CARTES POSTALES , PHOTOS ET VIDEOS ANCIENNES DU PAYS BASQUE. Entre 1800 et 1980 environ.
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mardi 29 octobre 2024
UNE INAUGURATION PAR LA FÉDÉRATION DE LA PELOTE BASQUE À ASCAIN EN LABOURD EN SEPTEMBRE 1934
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mercredi 14 août 2024
LA MORT DU PELOTARI OTHARRE D'ASCAIN EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN OCTOBRE 1922
LA MORT DU PELOTARI OTHARRE EN 1922.
Jean-Pierre Borda, dit Otharré, né le 21 mars 1866 à Ascain (Basses-Pyrénées) et mort à Ascain le 16 octobre 1922, est un des plus grands joueurs de pelote Basque de la fin du 19ème siècle et du début du vingtième siècle.
Voici ce que rapporta à son sujet, André Geiger, dans le quotidien Comoedia, le 25 octobre 1922 :
"Au Pays de Ramuntcho.
Sur la mort d'un pelotari.
Un pelotari vient de mourir !...
Voici l'automne, basque avec ses grandes immobilités apaisantes de silence et de lumière... Dans les ciels d'un bleu léger ou dans les grisailles dorées du vent du Sud, il y a je ne sais quelles mélancolies traversées de mystérieuses espérances... Le soir, au village d'Ascain, quand les ténèbres des jours devenus plus courts enveloppent les maisons blanches et la noire église, massive au milieu des tombes du cimetière écuries des dernières roses, la cloche appelle les fidèles pour l'office du mois du Rosaire... Aujourd'hui, elle sonne le glas...
Quels Parisiens, quelles Parisiennes, surtout dans le monde, des lettres, des arts, du théâtre, dans "le monde" tout court aussi, ignorent encore ce village d'Ascain, isolé à deux lieues de Saint-Jean-de-Luz, au pied de sa grande montagne, la Rhune, qui domine tout le pays basque, la frontière d'Espagne et l'Océan sans limites, du haut de son millier de mètres ?
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| ASCAIN DEPART DES TOURISTES POUR LA RHUNE PAYS BASQUE D'ANTAN |
Ascain est en deuil, parce que Jean-Pierre Borda vient de mourir, à peine au seuil de la maturité, Jean-Pierre Borda qui fut célèbre, et qui l'était resté, sous le surnom sportif d'"Otharré". Avant l'époque de Chiquito, aucun nom ne dépassa celui-là. Et jusqu'à ces dernières années, si "Otharré" s'était retiré des frontons, laissant la place à de plus jeunes, il maintenait la tradition des Anciens, au trinquet (jeu de paume couvert), avec le vieux gant de cuir, ou, au dehors, dans les parties de "rebot", remplacées, hélas ! peu à peu, par les parties de "blaid" à "chistéra" (gant d'osier).
D'innombrables amis, tous les fervents de la pelote basque, viennent d'accompagner le pelotari vaincu par la mort au cimetière d'Ascain, où il reposera, dans la paix éternelle, à quelques pas de sa demeure — que nous connaissons tous.
Car la maison d'"Otharré", le jardin tout au moins, est mitoyenne à l'enceinte de la vieille église et à celle du vieux cimetière. Un simple mur, orné de chèvrefeuilles et de roses, sépare les vivants des morts.
Ici, sous les platanes, les tables rustiques de l'hôtellerie (quel visiteur du pays basque ignore que Jean-Pierre Borda, sa gracieuse femme, sa charmante famille, tiennent "l'hôtel de la Rhune", ce type achevé des bonnes auberges basques ?) ; là, sous les cyprès, les tombes de l'asile suprême. Des chambres, l'on entend les cantiques et les orgues. Ce mélange de profane et de sacré, de familial et de poétique, n'est pas le moindre attrait de ce coin privilégié. Et une quantité d'artistes adoptèrent, pour leurs villégiatures, l'hospitalière maison qui conservait l'ambiance du passé.
| HÔTEL DE LA RHUNE ASCAIN PAYS BASQUE D'ANTAN |
Qui donc l'avait surnommée "le Barbizon basque" ? Maintes photographies dédicacées ornent çà et là les murs. Brieux y vint, quand il se documentait pour la Robe rouge. J'ai souvenir d'avoir travaillé à la Reine amoureuse (dont un livret de Pierre Maudru va faire un drame lyrique) et à Maï la Basquaise, dans une petite pièce blanchie à la chaux, sous le vieux toit de tuiles, où les heures bruyantes de l'horloge — juste à ma hauteur, dans le clocher — venaient frapper rudement.
Mais surtout — et je tenais à évoquer ce fait d'histoire littéraire qui donnera un pelotari "Otharré", une survie que ne lui eût peut-être pas donnée son renom de joueur — Loti a fréquenté, chez ses amis Borda, quand il commandait, à Hendaye, le stationnalre Javelot. Souvent, s'échappant de ce petit navire qui n'existe plus ou de son ermitage "Bakhar-Etchea" (pour la première fois, il n'y est pas venu cet été), Loti venait rêver, s'émouvoir, écrire dans la maison accueillante qui s'ouvre sur la montagne, sur le village, sur le fronton de pelote. Les plus belles pages de Ramuntcho furent créées ici...
| PIERRE LOTI HÔTEL DE LA RHUNE ASCAIN PAYS BASQUE D'ANTAN |
Des passages fréquents de Loti, devenu l'ami glorieux de la maison — et qui, aujourd'hui, avec nous tous, et plus que nous ; tous, regarde avec douleur la tombe qui s'est refermée... — des séjours de l'écrivain très illustre, il s'est déjà formé, ici, une légende. Qu'y a-t-il de véridique, de suppose, dans les personnages, les péripéties de Ramuntcho. Je ne le rechercherai pas. Je ne le sais pas.
Dans la chambre où il venait se recueillir, entendre les chants des jeunes filles au mois de Marie ou les chants plus mélancoliques, dans l'automne, du mois du Rosaire, de nombreuses photographies le représentent dans les divers costumes et les divers uniformes de son existence aventureuse. Par la présence de ces effigies, l'"hostellerie" basque a des allures de petit musée littéraire. C'est, avec les demeures de la Bidassoa et de Rochefort, une "maison de Loti", un peu.
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| JEAN-PIERRE BORDA DIT OTHARRE |
Le deuil que nous portons d'un enfant de la terre basque, d'un athlète renommé, reçoit comme un rayon de la Gloire ! Ainsi, dans l'après-midi lourd d'octobre où le vent du Sud traîne lentement ses nuées, entre la mer et les montagnes, un soleil plus pâle, mais plus beau que celui de l'été, transparaît et resplendit tout à coup."
(Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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jeudi 13 juin 2024
LES CHÂTEAUX SANS HISTOIRE AU PAYS BASQUE NORD (première partie)
LES CHÂTEAUX SANS HISTOIRE.
Cela fait plusieurs mois que je vous présente divers châteaux du Pays Basque.
Aujourd'hui, ce seront des demeures seigneuriales existant avant la Révolution.
Je vous ai déjà présenté les châteaux suivants : Urtubie (Urrugne), Arcangues, Maytie (Mauléon),
Bidache, Haïtze (Ustaritz), Beraün (Saint-Jean-de-Luz), Artigaux (Moncayolle), Lacarre,
Irumberry (Saint-Jean-le-Vieux), Ahetzia (Ordiarp), Ruthie (Aussurucq), Cheraute, Ahaxe,
Charritte, Menditte, Eliçabia (Trois-Villes), Elhorriaga (Ciboure), Larrea (Ispoure) Saint-Pée-
sur-Nivelle, Mouguerre, Mauléon, Sault (Hasparren), Jaureguia (Armendarits), Garro
(Mendionde), Beyrie sur Joyeuse, Etchauz (Saint-Etienne-de-Baïgorry) et Luxe-Sumberraute,
voici aujourd'hui les châteaux sans histoire.
Voici ce que rapporta à ce sujet le Bulletin du Musée basque N°12 de 1936, sous la plume de
Joseph Nogaret :
"Les châteaux historiques du Pays Basque Français.
Les châteaux n'ayant pas d'histoire.
On peut conclure de ce qui précède que si la noblesse basque n'a pas laissé dans l'histoire des traces aussi brillantes que celle d'autres provinces de la France, beaucoup de ses membres n'en ont pas moins tenu un rôle honorable dans leur pays et même ailleurs. Or nous n'avons passé en revue que quelques familles nobles, car ainsi qu'il a été dit dans la préface, nous nous en sommes tenus aux possesseurs de châteaux existant avant la Révolution et sur lesquels il a été possible de recueillir quelques renseignements, souvent bien incomplets.
A cette liste on peut ajouter plusieurs autres demeures seigneuriales dont on ne sait à peu près rien, mais sur lesquelles on arrivera peut-être un jour à apprendre quelque chose. Il nous a donc paru intéressant, à défaut de documents permettant de rappeler leur passé, de leur réserver tout au moins, une simple mention. Dans cette nomenclature nous observons le même ordre que dans les chapitres précédents, c'est-à-dire que nous les classerons par province en tenant compte seulement des demeures existant avant la Révolution.
Pays de Labourd.
Château de Souhy :
Dans la commune d'Urcuit, on trouve le château de Souhy dont on ne sait rien avant le XVIIe siècle. En 1650 il appartenait aux Diez. L'unique héritière, Suzanne, épousa Antoine-Gouzian de Saint-Martin, originaire de Bergouey, avocat et juge de la seigneurie de Gramont à Bidache. Il fut ennobli par Louis XIV en 1663.
Les Gouzian se succédèrent de père en fils pendant le XVIIIe et le XIXe siècles. L'un fut garde du corps du roi Louis XVI, un autre officier d'infanterie. Ce dernier fut nommé chevalier de Saint-Louis par le roi Louis XVIII.
En 1883, le domaine passa aux Amestoy par le mariage du docteur Amestoy avec Caroline de Souhy. La famille de Souhy est encore représentée en Pays de Soule. Quant au château, il appartient aujourd'hui au comte de Mayenne.
Château de Larralde :
Sur la route de Villefranque, à environ cinq kilomètres de Bayonne, on trouve une belle habitation entourée d'un grand parc. On l'appelle Larraldia.
Cet édifice, ou plutôt celui qui l'a précédé, était le siège de l'ancienne seigneurie de Miotz qui avait déjà disparu au XVIIe siècle. Ses titres de noblesse ont passé aux Larralde, une branche de la famille qui s'établit à Ciboure au XVe siècle et dont il a été question à propos du château d'Urtubie. En 1771, M. Van Costerom, un Hollandais fixé à Bayonne, était propriétaire de Larraldia. En 1794, lors de la guerre avec l'Espagne, le général Moncey y tint, pendant quelque temps, son quartier général.
Haramburua :
Sur les flancs de l'Olhaïn, faisant partie de la commune de Sare, on peut apercevoir une grande maison à l'allure seigneuriale, avec une cour intérieure et de vastes communs. On la nomme Haramburua. Les Harambure, ses propriétaires, étaient aussi seigneurs de l'ancienne maison noble de Lahet qui a disparu, car Méchant avait épousé, vers 1550, l'héritière de Lahet.
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| CHÂTEAU HARAMBURUA SARE 1908 PAYS BASQUE D'ANTAN |
Martin de Haramboure exerça la charge de lieutenant du bailliage de Labourd jusqu'à sa mort en 1563. On ignore si le seigneur de Haramburu avait quelques rapports avec le commandant des Chevaux Légers de la garde d'Henri IV, originaire du Lantabat.
Ascubia :
Lorsqu'on parcourt les contreforts de la montagne la Rhune au sud du petit village d'Ascain, on rencontre une ancienne demeure ; c'est l'ancien manoir d'Ascubia, maison noble avec un donjon et une porte d'entrée en plein cintre. Sur un portique, surmonté de trois pignons et donnant accès dans la cour, on remarque les traces d'anciennes armoiries.
Ce domaine a été le berceau de l'ancienne famille de Sossiondo. Un de ses membres, Jean a été évêque de Bayonne de 1567 à 1578 ; un autre était receveur de l'Amirauté en 1588. A la fin du XVIIIe siècle un gentilhomme de cette famille était garde de corps du roi Louis XVI. A une certaine époque ce domaine était passé aux Haraneder, sans doute par mariage.
Ironia :
Le château d'Ironia, à quelque distance au sud de celui de Garro, appartint pendant longtemps aux Iron, dont l'un, d'Artaguiette d'Iron, écuyer, était syndic de Labourd, en 1693. Un de ses fils se fit prêtre et devint vicaire général à Bayonne. C'est tout ce que l'on sait de cette famille.
Pays de Basse-Navarre
Saint-Martin d'Arberoue :
Ce château, dont il ne reste que des ruines paraissant fort anciennes, a été le siège d'une baronnie créée au commencement du XIe siècle par le vicomte de Labourd, Fortun 1er Sanche, en faveur de son fils, Fort 1er Fortun. Vers 1115, Atharese, héritière de ce bien, épousa Bertrand vicomte de Labourd et cette baronnie fut rattachée à la vicomté. On ignore ce que devint le château par la suite. Cependant il continua à y avoir des seigneurs d'Arberoue qui occupèrent diverses situations telles que celles de "mérin" et d'"alcade". Une branche se fixa en Béarn où elle possédait, au XVIIIe siècle, la seigneurie de Beyrie, près de Pau.
Non loin de là, sur la montagne dans laquelle sont des grottes bien connues dans le pays, on peut apercevoir une tour. Il s'agit sans doute d'un ancien ouvrage militaire dépendant de la seigneurie d'Arberoue, soit de celle de Saint-Esteben.
Saint-Esteben.
L'ancienne demeure des Saint-Esteben, d'un bel aspect, se trouve au sud du village de ce nom. La famille, connue depuis 1582, a été apparentée à plusieurs autres familles nobles du pays, les d'Olce, Armendaritz, Sault, etc... Elle a fourni surtout des militaires qui brillèrent aux XVIIe et XVIIIe siècles. Les Saint-Esteben étaient vicomtes.
Orègue :
Un peu plus au Nord de cette région, à Orègue, restent quelques ruines d'un vieux château dont les propriétaires n'ont laissé aucun nom dans l'histoire. Tout ce que l'on peut en dire, c'est qu'à une époque inconnue il appartenait au vicomte d'Echauz et, un peu plus tard, aux Montréal.
Somberraute :
A l'est du pays de Mixe, dans le village de ce nom, existe encore une belle habitation, un véritable château qui, dans ce bien noble, en a remplacé un plus ancien. On ne sait rien des premiers seigneurs de Somberraute jusqu'en 1320. A cette époque, Pées de Laxague, dont il a déjà été question, prenait la succession de ces derniers. Les Laxague furent remplacés plus tard par les d'Esquille, ancienne et puissante famille de la Navarre qui perdit la majeure partie de ses biens lors de l'usurpation de la Haute Navarre par Ferdinand le Catholique.
La seigneurie fut érigée en baronnie en faveur de Jean II d'Esquille en 1624. Plusieurs membres de cette famille ont joué un rôle dans la magistrature comme avocats généraux, conseillers et présidents au Parlement de Pau. On en trouve aussi dans les Finances, dans le Clergé et dans l'Armée.
Camou :
Dès le commencement du XIIIe siècle, il y avait à Camou une maison forte, dont le seigneur prêta hommage à Sanche-le-Fort le 17 Septembre 1203. En 1450, le seigneur de Camou était bailli d'Ostabaret ; puis on ne sait plus rien jusqu'en 1527. Le 30 janvier de cette année la fille et héritière épousa Jean de Gassion, un Béarnais qui devint seigneur de Camou et se fixa dans la seigneurie. Son fils devint bailli de Mixe. Mais, en 1568, il prit les armes contre Jeanne d'Albret et il fut destitué. En 1660, la terre de Camou fut érigée en baronnie. Elle appartint aux Gassion jusqu'à la Révolution. Il reste du château une tour d'un bel aspect."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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mercredi 20 juillet 2022
UNE BALADE EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN JANVIER 1917 (première partie)
UNE BALADE AU PAYS BASQUE EN 1917.
Le Pays Basque, au début des années 1900, est une terre d'excursions.
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| QUAI DES BASQUES BAYONNE 1917 PAYS BASQUE D'ANTAN |
Voici ce que rapporta à ce sujet la revue hebdomadaire illustrée En Route, le 4 janvier 1917, sous
la plume de Robert Scheffer :
"Le Pays Basque.
Au pays basque, Bayonne fait un pittoresque et, en quelque sorte, historique portail. Non pas que Bayonne, ancienne capitale du Labourd, soit resté, à proprement parler, une cité basque. L’élément indigène a été refoulé peu à peu plus vers l’intérieur, et le véritable pays basque commence à quelques kilomètres plus bas, à Bidart, petite station située au sud de Biarritz, qui lui-même est intermédiaire et de population panachée. Néanmoins, les caractéristiques bérets bleus des Basques y sont nombreux, et l’idiome euskarien y résonne, fréquent.
La ville qui, par endroits, évoque déjà l'Espagne, apparaît, avec ses clochers, ceinte de verdure ; l’Adour, limpide et large, augmenté de la Nive qui l’y rejoint, l’embellit de sa courbe lumineuse. Elle est petite et charmante avec ses fortifications plantées d’arbres magnifiques, sa haute cathédrale la dominant de son antiquité, le pont des sept arches sur l’Adour, les petits ponts sur la Nive, sa place d’armes spacieuse et ensoleillée, les arcades de la rue principale, et confortable par ses cafés dorés où glaces et chocolats sont savoureux. Dans le lointain se profilent les Pyrénées, aboutissant à la Rhune dont les deux cornes pointent vers le ciel. L’Adour ondule au long de belles collines pour se déverser droitement dans l’Atlantique, dans lequel s’avance, noire, l’estacade qui protège la barre. La promenade, douce au cycliste, est plaisante sur la route qui festonne les bords du fleuve. Et le touriste qui, de la barre mourant sur la falaise, en côtoiera le bord escarpé et désert pour rejoindre Biarritz, ne regrettera pas la légère fatigue, distrait qu’il en sera par le spectacle de la mer illimitée d’une part, et, de l’autre, par la lande qui se creuse et remonte vers la montagne.
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| ADOUR RADE BAYONNE 1917 PAYS BASQUE D'ANTAN |
Sans doute il est plus simple de se rendre à Biarritz par les différents chemins de fer et tramways qui s’y relient, où l’impression de surprise sera plus grande, au sortir de la gare, après avoir traversé une rue banale, de déboucher devant la mer glauque et toujours en mouvement, hérissée de récifs brunâtres, déferlant sur une merveilleuse plage dorée qui s’accote au nord au promontoire où se dresse le phare, vigie des marins et paisible contemplateur des joueurs de golf sur le plateau qu’il surmonte. Traversé un tunnel sous le rocher de l’Atalaye, c’est un autre paysage qui se révèle. Delà la crique du Port-Vieux, ce sont les hautes falaises argentées de la côte basque qui se déroulent, jadis arides, maintenant couronnées de parfois intempestives villas. Car Biarritz est devenu un lieu de luxe occupé par des hôtels somptueux, de riches constructions, rendez-vous de l'étranger opulent en toute saison, ce qui s’explique entre autres par un climat d’une rare égalité, commun d’ailleurs à tout le pays basque du littoral, d’où les nuits d’hiver sont plus tièdes qu’en Provence, si les journées y sont chaudes. (On prétend qu’il y a quatre saisons à Biarritz : celle des Anglais, l’hiver ; celle des Russes, le printemps ; l’été, celle des Espagnols ; l’automne, celle des Français. A part la saison espagnole, cela est fort arbitraire.) Devant l’Atalaye, et relié à elle par un pont suspendu, surgit l’îlot de la Vierge, sur lequel la grande houle vient se briser dans un superbe tumulte, et, dans les fortes tempêtes, submergeant même le sommet de l’îlot. On peut s’isoler de la mer en descendant le versant opposé, où se dessine un parc, appelé "Bois de Boulogne", autour d’un étang ovale et noir qui porte bien son nom de "Lac de la Négresse". L’endroit est recueilli, du rêve que ne disloque point le vent du large y réside.
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| LAC DU BOIS DE BOULOGNE BIARRITZ PAYS BASQUE D'ANTAN |
Mais voici la petite église de Bidart, ses maisonnettes blanches et déjà le claquement sec des pelotes contre les murs. Un chant se fait entendre : Ene maitea, barda non zinen. Nik borthanoa yoiteau ? (Ma bien-aimée, où étiez-vous hier soir, quand je frappais à la porte ?) Est-ce ce chant, en est-ce un autre? Les impressions se déplacent. Après Biarritz fastueux et cosmopolite, le cadre est autre soudain, et national dans son exiguïté. La mélopée avertit d’un changement. Il semble que l’atmosphère vibre plus pure, le paysage est plus rustique, se soulève en molles ondulations d’un vert bleuâtre, où les lointains hameaux scintillent, cependant que la falaise abrupte s’abaisse vers une mer irritée. C’est peut-être le soir ; il y a de la volupté dans l’air, conviant à la danse les gars robustes à bérets plats, les jeunes filles au chignon enserré dans les foulards de couleur. Bienveillant, le curé regarde. Il sait bien qu’il n’a guère à blâmer, puisque, le moment venu, il sera toujours appelé pour bénir. Or, Bidart est peu fréquenté, mais a un hôte auguste, la reine Nathalie de Serbie, qui s’y fit construire un château dans un site isolé, en surplomb de l’Océan, pendant à l’ancien palais à Biarritz, devenu hôtel de l’impératrice Eugénie...
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| CHÂTEAU REINE NATHALIE DE SERBIE BIDART PAYS BASQUE D'ANTAN |
Guéthary, jouxte Bidart, il n’y a pas si longtemps petit village pour villégiature de tout repos, a beaucoup gagné en importance, et de nombreuses et belles maisons se sont édifiées sur ses collines, sans trop altérer sa physionomie originelle. Il s’étend sur un espace assez considérable, montant de la mer vers une hauteur où culmine l'église, par groupes séparés d’habitations émergeant de bouquets d’arbres, entourées de champs de maïs et de pâturages, Les collines sont basses et faciles, coupées d’étroits vallons où fleurit l’aubépine.
La falaise s’y ouvre et, dans l’intervalle, s’offre une petite plage où la houle arrive apaisée, à défaut de port. Les pêcheurs hissent leurs barques sur un plan incliné pavé de dalles.
| PORT DE GUETHARY PAYS BASQUE D'ANTAN |
La vue sur l’Océan, moins éblouissante, moins grandiose qu’à l’Atalaye de Biarritz, est vaste néanmoins et c’est une belle excursion que de se rendre par la falaise bordée d’ajoncs, de tamaris aussi, dont les pentes embaument, tapissées de thym, semées d’œillets, d’immortelles, de courtes gentianes roses, jusqu’à Saint-Jeau-de-Luz. On aura plaisir à visiter le petit village d’Ahetz, situé à 5 ou 6 kilomètres dans l’intérieur, par un sentier sinueux qui, passant entre des bois de chênes, se perd parfois dans des prairies qui bordent des coteaux boisés, avec au-dessus, lointaines, les dentelures violettes des Pyrénées d’un velours si doux à l’œil qu’on serait tenté de les caresser. C’est un séjour champêtre et paisible que Guéthary, mais animé quotidiennement par les parties de pelote qui se livrent devant le grand fronton.
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| PLAGE DE GUETHARY 1917 PAYS BASQUE D'ANTAN |
De là, il est facile d’atteindre, par les montagnes russes de la grand’route, Saint-Jean-de-Luz, dont, au dernier ressaut, on aperçoit la conque étincelante, spacieuse, au dessin noble, jumelle de celle de Saint-Sébastien, avec son musoir tutélaire et que la tempête fissura pourtant, les voiliers au repos dans un azur marin d’une humeur changeante, les pinces des rochers de Sainte-Barbe et de Socoa, entre lesquelles l’océan bombé monte vers l’horizon ; la Rhune, la Haya, la longue croupe du Yaizquibel se sont rapprochées, et, plus nettes, les montagnes de la Guipuzcoa délimitent au sud l’angle du golfe de Biscaye.
Saint-Jean-de-Luz est une ville ancienne où se sont conservés différents monuments de style. Le plus connu est le château de Louis XIV dont les tourelles en encorbellement retiennent immédiatement la vue. Là, de fait, habita en 1660 le grand roi, dont le mariage avec l’infante Marie-Thérèse fut célébré en grande pompe. Mlle de Montpensier nous a laissé dans ses mémoires une relation des plus curieuses de ce séjour et de la cérémonie. "On partit pour aller à la messe. Il y avait un pont dans la rue, tout tapissé par en bas du logis de la reine à l'église. La reine avait un manteau royal de velours violet semé de fleurs de lys, un habit blanc, des sacs de brocart, force pierreries et une couronne sur la tête. Pour le roi, j’avoue que je ne me souviens pas précisément comme il était habillé ; je crois qu’il était fort brodé d’or, et Monsieur aussi ; qu’ils avaient des cordons de chapeau de diamants." Voilà qui éblouit... et qui contraste avec la tenue des touristes actuels...
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| CHÂTEAU LOHOBIAGUE SAINT-JEAN-DE-LUZ 1917 PAYS BASQUE D'ANTAN |
Saint-Jean-de-Luz est séparé de Ciboure par la Nivelle ; à vrai dire, les deux petites villes n’en forment qu’une, mais tandis que la première garde un caractère aristocratique, Ciboure est d'aspect plus primitif et de cachet entièrement basque. Ses habitants sont marins. Il s’y trouve aussi une population croisée de Basques et de Gitanes, qu’on désigne sous le nom de cascarots ; et les cascarotes ne laissent pas d’être une des parures du lieu, d'une beauté étrange et fort capiteuse. En longeant la rade on arrive aux falaises de Socoa, feuillets de schiste miroitants sur lesquels la mer, par gros temps, se brise et rejaillit en prodigieuses fusées.
| CASCAROTES PAYS BASQUE D'ANTAN |
Un des grands charmes de Saint-Jean-de-Luz, c’est la campagne verdoyante qui l’entoure, la vallée de la Nivelle dont il occupe le débouché. C’est également un excellent centre d’excursions ; et précisément, cette vallée de la Nivelle nous engagera dans les régions montagneuses, et tout de suite nous mènera à Ascain, d’où se fait l’ascension de la Rhune, ce Righi du pays basque, et de ce chef un peu banalisée.
Ascain même est un clair et propre village, situé à la base de la montagne, qui s’élève fièrement au-dessus de lui, à 90 mètres de hauteur. L’ascension en est facile par des bosquets de châtaigniers et de chênes d’abord, puis par des pentes dénudées, plus raides, semées de roches. Le sommet est allongé, se redresse en deux cornes ; du côté espagnol descend abruptement vers une forêt de hêtres dont le tapis s’étale sur les flancs arrondis de la montagne. Le panorama est immense, apparaît la lumineuse plaine de France, bien au delà de l’Adour, l’océan que frange d’or et d’argent la plage à perte de vue, aux étages successifs des Pyrénées dont les pics noirs se dressent parmi des neiges. En face, c’est la Haya, déchiquetée, farouche, et l’ouverture sur l'Ibérie.
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| DEPART DES TOURISTES ASCAIN PAYS BASQUE D'ANTAN |
Le piéton bien avisé descendra sur Vera, en Espagne. Il rejoindra sans peine une route excellente qui, par de beaux sites boisés, le conduira jusqu’à cette pittoresque cité que domine de sa masse une église trapue. L’arche mauresque d’un pont enjambe la Bidassoa, modeste encore et qui ne prévoit pas l’ampleur de son embouchure. Ici, cela est basque, mais cela est aussi espagnol ; en quelques heures de marche, on se sent transporté fort loin. Et l’on pourra descendre le cours de la Bidassoa jusqu’à Irun, agréablement, d’où le chemin de fer vous ramène à Saint-Jean-de-Luz.
D’Ascain, pénétrant plus avant, on arrivera, en franchissant un col entre la Rhune et un de ses contreforts, à Sare, agreste station d’été. Les excursions y sont diverses ; il en est deux d’un intérêt particulier ; celles de la grotte de Lesia et les Palombières."
| GROTTE DE SARE PAYS BASQUE D'ANTAN |
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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