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lundi 8 mars 2021

MARI LUIXA ERDOZIO UNE FEMME BERTSOLARI D'ASCAIN EN LABOURD AU PAYS BASQUE

MARI LUIXA ERDOZIO UNE FEMME BERTSOLARI.



Depuis des centaines d'années, les improvisateur.rice.s (bertsulariak) ont chanté leurs vers rimés et strophés en langue Basque, en public, lors de joutes oratoires.



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L'IMPROVISATEUR DE ROBY
MUSEE BASQUE BAYONNE


Tous les 8 mars, à l'occasion de la journée internationale des femmes (le 8 mars est devenu la 

journée internationale des femmes suite à une décision du congrès des femmes socialistes, à 

Copenhague en 1910), je vous propose de découvrir ou de redécouvrir le portrait de femmes 

remarquables du Pays Basque, comme les femmes Républicaines emprisonnées à la prison de 

Saturraran (entre 1937 et 1946), Marga d'AndurainMargot Duhalde ou les soeurs Feillet.



Cette année, je veux mettre en lumière une femme bertsolari exceptionnelle : Mari Luxia 

Erdozio, appelée également Maria Luisa Osorio ou Osollo.



En effet, cette femme, née à Ascain, en Labourd, le 13 octobre 1846, a été une des

meilleures bertsolari de son époque.


Mari Luixa était agricultrice à la ferme "Patitenia" d'Ascain.



Elle participe à des joutes verbales, et en particulier lors des Jeux Floraux (Lore Jokoak

d'Antoine d'Abbadie d'Arrast.



Elle rivalise et gagne même contre des improvisateurs de très grande renommée, comme Bettiri 

(Piarres Ibarrart) de Jaxou ou Joanes Etcheto (Senpereko Errient).


En 1869, à Sare, elle finit première ex-aequo avec Bettiri.




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FÊTE DE L'EGLISE SARE 1867
PAYS BASQUE D'ANTAN 



Voici ce que rapporta Jules Vinson, en 1870, au sujet de cette joute :



"La fête locale de la commune de Sare est remarquable entre toutes celles du pays basque. M. Antoine d’Abbadie, de l’Institut, envoie tous les ans au maire de Sare une somme de 830 francs qui doit être distribuée, pendant la fête, en primes diverses...Quatre-vingts francs sont attribués au plus habile improvisateur et une somme égale est accordée à l'auteur de la pièce de poésie jugée la meilleure par une commission spéciale instituée par le donateur ; de plus, grâce à la générosité de M. de Laborde-Noguez, d’Ustaritz, un makhila (sorte de canne nationale) argenté est remis à l’auteur du poème écrit qui a été couronné.



Sare est un charmant village, à vingt-huit kilomètres de Bayonne, à treize kilomètres de Saint-Jean-de-Luz,...



...En 1869, la fête, qui commence le jour de la fête catholique de la Nativité de la Vierge, se célébrait les 12, 13, 14 et 15 septembre. Le temps était beau ; une foule nombreuse et extrêmement variée se pressait de bonne heure dans les divers quartiers du village et sur les routes qui y conduisent.



La séance d'improvisation a commencé à quatre heures du soir le mardi 14 septembre ; elle a duré trois heures entières. Un grand nombre de curieux étaient massés sur la place (emplacement pour le jeu de paume) et sur les galeries où des sièges réservés étaient occupés par les autorités locales et par quelques étrangers privilégiés. 



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PLACE ET FRONTON DE SARE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Quatorze concurrents se sont présentés ; successivement, deux à deux, ils ont pris la parole, discutant l'un avec l'autre, sur les sujet que le président M. d'Abbadie, leur indiquait à masure. Les Basques ont une merveilleuse faculté d'improvisation : il est vrai que souvent les idées sont médiocres, les rimes insuffisantes et les vers boiteux ; mais cela se chante et l'on sait que la poésie, grâce à la musique, peut opérer des prodiges. La prime a été partagée entre un cordonnier nommé Ibarra, de Jatxou, et une jeune fille, de vingt-cinq ans environ, qui a déclaré se nommer Maria-Luisa Osollo ou Osorio, d'Ascain. Ils avaient lutté ensemble à la fin de la séance : on leur avait imposé l'obligation de se tutoyer. Il s'agissait d'une demande en mariage : la jeune fille, d'abord cruelle et farouche, s'est rendu, après une assez longue discussion, aux prières de l'amoureux. 



Les deux vainqueurs se sont présentés en se donnant le bras, devant les juges pour recevoir le montant du prix : la foule les a frénétiquement applaudis. Il est assez rare que des femmes improvisent ainsi publiquement, jusqu'à présent, on n’avait encore vu prendre part au concours qu’une jeune Espagnole de Fontarabie qui n’a plus paru depuis trois ans.



Mlle Osorio est assez jolie ; très brune, de petite taille, vive et spirituelle, elle a plu à tous ses auditeurs : on a seulement regretté qu’elle n’ait pas été plus émue. — Je n’ai pu recueillir aucun des dialogues improvisés que leurs auteurs du reste avaient complètement oubliés quelques moments après avoir cessé de chanter...."



En 1875, à Sare, elle finit encore première ex-aequo avec Joanes Etcheto.


Le thème de l'improvisation est "les adieux d'un jeune homme mobilisé à sa fiancée".

C'est Mme de Chambrun, présente dans l'assistance qui lui remet son prix.



En 1884, à Sare, elle finit troisième du concours d'improvisation.




Cette grande bertsolari, après avoir quitté Ascain, va habiter le Quartier Fargeot, à Saint-Jean-de-Luz.



Mère de six enfants, elle meurt le 29 août 1925.



Elle aura montré la route aux femmes qui la suivront dans cette belle discipline d'improvisation 

au Pays Basque."



(Source : www.gallica.fr)



Merci ami(e) lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.

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