho ? Je ne puis trouver rien de plus puissant, de plus véridique, c’est vraiment un maître. 



Dans toute cette définition, le langage est si clair, si explicite qu’il semble que l'on est porté en ce pays de Sare, que l’on vit dans la vie même de Ramuntcho



La patrie basque est vraiment belle. Crions pour elle l'lrrlntzina."





(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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