Libellés

mardi 9 février 2021

DES CARICATURES ESPAGNOLES AU PAYS BASQUE EN 1932

DES CARICATURES ESPAGNOLES EN 1932.


En 1932, sont publiées des caricatures espagnoles, concernant aussi le Pays Basque Sud.




pais vasco antes dibujos
CARICATURES ESPAGNOLES



Voici ce que rapporta le journal L'Image, le 1er janvier 1932, sous la plume de Georges Barbarin :



"Caricatures espagnoles.



Au point de vue des formalités, l’Espagne est le plus beau pays du monde.



Une fois la frontière passée, on laisse l’étranger en paix.



Ce n’est pas que l’Espagne manque d’uniformes ou de ronds-de-cuir. Seulement tous ses ronds-de-cuir portent l'uniforme, tandis qu’aucun des porteurs d’uniformes n'a une âme de rond-de-cuir.



On divise les Espagnols en deux catégories : ceux qui n'ont pas de solde et ceux qui en ont une. Comme les premiers sont moins nombreux que les derniers, il y a toujours une majorité pour le gouvernement.



L'uniforme le plus respecté est celui du garde-civil parce que celui-ci tape plus fort que tous les autres.



Il est fait de drap olive, avec des buffleteries jaune serin. Chapeau noir en cuir verni, retroussé par derrière. Sa forme, soigneusement étudiée, permet de savoir d’où vient le vent.



Les gendarmes en restent bleus avec galon blanc. Ils portent obligatoirement une petite canne à tête argentée et, à volonté, des lunettes ou le ventre par devant.



Les celadores ou serinas sont des gendarmes en service de nuit, avec la boïna sur l'oreille. Ils dorment quand la ville veille et dorment quand la ville dort.



Les carabiniers ne circulent sur les routes qu’un par un. Produits incestueux du gendarme et du douanier, ils tiennent perpétuellement la mer en joue et leur pas est exactement réglé, avec une minute de retard, sur celui des contrebandiers.



Restent les miquelets, qui surveillent l'arrivée des trains sur le quai de chaque station. Ils ont un pantalon de fantassin 1900, avec une blouse de drap bleu foncé, un petit camail ecclésiastique et, pour couronner le tout, un béret garance surmonté d'un écu d’or.



Il y a des croix partout et des vierges noyées de larmes : aux carrefours, sur les gâteaux, les collines et sur le sein des enfants.



Il y a aussi l’inscription "Votad el estatuto" qui est la formule lapidaire du carpo - catholico - légitima - séparatisme basque.



Elle est peinte au minium sur les murs, les pavés, l’asphalte, les habits, le sable, les nuages, mais n’est pas gravée dans les cœurs.



Les pueblos regorgent d’ânes et de petits enfants.



Les ânes sont doux, mignons, bien élevés et ne parlent que de temps à autre.



Les enfants sont sales, mal élevés et jacassent tout le temps.



Les ânes portent le bât et, sur le bât, leur ânière.



Les enfants se font porter par leurs mères et sont les maîtres de haut en bas.



Les femmes ont le droit de vote depuis l’an dernier. Les enfants l’auront un jour. Mais quand le donnera-t-on aux ânes ?


pais vasco antes dibujos
CARICATURES ESPAGNOLES



En été, l’ouverture du soir est supprimée pour laisser reposer le public.



Bien que les Espagnols aient fait la révolution, les timbres-poste sont tous à l’effigie d’Alphonse XIII, de sorte que si j’envoie dix cartes postales, je suis obligé de lécher dix fois le derrière de l’ancien roi.



La cuisine est pauvre, mais honnête. On mange le potage en second et la salade en premier.



Les gâteaux frais sont fabriqués avec du sable de plage et du clou de girofle, les gâteaux secs avec de la poussière et du papier.



Les œufs à la coque se vident dans un verre et se sirotent comme une glace. Le pain est tellement fin et blanc qu'il a l’air d’être artificiel.





Les abricots viennent par l’express de Paris. Les cerises se récoltent en septembre. Les boucheries vendent de la carne. C’est pourquoi on les appelle "carnicerias". Il n’y a qu’une viande unique qui n’est ni du bœuf, ni du veau, ni du mouton, ni du cheval, ni du porc, et qui est tellement noire et sale que les bouchers ferment les volets de leurs boutiques et vont exercer un autre métier pour ne plus la voir.



Les "confiterias" ne vendent pas de confitures, mais des comestibles. On désigne sous ce nom toutes les choses mises en boîtes quand elles n’étaient plus bonnes à manger.



De loin en loin, pendent des peaux de charogne gonflées qui sont des outres à alicante. 



Dans les cidreries, alignés en face des barriques, des clients muets boivent avec des faces de conspirateurs.



Les vaches travaillent comme vous et moi. Elles donnent aussi du lait, ce que ni moi ni vous ne pouvons faire. La candeur des laitières est si idyllique qu’aucune ne fait son beurre avec.



Le beurre espagnol vient du Danemark On le débite au poids de l’or dans 1’arrière boutique. Chaque étranger n’a droit par semaine qu’à une ration d’un demi-carat. Tous les moteurs humains marchent à l’huile. L’odeur d’olive cuite poursuit les passants, assiège les maisons, investit les rues. 



L’Espagnol d’été mange des sardines avec du pain, des sardines avec la soupe, des sardines avec le dessert. Quand il n’a plus ni dessert, ni soupe, ni pain, il mange des sardines avec des sardines.



Au pays basque, les hommes ont le visage aristocratique, la taille longue et le pied fin. 



Les femmes, petites et sans beauté, semblent appartenir à une autre race. Les danses sont d’une ancestrale chasteté. Au son d’un tambour et d’un fifre, garçons et filles rythment isolément la "habanera" sur la place publique et, pour bien montrer qu’elles ne servent à rien de déshonnête, conservent, tout le temps que dure la danse, les deux mains en l’air.



Les plages sont une rétrospective de 1900. On y trouve les mêmes cabines en bois, le même maître-baigneur insensé, les mêmes maillots à jupes longues. Les caleçons y sont frappés d’une amende civile et les slips d’une religieuse excommunication.



L'électricité est partout dans les villes, les pueblos, les "caserios", dans les rues et sur les routes.



Toute ruelle espagnole ressemble à une toile d’araignée où se prennent et palpitent, à longue journée, de multiples et multicolores haillons.



Le moindre pays a dix compagnies d’électricité dont les lignes se croisent, se coupent, se traversent, s’additionnent, se divisent et se chevauchent. Le premier piquet venu sert d’attache et les montagnes sont plantées d’une forêt de poteaux tortus.



Mille électriciens pour cent habitants, telle est la proportion de cette industrie incomparable. Tout pêcheur, comptable, chaudronnier, cultivateur, marchand d’espadrilles qui ne fait pas ses affaires, s’installe comme électricien.



Les installations en reçoivent le contrecoup et chaque perturbation atmosphérique y sème la déconfiture. Les électriciens remédient à tout dans les vingt-quatre heures avec du fil de fer à lessive, des semences et des épingles de sûreté.


pais vasco antes dibujos
CARICATURES ESPAGNOLES

Sur deux maisons on compte un couvent. Et sur trois couvents, il y en a deux de femmes.



Les automobiles paraissent d’un modèle antédiluvien. Les chars ont tous des roues pleines et les bœufs n’atteignent le soixante à l’heure que les jours de corridas.



La plus grande attraction de l’Espagne de 1932, c’est la peseta.



Pour moins de cinquante pesetas en argent, on a cent francs de papier-quatre-sous. Et, pour moins d’un billet de mille, on se procure deux kilos d’argent.





La véritable unité monétaire espagnole est le douro, qui représente approximativement dix francs de notre monnaie.



Actuellement, pour un douro, on a : une douzaine de sardines avec l’embarcation, un litre d’huile avec le magasin, un fonds de pâtisserie avec la pâtissière, trois paires de souliers et le cordonnier, cinq litres de petits pois et le jardin, deux monastères, un carabinier, et la moitié d’une vache espagnole."



Merci ami(e) lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.

Plus de 5 500 autres articles vous attendent dans mon blog :

https://paysbasqueavant.blogspot.com/


N'hésitez pas à vous abonner à mon blog, à la page Facebook et à la chaîne YouTube, c'est gratuit !!!

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire