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vendredi 15 novembre 2024

"SOUS LE SIGNE DU BÉRET BASQUE" EN AOÛT 1930 (troisième partie)

 

"SOUS LE SIGNE DU BÉRET BASQUE" EN 1930.


Dans les années 1930, le béret Basque est à la mode en France.





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PLAGE FLEURIE DEAUVILLE 1930
CALVADOS D'ANTAN



Voici ce que rapporta le quotidien Comoedia, dans plusieurs éditions :


  • le 22 août 1930, sous la plume de Georges Schmitt :

Avant le concours de bérets.



Quand Tiarko Richepin fait répéter.




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COMPOSITEUR TIARKO RICHEPIN


Le Normandy dort. Il n'est que quatre heures de l'après-midi. Sur son toit, un chat maigre s'allonge dans l'attente vaine d'une aimable matoute. Il est vrai qu'il est en porcelaine. C'est presque le Palais du bel hautbois dormant.



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LE NORMANDY-HÔTEL
14 DEAUVILLE
CALVADOS D'ANTAN



Soudain, ritournelle animée et enchaînement d'un piano qui joue un air étincelant de verve et de gaîté.


C'est Tiarko Richepin qui fait répéter Mlle Franconnay, la jeune artiste qui doit créer, demain, la déjà célèbre "Chanson des bérets".



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LA CHANSON DES BERETS DE TIARKO RICHEPIN



Dans la chambre qui ouvre sur un jardin, un piano, et accotés au piano, deux fusils. "C'est pour les pigeons" dit Tiarko, mais Mlle Franconnay songe : "Bon Dieu, si je fais une fausse note !!!"


Rien à craindre de ce côté, heureusement !


Le premier couplet, file, épatant d'allure et la charmante artiste attaque le second en l'enrichissant d'imitations de Chevalier, de Maud Loty, de Mistinguett, de Damia. Tiarko, déchaîné, tire des étincelles du clavier.


(Tout à l'heure, les fusils vont partir tout seuls !)


Assis sur le lit, l'auteur des paroles, notre ami Charles de Richter bat la mesure avec son pied, et a toutes les peines du monde à ne pas faire chorus au refrain.


Mlle Franconnay esquisse maintenant le pas qui doit meubler la ritournelle.


Nouvelles imitations, nouvelles trouvailles. Tiarko a si chaud qu'il en "tombe la veste". Un maître d'hôtel apporte du porto. Trois verres cassent par le seul effet de la sonorité.



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SALLE A MANGER NORMANDY-HÔTEL
14 DEAUVILLE
CALVADOS D'ANTAN


Reprise. Aux fenêtres du Normandy, des têtes apparaissent. Il n'y a plus une place au balcon. Trois lorgnettes sont braquées sur la jeune vedette et la boivent des yeux. Tiarko transpire, la poudre des fusils doit aussi être mouillée. Au moins, ils ne partiront pas !


Mais qui songerait à partir ?


Le béret sur la tête, Mlle Franconnay passe en revue les différentes manières de le porter. Tiarko, qui lança la mode, voici vingt ans, du béret basque, lui donne des conseils tout en jouant et en chantant lui-même la chanson.


Ah ! s'il est un compositeur prodigieux — et il l'est — quel artiste complet, quel organe étourdissant !


Sur le toit, le chat maigre de porcelaine semble avoir des frémissements dans la queue ; deux pigeons, qui roucoulaient (heureusement que Tiarko ne les a pas vus), se béquetent et se bécotent en mesure. Toutes les têtes, aux fenêtres, suivent un identique mouvement de métronome.


Certains, déjà, reprennent en choeur au refrain. Ah ! qu'est-ce que ce sera, demain, au Bar du Soleil, avec l'orchestre Billy Arnold et la grande joie populaire !



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ORCHESTRE BILLY ARNOLD



Mais Tiarko a dit : "On remet ça ?" Il joue à nouveau, emballé d'un bel enthousiasme. Mlle Franconnay danse et lance les couplets avec une fantaisie de jongleuse. Charles de Richter bat toujours la mesure, ce qui vaut mieux que de battre les femmes. Il n'y a qu'un personnage dans toute la chambre, qui dort : le chien de Tiarko, son célèbre cocker. Que voulez-vous, il a l'habitude !"




  • le 26 août 1930 :

"Apothéose. Notre concours de bérets.



Ce fut vraiment le triomphe des bérets : De ces bérets basques adoptés par la Plage-Fleurie et naturalisés deauvillais.



Y en avait-il encore chez les commerçants deux heures avant la fête ?



Nous pouvons en douter car on les comptait les minois féminins et les faces masculines qui ne s'en cachaient pas dans ces bérets dont on peut critiquer la sévérité, mais qui permettent toutes les fantaisies, toutes les audaces charmantes, toutes les légèretés.



Mais procédons par ordre. Les grandes journées doivent entrer dans l'histoire avec leurs moindres détails, et la journée des bérets fut de celles-ci.



9 heures.


Tout Deauville ouvre l'oeil et se précipite à sa fenêtre. Hélas ! pluie et vent à croire que les éléments se sont trompés de mois. Tout Deauville hoche la tête et jette un regard désespéré vers le baromètre.


Austerlitz ? Waterloo ? Lequel sera-ce ?



10 heures.


Miracle ! Comme quoi la foi remue les montagnes ! Un à un les nuages prennent la porte de sortie et petit à petit, le ciel retrouve une couleur que l'on n'osait plus espérer.



Les dames qui avaient déjà choisi un béret de teinte sombre se ruent sur leurs cartons à chapeaux pour en chercher un aux couleurs plus appropriées. On s'habille à la hâte, on mobilise la glace pour trouver le petit coup de pouce qui donne la ligne la plus amusante. Pendant ce temps, monsieur qui ne peut pas mettre sa cravate peste contre madame, mais n'en arbore pas moins lui aussi son béret.



Le ciel s'est tout à fait nettoyé maintenant. Du bleu et de l'or. Une température idéale. Non, ce ne sera pas Waterloo, et l'on n'aura pas besoin de mobiliser Cambronne.


Ce sera Austerlitz.


Mais, au fait, que pouvait-il bien dire quand il était heureux, Cambronne ?



11 heures, Bar du Soleil.



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BAR DU SOLEIL
14 DEAUVILLE
CALVADOS D'ANTAN


La foule des grands jours jacassant, riant, pépiant. Aux portes, les contrôleurs qui ne laissent entrer que les élus, porteurs de carte. Tout autour, une mer humaine qui flue, reflue, stagne et s'amuse.


L'orchestre s'installe sur son estrade, et la foule se dispute les tables en bordure de piste. Les cinématographes prennent position, et les fils du micro serpentent à travers les chaises.


On attend. Il n'y a plus une place de libre.



Même heure. Dans les coulisses.


A l'intérieur des Bains pompéiens l'agitation est à son comble. Toutes les concurrentes qui ont si aimablement prêté leur concours pour ce joli gala sont là, qui en pyjama, qui en costume fantaisiste, mais toutes arborant — avec quel chic et quelle crânerie ! — le joli petit béret.


Peggy Vère, qui a obtenu du Concert Mayol de rester par autorisation spéciale, et Claire Franconnay qui doit lancer un pyjama conçu pour cette occasion par cette magicienne Laure Lucy, ne sont pas encore arrivées et font blanchir précocement les cheveux des organisateurs. On les aperçoit enfin, et comme elle sont toutes deux délicieuses de fantaisie et de cran, on les acclame... et l'on frappe les trois coups.



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ACTRICE PEGGY VERE



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CHANTEUSE CLAIRE FRANCONNAY






A suivre...



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