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mardi 29 septembre 2026

PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 29 SEPTEMBRE 2026 SAINT MICHEL ET SAINT GABRIEL ET SAINT RAPHAËL - MIKEL

 


PROVERBE DU 29 SEPTEMBRE 2026 (SAINT MICHEL) (SAINT GABRIEL) (SAINT RAPHAËL) (MIKEL).


MICHEL : L'archange Michel figure dans la Bible parmi les lieutenants de Dieu, aux côtés de Gabriel et Raphaël.


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29 SEPTEMBRE SAINT MICHEL


Michel est un des sept archanges majeurs (avec Gabriel et Raphaël notamment) des religions abrahamiques (judaïsme, christianisme et islam).

Michel est le protecteur d'Israël.

C'est aussi Michel qui, bien plus tard, aurait incité Jeanne d'Arc à faire sacrer le Dauphin à Reims.

Michel est le saint patron des pâtissiers ainsi que des parachutistes.

Michel est aussi le saint patron de la Normandie, de la France, de l'Allemagne, de la Belgique et, depuis avril 2017, de la Cité du Vatican.




GABRIEL : Gabriel est un archange, considéré comme un messager de Dieu dans la Bible et dans le Coran.



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27 SEPTEMBRE ARCHANGE GABRIEL

Gabriel est fêté, avec les autres archanges Michel et Raphaël, par l'Eglise latine le 29 septembre.

Gabriel est le saint patron des ambassadeurs, des diplomates et des transmissions militaires.




RAPHAËL : Raphaël est le troisième archange reconnu par l'Eglise catholique et cité dans le livre de Tobie.



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29 SEPTEMBRE ARCHANGE RAPHAËL ET TOBIE

Saint Raphaël est le saint patron des "voyageurs sur terre, sur mer et dans les airs".

Raphaël est le gardien de la Sainte Eglise orthodoxe de Jésus-Christ et le dispensateur des dons du Saint Esprit.




MIKEL : Bizki aspaldian sartua da gutartean Jondoni Mikel Arkanjelua. Egunak markatzen du ere aroaren berezitasuna.

Hebreerako Mikha'el ("nor Jainkoa bezala ?") izena Michael bihurtu zen grezierako eta latineko itzulpenetan. Mikel goiaingerua deabruaren kontra borrokatu ziren aingeruen buru izan zen, eta Apokalipsian Eliza irudikatzen duen emakume erdi berriaren zaintzailea. Azkeneko judizioaren egunean arimak pisatzeko ardura izango du. VI. mendean Gargano (Italia) mendian azaldu zenetik zabaldu zen beraren alderako jaiera Europan. Euskal Herrian ere mendi batean agertu zen, Aralarren, Teodosio herensugeagandik salbatu zuen. Izen hau aurreneko aldiz Bidaurretan (Nafarroa) aurkitu dugu, 1518. urtean (Miquela). Aldaerak : Mariamikele, Mikaela, Mikele (Deun-ixendegi euzkotarra), Mikeleitza eta Mikelitza.

Santuaren eguna irailaren 29an da. Aldaerak : Mikele eta Mitxel. Baliokideak : Miguel (es) eta Michel (fr).

MIKELE : Micaela (es), Michèlle (fr).

Deun-ixendegi euzkotarra lanean gaztelaniazko Miguel-en baliokide femeninotzat ematen da, eta azken urteotan horrelaxe erabili da, baina XVII. mende arte gutxienez gizon izena zen. Lehen aldiz XIII. mendean aurkitu dugu. Iruñerrian (Miquele Iturriquo). Ikus Mikela.



Un décès du 29 septembre : Léon Bourgeois.



france député sénateur marne président conseil nobel paix
LEON BOURGEOIS 1917



Né le 29 mai 1851 à Paris -Mort le 29 septembre 1925 au château d'Oger (Marne).

Léon est un homme d'Etat français.

Il grandit dans une famille républicaine et commence ses études à l'institution Massin.

Il entre en 1859 au lycée Charlemagne, dont il préside l'association des élèves.

Après l'obtention de son baccalauréat ès lettres et ès sciences, il entre à la faculté de droit de Paris.

Léon se porte volontaire en 1870 pour défendre Paris.

Brigadier-fourrier dans la légion d'artillerie, il est deux fois médaillé pour la défense du fort de l'Est.

A la fin de la guerre, il reprend ses études.

A 21 ans, il obtient sa licence de droit avec une thèse sur l'"acte public".

Léon a de multiples centres d'intérêt : la philosophie, l'art.

Il se passionne notamment pour le sanskrit.

En 1875, il rejoint le cabinet de l'avocat Albert Christophle.

Le 5 avril 1876, il soutient sa thèse de doctorat.

Le 18 avril 1876, Léon se marie avec Virginie Marguerite Sellier, avec laquelle il aura deux enfants.

En 1876, il préfère l'administration au métier d'avocat et intègre le ministère des Travaux publics, comme sous-chef du contentieux, avec Albert Christophle comme ministre.

Après la démission du ministère Simon, il est révoqué pour "républicanisme".

Lorsque les républicains reviennent au pouvoir, Léon demande à devenir secrétaire général de préfecture, et on lui trouve un poste à Châlons-sur-Marne, en décembre 1877.

En novembre 1880, il est nommé sous-préfet de Reims.

Durant l'été 1882, il est initié à la loge maçonnique "la Sincérité", membre du Grand Orient de France, où il devient, après 2 mois, compagnon et maître.

En novembre 1882, il est officiellement nommé préfet du Tarn par Armand Fallières.

En février 1883, Léon retire leur salaire à 5 prêtres et limoge le maire de Lavaur.

En février 1883, une grève des mineurs éclate à Carmaux, dans le Tarn, et il ordonne aux forces de l'ordre de ne pas intervenir, ayant un grand rôle pacificateur et encourageant les grévistes à reprendre le travail, après 6 semaines de grève.

En avril 1883, il est nommé par décret chevalier de la Légion d'honneur.

Son père étant malade, il demande, en août 1883 à se rapprocher de la capitale.

Léon est nommé secrétaire général de la Seine en octobre 1883.

En novembre 1885, il est nommé préfet de la Haute-Garonne.

En janvier 1887, il devient assistant du président du Conseil René Goblet, sur le budget, en tant que conseiller d'Etat extraordinaire.

En novembre 1887, il est nommé préfet de police de Paris.

Léon est élu député de la Marne en février 1888.

Membre du groupe de la Gauche radicale, il est nommé sous-secrétaire d'Etat dans le gouvernement Floquet (1888-1889) puis élu, député de la Marne en septembre 1889, occupe, à partir de 1890, des postes ministériels importants.

Il est réélu dans la Marne en 1893, 1898 et 1902.

En juin 1902, il est élu Président de la Chambre des députés, jusqu'en janvier 1904.

En 1905, il est élu sénateur de la Marne et il le restera jusqu'en septembre 1925.

A la fin de 1912, Léon fait partie des favoris dans la course à l'Elysée, pour succéder à Armand Fallières, mais il refuse de se présenter à l'élection présidentielle de 1913 en raison d'ennuis de santé.

En 1919, il participe, au nom de la France, à la commission de la Société des Nations lors de la conférence de la Paix réunie à Paris.

En 1919, il devient le premier président de cette nouvelle organisation internationale, où il est en faveur du Principe de l'égalité des races.

En janvier 1920, il est élu président du Sénat.

Progressivement affaibli par une cécité partielle, il quitte cette présidence en février 1923.

En 1920 également, il reçoit le prix Nobel de la paix.

Il meurt le 29 novembre 1925, à 74 ans.



france député sénateur marne président conseil nobel paix
PORTRAIT DE LEON BOURGEOIS



Voici le proverbe du mardi 29 septembre 2026 :



JAINKOAREN BEGI IKUS BALEZA, EBATS LEZAKE.

Il volerait l'oeil de Dieu, s'il le voyait.


morale religion culture
LECON DE MORALE AU 20EME SIECLE



(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)





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LA PROTOHISTOIRE AU PAYS BASQUE (troisième partie)

 

LA PROTOHISTOIRE AU PAYS BASQUE.


La protohistoire est une période de temps intermédiaire entre la Préhistoire et l'Histoire sensu stricto, caractérisée par l'absence d'écriture propre au sein des sociétés étudiées.



pays basque protohistoire blot barandiaran
GRATTOIRS EN SILEX NEOLITHIQUE
72 SARTHE



Voici ce que rapporta à ce sujet le Docteur J. Blot, dans le Bulletin de la Société des sciences, 

lettres & arts de Bayonne, en janvier 1973 :



"Contribution à la Protohistoire en Pays Basque.


... Architecture des dolmens : 


Ces monuments ont été érigés avec les matériaux trouvés sur place : dalles de grès rose donnant des structures régulières au contraire de celles, massives, réalisées avec les blocs de poudingue. Les traces de taille volontaire sont rares (Jara, Armiague), les pierres ayant été utilisées à l’état brut ou à peine dégrossies (parfois dalle de "chevet" triangulaire).


a) Les chambres funéraires : Très variables en dimensions suivant l’importance du monument, et plus ou moins enfoncées dans le sol (Mokua, luskadi) ou au contraire reposant dessus (Armiague, Mikelare). Le sol de la chambre est le plus souvent en terre battue : parfois, mais rarement semble-t-il, empierré. Bien fréquemment le toit est absent, soit du fait des intempéries (une dalle horizontale est très exposée et se délite facilement), plus souvent par la faute des "chercheurs de trésors", ou fouilleurs clandestins (le dolmen vierge est rarissime !). La disparition du toit entraîne l’effondrement d’une ou des parois de la chambre et en modifie l’architecture originelle, cas fréquent dans nos montagnes où nos "couvercles" sont de taille modeste. 



pays basque protohistoire blot barandiaran
DOLMEN ARMIAGUE
SOURCE : J. BLOT



Rappelons qu’un monument dans lequel les cadavres sont introduits par une face latérale ménagée à cet effet (dalle plus petite ou absente) est un dolmen — les termes de "cistes" ou "caissons" ou "coffres" paraissant devoir être réservés à des monuments dont l’accès se fait en soulevant le toit, et de dimensions souvent plus modestes. Mais il s’agit du même concept "mégalithique" et bien souvent ces différents monuments sont réunis sous la même appellation (abusivement) élargie de dolmen. 



A s’en tenir aux simples dimensions des chambres, il semblerait qu’on puisse distinguer : 


— des cistes (de moins de 1 m de long), 9 % des cas (type Chominen IV) ; 

— des caissons ou coffres (entre 1 et 2 m de long), 69 % des cas (Mokua, Muxugorrigaine, Eratzu...) ; 

— des "allées" rectangulaires allongées (de 2,50 m à plus de 4 m), 18 % des cas (Galbario II, Usatuita I, Mugi II...) ; 

— enfin les vrais mégalithes avec grandes dalles atteignant parfois 1 à 2 m de haut, lourdes tables (type Buluntza, Gaxteena), 3 % au total. Nous ne faisons que signaler les dolmens à chambres contiguës, doubles, exceptionnels (Berdaritz, Gastenbakarre). 



pays basque autrefois labourd préhistoire
DOLMEN USATUITA URRUGNE
BULLETIN MUSEE BASQUE N°33 1966


Avant d’en terminer avec les chambres funéraires un mot sur leur orientation. Le remarquable travail de P. Savary a montré combien cette étude de l’orientation des monuments vers le soleil levant revêtait d’importance pour une meilleure compréhension des modalités rituelles de construction (époque, mode de vie, etc.). Un premier et tout provisoire dépouillement statistique nous donne pour le Pays Basque Nord : orientation plein Est : 28,5 % des cas. Orientation E.N.-E. : 27,5% et E.S.-E. : 17%. 


b) Le tumulus ou Galgal : Toujours fait de main d’homme. En terre (Buluntza), en pierres amoncelées (Mikelare) ou mixte (Osin), le tumulus, à l’origine, consolide, protège le monument ; il n’a pas pour but de le cacher, mais au contraire de lui donner une plus grand importance. Il apparaît parfois comme le seul vestige visible quand les dalles ont disparu (Lapitzeta E. Iraztei). A l’origine il couvrait entièrement le monument situé en son centre, se construisant très probablement en même temps ; son plan incliné devait être utilisé ensuite pour mettre en place la dalle du toit. Sa forme est en général circulaire, rarement ovale. Les dimensions varient en moyenne entre 7 et 12 m (60 % des cas). Les tumulus de pierres se sont bien mieux conservés que ceux en terre, fort lessivés par les pluies. Enfin, leur structure intime nous est mal connue en général. Nous avons déjà parlé de la présence d’un cercle de pierres périphériques au rôle mal défini : consolidation ? cercle magique rituel ? Ce cromlech semble inhérent au concept dolménique.


pays basque protohistoire blot barandiaran
DOLMEN DE BULUNTZA
64 AHAXE



On le retrouve déjà à Los Millares près d’Alméria, autour des premiers dolmens d’Europe Occidentale. Il existe ici dans 18 % des cas, plus ou moins bien conservé. 


pays basque protohistoire blot barandiaran
SITE LOS MILLARES PRES D'ALMERIA ESPAGNE



Le mobilier des dolmens : 


il présente un grand intérêt pour dater les monuments et se faire une idée du mode de vie de ses constructeurs. Hélas ! Ceci n’est souvent que très théorique. Tout d’abord en Pays Basque Nord, du fait de l’absence de fouilles, nous ignorons tout du mobilier de nos dolmens. Nous serons donc obligés de nous référer aux remarquables travaux effectués en Pays Basque Sud. Les saccages répétés, les "chercheurs de trésors", la réutilisation comme abris ont fait disparaître ou bouleversé les objets... Et quand on sait l’importance de la place de chaque chose en archéologie ! 



Enfin, il semble bien que dans l’aire mégalithique pyrénéenne, si à l’origine le rituel exigeait un dépôt de mobilier pour faciliter au défunt son passage dans l’au-delà, et sa vie outre-tombe, il ne paraît pas que cette exigence ait été longtemps respectée. La majeure partie du matériel dolménique appartient à la catégorie des objets personnels sauf les armes, telles les pointes de flèches, qui ont pu parvenir là comme cause du décès. Il semble que l'entourage du défunt ait agi chaque fois suivant son inclinaison personnelle, plutôt que suivant un rituel précis. Le mobilier trouvé ne permet donc pas de se représenter la culture matérielle de cette époque de façon totalement satisfaisante. La rareté des objets de métal par exemple ne doit pas faire penser que la métallurgie était inconnue. S’agissant souvent de pasteurs aux besoins modestes, le matériel sera simple et rustique, et nous sommes loin des hypothétiques "trésors", souvent à l’origine de malencontreuses fouilles clandestines. 



Parmi les objets de pierre on trouve surtout de petits grattoirs et des lames de silex faisant office de couteaux, quelques pointes de flèches, nous l’avons vu, causes peut-être du décès... et des haches polies. Quoique d’un usage encore très fréquent à l’Age du cuivre ou du bronze, ces haches ne se retrouvent que rarement dans les dolmens, peut-être du fait que leur dépôt n’étant pas obligatoire, on hésitait à se séparer d’un objet aux usages si multiples... Par contre, de petites haches polies, "haches votives", des perles de pierre, complètent cet inventaire. 



Les objets de bois, corne ou os sont très rares du fait de leur fragilité. Citons les boutons perforés en V, les perles de calais ou de bois. 



Pour les objets de métal, soulignons leur rareté et leur caractère personnel : perles de cuivre, bracelets, anneaux, poinçons de bronze (fort utiles pour percer les peaux et les assembler), pointes de flèches... haches de cuivre ou de bronze, mais bien rares ici encore. 



Enfin, la céramique, quoique fragmentée, permet de se faire une idée du travail indigène et des influences extérieures (vases "Campaniformes" par exemple). 



Nous ne saurions passer sous silence le problème des restes humains, mais les conditions de conservation sont rarement favorables. Toutefois, les études ostéologiques effectuées confirment bien la filiation du type pyrénéen occidental avec le type basque actuel. 



Le rituel mégalithique - Croyances : 



Si le rituel dolménique (inhumation) en Pays Basque caractérise essentiellement l’Age du Cuivre et du Bronze, c’est-à-dire de - 1800 à - 900 avant Jésus-Christ environ, on trouve des traces d’utilisation de certains dolmens bien postérieurs : époque du fer, romanisation, et même époque médiévale ! 



A la lumière des connaissances archéologiques et anthropologiques le culte des morts apparaît comme ayant été un des éléments fondamentaux de la spiritualité de l’homme dont on trouve des traces fort loin dans le temps : citons la sépulture magdalénienne de Saint-Germain-la-Rivière, en Gironde, où le squelette reposait sous un assemblage de dalles calcaires ressemblant à un véritable petit dolmen. 



pays basque protohistoire blot barandiaran
SEPULTURE MAGDALENIENNE
33 SAINT GEFRMAIN LA RIVIERE



Le renouvellement perpétuel de la vie est une constatation journalière pour pasteurs et agriculteurs et la mort apparaît comme un mal qu’il est nécessaire de combattre par des rites appropriés : Cérémonial d’ensevelissement, feux rituels, sacrifices d’animaux : tout ceci facilitant le voyage du disparu et son séjour outre-tombe, tout en protégeant les vivants contre un retour offensif toujours possible de l’âme du défunt. 



Dans la mesure où l’angoisse métaphysique est calquée sur les préoccupations quotidiennes, l’orientation vers le soleil levant des dolmens, la poudre ocre, couleur sang, dont on recouvrait parfois les cadavres, montrent assez l’espérance en l’au-delà, dans le renouveau d’une vie future, transposant ainsi en ce domaine, la germination des semailles observée depuis le néolithique. Les cadavres inhumés dans les dolmens n’étaient pas toujours allongés vers l’Est, cas cependant le plus fréquent. Certains ont été jetés pêle-mêle, d’autres repliés en position dite fœtale ; d’autres encore ont subi un décharnement pré-sépulcral et leurs ossements inhumés secondairement ont pu tenir dans des cistes de dimensions réduites, très peu différentes de celles qui, plus tard, contiendront les urnes d’incinération... 



Autour de ces rituels naquirent certaines croyances relatives à des phénomènes naturels que le vocabulaire et la tradition Euskarienne nous ont transmis : croyance en une divinité céleste appelée Ortzi, Urzi (ciel, tonnerre, Dieu), vénération du soleil et de ses symboles (roue solaire, swastika, étoile pentagonale), fleur du chardon sauvage (Eguzkilore), les fêtes solsticiales, les feux de la saint Jean, surtout croyances aux pouvoirs bénéfiques de la hache polie et ses rapports avec la foudre, croyance encore très vivace dans nos campagnes jusqu’à il y a peu de temps. 



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EGUZKILORE



La tradition orale basque a conservé de nombreuses légendes ayant trait à la construction et aux rôles de dolmens. Dans son remarquable ouvrage, que nous ne saurions trop recommander aux lecteurs, J.M. de Barandiaran donne de nombreux exemples recueillis auprès des bergers, les seuls à avoir conservé de nos jours quelque souvenir de ces traditions : ainsi les dolmens ayant pour nom "Jentilletxe" (Ataun), Armorkora (Urbassa), Sorginetxe (Arrizala), Tartaloetxe (Saadar), Jentillari (Aralar), Mairietxe (Mendive), Mairuilharriak (Zugarramurdi) nous indiquent que ces monuments sont considérés comme ayant été construits ou habités, par des personnages mythiques légendaires. 



Parmi eux nous citerons : les "Jentils" (hommes sauvages doués d’une grande force, vivant dans les montagnes et les cavernes, capables de lancer des pierres énormes, de construire des dolmens (ou, comme nous le verrons, des cromlechs), les "Mairus" (type d’hommes de l’Ancien Temps, généralement non chrétiens, non baptisés, des païens), "Mairi" (en Basse Navarre), génie lui aussi doté d’une force colossale, transportant d’énormes pierres. On lui attribue la lourde dalle de couverture du dolmen de Gaxteenea dit aussi "Mairietxe", (ainsi que celle du dolmen d’Armiague) ; citons encore les Laminak, les Sorcières, ou même Tartalo, méchant cyclope habitant les monts Saadar. 



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TARTALO
PARC D'ATTRACTIONS MUNGIA BISCAYE



La plupart du temps les dolmens sont considérés comme des sépultures, qu’il s’agisse de Jentils (le Dolmen de la "Venta de Zarate" en Guipuzcoa est considéré par les habitants comme la sépulture de Jentils morts au cours d’un farouche combat entre deux bandes rivales), de Mairus (Mairuilharriak) ou même d’un général (Generalen-Tomba à Urrixka). Il arrive parfois que les dolmens soient considérés comme des maisons, des auberges (Jentiletxe, Sorguinetxe, Marietxe) ou comme dépôts de trésors cachés (Idinarru)... Enfin certains pèlerinages, actuellement sans grand caractère religieux comme celui du 29 juin au col de Bernoa (Ataun-Borunda) ou celui du premier Dimanche de mai près du dolmen d'Irukutzeta, paraissent pouvoir être considérés comme les vestiges de fêtes religieuses antérieures au christianisme, célébrées au sommet de certaines montagnes, au voisinage de certains dolmens. 



Il ne faut pas omettre de signaler que, parallèlement aux dolmens, des grottes ont servi pour l’inhumation, grottes sépulcrales naturelles ou creusées de main d’homme. Leur étude est très utile car leur "stratigraphie" permet, par comparaison avec le mobilier des dolmens contemporains, une datation bien souvent impossible à faire autrement."




A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France et Larrun - Le blog de Dr Jacques Blot et Site archéologique de Los Millares - Almería de loisirs et https://turismovasco.com/)



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lundi 28 septembre 2026

PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 28 SEPTEMBRE 2026 SAINT VENCESLAS - XEMEIN

 


PROVERBE DU 28 SEPTEMBRE 2026 (SAINT VENCESLAS) (LUCAS) (XEMEIN).


VENCESLAS : Venceslas naît vers 907 à Stochov (République Tchèque), près de Libusin.



religion catholique saint sainte venceslas
28 SEPTEMBRE SAINT VENCESLAS

Venceslas est le fils du duc de Bohème, Vratislas.

Venceslas est couronné duc de Bohême à l'âge de 14 ans, en 921 mais c'est sa mère Drahomiara, sa mère, qui exerce la régence.

Durant les 5 ans de sa régence, elle persécute les chrétiens et Venceslas, chrétien lui-même, doit se cacher pour entendre la messe.

A 18 ans, quand Venceslas monte sur le trône, il construit des églises, ouvre des monastères et rappelle les prêtres exilés.

Venceslas est assassiné 8 ans plus tard, le 28 septembre 929, par son propre frère, qui convoite le trône.

Venceslas meurt en priant Dieu de pardonner à l'assassin.

Sa ferveur chrétienne vaut à Venceslas d'être bientôt canonisé et de devenir le saint patron de la Bohême et de la République tchèque.




XEMEIN : Ez nahas biak : Nafarroako izen aspaldikoa eta Bizkaia Markina aldeko Andre Maria. Meabe auzategian kokatua , hurrengo igandean ospatzen du jaia, irailaren 27an.

Bizkaiko herria eta Markina hiribilduko patroia den Andre Mariaren adbokazioa. Hiribilduari emandako hirigutunean Xemeingain eliza agertzen da. Makina izan zen Bizkaian Sortzez Garbiaren dogma onartu zuen lehenengo herria. Abenduaren 8an, jaiegunean, udaletxeko batzar gelan dagoen irudiari argiak jartzeko ohitura izan da.


pais vasco antes vizcaya
BLASON DE MARKINA-XEMEIN BISCAYE




Une naissance du 28 septembre : Georges Benjamin Clémenceau.




clemenceau rodin ministre victoire président conseil
PHOTO DE GEORGES CLEMENCEAU 1904
PAR NADAR


Né le 28 septembre 1841 à Mouilleron-en-Pareds (Vendée) - Mort le 24 novembre 1929 à Paris.

C'est un homme d'Etat français, président du Conseil de 1906 à 1909 puis de 1917 à 1920.

Georges est le deuxième d'une fratrie de six enfants.

Il effectue ses études au lycée de Nantes et obtient le baccalauréat ès lettres en 1858.

Il s'inscrit ensuite à l'école de médecine de Nantes.

En 1861, il va à Paris poursuivre ses études à Paris, où il s'inscrit également en droit.

Georges fréquente alors au Quartier latin des cercles artistiques et républicains, rencontrant Claude Monet en 1863.

En février 1862, après avoir appelé à manifester pour commémorer la Révolution du 24 février 1848, avec plusieurs camarades, il est arrêté et envoyé en prison pendant 73 jours.

Libéré, rendant visite à un ami en prison, il rencontre Auguste Blanqui, avec qui il va se lier d'amitié.

Pendant ses années d'études, il participe à la création de plusieurs revues et il écrit de nombreux articles.

Georges obtient son doctorat en médecine en mai 1865.

A partir de juillet 1865, il va à l'étranger, d'abord en Angleterre, puis aux Etats-Unis, où il trouve un poste d'enseignant à Stamford (Connecticut).

Il s'éprend d'une de ses élèves, Mary Plummer, qu'il épouse civilement en juin 1869, avec laquelle il aura 3 enfants.

Georges et son épouse reviennent en France en juin 1869.

Après le début de la guerre franco-prussienne, il rejoint Paris en août 1870, et il prend une part active à la "journée du Quatre Septembre", au cours de laquelle est proclamée la République.

Il est nommé, par Etienne Arago, maire de Paris, maire provisoire du 18ème arrondissement le 4 septembre 1870, avant d'être élu en novembre 1870, puis destitué en janvier 1871.

Après la défaite, Georges est député entre 1871 et 1873, siégeant en tant que républicain radical, défendant l'amnistie pour les communards et militant en faveur de la restitution de l'Alsace-Moselle.

En novembre 1875, il est élu président du conseil municipal de Paris.

De mars 1876 à octobre 1893, il est réélu député, d'abord de la Seine puis du Var.

Suite à un adultère constaté de sa femme, il en divorce en 1891.

Anticlérical, Georges prône la séparation des Eglises et de l'Etat, s'opposant à la colonisation et faisant tomber le gouvernement Jules Ferry sur cette question.

Fondateur du journal La Justice, il travaille ensuite à L'Aurore, prenant une part active dans la défense du capitaine Dreyfus.

En juin 1902, il est élu sénateur dans le Var, mandat qu'il va occuper jusqu'en janvier 1920.

Georges est nommé ministre de l'Intérieur, en mars 1906, et il va le rester jusqu'en juillet 1909.

Il est surnommé "le Tigre" et il se désigne lui-même comme étant le "premier flic de France".

Il réprime durement les grèves et met un terme à la querelle des inventaires.

D'octobre 1906 à juillet 1909, il est président du Conseil.

En 1913, il fonde le journal L'Homme libre, dans lequel il critique l'action des gouvernements français en place.

En novembre 1917, Georges est de nouveau nommé président du Conseil et il forme un gouvernement consacré à la poursuite de la guerre.

A l'issue du conflit, il est surnommé "Père la Victoire".

Il négocie ensuite à la Conférence de la paix de Paris, où il affiche une forte hostilité envers l'Allemagne.

Par la suite, en 1919, il fait promulguer la loi des 8 heures et il remporte les élections législatives à la tête du Bloc national, une coalition rassemblant la droite et le centre. 

En janvier 1920, mis en minorité par son parti, Georges démissionne et il quitte la vie politique.

A partir d'avril 1920, il va alors voyager à l'étranger, en Egypte, en Inde, en Angleterre, puis aux Etats-Unis.

Frappé d'une crise d'urémie, il meurt le 24 novembre 1929, à 87 ans.


clemenceau rodin ministre président conseil
BUSTE DE CLEMENCEAU PAR RODIN
Par Ibex73 — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=52674720




Voici le proverbe du lundi 28 septembre 2026 :


ONAK, FAMATU BEARRIK EZ.

Les bonnes choses n'ont pas besoin de notoriété.



pays basque autrefois cuisine gâteau
GÂTEAU BASQUE




(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)





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L'ÉMIGRATION À PARTIR DU PAYS BASQUE INTÉRIEUR EN 1900 (troisième partie)

 

L'ÉMIGRATION DU PAYS BASQUE INTÉRIEUR EN 1900.


Pendant plus d'un siècle, des centaines de milliers de Basques ont quitté leur terre natale en espérant trouver une vie meilleure, souvent de l'autre côté de l'Océan Atlantique.



emigracion vasca barco pais vasco
BATEAU DE L'EMIGRATION
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet Michel Papy, dans le Bulletin de la Société des sciences, arts & 

lettres de Bayonne, en février 1973 :




"... Mais là ne semble pas l’essentiel. Le mouvement est d’ailleurs ancien, comme le déclarent en 1909 le curé des Aldudes et les curés d’autres communes de forte émigration, comme en témoigne encore le Père Gachitéguy d’après une enquête personnelle. La disparition des privilèges eut-elle un impact aussi net que le pense un prêtre ulcéré, quinze ans après, de la défaite de "son" candidat ? Les privilèges en question étaient d’ailleurs limités vraisemblablement aux Espagnols installés aux Aldudes qui gardaient leur qualité d’Espagnols, jouissaient "du droit d’importer en Espagne tous les objets non prohibés par la douane espagnole" et sur les maisons desquels la douane française n’exerçait aucune autorité. Quoi qu’il en soit de ce débat, l’exode des Aldudars révèle autre chose : il est sans doute le fait d’une population particulièrement jeune, même si elle est déjà dans sa phase de déclin numérique. La vallée, mise en valeur au XVIIIe siècle par des cadets de Baïgorry, garde encore en 1900, dans sa structure démographique, des traces de la "véritable explosion démographique" qu’elle connut au début du XIXe siècle, une fois levés les derniers obstacles à la colonisation. Pour la période 1873-1882, Arsène Dumont constate dans le canton de Baïgorry, une natalité, qu’il estime médiocre, de 24,7 %, résultat d’une nuptialité "remarquable par son extrême faiblesse", qu’explique aisément le déséquilibre des sexes, et d’un nombre très élevé de naissances par mariage. Or il évalue le taux de natalité des Aldudes, à 38,4 %, ce qui donne une idée de l’exceptionnel taux de fécondité que doit avoir alors la commune par rapport à l’ensemble du canton ! 



Pour expliquer les différences dans l’ampleur de l’émigration à un moment donné entre diverses régions, il faut sans doute, au moins autant qu’à la misère et à la densité relative à la surface utilisable qui sont des données fort difficiles à connaître et à manier, recourir aux notions de structure et de rythme démographiques. Les villages de Soule et de Basse-Navarre en sont sans doute en 1900 à des phases différentes de leur histoire démographique, même si un exode sans retour donne à presque toutes les courbes d’évolution de la population une allure voisine. 



Dernier renseignement d’ordre géographique fourni par l’enquête : la comparaison des points de départ et d’arrivée — ou plutôt de débarquement — donne une idée des courants migratoires ; idée bien partielle à vrai dire puisque les émigrants à destination de la République Argentine, c’est-à-dire la très grande majorité, sont confondus dans la même imprécision. Les départs à destination de la Californie sont facilement repérables, par contre. Comme on s’y attend, plus de la moitié des émigrants vers les Etats-Unis viennent de la vallée des Aldudes, et tout particulièrement de la commune même des Aldudes (tableau IV). Dans le canton de Saint-Etienne-de-Baïgorry, toutes les communes sauf Ossès, Anhaux et Ascarat envoient des leurs aux Etats-Unis. Hors de ce canton, ce sont le plus souvent des villages montagnards, Arnéguy, Estérençuby, Larrau, etc., qui sont concernés. Ces Basques, on le sait, ont fourni le Far-West de bergers. 


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ORIGINE DES EMIGRANTS A DESTINATION DE LA CALIFORNIE
EN 1900



La connaissance précise de l’âge et du sexe des émigrants est enfin un des renseignements les plus précieux de l’enquête ; nous ne le possédons, là encore, que pour les émigrants de l’année 1900. J’ai déjà signalé que certains maires s’étaient contentés de grouper les partants par catégorie d’âges : 16 à 19 ans, etc. Pour pouvoir réaliser une pyramide des âges, c’est-à-dire, donner une image suggestive de la migration, il m’a fallu, pour les communes en question, prendre la liberté d’attribuer à chaque émigrant un âge précis. Cela ne fausse guère les réponses des maires.



Deux traits majeurs se dégagent de la pyramide des âges et du tableau V : la prépondérance du sexe masculin et celle des jeunes gens. Le rapport des sexes est en effet d’un peu moins de 30 femmes émigrées pour 100 hommes. L’âge moyen est de 22 ans 2 mois pour les hommes, de 23 ans 8 mois pour les femmes, de 22 ans 7 mois pour les deux sexes. Le groupe des jeunes gens et des hommes de 15 à 29 ans forme presque les deux tiers des partants des deux sexes ; et le groupe correspondant chez les jeunes filles et les femmes pas très loin du cinquième de ce même total. L’incidence du service militaire sur l’âge au départ est certaine, quoiqu’on ne puisse la mesurer avec certitude car il est clair que les maires arrondissent les chiffres : 18 à 20 ans sont les âges les plus fréquemment cités. 



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ÂGE ET SEXE DES EMIGRANTS EN 1900



Cette même prépondérance des hommes et des jeunes caractérisait déjà l’émigration basque au milieu du siècle : en témoignent la pyramide des âges des émigrants d’Ossès de 1835 à 1865, établie d’après le registre des passeports et les données sur l’émigration française vers La Plata par le port de Bordeaux, de 1850 à 1859, d’après l’enregistrement des visas. Un des enseignements les plus nets de cette enquête est la persistance de cette forme d’émigration. Pourtant, dans sa phase maximale, juste avant 1890, l’émigration évoluait sans doute vers une forme familiale. Le fait n’est d’ailleurs pas certain :

R. Bochaca remarque 47 % d’hommes, 28.4 % de femmes et 24,6 % d’enfants parmi les émigrants français passés par Bordeaux en 1889, mais à cette époque, la part de l’émigration basque est, pour ce port, relativement faible ; de plus, certaines autres régions de France fournissaient sur contrat, des familles entières à l’émigration. La seule émigration basque donnait peut-être des pourcentages plus faibles de femmes et d’enfants. En tout cas, contrairement à ce qu’on aurait pu croire, cette émigration individuelle, masculine et jeune, ne fut pas vraiment le prélude d’une émigration familiale. R. Bochaca signale pour la dernière période qu’elle étudie de près, 1898-1907, le retour à la première forme d’émigration, mais la statistique qu’elle utilise "n’offre pas les données nécessaires pour analyser à la fois les âges et les sexes" et donne notamment "un tableau assez sommaire des âges des immigrants". L’intérêt de l’enquête de 1900 est, sur ce point, de confirmer indiscutablement ce qu’avance cet auteur. 



Etonnante persistance que cette émigration de jeunes gens pour un continent lointain. Après une courte période où l’émigration familiale semble avoir compté, l’émigration individuelle reprend donc le dessus. Or, elle présente le double caractère d’être définitive et entreprise avec esprit de retour. En tout cas, sur chacun de ces deux points, les témoignages contemporains concordent ; et d’abord sur le premier point, à savoir le caractère définitif de la migration. Assez peu retournaient au pays, et en particulier, fort peu rentraient jeunes quoique le maire de Saint-Etienne-de-Baïgorry attribue une augmentation des départs "au retour avec quelque argent de plusieurs jeunes gens". Parmi ceux qui rentraient, certains d’ailleurs ne se décidaient-ils pas à repartir ? Le maire d’Ossas signale ainsi qu’en 1900 "une famille entière retournait en Amérique après avoir séjourné à Ossas". Pourtant, l’esprit de retour est également attesté. Dans les réponses de l’enquête, il n’est évoqué qu’une seule fois, dans le seul commentaire qui soit quelque peu développé, sur la soixantaine de réponses fournies ; le maire d’Ossès pense qu’"en outre, la perspective de revenir dans la commune natale avec un bon pécule en poche et le nom pompeux d’ "Américain" n’est pas une des moindres causes de ces départs". Louis Etcheverry, de son côté, affirme en 1898 : "Tous les émigrants vers l’Amérique partent avec l'esprit de retour." Seule une émigration de jeunes gens peut se faire dans cette optique. On comprend, dans ces conditions, que la tendance vers l’émigration familiale ait été éphémère. Que cet état d’esprit, s’il a été réellement celui des jeunes Basques et non le produit d’illusions d’un grand notable, ait subsisté malgré l’expérience de deux générations, voilà qui suggère à quel point l’Amérique pouvait paraître proche, voilà surtout qui en dit long sur les tensions contradictoires d’origine économique, sociale, culturelle, familiale, auxquelles était soumis le jeune Basque. 



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LOUIS ETCHEVERRY
DEPUTE BASSES-PYRENEES 1890


Le départ de ces jeunes gens semble être, pour le sexe masculin, l’équivalent de la traditionnelle émigration des jeunes filles vers la ville, ici Bayonne et Bordeaux, où elles se placent comme servantes, avec sans doute pour une bonne part d’entre eux, le même espoir de retour, une fois accumulé un pécule suffisant pour se marier et s’établir. Dans un cas comme dans l’autre, la perspective d’un long séjour d’une bonne dizaine d’années à l’extérieur est acceptée : on part dès l’adolescence, et l’on n’envisage guère, alors, de se marier jeune. Dans un cas comme dans l’autre, le pourcentage des retours était faible, des contraintes et des hasards divers en décidaient ainsi. 



En fait, un examen des différentes formes de l’émigration — en mettant à part l’émigration saisonnière vers l’Amérique du Sud, dont l’enquête de 1900 ne permet pas d’affirmer l’existence, et qui n’aurait commencé que vers 1905 —, oblige à préciser la distinction trop sommaire entre émigration individuelle et émigration familiale. Il y a peu de départs de familles à proprement parler, si l’on réserve l’expression aux cas où un couple, ou bien une personne seule, émigre avec ses enfants et si l’on exclut de cette rubrique les groupes de deux ou trois frères et sœurs partant ensemble. Les maires n’étaient d’ailleurs pas sensés donner de précisions sur ce point ; certains le font pourtant, pour expliquer l’âge élevé des émigrants. Le maire d’Ossas déclare qu’"une famille entière retournait en Amérique" ; celui d’Hélette que "l’homme de 40 ans est parti avec ses six enfants et une sœur" ; celui de Larrau qu’"une mère âgée de 60 ans et deux de ses enfants de 23 et 18 ans ont été rejoindre des enfants établis depuis longtemps à Buenos Aires" ; celui d’Arnéguy, enfin, nous apprend qu’"une femme est partie avec sa belle-mère et ses enfants rejoindre son mari". Ce sont là les seuls exemples donnés. Il faut y ajouter que de rares communes fournissent la liste des émigrés, ce qui permet de discerner parfois des familles, comme à Banca (voir documents annexes). On ne peut chiffrer exactement l’importance de l’émigration familiale, mais le nombre de départs annuels par commune, en général très faible (tableau VI), suggère, comme le suggère de son côté la pyramide des âges, qu’elle est faible."



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NOMBRE DE DEPARTS PAR COMMUNE
EN 1899 ET EN 1900



A suivre...


(Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)





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