mardi 30 janvier 2018

DES MANOEUVRES MILITAIRES AU PAYS BASQUE EN SEPTEMBRE 1898

DES MANOEUVRES MILITAIRES AU PAYS BASQUE EN 1898.


A la fin du vingtième siècle, l'armée Française effectue des manoeuvres en Béarn et au Pays Basque Nord.

pays basque 1898
MANOEUVRES MILITAIRES
PAYS BASQUE D'ANTAN

Voici ce qu'en rapporta La Petite Gironde, dans son édition du 8 septembre 1898 :

"Les manoeuvres.

18e Corps D’Armée. 

35* Division. Gémozac, 7 septembre. 

Faux bruit. Le bruit a couru qu’il était mort plusieurs militaires pendant les manœuvres; nous pouvons assurer, et d’une façon certaine, qu'il n'y a encore eu aucun cas de décès. Les hommes ont éprouvé beaucoup de fatigue par cette chaleur, mais toutes les mesures de prudence nécessaires ont été prises. Demain jeudi, repos dans tous les cantonnements. 


pays basque 1898
MANOEUVRES MILITAIRES
PAYS BASQUE D'ANTAN

36e Division. Navarrenx. 6 septembre. 

Notre correspondance préliminaire d’hier s’efforçait de fournir des renseignements aussi exacts que possible sur les mouvements dits d’instruction des troupes de la 36e division, du 1er septembre — époque de leur mise en route — à ce jour. 


La région choisie cette année est difficile comme terrain : elle donne aux opérations qui nous réunissent un intérêt tout spécial. En outre, les régiments qui composent la 36* division sont bien entraînés, et leurs réservistes, presque tous montagnards béarnais ou basques, forment un solide appoint. Les présentes manœuvres démontreront ce qu'on peut exiger, ce qu’on est fondé à attendre d'eux — aux heures tragiques. 


Enfin, la création d’un quatrième bataillon dans chaque régiment d infanterie est pour modifier la tactique de cette arme et donnera lieu, sans doute, à de nouvelles combinaisons sur le terrain. Son principal résultat sera d’augmenter dans des proportions notables la force effective de la division, en lui permettant de se constituer avec plus de facilité une solide réserve. 

pays basque avant
MANOEUVRES MILITAIRES
PAYS BASQUE D'ANTAN

De toutes parts, de grands préparatifs sont faits par les habitants des localités désignées pour être occupées, et surtout par les hôteliers, restaurateurs, limonadiers et autres "bistrots" qu'elles comptent. Les provisions se sont, de longue date, entassées dans les celliers, et bien des veaux gras seront immolés, les jours à venir, en l’honneur du retour dans ce pays, qui l’aime tant et qui ne l’avait pas reçu depuis des années, du petit troupier de France — pour les Basques un enfant prodigue! 


L’animation est vive. Les hommes ont mille prétextes maintenant pour lâcher la ménagère et s'attarder plus qu’ils n’ont accoutumé, le soir, à l’auberge prochaine toute emplie du bruit des appels des accortes et plantureuses servantes, des rires gras des "troubades" goûtant, la manœuvre terminée, la paresseuse quiétude des cantonnements; de la claire chanson des pintes et des brocs entrechoqués. Le jour, durant que les musiques du 18e, du 34e, du 49e, du 50e, se font entendre sur la place principale, c’est la fête des jolies filles des alentours, si coquettes en  leurs atours ultra-modernes, si prenantes, et en qui se conserve incroisé le type pur et fin des Pyrénées mineures. 


Et avec cela, et comme pour offrir aux évolutions des troupes un cadre de rêve, un pays que je ne voudrais pas avoir l'air de découvrir, mais qui est vraiment unique dans le Sud-Ouest, unique de pittoresque, de couleur, d'imprévu. 


biarritz 1916
BIARRITZ 1916
PAYS BASQUE D'ANTAN

Et avec cela aussi, des soirées et des aubes fraîches, mais des journées ruisselantes de la lumière d'un soleil d'or et de pourpre en un ciel implacablement bleu. On s’accorde même généralement — huit heures du matin sonnées — à le trouver un peu brutalement chaud, "maître Bourguignon" !...

 

Tandis qu’à Saint-Palais s'est concentrée aujourd'hui, au retour d’une manœuvre qui a duré de trois heures du matin à une heure de l'après-midi — ce qui est un peu excessif, ne vous semble-t-il? — la 71e brigade, la 72e est cantonnée A Navarrenx, d’où je vous écris. Pour un jour j'ai quitté la terrasse de l'hôtel de la Paix, à Saint Palais; pour un jour je me suis arraché aux douceurs de la saine, souhaitée et réconfortante cuisine du "père" Lagarde, maître ès gastronomie, pour venir faire un tour dans les rangs des régiments palois et tarbais. 


Cependant, il va me falloir retourner vers Saint-Palais, où on m’annonce l’arrivée d’une compagnie du génie de Montpellier et d'où je partirai demain matin, "à la fraîche", pour me rendre à Etcharry, à mi-chemin de Navarrenx. C'est vraisemblablement vers Etcharry qu'aura lieu le contact des deux brigades, — premier engagement notable de cette période automnale. 


pays basque autrefois
MANOEUVRES MILITAIRES A PUYÔO

Je dis vraisemblablement, car l’autorité militaire se refuse à fournir à la presse régionale la moindre indication tant sur les grandes lignes du thème général que sur les points de concentration et de cantonnement des troupes. J'entends que charbonnier est maître chez soi.


 Il y a toutefois quelque chose de choquant et d'anormal de voir opposer ce refus formel et sans appel aux journaux du Sud-Ouest, alors que des confrères spéciaux de Paris, qui sont, eux, entourés d’une sollicitude particulière, reçoivent et publient sur les manœuvres de fort intéressantes communications : Passons, voulez-vous? 


Aussi bien, mes renseignements personnels, "puisés aux sources les plus autorisées", me permettent d’offrir à nos lecteurs — et ceci sans le moindre concours officiel et en échappant à l’œil soupçonneux de la gendarmerie, dont, entre parenthèses, le service est irréprochable, — des tuyaux de prix. 


Donc, l'hypothèse des manœuvres de la 36e division est la suivante cette année : 

Une division du Sud a franchi le col de Canfranc et atteint Oloron sans rencontrer de résistance. 


La deuxième brigade occupe ce point important. La première marche par Navarrenx et Sauveterre sur Puyôo pour occuper ce nœud de voies ferrées. 


pays basque autrefois
MANOEUVRES MILITAIRES
PAYS BASQUE D'ANTAN

Arrivée ici à Navarrenx, elle se dispose à continuer sa route, quand son chef apprend qu’une brigade du Nord, partie de Bayonne, se trouve à Saint-Palais sur son flanc gauche. Le général commandant la première brigade du Sud, modifiant son itinéraire, marche sur Saint Palais. Il en informe son général de division, qui décide aussitôt que la deuxième brigade quittera Oloron et appuiera le mouvement de la première. 


Ceci pour les manœuvres de brigade contre brigade. En ce qui est des opérations de ta division contre un ennemi figuré, et qui s’effectueront entre Saint-Palais et Salies-de-Béarn, l'hypothèse est la suivante : 

La guerre a éclaté. 


A un moment, le général commandant la 18e région apprend qu’un corps d’armée ennemi, fort de trois divisions, est parti de Pampelune et vient de franchir la frontière des Pyrénées. 


Deux de ses colonnes menacent Bayonne et Espelette. La troisième (36* division), passant par Ronceveaux et la vallée d'Arneguy, a pour premier objectif Saint Jean Pied de Port et pour deuxième le nœud du chemin de fer de Puyôo. 


pays basque autrefois
SOLDATS ET MUSICIENS
PAYS BASQUE D'ANTAN

Le général commandant la 18e région n'hésita pas. Il dirige aussitôt une division de réserve, réunie à Bordeaux, sur Peyrehorade, avec la mission de s opposer à la marche de l'ennemi, ou au moins de la retarder. 


Thème particulier. — La 33* division (du Sud) s’est emparée de Saint-Jean-Pied-de-Port et occupe Saint-Palais. 


La 2* division (du Sud) est à Hasparren et prend pour objectif Bidache. 


La division du Nord, débarquée à Peyrehorade, s'avance à sa rencontre et s’établit à Sauveterre, pour disputer à l'envahisseur le passage des Gaves et les routes de Puyôo et de Peyrehorade."




Merci ami lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans ce 906ème article.


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