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mardi 30 juin 2026

DU CYCLOTOURISME AU PAYS BASQUE EN 1932 (deuxième partie)

 

CYCLOTOURISME AU PAYS BASQUE EN 1932.


Dès 1885, la revue Le Véloce-sport publie des circuits de randonnées à vélo.




pays basque bicyclette sports culture labourd basse-navarre soule
REVUE MENSUELLE DE CYCLOTOURISME
1ER DECEMBRE 1932



Voici ce que rapporta à ce sujet le Bulletin officiel de la Fédération française des sociétés de 

cyclotourisme, en date du 1er décembre 1932 : 



"Il y a en effet, dans ce peuple pacifique, un goût pour la danse et aussi le théâtre. Tout jeunes, ses fils apprennent à remuer leurs jambes en cadence et à figurer dans des pastorales. C’est le soir, les travaux achevés, qu’ont lieu les répétitions, à la lueur vacillante d’une chandelle de suif. Le maître rustique s’installe, examine les gamins qui gambillent à son appel, il met au point la position de leurs pieds, la tenue de leur buste, l’élégance de leurs entrechats, la souplesse de leurs bonds. Et pendant ce temps, un compère, juché sur quelque barrique, siffle un vieil air, bizarre et cadencé, qui vient du fond des temps. C’est surtout dans la Vallée de la Soule que cet art s’est maintenu et perfectionné. Il n’est pas rare d’y voir des enfants de dix à douze ans y porter avec crânerie les costumes rouge et or et les hauts diadèmes à feuilles d’argent des danseurs traditionnels et y exécuter avec une admirable précision les pas les plus difficiles : par exemple cette fameuse "danse du verre", qui consiste à décrire, autour d’une coupe pleine, une série de mouvements très compliqués, puis bondir sur elle, un pied en l’air, s’y maintenir un instant, et sauter enfin sans la briser ni la renverser. 



Outre les danses traditionnelles exécutées avec des costumes étranges dont l'origine remonte au moyen âge, nous avons, dans ce pays basque, quelques autres danses dont le nom est plus répandu et connu de tous les assidus de dancings. Ce sont : le fandango (danse nationale basque), la Pasa Calle, le Paso Doble, la valse espagnole. 



Toutes ces danses marquent une cadence très prononcée. Le plus souvent, les castagnettes à mains viennent donner le rythme et exciter le danseur. On sent bien par cette musique, un peu le territoire espagnol d’ailleurs tout proche. 



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CARTE BRODEE FOLKLORE
PAYS BASQUE



Une autre passion (je n’ose pas dire don) tient les Basques : c’est la contrebande. Malgré son apparence calme, le Basque est très "tracassier". Demandez-le plutôt aux douaniers et aux gardes-frontières. 



Beaucoup d’entre eux sont des contrebandiers et, malgré que cela vous paraisse étrange, sachez qu’être contrebandier, cela constitue pour eux un respect des traditions. Car, de tout temps, le Basque fut ainsi en marge des accords douaniers franco-espagnols. Ce métier très honorable chez les Basques n’est pas sans dangers ni difficultés, ni efforts. Car ces derniers gravissent dans la montagne des sentiers arides et pénibles, prenant souvent des positions fatigantes sous de lourds fardeaux et étant sans cesse en garde contre les douaniers toujours à l’affût. La caravane ne se compose généralement que de six à huit hommes dont un part bien en avant et sert d’éclaireur. Il se juche sur un endroit un peu surélevé et observe les environs. Si rien de suspect n’est aperçu par lui, il fait aussitôt entendre un cri imitant un oiseau quelconque (cri convenu avant le départ seulement) et la caravane surgit de sa cachette et bondit à une autre, et ainsi de suite jusqu’à l’arrivée. Le dernier se contente d’observer si rien ne peut surprendre l’arrière-garde. 



Si par malchance un groupe de douaniers les surprend le guide pousse trois cris et aussitôt chacun de jeter dans les fourrés son chargement et c’est le sauve-qui-peut général. Le bénéfice est perdu. Ce sera pour une autre fois. 



Si par bonheur la caravane arrive au lieu désigné, elle pose la marchandise et reçoit immédiatement sa part de bénéfice. Son travail est terminé. Généralement près de cet endroit se trouve, comme un fait exprès, une voiture de foin ou de paille qui reçoit naturellement la cargaison composée fort souvent de tabac, absinthe, châles, etc... Pour ce "travail", il faut être fort entraîné et connaître la montagne, comme sa poche. Or, la plupart des Basques connaissent à fond leur pays. 



Maintenant que vous connaissez un peu la vie des Basques, je vais vous mener, chers amis lecteurs, vers une jolie promenade en ce beau pays choisi comme lieu de résidence et illustré par deux grands hommes : Edmond Rostand et Pierre Loti



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EDMOND ROSTAND



La Vallée de la Nive (Le Labourd et la Basse-Navarre) 



Nous partons de Bayonne au petit jour, en direction de Saint-Jean-Pied-de-Port, dont la route se détache de celle de Biarritz, à l’extrémité de la belle promenade dite "des Glacis". Elle suit la Nive tout en traversant plusieurs vallons avant d’arriver à Ustaritz, agréable petite ville dans un site fort joli, ancienne capitale du Labourd. Un peu plus loin, Larressore, avec son séminaire, actuellement sanatorium pour tuberculeux. Puis, voici que tout à coup, nous apparaît placée sur un coteau, face à nous, une vision magnifique : c’est l'Arnaga, belle demeure de style basque transformée en palais avec son parc féerique. Tout au souvenir du maître incontesté, le poète de Cyrano, de l'Aiglon, etc. ; chef-d'œuvres immortels d’un Edmond Rostand, qui y prolongea sa vie chancelante et dont la mort prématurée termina une carrière de gloire fulgurante. 



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TABLE RONDE DU PAVILLON ARNAGA
CAMBO-LES -BAINS
PAYS BASQUE D'ANTAN



Quelle belle entrée pour la jolie ville thermale de Cambo ! Nous traversons une large terrasse d’où la vue embrasse la vallée de la Nive et le quartier, aux archaïques maisons, du bas Cambo, avec, comme fond, l’imposant massif de l’Ursuya, véritable éponge dont les eaux suffisent à alimenter Bayonne ainsi que les localités environnantes. Nous arrivons au quartier de l’établissement de bains avec son parc longeant la Nive où l'on peut goûter un repos restaurateur, loin des grandes voies sillonnées d’automobiles. Partout ce ne sont que de nombreuses et coquettes villas. 



Après Cambo, la route traverse une sorte de col et, par une descente rapide, atteint Itxassou, village au pied de deux montagnes entre lesquelles coule la Nive au fond d’une gorge profonde. Cet étroit défilé, un peu sauvage, est célèbre par son "Pas de Roland". On appelle ainsi un rocher percé qui se serait ouvert sous le choc de Durandal, l’épée de Roland, pour donner passage à ses preux lors de la désastreuse retraite de l’armée de Charlemagne, poursuivie par les Vascons. La vérité est plus simple : on se trouve sur l’ancien chemin suivant le torrent et il paraît plus commode de percer la roche plutôt que d’y pratiquer une tranchée. Du "Pas de Roland", on aperçoit à droite le Pic Mondarrain (750 mètres), surmonté par de gigantesques rochers et les ruines d’une ancienne redoute qui fut témoin des luttes héroïques des soldats du Premier Empire lorsque, en 1813, les troupes du maréchal Soult défendirent le pays contre l’invasion des armées du général Wellington. 



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LE PAS DE ROLAND ITXASSOU 1932
PAYS BASQUE D'ANTAN



Puis, retournant sur Itxassou, nous rejoignons la route N. 132, qui nous amène à Louhossoa, joli village aux blanches maisons, groupées autour de sa massive église du XIIIe siècle. 



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EGLISE LOUHOSSOA
PAYS BASQUE D'ANTAN

 



Aussi, dès que nous pénétrons dans Louhossoa, nous sentons quelque chose de changé dans ce qui nous environne. Ici les maisons sont d’un style nouveau — crépis moins clairs, disparition des toits inégaux et du poutrage apparent — tout cela nous témoigne d’un changement de province. En effet, quelques kilomètres plus loin, nous quittons le Labourd pour entrer dans la Basse-Navarre. 



Nous côtoyons de nouveau la Nive. Nous roulons ainsi entre des pyramides rocheuses, déchiquetées et les prairies souriantes qui bordent cette belle rivière ; puis ce sont les maisons dispersées, aux tuiles chaudement patinées, de Bidarray, un nom cher aux pêcheurs de truites. C’est le premier village de la Basse-Navarre, agréablement situé au carrefour de trois vallées, dont l’une, celle du Baztan, conduit en Espagne. Un vieux pont lancé sur la Nive, presque entièrement couvert de lierre, donne un aspect poétique dès l’entrée du village. 



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LE PONT D'ENFER BIDARRAY
PAYS BASQUE D'ANTAN



Comme je le disais plus haut, les maisons ont un aspect différent de celles rencontrées jusqu’alors, et dont on a fait, bien à tort, le type unique de la maison basque. Beaucoup d’entre elles sont de belles et solides maisons en pierre, qui portent souvent au-dessus de la porte d’entrée, des sculptures, des dessins et des inscriptions fort intéressantes à étudier. 



Le centre du village est placé sur un plateau occupé par l’église (monument classé), qui dépendit primitivement d’une commanderie appartenant au monastère de Roncevaux. On trouve dans les diverses parties du pays basque de nombreuses traces d’établissements de cette nature tenus au moyen âge par des moines chevaliers pour la protection des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle. 



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PLACE DE BIDARRAY
PAYS BASQUE D'ANTAN



Au delà de Bidarray, la route longe la Nive entre les versants abrupts d’une longue gorge qui ne s’écartent qu’à l’entrée d’un vaste cirque peuplé de maisons formant plusieurs hameaux et villages. Sur la droite, on aperçoit Saint-Martin-d'Arrossa dont les maisons aux archaïques inscriptions, sont dominées par la vieille église au centre du cimetière. Sur la gauche s’étale la large plaine d’Ossès, avec, aussi, de très curieuses maisons."



A suivre...





(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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dimanche 31 mai 2026

DU CYCLOTOURISME AU PAYS BASQUE EN 1932 (première partie)

CYCLOTOURISME AU PAYS BASQUE EN 1932.


Dès 1885, la revue Le Véloce-sport publie des circuits de randonnées à vélo.




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REVUE MENSUELLE DE CYCLOTOURISME
1ER DECEMBRE 1932



Voici ce que rapporta à ce sujet le Bulletin officiel de la Fédération française des sociétés de 

cyclotourisme, en date du 1er décembre 1932 :



"Fédération Française des Sociétés de Cyclotourisme agréée par le Ministère de la Guerre N° 13-7312.

Siège social à Paris. — Réunions : Brasserie Gruber, place de la Bastille, les Mercredis de 21 à 23 heures.

Correspondance : Fédération Française des Sociétés de Cyclotourisme, 34, rue des Archives, Paris (4e).

Compte de Chèques Postaux : Fédération Française des Sociétés de Cyclotourisme — Paris 703-68.

Cotisations : 15 francs par an, plus droit d'admission : 6 francs.

Rédacteurs en Chef : MM. J. Oudart et R. Louis.



Au Pays de Ramuntcho du Labourd et de la Basse-Navarre.



Il faut avoir vu Albarren, il faut connaître le pays basque, pour goûter l'émotion de Ramuntcho, de même qu'il faut connaître la route de Montmajour et des Baux pour comprendre Mireille et l'Arlésienne.



Bayonne, Biarritz, Saint-Jean-de-Luz, Ustaritz, Cambo-les-Bains, Hasparren, Sare, Saint-Jean-Pied-de-Port, Arnéguy, Saint-Etienne-de-Baïgorry, sont autant de centres qui par leur beauté, par leur charme, par leur aspect poétique, mettent en relief ce beau pays basque.



La visite de ce pays est une apothéose, on se sent pris malgré soi, par la délicatesse du paysage qui défile sous vos yeux. Vous dirais-je même, on se sent devenir Basque. Et pour mieux en compléter le charme, le Basque lui-même, tout à la joie de faire valoir sa petite patrie, fait tout son possible pour en rendre le séjour agréable. 



Ces hommes aux manières à la fois douces et violentes, au caractère fier et noble, aux traits francs et aristocratiques, sont généralement bons et serviables. L'hospitalité, chez eux, est spontanée et sacrée.



Ils conservent, quoi que cela paraisse bizarre, des moeurs fort anciennes. Principalement dans la campagne où l'on peut voir encore de nos jours, le départ du cadet pour une région inconnue où il devra travailler et se faire une situation avant de revenir au pays. Le droit d'aînesse a donc encore son rôle dans le pays basque, et, je crois, le seul coin de France.



Deux des principales occupations du dimanche sont : les offices religieux et la pelote. Toutes deux pratiquées avec autant de passion.



L'habitant est très pieux et par là même très superstitieux. Autant vont les légendes, d'ailleurs très intéressantes qui entourent toutes choses de ce pays.



C'est également à l'office et au match de pelote que l'on peut voir les sombres et beaux costumes des femmes, leurs belles mantilles, leurs beaux châles chamarrés. Quand aux hommes, leurs costumes blancs barrés d'une ceinture de flanelle rouge ou bleue, coiffés du célèbre béret, et chaussés d'espadrilles blanches, ils ont l'air de gymnastes en cours d'évolutions.



Je disais donc que la pelote est ici le sport national.



Aussi, je vous convie à assister à une partie de pelote, si vous arrivez un jour de jeux dans le pays. Malgré que vous n'en connaissiez pas les règles, vous vous y intéresserez et, n'ayez pas peur de ne pouvoir suivre le jeu régulièrement, car le spectateur se charge de vous faire remarquer les fautes ou les coups de force des "pelotaris", par des huées qui emplissent le stade d'un bruit de tonnerre.



Il y eut de tout temps, soit du côté espagnol, soit du côté français, des "as" de la pelote ; mais il faut remarquer, sans fausse modestie, que ces derniers sont plus nombreux et tiennent la dragée haute à leurs adversaires espagnols. N'y a-t-il pas encore, de nos jours, un Chiquito de Cambo, qui gagne aisément les matches de pelote, devant les plus célèbres "pelotaris", et cela depuis quelques années ?



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"ROI DE LA PELOTE" CHIQUITO DE CAMBO
PAYS BASQUE D'ANTAN



Chiquito de Cambo est le champion incontesté de la pelote basque, de même que son compatriote Borotra (le Basque bondissant) est le champion de tennis bien connu. Pour vous citer un exemple, qui vous démontrera le point qu'atteint la Pelote dans l'esprit basque, je vais vous décrire une petite histoire véridique qui est arrivée aux Aldudes. C'était sous la Terreur ; même à cette époque, le pays n'a pas cessé de s'adonner à son jeu national. Et, un beau jour, le représentant du peuple y fut averti que, dans une grande partie de pelote engagée aux Aldudes, la vallée voisine, on attendait la rentrée d'un pelotari fameux, de Perkaïn, un émigré qui avait juré de revenir pour y prendre part. Pouvait-on à ce point braver la République ? Le jacobin court au fronton désigné. On ne l'a pas trompé. Perkaïn est là. Il bondit, la main enveloppée du petit gant de cuir qui remplaçait alors la xistera. Il n'a rien perdu de son incomparable maîtrise. Il triomphe une fois de plus au milieu d'un enthousiasme frénétique. Et, quand l'homme qui incarne le pouvoir central à Ustaritz veut intervenir, six mille spectateurs, armés de leurs redoutables makilas, s'interposent entre leur glorieux compatriote et lui, le houspillent quelque peu, l'obligent à s'enfuir...



Pendant ce temps, l'émigré remonte la vallée où rêve, près de son vieux pont, Saint-Etienne-de-Baïgorry et franchit la frontière espagnole, auréolé d'un succès nouveau.



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PONT ST-ETIENNE-DE-BAÏGORRY 1938
PAYS BASQUE D'ANTAN


La pelote est un instinct chez les Basques. Elle remonte très haut dans l'histoire. Quel est donc ce jeu capable de passionner à ce point ce peuple d'habitude silencieux et calme ?



Il fait partie d'une grande famille dont la souche est la longue paume française, qui, elle-même, dérivait des Grecs et des Romains ; elle se rattache aussi actuellement au pallone en Italie, au tamis en Belgique, et au tennis.



Elle prit une vogue extraordinaire au XIXe siècle. De 1840 à 1865, le jeu, alors appelé lachoan, fut lancé par un bouvier d'Hasparren, Gascoïna, qui fut un véritable champion. Viennent ensuite les champions Chiquito de Azpeitia, Chiquito de Eibar, Eloy, Chiquito de Cambo, Melchior et Arrué pour ne citer que les meilleurs.



Peu à peu le gant de cuir de Perkaïn tend à s'allonger, à se transformer : en 1858, apparut la xistera, cette espèce de main en osier qui modifie complètement le jeu. Le rebot, à son tour, est délaissé. Gatsa, Chilar, Larronde le voient peu à peu disparaître. Il est remplacé par le blaid, qui est plus simple. Les véritables amateurs de pelote déplorent, dit-on, tous ces changements. Cependant le blaid prospère et est le plus joué à cette heure.



La gloire des pelotaris, à notre époque de sport, a débordé les frontières du pays basque. Il y a des frontons dans tout le Sud-Ouest, de Toulouse à Bordeaux, et dans le monde entier on s'intéresse aux matches les plus importants.



Mais le Basque possède d'autres dons que celui de la pelote, c'est le chant et la danse.



Beaucoup d'entre eux chantent très juste, et l'on en voit assez souvent arriver avec succès sur les planches du Grand Opéra de Paris.



Afin d'avoir un aperçu de leur voix, il faut pour cela entendre la célèbre chorale Alégéra de Saint-Jean-de-Luz, et Lous muts de Bayonne.




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DISQUE FESTERA
CHORALE ALEGERA SAINT-JEAN-DE-LUZ
BNF



Le chant basque est lent, mélodieux, sentimental à l'excès. Il décrit d'une façon surprenante l'âme du Basque.



Dans leurs chansons, l'amour tient la plus grande place. Parmi celles-ci, relevons : La Dacquoise, chanson très populaire dans le Sud-Ouest de la France, qui vante les charmes et surtout les beaux yeux de la femme dacquoise. Maritchu, jeune fille basquaise, à une demande ironique qui lui est faite sur le but de sa promenade avec son amant, répond qu'elle va à une certaine fontaine où l'on boit le vin le plus délicieux (celui de l'amour) et où, en s'aimant, on oublie le reste du monde (littéralement : on peut se moquer de l'opinion des gens du Pays Basque).



Adios Ene Maïtia (les Adieux de l'Aimée). Cette romance souletaine est très connue dans tout le pays basque français et espagnol.


Boga-boga, chanson de pêcheurs de la côte qui vante la beauté, du port d'Ondarroa, dans la province de Guipuzcoa.


Ay ori Beguï Ederra (Les jolis yeux de ma mie), chanson basquo-espagnole, très populaire en Navarre.


Goïzeko Izarra (Etoile du Matin), très jolie romance basque espagnole.


Et enfin : Guernikako Arbola, l'hymne basque. Chant d'adoration pour le chêne de Guernica, emblème de la liberté pour les Basques.




pais vasco antes canto arbol sagrado guernica
GUERNIKAKO ARBOLA


Généralement, tous ces chants sont accompagnés par un orchestre appelés Existularis, qui possède comme instruments la xülüla (flûte à trois trous) et le ttunttuna (tambour). Ce groupe rappelle, par l'équipement des musiciens et leurs instruments, les orchestres de Provence. Outre ces instruments, l'accordéon est très utilisé dans le pays. Vient ensuite la danse. "Les Basques ? disait M. de Voltaire. Un petit peuple qui danse au pied des Pyrénées !"



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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