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mardi 19 novembre 2024

UN CRIME À CIBOURE EN LABOURD AU PAYS BASQUE LE 31 DÉCEMBRE 1929 (deuxième et dernière partie)

 

UN CRIME À CIBOURE EN DÉCEMBRE 1929.


Le dernier jour de l'année 1929, un crime secoue la commune de Ciboure peuplée d'environ 4 000 habitants, et administrée par le Maire Jean-Baptiste Duhau.



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CROIX BLANCHE CIBOURE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet la presse dans plusieurs éditions :


  • La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, le 27 février 1930 :

"Le drame de Saint-Jean-de-Luz devant la Cour d'Assises.

Dans la nuit du 31 décembre 1929, Passicot tua son camarade Loison...

Dix ans de travaux forcés.



... Les explications de Passicot.


Louison l'avait menacé d'un mauvais coup, explique l'accusé. C'est pourquoi il s'était armé d'un couteau. Puis il donne l'emploi de son temps dans la soirée du meurtre. Cette soirée, comme l'indique l'acte d'accusation, Passicot et Loison la passèrent chez Mme et Mlle Dussert. Sorti le premier, Passicot attendit dans un débit son camarade qui ne tarda pas à paraître.



Les deux jeunes gens cheminèrent ensemble. Loison, paraît-il, tint des propos inconvenants sur la demoiselle Dussert et sur sa mère.



Ces propos indisposèrent Passicot, qui prétendait lui aussi à la main de la jeune fille et aurait même été à un certain moment agréé.



La querelle s'envenima. Passicot prit son couteau de cuisine et porta "un mauvais coup".



Loison fait quelques pas en râlant puis s'écroule.



Son agresseur va dans un débit "où l'on jouait du clairon". Il boit un grand verre de vin.



Tout cela, le coup porté à son camarade, son abandon, alors qu'il n'était peut-être pas mort, il le regrette.


— Bien tard, coupe le président.

— Savez-vous que le coup fut très violent, constate M. Lefranc.

— J'étais en colère.




De cela il se défend énergiquement. 


— Je n'ai porté qu'un coup, à fond.



Ce couteau de cuisine, pointu, à la lame triangulaire, à manche de bois, que le président montre à Passicot, pourquoi celui-ci l'a-t-il pris pour aller passer une soirée, en quelque sorte en famille.


— Pour me défendre. Loison m'avait menacé. J'avais peur de lui.

— Peur de lui ? Pourquoi alors l'avoir attendu près d'une demi-heure à la porte ?



La question gêne Passicot qui hésite à répondre. D'autant que le président ne manque pas de trouver étrange qu'il ait passé la soirée avec un homme qu'il prétendait redouter.



Passicot connaissait Loison depuis un an et demi environ. Les deux jeunes gens étaient assez liés. Quand Loison partit au service, à Quimper, Passicot lui adressa un certain nombre de lettres. Ces lettres, la jeune Mireille les écrivait la plupart du temps. L'accusé se chargeait de leur expédition. De même il faisait parvenir à la jeune fille les réponses de son fiancé.



Y eut-il promesse de mariage entre Passicot et la jeune Mireille ?



L'accusé affirme que oui. Le président lit quelques lettres qui semblent prouver que la jeune fille se souciait peu de Passicot et que son affection allait à Louison.



Mais Me de Sèze brandit à son banc une liasse de lettres et semble promettre des révélation quand l'heure viendra pour lui d'en donner lecture.


— Loison, partant au service, vous avait recommandé sa fiancée ?

— Oui, reconnaît l'accusé.



Une fois encore le président demande à Passicot les raisons de son acte. Jalousie ?


— Non, la colère, réplique l'accusé, dont l'interrogatoire prend fin sur ces mots.



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EGLISE CIBOURE 1929
PAYS BASQUE D'ANTAN


L'audition des témoins.



Le premier témoin, M. Sarrade, maréchal-des-logis de gendarmerie à St-Jean-de-Luz, est introduit. Point par point, il retrace l'enquête qu'il eut à faire, rien que l'on ne sache déjà. Il souligne cependant que Passicot n'a pas avoué son crime spontanément et qu'au sujet de son couteau, il a déclaré l'avoir pris pour se défendre au besoin car Loison, paraît-il, lui avait cherché querelle l'avant-veille du drame.



M. de Luzaret, médecin-légiste, dépose ensuite. D'après lui, une seule version est possible : Passicot se tenait à la droite de Loison et a dû pivoter sur ses pieds en le poignardant. Le coup a été très violent ; le couteau de cuisine a déchiré la capote et les vêtements de Loison, percé la peau, le tissu sous-cutané et ouvert la poitrine — et la mort a dû être instantanée. Sur une intervention du défenseur, M. de Luzaret déclare, à son avis, qu'un seul coup a été porté.



C'est au tour de M. Quatrevieux, jardinier à Urrugne. Il rappelle comment il découvrit, avec son camarade Esquermendy, le corps gisant de Loison. Sa déposition ne dure que quelques minutes.



M. Esquermendy, jardinier à Ciboure, n'ajoute rien aux précédentes déclarations.



Mme Doyarçabal, épouse Mendibure, qui éleva Loison depuis l'âge de 13 ans, déclare que le jeune homme lui exprima souvent sa joie d'être fiancé à Mlle Dussert et qu'il se faisait un grand plaisir, lors de sa permission de décembre, de la revoir.



L'audience est suspendue cinq minutes à 15 heures ; cinq témoins doivent encore déposer.



Mme Dussert mère explique dans quelles conditions Loison et Passicot fréquentaient chez elle. L'avant-veille, la veille et le soir du drame, les deux jeunes gens avaient joué en compagnie de sa fille. Il n'y avait eu aucune querelle. Les deux jeunes gens paraissaient en bons termes, causaient amicalement, se serraient la main en se rencontrant et en se quittant. Jamais, dit encore le témoin, sa fille ne fut fiancée à Passicot.



La jeune Mireille Dussert, 17 ans, confirme le récit de sa mère, sur les visites de Loison et de Passicot. Les deux jeunes gens semblaient très amis. Jamais elle n'assista à aucune discussion. Passicot avait bien demandé sa main ; elle avait refusé, disant que son fiancé était déjà choisi. Passicot parut se contenter de la réponse et n'insista pas ; au contraire, il souhaita à la jeune fille d'être heureuse en ménage.



L'avocat général demande au témoin si l'accusé ne la frappa point un soir, au bal. Mlle Dussert reconnaît voir reçu une gifle de Passicot ; mais, sur le conseil de son fiancé, alors soldat à Quimper, elle pardonna, et les relations amicales continuèrent.



Les autres témoins ne savent rien de particulier sur le drame. Ceux qui ont connu Passicot le considèrent comme simple d'esprit. Il servait de jouet à ses camarades de chantier.



L'un des derniers témoins pense que les dames Dussert n'auraient pas dû le recevoir chaque jour. Cette intimité lui fit concevoir des espérances qui, lorsqu'elles s'envolèrent, firent éclater sa fureur.



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CIBOURE 1929
PAYS BASQUE D'ANTAN


Réquisitoire et plaidoirie.



Pour l'avocat général, qui requiert avec vigueur, la jalousie seule peut expliquer le crime.



Passicot ne fut pas provoqué. Il a prémédité son mauvais coup dans l'intention de se débarrasser d'un rival. Sa responsabilité est entière.



L'organe du ministère public ne veut pas fixer la peine. Il laisse aux jurés le soin de se prononcer selon leur coeur mais attend un verdict pleinement affirmatif.



Me de Sèze présente avec beaucoup d'éloquence et d'habileté la défense de Passicot, victime inconsciente de la coquetterie féminine, faible, désemparé, poussé au crime malgré lui.



L'avocat évoque l'image de la mère qui attend anxieuse la décision des jurés, et les adjure de se montrer pitoyables.



A 18 heures, les débats sont déclarés clos.



Le verdict.



Après une délibération d'une demi-heure environ, le jury rentre dans la salle d'audience.



Son verdict est affirmatif sur les deux questions de culpabilité et de préméditation.



Passicot obtient les circonstances atténuantes.



A la lecture du verdict, l'accusé manifeste son repentir. Son défenseur fait un dernier appel à la pitié de la cour.



A 19 heures, lecture est donnée de l'arrêt qui condamne François Passicot à dix ans de travaux forcés et dix ans d'interdiction de séjour.



Le président Lefranc, qui a supérieurement dirigé les débat durant trois audiences, remercie les jurés et prononce la clôture de la session.



Un recours en grâce.



A la demande de Me de Sèze, le jury a signé, en faveur de Passicot, un recours en grâce."



(Source : Wikipédia)



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