Travaux faits. — Diverses attaques ont été faites sur un filon de fer carbonate, puissant de 2 mètres, dirigé N. 20 à 35 E. et incliné de 50 à 60 vers l'est. Les roches encaissantes sont les schistes de transition, mais au bas de la vallée, l'on observe les roches ophitiques (porphyres verts amphiboliques), autour desquelles apparaissent des amas de gypse.
L'attaque principale que j'ai visitée a 50 à 60 mètres de longueur. Sur les 30 derniers mètres, l'on a tout pris, jusqu'aux affleurements, c'est-à-dire sur une hauteur de 20 mètres.
A 20 mètres au-dessous de cette attaque, l'on avait commencé une galerie à travers-bancs que l'on arrêta avant d'avoir recoupé le filon. D'après Dietrich, il ne manquait à faire, au moment de la suspension de cette galerie, qu'une dizaine de mètres pour atteindre le but.
.jpg) |
PHILIPPE-FREDERIC DE DIETRICH 1748-1793 |
Ce gisement de Lisquetta étant distant de près de 5 kilom. des dernières attaques faites au sud du filon d'Ustéléguy, l'on ne peut assurer que les deux filons n'en font qu'un seul, mais l'on peut dire qu'il y a entre eux une correspondance évidente ; qu'ils sont au moins de la même formation géologique et identiques dans tous leurs caractères.
Gisement de fer oligiste d'Occos, d'Irouléguy et d'Anhaux.
La vallée transversale reliant Baïgorry à Saint-Jean-Pied-de-Port, et dans laquelle se trouvent les villages d'Occos-d'Irouléguy et d'Annaux, est formée des marnes calcaires et argileuses de la partie supérieure du grès bigarré.
C'est dans ces marnes que se trouvent plusieurs couches de fer oligiste, à cassure brillante, dont l'épaisseur en minerai varie de 0,50 à 1,30 et qui ont été exploitées pour fournir à l'alimentation du haut-fourneau de Banca.
 |
| HAUT FOURNEAU DE BANCA PAYS BASQUE |
Gisement de fer oligiste de Béléchy.
Ce gisement s'observe, à 5 kilom. au nord-ouest de l'usine de Banca, dans le quartier de Béléchy et à quelques centaines de mètres au-dessous et au sud-sud-ouest du col de Aarça.
Dirigé N.-S. et incliné à l'est, la puissance de ce filon varie de 1,50 à 2 mètres ; il est encaissé dans des schistes de transition.
Ce minerai de fer oligiste, qui est sans action sensible sur l'aiguille aimantée, est écailleux, de couleur gris noir ; il se divise en paillettes brillantes, douces au toucher. Les parties qui ne sont point tout à fait pures sont mélangées de quartz, de feldspath et de fer carbonate.
Les travaux faits ont consisté en une attaque de quelques mètres de longueur.
Gisement de fer spathique et d'hématite d'Escourléguy.
A 5 kilom. au N.-O. de l'usine de Banca, sur la rive droite et à une quarantaine de mètres au-dessus du ruisseau le Gaharsum, l'on observe des traces d'anciens travaux, ouverts sur un filon dirigé sur les 9 heures. Ce filon, dont je n'ai pu constater la puissance, à cause des éboulements, est encaissé dans les schistes de transition, et le minerai qu'il renferme est un mélange d'hématite brune et de fer spathique.
Voici l'analyse de ce minerai telle qu'elle est rapportée dans l'ouvrage de M. Berthier :
Carbonate de fer 0,862
Carbonate de manganèse. ... 0,008
Carbonate de magnésie 0,112
Carbonate de chaux ...... 0
Guangue 0,018
Gisement d'hématite brune de Mizpira.
A 5 kilom. au S.-S.-O. de l'usine de Banca, dans la vallée de Hayra et à quelques centaines de mètres au-dessous du col de Mizpira, se trouvent les travaux dits de Mizpira, encaissés dans les schistes de transition, et à l'aide desquels l'on a exploité pendant assez longtemps, pour l'usine de Banca, un filon d'hématite brune de 1 mètre à 1,50 de puissance.
 |
FORGES DE BANCA 1828 BASSE-NAVARRE D'ANTAN |
Deuxième partie.
§2. — Indication des travaux à faire pour développer l'exploitation du filon de fer spathique d'Ustéléguy.
Avant de donner une indication sommaire des travaux qu'il y aurait à faire à Ustéléguy pour développer le plus possible l'exploitation de ce gisement de fer, nous allons donner un aperçu de l'importance de ce gisement, en déterminant, aussi approximativement que possible, quel est le cube de minerai à enlever.
La longueur horizontale entre la galerie à travers-bancs A et les attaques X3 sur le versant de Saint-Martin-d'Arrossa est, d'après la carte de l'état-major, de 2 200 mètres.
La hauteur moyenne verticale des divers points des affleurements au-dessus de cette galerie A est d'environ 180 mètres, soit 200 pour la ligne de plus grande pente du filon.
Quant à la puissance, nous avons vu qu'elle était variable, qu'elle atteignait de 4 à 6 mètres de minerai massif dans la galerie de niveau a, et qu'en aucun point elle ne descendait au-dessous, de 1,50 à 2 mètres.
En admettant ce dernier chiffre de 2 mètres, cela donne pour le cube à enlever :
2, 200 X 200 X 2 = 880, 000 mètres cubes, soit environ : 3 080, 000 tonnes de minerai.
Si, au lieu de prendre pour point de départ de la ligne horizontale la galerie à travers-bancs A, l'on reporte ce point de départ à l'attaque V' (c'est-à-dire au ruisseau de la Bastide), celle-ci étant à environ 800 mètres de distance horizontale de la galerie à travers-bancs A et à 100 mètres environ, suivant la ligne de plus grande pente du filon, au-dessous de la galerie de niveau a, nous aurons, pour le cube à enlever, le chiffre de :
3, 000 X 300 X 2 = 1 800, 000 mètres cubes ou : 6 300,000 tonnes.
Mais, comme dans toute exploitation il y a nécessairement des parties pauvres et stériles, je suppose que celles-ci égalent les travaux donnant du minerai ; dans cette hypothèse, qui est certainement au-dessus de la vérité, il reste toujours, pour la quantité de minerai à enlever au-dessus de l'attaque V', 3 150,000 tonnes.
 |
MINES DE BAÏGORRY PAYS BASQUE D'ANTAN
|
Travaux à faire pour développer l'exploitation d'Ustéléguy.
Nous avons vu que les derniers travaux un peu importants, faits aux mines d'Ustéléguy pour l'alimentation des forges de Banca, étaient situés sur le versant du ruisseau la Bastide, tandis que les attaques X3, les plus éloignées au nord du travers-bancs A, étaient situées sur les versants de Saint-Martin-d'Arrossa et de Bidarray.
Si, en reprenant l'exploitation d'Ustéléguy, l'on n'avait pour but que la réouverture des forges de Banca ou d'autres, sises en avant de Baïgorry, ce serait alors sur le versant de la Bastide que les nouveaux travaux d'Ustéléguy devraient être concentrés ; mais si l'on se propose d'expédier le minerai à Bayonne, ces travaux de reprise des mines d'Ustéléguy devront être ouverts sur les versants de Saint-Martin-d'Arrossa ou de Bidarray, ce qui diminuera très sensiblement les frais de transport et ceux d'entretien et de pose des voies ferrées.
Les données me manquent pour pouvoir préciser le point où il conviendra de poser cette galerie principale de sortage du minerai ; mais dès aujourd'hui nous savons qu'on pourra le placer :
à. — Dans l'un des vallons sis sur la rive droite du ruisseau le Laxarre.
b. — Ou en un point quelconque des affleurements du filon, non loin de la maison d'Arretché.
Dans l'hypothèse a, les travaux à faire seraient les suivants :
1° Galerie à travers-bancs, T, par laquelle se ferait la sortie de tout le minerai. Cette galerie serait située à environ 2 1/2 kilomètres de Bidarray.
2° Galeries de niveau t-s, poussées dans le gîte, à partir du point où celui-ci aurait été rencontré par le travers-bancs T.
3° Ouvrir, à des niveaux de 40-80 et 120 mètres au-dessus du travers-bancs T, d'autres travers-bancs T' -T"-T"'.
4° Des points de rencontre de ces travers-bancs avec le filon, pousser dans celui-ci les galeries de niveau :
t'-t"-t"'. . . . . . . S' S" S'".....
5° Relier par des cheminées, et dans le filon, toutes ces galeries de niveau t t' t" t'" . . . S S' S" S"'.
Ce travail de traçage étant en partie terminé, l'on pourrait commencer l'abatage des massifs, découpés par les galeries et cheminées.
 |
MINES DE BAÏGORRY PAYS BASQUE D'ANTAN
|
Hypothèse b. — Galerie de sortage T0, sur les affleurements.
— Dans l'hypothèse b, les travaux à faire consisteraient en :
1° Galerie de niveau T0, ouverte sur le filon en un point des affleurements et à un niveau égal où, si possible, inférieur aux attaques V', sises sur le ruisseau de la Bastide. L'orifice de cette galerie T0 serait situé non loin de la maison Arretché et à quelques centaines de mètres du point W, où le ruisseau de Doundarémo déverse ses eaux dans la nive.
2° Galeries de niveau T1-T2-T3 à ouvrir, dans le filon, à des niveaux de 25-50-70 mètres au-dessus des travers-bancs T0.
3° Relier par des cheminées ces diverses galeries de niveau et, le traçage étant terminé en partie, commencer l'abatage des massifs découpés.
En réfléchissant aux travaux que nous venons de résumer pour chacune des deux hypothèses a et b, il est facile de comprendre que la production s'élèvera proportionnellement au développement des travaux de traçage et de découpage du gîte en massifs, et que pour la faire atteindre le chiffre de 1 000-2 000 ou 3 000 tonnes par mois, il suffira d'augmenter le nombre des chantiers."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
Merci ami(e) lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.
Plus de 7 300 autres articles vous attendent dans mon blog :
N'hésitez pas à vous abonner à mon blog, à la page Facebook et à la chaîne YouTube, c'est gratuit !!!