EUSKAL HERRIA LEHEN - PAYS BASQUE D'ANTAN
CARTES POSTALES , PHOTOS ET VIDEOS ANCIENNES DU PAYS BASQUE. Entre 1800 et 1980 environ.
mercredi 18 mars 2026
LA VOIE ROMAINE DE BORDEAUX À ASTORGA DANS LA TRAVERSÉE DE LA BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE (deuxième partie)
LA TRAVERSÉE DE LA BASSE-NAVARRE PAR LES ROMAINS.
La voie romaine Bordeaux-Astorga est une voie romaine qui reliait Burdigala (Bordeaux) à Asturica Augusta (Astorga en Espagne dans l'actuelle province de Léon).
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| VOIE ROMAINE BORDEAUX-ASTORGA |
Elle passait par le pays de Born, Dax, Ostabat, Saint-Jean-Pied-de-Port, Roncevaux et Pampelune. Cet axe de communication est l'Iter XXXIV de l'Itinéraire d'Antonin.
Voici ce que rapporta à ce sujet le général H. Richter dans le Bulletin de la Société des sciences,
lettres & arts de Bayonne, en janvier 1945 :
"La voie romaine de Bordeaux à Astorga dans la traversée de la Basse-Navarre.
Hypothèse nouvelle.
... On a vu dans le lieu dit Galcetaburu, au sommet de la côte d'Utxiat le souvenir d'une chaussée — calccata — ce toponyme latin éveillant l'idée de route serait unique de Sordes à Roncevaux. Mais on peut voir aussi dans Galcetaburu au lieu d'une étymologie romaine le radical basque — Gal — qui a le sens de "perdu" faisant suite au radical basque — Uts — d'Utxiat, qui signifie "vide-nu". Gal et Uts évoquent les "Tout-y-faut" qui caractérisent les contrées désertes, car c'est bien un désert que cette région frontière de Mixe et de Cize qu'évitait l'itinéraire d'Hosta et où s'implanta le prieuré d'Utxiat pour canaliser sur St-Jean et Orisson en lui offrant un refuge dans ce désert, le courant des pèlerins.
Et l'on peut trouver encore dans Galcetaburu un souvenir des Galls-Galli-Gallos de l'inscription d'Hasparren, en un point qui est une frontière, frontière de pays, frontière de diocèses, frontière de races, où est venu mourir le courant gascon de Mixe. Tant est complexe la sédimentation humaine du Pays Basque français et délicate l'interprétation des toponymes qui peuvent conduire à déceler ses couches !
Cependant tout invraisemblable qu'apparaît, lorsqu'on la scrute, l'hypothèse du trajet de la voie jacopine, avec celui de la voie romaine, les identifications proposées pour les points de Carasa-Immus-Summus Pyrénées, offrant-elles quelque élément de crédibilité qui puisse faire revenir sur ce sentiment d'invraisemblance et susciter le doute ?
C. Desjardin suivi par Longnon et par Dubarat a vu Carasa à St-Palais, mais le radical celtique, Car, postule une éminence rocheuse (A' Dauzat) et St-Palais est dans un "fond-montes in circuitu ejus."
L. Colas après Marca-Raymond-Haristoy-Jullian a placé Carasa à Garris dont le radical - Gar — s'apparente à — Car — mais se retrouve plus à l'ouest, tout le long des prémonts de Baïgoura et d'Ursonia dans Garreta-Garro-Garralda... Outre l'attrait de son radical, Garris, qui ne se manifeste particulièrement qu'en hauteur que pour qui vient de la cuvette de St-Palais et se fond sur le plan général d'un plateau pour qui le regarde du Nord, du Nord Est ou du Nord-Ouest, Garris a un passé fascinateur. Siège d'une foire renommée — capitale du Pays de Mixe — il dut son importance à ce qu'il était un carrefour, au croisement de la transversale de Lapurdun à Illuro par Hasparren. Bonloc-Luxe-Domezain et du vieux chemin de Sordes aux ports de Cize et qu'il fut vraisemblablement le débouché mercantile de la région d'élevage de Beyrie Armendaritz.
Il est donc probable qu'il fut à l'époque romaine une localité d'une certaine importance, mais rien ne milite en dehors de son radical pour qu'il soit Carasa qui au demeurant ne fut probablement pas plus une localité que Summus Pyreneus, comme nous le verrons tout à l'heure.
Imus Pyreneus a été placé par C. Raymond à St-Jean-Pied-de-Port dont le site convient au sens du vocable, mais dont l'identification devra être contrôlée par sa distance à Summus Pyreneus et à Carasa.
L. Colas a repoussé l'Imus Pyreneus à St-Jean-le-Vieux parce que s'y trouvent les vestiges d'un système de fortifications légères sur lequel on a controversé, mais qui, quelle qu'en soit l'origine, comprend vraisemblablement des travaux romains.
St-Jean-le-Vieux doit peut-être d'autre part son nom de Vieux, non, point à son âge, mais à ce qu'il fut un vicus ou un viculus, hypothèse qu'autorise sa situation face aux montagnes, derrière le glacis de la plaine de Cabalce, au confluent des vallons de Lacarre et de Lecumberry, au débouché d'une voie secondaire venant d'Hasparren par Hélette, Irissarry, Jaxu, Bustince, Iriberry... mais St-Jean-le-Vieux à 4 kilomètres de St-Jean-Pied-de-Port n'est plus au pied des monts et le qualificatif d'Imus ne lui convient pas.
C'est à Roncevaux après Marca et avec Longnon que C. Desjardins a situé le Summus Pyreneus que P. Raymond a placé au col de Bentarté et que L. Colas après Gaston Paris a identifié péremptoirement avec château Pignon.
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| RUINES DE CHÂTEAU-PIGNON BASSE-NAVARRE D'ANTAN |
Mais Roncevaux même en entendant par ce vocable non point le monastère actuel mais le col d'Ibagneta ne serait un Summus que pour une voie descendant dans le Val Carlos, or comme tout le monde fait passer la voie par Altobiscar Bentarté et Orisson et que Ibagneta, est à 250 mètres plus bas que Bentarté, Roncevaux ne peut être le Summus Pyreneus.
Château Pignon ne peut pas l'être davantage. Ce qui lui a valu cette identification c'est un amas de pierres de construction avec des vestiges de fortification bastionnée, restes d'un fortin élevé en ce point pendant la guerre de la Castille contre la Navarre et qui succédait peut-être au Capeyron Roge du Seigneur de Caumont. (Roge = rempart en français ancien).
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| PLAN SOMMAIRE DES RUINES DE CHÂTEAU-PIGNON BASSE-NAVARRE D'ANTAN |
Mais Château-Pignon n'est pas plus Summus qu'Ibagneta. Gaston Paris se trompe lorsque dans son article sur Roncevaux de la Revue de Paris 1921, reproduit dans ses Légendes du Moyen-âge, il parle de "la série ascendante Roncevaux-Ibagneta-Altobiscar-Château-Pignon". Il n'y a série ascendante que de Roncevaux au groupe faitier Altobiscar-Bentarté-Leicar-Atheca ; la longue croupe d'Orisson s'incline ensuite vers St-Jean-Pied-de-Port, et sur cette longue croupe Château-Pignon, qui n'émerge que jusqu'au plan des cimes voisines, ne peut être appelé Summus, ni pour l'altitude, puisqu'il est à 50 mètres plus bas que Bentarté et à 343 mètres plus bas que Leicar-Atheca, ni parce qu'il serait le dernier sommet avant la descente, puisque Hostatéguy qui le suit est à la même altitude que lui."
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| LA VOIE ROMAINE AU PASSAGE DE LEICAR ATHECA BASSE-NAVARRE D'ANTAN |
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France et Leizaratheka, 1410m, Redoute de Château-Pignon, 1181m, depuis le Rocher de Zerkupe.)
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mardi 17 mars 2026
PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 17 MARS 2026 SAINTE GERTRUDE ET SAINT PATRICK - GAXUXA
PROVERBE DU 17 MARS 2026 (SAINTE GERTRUDE) (SAINT PATRICK) (GAXUXA).
GERTRUDE : Gertrude de Nivelles naît à Landen (Flandres, Belgique), vers 626.
Gertrude est une moniale et sainte franque.
Première abbesse de l'Abbaye de Nivelles (Wallonie, Belgique), elle est la fondatrice et la sainte patronne de la ville de Nivelles.
Gertrude décède à Nivelles le 17 mars 659.
Sa fête liturgique est le 17 mars : ce jour-là sa statue est portée en procession dans les rues de Nivelles.
Voici ce que rapporta à son propos La Gazette de France, le 15 mars 1897 :
"17 Mars. Sainte Gertrude (VIIe siècle).
Fille de Pépin de Landen et placée au plus haut rang, Sainte Gertrude renonça aux honneurs et à la puissance, refusa l’époux que Dagobert, roi des Francs lui offrait et se livra exclusivement à la prière et aux bonnes œuvres. Après la mort de son père, elle se retira avec sa mère Ydeberge dans le monastère de Nivelles, qu'avaient fondé ces deux pieuses princesses. Gertrude donna à ses compagnes des institutions qui rendirent ce couvent célèbre. Elle fut l’objet de faveurs extraordinaires : notamment, un jour, pendant qu’elle priait devant l’autel de Saint Sixte un globe de feu apparut sur sa tête."
PATRICK : Patrick est le patron de tous les Irlandais.
| 17 MARS SAINT PATRICK |
Patrick est né au Pays de Galles, dans les années 380, à la fin de l'époque romaine.
Enlevé par des pirates Scots, Patrick est emmené en esclavage en Irlande où il devient gardien de cochons sur les pentes du mont Slemish, dans le comté d'Antrim.
Patrick réussit à s'évader, retrouve ses parents, puis va en Gaule.
A Auxerre, auprès de l'évêque Germain, Patrick reçoit la prêtrise et retourne en Irlande pour convertir les païens.
Le trèfle à trois feuilles, qui deviendra le symbole de l'Irlande, lui permet d'expliquer le mystère de la Trinité (Le Père, le Fils et l'Esprit-Saint, en un seul Dieu).
Patrick meurt vers 461, à plus de 80 ans.
GAXUXA : "Gracieuse" edo "Graciosa"-ren pareko Lapurdi aldean.
(...) Graziosa - Latineko gratiosa "eragin handikoa, amoltsua, adeitsua"adjektibotik. Aldaera hipokoristikoak : Gaxux, Gaxuxa eta Gaxi.
Baliokideak : Graciosa (gaz.) eta Gracieuse (fr.). - - / Grace Graciosa / (...)
Un décès du 17 mars : Louis Jean-Pierre, marquis de Fontanes.
Né le 6 mars 1757 à Niort (Deux-Sèvres) - Mort le 17 mars 1821 à Paris.
C'est un écrivain français.
Poète et homme d'action, Louis est à la fois l'héritier du goût de Racine et de Fénelon contre toute théorisation littéraire..., et un bon vivant doué des manières et de la galanterie de l'ancienne France.
Son père est issu d'une famille protestante d'ancienne noblesse cévenole, dépossédée de son fief par la révocation de l'édit de Nantes.
Sa mère est une fervente catholique qui a voulu que Louis soit baptisé dans la religion romaine.
Il reçoit une éducation très stricte prodiguée par un prêtre de spiritualité janséniste à la Foye-Monjault (Deux-Sèvres).
Il cherche à s'engager comme mousse dans le port de La Rochelle mais ses parents l'en empêchent et il poursuit sa scolarité au collège de la Congrégation de l'Oratoire de Niort.
Il perd toute sa famille en quelques années.
En 1777, Louis gagne Paris afin de se consacrer à l'écriture qui est sa passion.
Il publie ses poèmes et ses premières productions dans l'Almanach des Muses et le Mercure de France.
En 1780, une querelle l'oppose à Dominique Joseph Garat, qui lui reproche une licence poétique dans un poème.
Il rencontre la tante de la future impératrice Joséphine, Fanny de Beauharnais, qui le présente à son amant Claude Joseph Dorat.
Louis écrit beaucoup et rencontre un certain succès, devenant ainsi l'ami du philosophe Joseph Joubert, du poète André Chénier, ainsi que de Chateaubriand.
En 1784, avec Joubert, il se lie avec Restif de La Bretonne, qui accepte de me loger, mais se fâche avec lui en prenant pari dans ses conflits conjugaux.
Au début de la Révolution, étant plutôt modéré, il est partisan d'une monarchie éclairée.
De 1789 à 1791, il devient journaliste et rédige de courageux éditoriaux dans Le Modérateur.
Durant la Terreur, en 1792, Louis se retire dans des cachettes secrètes dans Lyon.
Il y épouse Chantal Cathelin, une riche héritière, avec laquelle il aura deux filles.
Ce mariage met fin à ses difficultés financières mais Lyon est assiégée et bombardée par les troupes de la Convention.
Il est arrêté, relâché et réussit à s'enfuir en Normandie.
Louis trouve refuge à Sevran chez la poétesse Adélaïde-Gillette Dufrénoy.
Il devient membre de l'Institut après la chute de Robespierre.
Au coup d'Etat du 17 fructidor an V (4 septembre 1797), il doit à nouveau fuir.
Il gagne d'abord Hambourg, puis en Angleterre, où il retrouve son ami Chateaubriand.
Louis rentre à Paris, d'abord clandestinement, avant le coup d'Etat du 18 brumaire, et devient critique au Mercure de France.
Il gagne la faveur de Bonaparte, devenu Premier consul, qui le fait rayer de la liste des proscrits, et le rétablit dans son fauteuil de l'Institut.
Napoléon Bonaparte lui confie même l'honneur de prononcer, en février 1800, l'hommage funèbre de la mémoire de George Washington sous la coupole des Invalides.
Il est nommé professeur de belles-lettres au Collège des Qautre-Nations, et membre de l'Institut de France.
Restaurer la France ruinée : tel est désormais le but de Fontanes.
Dès lors, sa carrière officielle est éclatante : Louis devient député en 1802, membre de l'Académie française en 1803, membre du Corps législatif en 1804, et son président en 1805.
En 1808, il est fait Grand maître de l'Université par Napoléon, et à ce poste, il s'emploie à nommer des oratoriens, de fins lettrés.
Ces nominations vont contribuer à former la jeune génération des poètes romantiques.
Son oeuvre en faveur de l'Université et de l'enseignement est importante, créant les lycées et réorganisant entièrement le système scolaire français.
Louis devient sénateur en 1810.
Napoléon 1er le nomme Comte de l'Empire en 1808.
Il est secrètement royaliste, mais il sert l'empereur avec fidélité.
Ses relations avec Napoléon se refroidissent à partir de 1809.
Le 14 avril 1814, Napoléon doit abdiquer.
Quelques jours plus tard, le 22 avril, Louis harangue le comte d'Artois, puis le 3 mai, il prononce un discours en faveur du roi Louis XVIII.
Celui-ci le nomme ministre de l'Instruction publique, membre du conseil privé, Pair de France, et le décore du Grand cordon de la Légion d'honneur.
Après les Cent-Jours, le 22 juin 1815, Louis vient accueillir le roi à Saint-Denis.
Le roi Louis XVIII le fait marquis le 31 août 1817.
Atteint de troubles vasculaires, il meurt le 17 mars 1821, à 64 ans.
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| LOUIS DE FONTANES |
Voici le proverbe du mardi 17 mars 2026 :
DATZANA OREKI, JEIKITEN KUKUSOEKI.
Qui se couche avec le chien se réveille plein de puces.
(Source : https://www.herodote.net/ et Wikipédia et https://www.euskaltzaindia.eus/)
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UN DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DES BASSES-PYRÉNÉES PAR PAUL RAYMOND EN 1863 (quatrième et dernière partie)
UN DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DES BASSES-PYRÉNÉES EN 1863.
Paul Raymond, né Paul Raymond Lechien, est un archiviste et historien français qui était en poste à Pau, au 19ème siècle et une des principales sources paléographique et lexicographique du Béarnais.
Voici ce que rapporta à ce sujet Pierre Bayaud, Directeur des Services d'Archives des Basses-
Pyrénées, dans le Bulletin du Musée Basque N° 25-26 en 1964 :
"Le Dictionnaire topographique des Basses-Pyrénées et son auteur l'archiviste Paul Raymond (1833-1878).
... "Une note du 23 septembre 1862 dit :
"M. A. de Barthélémy garde la lettre de M. Paul Raymond. On lit sur la chemise de F-17, 3304, I : "le Dictionnaire se composera de 29 feuilles". Il avisera à préparer soit une préface soit à insérer des notes explicatives."
Barthélémy ayant laissé paraître l'ouvrage sans y rien ajouter, il est fort regrettable de n'avoir pas cette lettre de Paul-Raymond ; peut-être donnait-elle quelque clarté sur la façon dont ce travail avait pu être mené à bonne fin en si peu de temps. Le 8 novembre 1862 Raymond renvoyait au Ministère "la 2e épreuve des placards Nos 1 à 5 du Dictionnaire. J'ai corrigé avec le plus grand soin ces épreuves".
Ce même jour le Ministère propose au Préfet des Basses-Pyrénées l'acquisition d'un certain nombre d'exemplaires de l'ouvrage :
"M. le Préfet, Le "Dictionnaire Topographique des Basses-Pyrénées", publié sous les auspices et aux frais de mon Ministère, par M. Paul Raymond, archiviste de votre Département, est en ce moment sous presse à l'Imprimerie Impériale. Avant de faire décomposer les feuilles déjà imprimées, je crois devoir vous demander, M. le Préfet, si vous ne jugeriez pas utile de prélever, sur les fonds du Département, la somme nécessaire à l'acquisition d'un certain nombre d'exemplaires du "Dictionnaire des Basses-Pyrénées". Les frais de composition étant supportés par mon Ministère, vous comprenez que la dépense serait peu élevée puisqu'elle se bornerait au prix du papier et du tirage à part. Cent exemplaires, par exemple, ne coûteraient au plus que 205 francs. Cette considération de l'extrême modicité de la dépense, et surtout de l'intérêt qui s'attache pour chaque Département à posséder son Dictionnaire Topographique, m'ont déterminé, M. le Préfet, à vous soumettre cette proposition. Précédemment vos collègues d'Eure-et-Loir et del'Yonne m'ont demandé de réserver pour le compte de leur Département, le premier 600 exemplaires, le second 200 exemplaires du dit "Dictionnaire, afin d'en faire placer un danschaque Commune, dans les Tribunaux Civils et de Commerce, dans les Justices de Paix, et pour en faire don à MM. les Membres du Conseil Général, des Conseils d'Arrondissement, et auxdifférents Chefs de leur Administration. Je ne doute pas que le Conseil Général des Basses-Pyrénées ne s'empresse de ratifier ce que vous aurez jugé convenable de décider à ce sujet."
Le 15 novembre, le Préfet G. d'Auribeau répondait :
"J'ai l'honneur de faire connaître à V.E. que je ne dispose d'aucun crédit pour cette nature de dépenses, celui affecté à la Bibliothèque Administrative étant à peine suffisant pour solder les abonnements aux publications périodiques, et celui réservé pour dépenses imprévues se trouvant entièrement épuisé. "
Arrivons au 2e semestre 1863. Une lettre de Paul Raymond du 15 juillet nous révèle ceux qui lui ont facilité sa tâche :
"Monsieur le Ministre, l'impression du "Dictionnaire Topographique des Basses-Pyrénées" venant d'être entièrement terminée, j'ai l'honneur de prier V.E. de vouloir bien porter sur la liste des personnes qui auront part à la distribution des exemplaires de cet ouvrage, celles dont les noms suivent ; elles m'ont fourni d'utiles renseignements pour la rédaction du "Dictionnaire". MM. Lemoine, Professeur agrégé d'histoire au Lycée de Pau ; Hatoulet, Bibliothécaire-Archiviste de la ville de Pau ; l'abbé Menjoulet, Archiprêtre d'Oloron ; Balasque, Juge au Tribunal Civil de Bayonne ; Dulaurens, Bibliothécaire-Archiviste de la Ville de Bayonne ; Campardon, Archiviste aux Archives de l'Empire, à Paris ; Croset, correspondant du Ministère, Archiviste à Agen ; Montigny, Professeur de rhétorique au Lycée de Sens, qui a bien voulu se charger de recherches spéciales à Paris."
Ainsi, Raymond rendait hommage dans le Département à Hatoulet, bien connu pour son édition des "Fors du Béarn", à l'abbé Menjoulet, auteur d'une précieuse chronique du Diocèse d'Oloron, à deux bayonnais, Balasque et Dulaurens, qui tiennent une place importante parmi les historiens de cette cité.
Le 18 août 1863, le Ministre prenait l'arrêté suivant :
"Quinze exemplaires du "Dictionnaire Topographique des Basses-Pyrénées" sont mis à la disposition de M. Paul Raymond, Archiviste du Département, correspondant à Pau, en considération des soins qu'il a donnés à cette publication."
Le lendemain, lettre à Raymond :
"Monsieur, en vous réitérant l'expression de ma gratitude pour les soins que vous avez donnés à la publication du "Dictionnaire Topographique des Basses-Pyrénées", j'ai l'honneur de vous informer que je viens de mettre à votre disposition 15 exemplaires de cet ouvrage. Vous pourrez ainsi, Monsieur, offrir votre travail aux diverses personnes que vous m'indiquez dans votre lettre du 15 de ce mois, comme vous ayant fourni d'utiles renseignements."
Dès le 5 juillet, un article d'E. Vignancour dans le "Mémorial des Pyrénées", attirait l'attention sur ce travail de "bénédictin" et reproduisait l'article relatif à "Lescar" pour donner une idée de l'ouvrage.
Ce "Dictionnaire", établi en 2 ans, est donc un véritable tour de force. Il contient XX-208 pages. Les XX pages d'introduction comportent :
1. — La description physique, pp. I-II.
2. — La géographie historique, pp. III-XVI :a) époque gauloise : pp. III-IV,b) domination romaine : pp. IV-V,c) divisions ecclésiastiques : pp. V-VII,d) organisation civile et judiciaire jusqu'en 1789 : pp. VII-X,e) organisation en 1790 : p. X,f) organisation civile en 1863 : pp. XI-XVI.
3. — Liste alphabétique des sources où l'on a puisé les renseignements contenus dans ce Dictionnaire : pp. XVI-XX, à trois colonnes.
Comme sources extérieures au Département, Raymond signale le fonds de l'Ordre de Malte aux Archives de la Haute-Garonne, les Aveux de Languedoc aux Archives de l'Empire (Nationales), la collection Duchesne (volumes 99 à 114, renfermant les papiers d'Oïhenart), et des Registres d'aliénations du Diocèse de Dax, à la Bibliothèque Impériale (Nationale).
Comme sources imprimées : La très précieuse "Histoire de Béarn" de Pierre Marca (1640), qui contient la mention de maints documents disparus, comme le "Cartulaire de l'Evêché de Lescar" et celui de l'Abbaye de Sauvelade. Pour la Navarre : Martin Biscay, "Derecho de naturaleza que la Merindad de San Juan del Pie del Puerto, una de las seis de Navarra, tiene en Castilla" (1622, petit in-4°) ; Camara de Comptos, titres publiés par José Yanguas Miranda, "Diccionario de Antiguedades del Reino de Navarra" (1840, 4 vols. in-4°, Pamplona).
A noter que les seules cotes précises données dans le "Dictionnaire" correspondent au Tome I des Inventaires-Sommaires paru presque simultanément. Par contre, les renvois cotés "E" doivent être cherchés dans le 2e inventaire de la série B.
IV. — Pertes et préservation de documents :
L'incendie des Archives Départementales en novembre 1908 a détruit 400 liasses et registres de la Série B, principalement du XVIe siècle inventoriés par Raymond, tout le fonds administratif de la Révolution et du XIXe siècle.
Les 40 dernières années ont vu des dons et dépôts importants pour le Béarn et le Pays Basque.
Les dons Batcave, Bauby, Chanoine Dubarat, Schloesing et Chanoine Laborde, ont apporté des compléments à l'histoire du Béarn. — Qu'il me soit permis ici de saluer la mémoire du Chanoine Laborde, cet incomparable connaisseur de l'histoire béarnaise, qui lisait encore sans lunettes des textes du Moyen Age et du XVIe siècle, le 6 août dernier, à près de 85 ans, et qu'un infarctus terrassait le 18. — La plupart des minutiers béarnais sont aussi déposés aux Archives Départementales jusqu'au milieu du XIXe siècle et même un peu au delà.
Pour le Pays Basque, représenté autrefois par les seuls Notaires souletins Ohix, Johanne et Bérétérèche, il y a maintenant des fonds notariaux importants ; ils datent du débutdu XVIIe s. pour Bayonne et Saint-Jean-de-Luz. Une étude bayonnaise a versé le XIXe siècle entier. Raymond est complété sur ce point par deux répertoires numériques imprimés et unrépertoire dactylographié.
On doit à feus le Dr Constantin et Etchats (de Beyrie-sur-Joyeuse) quelques documents intéressants sur les provinces basques. Mais le fonds privé le plus intéressant est celui quia été déposé le 20 février 1959 par Me Clérisse, celui d'Urtubie, y compris les Lalande d'Urtubie, qui va de 1493 à 1841 ; beaucoup de pièces concernent Urrugne, Saint-Jean-de-Luz et Ciboure, quelques-unes la première guerre carliste ; un répertoire numérique de la Série J fera connaître ces dons. — Les Archives détiennent aussi 2 importants registres du Bilçar (Assemblée Générale du Labourd) pour le XVIIIe siècle.
En matière d'Histoire rien n'est inutile : Les documents venant de familles de hauts personnages comme celles de notabilités locales, peuvent tous avoir beaucoup d'intérêt. Qu'il me soit permis d'insister auprès des détenteurs de pièces d'histoire générale, régionale ou locale, pour qu'ils les signalent à des Organismes Publics comme, en me plaçant dans le cadre de notre Département, les Archives Départementales, le Musée Basque, la Bibliothèque de Bayonne, etc. Sans doute aimerait-on qu'ils en fassent le dépôt ; mais certains, peut-être beaucoup, tiennent à conserver les archives dont ils ont hérité ou les collections qu'ils ont réunies à grand-peine. C'est là un sentiment très légitime. Mais qu'ils ne gardent pas ces documents sous le boisseau, si je puis m'exprimer ainsi, qu'ils en permettent l'examen, que des microfilms soient établis de toutes les pièces intéressantes afin que les travailleurs puissent en tirer parti, en tenant compte des réserves que peuvent faire les propriétaires.
Il ne faudrait pas qu'à l'avenir on voit des disparitions ou des destructions infiniment regrettables comme celles des Archives du château d'Uhart, qui étaient déposées en 1892 au presbytère de Garris, ou des 15 000 lettres qui se trouvaient en 1868 au château de Cabidos, près d'Arzacq, appartenant au baron de Trubessé."
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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