CARTES POSTALES , PHOTOS ET VIDEOS ANCIENNES DU PAYS BASQUE. Entre 1800 et 1980 environ.
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samedi 27 septembre 2025
mercredi 27 août 2025
LA COMMUNE DE MACAYE EN LABOURD AU PAYS BASQUE AU 18ÈME SIÈCLE (troisième partie)
LA COMMUNE DE MACAYE AU 18ÈME SIÈCLE.
En 1793, la commune de Macaye compte 861 habitants.
Voici ce que rapporta à ce sujet le bulletin de la Société des Sciences, Lettres & Arts de Bayonne,
le 1er juillet 1933, sous la plume de Michel Etcheverry :
"Une paroisse Basque au XVIIIe siècle : Macaye.
... Avec le vicomte le personnage principal de Macaye était naturellement le curé. Il était à la présentation de la maison seigneuriale, car on a déjà vu que les hôtes d'Etchehandy avaient le patronage de l'église. En plus de ses honoraires de messes et de son casuel (je note en passant qu'il lui était versé une rétribution pour la bénédiction de l'air) il percevait une part des dîmes de sa paroisse (celles qui ne revenaient pas au vicomte ou au chapitre de Bayonne titulaire des quarts décimaux) et les prémices en entier. Dîmes et prémices portaient sur les récoltes et les animaux. Suivant un usage répandu, il affermait cette dernière recette et échappait ainsi à l'humiliante obligation de quêter son dû. Cet article était d'un assez bon rapport. En 1708 de Castenoles en retire 600 livres par an et d'Urquiet 650 livres en 1753.
En dehors des invitations périodiques à sa table des notables de l'endroit ou des officiers du culte, en dehors des charités laissées bien entendu à sa discrétion, quelles étaient les charges du curé ? Peut-être une légère contribution aux réparations de l'église en qualité de decimateur, quoique secondaire (nous n'avons pu vérifier ce point et, du reste, les curés de Macaye au XVIIIe siècle n'auraient guère eu à dépenser de ce chef, l'église ayant été rebâtie en 1729) et certainement une part — environ le quart — des frais qu'entraînait la visite épiscopale. C'est ainsi qu'en 1737 le budget curial eut à supporter une dépense de 13 livres 4 sols à l'occasion de la réception de Mgr de Bellefond. La paroisse prit à son compte 40 livres. Il n'est pas sans intérêt de noter ce qu'on pouvait servir à cette époque pour moins d'une cinquantaine de livres. Voici ce qui se consomma dans ces agapes intrépides : un mouton, 6 livres de boeuf, 2 poules, 6 poulets, 4 poulardes, 3 picagneaux, 2 canards, 14 bouteilles de vin de Hasparren, une bouteille de Rancio et une autre de Xérès, 12 bouteilles de vin de Capbreton, sans compter le pain, porté pour 7 livres.
Autour du curé et du vicaire gravitait un petit essaim d'ecclésiastiques : les prêtres habitués autrement dit les prébendiers. Ils formaient le corps ordinaire, c'est-à-dire qu'ils acquittaient les messes et prières annuelles fondées par des personnes pieuses moyennant un capital inamovible. L'un deux assurait aussi, contre rétribution provenant d'un legs, la messe matutinale. Chaque année ils élisaient avec le curé et le vicaire un syndic chargé de la gestion financière. Le clergé comptait 6 membres en 1702 — 7 en 1718 — 5 en 1763. C'était relativement peu si l'on compare ce chiffre, toutes proportions gardées, à celui de certaines autres paroisses du Labourd. Il suffit cependant, avec le nombre des prébendes — au moins une douzaine — avec la confrérie de St-Blaise qui n'était peut-être pas la seule, avec l'institution qui paraît avoir été florissante des tertiaires ou "religieuses du tiers-ordre" à donner une idée assez avantageuse de la vie religieuse à Macaye.
La religion, d'ailleurs, pénètre la vie municipale — en ce sens du moins que les assemblées paroissiales se tiendront habituellement le jour du Seigneur et que les magistrats locaux prendront Dieu à témoin de leurs bonnes intentions lors de leur entrée en charge. Ces magistrats sont au nombre de 5, un maire-abbé et 4 jurats (un jurat par quartier). Ils étaient renouvelés chaque année à l'élection, et l'opération se faisait le 1er Janvier. Jusqu'en 1737 inclusivement les officiers municipaux sortants désignaient des députés, lesquels à leur tour choisissaient le corps.
Mais voici que la nomination de la jurade donne lieu en Janvier 1738 à des incidents graves. La municipalité expirante convoque suivant l'usage les propriétaires "au porche ou en la loge attenant l'église". La séance n'est pas plus tôt ouverte et le premier rite accompli que plusieurs citoyens protestent contre le choix des députés ; ils font tant et si bien que la réunion finit en tumulte sans qu'on ait pu procéder au second scrutin. Les officiers sortants donnent rendez-vous à l'assemblée le 5 "en vue d'y prendre les mesures les plus efficaces pour parvenir à faire la nomination des nouveaux magistrats." Les opposants se piquent au jeu, battent le rappel des électeurs pour le 3 et gagnent à leur cause un nombre important de partisans. A la date du 3 tous les conjurés se rassemblent et, sans faire aux magistrats l'honneur de les appeler, déclarent 5 des citoyens présents investis du mandat d'abbé et de jurats. Le même jour et probablement dans la même réunion ils examinent et votent un nouveau règlement électoral qui enlève aux jurats en charge leur monopole, porte ouverte, il faut le reconnaître, à bien des abus. L'élection sera à 3 degrés : mais le hasard seul et non plus l'arbitraire des officiers sortants jouera au 1er degré. Les assistants se diviseront en 4 rangs, chacun d'eux composé des propriétaires d'un quartier. On distribuera à chaque électeur un grain de millet et cette distribution sera faite par des enfants. (Notons que le recours aux enfants pour la remise des bulletins de vote était une pratique assez répandue en Labourd). Parmi les grains de millet on en aura glissé 4 qui seront noirs, un par quartier. Les attributaires du grain noir qui rempliront le rôle dévolu jadis aux jurés : ils désigneront 4 députés et ceux-ci nommeront la jurade. Le statut électoral ainsi arrêté fut envoyé en Cour de Parlement pour ratification.
On pense bien que les membres de l'ancien Conseil ne se tinrent pas pour battus. Le Dimanche 5 Janvier ils font publier au prône que l'acte du 3 laisse la question ouverte et qu'on passera outre : à l'issue de l'office les opérations électorales reprendront dans la forme traditionnelle. Le parti des amis des institutions établies obéit à l'invitation et cette fois le scrutin peut fonctionner conformément à la procédure habituelle. Le lendemain 6, les 5 gardiens de l'orthodoxie chargeaient, par acte notarié, un procureur de Bordeaux de poursuivre en Cour la reconnaissance officielle des nominations faites la veille.
C'était donc la division à Macaye. L'Hôtel de Ville se dressait contre la Commune. Et les jours passaient sans que celle-ci se soumit.
Les magistrats de l'année précédente estimèrent devoir intervenir encore et frapper un coup décisif en faveur de la municipalité élue le 5 et, par la même occasion, en faveur de l'organisation électorale qui leur tenait à coeur. Ils escomptaient l'effet moral d'une grande manifestation qu'ils monteraient avec soin. Malgré la disparition inopinée du maire-abbé, Pierre Duhart qui meurt le 12 Janvier, ils appellent leurs partisans en assemblée générale pour le 15. Devant ces fidèles soutiens de la Constitution ils refont le récit de tout ce qui est arrivé au début du mois et posent la question de droit : quelle est celle des 2 élections qui leur paraît régulière et qu'ils désirent approuver ? La réponse était acquise d'avance. Elle fut nette, péremptoire. "Ont tous lesd. comparans, manans et habitans, lisons-nous dans le procès-verbal, dit et déclaré comme par ces présentes ils disent et déclarent tenir la prétendue nomination dud. jour 3e de ce mois comme non advenue et de nul effet et valeur comme ayant été faite hors les règles et usage de la présente paroisse et d'ailleurs d'une manière irrégulière et tumultueusement, mai au contraire qu'ils veulent et entendent que celle faite led. jour 5e du présent mois sorte son plein et entier effet pour avoir été faite dans la forme et manière usitée de tout temps en icelle paroisse ; déclarent enfin lesd. manans et habitans qu'ils veulent et entendent que la nomination de leurs magistrats se fasse à l'avenir ainsy et comme celle dud. jour 5e du présent mois a été faite laquelle est conforme à l'usage et coutume de la paroisse."
Nous n'avons pu découvrir pour quelles raisons les élus du suffrage révolutionnaire s'inclinèrent et rendirent leur chaperon. Le désaveu solennel du 15 avait-il été prononcé par la majorité de leurs concitoyens et, de ce chef, l'exercice de leur mandat irrégulier devenait-il impossible ? Reçurent-ils des autorités compétentes l'ordre de se retirer ? Toujours est-il que les documents postérieurs nous apprennent qu'ils avaient quitté la place. En revanche le mode électoral qui avait été adopté le 3 Janvier par une fraction de la population obtint l'approbation du Parlement — et cela dans le courant de ce même mois de Janvier. Il allait constituer désormais la règle à laquelle il fallait bien que tout le monde se pliât. Il entra en application dès l'année suivante 1739 et fut observé jusqu'à la fin de l'ancien Régime.
Il y avait, avons-nous dit, un jurat par quartier. Le maire-abbé était pris, en principe, dans les différents quartiers par roulement. Tous ces dignitaires étaient naturellement des propriétaires et même des propriétaires cossus. Ce détail nous est fourni par l'acte de protestation que fit rédiger, chez le notaire du cru, un maire-abbé récalcitrant, le sieur Joannes Duhart. Ce brave homme, élu maire-abbé en 1765, conçut une violente irritation de l'honneur qu'on lui conférait. Dès le lendemain de sa nomination, il se précipite chez le tabellion, dicte une déclaration qui contient son refus motivé. Il reconnaît que voilà 7 ou 8 ans il accepta la jurade. Mais, en dehors de son petit bien, il possédait alors par engagement une maison qu'il a depuis donnée en patrimoine à son fils sous-diacre. Or, dit-il, "les charges municipales se doivent remplir par des notables et conséquemment par les habitans les plus forts en biens-fonds". Que la communauté jette son dévolu sur un autre. Au surplus il sera "appelant en la Cour du Parlement de Bordeaux tant de lad. élection que de tout ce quy peut s'ensuivre."
On sait la part considérable que nos aïeux prenaient à l'administration des intérêts communaux. Il n'est pas rare de voir des paysans de Macaye critiquer et condamner au besoin par devant notaire, telle ou telle décision de la jurade. Mais comme dans les autres localités du Labourd l'organisme régulier qui traduisait cette participation à la chose publique et qui, remarquons-le, limitait singulièrement les attributions des autorités constituées était l'assemblée paroissiale capitulaire. Elle se tenait ordinairement ou au cimetière ou "au larrain proche la maison Duhart". Elle connaissait de toutes les affaires importantes et parfois de sujets qui paraissaient assez peu indiqués pour ces assises publiques : telles les deux délibérations en bonne et due forme de 1734 où on étudia les moyens de remettre entre les mains de la benoîte les clefs de l'église qu'un farceur lui avait enlevées. Chaque année elle passait au crible la gestion financière de l'année précédente et ce n'était pas toujours pure formalité.
Etaient, de droit, membres de l'assemblée les maîtres de maison ou les veuves maîtresses de maison. Dans telle séance nous avons compté jusqu'à 10 femmes. Le féminisme politique avait déjà droit de cité chez nous. Il arrivait souvent qu'on fit consigner par un notaire, devant témoins, le résultat de cette délibération."
(Source : Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
A suivre...
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dimanche 27 juillet 2025
LA COMMUNE DE MACAYE EN LABOURD AU PAYS BASQUE AU 18ÈME SIÈCLE (deuxième partie)
LA COMMUNE DE MACAYE AU 18ÈME SIÈCLE.
En 1793, la commune de Macaye compte 861 habitants.
Voici ce que rapporta à ce sujet le bulletin de la Société des Sciences, Lettres & Arts de Bayonne,
le 1er juillet 1933, sous la plume de Michel Etcheverry :
"Une paroisse Basque au XVIIIe siècle : Macaye.
... Marie Renée Thérèse qui n'avait pas eu ou en tout cas n'avait pas conservé d'enfants de son premier mariage donna à Pernaton au moins deux fils et une fille. Le seul de ces personnages qui nous intéresse ici parce qu'il continua les vicomtes de Macaye est l'aîné, Jean Pierre de Haraneder.
Celui-ci épousait le 27 Février 1753 Marie Josèphe d'Aizpurua, originaire de St-Sébastien. Et les embarras d'argent — au moins momentanés — semblent avoir recommencé. C'est ainsi que le 13 Décembre 1766 le vicomte et Marie Renée Thérèse empruntent 6 000 livres à Noble Pierre Belça d'Eliçabelar, écuyer, châtelain d'Iholdy et Dame Marguerite de Casalar, veuve de Noble Jean-Louis d'Eliçcabelar, sa mère. (Ces Casalar d'Hasparren sont encore un curieux spécimen de bourgeoisie atteinte de mégalomanie et intronisée par l'argent dans d'authentiques manoirs de Basse-Navarre dont Iholdy et Lantabat). Il est vrai que le 25 Septembre suivant la dette était acquittée. Mais nous ne serions pas éloigné de croire que ces difficultés renaissaient périodiquement et c'est peut-être pour y parer ou tout au moins pour y trouver remède en famille que le vicomte fit nommer à la cure de Macaye le 18 Août 1778 sont beau-frère Jean-Baptiste d'Aizpurua, natif, comme sa soeur, de St-Sébastien. Cet ecclésiastique (il avait alors 43 ans) ne venait-il pas d'être récemment favorisé d'une double aubaine ? Le 3 Mars 1773 Maîtres Miguel de Remon et José Anton de Arrieta, curés de St-Sébastien, le nommaient à la prébende St-Eloy de la paroisse Saint-Vincent de St-Sébastien et le 2 Avril suivant Dona Maria Ignacia de Valenceguy l'investissait de la prébende appelée la "Chapellenie de Notre-Dame" de l'église paroissiale de la même ville. Et ce n'est que le 21 Février 1785 qu'il se démettait de ces deux bénéfices.
Jean-Pierre de Haraneder eut un fils, Nicolas Dominique, et une fille, Jeanne-Baptiste. Et c'est le 18 Mai 1785 la réédition de l'alliance entre le blason et l'épargne et comme pour la grand-mère celle-ci vient encore de St-Jean-de-Luz : ce jour-là en effet Jeanne-Marie Betbeder, fille d'un armateur aisé de Saint-Jean-de-Luz entrait par mariage dans le castel de Macaye.
La fin du siècle valut à Pierre et Nicolas un rôle politique assez important. Le 4 Mars 1690 M. de Macaye père était nommé avec le Baron d'Uhart, M. de Pinsun, M. de Boucheporn, membre de la Commission Royale pour la formation du Département des Basses-Pyrénées. Le fils avait été élu député suppléant de la noblesse le 20 Avril 1789 et, sur le refus du titulaire M. de Caupenne, était parti accomplir son mandat à Versailles, puis à Paris. Son titre vicomtal disparut dans la suppression de toutes les appellations féodales décrétée par la Constituante.
Quelles étaient les relations des seigneurs de Macaye avec leurs compatriotes ? Jadis on s'était violemment heurté et durant près d'un siècle et demi — fin XVe siècle à la première moitié du XVIIe — ce fut une série ininterrompue d'escarmouches ou d'âpres conflits. A l'époque où nous sommes et malgré de menues assignations devant la justice faites de part et d'autre et de loin en loin, les passions paraissent bien apaisées. C'est semble-t-il, dans une atmosphère de calme sagesse que s'est faite en 1684 la cession de certains droits seigneuriaux contre une rente annuelle de 600 livres. Je trouve une preuve de ce revirement dans une affaire de cette même époque et, bien que cet épisode n'entre pas dans le cadre chronologique de mon étude, vous excuserez, je l'espère, la digression à cause de certains détails savoureux.
Marie d'Iron de Hélette était créancière de 2 500 livres sur Macaye. Le 20 Août 1674 elle transporta cette somme sur la prébende de Notre-Dame de Hélette et nomma prébendier Jacques de Garat. Ce transfert mécontente les jurats et habitants de Macaye. La dame d'Iron se fâche, dénonce à la justice les protestataires et le 25 Novembre 1675 elle obtient du tribunal de St-Palais un mandat d'amener contre Insaurgarat sieur d'Ourthe. On pense bien que cette immixtion d'un organe judiciaire qui n'avait nulle juridiction sur Macaye porte à son comble l'exaspération des compatriotes du détenu. Devant cet abus de pouvoir quel parti adopter ? En appeler à un parquet qui eût Macaye dans son ressort ? Etait-ce possible ? Etait-ce sage ? En tout cas le maire de Macaye, Jean de Hiriart, notaire, estima la recours à l'Intendant préférable. Cela n'allait pas d'ailleurs marcher tout seul. Le 12 Février 1676 Hiriart écrivait à M. Drouet, secrétaire de M. de Sèze, Intendant de Guienne, la pittoresque lettre suivante : "Monsieur, je vous prie de m'envoyer par le retour de ce messager ou courrier une ordonnance aussi sévère et rude qu'elle puisse estre contre le sénéchal de St-Palais et Marie d'Iron nostre partie et pour l'exécution d'icelle il faut envoyer des gens de guerre chez eux car à moins que de cela toutes vos ordonnances seront inutilles.
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| BLASON DE LA FAMILLE DE SEZE |
Je vous envoie deux louis d'or qui vous seront délivrés par M. de Hirigoien chanoine de St-André à quy j'ay adressé nos piesses scavoir la dernière ordonnance, le procès-verbal de refus faict au sergean de luy prester main forte et une petite requeste sur laquelle il vous plaira dresser l'ordonnance et la remettre ès mains dud. sieur de Hirigoien chanoine lequel prendra la peyne de me l'envoyer par l'adresse de M. de Lavri Laurent à Bayonne.
L'on m'a assuré que nos parties ou quoy qui soit ledict Jacques Doyhenart juge sénéchal de St-Palais (Erreur, semble-t-il : le sénéchal de St-Palais était, à l'époque, M. de la Salle et Doyhenart n'était, croyons-nous, que procureur du roy) veut intéresser ou employer le crédit de M. le Maréchal de Grammont pour que l'authorité de Mgr l'Intendant n'ayt lieu et ne s'étende pas en Basse-Navarre. C'est l'interest de mond. Seigneur l'Intendant de se faire recognoistre et (ici une déchirure. Sans doute faut-il lire "admettre") en Cour pour cest effect afin que sad. authorité ne puisse estre blessée comme led. Doyhenart le prêtant faire. Si je réussis dans la rencontre, je vous envoyeray annuellement une douzaine de jambons tant que vous serès chez mond. sieur l'Intendant et la première douzaine vous l'aurès à la foire prochaine et suivans. Vostre très humble et très obéissant serviteur. De Hiriart, l'abbé de Macaye."
Fût-ce à la suite de l'intervention de M. de Sève ? Insaurgarat était élargi moins d'un mois plus tard, le 2 Mars 1676. Inutile d'ajouter que cette mise en liberté ne termina rien ; bien au contraire l'acte d'arbitraire qui avait été commis sur la personne de ce malheureux donna au différend une impulsion nouvelle et violente, une tournure véritablement passionnée. Ce fut un déluge de requêtes et d'assignations. Et cela dura huit ans. De guerre lasse on convint le 24 Février 1684 de s'en remettre à l'arbitrage du vicomte Charles de Castenoles. Cinq jours après le juge titré rendait sa sentence. Il cassait l'emprisonnement du maître d'Ourthe, condamnait Garat, le gendre de Marie d'Iron à 60 livres de dommages-intérêts envers la victime et à 470 livres également de dommages-intérêts envers le maire-abbé d'alors, cet excellent Jean de Hiriart, qui spéculait sur la gourmandise de ses correspondants.
Ce geste de haute déférence montre bien que le château n'est plus regardé de mauvais oeil par ses voisins. Et de fait tout donne l'impression que durant cent ans, le manoir et le village vécurent, à part comme nous l'avons dit quelques frictions négligeables, en bonne intelligence. Les maîtres d'Etchehandy se gardaient de prétentions injustifiées sur la vie civile ou administrative de la communauté et ne faisaient acte d'autorité que dans l'enceinte des 35 pierres bornes qui fermaient leur domaine. Par exemple ils étaient intraitables sur la question des droits honorifiques à l'église. Le 28 Juillet 1738 Marie de Broussain, maîtresse jeune de la maison Doyharsabal s'en venait humblement balbutier ses excuses par devant le notaire Jauréguy pour une atteinte portée à ces privilèges "En réponse de l'acte que Messire Pierre de Haraneder, seigneur vicomte du présent lieu et Dame Marie Renée Thérèse, vicomtesse de Macaye, lui ont fait signifier le 25e Juin dernier, elle leur a dit et déclaré que le 25e Mai dernier, jour et feste de Pentecôte elle n'a pas devancé à prendre le pain bénit dans l'église du présent lieu du petit panier que le distributeur y portait à lad. dame de Macaye par aucun mauvais dessein, mais bien par imprudence (c'est-à-dire par mégarde) ; c'est ce qui fait qu'elle se repend de la faute par elle commise sans qu'elle entende d'icy en avant persister dans de pareilles entreprises au préjudice du droit que lesd. sieur et dame patrons lays peuvent avoir sur la présence et droit sur le pain bénit."
A cette réserve habituelle de leur châtelain les gens de Macaye répondaient par une attitude faite de considération et de respect. Mais ce serait une erreur de croire que ces villageois fussent d'humeur à abdiquer bénévolement leurs prérogatives. En matière de discipline sociale ils accordent tout ce que commandent l'équité et les bienséances mais, comme dit le poète :
"Ils ont la nuque dure aux saluts inutiles".
Nous trouvons même à ce sujet quelques initiatives de fière allure.
Nous n'en citerons qu'une. Une transaction passée entre Pernaton et la communauté le 22 Mai 1723 portait que sur plainte de sept habitants contre l'un des deux meuniers de la localité la jurade et le vicomte seraient tenus de le changer. Joannes Derrecart, du moulin ancien, s'étant rendu coupable de quelques négligences professionnelles, sept propriétaires font entendre leurs doléances à la mairie et au château. Au bout de quelques jours, voyant qu'on ne renvoyait pas le délinquant, les sept mécontents adressent par acte notarié une sommation à Pernaton d'Haraneder et à la municipalité (10 Février 1739). Ils octroient huit jours pour l'expulsion du meunier et la nomination d'un remplaçant. "Led. délay passé lesd. comparans protestent contre led. sr vicomte et les abbé, jurats de tous leurs depans, dommages et intérêts même et par exprès de se pourvoir contre eux par les voyes et rigueurs qu'ils verront être à faire."
(Source : Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
A suivre...
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vendredi 27 juin 2025
LA COMMUNE DE MACAYE EN LABOURD AU PAYS BASQUE AU 18ÈME SIÈCLE (première partie)
LA COMMUNE DE MACAYE AU 18ÈME SIÈCLE.
En 1793, la commune de Macaye, en Labourd, compte 861 habitants.
Voici ce que rapporta à ce sujet le bulletin de la Société des Sciences, Lettres & Arts de Bayonne,
le 1er juillet 1933, sous la plume de Michel Etcheverry :
"Une paroisse Basque au XVIIIe siècle : Macaye.
Macaye était, au XVIIIe siècle, comme aujourd'hui, un modeste village et le chercheur qui s'intéresse à l'histoire générale de notre pays basque n'a pas grand chose à glaner dans son passé. Ustaritz, capitale administrative et judiciaire du Labourd, toute bruissante de la lutte contre les impôts et la Ferme Générale en ces 90 ans, St-jean-de-Luz, entrepôt et artère commerciale aux fortunes si diverses pendant ce même temps, Hasparren, cellule industrielle toute peuplée de duranguiers, de chamoisseurs, d'aubergistes, les uns et les autres dressés contre l'accroissement des taxes. Hendaye, Urrugne, Sare, bastions avancés de la défense nationale, objet de la sollicitude de l'autorité militaire comme de la régie qui y avaient placé celle-là ses invalides, celle-ci ses employés, appelleraient à plus juste titre notre attention. Le choix de Macaye pour sujet de cette communication s'explique avant tout par une aubaine dont je suis redevable au hasard. Un nombre assez considérable de documents inédits m'est tombé entre les mains et vous comprendrez la tentation qu'offraient au conférencier ces papiers jaunis, vous l'absoudrez d'avoir cédé à l'attrait de sources directes et inexplorées. Ce petit travail aura — je l'espère du moins — une autre excuse. C'est qu'à côté d'éléments communs à la plupart des paroisses Labourdines, le tableau de Macaye au XVIIIe siècle présente des traits qui lui constituent une physionomie originale. Nous avons affaire à une population qui vit en contact avec une antique maison seigneuriale, qui lui a sans doute arraché une partie de ses droits féodaux qui n'a pu lui ravir toutes ses prérogatives et, en particulier, l'appellation même de vicomte de Macaye, titre jalousement conservé par la dynastie locale et témoin flatteur de sa grandeur passée. Cette juxtaposition de deux conditions, de deux traditions, de deux esprits donnera peut-être un certain relief à notre étude.
Non pas que la famille vicomtale brillât par son opulence aux premières années du siècle. Elle se ressentait encore de la brèche énorme que Jacques de Castenoles, acquéreur de la vicomté en 1640, avait faite à l'avoir commun. Que ce fût pour élever ses nombreux enfants (Yturbide lui en attribue sept et il faut en ajouter au moins un 8ème, Pierre qui se maria à Ossès maison Arrosagaray) ou pour satisfaire des goûts dispendieux, cet officier gentilhomme avait laissé à sa mort en 1668 une succession lourdement obérée. Son fils aîné, Charles, n'avait d'ailleurs accepté l'héritage que sous bénéfice d'inventaire. Ce qui n'empêcha pas noble sieur Jacques de Brasselay, escuyer, seigneur de Croy et autres places, de vouloir le contraindre le 1er Décembre 1670 au paiement des dettes paternelles. Cette démarche venait trop tard. Les biens du défunt vicomte étaient déjà saisis à la requête des héritiers de feu de Tallemant banquier de Paris. Si nous en croyons Yturbide (Gure Herria, Avril 1922 p. 470) de Brasselay eut son tour sept ans plus tard : le 2 Avril 1677 saisie était faite en nom de la vicomté de Macaye. Le même auteur ajoute que Charles et ses soeurs obtinrent la main levée du décret le 4 Avril 1680. Ce fut sans doute contre espèces sonnantes empruntées ou tout du mois contre reconnaissance d'hypothèque.
Tout cela donne à croire que l'on menait à la gentilhommière de Macaye un train de vie plutôt modeste aux environs de 1700. Il est probable que la gêne diminua quelque peu vers cette époque d'abord par la réduction de la famille. Etienne de Castenoles, successeur de son frère Charles, qui était décédé après 1690, mourut en 1700, ne laissant qu'une fille Marie Renée Thérèse. Des cinq soeurs d'Etienne et de Charles — dont 4 vieilles filles victimes sans doute, de leur médiocrité de fortune — il ne restait plus en 1707 que Sara et Marguerite. Et voici qu'au cours de cette année 1707, et en vertu d'un arrêt du Sénéchal de Bayonne, ces deux respectables demoiselles entraient en possession de sommes à elles dues par les détenteurs de la baronnie d'Espelette, évidemment au titre de légataires de Barbe d'Espelette : celle-ci leur avait en effet réservé une place dans son testament du 27 Août 1689 (V. Jaurgain : La maison d'Ezpeleta). Est-il téméraire afin de supposer que la jeune vicomtesse, Marie Renée Thérèse, orpheline de père depuis 1700 et de mère depuis au moins 1707, recevait quelques gâteries et quelques libéralités de son grand-oncle, Arnaud de Castenoles, nommé curé de Macaye plus de 10 ans auparavant et disposant par suite d'économies qu'il lui était interdit de trop grossir. Ne sait-on pas depuis le Bien-Bon de Mme de Sévigné que la soutane abrite des trésors de bonté et de bienfaisance pour les tendres rejetons de la tige familiale !
Un parti reluisant se présenta en 1711 pour l'héritière de la vicomté de Macaye : c'était Armand II de Belsunce, vicomte de Méharin et bailli royal de Mixe, son cousin au 2e degré. Le mariage se fit le 28 Décembre de cette année. Cette alliance fut-elle aussi avantageuse qu'honorable ? Il est permis d'en douter. A sa mort, survenue le 1er Mars 1718, Armand II laissait bien à sa veuve par testament 24 000 livres. Mais le passif dépassait l'avoir : le défunt avait pas mal emprunté, entr'autres 2 000 livres à David de Camblong, maître-chirurgien du lieu et, le 15 Décembre 1717, 30 000 livres au vicomte J.-B. Gabriel de St-Estevan, récemment marié à Marie de Haraneder, de St-Jean-de-Luz. Peut-être n'avait-il emprunté que pour libérer la vicomté des charges qui pesaient sur elle antérieurement à son mariage : on le voit le 7 Septembre 1715 liquider les intérêts échus les 17 dernières années d'une somme prêtée par Pierre de Hody, docteur en médecine à Hasparren. Avait-il finalement puisé à St-Esteben pour régler Hasparren ?
Quoi qu'il en soit, un coup de baguette magique allait relever la fortune de la maison vicomtale. Un riche armateur de St-Jean-de-Luz, Jean Peritz de Haraneder, que le succès de ses affaires avait empli de rêves grandioses et qui avait déjà marié deux de ses filles dans l'authentique noblesse d'épée méditait de nouer de nouvelles alliances avec des familles aristocrates de haute lignée. Non content d'avoir pris pied à Sault et à Garro, non content d'avoir obtenu, en Avril 1718, l'anoblissement de son propre domaine de Jolimont, il aspirait à forcer l'entrée de Méharin et de Macaye. Et le phénomène qui, à deux reprises, avait répondu à son attente, se produisit une fois de plus : les vieux blasons cédèrent à la fascination ou au besoin de l'argent. Le 10 Février 1719, Charles de Belsunce épousait Marianne de Haraneder. Quelques mois plus tard, le 1er Août 1719 un contrat de mariage scellait l'union de Pernaton (diminutif familier de Pierre) de Haraneder, fils puiné de Jean Peritz, avec Marie Renée Thérèse de Castenoles. Un article de ce contrat stipulait que la dit du futur vicomte serait de 50 000 livres, chiffre astronomique lorsqu'on songe à la modicité de la légitime en notre pays. 20 000 livres furent versées au fiancé dès le lendemain 2 Août. Le surplus fut payé le 7 Juin 1720, sous forme de remboursement au vicomte et à la vicomtesse de St-Estevan des 30 000 livres dues par le fief de Macaye, les intérêts seuls des deux ans et demi courus faisant la quote-part des débiteurs.
Et cette constitution dotale n'était encore que la moitié de la manne qui tombait dans la corbeille de noces. Le seigneur de Jolimont et sa femme Etiennette de Bereau n'avaient-ils pas cédé en outre "à titre de pure libéralité" selon l'expression d'un acte notarié, une autre tranche de 50 000 livres payable intégralement avant leur décès ? Une partie importante de cette seconde largesse passa aux mains du destinataire le jour même de la signature du contrat de mariage. C'était une créance de 29 960 livres que Jean Peritz possédait sur le clergé du diocèse de Bayonne. Le reste allait venir peu à peu — et d'ailleurs produisait des intérêts — si bien que le 19 Septembre 1730 dame Etiennette de Bereau, veuve depuis quelques semaines, achevait de verser le reliquat, savoir 2 313 livres, 18 sols, 6 deniers.
C'était donc l'aisance — une aisance au moins relative — qui régnait maintenant à Etchehandia. Bien qu'échancré, l'apport matrimonial du maître constituait un fonds sérieux. On pouvait y ajouter, au titre de recettes désormais nettes, les profits et avantages provenant de la vicomté même : fermage des terres, location de Pagandoure, dîmes des trois quartiers d'Ursuya, Assiots et Lahiolla, moitié des moulandes des deux moulins (ces deux derniers articles rapportant environ 1 900 livres par an et se complétant par l'octroi d'un certain nombre de jambons de 16 livres, de chapons gras et de charretées de paille), redevance de 600 livres à laquelle la communauté s'était engagée lors du rachat, en Avril 1684, de certains droits seigneuriaux."
(Source : Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
A suivre...
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vendredi 9 février 2024
L'ARMÉE FRANÇAISE À LA FRONTIÈRE DES PYRÉNÉES AU PAYS BASQUE À LA FIN DU 18EME SIÈCLE (première partie)
L'ARMÉE FRANÇAISE AU PAYS BASQUE À LA FIN DU 18ÈME SIÈCLE.
La frontière, au Pays Basque, a, souvent, été le théâtre de manoeuvres militaires.
Voici ce que rapporta à ce sujet Le Spectateur Militaire, le 1er mars 1909, sous la plume du
Lieutenant-Colonel J.-B. Dumas :
"Couverture de la zone-frontière des Pyrénées.
Le versant nord des Pyrénées-Orientales présente un caractère particulier et très frappant ; tous les cours d’eau rayonnent autour des plateaux de Lourdes et de Lannemezan ; ils forment une série de lignes s’enveloppant l’une l’autre et dont la concavité, à l’ouest de Lannemezan, est tournée vers l’occident.
Ils ont rongé à la base les roches élevées, dont la résistance a ployé et recourbé leurs cours vers l’ouest ; leurs rives droites commandent donc le plus souvent et brusquement leurs rives gauches. Celles-ci, constituées par les alluvions, forment de longues pentes douces d’un accès facile.
La disposition des lieux favorise donc la défense de l’est contre l’ouest, au point de vue tactique, par le commandement des rives droites ; et, au point de vue de la manoeuvre, en raison de la concavité enveloppant des lignes de défense ; cette forme facilite les mouvements d’aile et les retours offensifs.
Tout au contraire, les lignes de la Bidassoa et de la Nivelle sont moins favorables, parce que la rive droite est dominée presque partout par la rive gauche.
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| PORTRAIT DU MARECHAL AUGUSTIN-JOSEPH DE MAILLY |
Au XVIIIe siècle, le maréchal de Mailly concevait la couverture de cette zone-frontière comme il suit :
"Il conviendrait de porter sous Bayonne un corps de 50 000 hommes, dont 20 000 seraient détachés sur la gauche ainsi qu’on va le présenter, et les 30 000 hommes, formant l’armée, prendraient, en avant de Bayonne et en deçà de la Bidassoa, qui par elle-même ne vaut rien à défendre, la position de Bordagain (sud de Saint-Jean-de-Luz) occupant en force Hendaye et couvrant Saint-Jean-de-Luz. Elle occuperait la rive droite de la Bidassoa par plusieurs postes détachés, dont un à l’hôpital de Saint-Jacques, vis-à-vis du village de Irun, qui est au delà ; un au pas de Béhobie, vis-à-vis de l'Île des Faisans ; un au-dessus, au gué de Biriatou, près de l’église dudit lieu ; et enfin un au pas de Véra, au pied de la montagne de la Rhune.
Cette première position étant prise, il faudrait pourvoir à celle de la gauche qui intéresse les débouchés de Pampelune sur Saint-Jean-Pied-de-Port et celui de Jacca sur Navarrenx.
Pour occuper le premier point, la première position doit être celle qui se présente sous la place de Saint-Jean-Pied-de-Port, c’est-à-dire un peu en arrière du fort, la gauche au-dessus du bois de futaie, ayant la rivière de la Nive devant soi. L’on occuperait en avant Orisson, à la crête de la montagne d’Altobiscar, ainsi que les deux sommets des débouchés de droite et de gauche sur Roncevaux. Cette position exigerait un corps d’environ 6 000 hommes.
Quant au défilé de Jaca sur Navarrenx, quoiqu’il soit bien moins praticable à l’ennemi que celui-ci, cependant il exigerait qu'on y tînt un corps de troupe d’environ 4 000 hommes, dont la position la meilleure serait à Oloron, en avant et un peu sur la gauche de Navarrenx, occupant les deux débouchés d’Urdos et de Laruns tombant de Jaca et la hauteur de la rive gauche du gave de Mauléon pour en défendre le passage et arrêter l’ennemi qui pourrait prendre à revers la position du corps campé sous Saint-Jean-Pied-de-Port.
Ces deux corps formant 10 000 hommes seraient unis à l’armée par des postes de communication le long et derrière les gaves d’Oloron et de Pau, qui couvriraient les dépôts de subsistance que l’on peut tirer dans la plus grande abondance des parties de Navarrenx.
Enfin, on établirait un corps intermédiaire entre celui de Saint-Jean-Pied-de-Port et Bayonne, les ennemis pouvant déboucher de Pampelune par les vallées de Lanz et de Bastan sur Ainhoué et Espelette (vers Cambo), laissant à leur gauche la Bidassoa et à leur droite Saint-Jean-Pied-de-Port, mouvement qui déposterait nécessairement la gauche de l’armée et le corps de Saint-Jean-Pied-de-Port et ouvrirait conséquemment aux Espagnols le passage de la Bidassoa.
Dans cette position générale, si l’ennemi est en forces, il cherchera à pénétrer sur trois points à la fois : Saint-Jean-Pied-de-Port, Cambo, Hendaye et comme il ne peut avoir d’autre objet que le siège de Bayonne, pour prendre une sorte d’établissement, l’on doit envisager tous ses mouvements comme y étant relatifs et diriger conséquemment sa défensive."
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| PORTRAIT DE JACQUES FITZ-JAMES DUC DE BERWICK |
Le maréchal de Berwick, dans une lettre adressée de Bordeaux au Régent le 18 février 1719, exposait les grandes lignes d’un système de couverture conçu de façon différente :
... Il serait nécessaire de laisser 15 bataillons et 20 escadrons pour la défense de cette frontière pendant que le gros de l’armée sera occupé en Catalogne... Depuis Bayonne jusqu’à Oloron, le pays est si stérile qu’il est impossible qu’un gros corps puisse y subsister sans magasins faits à l’avance ; de plus, nous avons des places : Bayonne, Saint-Jean-Pied-de-Port et Navarrenx, outre l’Adour et les gaves dont les passages ne sont pas faciles...
... Pour mieux exécuter mon système (de navettes), je ne prétends nullement disputer le passage des montagnes ni l’entrée des vallées ; je répands mes troupes dans la plaine afin que, par la droite et par la gauche, elles puissent se mouvoir plus facilement.
... Il y a, par notre droite, deux grands débouchés pour venir d’Espagne en France, celui d’Irun à Saint-Jean-de-Luz et celui de Pampelune à Saint-Jean-Pied-de-Port... Comme nous voyons venir l’ennemi de loin, le corps séparé aura tout le loisir convenable pour se mettre derrière le gave d’Oloron et empêcher qu’il ne puisse passer cette rivière, ni l’Adour.
Si l’ennemi vient de Jaca à Oloron, comme, en ce cas, il peut prendre le gave d’Oloron par ses sources, nos troupes se mettront derrière le gave de Pau qu’elles défendront depuis Lourdes jusqu’à l’Adour ; les bords de cette rivière en sont bons et il y a très peu de gués...
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| GENERAL JOSEPH MARIE SERVAN DE GERBEY |
Le général Servan, commandant l’armée des Pyrénées en 1793, proposait les mesures suivantes pour la couverture.
Il faut environ 14 000 hommes dont 8 000 hommes de troupes de ligne et 6 000 de gardes nationales pour la garde de Bayonne, Saint-Jean-de-Luz, le fort de Socoa, celui d'Hendaye, Saint-Jean-Pied-de-Port, Oloron, Mauléon et Navarrenx. Nous proposerons trois camps retranchés, l’un à Oloron pour la gauche, celui du centre à Saint-Palais, le troisième à Bordagain (sud de Saint-Jean-de-Luz) ou à la Croix-des-Bouquets, à l’ouest d’Urrugne.
Le camp d’Oloron, chargé de veiller sur les vallées d’Ossau, d'Aspe, d'Aramitz, le serait aussi de porter des secours dans la vallée de Soule ; ainsi, sa ligne de défense s’étendrait du port de Peyrelue à celui de Larrau.
Le camp de Saint-Palais porterait toute son attention et ses forces sur une ligne de dépense qui s’étendrait du col de Béhorléguy (entre Saint-Jean-Pied-de-Port et Tardets) jusqu’à Saint-Etienne-de-Baigorry.
Le camp de la Croix-des-Bouquets veillerait sur la ligne depuis Osses et Bidarray jusqu’à Hendaye...
"Au début de la guerre en 1793 et en 1794", écrit le citoyen Beaulac, de l’état-major de l’armée, "le cordon français, faible et rompu par le saillant de Vera aux mains des Espagnols, présentait à l’ennemi de trop grandes chances de succès pour qu’il conservât longtemps une situation immobile. On ne sentait point alors assez l'avantage de former des masses, et la manie de vouloir conserver jusqu’aux plus insoutenables positions mettait en un péril imminent tout le pays et toute l’armée. Les généraux étaient gênés dans leurs dispositions par l’intérêt individuel des habitants des frontières, dont il fallait couvrir, pour ainsi dire, chaque grange, sous peine de passer pour traître à la patrie; ce qui obligeait les généraux à disperser les troupes, au lieu de les réunir sur les principaux points de défense. On n’a osé se mettre au-dessus des clameurs individuelles que lorsque nos revers eurent prouvé à tout le monde qu’en affaires de guerre, il faut sacrifier l’intérêt particulier à l’intérêt général."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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