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mardi 29 octobre 2024

UNE INAUGURATION PAR LA FÉDÉRATION DE LA PELOTE BASQUE À ASCAIN EN LABOURD EN SEPTEMBRE 1934

UNE INAUGURATION PAR LA FÉDÉRATION DE LA PELOTE BASQUE EN SEPTEMBRE 1934.


Après sa mort, le 16 octobre 1922, presque deux ans plus tard, une stèle en son honneur est inaugurée, à Ascain, le 8 septembre 1934.



pays basque autrefois ascain pelotari
STELE DE JEAN-PIERRE BORDA DIT OTHARRE ASCAIN
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien Le Journal, dans son édition du 9 septembre 1934 

sous la plume de Pierre Lorme :



"La grande tâche d'une fédération pauvre.

(De notre envoyé spécial).

Saint-Jean-de-Luz, 8 septembre.



"Après la guerre, aux premiers mois de la paix, la vie hésitait à reprendre sur nos frontons que l'herbe avait envahis, et nous étions nombreux à nous demander si notre jeu ancestral n'allait pas mourir. Seul, le jeu de grand chistera et de trinquet persistait encore. Mais plus un joueur de joko-garbi, plus un joueur de petit gant, plus un joueur de main nue ; le jeu de rebot ne survivait que par un double miracle de foi à Sare et à Orio. Ce grand jeu de la race va-t-il donc disparaître de notre sol ? Est-il un Basque, un seul Basque, qui puisse seulement le concevoir ?


De cette inquiétude et de cette volonté naquit la Fédération. Aujourd'hui, voici la moisson. Avez-vous jamais espéré qu'elle pût être si belle ? Regardez-les, épis magnifiques, fleurs de la race, par centaines, nos jeux de pilotaris. Jamais l'Eskualherria connut-elle une telle floraison, un tel frémissement ? La victoire de la race c'est, dans notre ciel pur, le geste des aïeux qui se maintient et se perpétue.


Et vous pilotaris basques, mes amis, arrêtez-vous devant l'image de pierre du grand chistera, et lisez l'inscription gravée dans la stèle ; lisez-la et méditez-la. Et quand, vêtus de blanc, vous paraîtrez sur le fronton, efforcez-vous d'être dignes de lui, dignes de lui non seulement par la valeur mais par la loyauté du jeu, la nobless et la fierté de l'âme."



Ainsi parla à Ascain M. Jean Ybarnégaray, devant une assistance émue, à l'occasion de l'inauguration de la stèle consacrée au souvenir du grand pilotari Otharré.



pays basque autrefois ascain pelotari
INAUGURATION STELE OTHARRE ASCAIN
PHOTO LE JOURNAL 9 SEPTEMBRE 1934
PAYS BASQUE D'ANTAN



Nous l'avons vue toute cette semaine cette moisson magnifique de champions confirmés, d'adolescents, d'enfants qui, au sortir de l'église ou de l'école, essaient déjà leurs tendres efforts u geste antique du pilotari.



Sur les ruines désolées que, même dans ce coin de pays, laissa la guerre, des hommes de bonne volonté animés par l'amour de leur tradition, par la foi dans les destinées de leur race, ont fait surgir partout des frontons nouveaux et fait renaître au coeur de la jeunesse la flamme de l'enthousiasme pour son sport traditionnel.



Il peut être fier, M. Jean Ybarnégaray, quand il nous dit : "Voilà l'oeuvre accomplie depuis quinze ans par ma fédération. Voilà ce que mes amis et moi nous avons rebâti sans autres moyens que notre confiance dans les ressources profondes de l'âme de nos Basques."



L'oeuvre de ces hommes n'est point achevée. Conserver à leur sport sa pureté, sa loyauté, veiller sur lui pour en écarter les tentations, le préserver du péril de la cupidité des imprésarios, résolus à tout monnayer, éviter les écueils où la crise des valeurs morales a fait échouer tant d'autres sports, c'est une tâche plus difficile encore peut-être que celle déjà accomplie. Déjà la diffusion de la pelote dans des villes situées hors du territoire basque, loin de la sauvegarde des traditions, a modifié quelque peu son visage. Déjà les spectateurs ont, en maints endroits, rompu avec la dignité, le respect des juges, l'impartialité parfaite qui sont de règle ici. Et quand on songe au mal qu'a fait à d'autres sports — au rugby par exemple — son succès populaire, on tremble de voir la pelote, élargie hors du pays basque, devenue un sport à recettes, tomber aux mains des mauvais bergers du sport.



Oh ! il n'y a point péril en la demeure, d'abord parce que pour devenir un pilotari il faut avoir manié la pelote dès la prime enfance. Ensuite parce que la Fédération possède la plus efficace des sauvegardes : sa pauvreté...



Car elle boucle tout juste les deux bouts, la Fédération ! Et pendant cette grande semaine, où les banquets abondent, les personnages officiels mettent avec bonne humeur la main à leur poche pour régler leur écot. Le coffre est vide : nul n'en a cure ! On fait du sport et non de l'administration financière. On n'a point non plus de réglementation compliquée. On juge en équité, selon la tradition et la sagesse, les cas épineux. On fait du sport, vous dis-je, et non de la chicane. Si bien que la question des amateurs et des professionnels, si irritante, dans tous les sports, est ici réglée depuis belle lurette : quand un joueur est assez fort pour gagner on le classe professionnel et voilà tout. Et il continue à jouer où il lui plaît, avec des amateurs ou des professionnels. Tout ce qu'on lui demande, c'est de jouer bien et légalement. Il est rare qu'il oublie ses devoirs de Basque et de champion.



Il en sera ainsi tant que la Fédération sera composée de vrais Basques, de vrais sportifs, amis passionnés de la pelote et de leur patrie. En serait-il de même si la pelote se développait en France un peu partout ; si un public nombreux, séduit par la beauté du spectacle, mais ignorant de ses traditions, se passionnait dans toutes les régions ? J'en doute. Les intrigues, les combines auraient vite fait alors d'oublier les rénovateurs de la pelote pour laisser le champs libre aux appétits.



Et je sais que nombre de Basques approuveront cette conclusion de M. Jean Ybarnégaray : 


"Pour conserver à la pelote toute sa pureté, toute sa valeur morale et éducatrice, tout son charme, laissez-la aux Basques, dans son cadre, sous la protection de ses traditions séculaires. Gardez-vous d'en faire un produit d'exportation frelaté. Le succès et la propagande sans contrôle ont déjà abominablement défiguré le magnifique jeu de rugby. Gardez la pelote au pays basque ; il serait trop cruel qu'il lui arrivât semblable malheur."



Les Espagnols prennent leur revanche au grand chistera.



C'est encore devant une nombreuse foule que, sur la place de Guéthary, s'affrontèrent l'après-midi, les équipes française et espagnole de grand chistera. Contrairement aux pronostics, les Espagnols Sagarna, Cortès et Alberti triomphèrent nettement, par 60 à 49, de l'équipe française Saint-Martin, Harispe, Martinez.



L'orage qui éclata brusquement peu après le début du match ne nuisit ni à son succès ni à sa régularité. Les trois représentants français fournirent une partie assez terne, malgré les efforts de Martinez, tandis que chez les Espagnols Sagrana à l'avant et surtout Alberti à l'arrière, furent excellents de bout en bout."


(Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)







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mercredi 14 août 2024

LA MORT DU PELOTARI OTHARRE D'ASCAIN EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN OCTOBRE 1922

LA MORT DU PELOTARI OTHARRE EN 1922.


Jean-Pierre Borda, dit Otharré, né le 21 mars 1866 à Ascain (Basses-Pyrénées) et mort à Ascain le 16 octobre 1922, est un des plus grands joueurs de pelote Basque de la fin du 19ème siècle et du début du vingtième siècle.




pays basque autrefois ascain pelotari
JEAN-PIERRE BORDA DIT OTHARRE
Copyright : Musées-municipaux Rochefort 17


Voici ce que rapporta à son sujet, André Geiger, dans le quotidien Comoedia, le 25 octobre 1922 :



"Au Pays de Ramuntcho.

Sur la mort d'un pelotari.



Un pelotari vient de mourir !...



Voici l'automne, basque avec ses grandes immobilités apaisantes de silence et de lumière... Dans les ciels d'un bleu léger ou dans les grisailles dorées du vent du Sud, il y a je ne sais quelles mélancolies traversées de mystérieuses espérances... Le soir, au village d'Ascain, quand les ténèbres des jours devenus plus courts enveloppent les maisons blanches et la noire église, massive au milieu des tombes du cimetière écuries des dernières roses, la cloche appelle les fidèles pour l'office du mois du Rosaire... Aujourd'hui, elle sonne le glas...



Quels Parisiens, quelles Parisiennes, surtout dans le monde, des lettres, des arts, du théâtre, dans "le monde" tout court aussi, ignorent encore ce village d'Ascain, isolé à deux lieues de Saint-Jean-de-Luz, au pied de sa grande montagne, la Rhune, qui domine tout le pays basque, la frontière d'Espagne et l'Océan sans limites, du haut de son millier de mètres ?




pays basque autrefois ascain pelotari
ASCAIN DEPART DES TOURISTES POUR LA RHUNE
PAYS BASQUE D'ANTAN





Ascain est en deuil, parce que Jean-Pierre Borda vient de mourir, à peine au seuil de la maturité, Jean-Pierre Borda qui fut célèbre, et qui l'était resté, sous le surnom sportif d'"Otharré". Avant l'époque de Chiquito, aucun nom ne dépassa celui-là. Et jusqu'à ces dernières années, si "Otharré" s'était retiré des frontons, laissant la place à de plus jeunes, il maintenait la tradition des Anciens, au trinquet (jeu de paume couvert), avec le vieux gant de cuir, ou, au dehors, dans les parties de "rebot", remplacées, hélas ! peu à peu, par les parties de "blaid" à "chistéra" (gant d'osier).



D'innombrables amis, tous les fervents de la pelote basque, viennent d'accompagner le pelotari vaincu par la mort au cimetière d'Ascain, où il reposera, dans la paix éternelle, à quelques pas de sa demeure — que nous connaissons tous.



Car la maison d'"Otharré", le jardin tout au moins, est mitoyenne à l'enceinte de la vieille église et à celle du vieux cimetière. Un simple mur, orné de chèvrefeuilles et de roses, sépare les vivants des morts.



Ici, sous les platanes, les tables rustiques de l'hôtellerie (quel visiteur du pays basque ignore que Jean-Pierre Borda, sa gracieuse femme, sa charmante famille, tiennent "l'hôtel de la Rhune", ce type achevé des bonnes auberges basques ?) ; là, sous les cyprès, les tombes de l'asile suprême. Des chambres, l'on entend les cantiques et les orgues. Ce mélange de profane et de sacré, de familial et de poétique, n'est pas le moindre attrait de ce coin privilégié. Et une quantité d'artistes adoptèrent, pour leurs villégiatures, l'hospitalière maison qui conservait l'ambiance du passé.



pays basque autrefois ascain pelotari
HÔTEL DE LA RHUNE ASCAIN
PAYS BASQUE D'ANTAN


Qui donc l'avait surnommée "le Barbizon basque" ? Maintes photographies dédicacées ornent çà et là les murs. Brieux y vint, quand il se documentait pour la Robe rouge. J'ai souvenir d'avoir travaillé à la Reine amoureuse (dont un livret de Pierre Maudru va faire un drame lyrique) et à Maï la Basquaise, dans une petite pièce blanchie à la chaux, sous le vieux toit de tuiles, où les heures bruyantes de l'horloge — juste à ma hauteur, dans le clocher — venaient frapper rudement.



Mais surtout — et je tenais à évoquer ce fait d'histoire littéraire qui donnera un pelotari "Otharré", une survie que ne lui eût peut-être pas donnée son renom de joueur — Loti a fréquenté, chez ses amis Borda, quand il commandait, à Hendaye, le stationnalre Javelot. Souvent, s'échappant de ce petit navire qui n'existe plus ou de son ermitage "Bakhar-Etchea" (pour la première fois, il n'y est pas venu cet été), Loti venait rêver, s'émouvoir, écrire dans la maison accueillante qui s'ouvre sur la montagne, sur le village, sur le fronton de pelote. Les plus belles pages de Ramuntcho furent créées ici...



pays basque autrefois ascain pelotari écrivain
PIERRE LOTI
HÔTEL DE LA RHUNE ASCAIN
PAYS BASQUE D'ANTAN



Des passages fréquents de Loti, devenu l'ami glorieux de la maison — et qui, aujourd'hui, avec nous tous, et plus que nous ; tous, regarde avec douleur la tombe qui s'est refermée... — des séjours de l'écrivain très illustre, il s'est déjà formé, ici, une légende. Qu'y a-t-il de véridique, de suppose, dans les personnages, les péripéties de Ramuntcho. Je ne le rechercherai pas. Je ne le sais pas.



Dans la chambre où il venait se recueillir, entendre les chants des jeunes filles au mois de Marie ou les chants plus mélancoliques, dans l'automne, du mois du Rosaire, de nombreuses photographies le représentent dans les divers costumes et les divers uniformes de son existence aventureuse. Par la présence de ces effigies, l'"hostellerie" basque a des allures de petit musée littéraire. C'est, avec les demeures de la Bidassoa et de Rochefort, une "maison de Loti", un peu.



pays basque autrefois ascain pelotari
JEAN-PIERRE BORDA DIT OTHARRE



Le deuil que nous portons d'un enfant de la terre basque, d'un athlète renommé, reçoit comme un rayon de la Gloire ! Ainsi, dans l'après-midi lourd d'octobre où le vent du Sud traîne lentement ses nuées, entre la mer et les montagnes, un soleil plus pâle, mais plus beau que celui de l'été, transparaît et resplendit tout à coup."



(Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France) 









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samedi 8 août 2020

OTHARRE UN GRAND CHAMPION DE PELOTE D'ASCAIN EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1922


OTHARRE CHAMPION DE PELOTE D'ASCAIN.


Jean-Pierre Borda, dit Otharré, né en 1866 à Ascain et mort à Ascain en 1922, est un des plus grands joueurs de pelote Basque de la fin du 19ème siècle et du début du vingtième siècle.