EUSKAL HERRIA LEHEN - PAYS BASQUE D'ANTAN
CARTES POSTALES , PHOTOS ET VIDEOS ANCIENNES DU PAYS BASQUE. Entre 1800 et 1980 environ.
lundi 28 septembre 2026
L'ÉMIGRATION À PARTIR DU PAYS BASQUE INTÉRIEUR EN 1900 (troisième partie)
L'ÉMIGRATION DU PAYS BASQUE INTÉRIEUR EN 1900.
Pendant plus d'un siècle, des centaines de milliers de Basques ont quitté leur terre natale en espérant trouver une vie meilleure, souvent de l'autre côté de l'Océan Atlantique.
Voici ce que rapporta à ce sujet Michel Papy, dans le Bulletin de la Société des sciences, arts &
lettres de Bayonne, en février 1973 :
"... Mais là ne semble pas l’essentiel. Le mouvement est d’ailleurs ancien, comme le déclarent en 1909 le curé des Aldudes et les curés d’autres communes de forte émigration, comme en témoigne encore le Père Gachitéguy d’après une enquête personnelle. La disparition des privilèges eut-elle un impact aussi net que le pense un prêtre ulcéré, quinze ans après, de la défaite de "son" candidat ? Les privilèges en question étaient d’ailleurs limités vraisemblablement aux Espagnols installés aux Aldudes qui gardaient leur qualité d’Espagnols, jouissaient "du droit d’importer en Espagne tous les objets non prohibés par la douane espagnole" et sur les maisons desquels la douane française n’exerçait aucune autorité. Quoi qu’il en soit de ce débat, l’exode des Aldudars révèle autre chose : il est sans doute le fait d’une population particulièrement jeune, même si elle est déjà dans sa phase de déclin numérique. La vallée, mise en valeur au XVIIIe siècle par des cadets de Baïgorry, garde encore en 1900, dans sa structure démographique, des traces de la "véritable explosion démographique" qu’elle connut au début du XIXe siècle, une fois levés les derniers obstacles à la colonisation. Pour la période 1873-1882, Arsène Dumont constate dans le canton de Baïgorry, une natalité, qu’il estime médiocre, de 24,7 %, résultat d’une nuptialité "remarquable par son extrême faiblesse", qu’explique aisément le déséquilibre des sexes, et d’un nombre très élevé de naissances par mariage. Or il évalue le taux de natalité des Aldudes, à 38,4 %, ce qui donne une idée de l’exceptionnel taux de fécondité que doit avoir alors la commune par rapport à l’ensemble du canton !
Pour expliquer les différences dans l’ampleur de l’émigration à un moment donné entre diverses régions, il faut sans doute, au moins autant qu’à la misère et à la densité relative à la surface utilisable qui sont des données fort difficiles à connaître et à manier, recourir aux notions de structure et de rythme démographiques. Les villages de Soule et de Basse-Navarre en sont sans doute en 1900 à des phases différentes de leur histoire démographique, même si un exode sans retour donne à presque toutes les courbes d’évolution de la population une allure voisine.
Dernier renseignement d’ordre géographique fourni par l’enquête : la comparaison des points de départ et d’arrivée — ou plutôt de débarquement — donne une idée des courants migratoires ; idée bien partielle à vrai dire puisque les émigrants à destination de la République Argentine, c’est-à-dire la très grande majorité, sont confondus dans la même imprécision. Les départs à destination de la Californie sont facilement repérables, par contre. Comme on s’y attend, plus de la moitié des émigrants vers les Etats-Unis viennent de la vallée des Aldudes, et tout particulièrement de la commune même des Aldudes (tableau IV). Dans le canton de Saint-Etienne-de-Baïgorry, toutes les communes sauf Ossès, Anhaux et Ascarat envoient des leurs aux Etats-Unis. Hors de ce canton, ce sont le plus souvent des villages montagnards, Arnéguy, Estérençuby, Larrau, etc., qui sont concernés. Ces Basques, on le sait, ont fourni le Far-West de bergers.
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| ORIGINE DES EMIGRANTS A DESTINATION DE LA CALIFORNIE EN 1900 |
La connaissance précise de l’âge et du sexe des émigrants est enfin un des renseignements les plus précieux de l’enquête ; nous ne le possédons, là encore, que pour les émigrants de l’année 1900. J’ai déjà signalé que certains maires s’étaient contentés de grouper les partants par catégorie d’âges : 16 à 19 ans, etc. Pour pouvoir réaliser une pyramide des âges, c’est-à-dire, donner une image suggestive de la migration, il m’a fallu, pour les communes en question, prendre la liberté d’attribuer à chaque émigrant un âge précis. Cela ne fausse guère les réponses des maires.
Deux traits majeurs se dégagent de la pyramide des âges et du tableau V : la prépondérance du sexe masculin et celle des jeunes gens. Le rapport des sexes est en effet d’un peu moins de 30 femmes émigrées pour 100 hommes. L’âge moyen est de 22 ans 2 mois pour les hommes, de 23 ans 8 mois pour les femmes, de 22 ans 7 mois pour les deux sexes. Le groupe des jeunes gens et des hommes de 15 à 29 ans forme presque les deux tiers des partants des deux sexes ; et le groupe correspondant chez les jeunes filles et les femmes pas très loin du cinquième de ce même total. L’incidence du service militaire sur l’âge au départ est certaine, quoiqu’on ne puisse la mesurer avec certitude car il est clair que les maires arrondissent les chiffres : 18 à 20 ans sont les âges les plus fréquemment cités.
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| ÂGE ET SEXE DES EMIGRANTS EN 1900 |
Cette même prépondérance des hommes et des jeunes caractérisait déjà l’émigration basque au milieu du siècle : en témoignent la pyramide des âges des émigrants d’Ossès de 1835 à 1865, établie d’après le registre des passeports et les données sur l’émigration française vers La Plata par le port de Bordeaux, de 1850 à 1859, d’après l’enregistrement des visas. Un des enseignements les plus nets de cette enquête est la persistance de cette forme d’émigration. Pourtant, dans sa phase maximale, juste avant 1890, l’émigration évoluait sans doute vers une forme familiale. Le fait n’est d’ailleurs pas certain :
R. Bochaca remarque 47 % d’hommes, 28.4 % de femmes et 24,6 % d’enfants parmi les émigrants français passés par Bordeaux en 1889, mais à cette époque, la part de l’émigration basque est, pour ce port, relativement faible ; de plus, certaines autres régions de France fournissaient sur contrat, des familles entières à l’émigration. La seule émigration basque donnait peut-être des pourcentages plus faibles de femmes et d’enfants. En tout cas, contrairement à ce qu’on aurait pu croire, cette émigration individuelle, masculine et jeune, ne fut pas vraiment le prélude d’une émigration familiale. R. Bochaca signale pour la dernière période qu’elle étudie de près, 1898-1907, le retour à la première forme d’émigration, mais la statistique qu’elle utilise "n’offre pas les données nécessaires pour analyser à la fois les âges et les sexes" et donne notamment "un tableau assez sommaire des âges des immigrants". L’intérêt de l’enquête de 1900 est, sur ce point, de confirmer indiscutablement ce qu’avance cet auteur.
Etonnante persistance que cette émigration de jeunes gens pour un continent lointain. Après une courte période où l’émigration familiale semble avoir compté, l’émigration individuelle reprend donc le dessus. Or, elle présente le double caractère d’être définitive et entreprise avec esprit de retour. En tout cas, sur chacun de ces deux points, les témoignages contemporains concordent ; et d’abord sur le premier point, à savoir le caractère définitif de la migration. Assez peu retournaient au pays, et en particulier, fort peu rentraient jeunes quoique le maire de Saint-Etienne-de-Baïgorry attribue une augmentation des départs "au retour avec quelque argent de plusieurs jeunes gens". Parmi ceux qui rentraient, certains d’ailleurs ne se décidaient-ils pas à repartir ? Le maire d’Ossas signale ainsi qu’en 1900 "une famille entière retournait en Amérique après avoir séjourné à Ossas". Pourtant, l’esprit de retour est également attesté. Dans les réponses de l’enquête, il n’est évoqué qu’une seule fois, dans le seul commentaire qui soit quelque peu développé, sur la soixantaine de réponses fournies ; le maire d’Ossès pense qu’"en outre, la perspective de revenir dans la commune natale avec un bon pécule en poche et le nom pompeux d’ "Américain" n’est pas une des moindres causes de ces départs". Louis Etcheverry, de son côté, affirme en 1898 : "Tous les émigrants vers l’Amérique partent avec l'esprit de retour." Seule une émigration de jeunes gens peut se faire dans cette optique. On comprend, dans ces conditions, que la tendance vers l’émigration familiale ait été éphémère. Que cet état d’esprit, s’il a été réellement celui des jeunes Basques et non le produit d’illusions d’un grand notable, ait subsisté malgré l’expérience de deux générations, voilà qui suggère à quel point l’Amérique pouvait paraître proche, voilà surtout qui en dit long sur les tensions contradictoires d’origine économique, sociale, culturelle, familiale, auxquelles était soumis le jeune Basque.
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| LOUIS ETCHEVERRY DEPUTE BASSES-PYRENEES 1890 |
Le départ de ces jeunes gens semble être, pour le sexe masculin, l’équivalent de la traditionnelle émigration des jeunes filles vers la ville, ici Bayonne et Bordeaux, où elles se placent comme servantes, avec sans doute pour une bonne part d’entre eux, le même espoir de retour, une fois accumulé un pécule suffisant pour se marier et s’établir. Dans un cas comme dans l’autre, la perspective d’un long séjour d’une bonne dizaine d’années à l’extérieur est acceptée : on part dès l’adolescence, et l’on n’envisage guère, alors, de se marier jeune. Dans un cas comme dans l’autre, le pourcentage des retours était faible, des contraintes et des hasards divers en décidaient ainsi.
En fait, un examen des différentes formes de l’émigration — en mettant à part l’émigration saisonnière vers l’Amérique du Sud, dont l’enquête de 1900 ne permet pas d’affirmer l’existence, et qui n’aurait commencé que vers 1905 —, oblige à préciser la distinction trop sommaire entre émigration individuelle et émigration familiale. Il y a peu de départs de familles à proprement parler, si l’on réserve l’expression aux cas où un couple, ou bien une personne seule, émigre avec ses enfants et si l’on exclut de cette rubrique les groupes de deux ou trois frères et sœurs partant ensemble. Les maires n’étaient d’ailleurs pas sensés donner de précisions sur ce point ; certains le font pourtant, pour expliquer l’âge élevé des émigrants. Le maire d’Ossas déclare qu’"une famille entière retournait en Amérique" ; celui d’Hélette que "l’homme de 40 ans est parti avec ses six enfants et une sœur" ; celui de Larrau qu’"une mère âgée de 60 ans et deux de ses enfants de 23 et 18 ans ont été rejoindre des enfants établis depuis longtemps à Buenos Aires" ; celui d’Arnéguy, enfin, nous apprend qu’"une femme est partie avec sa belle-mère et ses enfants rejoindre son mari". Ce sont là les seuls exemples donnés. Il faut y ajouter que de rares communes fournissent la liste des émigrés, ce qui permet de discerner parfois des familles, comme à Banca (voir documents annexes). On ne peut chiffrer exactement l’importance de l’émigration familiale, mais le nombre de départs annuels par commune, en général très faible (tableau VI), suggère, comme le suggère de son côté la pyramide des âges, qu’elle est faible."
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| NOMBRE DE DEPARTS PAR COMMUNE EN 1899 ET EN 1900 |
A suivre...
(Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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dimanche 27 septembre 2026
PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 27 SEPTEMBRE 2026 SAINT VINCENT DE PAUL - BINGEN
PROVERBE DU 27 SEPTEMBRE 2026 (SAINT VINCENT DE PAUL) (BINGEN).
VINCENT DE PAUL : Ce prêtre admirable est né dans une famille pauvre du village de Pouy (ou Paul), près de Dax, le 24 avril 1581.
Vincent de Paul va consacrer sa vie aux humbles et multiplier les oeuvres de charité.
Vincent de Paul meurt en odeur de sainteté à Paris le 27 septembre 1660, à 80 ans, au terme d'une vie prodigieuse toute orientée vers la charité et l'Evangile.
Après de bonnes études de théologie à Toulouse, Vincent de Paul est ordonné prêtre en 1600.
| 27 SEPTEMBRE SAINT VINCENT DE PAUL |
Lors d'un voyage en Méditerranée, Vincent de Paul est capturé, en 1605, par les pirates barbaresques et emmené en captivité à Tunis.
Vincent de Paul est vendu comme esclave à un alchimiste qui le traite plutôt bien avant qu'il ne s'échappe en 1607 et gagne Rome.
Vincent de Paul devient, en 1610, aumônier de la reine Marguerite de France.
En 1619, Vincent de Paul est nommé Aumônier général des galères.
| 27 SEPTEMBRE SAINT VINCENT DE PAUL |
Vincent de Paul fonde, le 12 décembre 1617, à Châtillon, les Dames de la Charité, puis, en 1633, les Gardes des Pauvres et en 1653 l'hospice du Saint-Nom-de-Jésus.
Toute sa vie, Vincent de Paul mobilise au service des pauvres les dames de la noblesse et de la bourgeoisie françaises.
Il meurt en odeur de sainteté le 27 septembre 1660.
Il est béatifié par Benoit XIII le 13 août 1729 et canonisé par Clément XII le 16 juin 1737.
En 1885, le pape Léon XIII l'institue "patron de toutes les oeuvres charitables".
BINGEN : Akize ondoan den Paul-eko "Vincent" sainduaren eguna (+1660).
Deun-ixendegi euzkotarra lanean proposaturiko izena. Ikus Bikendi.
BIKENDI : Euzkarazko Binkenti, Bikenti edo Bikendi latineko vincens "garaile" hitzetik sortutako Vincentius izenetik dator. Kristauen artean arrakasta handia izen zuen, deabrua garaitu nahia adierazten zuelako. 991n Vincenti aurkitzen dugu Apardozen (Nafarroa), baina aitzinago, erdararen eraginez antza, Bizente nagusitu zen eta goian aipatu formak hagionimian baizik ez ditugu kausitzen. Aldaera honetatik Mikeldi idoloaren izena sortu zen. Done Bikendiren ermitaren ondoan baitzegon. Beste aldaerak Bingen, Bizen, Bizente eta Bixintxo dira. Baliokidak : Vicente (es) eta Vincent (fr).
Une naissance du 27 septembre : Cléopâtre-Diane de Merode, dite Cléo de Mérode.
Née le 27 septembre 1875 à Paris 5ème arrondissement - Morte le 17 octobre 1966 à Paris 8ème arrondissement.
Cléopâtre est une danseuse, modèle et icône de beauté française.
De naissance illégitime, elle est la fille naturelle d'une baronne belge.
Elle étudie chez les soeurs de Saint-Vincent-de-Paul, à Paris.
Formée à l'école de danse de l'Opéra de Paris, elle crée, en 1896, au casino de Royan Phryné, un ballet de Louis Ganne, puis est nommée grand sujet à l'Opéra de Paris et danse dans plusieurs ballets.
Elue "reine de Beauté" sur photographies par les lecteurs de L'Illustration en 1896, parmi 131 célébrités, dont Sarah Bernhardt, elle accroît sa notoriété la même année avec un parfum de scandale, du fait de l'exposition de la sculpture (nu en marbre blanc grandeur nature) La Danseuse d'Alexandre Falguière.
Cléopâtre quitte l'Opéra en 1898 puis entreprend une carrière indépendante internationale et danse jusqu'à la Première Guerre mondiale, ayant une foule d'admirateurs.
Elle se produit à l'Exposition universelle de Paris en 1900 dans les "danses cambodgiennes", créées en 1902 à Moscou et Madrid.
En 1901, le directeur des Folies Bergère, Edouard Marchand, la recrute pour un ballet pantomime en 3 actes dénommé Lorenza, dernier grand spectacle qu'il organise dans cette salle.
Egérie d'artistes, elle pose pour le sculpteur Alexandre Falguière, pour les peintres Edgar Degas, Jean-Louis Forain, Giovanni Boldini et par Henri de Toulouse-Lautrec ; dès 1895, elle a son effigie en cire au musée Grévin.
Cléopâtre est une des premières femmes dont l'image photographique, due notamment aux photographes Paul Nadar, et surtout Léopold-Emile Reutlinger, est diffusée à l'échelle mondiale.
Elle est une amie de Reynaldo Hahn, qui lui voue toute sa vie un culte, la traitant de "déesse radieuse...".
Malgré une rentrée réussie en 1924, elle décide de se retirer du monde de la danse à Paris.
Sur la demande d'Henri Varna et Emile Audiffred, elle reparaît ponctuellement sur scène en juin 1934 dans La revue 1900 aux côtés du danseur George Skibine.
Cléopâtre aura une réputation de demi-mondaine qui la poursuivra toute sa vie.
En 1950, elle gagne un procès contre Simone de Beauvoir qui, en 1949, dans Le Deuxième Sexe, l'assimile à une "cocotte".
En 1955, elle publie son autobiographique, intitulée Le Ballet de ma vie.
Elle meurt le 17 octobre 1966, à 91 ans.
Voici le proverbe du dimanche 27 septembre 2026 :
URHE GAKOUZ, ATHE GUZIAK IREKI DOAZ.
Clef en or ouvre toutes les portes.
(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)
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LA VIE COMMUNAUTAIRE ET PAROISSIALE À URT EN LABOURD AU PAYS BASQUE DU XVIÈME AU XVIIIÈME SIÈCLE (troisième partie)
LA VIE À URT DU 16ÈME AU 18ÈME SIÈCLE.
Au 18ème siècle, la commune d'Urt compte environ 1 300 habitants.
Voici ce que rapporta Guy Leichtenaur, dans le Bulletin de la Société des sciences, lettres & arts
de Bayonne, en février 1973 :
"La Vie Communautaire et Paroissiale à Urt du XVIe au XVIIIe siècle.
... Le Port.
Le port d’Urt a eu dans le passé une importance, due, en partie à l’absence d’un bon réseau routier, et d’autre part à la facilité du transport fluvial qui bénéficiait le plus possible des marées. C’était, disent les archives de Bayonne : "une véritable flotte de petits bateaux qui circulent sur l’Adour, apportant à Bayonne, les grains, les eaux de vie, les vins, les résines, goudrons, planches, et autres produits des Landes, de la Chalosse, de l’Armagnac, du Béarn, et qui remportent les denrées nécessaires à ces divers produits". Il est bon de préciser que la navigation sur le cours supérieur de l’Adour et sur ses affluents a souvent été entravée par les nasses destinées à la capture du poisson, notamment à Saubusse, en aval de Dax, mais ceci n’intéresse que fort peu les activités fluviales de notre village. Urt était situé dans les limites du "coutumat" de Bayonne qui s’étendait, en ce qui concerne l’Adour, jusqu’à Guiche. Par Lettres-patentes de 1498 et 1511, le roi Louis XIII, tout comme ses prédécesseurs, avait confirmé la concession à la ville, de la moitié des droits de la Coutume, ce qui entraînait l’interdiction aux marchands et négociants de décharger et mettre en vente leurs marchandises depuis Hourgave, autorisant seulement la vente dans la ville de Bayonne. Le droit de coutume, d’origine fort ancienne, était prélevé sur toutes les marchandises, entrant ou sortant de Bayonne. Il est probable que cette "zone douanière", nettement délimitée, ne fut pas très populaire dans notre région, car on vit même un bayle d’Urt reprendre de force un bateau chargé de grains qui avait été saisi au port de Bardos ; ceci se passait en 1575. Le bayle fut condamné à payer une amende. Vers cette époque, un habitant d’Hasparren est poursuivi pour avoir déchargé au port d’Urt, sans licence, un chargement de dix-sept balles de drap d’Angleterre. En 1627, des Urtois brutalisèrent le "Garde-port" et un échevin de Bayonne. De ce fait, fis furent condamnés, avec des habitants de Guiche, pour infraction aux privilèges de la Juridiction de Bayonne sur l’Adour. Un commis des recettes de la ville était en poste, probablement dans une maison du quartier du port, afin de mieux surveiller les activités portuaires. Les archives nous livrent des états d’enregistrement de barriques de vins, notamment de ceux débarqués à Urcuit, Bardos et "Pitres", de pommes et cidres chargés au port d’Urt. Des états également de droits perçus sur le poisson avant sa mise en vente etc. Nous savons qu’au XVIIIe siècle, et sans doute bien avant, il y avait à Urt, un bureau de la coutume et une Brigade de surveillance. Sur la rive opposée, à Saint-Laurent-de-Gosse, une Brigade de 12 hommes était installée "au bord de la rivière".
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| BORDS DE L'ADOUR 40 ST LAURENT DE GOSSE |
Il subsiste de nos jours, au port, quelques vieilles demeures qui datent très certainement du XVIe siècle, et qui feront l’objet d’une étude particulière dans le cadre d’une enquête sur le passé de nos vieilles maisons, répertoriées par "quartier".
Le transport par voie d’eau ne constituait, à dire vrai, avec ses entraves, obligations et avatars, qu’un des aspects de la vie fluviale de notre village. Les fonctionnaires de l’ancien régime ont d’ailleurs qualifié Urt, de "paroisse nautique". La pêche et les constructions maritimes, ont dans le passé, donné à notre localité une grande importance. L’ancienneté de la pêche professionnelle à Urt est attestée par un document ancien, qui nous apprend que les pêcheurs des "Îles de d’Adour" devaient payer un liard par semaine à la Compagnie des Tilloliers de Bayonne. L’emprise de la ville apparaît également ici dans toute son autorité.
L’histoire de la pêche à Urt, qui reste à écrire, est jalonnée d’incidents ayant pour cause principale, les règlements édictés par Bayonne. Nous citerons la révolte de 1727, provoquée par l’interdiction d’emploi de certains filets. En 1788, nos pêcheurs récidivèrent ; Laborde-Lissalde, lieutenant général de l’Amirauté, organisa alors une expédition punitive. Il était accompagné de 60 grenadiers du Régiment de Cambrésis, en garnison à Bayonne, et d’une Brigade de Maréchaussée. Deux marins-pêcheurs furent mis en prison. A cette époque, la Compagnie des Tilloliers imposait le versement d’une certaine somme par "chalan" ou par corbeille de poisson, pris hors de Bayonne et mis en vente dans la ville. Elle réussit à faire imposer à son profit des taxes sur les poissons. Sur tout chargement passant par Bayonne, ou vendu sur place, il était perçu : 14 sols pour une charrette de poisson entrant dans la ville, ou à Saint-Esprit ; 1 sol, 6 deniers pour une corbeille de poisson pris dans les étangs d’eau douce ; 1 sol pour chaque saumon ; pour chaque cheval chargé d’anguilles (piballes ?) que les Espagnols font acheter à Urt et autres lieux, passant par la ville : 14 sols. Ces perceptions provoquèrent des plaintes et des réclamations. On pensait que ces droits exorbitants feraient que les pêcheurs des lieux voisins ne porteraient plus le poisson à Bayonne, et que les Espagnols ne viendraient pas le chercher, ce qui serait préjudiciable au commerce bayonnais. Nous ne savons pas si les Tilloliers furent invités à ne plus imposer de droits, dont au demeurant, ils semblaient incapables de fournir l'ancienneté.
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| PÊCHE A LA PINASSE 33 CAP FERRET |
Pour ce qui a trait à la "coutume", un document daté du 24 avril 1289, nous révèle que les gens du Labourd ne devaient pas de droits pour les poissons qu’ils prenaient dans leurs "pinasses", et qu’ils venaient vendre à Bayonne. Ajoutons que les Tilloliers en plus de l’exclusivité de la pêche en rivière, pêchaient aussi en mer. Dans ce cas, ceux qui prenaient plus de 50 livres de poisson payaient 10 sols à la Corporation, mais c’était surtout des pêcheurs en eau douce. On les appelait : Pescadors de mar doulce dans les textes anciens (A.C.-F 4).
Voici un extrait d’une plainte adressée à Messieurs les Maire, Echevins et Conseil de la Ville de Bayonne par le Patron et le Clavier des Pêcheurs de la paroisse d’Urt, en date du 30 janvier 1741 : "Or on ne saurait trop caractériser la conduite des Tilloliers. Ils s’ingèrent sans autorité légitime et contre les déffences formelles qui leur ont été faites, à établir et percevoir des droits sur le poisson, denrée sy nécessaire, et sur la pêche qui demande toute la faveur. C’est une exaction. Ils ont usé de violence, c’est une rébellion à justice. Tout cela contre le droit des gens, la liberté et la tranquillité des marchés. Il est donc de votre équité et du bien public, Messieurs, de réprimer sévèrement tous ces abus, tous ces désordres, et de les faire cesser une fois pour toutes, d’autant plus que l’impunité pourrait porter les coupables à de plus grands excès".
Au siècle dernier, la construction maritime faisait vivre encore une fraction importante de la population (en 1870, il y avait cinq constructeurs de bateaux). Cette industrie était ancienne. Nous n’en voulons pour preuve que la mention de la mise à l’eau, à Urt, en 1587, d’un navire de 300 tonneaux appartenant à un marchand bayonnais ; il s’agissait là d’un grand bâtiment. Bien entendu on construisait des bateaux de moindre tonnage (de 4 à 10 tonneaux qui avaient noms : chaloupes et pinasses) à Urt, et aussi à Urcuit. Pour la période du XVIII siècle, nous pouvons citer les navires suivants : 1740 : Notre Dame de Bayonne de 30 tonneaux ; 1742 : L’Heureuse Lucie de 40 tonneaux (Corsaire armé de deux canons) ; 1744 : Saint Pierre de 9 tonneaux et La Reine de Hongrie de 40 tonneaux (Corsaire armé de 4 canons) ; 1750 : La Sirène de 60 tonneaux ; 1754 : L’Aventurière (navire refondu) ; 1789 : La Marianne de 6 tonneaux. Le Corsaire L’Heureuse Lucie appartenait à Dominique Simonin de Bayonne, et avait pour capitaine Denis Etcheverry. Il était armé en plus des 2 canons, de 8 pierriers et autres menues armes. Il fut capturé le 20 avril 1748 par un bâtiment anglais. Le propriétaire fit abandon du Corsaire plutôt que de payer la rançon qu’on lui demandait ; ceci en dépit des protestations du capitaine."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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samedi 26 septembre 2026
PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 26 SEPTEMBRE 2026 SAINT CÔME ET SAINT DAMIEN - EGIARTE
PROVERBE DU 26 SEPTEMBRE 2026 (SAINT CÔME) (SAINT DAMIEN) (EGIARTE).
CÔME ET DAMIEN : Côme et Damien, ces 2 médecins inséparables du 4ème siècle soignaient gratuitement les malades à Aigéai, en Cilicie... et ne manquaient pas aussi de les convertir à la foi nouvelle.
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| 26 SEPTEMBRE SAINT CÔME ET SAINT DAMIEN |
Pour cette dernière raison, Côme et Damien ont subi le martyre à Tyr, en Syrie, en 303 ou 310.
Parfois appelés "médecins anargyres"(du grec an- et argyrios, qui refusent l'argent), Saint Côme est reconnu par l'Eglise catholique comme le saint patron des médecins et des chirurgiens. Saint Damien est le saint patron des pharmaciens.
Deux basiliques leur sont dédiées à Constantinople.
On fête Côme et Damien le 26 septembre en Occident, le 1er novembre en Orient.
EGIARTE : Andre Mariaren Kapera Alloz Nafarroan. S. Migel Egiako, Mallabiko baseliza irailaren 29aren aurreko igandean ospatzen du bere jaia meza kantatua eta erromeriarekin.
Deierri (Nafarroa) ibarreko Andre Mariaren ermita. Ama Birjina nekazari bat goldaketan ari zenean agertu omen zen, Allotz eta Lakar herrien arteko mugan, eta horregatik bi herriek omen zuen. Azkenik, ermita irudia aurkitutako lekuan eraikitzen erabaki omen zen, bi herriena izateko. Bada aurkikundeaz mintzo den kanta. Jaiak abuztuaren 11an eta irailaren 8an dira.
Un décès du 26 septembre : Pierre De Geyter, plus connu par la suite comme Pierre Degeyter.
Né le 8 octobre 1848 à Gand (Flandre, Belgique) - Mort le 26 septembre 1932 à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).
C'est un ouvrier et musicien belge célèbre pour avoir composé à Lille la musique de L'Internationale.
Ses parents, ouvriers également, avaient immigré à Lille pour y trouver du travail dans l'industrie textile.
Câbleur dans l'industrie ferroviaire, Pierre s'intéresse plus à la musique.
A 16 ans, il commence les cours du soir à l'Académie de musique, dont il obtient le premier prix à 38 ans.
En juillet 1888, alors qu'il est le premier directeur de la société musicale lilloise la Lyre des travailleurs, il reçoit une commande de Gustave Delory, du Parti ouvrier français : mettre en musique un poème d'Eugène Pottier de 1871 pour en faire le chant de lutte du parti.
Il compose cette musique au siège de la Lyre des travailleurs, le café lillois La Liberté, dans le quartier de Saint-Sauveur.
La musique est signée du seul nom de famille de Degeyter, ce qui n'empêchera pas le compositeur de devoir quitter Lille, dont les patrons l'ont classé dangereux révolutionnaire.
Sa famille déménage vers Saint-Denis, d'où son frère Adolphe intentera un procès en 1904 pour lui contester la paternité de cette musique.
En décembre 1905, est annoncé un procès entre Pierre Degeyter et son éditeur parisien au sujet de la propriété du chant.
Elle ne sera attribuée définitivement à Pierre qu'en 1922, six ans après le suicide d'Adolphe Degeyter.
Le chant fut un succès immédiat, d'abord en France, puis dans le monde entier.
Il est adopté en 1889 comme hymne de la 2ème Internationale.
Lors de la scission entre socialistes et communistes, Pierre choisit les seconds.
Il est l'invité d'honneur de Staline à Moscou en 1927, lors des célébration du 10ème anniversaire de la révolution d'Octobre.
Lors des grands meetings du 6ème congrès de l'Internationale communiste, en 1928 à Moscou, c'est Pierre en personne qui dirige le choeur lorsque résonne l'Internationale.
Staline lui accorde une pension d'Etat, en guise de droits d'auteur.
Il meurt le 26 septembre 1932, à 83 ans, dans une certaine indigence.
Ses funérailles sont suivies par 50 000 personnes, avant que son nom ne tombe dans un relatif oubli, contrairement à sa musique.
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| PAROLES ET PARTITION DU CHANT L'INTERNATIONALE |
Voici le proverbe du samedi 26 septembre 2026 :
(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)
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