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dimanche 2 août 2026

UNE HISTOIRE DE LA GRANDE PÊCHE BASQUE EN 1942 (huitième partie)

 

UNE HISTOIRE DE LA GRANDE PÊCHE BASQUE.


Depuis des siècles, il y a des pêcheurs au Pays Basque.



pays basque autrefois pêche baleine morue
TERRE-NEUVAS 1941
PAYS BASQUE D'ANTAN




Voici ce que rapporta à ce sujet Madame Maxime Dégros dans le Bulletin de la Société des 

sciences, lettres & arts de Bayonne, en avril 1942 :



"La grande Pêche Basque des Origines à la fin du XVIIIe siècle (Suite)

Les équipages basques. Les conditions d’engagement.



Parmi les équipages basques qui partent pour la pêche, il faut sous l’Ancien Régime, distinguer les mousses, les novices, les matelots, les officiers mariniers et les officiers de marine. 



Le mousse que doit être obligatoirement tout marin dans ses premières années, est presque toujours un jeune garçon qui effectue son premier voyage vers dix ou douze ans, et conserve cet état jusqu’à seize ans révolus. Il devient alors novice et le reste jusqu’à son service sur les navires du roi. Au retour, il est matelot. 



Parfois, mais rarement, les choses se passent d’autre façon. Comme il faut avoir été mousse au moins deux ans, celui qui débute assez tard, peut accomplir son service après ces deux années et être matelot en revenant sans avoir passé par l’état intermédiaire de novice qui n’est pas obligatoire. 



Le plus souvent les mousses sont des enfants, fournis par les hospices qui annuellement en lancent un certain nombre dans la carrière maritime ; quand ce nombre est insuffisant, on prend les fils des habitants surtout des hommes de mer, car ceux-là restent volontiers dans le métier. 



Les armateurs étaient tenus d’avoir un dixième de leurs équipages en mousses, mais ils les répartissaient à leur guise, n’en mettant souvent que trois "sur les vaisseaux baleyniers, quoique les équipages soient de quarante, cinquante et même soixante hommes, parce que les mousses leur sont inutiles à cette pêche où il ne faut que des matelots vigoureux". Sur les morutiers ils en employaient davantage "parce qu’ils leur servent à terre pour accommoder la morue et la faire sécher". 



Le novice a seize ans au moins, vingt trois au plus. Il a l’expérience acquise par ses années de mousse, mais continue le même travail. Comme il est mieux payé et que les armateurs ont besoin d’hommes plus expérimentés et plus habiles, ils en prennent le moins possible. 



Le gouvernement estimait cette catégorie d’hommes de mer nécessaire à la formation de bons matelots. Un règlement du 23 juillet 1745 obligea les armateurs à prendre en novices un cinquième de leurs équipages ; ils demandèrent à n’en prendre qu’un dixième mais n’eurent pas gain de cause si l’on en juge par les états de bâtiments expédiés. Voici par exemple la liste des navires de St-Jean-de-Luz partis en 1777, et la composition de leur équipage :


Angélique : 44 hommes ; 32 officiers et matelots, 8 novices, 4 mousses. 

Ste-Thérèse : 53 hommes ; 36 officiers et matelots, 11 novices, 6 mousses. 

Madeleine : 16 hommes ; 10 officiers et matelots, 4 novices, 2 mousses. 

Félicité : 18 hommes ; 15 officiers et matelots, 2 novices, 1 mousse. 

Les Trois Sœurs : 13 hommes ; 10 officiers et matelots, 2 novices, 1 mousse. 

Fortune : 15 hommes ; 10 officiers et matelots, 3 novices, 2 mousses. 



Pour devenir matelot il fallait, depuis l'institution par Colbert du système des classes, faire deux campagnes sur les vaisseaux du roi. Les hommes plaçaient ces deux ans de service comme ils le voulaient, vers la vingtième année. 



Les Basques avaient accepté l’institution à contre-cœur, leur indépendance se révoltant devant toute obligation et ils s’y soumirent toujours de mauvaise grâce. Ils se plaignaient de la modicité de leur solde (deux ou trois fois moindre que celle des marins espagnols), de l’unique mois d’avance qu’on leur donnait, (deux mois après 1780), du manque de secours accordés pendant leur absence à leurs familles (alors qu’en Espagne elles recevaient des acomptes mensuels), du retard apporté au payement et dépassant quelquefois dix-huit mois après le retour de la campagne. 



Beaucoup essayaient d’échapper au service en passant en Espagne au moment où ils auraient dû s’embarquer, cela surtout à la fin de l’Ancien Régime quand des causes multiples provoquaient déjà leur émigration. Des sanctions rigoureuses n’empêchaient rien. Il fallait quelquefois, pour les obliger à regagner la France, que le commissaire de la marine de Bayonne et les jurats de St-Jean-de-Luz aillent eux-mêmes les chercher à Pasajes et St-Sébastien où ils s’étaient réfugiés. 



De leur côté, les armateurs se plaignaient parce que le commissaire de la marine, chargé de dresser la liste de ceux qui devaient partir, ne le faisait souvent pas avant le mois de mars. Ne sachant pas en temps voulu qui partait et qui restait pour former leurs équipages, ils le faisaient trop tard, et les navires arrivaient sur les lieux de pêche après le passage des baleines ou des morues. 



L’institution était en réalité moins rigoureuse qu'elle n’en avait l’air, car les hommes étaient facilement exemptés du service sous un prétexte quelconque, pourvu qu’ils aient fait cinq campagnes de pêche. D'autre part, le gouvernement se montrait assez conciliant, ne demandait, après les années de mauvaise pêche, qu’un petit nombre de marins qu’il lui arrivait même de placer sur les frégates chargées de protéger la flotte de pêche de leurs concitoyens.  



Tous les matelots qui partent pour la grande pêche, contribuent à la manœuvre durant le trajet. Arrivés sur le terrain ils se divisent en marins pêcheurs proprement dits et en terriens, ces derniers préparant à terre le poisson rapporté par les premiers. 



Les officiers mariniers sont les membres de l’équipage dont l’utilité ne se révèle qu’à terre. Ce sont des charpentiers qui ne s'occupent pas de la manœuvre. Il y en a généralement trois sur un navire monté par une soixantaine d'hommes. 



Dans le groupe des officiers de marine, on trouve quelquefois un lieutenant et un chirurgien, toujours le pilote et le capitaine. 



Le lieutenant aide le capitaine ; il n’existe que sur les navires montes par cinquante hommes au moins et sa présence n'est jamais obligatoire.



Un règlement de 1717 obligeait les armateurs à embarquer un chirurgien sur chaque navire de pêche, deux lorsque l'équipage excédait cinquante hommes. Les armateurs n’en tinrent pas compte, sinon pour s’en faire officiellement exempter, car ils ne se souciaient pas d’encombrer leur navire d’un homme qu'ils jugeaient inutile dans presque tous les cas. En 1768, ils soumirent aux autres armateurs français et aux diverses chambres de commerce, l'idée de prendre en commun la charge de quelques chirurgiens qui s'embarqueraient sur des navires à destination des Bancs et secourraient les équipages à proximité. Ce moyen fut presque unanimement rejeté, parce que "il n’y aurait que le bateau sur lequel serait le chirurgien qui put en tirer du secours, parce que la pêche se faisant dans un espace de plus de cent lieues de long sur quarante-cinq de large, il est extrêmement rare que les navires se rencontrent ; que même dans ce cas... il serait impraticable de le faire passer d'un bord à l’autre à cause des brumes continuelles, au point que pour éviter les abordages, on est obligé de faire continuellement du bruit avec quelque instrument et que l’on ne peut mettre de chaloupe à la mer sans danger imminent."



Le système proposé par les armateurs basques était excellent et c’est exactement aujourd’hui le principe du navire hôpital, le Saint-Yves que le Père Yvon dirige sur les Bancs. Mais ce qui est réalisable de nos jours parce que la radio peut lancer des S. O. S. et que les distances sont plus rapidement franchies, ne l’était pas alors. 



pays basque terre-neuve marins pêcheurs morue baleine
PERE YVON
TERRE-NEUVE



Les armateurs se contentèrent d’embarquer un chirurgien quand ils en trouvaient un qui sût en même temps préparer le poisson. 



Pour être pilote ou capitaine, il fallait être Français, avoir vingt-cinq ans, et avoir fait deux campagnes sur les vaisseaux du roi. Ces deux dernières conditions, nécessaires depuis une ordonnance du 12 décembre 1724, embarrassaient les négociants basques qui armaient pour la baleine ou la morue car ils avaient besoin d’hommes jeunes "et de beaucoup de courage, d’adresse et de force parce que les uns et les autres supportent la plus grande partie du travail et du péril et que leur exemple anime le reste de l’équipage. 



Les armateurs démontrèrent que les hommes, s’embarquant très jeunes, étaient expérimentés avant d’atteindre vingt-cinq ans et sans avoir besoin de deux ans de service. Le gouvernement permit alors, le 26 décembre 1725, de nommer capitaine ou pilote, de baleinier ou morutier seulement, des marins de vingt-deux ans exemptés du service. 



L’exemption s’accordait sous un prétexte quelconque, notamment en faveur des enfants "de bons négociants et bourgeois d’une certaine distinction, à qui il ne convient point de naviguer sur les vaisseaux du roi", (peut-être parce que la vie déplaisante menée pendant le service les aurait écartés du métier de marin). 



Capitaines et pilotes étaient en effet gens d’une "certaine distinction". Il leur fallait comme aux autres marins la force et l'habileté, car ils prenaient part aux travaux de la pêche, (c’est même le capitaine qui les dirigeait) mais ils devaient de plus avoir les connaissances océanographiques nécessaires pour mener le navire sur les lieux, l’y déplacer suivant les besoins et le ramener à bon port. 



C’est en 1676 seulement que Bayonne obtint du roi un professeur d hydrographie ; la ville le rémunérait avec une subvention de l’état ; les études se terminaient par un examen qui donnait le droit d’être capitaine ou pilote pour n’importe quel endroit, ou seulement pour Terre-Neuve. 



carte terre-neuve pays basque marins pêcheurs
CARTE BASQUE DE L'ÎLE DE TERRE-NEUVE, 
DE LA CADIE ET DU CANAA


A St-Jean-de-Luz et à Biarritz existaient également des professeurs, mais sans caractère officiel ; ils étaient payés par leurs élèves. C étaient probablement d’anciens capitaines ou pilotes retraités ; les choses devaient se passer ainsi à Bayonne avant qu’il y vienne un véritable professeur d’hydrographie. D’ailleurs cette ville semble avoir fourni peu de capitaines. L’enquête faite sur l'ordre de Colbert en 1664 mentionne 74 capitaines basques pour les deux pêches dont 48 de St-Jean-de-Luz, 12 de Vieux Boucaut, 7 de Capbreton, 3 de Bayonne, 2 de Biarritz, 2 d’Hendaye. 

Mme Maxime Degros."


A suivre...




(Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France et Wikipédia)


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samedi 1 août 2026

PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 1ER AOÛT 2026 SAINT ALPHONSE - ITZIAR


PROVERBE DU 1er AOÛT 2026 (SAINT ALPHONSE de LIGUORI) (ITZIAR).


ALPHONSE DE LIGUORI : Alphonse, fils de la haute noblesse napolitaine naît à Naples (Italie) le 27 septembre 1696.



religion catholique saint sainte alphonse
1ER AOÛT SAINT ALPHONSE DE LIGUORI

Alphonse entre à l'Université de Naples à 13 ans et devient docteur en droit à 16 ans, puis avocat.

Alphonse est un avocat très brillant qui quitte cette profession en août 1723, ayant eu une révélation divine, pour entamer une vie monacale.

Alphonse est ordonné prêtre le 25 septembre 1724.

Alphonse se met au service des pauvres gens de Naples et forme la congrégation du Très-Saint-Rédempteur dont les membres, les rédemptoristes, se vouent aux missions dans les milieux populaires. 

Au terme d'une longue vie pleine de souffrances physiques, Alphonse meurt victime de lourds handicaps mais en odeur de sainteté le 1er août 1787, à 90 ans. 

Le pape Pie VI déclare Alphonse vénérable le 4 mai 1796.

Alphonse est béatifié en 1816 par le pape Pie VII, et canonisé en 1839 par le pape Grégoire XVI.

Les hautes qualités morales d'Alphonse lui valent d'être nommé docteur de l'Eglise en 1871, par le pape Pie IX.




religion catholique saint sainte alphonse
1ER AOÛT SAINT ALPHONSE DE LIGUORI


ITZIAR : Kofradien elkarretaratzea. Itziarko santutegia. Erdi aroko arrastoak oraindik ere ditu.

Abuztuko (agorrileko) lehen igandeko festa.

Deba (Gipuzkoa) herriko auzoa eta Andre Mariaren santutegi ezaguna. Hemen ere, Euskal Herriko beste leku askotan bezala, eliza Ama Birjina agertu zen lekutik urrun eraikitzen saiatu omen ziren, baina alfer-alferrik, gauez gauza guztiak jatorrizko lekura itzultzen baitziren. Itsasoko jendeak debozio handia dio. XVIII. mendean haren gorazarrez egindako bertso batzuk idatzi ziren ; honela hasten dira :

Izar eder bat etorri zaiku.

Itziartikan Debaraminez daudenak sendatutzekobere parerik ez dana.



Un décès du 1er août : Jacques-Etienne Montgolfier.



aviation aeronautique france ardèche montgolfière
JACQUES-ETIENNE MONTGOLFIER

Né le 6 janvier 1745 à Vidalon-lès-Annonay (Ardèche) - Mort le 1er août 1799 à Serrières (Ardèche).

C'est un industriel français, co-inventeur, avec son frère Joseph-Michel Montgolfier, de la montgolfière en 1782 (expérience d'Avignon).

C'est le 15ème enfant d'une fratrie de 16 enfants.

Il se marie le 16 mai 1774 avec Adélaïde Bron, avec laquelle il aura 6 enfants.


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JACQUES-ETIENNE MONTGOLFIER


En 1784, il revient à Annonay (Ardèche) s'occuper de la papeterie familiale et continuant à s'intéresser aux ballons, il fait construire, par Réveillon, une montgolfière, à des fins scientifiques.

Pendant deux ans, de 1785 à 1787, il essaiera, sans succès, avec deux de ses frères, Joseph et Alexandre, de réunir des fonds pour construire un ballon.

Le 1er juin 1796, il est nommé membre associé à l'Académie des sciences.

Jacques-Etienne Montgolfier meurt le 1er août 1799, à 54 ans,  à Serrières (Ardèche).



aviation aeronautique france ardèche montgolfière
JACQUES-ETIENNE MONTGOLFIER



Voici le proverbe du samedi 1er août 2026 :


DAGENILEKO EURIA, ARDAOA TA EZTIA.

Pluie d'août, vin et miel.


catalan miel vin
CATALAN BUVANT A LA REGALADE
VIN ET MIEL





(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)




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UNE EXCURSION AUX EAUX D'AHUSQUY À AUSSURUCQ EN SOULE AU PAYS BASQUE EN 1853 (quatrième partie)

UNE EXCURSION À AHUSQUY EN 1853.


Depuis fort longtemps, on a attribué aux eaux minérales une action physiologique bénéfique, d'où l'utilisation séculaire de certaines d'entre elles.



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LA SOURCE D'AHUSQUY
PAYS BASQUE D'ANTAN


Voici ce que rapporta à ce sujet, Ulysse Barberen, avocat :



"Une excursion aux eaux d'Ahunski (Pays Basque).



... Déjà les indiscrétions de Péthiry nous avaient mis au courant de tous les détails de ce mariage. C'est la même histoire, hélas ! que dans beaucoup des nôtres. Un cœur aimant et jeune que l'on prétend acheter pour une bourse d'or. Le lecteur ne s'attendrait pas à trouver parmi les Bohémiens, le mariage de raison, dans toute sa crudité bourgeoise. J'en suis fâché pour l'intérêt de mon récit, mais la sincérité n'est elle pas le premier devoir de l'historien ?



D'ailleurs, il n'est pas impossible que ces Bohémiens ne se soient déjà corrompus au contact de notre civilisation ; je veux dire, que les mauvaises graines poussant plus vite que les bonnes, de nos usages sociaux les abus sont la première chose à fructifier sur le sol vierge du bois d'Iraty.



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CARTE D'IRATY VERS 1750


"Boulharhandi, nous avait déjà dit le vieux ménétrier, est le plus riche tondeur de mulets de toutes les provinces Basques. Aussi, quoiqu'il soit laid et brutal, qu'il ait dépassé la cinquantaine, et qu'on le soupçonne de s'être débarrassé de ses deux premières femmes, dans un accès de jalousie, c'est un grand honneur qu'il fait au vieil Aillande, de lui demander sa fille Guéréchina.


"Mon Dieu ! que va devenir le pauvre Johanné ?" observa l'une des femmes. — Johanné était un beau garçon de la tribu, danseur favori de Guéréchina.


"Je sais bien ce que je ferais à sa place," répondit le plus jeune des Bohémiens et son couteau à demi tiré de sa poche achevait sa pensée par un geste significatif.


"Taisez-vous, Asto Sarak, s'écria brusquement Péthiry... pourquoi Johanné n'a-t-il pas su gagner à sa contrebande, des colliers d'or et des mantilles de soie, comme son rival ? Il n'y a pas de jeune fille qui résiste à ces colifichets."



L'approche de Boulharhandi mit fin à ce dialogue. Il nous fit meilleur accueil que ne le promettait sa mine farouche, enchanté qu'il était de nous devoir le retour de son ménétrier, et par ses ordres, un des Bohémiens courut prévenir Aillandé et le reste de la tribu, de l'approche d'hôtes étrangers. — Puis, d'un air d'importance, il prit la tête de la caravane, fièrement campé sur un mulet harnaché de houpes et de plumets aux couleurs éclatantes.



Les Bohémiens avaient établi leur campement, au milieu des ruines d'un vieux château célèbre dans les légendes Basques.



Quoique d'origine assez récente, il ne manque pas d'un certain caractère sous les ronces et la mousse qui recouvrent ses toits effondrés.



Des souvenirs mystérieux et sanglans pèsent sur ses murs assombris par les noirs sillons de l'incendie qui les a dévorés. C'est surtout à l'heure tardive où nous arrivâmes, que le crépuscule, l'ombre projetée des arbres voisins, le reflet ardent des brasiers et des torches leur donnaient une apparence fantastique, en harmonie avec les récits terribles dont ils sont les théâtres, dans les veillées des paysans Basques.



Le pinceau d'un peintre habile pourrait seul rendre l'aspect étrange de ce campement, digne des compositions les plus piccaresques de Jacques Callot.



Autour de nous grouillait une population en guenille, les regards empreints à la fois, de convoitise et de curiosité. — C'est un pêle-mêle, d'enfants, d'ânes, de cochons, de volailles errant en liberté.



Des chaudrons et des ustensiles de cuisine jetés à terre à côté des guitares et des tambours de Basque ; en manière de tente et d'abri, des piquets fichés en terre et couverts de vieilles couvertures de cheval.



Au bout du camp, près d'une immense chaudière, où l'on voit bouillir je ne sais quel brouet infect et noir, se querellent une douzaine de vieilles femmes plus hideuses que les trois sorcières de Macbeth : celles-là font rôtir sur des charbons ardens des quartiers saignants de chevreau ; d'autres, de leurs mains sales et crochues pétrissent en forme de galette, des boules de farine de maïs appelées pastetch et destinées à tenir lieu de pain.



Les apprêts de la noce se poursuivent ainsi, au milieu des cris et du désordre ; tandis que deux ou trois Bohémiens achèvent la toilette d'une demi douzaine d'infortunés chevaux volés dans les environs, et qu'ils conduisent à la foire de Pampelune ; l'un entr'autres, assez jolie jument gris pommelée, vit changer, par un procédé de teinture fort habile, la nuance argentée de sa robe, contre la noire couleur de l'ébène. — Qui sera bien surpris ? L'acheteur, j'imagine.



Enfin, la nuit étant venue, la mariée parut et fut assise entre deux vieilles matrones, sur une espèce d'autel de verdure.



Elle était à peine âgée de 16 ans ; très brune comme les jeunes filles de sa race, mais sur ses joues, en dépit d'une émotion visible brillait le vermillon de la fleur du pêcher. Ses cheveux plus noirs que l'aile du corbeau se relevaient en deux larges bandeaux découvrant bien les tempes et le front et se ramenaient derrière la tête par une aiguille d'or.



L'expression un peu sauvage que des pommettes assez saillantes et l'arc prononcé de ses noirs sourcils donnaient à sa physionomie était heureusement tempérée par l'éclat velouté de ses grands yeux et les contours gracieux d'une bouche petite et souriante comme un vrai bouton de rose.



Son nez légèrement relevé lui donnait l'air mutin que devait avoir la Esméralda ; la ressemblance était complétée par un corset en velours noir serré autour d'une taille flexible, et par une basquine formée d'oripeaux en soie de couleur éclatante.



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ESMERALDA DE VICTOR HUGO
STEUBEN


Sous un bas gris semé de paillettes d'argent se dessinait une jambe fine et nerveuse, et ses petits pieds étaient chaussés de sandales attachées par des rubans rouges autour de la cheville. Ajoutez à ce costume, une chemise aux manches bouffantes et tailladées, une collerette droite et plissée comme elles étaient de mode en France, au temps de Catherine de Médicis, de grosses boucles d'oreille en forme de poires ciselées et un lourd collier d'or, cadeaux de noce de son fiancé.



L'assemblée fit un grand cercle et trois jeunes filles, dans un costume à peu près semblable à celui de Guéréchina, mais beaucoup moins riche, s'élancèrent, un tambour de Basque à la main.



Leur danse était un mélange de pas Espagnols bizarrement modifiés par les bonds fougueux de ces bayadères sauvages, aux jarrets d'acier ; l'œil en feu, les cheveux au vent, la bouche écumante, elles finirent à force de trémoussements, par tomber dans les bras des matrones qui les emportèrent.



C'est alors que commença la véritable cérémonie : La musique cessa son tapage et les deux futurs époux s'avancèrent, seuls, au milieu du plus grand silence. — Quatre vieilles femmes placées aux quatre points cardinaux de l'assemblée, agitaient des branches d'arbre pour conjurer les mauvais esprits et psalmodiaient lentement des paroles inintelligibles. — Les torches et toutes les lumières furent éteintes ; la lune éclaira seule, de sa lueur mystérieuse, cette nouvelle scène digne du Sabbath.



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TABLEAU SABBATH DES SORCIERES
PAR FRANCISCO GOYA



Les deux futurs époux furent placés en face de l'astre nocturne, de manière à leur faire de ses rayons une sorte d'auréole.



Aussitôt, le vieil Aillandé, montant sur le tertre que Guéréchina venait de quitter, prit un pot de terre et le lança en l'air... les éclats du vase précieusement recueillis furent immédiatement comptés à haute voix par lui et enfouis à l'instant même, dans un trou creusé de sa main.


"Vous l'avez tous vu, dit-il, ensuite, en élevant la voix ; j'ai compté sept morceaux ; pendant sept ans, cette femme t'appartiendra, Boulharbandi, tu seras son maître et tu nourriras ses enfans.


Et toi, continua-t-il en se tournant vers Guéréchina, plus tremblante qu'une feuille, pendant sept ans tu ne seras qu'à cet homme, tu seras sa servante et tu allaiteras ses enfants."



A ces mots la musique de recommencer son tapage et le vin de circuler à la ronde dans des outres de peau de bouc.



L'orgie, dès lors, régna seule dans le camp. Nous mêmes, fort embarrassés de la contenance à garder en présence de ce festin de Cannibales auquel nous étions conviés, nous prétextâmes les préparatifs de notre départ pour le pic d'Orhi, du haut duquel nous voulions assister au lever du soleil."




A suivre...




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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NOUVEL ARRIÈRE-PLAN DE MON BLOG EUSKAL HERRIA LEHEN - PAYS BASQUE D'ANTAN

  

CHANGEMENT DE MOIS = CHANGEMENT D'ARRIÈRE-PLAN DE MON BLOG.


Comme je m'y suis engagé il y a quelques années, nous sommes le premier du mois et je change donc l'arrière-plan de mon blog.