... Quatre portes s'ouvrent sur le lorio, une de chaque côté, deux dans le fond, dont une plus petite, donne accès à l'escalier qui conduit au premier étage.
L'étable occupe le fond de l'immeuble dans toute sa largeur, au-delà du mur rejoignant les deux murs de refend. Le reste comprend les dépendances. On y loge les porcs, les instruments aratoires, etc... Dans la partie droite on remarque un vieux four désaffecté, ainsi que les vestiges du monumental pressoir à cidre d'autrefois, le dolharea.
L'escalier, qui a perdu son ancienne rampe et ses beaux balustres dont il ne reste qu'un ou deux exemplaires, est coupé par un palier d'où il se continue à angle droit. Au premier étage il débouche sur un large vestibule garni d'armoires et de ces vieux coffres très simples tels qu'on les rencontre dans toutes les vieilles fermes du pays et qui, contrairement à ceux de l'autre côté des Pyrénées,
sont en bois uni dépourvu de toute décoration.
A gauche un petit couloir conduit à la cuisine. Celle-ci occupe la partie sud-est dans l'espace compris entre le mur méridional et le mur de refend de ce côté. C'est la cuisine traditionnelle du Basque, avec sa vaste cheminée à manteau, son évier creusé dans le mur où sont aménagées aussi des étagères pour les cruches ou herrades, et ses divers meubles utilitaires. Nous avouerons qu'elle se trouve fâcheusement déparée aujourd'hui par un grand four construit à l'intérieur de la pièce entre la cheminée et l'évier, et remplaçant celui que nous avons signalé au rez-de-chaussée dans
un état qui n'en permet plus l'usage.
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HERRADE PAYS BASQUE D'ANTAN |
Centre, comme il convient, de l'installation paysanne, elle communique d'une part, avec une petite chambre suivie de deux autres du côté du midi, et, d'autre part, avec une vaste pièce qui occupe sur la façade toute la partie médiane entre les murs de refend. Cette pièce dite
sala se retrouve dans les grandes fermes de la région. C'est la chambre des maîtres de maison, de
l'etcheko-jaun et de
l'etcheko-andere, dont ordinairement les lits sont logés dans des alcôves susceptibles de se clore entièrement. Ici il n'y a pas d'alcôves. Trois grands lits sont dans la pièce, dont le milieu est occupé par une longue table. C'est l'endroit où l'on reçoit, où se donnent les grands repas à l'occasion de la fête du village ou des événements de famille.
Des deux grandes fenêtres à meneaux qui éclairent la pièce on jouit d'une vue étendue sur la campagne. Au premier plan les champs de la maison ; plus loin une chaîne de collines, dont la plus élevée se couronne d'un boqueteau qui marque l'emplacement d'une antique chapelle dédiée à
Sainte Barbe et démolie par la création d'une redoute lors des
guerres napoléoniennes. Au fond, la
ceinture de montagnes qui ferme le vallon du côté de l'Espagne.
Il n'y a pas très longtemps, paraît-il, que ces fenêtres sont munies de châssis vitrés, et encore pareille amélioration est-elle absente de la partie supérieure, maintenue close par des volets qui constituent sa seule fermeture.
En constatant les conditions de ces intérieurs d'autrefois, comme l'on comprend les avantages du
zizaïlou placé devant la cheminée et opposant aux courants d'air la défense de son haut dossier. Hélas ! ce meuble si bienfaisant est relégué aujourd'hui à
Laphitzea dans la pièce à
débarras qui communique avec la sala.
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ZUZULU OCHAGAVIA NAVARRE PAYS BASQUE D'ANTAN |
Dans cette pièce il n'est pas que des objets hors d'usage. C'est aussi un lieu de resserre pour les produits du jardin mis en conserve ou attendant, comme les tomates, une complète maturité près de la fenêtre. Au plafond pend tout un lot de balais, dont la matière est une récolte de la ferme
en bordure des champs de maïs, et la confection, l'œuvre du fermier les soirs d'hiver.
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FERME LAPHITZEA SARE BMB N°20 1941
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C'était autrefois la cuisine d'un second appartement plus petit, qui occupait la partie nord de l'immeuble. Cet appartement avait son accès propre, grâce à un escalier en pierre extérieur à la maison. Il comprenait, avec la cuisine, deux autres petites pièces. Existait-il à l'origine ? Ou
l'a-t-on créé depuis lors ? Nous n'avons pas pu être renseigné à ce sujet. De pareils appartements secondaires se rencontrent dans beaucoup d'autres grandes fermes de
Sare. En général, ils sont occupés par un ménage de vieux hors d'état de travailler ou d'ouvriers travaillant au dehors.
Toute la partie du fond de l'immeuble au-dessus de l'étable est consacrée au grenier à fourrages, du premier étage à la toiture. Ce grenier est relié à l'étable par un escalier. En outre, le long du mur ouest, des ouvertures sont aménagées dans le plancher pour permettre de pourvoir directement les râteliers.
On accède au second étage par un escalier qui continue celui du premier et dans les mêmes dispositions. Cet étage, limité vers le fond par le grenier à fourrages, n'a pas d'autres divisions que celles que lui donnent les murs de refend. Il est affecté au logement des diverses récoltes.
Le domaine comprend environ 6 hectares de culture, qui se partagent en prés et champs de labour. Cinq hectares s'étendent ainsi devant la maison et contre son mur méridional, enclos de murs sur deux autres côtés, se trouvent le jardin potager et un petit verger planté de quelques arbres
fruitiers. Sur le mur lui-même trois jeunes plants de vigne commencent leur ascension. Ce sont les successeurs d'une ancêtre disparue, la vieille treille traditionnelle aux belles grappes violettes dont les proportions se jugent par les grandes pierres taillées en forme de crochet qui furent
fichées dans la muraille pour soutenir ses branches et s'y voient encore, comme aussi dans plusieurs fermes voisines.
A la suite du potager, et exposé comme lui au midi, est cultivé un petit champ de vigne dont la récolte assure le vin nécessaire à la consommation familiale.
Derrière la maison, du côté du nord, un terrain ouvert la sépare du chemin qui mène en Espagne. Il est planté d'une douzaine de vieux chênes taillés en têtards, suivant la pratique générale du pays. Ce terrain ainsi boisé, rude et raviné, présente un échantillon — il s'en rencontre pas
mal ça et là — de la nature de la contrée avant les défrichements qui l'ont transformée peu à peu.
De l'autre côté du chemin, le domaine se continue sur les premières pentes de la montagne. Il y a un hectare de prés, tout autant de bois, et, plus loin, sur la hauteur, des fougeraies, dont quelques-unes remplacent d'anciennes châtaigneraies que la maladie a fait disparaître.
Dans un voyage fait il y a quelques années à travers le pays basque, M. Rivière, conservateur du Musée des Arts et Traditions, installé au Palais de Chaillot à Paris, remarqua tout spécialement Laphitzea. Il vient d'en demander le classement au Ministère des Beaux-Arts comme type de
ferme labourdine.
Pierre Dop."