LA VIE À URT DU 16ÈME AU 18ÈME SIÈCLE.
Au 18ème siècle, la commune d'Urt compte environ 1 300 habitants.
Voici ce que rapporta Guy Leichtenaur, dans le Bulletin de la Société des sciences, lettres & arts
de Bayonne, en février 1973 :
"La Vie Communautaire et Paroissiale à Urt du XVIe au XVIIIe siècle.
... Le Port.
Le port d’Urt a eu dans le passé une importance, due, en partie à l’absence d’un bon réseau routier, et d’autre part à la facilité du transport fluvial qui bénéficiait le plus possible des marées. C’était, disent les archives de Bayonne : "une véritable flotte de petits bateaux qui circulent sur l’Adour, apportant à Bayonne, les grains, les eaux de vie, les vins, les résines, goudrons, planches, et autres produits des Landes, de la Chalosse, de l’Armagnac, du Béarn, et qui remportent les denrées nécessaires à ces divers produits". Il est bon de préciser que la navigation sur le cours supérieur de l’Adour et sur ses affluents a souvent été entravée par les nasses destinées à la capture du poisson, notamment à Saubusse, en aval de Dax, mais ceci n’intéresse que fort peu les activités fluviales de notre village. Urt était situé dans les limites du "coutumat" de Bayonne qui s’étendait, en ce qui concerne l’Adour, jusqu’à Guiche. Par Lettres-patentes de 1498 et 1511, le roi Louis XIII, tout comme ses prédécesseurs, avait confirmé la concession à la ville, de la moitié des droits de la Coutume, ce qui entraînait l’interdiction aux marchands et négociants de décharger et mettre en vente leurs marchandises depuis Hourgave, autorisant seulement la vente dans la ville de Bayonne. Le droit de coutume, d’origine fort ancienne, était prélevé sur toutes les marchandises, entrant ou sortant de Bayonne. Il est probable que cette "zone douanière", nettement délimitée, ne fut pas très populaire dans notre région, car on vit même un bayle d’Urt reprendre de force un bateau chargé de grains qui avait été saisi au port de Bardos ; ceci se passait en 1575. Le bayle fut condamné à payer une amende. Vers cette époque, un habitant d’Hasparren est poursuivi pour avoir déchargé au port d’Urt, sans licence, un chargement de dix-sept balles de drap d’Angleterre. En 1627, des Urtois brutalisèrent le "Garde-port" et un échevin de Bayonne. De ce fait, fis furent condamnés, avec des habitants de Guiche, pour infraction aux privilèges de la Juridiction de Bayonne sur l’Adour. Un commis des recettes de la ville était en poste, probablement dans une maison du quartier du port, afin de mieux surveiller les activités portuaires. Les archives nous livrent des états d’enregistrement de barriques de vins, notamment de ceux débarqués à Urcuit, Bardos et "Pitres", de pommes et cidres chargés au port d’Urt. Des états également de droits perçus sur le poisson avant sa mise en vente etc. Nous savons qu’au XVIIIe siècle, et sans doute bien avant, il y avait à Urt, un bureau de la coutume et une Brigade de surveillance. Sur la rive opposée, à Saint-Laurent-de-Gosse, une Brigade de 12 hommes était installée "au bord de la rivière".
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| BORDS DE L'ADOUR 40 ST LAURENT DE GOSSE |
Il subsiste de nos jours, au port, quelques vieilles demeures qui datent très certainement du XVIe siècle, et qui feront l’objet d’une étude particulière dans le cadre d’une enquête sur le passé de nos vieilles maisons, répertoriées par "quartier".
Le transport par voie d’eau ne constituait, à dire vrai, avec ses entraves, obligations et avatars, qu’un des aspects de la vie fluviale de notre village. Les fonctionnaires de l’ancien régime ont d’ailleurs qualifié Urt, de "paroisse nautique". La pêche et les constructions maritimes, ont dans le passé, donné à notre localité une grande importance. L’ancienneté de la pêche professionnelle à Urt est attestée par un document ancien, qui nous apprend que les pêcheurs des "Îles de d’Adour" devaient payer un liard par semaine à la Compagnie des Tilloliers de Bayonne. L’emprise de la ville apparaît également ici dans toute son autorité.
L’histoire de la pêche à Urt, qui reste à écrire, est jalonnée d’incidents ayant pour cause principale, les règlements édictés par Bayonne. Nous citerons la révolte de 1727, provoquée par l’interdiction d’emploi de certains filets. En 1788, nos pêcheurs récidivèrent ; Laborde-Lissalde, lieutenant général de l’Amirauté, organisa alors une expédition punitive. Il était accompagné de 60 grenadiers du Régiment de Cambrésis, en garnison à Bayonne, et d’une Brigade de Maréchaussée. Deux marins-pêcheurs furent mis en prison. A cette époque, la Compagnie des Tilloliers imposait le versement d’une certaine somme par "chalan" ou par corbeille de poisson, pris hors de Bayonne et mis en vente dans la ville. Elle réussit à faire imposer à son profit des taxes sur les poissons. Sur tout chargement passant par Bayonne, ou vendu sur place, il était perçu : 14 sols pour une charrette de poisson entrant dans la ville, ou à Saint-Esprit ; 1 sol, 6 deniers pour une corbeille de poisson pris dans les étangs d’eau douce ; 1 sol pour chaque saumon ; pour chaque cheval chargé d’anguilles (piballes ?) que les Espagnols font acheter à Urt et autres lieux, passant par la ville : 14 sols. Ces perceptions provoquèrent des plaintes et des réclamations. On pensait que ces droits exorbitants feraient que les pêcheurs des lieux voisins ne porteraient plus le poisson à Bayonne, et que les Espagnols ne viendraient pas le chercher, ce qui serait préjudiciable au commerce bayonnais. Nous ne savons pas si les Tilloliers furent invités à ne plus imposer de droits, dont au demeurant, ils semblaient incapables de fournir l'ancienneté.
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| PÊCHE A LA PINASSE 33 CAP FERRET |







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