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jeudi 14 octobre 2021

LES ORIGINES BASQUES PAR ÉLISÉE RECLUS EN 1924 (troisième et dernière partie)

 

LES ORIGINES BASQUES PAR ÉLISÉE RECLUS.


L'origine des Basques a toujours été et reste encore aujourd'hui un mystère.




pays basque autrefois homme
PORTRAIT DE BASQUE
PAR OZENNE



Voici ce que rapporta à ce sujet La Côte basque : revue illustrée de l'Euzkalerria, le 31 août 1924 :



"... L’article fondamental de la Constitution de Guipuzcoa, cité dans le remarquable ouvrage de M. Eugène Cordier (Le Droit de famille aux Pyrénées), est ainsi conçu : "Si quelqu’un veut contraindre quelque homme, femme, bourg ou ville de Guipuzcoa à quoi que ce soit, en vertu de quelque mandat de notre Seigneur le roi de Castille qui n’aurait point été approuvé par l’assemblée générale, ou qui serait attentatoire à nos droits, privilèges, fors et liberté, qu’il lui soit incontinent désobéi. S’il persiste, qu’il soit mis à mort !" Et cet article de la Constitution n’était pas une vaine parole : plus d’une fois il fut exécuté dans toute sa rigueur. Les Basques étaient tous nobles, car, selon la remarque profonde de Monsieur Eugène Cordier. "Noblesse était le nom que la liberté avait pris pour se faire comprendre d’un monde barbare."



Et non seulement les Basques qui parlent encore la langue escuara, mais tous les Pyrénéens de de race ibère faisaient preuve, pendant le moyen âge de la même fierté démocratique. Les vallées d’Ossau, d’Aspe, de Barétous, de Lavedan, de Barèges, d’Aure et de Nesle, le Val d’Aran, étaient autant de petites républiques semblables à l’Etat d’Andorre qui existe encore aujourd’hui. Tout en reconnaissant pour la forme tel ou tel Seigneur féodal, elles n’en étaient pas moins libres et souveraines ; elles repoussaient les juges envoyés par le suzerain ; elles n’aidaient le prince dans ses guerres que lorsqu'elles trouvaient sa cause juste ; elles concluaient librement des traités de paix et de commerce avec les vallées voisines, soit Espagnoles, soit Françaises, sans demander la ratification de personne : les droits de douane, la gabelle et autres vexatoires leur étaient complètement inconnus. Fortes de leur droit, ces petites républiques résistèrent même à Louis XIV : la vallée d’Aspe affirma hautement contre le grand Roi la souveraineté populaire et donna un refuge aux protestants, qui dans toutes les autres parties de la France, étaient pourchassés et mis à mort. Pendant dix années, les vallées de Barèges et de Lavedan, repoussèrent la gabelle que voulait leur imposer Louis XIV et finirent par gagner leur procès. Une paix inviolée régnait entre les vallées limitrophes de la France et de l’Espagne, même lorsque la guerre était allumée entre les deux royaumes. Elles devaient s’avertir mutuellement de l’arrivée des troupes ennemies aux frontières Pendant le sanglant moyen âge, alors que dans tous les pays de plaines, la guerre, suivie de la peste et de la famine, régnait en permanence, les bergers et les cultivateurs des Pyrénées jouissaient de la tranquillité la plus profonde. Les chartes des républiques pyrénéennes avaient toutes pris pour idéal ce vœu touchant de la coutume de Bigorre. "Que le rustique ait paix à toujours !"



Toutes les populations pyrénéennes d’origine ibère et les Basques en particulier, ont un profond sentiment religieux, qu’ils manifestent surtout par leur témoignages de vénération envers les morts. Les cimetières des moindres villages du Pays Basque sont de véritables jardins entretenus avec les soins les plus touchants. Malheureusement la religion des Basques dégénère souvent en superstition ou en fanatisme. Ils croient chacune de leurs montagnes habitée par un génie favorable on malfaisant, et racontent une légende sur chacune de leurs fontaines Dans leur opinion, des serpents gigantesques habitaient encore, du temps de la reine Jeanne, les cavernes de la Soule, et se jetaient sur les passants pour les dévorer. De nos jours, on entend parfois des hurlements étranges se mêler au murmure du vent ; ces hurlements sont poussés par Bassajaona, le Dieu des forêts et des montagnes. Vers le commencement du XVIIe siècle, nulle part si ce n’est peut-être en Alsace, on ne brûla un si grand nombre de sorcières. Les femmes allaient en foule s’accuser d’être les amantes de Satan, et demandaient avec insistance d’être décapitées ou brûlées. Une d’entre elles, la plus belle fille du pays basque, fut conduite à Bayonne, où elle devait monter sur le bûcher. Quand le bourreau s’approcha d’elle et s’avança pour lui donner, selon la coutume, le baiser de paix, elle rejeta vivement sa tête en arrière en s’écriant: "Moi qui ai touché Satan de mes lèvres, me laisserai-je embrasser par le bourreau ?"



pays basque autrefois basajaun
BASAJAUN


pays basque autrefois sorcieres
SORCIERES
PAYS BASQUE D'ANTAN


Les populations aborigènes des Pyrénées se distinguent aussi par un amour fanatique de la propriété, et cette passion leur a fait autrefois imaginer sur l’héritage des lois qui n’avaient pas leurs semblables dans le monde. Afin de maintenir l’intégrité des fortunes, les Ibères et les Cantabres reconnaissaient le droit d’aînesse comme du droit primordial : quel que fut le sexe de l’aîné, ils le déclaraient l’héritier universel de la famille et le maître des autres enfants. Frères et sœurs devenaient les serviteurs, les esclaves de celui ou de celle qui avait eu la chance de naître avant les autres ; ils devaient travailler dans la maison patrimoniale ; ils ne possédaient rien et, pour vivre, devaient s’en rapportera à la munificence du maître ou de la maîtresse. Le propriétaire était chef de clan et donnait son nom à tous ses parents. La femme de l’héritier devenait aussi sa domestique et n’avait d’autre devoir que de donner des enfants au maître et d’augmenter le patrimoine : de même le mari de l'héritière était simplement le premier des serviteurs, il perdait jusqu’à son nom, et s’il quittait le toit conjugal, il n’avait pas même le droit de réclamer sa dot ni le produit de son travail.



Telles étaient les anciennes coutumes des Ibères, modifiées à diverses époques au profit du sexe masculin ; elles étaient encore intactes à l’époque de la Révolution Française dans la vallée de Barèges. Supprimé en principe par le nouveau droit public qui régit la France et l’Espagne, le droit d’aînesse se perpétue en dépit des lois. De nos jours, dans les Basses-Pyrénées, les paysans utilisent jusqu’aux extrêmes limites la tolérance du code pour avantager l’aîné, et le plus souvent les cadets se prêtent volontiers à cette manœuvre qui les prive d’un bien qu’ils pourraient réclamer. Encore aujourd’hui, nombre de puînés se condamnent volontiers au célibat pour que le chef de famille s’enrichisse par l’extinction de toutes les branches collatérales. Encore aujourd’hui, les paysans basques et béarnais s’identifient tellement avec la propriété dont ils héritent qu’ils oublient jusqu’à leur nom et sont connus désormais sous celui de leur terre."



(A suivre).


(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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mardi 14 septembre 2021

LES ORIGINES BASQUES PAR ÉLISÉE RECLUS EN 1924 (deuxième partie)

LES ORIGINES BASQUES PAR ÉLISÉE RECLUS.


L'origine des Basques a toujours été et reste encore aujourd'hui un mystère.




pays basque autrefois homme
PORTRAIT DE BASQUE
PAR OZENNE



Voici ce que rapporta à ce sujet La Côte basque : revue illustrée de l'Euzkalerria, le 24 août 1924 :



"... Comme dans les autres races non encore mélangées, les femmes surtout conservent le type national : elles ont presque toutes de grands yeux humides et caressants, un nez finement sculpté, une petite bouche, une peau blanche et fraîche, une taille d'une merveilleuse souplesse. Malheureusement, le noir est pour elles la couleur distinguée par excellence : le dimanche elles sont toujours vêtues de robes de couleur sombre.



pays basque autrefois femme
JEUNE FEMME BASQUE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Les Basques sont remarquables surtout par l’élasticité de leur démarche et de leurs mouvements, on dirait que leurs membres sont doués de ressorts particuliers, tant ils se meuvent avec grâce et légèreté. Quand on les voit descendre du haut de leurs rochers avec leur veste de velours, leur ceinture de soie, leur béret rouge ou bleu posé sur de longs cheveux flottants, ou mieux encore quand on les voit l’œil ardent, la poitrine frémissante, saisir au vol la balle du jeu de paume, ils semblent plutôt rebondir que marcher ou courir. Ils ont presque toujours à la main un makila ou bâton plombé, qu’ils brandissent d’un air héroïque. S'ils passent à côté d’un voyageur, ils arrêtent un moment le moulinet de leur bâton, saluent avec grâce, mais comme des égaux, sans baisser le regard.




makila pays basque autrefois
JEUNES HOMMES AVEC MAKILA
PAYS BASQUE D'ANTAN



Ils se savent tous gentilshommes. Quant à leur intelligence, elle est certainement au-dessus de la moyenne, et ils en donnent la preuve par l’étonnante facilité avec laquelle ils apprennent l’Espagnol, le Français et le Béarnais. Cependant aucun de ces génies dont les peuples gardent éternellement la mémoire n’a fait encore son apparition dans le peuple Basque. Parmi les hommes remarquables, on ne cite guère que des marins, des généraux, des chefs de guérillas pendant une partie du moyen âge. Ils furent les premiers navigateurs du monde et pourchassaient la baleine jusque dans les mers d’Irlande et du Groënland. 


pêche chasse baleine
PÊCHE A LA BALEINE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Au commencement de l’âge moderne, la Biscaye a produit cet aventurier fanatique qui, malgré ses hallucinations, garda toujours une si grande connaissance de certaines natures humaines et un si merveilleux talent d’organisateur, Ignace de Loyola.



religion catholique saint sainte ignace
31 JUILLET : SAINT IGNACE DE LOYOLA



Le peuple euscarien, qui, d’après Bory de Saint-Vincent, serait l’unique représentant de l’ancienne race atlantique, parle une langue à part, restant, au moins provisoirement, en dehors de toutes les classifications des savants. Elle se vante de n’avoir pas de sœurs et d’être une langue absolument primitive. Si par le système d’agglutinations des membres de la phrase en un seul mot, elle ressemble aux langues américaines, elle reste complètement séparée de cette famille par d’autres particularités grammaticales. Le langage escuara, que plusieurs érudits Basques prétendent avoir été celui du Père Eternel, est véritablement beau : il a la douceur de l’Italien et la mâle sonorité de l’Espagnol. Ecoutons M. Chaho parler de sa langue maternelle :


"La grammaire euscarienne se distingue entre toutes par une une admirable simplicité et par une régularité invariable qui n’admet aucune exception à ses règles ; on peut dire qu’elle réalise l’idéal de la perfection philosophique du langage. Tous les noms Euscariens sont conjugables, ce qui revient à dire qu’il y a en euscarien autant de verbes que de mots, richesse qu’aucune langue connue ne partage avec cet idiome. En outre tous les mots, quels qu’ils soient, peuvent être conjugués synthétiquement de la manière la plus régulière et la plus complète. La langue euscarienne conjugue tous ses noms avec le verbe être-avoir, et non seulement les noms, mais les adverbes de lieu ; et non seulement ces adverbes, mais les diminutifs, approximatifs, augmentatifs, et, comme on compte ceux-ci par douzaines, cela fait pour chaque adverbe une douzaine de conjugaisons différentes. Dans cette langue, toute lettre, toute syllabe, est comme les touches sonores d’un clavier, chacune d’elles rend un son intellectuel, une note et joue son rôle dans l’harmonie de la pensée.



Les combinaisons entre les verbes, leurs sujets et leurs régimes, sont presque innombrables, mais leur parfaite régularité rend ces formes multiples très faciles à apprendre. Ainsi on compte 1 045 formes pour le présent de l'indicatif du verbe être avoir, ce qui donne plus de 10 000 formes pour le verbe entier, et cependant pas un enfant basque ne commet d’erreur dans son langage.



Le mécanisme de la langue basque, ses inversions, ses désinences grammaticales, facilitent singulièrement la versification. Un jeune homme a-t-il une imagination vive, un père barde et une mère habituée à répéter les chansons du temps passé, il commencera à chanter à son tour. Bientôt il composera lui-même des chants, sans autre étude pareil à l’oiseau qui redit d’instinct les conseils de son père veillant sur sa couvée." 



Le basque d’Espelette est, dit-on, le plus élégant et le plus pur.



Fiers de leur langue, les Basques peuvent l’être à bien juste litre de leur histoire.



Ils ont toujours aimé l’indépendance pour eux-mêmes et pour leurs voisins. Ni esclaves, ni tyrans, telle a toujours été leur devise. Plutôt que de subir la servitude imposée par Auguste, les Cantabres se précipitent du haut des rochers et se libèrent par la mort. Ils résistent victorieusement aux Visigoths, aux Alains, aux Suèves et aux Vandales ; ils se maintiennent libres au milieu de ce flux et de ce reflux d’hommes qui traversent les Pyrénées ; ils arrêtent Charlemagne et chantent sur le cadavre de Roland vaincu l’hymne épique d’Altabiscar ; plus tard ils aident les Espagnols à reconquérir leur Patrie sur les Maures. Ils traversent l’époque Féodale sans laisser porter atteinte à leurs libertés. Jamais ils ne sacrifient leurs droits, et quand ils acceptent un chef, c’est en lui posant des conditions. Quand le Prince manquait à son serment, le peuple était délié du sien."


pays basque autrefois roland roncevaux
ROLAND A RONCEVAUX
PAYS BASQUE D'ANTAN



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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samedi 14 août 2021

LES ORIGINES BASQUES PAR ÉLISÉE RECLUS EN 1924 (première partie)

LES ORIGINES BASQUES PAR ÉLISÉE RECLUS.


L'origine des Basques a toujours été et reste encore aujourd'hui un mystère.




pays basque autrefois dessin origines
PORTRAIT D'HOMME BASQUE
PAR OZENNE



Voici ce que rapporta à ce sujet Elisée Reclus dans La Côte basque : revue illustrée de 

l'Euzkalerria, le 17 août 1924 :



"Autrefois les deux versants des Pyrénées étaient habités par des hommes de même race, par ces Ibères, dont les descendants non mélangés sont aujourd’hui connus sous le nom de Basques ou d’Euscariens (Euscaldunac).



Avant l’époque historique, il est probable que cette race occupait la plus grande partie de l’Europe occidentale, ou du moins toute l’Espagne, la Gaule Méditerranéenne, les côtes de l’Italie, la Corse, la Sardaigne, les Baléares.



Ces hommes qui ont laissé leurs ossements dans les cavernes des Alpes et des Pyrénées à côté de ceux de l’ours, de l’hyène et du rhinocéros, étaient sans doute des Ibères. C’étaient également des hommes de cette race qui fondèrent sur pilotis ces petites Venises dont on a récemment retrouvé les vestiges en si grande abondance dans les lacs de la Suisse et de la Savoie.



Cédant à la pression des envahisseurs celtes, phocéens, romains, francs et visigoths, les pacifiques aborigènes reculèrent peu à peu, ils abandonnèrent les rivages, puis les plaines ouvertes et les régions de collines et finirent par se réfugier dans les vallées des montagnes. A l'époque Romaine, tous les escarpements des Pyrénées, depuis le cap Creux jusqu’au cap Finisterre, leur servaient de boulevard, et seulement un petit nombre de tribus celtiques avaient obtenu de gré ou de force, le droit de séjourner dans quelque gorge.



Maintenant encore presque toutes les populations pyrénéennes, de Port-Vendres à Bayonne, sont incontestablement d’origine ibérique. Les Andorrains et les Aranais, les montagnards des vallées de Biros et Betmale, bien qu’ils aient oublié leur langue et perdu jusqu’au souvenir de leurs aïeux, ont le même droit au nom que les habitants de la Soule et du Labourd. 



Brisés en plusieurs groupes distincts par les invasions, les guerres, les vicissitudes politiques de toute espèce, ils ignorent aujourd’hui leur parenté ; mais ils n’en sont pas moins frères.



Récemment encore, l’examen des crânes a révélé à M. Baër et par son entremise au monde scientifique, que les Romands, ces prétendus Etrusques, retranchés comme dans une citadelle dans les hautes vallées des Grisons, étaient aussi des Basques. Comme un continent assiégé par les eaux d’un déluge, la nationalité des Ibères s’est partagée en grand nombre d’Iles et d’Ilots. En s’isolant, chaque partie d’un continent qui se fractionne reçoit une désignation qui n’est plus celle du massif entier : de même chaque groupe d’Ibères a perdu son nom en voyant se rompre le lien qui l'unissait à la mère Patrie. Seuls, les Basques, qui ont pu se maintenir en corps de nation considérable à l’extrémité occidentale des Pyrénées, ont dû à la force du nombre le privilège de garder leur nom, leur langue et le sentiment de leur nationalité.



Depuis plus de quarante ans déjà, Guillaume de Humboldt a prouvé par l’étude des noms de lieux que les Basques avaient occupé toute la péninsule hispanique, et récemment, la comparaison des monnaies recueillies en diverses parties du Midi de la France et de l’Espagne a confirmé d’une manière éclatante les découvertes du célèbre philologue. Pour nous borner aux seules régions pyrénéennes, c’est par milliers qu’on trouve dans les parties centrales et orientales de la chaîne des noms d’origine escuara. Aussi bien que les provinces basques proprement dites, ces districts ont leurs vallées de Bastan, de Bastennes et de Bastannet ; l’Andorre, comme le Labourd, possède une Ardanabia ; les villes d’Elne, de Collioure, d’Auch et maint village d’Espagne étaient désignés par le titre sonore d’Illiberri : enfin, il n’est pas de nom dont le nom soit plus évidemment Ibère que celui de la Catalane de Bascara. Et les Pyrénées elles-mêmes, que les Arabes appelaient Djebel-Al-Basken, montagnes des Basques, ne doivent-elles pas aux Ibères le nom qu’elles portent encore ?



Quoi qu’il en soit, les basques proprement dits, n’occupent plus aujourd’hui qu’une très faible partie du domaine de leurs ancêtres. Au nombre de 800 000 environ, ils habitent les deux versants de la chaîne, dans le département des Basses-Pyrénées et dans les provinces espagnoles de Pamplona, de Guipuzcoa, d’Alava et de Bilbao. En France ils ne possèdent qu’une partie des vallées de la Nivelle, de la Nive, de la Bidouze et du Saison, et leur population homogène ne s’élève pas à plus de 120 000 âmes. Le pays Basque est borné au nord par l’Adour et le territoire de Bayonne, au sud par la chaîne des Pyrénées, à l’ouest par l’Océan, à l’est par une ligne courbe longeant les limites des cantons de Sauveterre, Navarrenx, Ste-Marie d’Oloron et Aramitz : il comprend l’arrondissement de Mauléon et la majeure partie de celui de Bayonne. Autrefois on le divisait en trois districts, dont le plus occidental se nommait Labourd (Laphurdy, pays des pirates), le plus oriental, Soule, et celui du milieu, Basse-Navarre.



Bien que les Béarnais et Basques descendent des mêmes Ibères, et que les formes de leurs crânes, les traits de leurs visages se rapportent au même type, cependant il est facile de distinguer ces deux populations voisines à la simple apparence. Dès qu’on a traversé la frontière qui sépare les campagnes du Béarn de celle du Pays Basque, on s’aperçoit d’un changement soudain des physionomies. Au lieu des visages tant soit peu cauteleux des paysans Béarnais, au lieu de leurs sourires presque douteux, on voit des têtes rejetés noblement en arrière, des regards francs, des gestes intrépides. Le Basque n’a jamais été asservi et porté sur le front le signe de la liberté.



En général les Basques sont bruns et de petite taille ; cependant ceux qui habitent les vallées de Larrau et de Sainte-Engrâce, dans le cœur même du pays Basque, sont plus grands que leurs voisins les Béarnais, et leur chevelure est blonde : il est donc impossible de caractériser le type basquais par la taille et la couleur des cheveux. Ce qui distingue d’une manière spéciale les Euscariens et leur donne une incontestable supériorité sur les lourds paysans de nos campagnes françaises, qui mettent tout leur art à cacher leurs pensées secrètes, c’est l’extrême mobilité de la physionomie. Les moindres sentiments se révèlent sur leurs visages par l’éclair du regard, le jeu des sourcils, le frémissement des lèvres."



A suivre...




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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samedi 4 juillet 2020

PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 4 JUILLET 2020 SAINTE ÉLISABETH ET SAINTE BERTHE ET SAINT ULRICH - ELIXABETE


PROVERBE DU 4 JUILLET 2020 (SAINTE ÉLISABETH) (SAINTE BERTHE) (SAINT ULRICH) (ELIXABETE).


ÉLISABETH : Fille de Pierre III d'Aragon, Elisabeth épouse en 1282, Denis 1er, sixième roi de Portugal.



religion catholique saint sainte elisabeth
4 JUILLET SAINTE ELISABETH DE PORTUGAL


Elisabeth, très pieuse, doit supporter les incartades de son mari.

Devenue veuve, Elisabeth entre en religion et se retire dans un couvent de clarisses, à Coimbra.

Elisabeth y meurt le 4 juillet 1336.

Elisabeth est canonisée en 1625 par le pape Urbain VIII.




BERTHE : Berthe de Blangy, naît en 642 au château de Blangy-sur-Ternoise (Pas-de-Calais).



religion catholique saint sainte berthe
4 JUILLET SAINTE BERTHE DE BLANGY

Elle est de lignée royale, fille de Rigobert, comte de Ponthieu.

Berthe épouse en 661 le comte Sigefroy, baron d'Auxi le Château (Pas-de-Calais), de la lignée des princes francs, ou mérovingiens.

Après la mort de son époux, en 678, Berthe transforme une partie des terres de Blangy en monastère bénédictin pour jeunes filles et dédié au culte de la Vierge Marie.

Première abbesse, elle y meurt à 79 ans, le 4 juillet 723, après que sa charge abbatiale ait été transmise à sa fille Deotile, également religieuse.

On attribue à Berthe de nombreux miracles de son vivant et en la priant auprès des reliques.

C'est une sainte chrétienne honorée le 4 juillet, sous le nom de sainte Berthe.



religion catholique saint sainte berthe
4 JUILLET SAINTE BERTHE DE BLANGY


ULRICH : Ulrich d'Augsbourg naît vers 890 et meurt vers 973.



religion catholique saint sainte ulrich
4 JUILLET SAINT ULRICH D'AUGSBOURG



C'est un religieux alémanique ou souabe du 10ème siècle, évêque d'Augsbourg (Bavière, Allemagne) de 923 à 973.

Ulrich a été le premier catholique canonisé par décision de Rome, le 4 juillet 993 par le pape Jean XV.

Son culte de saint thérapeute s'est propagé précocement dans le duché d'Alémanie, réunissant Alsace et Souabe, puis répandu au 11ème siècle dans l'ensemble de l'empire ottonien.

Ulrich est honoré le 4 juillet.




ELIXABETE : Joanes Batistaren ama.

(...) Elixabete - Sabino Aranak eta Koldo Elizaldek argitaratuko Santu Izendegia-n gaztelaniazko Isabel-en kidetako ematen den izena. Ikus Elisabet / / Isabelle (...)

Itun Zaharrean Elixaba moduan agertzen da, baina Itun Berrian Elisabet bihurtua aurkitzen dugu done Joanes Bataiatzailearen amaren izena. Gaztelaniaz El lehen osagaia ("Jainkoa" hebreeraz) galdu egin zen, artikuluarekin nahasi baitzen. Santuaren eguna azaroaren 5ean da (Zumarragan uztailaren 2an). Aldaera asko izan diru, baina erabilienak Isabel eta Elixabete (Deun-ixendegi euzkotarra) dira. Baliokideak : Isabel (es) eta Elisabeth (fr).




Un décès du 4 juillet : Jacques Elisée Reclus.


homme politique france revolution
ELISEE RECLUS

Né le 15 mars 1830 à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde) - Mort le 4 juillet 1905 à Torhout (Belgique).

C'est un géographe libertaire et militant anarchiste français.

Communard, théoricien anarchiste, c'est un pédagogue et un écrivain prolifique.

Elisée Reclus naît dans une famille protestante.

Il est le 4ème enfant de la famille et il est élevé jusqu'à son âge de 8 ans, à La Roche-Calais, en Dordogne.

En 1838, il revient chez ses parents à Orthez (Basses-Pyrénées).

Son père l'envoie, en 1842, rejoindre son frère Elie à Neuwied, en Prusse, où il étudie des langues (allemand, anglais, néerlandais, latin) et il revient à Orthez en 1844.


homme politique france revolution
ELISEE RECLUS

Puis de 1844 à 1847, avec son frère aîné Elie, Elisée Reclus habite chez la soeur de sa mère, à Ste-Foy-la-Grande (Gironde) et il obtient son baccalauréat à l'université de Bordeaux à l'été 1848.

En 1848-1849, les 2 frères suivent des cours de théologie à Montauban (Tarn-et-Garonne) mais ils en sont exclus pour des raisons politiques, à l'été 1849.

Elisée Reclus va alors voyager en Allemagne avant de revenir en France en 1851.

Après le coup d'Etat du 2 décembre 1851, les deux frères vont à Londres, puis début 1853, Elisée s'embarque pour La Nouvelle-Orléans (Louisiane, Etats-Unis).

En janvier 1856, il part pour la Colombie, jusqu'en juillet 1857.

En août 1857, Elisée revient en France, chez son frère Elie et les deux frères rencontrent Blanqui et Proudhon, deux révolutionnaires.

En mars 1858, il entre dans la loge maçonnique du Grand Orient de France, qu'il quitte au bout d'un an.

De 1859 à 1868, Elisée Reclus contribue à la Revue des Deux Mondes, où il donne des articles de géographie, de géologie, de littérature, de politique étrangère, d'économie sociale, d'archéologie et de bibliographie.



homme politique revolution france
ELISEE RECLUS

En octobre 1863, il est, avec son frère Elie, l'un des 27 fondateurs de la première coopérative parisienne.

De 1864 à 1870, il s'engage dans les Internationales de travailleurs et il publie plusieurs ouvrages dont La Terre.

En mars 1871, il est aux côtés des Communards.

Fait prisonnier en avril 1871, il va passer 15 mois de captivité dans une quinzaine de prisons.

En novembre 1871, le Conseil de guerre le condamne à la déportation en Nouvelle-Calédonie, mais sa peine est commuée en dix ans de bannissement.

En 1872, il quitte alors la France avec femme et enfants pour la Suisse, où il va rencontrer Michel Bakounine, autre révolutionnaire.

Durant cette période, il va rédiger d'autres ouvrages comme la Nouvelle Géographie universelle, en 19 volumes, qui lui vaut une renommée internationale.

En 1892, il va enseigner la géographie à Bruxelles, à l'Université nouvelle.

Elisée Reclus rencontre, en 1894, Eugénie David, qui sera connue plus tard sous le nom d'Alexandra David-Néel.

De 1895 à 1898, il se lance dans la construction d'une maquette de 127,5 mètres de diamètre, un Grand Globe terrestre.

Vers la fin de sa vie, il rédige L'Homme et la Terre, son oeuvre majeure, qui paraîtra en 6 volumes, en 1905.

Il meurt le 4 juillet 1905 à Torhout (Belgique), à 75 ans.


homme politique france revolution
ELISEE RECLUS


dimanche 15 mars 2020

PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 15 MARS 2020 SAINTE LOUISE ET SAINT CLÉMENT-MARIE - HAIZEA


PROVERBE DU 15 MARS 2020 (SAINTE LOUISE) (SAINT CLÉMENT-MARIE) (WILLIAM) (ZACHARIE) (HAIZEA).


LOUISE : Louise naît le 12 août 1591 à Ferrières-en-Brie (Seine-et-Marne).


religion catholique saint sainte louise
15 MARS SAINTE LOUISE DE MARILLAC

Louise est une aristocrate française, issue d'une famille auvergnate ancienne mais seulement anoblie en 1569.

Elle épouse en février 1613 Antoine Le Gras, avec lequel elle aura un fils, Michel.

Son mari décède de la tuberculose en décembre 1625.

Louise de Marillac, veuve à l'époque de Louis XIII rencontre, vers 1625, Saint Vincent de Paul, qu'on surnommait Monsieur Vincent.

A ses côtés, Louise retrouve la joie et se voue à la charité.

Louise fonde, en novembre 1633, la Congrégation des Filles de la Charité, au service des enfants trouvés, des malades et de tous les malheureux.

Bientôt, 30 communautés vont exister en France, mais aussi en Pologne.



religion catholique saint sainte louise
15 MARS SAINTE LOUISE DE MARILLAC

Louise meurt le 15 mars 1660, à Paris, à 69 ans.

Louise est béatifiée le 9 mai 1920 par le pape Benoit XV.

Louise est canonisée le 11 mars 1934 par le pape Pie XI.

Louise est proclamée patronne des oeuvres sociales en 1960 par le pape Jean XXIII.



CLÉMENT-MARIE : Clément-Marie Hofbauer naît le 26 décembre 1751 à Tasovice (Moravie, République tchèque).


religion catholique saint sainte clement-marie
15 MARS SAINT CLEMENT-MARIE HOFBAUER


C'est un prêtre rédemptoriste.

Célèbre prédicateur, il est vicaire général des rédemptoristes à Vienne, à l'époque de la Restauration de Metternich.

Il exerce une influence profonde sur la vie religieuse de l'Europe centrale à la charnière des 18ème et 19ème siècles.

Représentant actif de la réaction romantique religieuse qui caractérise la première partie du 19ème siècle, il contribue à faire reculer le joséphisme (mainmise de l'Etat sur l'Eglise) et, par la fondation de maisons de son ordre, notamment en Pologne, à promouvoir l'évangélisation des milieux populaires.

Clément-Marie meurt le 15 mars 1820.

Il est béatifié le 29 janvier 1888 par le pape Léon XIII.

Il est canonisé le 20 mai 1909 par le pape Pie X.

Sa fête est le 15 mars.






HAIZEA : Greziako lehen jakintsuen arabera lau ziren lehengaiak edo elementuak : ura, lurra, sua eta haizea. J.M. Barandiaranen hiztegi mitologikoa.

(...) Haizea - Euskal mitologian haizeak bizidunak dira. Ipar-mendebaldeko haizearen alabak Ipar eta Hegoaldeko haizeen emazteak dira. Aldaera : Haizene. - - (...)

HAIZENE : Edurneren modukoen analogiaz azken urteotan sortutako izena. Oinarria haize da. Ikus Haizea.



Une naissance du 15 mars : Jacques Elisée Reclus.



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ELISEE RECLUS

Né le 15 mars 1830 à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde) - Mort le 4 juillet 1905 à Torhout (Belgique).

C'est un géographe libertaire et militant anarchiste français.

Communard, théoricien anarchiste, c'est un pédagogue et un écrivain prolifique.

Elisée Reclus naît dans une famille protestante.

Il est le 4ème enfant de la famille et il est élevé jusqu'à son âge de 8 ans, à La Roche-Calais, en Dordogne.

En 1838, il revient chez ses parents à Orthez (Basses-Pyrénées).

Son père l'envoie, en 1842, rejoindre son frère Elie à Neuwied, en Prusse, où il étudie des langues (allemand, anglais, néerlandais, latin) et il revient à Orthez en 1844.


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ELISEE RECLUS

Puis de 1844 à 1847, avec son frère aîné Elie, Elisée Reclus habite chez la soeur de sa mère, à Ste-Foy-la-Grande (Gironde) et il obtient son baccalauréat à l'université de Bordeaux à l'été 1848.

En 1848-1849, les 2 frères suivent des cours de théologie à Montauban (Tarn-et-Garonne) mais ils en sont exclus pour des raisons politiques, à l'été 1849.

Elisée Reclus va alors voyager en Allemagne avant de revenir en France en 1851.

Après le coup d'Etat du 2 décembre 1851, les deux frères vont à Londres, puis début 1853, Elisée s'embarque pour La Nouvelle-Orléans (Louisiane, Etats-Unis).

En janvier 1856, il part pour la Colombie, jusqu'en juillet 1857.

En août 1857, Elisée revient en France, chez son frère Elie et les deux frères rencontrent Blanqui et Proudhon, deux révolutionnaires.

En mars 1858, il entre dans la loge maçonnique du Grand Orient de France, qu'il quitte au bout d'un an.

De 1859 à 1868, Elisée Reclus contribue à la Revue des Deux Mondes, où il donne des articles de géographie, de géologie, de littérature, de politique étrangère, d'économie sociale, d'archéologie et de bibliographie.


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ELISEE RECLUS

En octobre 1863, il est, avec son frère Elie, l'un des 27 fondateurs de la première coopérative parisienne.

De 1864 à 1870, il s'engage dans les Internationales de travailleurs et il publie plusieurs ouvrages dont La Terre.

En mars 1871, il est aux côtés des Communards.

Fait prisonnier en avril 1871, il va passer 15 mois de captivité dans une quinzaine de prisons.

En novembre 1871, le Conseil de guerre le condamne à la déportation en Nouvelle-Calédonie, mais sa peine est commuée en dix ans de bannissement.

En 1872, il quitte alors la France avec femme et enfants pour la Suisse, où il va rencontrer Michel Bakounine, autre révolutionnaire.

Durant cette période, il va rédiger d'autres ouvrages comme la Nouvelle Géographie universelle, en 19 volumes, qui lui vaut une renommée internationale.

En 1892, il va enseigner la géographie à Bruxelles, à l'Université nouvelle.

Elisée Reclus rencontre, en 1894, Eugénie David, qui sera connue plus tard sous le nom d'Alexandra David-Néel.

De 1895 à 1898, il se lance dans la construction d'une maquette de 127,5 mètres de diamètre, un Grand Globe terrestre.

Vers la fin de sa vie, il rédige L'Homme et la Terre, son oeuvre majeure, qui paraîtra en 6 volumes, en 1905.

Il meurt le 4 juillet 1905, à 75 ans, à Torhout (Belgique).


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