jeudi 28 septembre 2017

LE JUBILÉ SPORTIF DE CHIQUITO DE CAMBO LE 20 AOÛT 1938 AU PAYS BASQUE


LE JUBILÉ  SPORTIF DE CHIQUITO DE CAMBO EN 1938.

Dans un contexte sportif, un "jubilé" correspond à une célébration pour rendre honneur à un joueur ayant longtemps rendu service à une équipe.

Dans le cas de la pelote, c'est plutôt un hommage à un sportif exemplaire de ce sport, en 

l'occurrence Chiquito de Cambo, après 40 ans de carrière.

Voici comment se passa cette cérémonie, racontée dans Paris Soir, le 20 août 1938, par Gaston 

Benac :


"Le doyen des champions Français Chiquito de Cambo, l'invaincu, fête dimanche ses 40 ans de 

sport.

Le 20 août 1908, à dix-sept ans, il battait le "pelotari" Arrué et, depuis, le bras de ce grand 

enfant coléreux et bohème n'a jamais faibli.

pays basque autrefois
CHIQUITO DE CAMBO
PAYS BASQUE D'ANTAN

J'ai connu une Anglaise d'âge mûr, fidèle habituée du pays basque, qui pour tous les sourires 

des jeunes premiers de la région, n'eût pas voulu manquer un match de Chiquito de Cambo, 

qu'il se jouât à Saint-Jean-de-Luz, à Biarritz, à Saint-Jean-Pied-de-Port, à Sare ou à Ascain.

- Vous aimez donc la pelote basque à chistera à ce point ? demandai-je un jour à l'obstinée 

Britannique.

— Non, pas du tout, ce qui m'intéresse c'est le caractère de Chiquito de Cambo, ou plutôt son 

mauvais caractère. J'aime le voir en colère, invectivant ses partenaires, ou adversaires, les 

spectateurs. C'est un vilain caractère, donc c'est une personnalité captivante.

Les sautes d'humeur de Chiquito de Cambo constitueront et constituent encore une véritable 

attraction. Il faut l'avoir entendu pousser un petit cri de chat lorsqu'il envoie la balle trop loin 

pour que l'arrière adverse puisse la saisir, ou rugir ou jurer lorsqu'il manque un point, ou 

encore, le voir se mettre à genou et frapper sa tête contre le fronton ou contre la terre, jeter son 

chistera, quitter la place pour savoir ce qu'est un athlète coléreux, qui, aimant son sport par 

dessus tout, ne peut se faire à l'idée qu'il peut être battu.

pays basque autrefois
CHIQUITO DE CAMBO
PAYS BASQUE D'ANTAN



pays basque autrefois
CHIQUITO DE CAMBO
PAYS BASQUE D'ANTAN



pays basque autrefois
CHIQUITO DE CAMBO
PAYS BASQUE D'ANTAN


pays basque autrefois
CHIQUITO DE CAMBO
PAYS BASQUE D'ANTAN



pays basque autrefois
CHIQUITO DE CAMBO
PAYS BASQUE D'ANTAN



pays basque autrefois
CHIQUITO DE CAMBO
PAYS BASQUE D'ANTAN



pays basque autrefois
CHIQUITO DE CAMBO
PAYS BASQUE D'ANTAN

Chiquito est un grand enfant qui extériorise violemment ses joies et ses peines, qui ignore en 

quoi consiste l'art de dissimuler un sentiment. Il est tout d'une pièce, il faut le prendre tel qu'il 

est.

Un jour j'avais écrit que Eloy, l'athlète espagnol, Eloy son grand rival était un "pelotari 

gentleman".

Il battit Eloy après avoir rugi comme plusieurs lions, après l'avoir injurié sur le fronton et il 

reste brouillé avec lui, rompant trente ans d'amitié pendant plusieurs mois. En ce qui me 

concerne, Chiquito pour lequel je n'ai qu'admiration, resta fâché avec moi pendant toute une 

saison.

Un jour un mécène étranger lui proposa une somme cinq fois supérieure à celle de son cachet 

pour se faire battre. Chiquito serra les dents sans répondre. Il écrasa son rival, et le match 

terminé il alla jeter son chistera et plusieurs balles aux pieds du mécène.

— "Apprenez que Chiquito ne se vend pas. Allez en chercher d'autres, vous ne trouverez pas 

un Basque à vendre."

Chiquito qui depuis quarante ans promène sa fierté et ses colères sur tous les frontons, 

l'homme qui a 57 ans a encore le bras le plus fort de France pour envoyer la balle sur le mur 

blanc, après avoir gagné des fortunes, ne vit que de ses seuls gains de joueur. Chiquito, on peut 

le dire, n'a réalisé aucune économie.

L'homme qui fut adulé à Paris, à Buenos-Aires, à Rio, qui fut la grande vedette sportive 

pendant plus d'un quart de siècle, n'a pas fait un sou d'économie. Les managers et. 

l'insouciance brûlèrent au fur et à mesure les billets qu'il gagnait facilement...

Et quel enfant ! Savez-vous que chaque nuit de Noël une main amie dresse dans la chambre de 

Chiquito, pendant son sommeil, un arbre de Noël et que le grand pelotari, à son réveil, saute de 

joie, bat des mains et décroche du sapin un paquet de cigarettes, un cigare ou un grand 

chistera.

Et voici que Chiquito de Cambo, le plus ancien des champions français de premier plan 

toujours en exercice, magnifique figure du sport, décoré d'ailleurs il y a trois ans de la Légion 

d'honneur, va fêter dimanche, à Biarritz, sur le beau fronton d'Aguilera, ses quarante ans de 

sport.

Il y a quarante ans en effet, le 20 août 1898, le grand champion, M. Chistera Arrué, vedette 

imbattable, venait d'être défié sur le coquet fronton de Combes, par un jeune, par un inconnu. 

On allait voir Arrué dans ses œuvres, sans se soucier du nom de son adversaire, battu d'avance. 

Mais l'allure, l'élégance, la puissance, la finesse d'Arrué avaient attiré ce jour-là tous les 

fervents de la pelote dans la région de Saint-Jean-Pied-de-Port à Bayonne. On était venu en 

landau, en victoria, en perdinière, de partout à la ronde.

— Croyez-vous, disait-on, ce gamin du pays a eu l'audace d'appuyer son défi à Arrué de la 

somme de 1.000 francs.

Mille francs c'était beaucoup pour l'époque. Mais une dizaine d'habitants de Cambo, parmi 

eux le curé, s'étaient cotisés pour faire la somme.

Et voici la surprise. Le gamin, loin de se laisser écraser comme on le supposait, par Arrué, plus 

vif et plus souple que son adversaire, prit vite l'avantage. Encouragé par la foule, le petit 

Chiquito fonçait, renvoyait la balle, et essoufflait Arrué. Il gagnait par 50 points à 25.

— Quel est son nom ? Qui est-il ? Quel est son âge ? Interrogeaient ceux qu'on appelait les 

"étrangers.

L'inconnu s'appelait Joseph Apesteguy. Il n'avait pas encore 17 ans. Mais le soir même il 

n'était plus question d'Apesteguy, mais de Chiquito de Cambo dont la victoire eut un 

retentissement énorme aussi bien en Espagne qu'en Amérique du Sud où on lui fit un pont d'or.

Peu de temps après, Chiquito de Cambo devait trouver dans le futur Edouard VII, alors prince 

de Galles, un grand protecteur et ami. A tel point que lorsqu'il monta sur le trône, Edouard 

VII appela Chiquito à Buckingham Palace, où il disputa plusieurs matches. Le roi d'Angleterre 

avait décidé de le garder au Palais comme professeur de pelote basque et de faire construire un 

fronton, lorsque la mort vint mettre fin à ses projets.


pays basque autrefois
CHIQUITO DE CAMBO ET LE ROI EDOUARD VII
PAYS BASQUE D'ANTAN



pays basque autrefois
CHIQUITO DE CAMBO ET LE ROI EDOUARD VII
PAYS BASQUE D'ANTAN

Et Chiquito de Cambo, depuis 1898, est sur la brèche, après les quatre ans d'interruption de la 

guerre dans laquelle il fit son devoir comme lanceur de grenades.

Aujourd'hui, à 57 ans, s'il s'est un peu alourdi, son bras est aussi solide qu'à 17 ans. Il est 

encore Chiquito, l'invincible, le rageur, le glorieux bohème de la pelote, sorte de Don Quichotte 

des frontons.

Il les a tous battus, les Espagnols, les Argentins, les Français, et le jeune phénomène Urruty a 

dû s'incliner au grand chistera devant le vieux lion déchaîné."


(Source : WIKIPEDIA)


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