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dimanche 18 septembre 2022

LES MINES DE FER D'ARDITURRI À OYARZUN EN GUIPUSCOA AU PAYS BASQUE

LES MINES DE FER D'ARDITURRI D'OYARZUN.


Les mines d'Arditurri sont situées au coeur du parc naturel d'Aiako Harria, à Oiartzun, en Guipuscoa.



pais vasco antes guipuzcoa minas
MINES DE FER D'ARDITURRI OYARZUN
GUIPUSCOA D'ANTAN


Bien que les filons minéraux puissent avoir été découverts et exploités par les habitants de l'âge du fer, la première exploitation minière organisée date de l'Empire romain. 


Durant cette période, des kilomètres de galeries et d'ouvrages souterrains furent ouverts afin d'extraire les minéraux de fer, de cuivre, de plomb et d'argent. Ce dernier était le plus apprécié.



Voici ce que rapporta la presse au sujet de ces mines.


  • L'Echo Saintongeais, le 7 juin 1906 :

"Les mines de fer d’Arditurri capital 7 000 000 fr., en actions de 250 francs, sont situées à Oyarzum, province de Guipuscoa, à 12 kilomètres de Port de Passages.

Elles comprennent trois mines d’une superficie de 113 hectares louées pour 20 ans, renouvelables par période de 5 ans à la seule volonté de la Compagnie ; trois autres mines d’une superficie de 80 hectares louées à la Compagnie Royale Asturienne pour 13 ans ; et enfin 40 0/0 de la mine San José d’une superficie de 13 hectares."




pais vasco antes guipuzcoa minas
ACTIONS MINES D'ARDITURRI OYARZUN
GUIPUSCOA D'ANTAN



  • Journal du Cher, le 8 juin 1906 :


"On continue de donner des renseignements intéressants sur les mines de fer d’Arditurri : des travaux considérables de préparation ont été exécutés depuis quatre ans ; les installations comprennent déjà quatre fours à calciner d’une capacité de 50 à 63 tonnes chacun, laverie, ateliers, bureaux et dépôts de minerai calciné pouvant contenir plus de 20 000 tonnes."



  • L'Echo Rochelais, le 20 juin 1906 :

"Nous apprenons que, d’après les évaluations faites par les ingénieurs des Mines d’Arditurri, le cubage des trois filons de Catzelu, San-Joaquiu et Cuaranta donne rait plus de 1 800 000 mètres cubes de minerai, et que, en y ajoutant celui des mines San-Pedro et Opportuna, on arriverait à 2 000 000 de mètres cubes."



  • La Mayenne, le 3 juillet 1906 :

"On parle toujours beaucoup des Mines d’Arditurri. Ces Mines sont déjà très bien organisées au point de vue des transports et des chargements ; un chemin de fer de 12 kilomètres les relie au port des Passages où se trouve un dock pouvant contenir 20 000 tonnes."



  • L'Union Libérale, le 3 août 1906 :

"La durée de l’exploitation des Mines de fer d’Arditurri, dont l’introduction sur notre marché est imminente, peut être estimée très largement. Dans le domaine actuel à 200 000 tonnes par an, il y aurait un tonnage reconnu suffisant pour 24 ans, sans tenir compte des autres mines voisines, également très riches, et non exploitées faute de moyens de communication."



  • La Lanterne, le 6 novembre 1906 :

"Les mines de fer d'Arditurri "qui semblaient ne pas avoir jusqu'ici attiré l'attention des capitalistes", disent certaines communications, ont été traitées, cette semaine, à 295. Cette valeur fut introduite fin juillet dernier ; elle resta ignorée du marché. Aujourd'hui, grâce à la faveur dont jouissent les titres métallifères, on tente de la faire connaître ; et pour rattraper le temps perdu, on n'hésite pas à publier de mirifiques aperçus : on dit, entre autres détails, que le cubage de trois filons — d'une grande puissance, naturellement — actuellement de 1 800 000 m. c., atteindra 2 millions m. c., si l'on tient compte de deux mines non encore reconnues. C'est là, à notre humble avis, une promesse qui rappelle un peu la fable de l'ours et des compagnons : les mines ne sont pas encore reconnues ; pourquoi annoncer alors qu'elles donneront 2 millions de mètres cubes.



Ce n'est pas tout ; le minerai contient 56 % de fer, 4 % de manganèse ; c'est réellement un minerai de première qualité ! Puis, la Compagnie a d'autres ressources par l'exploitation des blendes et du spat-fluor.



Bref, on extrait 200 tonnes par jour ; bientôt (!) on en extraira 10 000 par mois ; l'année prochaine 200 000 par an ! Et, notons ceci, les mines d'Arditurri, situées dans la province de Guipuscoa, sont à douze kilomètres du port de Passages ! situation merveilleuse ; telle, que l'on se demande pourquoi les financiers du pays, ayant constaté l'existence d'une mine de fer à douze kilomètres de la ligne du Nord de l'Espagne, ont laissé à des banquiers belges le soin d'offrir cette affaire espagnole à des capitalistes français.



Si l'entreprise est aussi merveilleuse qu'on le prétend, on doit considérer que les sociétés de crédit espagnoles sont assurément coupables d'avoir permis à l'étranger d'en bénéficier, à moins d'admettre plutôt que, si elles ont jugé prudent de s'abstenir, c'est que, après examen, elles ont estimé que les mines d'Arditurri n'ont point devant elles un avenir aussi prospère qu'on veut bien l'affirmer."



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MINES D'ARDITURRI OYARZUN
GUIPUSCOA D'ANTAN



  • La Mode Illustrée, le 24 mars 1907 :

"Valeurs à suivre.

Cie des Mines de fer d’Arditurri. 


— Cette affaire, qui présente les garanties les plus formelles, rentre tout à fait dans la catégorie dont nous venons de parler. Elle doit conquérir l’estime et les sympathies des esprits sensés qui n’apprécient les mérites d’une valeur qu’à mesure de son rendement pratique. Après une période d'organisation et de classification intelligente du travail, voici que l'on entre, à Arditurri, dans l'ère des améliorations fructueuses. Au labeur manuel, long et pénible, va être substituée, avant un mois, l’extraction par perforatrices électriques. Des machines produisant la force sont, en ce moment, montées dans les locaux parfaitement conditionnés, d’où rayonnera l’énergie électrique, appliquée d’une part à l'éclairage de toutes les galeries, d’autre part à la mise en œuvre des perforatrices et à celle des quatre plans inclinés qui amènent le minerai aux huit fours à calciner. D'autres projets sont en voie de réalisation, huit nouveaux fours à calciner seront encore construits, permettant d'élever ainsi rapidement la production à un chimère bien supérieur. Il est à présumer enfin, qu’à l’automne prochain, tout le personnel minier sera centralisé sur l'exploitation, grâce à la construction de locaux d’habitation, où 500 ouvriers seront réunis.



Nul doute à ce que ces conditions nouvelles, inspirées du meilleur esprit de progrès, n’aient pour résultat une production plus intense et un débit plus élevé. Déjà la statistique des chargements au port de Pasajès atteste que les expéditions se font de plus en plus nombreuses en Angleterre, en Hollande et en France : et si l’on tient compte de l’activité qui régna et régnera longtemps encore sur le marché du fer, on peut présager que la faveur dans laquelle est tenue le minerai d’Arditurri, ne fera que s’adroite, au cours du présent exercice, dans des proportions sensibles qui se traduiront par des dividendes de tous points satisfaisants.



En dernier lieu, il n’est pas indifférent de souligner que la reprise d’exploitation d'anciens filons insuffisamment explorés est à l’étude pour un temps prochain, et qu'une nouvelle source de revenus, et non la moindre, découlera de cette extension du travail. Les filons considérés sont, en effet, très riches en blonde, et le simple énoncé de ce fait dispense de tout commentaire, si l’on veut bien se souvenir que la blonde est d’un rapport beaucoup plus élevé que le carbonate.



Vraisemblablement, l'importance de la mine d’Arditurri sera décuplée le jour où l’on abordera la question de l’extraction de cette blonde que l’analyse révèle, sur beaucoup de points, à peu près sans mélange et d’une qualité de premier ordre.



Dans ces conditions, nul doute que bientôt cette affaire ne se classe dans les premiers rangs sur le tableau des valeurs minières espagnoles."


(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



 




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dimanche 29 août 2021

UN GUIDE POUR LE VOYAGEUR EN GUIPUSCOA AU PAYS BASQUE EN 1877 (cinquième partie)


GUIDE DE VOYAGE EN 1877.


Vers la fin du 19ème siècle, apparaissent des guides de voyage pour les voyageurs désirant se rendre en Hego-Alde, dans les  provinces Basques du Sud.




pais vasco antes guipuzcoa
GUIDE DU VOYAGEUR EN GUIPUZCOA 1877


Voici ce que rapporta à ce sujet, M. L. Capistou, en 1877 :



"Province du Guipuzcoa.


Itinéraire.

La Bidassoa. — Ile des Faisans. — Béhobie. — Enderlaza. - Irun. - Fontarabie. - Renteria.— Lezo. — Oyarsun (vallée d'). — Passages (les). — Alza.



Renteria.



La locomotive a vite traversé les dix kilomètres qui séparent Irun de Renteria. La voie coupe diverses fois la route nationale entre ces deux points et perce la colline de Gainchurisqueta au moyen d'un tunnel d'environ six cents mètres de longueur.



Renteria, l'antique Orereta, est bâtie sur la rive gauche du ruisseau l'Oyarsun, à un kilomètre environ du port de Passages. Cette ville eut jadis une grande importance commerciale à cause de sa situation avantageuse. On y construisait des navires de fort tonnage et des gréements pour la marine de guerre. Les guerres franco-espagnoles du XVe et du XVIe siècles causèrent sa ruine car, placée pour ainsi dire à égale distance de deux places fortes, Fontarabie et Saint-Sébastien, elle eut à supporter les déprédations des envahisseurs et souvent aussi celles de ceux qui eussent dû la défendre.




pais vasco antes guipuzcoa
VUE GENERALE LEZO RENTERIA GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN





Mais, ce qui a le plus contribué à la ruine de Renteria, c'est l'ensablement ou envasement de la rivière d'Oyarsun, dont l'embouchure sur la baie de Passages lui servait de port. Cette circonstance est attribuée, avec raison, au déboisement des montagnes qui avoisinent la petite rivière, laquelle, dans les grandes pluies, se trouve transformée en un torrent boueux.



Aujourd'hui, Renteria vit seulement du produit de l'industrie linière. Elle compte trois fabriques de toiles, l'une d'elles fort importante, dirigée par MM. Londaiz. Sa population est d'environ 2 800 âmes. Comme monuments, elle ne possède que son église paroissiale, qui date du XVIe siècle, peu remarquable comme architecture, sa Casa consistorial et un vieux bâtiment surmonté des , de l'art arabe, qui le font ressembler de loin à une forteresse du moyen-âge. Les façades des anciennes demeures sont ornées d'écussons plus ou moins surchargés d'allégories.



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EGLISE DE RENTERIA GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN



Un chemin relie Renteria à Hernani, par un embranchement qui aboutit à la venta, entre Oyarsun et Astigarraga. Un autre, qui passe à la station du chemin de fer, conduit à Lezo, et un autre, enfin, se dirige vers Oyarsun, en remontant parallèlement le cours de la rivière qui porte ce nom.



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PONT RENTERIA GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN



A peu de distance de Renteria, sur une langue de terre qui s'avance dans la baie de Passages, se trouve l'importante fonderie de plomb argentifère de Capuchinos, appartenant à la Real Compañia Asturiana, laquelle tire principalement son minerai des mines de San Narciso, situées entre Irun et Renteria, au pied des montagnes du Haya.


pais vasco antes guipuzcoa
VUE GENERALE DE RENTERIA GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN


Lezo.



Cette petite localité, peuplée de 900 habitants environ, est assise au pied du mont Jaizquibel, à courte distance de la station de Renteria ; l'une de ses deux églises est depuis longtemps fermée au culte, mais l'autre est célèbre en Guipuzcoa par les pèlerinages qui s'y font, notamment celui du 14 septembre, fête de l'Exaltation de la Croix. L'intérieur de ce petit temple est relativement d'une grande richesse. La grille en fer forgé qui sépare le chœur de la nef est de dimension colossale. Aux murs pendent des ex-voto, des béquilles, des crosses, des jambières, etc., etc.



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EGLISE DE LEZO GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN


La chapelle du Santo Cristo de Lezo est, sans contredit, la plus riche de la province comme revenu casuel.



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CHRIST DE LEZO GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN


La population de ce village est dédiée aux travaux de l'agriculture et à la pêche.



Un sentier pittoresque conduit de Lezo à Passages, en contournant la baie ; ce sentier, autrefois chemin pavé, a été longtemps l'unique voie de communication entre Passages et la frontière, par Lezo, Gainchurisqueta et la venta d'Irun.



Lezo est la patrie de Martinez de Isasti, historien du Guipuzcoa (1570 à 1630).




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LOPE MARTINEZ DE ISASTI



Vallée d'Oyarsun.



Cette vallée est composée d'un groupe de villages assis dans une sorte d'immense cuvette formée par les montagnes d'Urcabe et d'Aréchulégui. Les principaux de ces villages ou barrios sont Alcibar, Carrica, Ergoyen et Iturriotz, au centre desquels se trouve Oyarsun.



Quelques auteurs ont écrit que l'actuel Oyarsun était un ex-barrio de la vallée nommé Elisalde, mais ils semblent avoir commis là une erreur, car, d'après une carte de la province dressée en 1770 par D. Tomas Lopez, ingénieur, du roi, le barrio d'Elisalde était situé à un quart de lieue plus au nord que l'église de la ville de Oyarsun proprement désignée.



La route nationale qui va d'Irun à Madrid passe à Oyarsun, après avoir laissé à sa droite l'embranchement qui, de la venta d'Irun, conduit à Renteria et Saint-Sébastien.



A l'époque de la domination romaine en Hispanie, pendant les guerres de la grande République contre les Celtibériens, les montagnes avoisinant Oyarsun — (Oyarso) (Olearso) — furent exploitées par les conquérants, qui en tirèrent du fer, du plomb, de l'argent et du cuivre.



On retrouve dans ces montagnes les traces de travaux gigantesques qui, d'après les calculs d'hommes pratiques, ont dû occuper d'innombrables ouvriers pendant de longues années. Vers Aréchulégui, sorte de hameau perché sur l'un des piédestaux du Haya, se trouvent des galeries de mines abandonnées, qui ont dû être exploitées pendant des siècles entiers. Ces galeries s'enfoncent horizontalement dans le sein de la montagne, se divisent en rameaux interminables, qu'entrecroisent d'autres galeries, ou s'arrêtent brusquement devant des précipices sans fond.



C'est près d'Aréchulégui qu'on trouve aussi les vestiges d'une grande voie romaine allant vers la Navarre, par le col de Vianditz. Dans la vallée, non loin de l'antique ermitage d'Andrearriaga, on voyait, il y a peu d'années encore, un sépulcre de création romaine, avec une inscription latine, rendue illisible par le temps, et dans lequel l'on rencontra des armes en cuivre, des poteries et quelques monnaies d'argent à l'effigie d'Octave-Auguste.



Sur les rochers d'Arcale, entre Oyarsun et les collines boisées de Gainchurisqueta, existent les ruines du château-fort de Veloaga (ou Feloaga), manoir qui dut avoir une grande importance, si l'on en juge par les amas de matériaux qui couvrent ses abords, et surtout par la position avantageuse qu'il occupait.



Durant la guerre civile qui ensanglanta la péninsule de 1833 à 1840, Oyarsun fut tour à tour occupé par les libéraux et les carlistes. En 1834, Jauregui, qui commandait les christinos défit, à Oyarsun, un corps d'armée carliste, laissant le champ de bataille couvert de cadavres.



Pendant la dernière guerre, de 1873 à 1876, les environs de cette ville ont été le théâtre de nombreux combats.



C'est contre la Casa Consistorial d'Oyarsun, occupée par cinquante miquelets, aux ordres du lieutenant Fernandez, que le curé Santa-Cruz essaya, en juin 1873, la première artillerie carliste, composée d'une unique pièce de quatre, fondue on ne sait trop comment à Vera, laquelle éclata après un maigre service ; ce qui n'empêcha pas le célèbre curé d'écrire à un de ses coreligionnaires politiques, au lendemain de l'attaque d'Oyarsun : "El cañon ha sido magnifico !



L'église paroissiale d'Oyarsun est très antique, mais elle ne se distingue par aucun genre d'architecture. Dédiée à saint Etienne, la tradition prétend qu'elle a été construite sur l'emplacement de l'ancienne demeure des Lastaun, à la famille desquels avait appartenu le saint.



Oyarsun n'a pas d'industrie ; cependant il existe dans ses environs quelques fabriques de terres cuites, des tuileries et des moulins à farine, qui empruntent au ruisseau de la vallée la force motrice dont ils ont besoin.



La population totale du voile de Oyarsun ne dépasse pas 4 500 habitants."


A suivre...



(Source : https://vascongados.blogspot.com/2016/12/lope-martinez-isasti-tubal-compendio-historial.html et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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