EUSKAL HERRIA LEHEN - PAYS BASQUE D'ANTAN
CARTES POSTALES , PHOTOS ET VIDEOS ANCIENNES DU PAYS BASQUE. Entre 1800 et 1980 environ.
mercredi 10 juin 2026
LA PUISSANCE PATERNELLE AU PAYS BASQUE AVANT 1789 (deuxième et dernière partie)
LA PUISSANCE PATERNELLE AU PAYS BASQUE AVANT 1789.
Etienne Anselme Ritou-Deyeralde est un avocat et homme politique, de tendance radical socialiste né à Hasparren, le 9 novembre 1872 et mort le 17 juillet 1923 à Bayonne.
Il est l'auteur, en 1897, d'une thèse de doctorat soutenue à la Faculté de Droit de Paris, intitulée De la condition des personnes chez les Basques français jusqu'en 1789, publiée par l'imprimerie bayonnaise A. Lamaignère.
Dans plusieurs articles, je vous ai parlé du matriarcat, de la couvade , du mariage, du droit
d'aînesse, et la puissance paternelle au Pays Basque, avant 1789, voici aujourd'hui la suite de la
puissance paternelle.
Voici ce que rapporta Etienne Ritou, dans son livre :
"IV. — La Puissance Paternelle.
Cette immense latitude que donne la coutume aux enfants pour se marier contre le gré de leurs parents est une preuve de la faiblesse de la puissance paternelle dans le pays basque. Avant de songer à organiser solidement la famille par l'établissement d'une hiérarchie rigoureuse, la coutume s'est avant tout préoccupée d'assurer la propagation des familles et, pour cela, de donner une certaine liberté aux enfants.
Mais elle ne s'en tient pas encore aux dispositions que nous venons de parcourir. S'inspirant toujours du même principe, le droit coutumier accorde des droits importants à l'aîné qui, ayant atteint sa majorité matrimoniale, se marie contre le gré de ses parents. Le cas échéant, la coutume de Soule prévoit une double hypothèse.
a.) L'enfant en question "primogenit ou primogenite" dit la coutume "se maride et pren molher sens dot". Si l'enfant épouse une femme qui ne lui apporte pas de dot, la coutume n'édicte aucune disposition particulière.
b.) Mais si l'époux adventice apporte une dot, la coutume nous dit que cette dot doit être remise à l'ascendant dont le consentement eût été requis si l'enfant n'avait pas atteint sa majorité matrimoniale. Moyennant cette remise, l'aîné qui s'est marié sans le consentement de ses parents peut exiger du chef de famille le partage des biens de lignée. C'est là une disposition exorbitante du droit coutumier basque, et on ne peut s'empêcher de remarquer avec Cordier que la coutume consacre de la sorte en faveur de l'aîné un droit "peu respectueux, désagréable, insupportable même ; car, dans le partage, s'il n'y a qu'une maison, la maison se divise en deux pour l'habitation, et le jeune ménage qui d'autorité s'installe près de l'ancien, peut amener avec lui la discorde". La coutume va plus loin : si du vieux ménage il ne reste qu'un parent et qu'il gère mal la portion conservée par lui dans le partage, les enfants ont le droit de la lui retirer et de la joindre à la leur, à condition toutefois d'entretenir à leurs frais le parent ainsi privé de sa part. Ce droit est d'ailleurs réciproque et peut aussi s'exercer au préjudice des enfants, s'ils administrent mal la portion qui leur est échue. Tout en consacrant au profit de l'aîné un droit de coseigneurie, qui s'exerce dans les mêmes conditions, le for de Basse-Navarre nous donne des renseignements particuliers sur le mode de procéder aux partages (Basse-Navarre, XXIV, 8).
Cette copropriété entre l'aîné des enfants, marié contre le gré de ses parents, et celui de ses parents qui est propriétaire des avitins, ne laisse pas que d'être une atteinte grave aux principes les plus élémentaires de la puissance paternelle. Il faut croire que la pratique n'en offrait que de rares exemples, car on comprendrait difficilement que de telles prérogatives, consacrées par la coutume au profil des enfants, n'aient pas été incompatibles avec la bonne harmonie des ménages dans un pays où la famille était composée souvent de plusieurs couples vivant tous autour d'un chef, à même pot et feu.
Cette indépendance si grande que la coutume assurait aux enfants et particulièrement à l'aîné, à l'égard de leurs parents, n'est pas la seule preuve de la faiblesse de la puissance paternelle dans le pays basque.
Le second principe, celui de la conservation des biens dans les familles, dont s'inspire le droit basque, donna aussi naissance à des dispositions d'une incompatibilité évidente avec l'existence d'une autorité paternelle fortement constituée. Non contente, en effet, de soustraire, dans certains cas, les enfants aux effets ordinaires de la puissance paternelle, la coutume se plaît, pour ainsi dire, à restreindre davantage celle-ci, en accordant aux enfants certains droits au détriment des droits de leurs parents. La copropriété des parents et de l'aîné des enfants marié contre leur gré en est déjà un témoignage. Poursuivant la même idée, la coutume défend de vendre, hypothéquer et aliéner d'une façon quelconque les biens de lignée sans le consentement de l'aîné émancipé ou marié, car le mariage émancipe. C'est ce que dit, dans les termes suivants, la coutume du Labourd dans le premier article du titre "Des venditions et autres aliénations" :
"L'on ne peut vendre, hypothéquer ou autrement aliéner les biens papoaux et avitins, si ce n'est pour assignation de mariage ou urgente nécessité ; et aliénations autrement faites sont nulles et de nul effet et valeur, si ce n'est qu'elles soient faites du consentement de l'aîné émancipé ou du plus prochain qui par la coutume doit succéder".
Les derniers mots "du plus prochain qui par la coutume doit succéder" font allusion au cas où l'aîné des enfants, émancipé par le mariage, est exclu de la succession paternelle ou maternelle pour s'être marié sans le consentement de ses parents.
Les biens dont parle l'article précité peuvent être aliénés, même à titre gratuit, avec le consentement de l'héritier ; ce consentement est aussi nécessaire pour disposer des biens avitins par acte de dernière volonté.
L'exposé que nous venons de tracer suffit à nous faire voir combien la puissance paternelle était faiblement organisée dans le pays basque. Nous sommes loin ici de ces dures lois romaines qui ne se contentaient pas d'assurer au pater familias la pleine propriété de ses biens, mais lui donnaient encore la propriété de ses enfants, avec le droit de les vendre et de les mettre à mort. Le chef de famille basque ne ressemble nullement à ces terribles magistrats domestiques dont les pouvoirs discrétionnaires étaient réellement exorbitants. C'est un protecteur plutôt qu'un juge, et un administrateur plutôt qu'un propriétaire. Il est soumis de par la coutume au contrôle de l'aîné de ses enfants qui doit, à son décès, hériter des biens transmis par les ancêtres, et il n'a en somme que sa qualité de père ou de mère pour lui assurer le respect et l'affection que lui doivent ses enfants. Car les rédacteurs des coutumes n'avaient pas sans doute jugé utile de dire expressément comme le fait notre Code civil dans l'article 371, que "l'enfant, à tout âge, doit honneur et respect à ses père et mère". Ce précepte de pure morale, qui a trouvé place dans la législation moderne, le législateur du droit coutumier basque semble l'avoir négligé, dans la persuasion sans doute qu'il était suffisamment enraciné dans le coeur des enfants pour être un obstacle aux conséquences fâcheuses des principes économiques dont il s'inspire presque uniquement dans ses dispositions.
Somme toute, sauf la double particularité de pouvoir reposer sur la tête du père ou de la mère, suivant les cas, et d'être faiblement constituée, la puissance paternelle n'est pas l'objet d'une réglementation bien détaillée dans les coutumes basques. Peut-être des dispositions essentielles nous échappent-elles, parce qu'étant fréquentes dans la pratique et connues de tous, le législateur n'a pas cru nécessaire de les formuler ? Guizot a dit : "Les Barbares n'écrivent pas ce qu'ils savent, ce qui est dans la pensée et l'habitude de tous". La même chose peut se dire des Basques ; leurs coutumes sont muettes sur bien des points importants qu'on ne pourrait rétablir qu'à l'aide de documents privés ; mais ces documents sont rares, incomplets, et constituent une source d'information sur laquelle on ne peut pas compter. Ces remarques ne concernent pas spécialement la puissance paternelle ; elles s'appliquent tout aussi bien à l'ensemble du droit indigène, et par conséquent aux questions précédemment traitées comme à celles dont l'étude va suivre."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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mardi 9 juin 2026
PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 9 JUIN 2026 SAINTE DIANE ET SAINT COLUMBA ET SAINT ÉPHREM - BIHOTZ
PROVERBE DU 9 JUIN 2026 (SAINTE DIANE) (SAINT COLUMBA) (SAINT ÉPHREM) (BIHOTZ).
DIANE : née en 1201, au Moyen Âge, dans une riche famille de Bologne (Italie), Diane d'Andalo est séduite par la prédication de Dominique de Guzman, le fondateur de l'ordre des Frères Prêcheurs, ou Dominicains.
Diane est empêchée par sa famille d'entrer au couvent des Augustins mais obtient à force de persévérance d'entrer dans un couvent de Dominicaines, qu'elle fonde le 13 mai 1223 et dont Diane deviendra la supérieure jusqu'à sa mort, le 10 juin 1236.
COLUMBA (ou COLOMBA) : Columba est un des moines irlandais qui évangélisèrent l'Europe Occidentale dans les temps barbares.
| 9 JUIN SAINT COLUMBA |
Né dans le comté de Danegal le 7 décembre 521, Columba est ordonné prêtre en 543.
20 ans plus tard, Columba quitte l'Irlande avec une poignée de compagnons et fonde à Iona, l'une des îles Hébrides, un monastère appelé à un grand prestige. De là, Columba va évangéliser les archipels et les îles de l'Atlantique, de l'Ecosse à l'Islande.
Columba meurt le 9 juin 597 et il est enterré, à Downpatrick avec saint Patrick et sainte Brigitte d'Irlande qui sont les autres saints patrons de l'Irlande.
ÉPHREM : Éphrem le Syriaque ou Éphrem de Nisibe, né vers 306 à Nisibe (Turquie) et mort le 9 juin 373 à Edesse (Turquie), est un diacre de langue syriaque et un théologien du 4ème siècle dans la région de l'Assyrie.
Éphrem est chargé de l'Ecole théologique de Nisibe quand surgissent les Perses.
Il se réfugie avec ses élèves à Amida puis à Edesse en 363 où il demeure jusqu'à sa mort, en 373.
Il mène une vie de contemplation, qu'il entretient par une austérité extrême.
Plus de 400 hymnes composés par Ephrem ont été conservés.
Il est surnommé la "harpe du Saint-Esprit" en raison de la beauté de ses poèmes composés en syriaque et de ses homélies.
Le 5 octobre 1920, le pape Benoît XV le proclame Docteur de l'Eglise.
Ephrem est vénéré comme un saint par les chrétiens et fêté le 9 juin par l'Eglise latine.
BIHOTZ : Nahiz "Bihotz Sakratua" gogoratzen zaien gaur kristauei, euskaldunek badakigu lehenagotik "Bihotz" hitza oroitarrietan zizelkatzen zutela gure arbaso Akitaniarrek.
Bihotza : Euskal izen arrunta. Erromataren garaiko Akitaniako idazkunetan (I-III. m.) antroponimo moduan ageri da, bihox-, bihos- eran (Bihoxus, Bihoscinnis...). Aldaera : Deun-ixendegi euzkotarra lanaren ildotik sortutako Bihozne.
Un décès du 9 juin : Jacques Villon, pseudonyme de Gaston Emile Duchamp.
Né le 31 juillet 1875 à Damville (Eure) - Mort le 9 juin 1963 à Puteaux (Hauts-de-Seine).
C'est un peintre, dessinateur et graveur français.
Gaston naît dans une famille aisée au tempérament artistique, dans laquelle quatre des six enfants vont devenir des artistes accomplis.
A partir de 1891, il effectue au lycée Corneille de Rouen des études secondaires qui le mèneront au baccalauréat.
Son grand-père maternel, homme d'affaires arrivé et artiste, lui enseigne l'art.
En 1894, il part s'installer avec son frère Raymond à Paris où il fait son droit à l'université.
Son père autorise Gaston à étudier l'art à condition de poursuivre le droit et il est élève de Philippe Zacharie à l'Ecole des beaux-arts de Rouen.
Pour se distinguer de ses frères, il adopte, en 1895, le pseudonyme de Jacques Villon.
En 1895, il fréquente l'atelier de Fernand Cormon à l'Ecole nationale Supérieure des beaux-arts où il rencontre Henri de Toulouse-Lautrec.
Pendant les 10 années suivantes, il travaille dans les arts graphiques, fournissant, outre 6 affiches pour le tout jeune cinéma qu'il signe Montcorbier en 1899, des dessins et des illustrations aux journaux parisiens.
En 1903, Gaston aide à organiser la section dessin du premier Salon d'automne à Paris.
En 1904 et 1905, il étudie l'art à l'Académie Julian.
A ses débuts, ses dessins sont influencés par Edgar Degas et Toulouse-Lautrec.
En 1907, il adhère au Groupe des XXX installé à Rouen puis participe plus tard aux mouvements fauviste et cubiste.
En 1906, il déménage de Montmartre à Puteaux, où il consacre la majeure partie de son temps à travailler à la pointe sèche, la gravure en creux et il fait 175 gravures (silhouettes de petites femmes et personnages typés de la faune montmartroise).
A partir de 1911, Gaston organise chez lui, avec ses frères Raymond et Marcel, un groupe de discussion qui se rencontre régulièrement avec des artistes, des peintres et des poètes comme Apollinaire ou Paul Fort et d'autres, le "groupe de Puteaux".
Il joue un rôle majeur dans l'exposition du groupe qu'il nomme "Section d'or".
En octobre 1912, la première exposition regroupe, à Paris, plus de 200 oeuvres de 31 artistes, à la galerie la Boétie.
En 1913, il épouse Gabrielle Boeuf dite "Gaby".
Cette année-là, Gaston crée ses autres chefs-d'oeuvre cubistes, 7 grandes pointes sèches où les formes se cassent en plans pyramidaux obscurcis.
De plus, il expose 9 toiles à l'Armory Show de New-York, et cela contribue à introduire l'art moderne aux Etats-Unis, la prolongation de l'exposition à Chicago faisant scandale.
Mobilisé en 1914, il combat sur les fronts de la Champagne et de l'Artois, puis intègre le service du camouflage en 1916.
Après la guerre, sa notoriété grandit et dès les années 1930, il est mieux connu aux Etats-Unis qu'en Europe.
Si les nécessités alimentaires conduisent Gaston cependant, entre 1922 et 1928, à produire en parallèle pour la Galerie Bernheim-Jeune des gravures d'après les maîtres modernes (Henri Matisse, Pablo Picasso, Edouard Manet, Raoul Dufy, Georges Braque...), il adhère au groupe Abstraction-Création en 1932.
En 1940, il part se réfugier successivement chez André Mare à Bernay (Eure), puis au château de la Brunié (Tarn) où il peint des paysages, et est de retour à Puteaux en 1942.
Il n'accède vraiment à la célébrité qu'en 1944, lorsque la galerie Louis Carré, qui fait l'acquisition de l'intégralité de son atelier et organise une exposition de son oeuvre à Paris avec un catalogue préfacé par René-Jean, à la suite de quoi il reçoit des récompenses dans plusieurs expositions internationales.
En 1950, il reçoit le prix Carnegie et, en 1954, il est nommé commandeur de la Légion d'honneur.
L'année suivante, Gaston reçoit la commande des vitraux de la cathédrale à Metz.
En 1956, le grand prix de la Biennale de Venise lui est décerné à l'exposition.
Il meurt le 9 juin 1963, à 87 ans.
Voici le proverbe du mardi 9 juin 2026 :
HOGOI TA HAMEKA ETA ESKU BEREKIN UKAITIA.
Avoir 31 et être de main.
| 31 AU JEU DE MUS PAYS BASQUE D'ANTAN |
(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)
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