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jeudi 19 février 2026

LE DROIT D'AÎNESSE AU PAYS BASQUE AVANT 1789 (première partie)

LE DROIT D'AÎNESSE AU PAYS BASQUE AVANT 1789.


Etienne Anselme Ritou-Deyeralde est un avocat et homme politique, de tendance radical socialiste né à Hasparren, le 9 novembre 1872 et mort le 17 juillet 1923 à Bayonne.

Il est l'auteur, en 1897, d'une thèse de doctorat soutenue à la Faculté de Droit de Paris, intitulée De la condition des personnes chez les Basques français jusqu'en 1789, publiée par l'imprimerie bayonnaise A. Lamaignère.


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LIVRE DE LA CONDITION DES PERSONNES
CHEZ LES BASQUES FRANCAIS JUSQU'EN 1789



Dans plusieurs articles, je vous ai parlé du matriarcat, de la couvade et du mariage au Pays 

Basque, avant 1789, voici aujourd'hui le droit d'aînesse.






Voici ce que rapporta Etienne Ritou, dans son livre :



"III. — Le Droit d'aînesse.



C'est dans sa conception particulière du droit d'aînesse que se révèle principalement l'originalité du droit coutumier des Basques.



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DROIT D'AÎNESSE



Tandis qu'autour d'eux, la société guerrière de la féodalité, ayant son principal appui dans son prestige militaire et chevaleresque, ressentait la nécessité d'appliquer le droit d'aînesse avec privilège de masculinité, pour avoir un mâle et surtout un guerrier à la tête de la famille, la société basque était mue par un intérêt tout différent. Du régime pastoral, dont elle s'était presque uniquement accommodée dans l'antiquité, avec le matriarcat pour conséquence, elle était passée, par suite de ses relations avec les Romains, à un régime à la fois pastoral et agricole qui devait influer, comme nous l'avons vu, sur l'esprit de sa législation privée. En effet, tandis que, dans l'antiquité, l'organisation matriarcale de la famille basque appelait les filles à succéder à leurs parents, à l'exclusion des mâles, la société du moyen âge, par une concession très remarquable aux exigences de l'agriculture, admettait l'aîné des enfants, garçon ou fille indifféremment, à recueillir l'héritage laissé par les ancêtres.



Cette application du droit d'aînesse sans distinction de sexe est d'une importance capitale dans le droit coutumier des Basques. Nous la trouvons clairement exposée par la coutume du Labourd, quand elle nous dit : "Es biens ruraux avitins, le premier enfant de loyal mariage succède à ses père et mère, soit fils ou fille." (Labourd, XII, 3). La coutume de Soule pose le même principe (Soule, XXVII, 3). Il ne ressort pas aussi nettement dans le for de Basse-Navarre, dont la rédaction est d'ailleurs très défectueuse à cet endroit. Mais plusieurs dispositions supposent nécessairement l'application, dans ce pays, du droit d'aînesse absolu. (Voir Basse-Navarre, XXIV, 3,8,11, etc.).



Le chevalier de Béla, commentateur de la coutume de Soule, nous a laissé son opinion sur cette façon de concevoir le droit d'aînesse. N'envisageant sans doute que la conformité de cette disposition du droit indigène aux condition sociales dans lesquelles vivaient les Basques de son époque, et se souciant peu de la rattacher, à titre de survivance, à l'antique organisation de la famille basque, il nous dit qu'il faut voir dans cette institution le désir d'établir le plus rapidement possible un nouveau ménage à la place de l'ancien. En effet, il arriverait parfois qu'au décès des parents, l'aîné des mâles ne fût pas encore parvenu à l'âge qui lui permettrait de gérer lui-même son patrimoine. Fait-il donc laisser déchoir la maison ? C'est ce qui arriverait peut-être fatalement. Mais le droit d'aînesse, au lieu de se fixer sur sa tête, se fixera sur la tête de sa soeur aînée, déjà mariée, ou qui, dans tous les cas, réunira la première les conditions voulues pour cela. Le mari qu'elle prendra viendra habiter sous le même toit quelle et sera qualifié par la coutume de mari "adventice". Le domaine délaissé par suite du décès des maîtres passera sous une direction nouvelle, et souvent la prospérité des affaires s'en ressentira favorablement, car, nous dit Béla :" Les dits maris adventices se rencontrent d'ordinaire des hommes recuits et habilités aux affaires".



Ainsi interprété, ce droit d'aînesse sans distinction de sexe révèle le profond attachement du Basque pour sa maison natale, dont la prospérité constitue son principal souci. Cette préoccupation de voir prospérer le domaine légué par les ancêtres et de le conserver autant que possible dans la famille, ressort à toutes les pages du droit basque. C'est elle qui pose ce système successoral si bizarre au premier abord et qu'on s'explique si bien quand on a pu se rendre compte de l'esprit dans lequel il a été conclu ; elle aussi qui dicte, dans la législation des Basques, un retrait lignager si sévère et qui rend si périlleuse la situation des créanciers. Car la transmission par droit d'aînesse des biens avitins ou papoaux produisait à l'égard de ceux-ci presque tous les effets d'une véritable substitution. Mais, une fois admis le principe du droit d'aînesse sans distinction de sexe, il faut admettre aussi ses conséquences, et nous verrons ultérieurement à quel point les coutumes basques sont favorables à l'égalité de l'homme et de la femme. L'étude de la famille basque nous fera voir, en effet, la femme héritière prenant en mains le gouvernement du groupe domestique, exerçant une sorte de suprématie sur le mari dotal et jouissant sur ses enfants des prérogatives attachées d'ordinaire à l'exercice de la puissance paternelle.



Mais, auparavant, il convient de délimiter avec précision la zone d'application, dans le pays même, du droit d'aînesse basque, car, malgré sa conception absolue, le principe ne laissa pas que de fléchir, dans certains cas, sous des influences extérieures. Notamment les principes de la féodalité, qui avaient pénétré insensiblement dans l'organisation intérieure de la société basque, s'introduisirent aussi dans le droit privé indigène ; mais il faut reconnaître que les applications qu'on en fit y conservèrent le caractère d'exceptions à côté du droit commun. Ainsi, dans le but de réglementer la société féodale qui vivait, dans le pays, parallèlement avec la société indigène plutôt rebelle par sa nature à la constitution d'une hiérarchie sociale, la coutume donna asile à des dispositions qui consacraient le droit d'aînesse avec privilège de masculinité. La coutume du Labourd, dans l'article 1er de la rubrique "des successions des décédez sans testament", nous dit en termes formels que "Es maisons et héritages nobles, à celui qui est décédé sans testament, délaisse plusieurs enfants, succède le premier enfant mâle... s'il n'y a enfans que d'un mariage."



Les derniers mots de cet article nous indiquent toutefois une restriction que l'article 2 de la même rubrique développe en ces termes : "Mais s'il y a des enfants de divers mariages et du premier n'y a que des filles, la fille aînée du premier mariage succède et exclut tous les enfants des autres mariages, posé qu'il y en ait de mâles." Il n'est pas nécessaire de commenter le texte de cet article pour y voir simplement un retour au droit commun dans une hypothèse particulière. Le droit féodal rigoureux eût voulu que la fille ou les filles du premier mariage fussent exclues de la succession de l'ancêtre commun par l'aîné des males du second mariage. Mais le droit indigène reprend son empire et décide d'appliquer, dan ce cas, le droit d'aînesse, sans distinction de sexe.



Toutes les dispositions précédentes se retrouvent dans les coutumes de Soule et de Basse-Navarre qui, dans leur ensemble, sont généralement conformes à la coutume du Labourd. Mais la coutume de Soule mérite une attention particulière à cause de la longue énumération qu'elle donne de divers domaines de la province, dont chacun jouit d'une législation propre, conformément à la maxime relatée par Oihenart dans son recueil :


"Herrieck beren legea, etcheek beren astura".

"Chaque pays a sa loi, chaque maison sa coutume".



Parmi ces maisons, les unes sont réglementées par le droit féodal. Tel est la cas, par exemple, des maisons du territoire de Montori, où les filles sont toujours exclues par les mâles : "En la parropie et bore de Montori, hereten los filhs", excluses las filhes" (Soule, XXVII, 4). Les articles 3, 5, 6, 7 nous offrent des exemples du même genre.



Plus nombreuses sont les maisons qui jouissent du privilège d'être régies par le droit national, dans lesquelles par conséquent hérité l'aîné, mâle ou femelle indifféremment. L'énumération serait trop longue à retracer ; on peut la retrouver dans le texte de la coutume, où elle fait l'objet d'une série d'articles (Soule, XXVII, art. 7 à 18)."




A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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mercredi 18 février 2026

PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 18 FÉVRIER 2026 CARÊME - MERCREDI DES CENDRES - SAINTE BERNADETTE ET SAINT FRANÇOIS-RÉGIS - ANER

 


PROVERBE DU 18 FÉVRIER 2026 (SAINTE BERNADETTE) (SAINT FRANÇOIS-RÉGIS) (CARÊME) (MERCREDI DES CENDRES) (ANER).


BERNADETTE : Marie-Bernarde Soubirous ou sainte Bernadette naît le 7 janvier 1844 à Lourdes (Hautes-Pyrénées).


religion catholique saint sainte bernadette
18 FEVRIER BERNADETTE SOUBIROUS

Bernadette est l'aînée d'une fratrie de neuf enfants.

Bernadette Soubirous est une jeune fille française qui a 14 ans quand elle déclare assister du 11 février au 16 juillet 1858 à dix-huit apparitions de la Vierge Marie, mère du Christ, l'Immaculée Conception.

En l'espace de quelques mois, Bernadette devient une célébrité internationale et affluent, à Lourdes, pèlerins, curieux et journalistes.

Entre 1858 et 1866, Bernadette continue de vivre à Lourdes, où sa situation devient, cependant, de moins en moins tenable.

En 1864, suivant la recommandation de l'évêque de Nevers, Bernadette se décide à entrer chez les soeurs de la Charité.

En 1866, Bernadette quitte Lourdes pour entrer au couvent Saint-Gildard, à Nevers, où elle va rester 13 ans, menant une vie de "religieuse ordinaire".



religion catholique saint sainte bernadette
18 FEVRIER BERNADETTE SOUBIROUS


Bernadette y fait ses voeux perpétuels en 1878.

Bernadette meurt, à 35 ans, le 16 avril 1879, à Nevers, d'une pneumonie.

Elle est béatifiée le 14 juin 1925, puis canonisée le 8 décembre 1933 par le pape Pie XI.

Le sanctuaire de Lourdes accueille chaque année environ 6 millions de personnes.



religion catholique saint sainte bernadette
18 FEVRIER BERNADETTE SOUBIROUS



FRANÇOIS-RÉGIS : François-Régis Clet.



religion catholique saint sainte francois-regis
18 FEVRIER SAINT FRANCOIS-REGIS


Né le 19 août 1748 à Grenoble (Isère), François-Régis est un prêtre catholique, lazariste, missionnaire en Chine, reconnu martyr et saint par l'Eglise catholique.

François-Régis est le 13ème d'une fratrie de 15 enfants.

Il commence ses études au collège de Grenoble.

A sa demande, il les continue auprès des Lazaristes à Lyon, chez lesquels il entre au séminaire en 1769.

François-Régis prononce ses voeux de lazariste en mars 1771.

Il est ordonné prêtre en mars 1773.

Pendant 15 ans, il est ensuite professeur de morale, au grand séminaire d'Annecy.

En 1791, il demande à partir en mission et il est envoyé en Chine, via Macao.

A partir de 1792, il est le premier missionnaire européen en Chine.

François-Régis y connaît les persécutions de 1805, de 1811 et de 1818.

En juin 1819, il est arrêté, emprisonné, torturé et condamné à la mort par strangulation.

François-Régis est exécuté dans la nuit du 17 au 18 février 1820, à Ou-Tchang-Fou (Wuhan).

Il meurt le 18 février 1820, à 71 ans.



CARÊME : Le Carême est un temps liturgique de dévotion à Dieu associé à une alternance de jours de jeûne complet et de jours d'abstinence (jours maigres) d'une durée de 40 jours que le christianisme a institué au 4ème siècle en référence aux 40 jours de jeûne de Jésus-Christ dans le désert.



carême mercredi cendres
CARÊME MARDI GRAS



Cet épisode est relaté par les 3 évangiles synoptiques.

Le Carême précède Pâques, la plus importante des fêtes chrétiennes.

Dans l'Eglise latine, le Carême dure 40 jours du mercredi des Cendres au repas de la Cène du jeudi saint.



MERCREDI DES CENDRES : le mercredi des Cendres est un jour de pénitence qui marque le début du Carême dans le christianisme.



mercredi cendres carême pâques
MERCREDI DES CENDRES


Cette fête mobile a lieu 47 jours avant Pâques.

La veille du mercredi des Cendres, le Mardi gras, est le dernier jour "gras" avant le carême qui va durer 40 jours.

Il se fête au plus tôt le 4 février, au plus tard le 10 mars.

La ritualisation des cendres est liée à la pénitence dès l'Ancien Testament, notamment dans le Livre de Daniel et le Livre de Jonas.

Dans le christianisme, le premier concile de Nicée, en 325, préconise un jeûne de 40 jours pour préparer Pâques.

Le pape Grégoire 1er institue aux alentours de l'an 591 la coutume, en ce mercredi, de consacrer au service divin les cendres des rameaux de l'année précédente et de tracer avec ces cendres une croix sur le front des fidèles.

La première prière pour la bénédiction des cendres date du 11ème siècle.

La pénitence peut se résumer en 3 actions : la prière, l'aumône et le jeûne. Le but est de se préparer à la fête de Pâques.

Les catholiques sont tenus à l'abstinence et au jeûne le mercredi des Cendres sauf cas particuliers (jeunes enfants, personnes âgées ou malades, personnes exerçant un métier difficile).



ANER : J.M. Satrustegiren izendegia.

(...) Aner - Erdi Aroko izena, 1249an dokumentatzen da Iparraldean - - (...)

Litekeena da latineko Januario izenaren aldaera izatea, baino etimo hori ez dago erabat garbi.




Une naissance du 18 février : Jacques Cassini, dit Cassini II, seigneur de Thury.



astronome france 17ème 18ème siècle
JACQUES CASSINI DIT CASSINI II



Né le 18 février 1677 à Paris (royaume de France) - Mort le 16 avril 1756 à Thury-sous-Clermont (Oise).

Jacques est un astronome français.

Elevé par son père, il étudie à l'Observatoire de Paris avant même d'entrer au collège Mazarin.

Il devient élève astronome à l'Académie des sciences en 1694, puis il succède à son père en tant que pensionnaire de l'Académie en 1712.

En avril 1711, il épouse Suzanne-Françoise Charpentier du Charmoy, avec laquelle il aura deux enfants.

Avec son père, il voyage beaucoup et prend part à de nombreuses opérations astronomiques ou géodésiques.

Admis à la Royal Society, en 1696, et à l'Académie de Berlin, Jacques se lie d'amitié avec Newton et Halley.

En 1699, accompagné du père Feuillée, il est chargé de déterminer la position géographique de plusieurs ports du Levant.

Cartésien militant, il prend position contre la théorie de l'aplatissement terrestre.

En 1719, il réside dans le donjon de Clermont (Oise) proche de Thury.

Jacques se voit par ailleurs confier d'importantes charges administratives : maître ordinaire de la Chambre des comptes de Paris, puis magistrat à la chambre de justice et conseiller d'Etat.

Il décrit une perpendiculaire à la méridienne de France et fournit plusieurs Mémoires à l'Académie, entre autres un grand travail sur l'inclinaison des satellites, le mouvement propre et de l'anneau de Saturne.

Il est l'auteur de plusieurs autres ouvrages, parmi lesquels Eléments d'astronomie (1740) et De la grandeur et figure de la terre (1720).

En 1740, il abandonne progressivement son activité de scientifique et laisse son fils César-François reprendre le flambeau familial.

Jacques lui confie la charge de l'Observatoire et l'établissement de la carte de France.

Il meurt le 16 avril 1756, de cause naturelle.



Voici le proverbe du mercredi 18 février 2026 :


KATUEK ETA HAURREK BETI "NIHAUR, NIHAUR !".

Les chats et les enfants font toujours "moi, moi !".



pays basque autrefois enfants
SOCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN



(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)




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LA VOIE ROMAINE DE BORDEAUX À ASTORGA DANS LA TRAVERSÉE DE LA BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE (première partie)

LA TRAVERSÉE DE LA BASSE-NAVARRE PAR LES ROMAINS.


La voie romaine Bordeaux-Astorga est une voie romaine qui reliait Burdigala (Bordeaux) à Asturica Augusta (Astorga en Espagne dans l'actuelle province de Léon).



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VOIE ROMAINE BORDEAUX-ASTORGA


Elle passait par le pays de Born, Dax, Ostabat, Saint-Jean-Pied-de-Port, Roncevaux et Pampelune. Cet axe de communication est l'Iter XXXIV de l'Itinéraire d'Antonin.



Voici ce que rapporta à ce sujet le général H. Richter dans le Bulletin de la Société des sciences, 

lettres & arts de Bayonne, en janvier 1945 :



"La voie romaine de Bordeaux à Astorga de Bordeaux à Astorga dans la traversée de la Basse-Navarre.

Hypothèse nouvelle.



Le seul document d'époque romaine que nous possédions sur les voies de communications de l'Empire Romain dans le Pays Basque français est l'Itinéraire d'Antonin.



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LIVRE Itinerarium Antonini Augusti



Ce tableau des grands chemins de l'Imperium, dont M. Albert Grenier situe la rédaction au dernier quart du IIIe siècle, est analogue aux cartes d'étapes qu'on voyait naguère encore aux murs de quelques bureaux de recrutement et qui indiquaient pour une époque où les déplacements se faisaient uniquement par route — les itinéraires — les points principaux du trajet et leurs distances.



Il en ressort que l'unique grande voie officielle qui traversait le Pays Basque français était celle de Bordeaux à Astorga de Léon ; encore que de cette voie l'Itinéraire n'indique pour la région que deux points connus — et qui sont extérieurs à ce pays. Aquae Tarbellicae, Dax et Pamplona. Pampelune — et que ce soit par déduction que cette voie nous intéresse — la ligne droite Dax-Pampelune passant en plein coeur du Pays Basque français.



Voici reproduit d'après C. Desjardins — Grenier-Déchelette — et L. Colas l'extrait de l'Itinéraire qui nous concerne :


Pampelona-Turrissa — M. P. XXII (Var. XXV).

Turrissa-Summus Pyreneus — M. P. XXII (Var. XXV).

Summus Pyreneus-Imus Pyreneus — M. P. V.

Imus Pyreneus-Carrasa — M. P. XII (Var. VII).

Carrasa-Aquae Tarbellicae — M. P. XXXVIII (Var. XVIII ou XXXIX).


M. P. signifie, mille passus, mille pas, soit 1 480 ou 1 481 mètres.


Pour d'aucuns il y aurait M.P.M. qui signifierait, mille (passus), plus, minus, mille (pas), plus, moins, c'est-à-dire, environ.



Par où passait la voie entre Dax et Pampelune ? et pour ne considérer que le Pays basque français en laissant de côté Turrissa qui était certainement outre-monts, par où passait-elle entre Dax et la crête des eaux pendantes pyrénéennes ? où furent Carrasa, Imus, Pyreneus, Summus Pyreneus ? Mystère ! sur lequel s'est exercée la sagacité des historiens.



Cette sagacité — à vrai dire — s'est seulement appliquée à déterminer les points de Carrasa, d'Imus et de Summus Pyreneus, car, divisés sur l'emplacement de ces points, les historiens se sont accordés sur le tracé général de la voie. C. Desjardins, par exemple, a identifié Carrasa avec Saint-Palais, Imus Pyreneus avec Saint-Jean-Pied-de-Port, Summus Pyreneus avec Roncevaux, tandis que P. Raymond a situé Summus Pyreneus à Bentarté, Imus Pyreneus à Saint-Jean-Pied-de-Port et L. Colas, Carrasa à Garris, Imus Pyreneus à Saint-Jean-le-Vieux, Summus Pyreneus à Château-Pignon... mais de Marca à Longnon, Camille Jullian, Dubarat et Colas, tous les historiens qui se sont appliqués à la question ont adopté le même itinéraire général, par Ostabat, Saint-Jean-Pied-de-Port et la montagne d'Orisson.



Sachant que ce chemin fut celui des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle et que ceux-ci suivirent souvent d'anciennes voies romaines, les historiens ont été unanimes à identifier — conformément au titre du dernier opuscule de L. Colas — la voie romaine de Bordeaux à Astorga dans la traversée de la Basse-Navarre avec le carrefour des voies jacopites convergeant vers Ostabat.



L'objet de la présente étude est de réfuter cet accord "à priorique" et subséquemment les identifications conjecturées, et de proposer, avec un autre tracé, des identifications nouvelles.



Quels sont les éléments d'une hypothèse rationnelle sur le tracé de la voie romaine et l'emplacement des points mentionnés par l'Itinéraire d'Antonin ?



Ce sont :

— l'axe Dax-Pampelune, 

— la toponymie,

— la convenance des sites au sens des toponymes mentionnés,

— enfin les distances indiquées par le document officiel.




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VOIE ROMAINE DE BORDEAUX A ASTORGA
PAR LOUIS COLAS



Les pèlerins qui, à travers la France, se dirigèrent vers Compostelle à partir du Xe siècle, utilisèrent naturellement là où ils les rencontrèrent les portions de voie romaine qui avaient survécu aux invasions barbares et aux désordres du Haut Moyen Âge, mais les pèlerins qui confluaient vers Ostabat par Sordes, Sauveterre, Osserain ou Navarrrenx pouvaient-ils trouver au carrefour d'Ostabat la voie romaine de Bordeaux à Astorga ?



L'axe de cette voie, de Dax à Pampelune, traverse le Gave à quelque 1 500 mètres à l'ouest d'Orthevielle, frôle à l'est Guiche, à l'ouest Bardos, à l'est Labastide-Clairence, passe entre Hasparren et Bonloc, exactement au pont de Bidarray, et suit la crête frontière N.N.E.S.S.O. des montagnes qui séparent la vallée de Baïgorry du Baztan ; il laisse Ostabat à quelque 20 kilomètres à l'est. Pourquoi une voie romaine dont on admet généralement qu'elle tend à se rapprocher le plus possible de la ligne droite, aurait-elle fait le détour d'Ostabat ? Rien ne peut l'expliquer. Les motifs de nivellement, impérieux pour des véhicules hippomobiles, n'interviennent pas pour des piétons et des cavaliers qu'intéressent, avant tout les longueurs de trajet. Car il ne s'agissait pas ici d'une vois carrossable, d'une voie Appienne, Emilienne ou Flaminienne, mais d'une voie de cavaliers et de piétons, ouverte à travers une contrée agreste et montagneuse pour les relations spécialement militaires d'un versant à l'autre des Pyrénées, et il n'est pas vraisemblable que pour un service qui devait viser essentiellement à la rapidité, cette voie ait abandonné le principe de la ligne directe pour divaguer vers Ostabat.



Trouve-t-on cependant au long du chemin Jacopite des toponymes dont la résonnance prête à croire que ce chemin a suivi une trace romaine.



De Sordes à Roncevaux, sauf vers Beyrie, où il touche à une région dont quelques noms de lieu semblent dériver de vocables latins, mais de signification bucolique. Beyrie, boa.rium influencé par behi. Armendaritz, armentum... rien le long de ce chemin ne fleure latin et ne suggère une trace de route romaine, ce qui ne laisserait pas d'être étrange si pendant trois, quatre, cinq siècles... les relations de la Gaule Occidentale romaine avec l'Hispanie s'étaient faites par là !



Cette route de Sordes aux ports de Cize par Saint-Pé-de-Lerens, Ordios, Arancou, Bergouey... Ostabat... est certes une très vieille route, beaucoup plus vieille probablement que la voie romaine. Les souvenirs préhistoriques de Sordes attestent que ce confluent des Gaves fut un passage immémorial, le radical, Ar, de Arancou, qui signifie "eau courante" (A. Dauzat) et jalonne avec Arbouet, Arbératz, la vallée du Louhirasse, le radical, Ber, de Bergouey, qui signifie "passage" (F. de Manteqer), sens que confirme la forme du village, sont des radicaux indo-européens et la série Ostabat (Hostavallis) Hosta, Hostatéguy (d'Orisson) qui prolonge cet itinéraire avec une ligne de dolmens donne à penser que dans les âges lointains on abordait les ports de Cize en contournant par les hauts de vallée le bassin de Saint-Jean-Pied-de-Port, probablement trop sujet aux inondations, comme le suggère le nom d'Urgane, Ur-gaina, de la plaine où confluent les trois rivières de Béhobie, Arnéguy et Mendive... très vieille toute que les pèlerins retrouvèrent mais qui ne convenait pas au mouvement direct, au service rapide des courriers de l'Empire et des renforts des légions..."



A suivre...




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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mardi 17 février 2026

PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 17 FÉVRIER 2026 MARDI GRAS - SAINT ALEXIS - ALEX

 
PROVERBE DU 17 FÉVRIER 2026 (SAINT ALEXIS) (MARDI GRAS) (ALEX).


ALEXIS Alexis Falconieri naît en 1200 à Florence (Italie), dans une famille de riche négociant.



religion catholique saint sainte alexis
17 FEVRIER SAINT ALEXIS


Alexis et 6 autres marchands de Florence renoncent en 1233 à leurs richesses et à la vie mondaine pour se mettre au service de Dieu à l'image de Saint François d'Assise, leur contemporain.

Ils fondent l'ordre des Servites de Marie.

Alexis, malgré sa piété, n'a jamais voulu être ordonné prêtre et préfère rester Frère Lai, occupé aux basses besognes.

Alexis est le directeur spirituel de sa nièce, Julienne Falconieri, qui fut canonisée en 1737.

A la fin de sa vie, Alexis se retire à l'Abbaye de Monte Senario, où il meurt, à l'âge de 110 ans, le 17 février 1310.

Alexis est béatifié le 1er décembre 1717 par le Pape Clément XI et canonisé le 15 janvier 1888 par le Pape Léon XIII, avec ses six compagnons.




religion catholique saint sainte alexis
17 FEVRIER SAINT ALEXIS


MARDI GRAS : Mardi gras est une période festive. 

Cette période marque la fin de la "semaine des sept jours gras" (autrefois appelés "jours charnels").

Le Mardi gras est suivi par le mercredi des Cendres et le Carême, pendant lequel les chrétiens sont invités à "manger maigre", traditionnellement en s'abstenant de viande.

Elle se situe donc juste avant la période de jeûne, c'est-à-dire - selon l'expression ancienne - avant le "Carême-entrant", ou le "Carême-prenant".

Les "sept jours gras" se terminent en apothéose par le Mardi gras et sont l'occasion d'un défoulement collectif.

L'esprit de jeûne et d'abstinence qui s'annonce est momentanément mis entre parenthèses avec le carnaval.



culture religion mardi gras
MARDI GRAS




ALEX : "Alexis", "Alejo", Alexia, Alexander : Grekotik "Alexandros"(defendatzailea, défenseur, defensor).

ALEXANDER : Alejandro (es), Alexandre (fr).

Grezierako Aléksandros "gizonen aldezlea" ponte izena Alexander bihurtu zen latinez, eta hizkuntza honetatik etorri da gurera, Deun-ixendegi euzkotarra lanari esker, jakina. Izen hau eraman duen pertsonaiarik ezagunena Mazedoniako Alexandro handia da. K. a IV. mendean Greziatik Indiaraino hedatzen zen inperioaren sortzailea. Bestalde, Tapia Perurena idazle iruindarra honela deitu zen. Honen hipokoristiko ezagunena Alex da. Izan duen erabilera zabalaren lekuko da izen honetako berrogei santu baino gehiago egotea.

Aldaerak : Alesander (Deun-ixendegi euzkotarra) eta Alexandro.



Un décès du 17 février : Maurice-Quentin de La Tour.



peintre france 18ème siècle pastel LOUIS XV saint-quentin
AUTOPORTRAIT DU PEINTRE MAURICE-QUENTIN DE LA TOUR



Né le 5 septembre 1704 à Saint-Quentin (Picardie, royaume de France) - Mort le 17 février 1788 à Saint-Quentin (Picardie, royaume de France).

C'est un portraitiste pastelliste français.

Il est le troisième fils d'un maître écrivain, ingénieur géographe et chantre de la collégiale de Saint-Quentin.

Durant son enfance, il passe son temps à dessiner et à couvrir ses cahiers d'esquisses.

En 1718, Maurice-Quentin dédie au principal du collège, une perspective de Saint-Quentin dessinée au crayon.

Au sortir du collège, à 18 ans, voulant devenir peintre, il quitte Saint-Quentin pour Reims, puis Cambrai, à la recherche de modèles et de maîtres.

Il entre en apprentissage chez Claude Dupouch, peintre et membre de la prestigieuse Académie de Saint-Luc, à Paris, en octobre 1719.

En 1725, séjournant à Cambrai, il est remarqué, pour le beau portrait qu'il fait d'un ambassadeur d'Espagne, par l'ambassadeur extraordinaire du roi d'Angleterre, qui l'invite à le suivre à Londres.

En Angleterre, la fréquentation de l'aristocratie et la haute aristocratie apprend à Maurice-Quentin à connaître la "bonne société" tout en se cultivant.

Sa prospérité assurée, il quitte l'Angleterre en 1727 et revient en France.

A son retour en France, il s'installe comme peintre à Paris, où il se fait passer pour un peintre anglais.

Il est remarqué par Louis de Boullogne, premier peintre du roi, qui lui conseille de "dessiner beaucoup".

Maurice-Quentin abandonne à jamais la peinture à l'huile et devient exclusivement pastelliste.

Le portrait au pastel de Voltaire, qu'il réalise en 1735, lui assure une grande renommée.

Agréé par l'Académie royale de peinture en mai 1737, il expose pour la première fois au Salon en août-septembre 1737.

En mars 1745, il obtient son brevet de logement aux galeries du Louvre, en remplacement de Martinot, valet de chambre-horloger du Roi, et expose au Salon le portrait du Roi, celui du Dauphin, du ministre d'Etat et Contrôleur général Orry, ainsi que plusieurs autres portraits.

En septembre 1746, Maurice-Quentin est reçu membre de l'Académie royale.

En août-septembre 1748, il expose 15 portraits au pastel, dont ceux du roi, de la reine et du dauphin, au Salon.

En mars 1751, il est nommé conseiller de l'Académie royale.

A son apogée, il réalise différents portraits de Louis XV, de la famille royale et de son entourage, et devient ainsi, après Jean-Marc Nattier, un artiste en vogue.

A sa maturité, Maurice-Quentin est un excellent dessinateur ; surnommé "le prince des pastellistes", il acquiert une remarquable maîtrise du portrait au pastel.

Il fréquente aussi les dîners du lundi de Marie-Thérèse Geoffrin, où il rencontre Helvétius et Nollet, Crébillon, Rousseau, Duclos, Voltaire, Diderot, D'Alembert, Dupuis, La Condamine, Buffon, le maréchal de Saxe, Paulmy d'Argenson, le financier Orry, Piron et le violoniste Mondoville et tant d'autres.

Il a une longue liaison avec la cantatrice Marie Fel dont il réalise le portrait.

Comme en Angleterre, il étudie la littérature, les mathématiques et la politique, afin de se trouver à la hauteur des conversations qu'il entend dans les cercles et dans les salons.

Lié au mouvement philanthropique des Lumières, Maurice-Quentin octroie des rentes à des institutions religieuses de sa ville natale, pour leurs oeuvres sociales.

En 1782, il fonde une école de dessin.

En 1784, alors qu'il est atteint de démence sénile, sa famille le fait revenir à Saint-Quentin.

Il meurt le 17 février 1788, à 83 ans.

Après sa mort, son fonds d'atelier et une grande partie de son oeuvre sont légués à la ville de Saint-Quentin par son frère.



peintre france 18ème siècle pastel LOUIS XV saint-quentin
BUSTE DE MAURICE-QUENTIN DE LA TOUR
PAR JEAN-BAPTISTE LEMOYNE
sous licence Creative Commons Attribution-Share Alike 4.0 International.



Voici le proverbe du mardi 17 février 2026 :


BI ATSO, HERRIA HARROTZEKO NAHIKO.

Deux vieilles suffisent pour mettre le village sens dessus dessous.



pays basque autrefois centenaires
CENTENAIRES A BAYONNE EN 1908
PAYS BASQUE D'ANTAN





(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)




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UN DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DES BASSES-PYRÉNÉES PAR PAUL RAYMOND EN 1863 (troisième partie)

 

UN DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DES BASSES-PYRÉNÉES EN 1863.


Paul Raymond, né Paul Raymond Lechien, est un archiviste et historien français qui était en poste à Pau, au 19ème siècle et une des principales sources paléographique et lexicographique du Béarnais.



19ème siècle topographie basses-pyrénées archiviste béarn
DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DES BASSES-PYRENEES
DE PAUL RAYMOND 1863



Voici ce que rapporta à ce sujet Pierre Bayaud, Directeur des Services d'Archives des Basses-

Pyrénées, dans le Bulletin du Musée Basque N° 25-26 en 1964 :



"Le Dictionnaire topographique des Basses-Pyrénées et son auteur l'archiviste Paul Raymond (1833-1878).


... Le 26 mai 1860, le Ministre envoyait à Raymond Lechien les instructions rédigées par Léopold Delisle en mars 1859. En voici les principales dispositions :


"Chaque Dictionnaire Départemental s'ouvrira par une introduction dans laquelle l'auteur fera sommairement la description physique du Département et présentera les tableaux des anciennes circonscriptions auxquelles répond le territoire de ce département.


Le Dictionnaire devra contenir en une seule série alphabétique :


1° Les noms fournis par la géographie physique : Montagnes, Vallées, Cavernes, Forêts, Cours d'eaux, Etangs, Marais, Caps, Baies, Havres, Iles et Rochers.


2° Les noms de lieux habités : Communes et dépendances de Communes, telles que Villages, Hameaux, Ecarts, Fermes, Moulins, etc.


3° Les noms se rapportant à la Géographie Historique, noms de peuples et d'anciennes Circonscriptions, religieuses, politiques et administratives, vieux chemins, camps, retranchements, châteaux, fiefs, abbayes, prieurés, commanderies, hôpitaux, maladreries.



Pour dresser la nomenclature des lieux habités on pourra se servir des tableaux de recensement de la population conservés dans les archives de chaque Préfecture. A la fin du recensement de chaque commune on trouve un tableau récapitulatif par quartiers, villages, hameaux ou rues.



Dans les mêmes archives on pourra consulter les états des chemins ruraux, rédigés, commune par commune, à partir de l'année 1823.



On aura la nomenclature des rivières et des cours d'eau dans des tableaux statistiques que les Préfets ont envoyés au Ministère de l'Intérieur entre les années 1835 et 1845, et dont les minutes doivent être restées dans les archives ou dans les bureaux des préfectures.



A la suite de chaque nom moderne seront cités les noms anciens qui lui correspondent. Il suffira de donner un exemple de chaque forme en choisissant toujours les textes les plus anciens et les plus authentiques. Parmi les documents qui doivent être principalement consultés, nous rappellerons les inscriptions, les légendes de monnaies, ... diverses productions littéraires du Moyen Age, telles que Chroniques, vies de Saints, romans chevaleresques, etc., les Chartes et les Cartulaires, les Pouillés, les Registres de visites ecclésiastiques, les Rôles d'impositions, les Aveux et les Livres Terriers. Dans les citations, au nom même du lieu, on n'ajoutera que les mots qui peuvent en déterminer la situation. On indiquera la source d'où chaque texte est tiré, et, autant que possible, l'année ou le siècle auquel il remonte...



Les sources seront indiquées d'une manière très abrégée mais, cependant, assez précise pour permettre d'y recourir. Elles seront énumérées dans un tableau placé en tête de chaque Dictionnaire. Toutes les fois qu'il s'agira de documents manuscrits, le tableau fera connaître les dépôts dans lesquels ils sont conservés.



Le Dictionnaire de chaque Département se terminera par un Index des noms anciens comprenant dans une seule et même série alphabétique : 1° Les noms anciens cités dans le corps de la livraison ; 2° Les noms anciens dont l'équivalent moderne n'est pas connu mais qui doivent s'appliquer à des lieux renfermés dans des limites du Département."


19ème siècle topographie basses-pyrénées archiviste béarn
PORTRAIT DE M GUSTAVE ROULAND
MINISTRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE ET DES CULTES
DU 13 AOÛT 1856 AU 24 JUIN 1863

Le 4 juillet 1861, le Ministre rappela à Lechien sa réponse de 1860 :


"J'espère, Monsieur, que vous aurez donné suite à vos bonnes intentions, et pour vous guider plus sûrement dans l'accomplissement de cette tâche, je vous adresse ci-joint un exemplaire du "Dictionnaire topographique d'Eure-et-Loir", qui vient de paraître. L'excellent travail de M. L. Merlet vous mettra à même de vous rendre un compte exact du concours que le Comité attend de vous."



Par retour de courrier, Lechien répond le 8 :


"J'ai reçu, avec la dépêche du 4 de ce mois, l'exemplaire du "Dictionnaire topographique d'Eure-et-Loir" que vous avez bien voulu m'adresser. Comme j'ai eu l'honneur d'informer V.E. le 23 mars 1860, j'ai entrepris le Répertoire topographique de l'arrondissement de Pau, mais dans le cours de mes recherches, j'ai cru devoir y joindre les arrondissements d'Oloron et  d'Orthez qui forment, ou à peu près, l'ancienne province de Béarn. Pour ces trois arrondissements réunis le travail marche de front et est assez avancé puisque le nombre des articles portés sur bulletins s'élève à plus de deux mille cinq cent. J'espère pouvoir transmettre un travail convenable à la fin de l'année 1862."



Le silence de Lespy s'explique : il avait mis au service de Lechien sa connaissance approfondie du Béarn. Peu après, Picamilh renonçait à sa collaboration pour le pays basque, l'archiviste assumant le Département entier ; cette lettre de Lechien, du 17 mai 1862 le montre :


"J'ai l'honneur d'adresser à V.E. les premiers cahiers du "Dictionnaire topographique des Basses-Pyrénées" contenant la lettre "A". Le travail est terminé pour les cinq arrondissements de ce Département, mais, avant d'en adresser la copie, je prie V.E. de vouloir bien me communiquer les observations que le Comité jugera à propos de faire pour que je puisse m'y conformer à l'avenir."



Le 24 mai, le Secrétaire Général du Ministère remerciait Lechien, et soumettait à l'examen d'Anatole de Barthélémy, membre du Comité, les cahiers. Le 7 juin, ce dernier rédigeait la Note suivante :


"Le soussigné est d'avis que les trois cahiers communiqués par M. Raymond Lechien paraissent conformes au programme donné par la Commission. Il y aurait lieu de réclamer le reste du Dictionnaire, l'Introduction et la Table Alphabétique des formes anciennes de noms de lieu (sic) afin de pouvoir juger du travail dans son ensemble."



Nouvelle lettre ministérielle à Lechien le 7 juillet :


"Monsieur : La Commission de publication du Dictionnaire Topographique de la France a examiné le travail que vous avez bien voulu m'adresser le 17 mai dernier. Elle s'est convaincue, comme elle en avait l'intime persuasion, en acceptant votre concours, que vous pouviez mieux que personne, Monsieur, mener à bonne fin une entreprise à laquelle vos études particulières et votre position d'archiviste vous avaient tout particulièrement préparé. Elle vous sera obligée de me faire parvenir le reste du "Dictionnaire", l'Introduction et la Table Alphabétique des formes anciennes des noms de lieux."



Lettre du 25 août de l'archiviste :


"J'ai l'honneur d'adresser à V.E. les cahiers contenant les lettres "B" à "Z" du "Dictionnaire Topographique du Département des Basses-Pyrénées", l'Introduction et la Table des Formes Anciennes. Pour la rédaction de cette dernière, j'ai suivi le système adopté dans le "Dictionnaire d'Eure-et-Loir".


Le 3 septembre, le Secrétaire Général du Ministère adresse ces cahiers à Barthélémy :


"Le commencement de ce travail a favorablement été jugé par vous, Monsieur. Aujourd'hui qu'il est terminé, pensez- vous qu'il puisse sans modifications être mis sous presse ?"


Le 6 septembre Barthélémy répond :


"Le soussigné est d'avis que le travail de M. Paul Raymond peut être imprimé."



Le 13 septembre 1862 le Ministre de l'Instruction Publique écrivait la lettre suivante au directeur de l'Imprimerie Impériale ; elle montre que le Dictionnaire de Raymond était le quatrième Dictionnaire imprimé :


"Monsieur le Directeur, j'ai l'honneur de vous adresser, avec prière de le faire immédiatement mettre à l'impression le "Dictionnaire Topographique du Département des Basses-Pyrénées", rédigé par M. Paul Raymond, archiviste de la Préfecture à Pau. Je vous serais obligé, Monsieur le Directeur, de vouloir bien donner des ordres pour que ce nouveau Dictionnaire, qui devra, quant au format, au papier et aux caractères, être conforme à ceux d'Eure-et-Loir, de l'Yonne et de la Meurthe, puisse être publié dans un court délai, et pour que les épreuves me soient exactement envoyées dès que chaque feuille sera composée".



En même temps Raymond était informé de cet envoi à l'Imprimerie Impériale :


"M. Anatole de Barthélémy, membre du Comité, a été désigné pour surveiller l'impression de votre travail qui a paru à la Commission répondre complètement aux conditions du programme."



Raymond remerciait le 15 par retour du courrier.



Le 19 ou le 20 septembre, Paul Raymond envoie au Ministre une lettre transmise le 22 à Anatole de Barthélémy : 


"J'ai l'honneur de vous communiquer la lettre ci-jointe que vient de m'adresser M. Paul Raymond, Archiviste des Basses-Pyrénées, pour me faire connaître les moyens d'exécution du "Dictionnaire Topographique" de ce Département. L'exposé fait par M. P. Raymond devrait, peut-être, figurer en tête de son travail sous forme de préface ? Veuillez, je vous prie, Monsieur, me donner votre avis à ce sujet."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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