UNE ÉTUDE GÉOLOGIQUE AU PAYS BASQUE EN 1840.
En 1840, un ingénieur civil fait une étude géologique, en Pays Basque Nord.
Voici ce que rapporta Jules Gindre, Ingénieur civil des Mines, en 1840, dans son Mémoire
géologique sur les environs de Bayonne et sur la non-possibilité d'y trouver de la houille :
"... Ces irrégularités ou perturbations paraissent liées à la présence ou au voisinage des culots de calcaire et de diorite, et il semble que l'apparition et le développement de ces roches aient influé sur le gisement du kaolin, car ce gisement est stérile ou seulement représenté par du gneiss granitoïde désagrégé non exploitable, partout où elles se montrent. Le quartier de Basseboure d'Espelette, les environs du passage de Laxia sur les deux rives de la Nive ; le terrain de la limite des communes de Macaye et de Louhossoa ; de la limite des communes de Macaye, de Mendionde et d'Helléte ; les environs de Bonloc, etc., offrent des exemples de cette relation entre la stérilité du gisement de kaolin, et la présence du calcaire et du diorite. Les parties riches et régulières du dépôt ont des limites bien définies par la nature des roches associées au gneiss, et par les modifications qu'ont subies les matières qui constituent le gisement même. Quoique leur étendue soit restreinte par rapport à la surface occupée par tout le terrain granitoïde, l'ensemble du gîte de kaolin exploité à Louhossoa est pourtant assez riche et assez développé pour fournir à une très grande consommation, pendant un nombre d'années indéfini ; et c'est au hasard que je dois d'avoir été assez heureux pour être appelé à constater toute l'étendue et la réelle importance de ces gisements de kaolin et de pétunzé, et à résoudre ainsi une question scientifique et technologique, qui pourra avoir de grandes conséquences pour l'avenir industriel du pays.
| BASSEBOURE ET MONT URSUYA PAYS BASQUE D'ANTAN |
Le granite graphique ou le pegmatite, exploité sous le nom de pétunzé pour le fondant et pour la couverte de la porcelaine, forme habituellement, en dehors de la zone kaolinifère, des amas sans allures bien distinctes, au milieu du gneiss granitoïde et du gneiss tendre argileux. Les variétés de ces pegmatites sont assez nombreuses, elles sont presque toutes exploitables ; toutefois les pegmatites graphiques et les pegmatites granulaires sont les plus pures et les plus convenables pour la porcelaine. Sur une infinité de points du versant méridional d'Oursouia, on rencontre des amas formés de la réunion des diverses variétés de ces roches, et le vrai pegmatite graphique, celui dont le quartz est en lignes brisées disposées régulièrement, est surtout commun au lieu dit Sandori-Lepoa.
Les circonstances de superposition des autres formations sur le terrain granitoïde, indiquent clairement que l'apparition de celui-ci à la surface, est postérieure au dépôt du lias et de la craie, et que le redressement de leurs couches et de celles du schiste ardoisier de transition est dû à la cause même qui a produit le relief du sol granitoïde, dont la montagne d'Oursouia avec ses mamelons et ses contre-forts, est le centre et le point culminant. Au nord de cette montagne, dans la vallée d'Urcuray à Cambo, à Hasparren, les couches du calcaire inclinent vers le nord sous un angle qui varie de 30 à 80 degrés, en s'appuyant sur le gneiss, et à peu de distance d'Hasparren, les deux terrains sont juxtaposés verticalement. Au midi, c'est-à-dire sur la ligne du schiste ardoisier de transition, les lits de cette formation sont généralement inclinés de 70 degrés au sud en s'appuyant comme le calcaire sur le gneiss argileux rouge ou sur le gneiss granitoïde, dont la stratification est bien apparente, et qui inclinent également de 70 degrés au sud. Derrière le Mondarrain, presqu'à la source du petit ruisseau d'Espelette, le gneiss est remplacé par du granité gris à petit grain, qui enveloppe des masses de calcaire, et qui se trouve en contact avec des couches de schistes argileux noirs qu'il a soulevées et fortement disloquées ; au nord d'Athari-Mendi près de la maison Bernaténia, dans un petit ravin qui en descend, et sur les côtés duquel le gneiss granitoïde et quelques masses de granite désagrégé ont été mis à découvert, on peut observer que non seulement le terrain de transition a été redressé, mais encore qu'il a été renversé et recouvert. Le gneiss granitoïde y recouvre évidemment le schiste argileux de transition.
Le fer hydroxydé compacte et spongieux, et le fer oxydulé magnétique sont à peu près les seuls minerais qu'on rencontre dans ce terrain ; ils y forment des filons ou veinules de si peu d'importance qu'ils méritent à peine d'être cités. La première espèce est toutefois plus répandue que l'oxydule, qui n'a encore été rencontré que dans le gneiss avec grenats, au-dessus de la maison Irriberria à mi-côte d'Oursouia. Sur les bords du terrain granitoïde, à peu près là où commence la zone de gneiss argileux avec kaolin, les roches renferment un grand nombre de veines ou petits lits contournés de peroxyde de manganèse et de fer, minerais qui imprègnent plus particulièrement tout le terrain dans le voisinage du dépôt de kaolin ; et les masses de kaolin elles-mêmes renferment souvent une infinité de petites plaques de peroxyde de manganèse compacte pur, associées à des veinules de collyrite.
Les porphyres verts, si communs dans les Pyrénées, découverts et décrits par Palassou sous le nom d'ophite, et compris dans les terrains secondaires comme amphibolites de cette époque par M. de Charpentier dans son excellente description géognostique des Pyrénées, forment de nombreuses masses, ou plutôt des culots dans les terrains du calcaire grossier et du grès marin supérieur, dans la craie, dans la formation du lias et du keuper, ainsi que dans le grès bigarré et le schiste ardoisier de transition. Les exemples de ces roches d'origine ignée sont excessivement multipliés ; elles n'occupent jamais une grande étendue ; leur structure est toujours massive ; elles sont souvent divisées en masses sphéroïdales qui ont depuis quelques pouces jusqu'à quelques pieds de diamètre ; et par leur manière d'être, leur aspect et leur nature, on doit les regarder comme des porphyres qui dans un état pâteux se sont fait jour, en les disloquant, au travers des terrains stratifiés. Sur plusieurs points, ces épanchements de porphyre ont été suivis ou accompagnés de grands amas de conglomérats, composés de fragments des roches environnantes ; la hauteur de Villefranque entre l'église et la Ralde, et les derrières d'Espelette du côté du Mondarrain sont des exemples bien caractérisés d'ophite accompagné de conglomérats contemporains de leur apparition ; dans la première localité, à travers les calcaires du lias et la craie ; et dans la seconde, à travers le schiste ardoisier de transition.
En général, la présence de l'ophite entraîne celle du gypse et du sel gemme, et ces trois roches paraissent toujours avoir entre elles les plus grands rapports géologiques, ainsi que l'ont constaté depuis longtemps M. de Charpentier et M. Dufrenoy dans les mémoires sur la géologie de la France.
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| CARTE GEOLOGIQUE DE FRANCE 1841 PAR DUFRENOY ET DE BEAUMONT |















