dimanche 24 septembre 2017

L'HEURE D'ÉTÉ AU PAYS BASQUE EN 1923

L'HEURE D'ÉTÉ VOIT LE JOUR EN FRANCE EN 1917.

C'est le député André Honnorat qui le propose en 1916 et c'est une loi votée le 19 mars 1917 qui va l'instituer.


L'heure d'été est un système consistant à ajuster l'heure locale officielle, en ajoutant une heure 

à celle du fuseau horaire dit normal, pour une période allant généralement du début du 

printemps au milieu de l'automne, ce qui a pour effet de retarder l'heure à laquelle le soleil se 

lève et se couche.


En 1923, un débat est ouvert au Pays Basque pour le maintien ou pas de cette heure d'été.


pays basque autrefois
GRANDE EXPOSITION INTERNATIONALE BAYONNE - BIARRITZ 1923
PAYS BASQUE D'ANTAN


La presse locale prêta ces colonnes au débat.

  • La Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays Basque, le 30 mars 1923, commençait le 
débat :

"L'Avance de l'heure. 

On peut être partisan, on peut être adversaire de l’heure d’été. Les adversaires paraissent avoir pour eux la science et la logique :"Eh quoi disent-ils, les humains que nous sommes, les habitants de notre pauvre petite machine ronde, unité secondaire dans le système solaire, peuvent-ils avoir la prétention de modifier au gré des saisons, la marche du Soleil ?..." 

A quoi les partisans de l’avance répondent : "Nous n’avons d'autre prétention que de permettre au Pays, à l'époque où il en a tant besoin et par une modification du système horaire, de réaliser des économies; de favoriser le Tourisme et et le Sport; de donner enfin plus de bien-être aux travailleurs."

Quoiqu'il en soit deux thèses s’affrontaient et le gouvernement semblait bien décidé à donner son appui à la seconde. Mais les ruraux ont redoublé d’efforts, sans apporter d’autres arguments que ceux de sentiment qu’ils avaient déjà produits. 

Cette opinion est d’ailleurs respectable, mais on eut pu s’attendre à ce que l’intérêt général l’emportât. 

Or qu’arrive-t-il ? 

Pour satisfaire aux uns et aux autres, il paraît qu’on aurait trouvé une demi solution qui leur donnerait, espère-t-on, une demi satisfaction. On décidera, par simple mesure administrative, d’adopter l’heure du méridien de Strasbourg, qui avance d’une demi-heure sur l’heure normale de Paris. Nous craignons bien qu’à vouloir satisfaire tout le monde, on ne satisfasse personne. Et quelle va être la situation de la France, avec sa demi-heure d’avance alors que les antres pays voisins ont, sans hésité, avancé d’une heure leurs horloges ? Que de complications internationales ! que de troubles ! que de gêne pour les voyages, pour les échanges et pour beaucoup d’autres raisons encore. 

Nous en savons beaucoup qui regretteront qu'on s'en soit tenu à une demi-mesure et que les pays intéressés n’aient pu se mettre d’accord pour une heure unique."


pays basque autrefois
L'HÔPITAL MILITAIRE DE BAYONNE - BAIONA 1923
PAYS BASQUE D'ANTAN



pays basque autrefois
INAUGURATION STATUE LEON BONNAT BAYONNE - BAIONA 1923
PAYS BASQUE D'ANTAN

  • La Gazette de Bayonne, le 29 avril 1923, poursuivait :

"L’Heure d’Été

Ce que dit le Président de la Chambre de Commerce de Paris.

Nous avons dit hier et nous ne lâcherons pas la question, s’il nous est permis d'ainsi nous exprimer, tant que nous n’aurons pas obtenu autre chose que de vagues arguments ; nous avons dit que l’Heure d'Eté était indispensable à la prospérité pendant la belle saison de nos stations balnéaires et de nos villes touristiques et climatiques ; Bayonne, Biarritz et aussi toute la Côte Basque. 

Voici un avis qui a son intérêt, c’est celui du président de la Chambre de Commerce de Paris, bien placé pour parler en connaissance de cause, en considérant l’intérêt général. 

A un de nos confrères qui lui demandait son sentiment sur le rétablissement de l'heure d’été, M. Roger, président de la Chambre de Commerce, a répondu : 

"Notre Chambre est favorable à l’heure d’été en 1923, comme elle l’a toujours été depuis le -dépôt de la première proposition de loi de M. Honnorat. Les arguments en faveur du rétablissement de l’heure d’été sont tellement connus et convaincants, que vraiment on n’ose plus les développer de nouveau. 

C'est une réforme modeste, mais singulièrement bienfaisante, précieuse, dans la situtyion financière du pays, par les économies qu’elle procure, démocratique au premier chef par ses répercussions morales, inoffensive en somme, puisque par mille précautions, on s’était efforcé d’atténuer la plus petite gêne dont elle pouvait être la cause.

Le plus gros argument, à mon avis, c’est l’argument "économie". J’ai été récemment en Angleterre, j’ai assisté à Rome au Congrès de la Chambre de Commerce Internationale, je reviens de Bruxelles et les Anglais, les Italiens, les Belges m’ont tenu ce petit discours : "La France se  plaint  de sa situation financière, elle a certes raison de poursuivre les réparations  qui lui sont dues, mais elle ne fait pas les économies qu'elle pourrait faire. Votre Parlement ne veut pas de l’heure d’été : or, d'après vos calculs, l’adoption de l’heure d'été, ce sont 150 à 200 millions d’économie. Faites au moins des « économies qu’il vous est possible et si facile de faire. 

Et ces étrangers avaient raison. Ils ont d’autant plus raisons que les citadins sont partisans de l’heure d’été et que c’est une légende cette prétendue opposition du paysan français. 

L’heure d’été n'empêche pas le paysan de commencer et de terminer son travail quand cela lui plaît. "

Parlant ensuite de l’heure de Strasbourg. M. Roger a dit que c’était une demi-mesure ne donnant pas même satisfaction à la Chambre de Commerce de Strasbourg. 

A ces considérations générales, qui sont déjà de poids, nous nous promettons d’en ajouter d’autres, qui sont spéciales à notre région."


pays basque autrefois
LA GRANDE PLAGE DE BIARRITZ - MIARRITZE 1923
TABLEAU DE JACQUELINE MARVAL
PAYS BASQUE D'ANTAN



pays basque autrefois
PUBLICITE CHOCOLATERIE BIARRITZ - MIARRITZE 1923
PAYS BASQUE D'ANTAN

  • La Gazette de Bayonne, le 23 mai 1923, ajoutait :

"L’Heure d’Été est d’intérêt national. 8 membres de la Commission sénatoriale contre 6 se sont prononcés contre la réforme... mais 22 étaient absents. Comment voteront-ils ? Et puis il s’agit de savoir si le Sénat osera s’opposer à une mesure nécessaire à la prospérité du Pays et au régionalisme, à commencer par la Côte Basque — et même toute la côte balnéaire, de Dunkerque à l’Adour ? " 



Merci ami lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans ce 639ème article.


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