CARTES POSTALES , PHOTOS ET VIDEOS ANCIENNES DU PAYS BASQUE. Entre 1800 et 1980 environ.
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mardi 3 juin 2025
L'HISTOIRE DU FANAL OU PHARE DE BIARRITZ - MIARRITZE EN LABOURD AU PAYS BASQUE (sixième et dernière partie)
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samedi 3 mai 2025
L'HISTOIRE DU FANAL OU PHARE DE BIARRITZ - MIARRITZE EN LABOURD AU PAYS BASQUE (cinquième partie)
L'HISTOIRE DU FANAL OU PHARE DE BIARRITZ.
Le fanal était un feu qu'on allumait autrefois durant la nuit sur des tours, à l'entrée des ports et le long des plages maritimes, pour indiquer aux navires la route qu'ils devaient tenir afin d'être en sécurité.
Je vous ai déjà parlé de ce phare dans plusieurs articles : le 2 avril 2017, le 19/05/2018, le
4/12/2018, le 3/01/2025, le 3/02/2025, le 3/03/2025 et le 3/04/2025.
Voici ce que rapporta à ce sujet le chanoine J.-B. Daranatz, dans la Gazette de Bayonne, de
Biarritz et du Pays basque, le 9 mars 1940 :
"Le Fanal ou Phare de Biarritz de Henri IV, Louis XIII et Louis XIV à nos jours (Suite).
Après l'émigration en masse des marins biarrots et de leurs familles à Pasajes, que va devenir le Fanal ou Phare de Biarritz ?
Va-t-il disparaître ? Devenu sensément inutile, ne le réparera-t-on plus, le laissera-t-on tomber en ruines, suivant l'opinion de James Campbell dans l'Album Pyrénéen de 1841, Souvenir d'une journée à Biarritz, rapportée dans Le Vieux Biarritz, p. 114 ?
D'après un "Recueil de notes inédite sur Biarritz" de Pierre Thomas Ducoureau (Ibid., pp. 112-114), voici d'intéressants détails sur le château Ferragus, le Fanal ou Phare provisoire, etc.
"La tour de la Haille — servant de phare — fut bâtie sur une ancienne tour d'un château du XIVe siècle construit sous les Anglais, appelé Ferragus.
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| VIEILLE TOUR DE L'ATALAYE BIARRITZ PAYS BASQUE D'ANTAN |
La garde des tours du château de Biarritz était confiée aux miliciens du bourg de Biarritz et à ceux d'Anglet, qui se montrèrent toujours très fiers de ce privilège.
Mais, lorsque tout péril eut cessé du côté des Anglais, on renonça, sous Louis XIII, à la conservation d'une place inutile. Les éboulements de la falaise sapèrent les fondements du château, les murs s'écoulèrent, et l'on peut voir encore les nombreux fragments du mur, de deux mètres d'épaisseur, qui couvrent les bords escarpés du Port-Vieux. Un de ces fragments se voyait vers 1828-1830, sur le bord de la falaise, prêt à rouler à l'entrée du Port-Vieux.
Dès lors, le château de Biarritz ne conserva de ses premières destinations que celle de répéter le feu de signaux, comme le prouve son nom d'Atalaye (gardien ou sentinelle, en basque). Il fallait diriger les pêcheurs, qui se livraient avec tant de succès à la pêche de la baleine, dans le golfe de Gascogne, et l'on construisit deux tourelles rondes, de huit pieds de diamètre et de dix de hauteur, l'une au Nord, l'autre au Sud du Port-Vieux pour l'éclairage directeur des barques, au XVIe et au XVIIe siècles.
Le château de Ferragus avait été, dit-on, bâti par le Prince Noir, fils d'Edouard III ; ce fort fut destiné à protéger la côte dévastée par les corsaires d'Alger et de Tunis. Mais la mer avait ruiné, et plus tard englouti l'isthme qui unissait la grande roche (le Boucalot) à la terre ferme et protégeait la mer de ce côté. Biarritz tomba en décadence.
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| VAGUE AU BOUCALOT BIARRITZ PAYS BASQUE D'ANTAN |
Plus tard encore, les baleines cessèrent de fréquenter la baie de Biscaye, et ôtant aux Basques leurs dernières ressources, laissèrent leurs vaisseaux inutiles et leurs marins oisifs. Ce fut le coup mortel qui anéantit l'existence commerciale de Biarritz et Saint-Jean-de-Luz.
Campbell et Ducoureau ont ignoré les textes suivants, provenant des Archives communales de Bayonne relatifs au Fanal de Biarritz, qui a éclairé le Golfe pendant tout le XVIIIe siècle.
En 1733, les maire, lieutenants de maire, échevins, jurats et Conseils de la ville de Bayonne décident l'établissement d'un feu à Biarritz pour éclairer l'entrée du port de Bayonne.
M. de Maurepas, ministre de la Marine, approuve l'établissement à Biarritz d'un feu, aux frais de la ville de Bayonne, qui prend à sa charge, les réparations et l'entretien de la tour de Biarritz, servant de Phare, comme aussi les approvisionnements et achats de charbon de terre nécessaire à l'entretien du feu. AA. 21. — De l'établissement d'un feu à Biarritz, pour éclairer l'entrée du port de Bayonne. BB 52 (1738-1739). — Lettre au baile et jurats de Saint-Jean-de-Luz et de Ciboure, sur un approvisionnement de charbon de terre nécessaire au phare qui doit être établi à Biarritz. BB 79 (1735-1739). — Lettre à M. de Maurepas, ministre de la marine, pour lui annoncer que le phare de Biarritz a été allumé pour la première fois la nuit du 1er octobre 1739 BB. 80. — Réparations à la tour de Biarritz, servant de phare. CC. 626. 1739.
La tour de Biarritz, servant de phare, s'appelait la tour de la Haille, du nom même des fagots de menues branches, appelées hailles et du soustrage, qu'on brûlait pour servir de signaux. Les hailles se vendaient 15 sols pièce et la charrette de baste ou soustrage coûtait 50 sols.
Le gardien préposé à l'allumage des feux s'appelait haillier. Martin Dalbarade fut nommé gardien du feu de Biarritz, ou haillier le 31 décembre 1739 : il reçut 60 livres (trimestre) de ses gages. (Arch. comm. de Bayonne, CC. 627). En 1753, le haillé s'appelait Dominique Larralde.
Dès les débuts du XIXe siècle, les navigateurs du Golfe réclamaient un feu convenable à la reconnaissance du port de Bayonne. Le capitaine Boulanger, faisait remarquer à la Chambre de Commerce en 1819 que "le phare de Biarritz, très bien placé, n'est presque utile (vu le petit volume de son feu) qu'aux pêcheurs et ne paraît en mer qu'à la distance de 1 lieue 1/2 ou 2 lieues par beau temps, ce qui ne suffit pas pour les bâtiments venant de la mer et qui n'approchent toujours le fond du golfe qu'avec des craintes renouvelées, et justifiées tous les ans par de trop nombreux accidents.
"En conséquence, il serait fortement à désirer qu'au nom du bien général et de l'humanité on réclamait auprès de S. M. Louis XVIII pour que le feu de Biarritz soit mis à l'instar des autres feux de France, comme Chassiron, Les Baleines, etc."
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| PHARE DE CHASSIRON 17 ILE D'OLERON |
Ce rétablissement du Phare de Biarritz sur le pied des autres feux de l'Océan avait été d'ailleurs prévu en 1808 et 1818 dans les marchés passés avec les entrepreneurs généraux de tous les phares. Les ingénieurs réclamèrent souvent eux aussi des améliorations ; elles consistaient à exhausser la tour de 3 ou 4 mètres, à augmenter le volume du feu à le protéger d'un vitrage de verre double, à l'exclusion du grillage ancien.
Les approvisionnements de matériaux pour la construction du nouveau Phare de Biarritz, à la Pointe Saint-Martin, étaient assez avancés en décembre 1829, pour qu'on songeât sérieusement à la pose de la première pierre. Cette opération fut prévue, avec quelque solennité, pour les derniers jours de l'année.
L'ancien phare, le fanal avait été constamment allumé jusque-là, depuis le 1er octobre 1739.
Ce petit fanal à feu fixe fut remplacé par un feu à éclipses, à la date officielle du 1er février 1834. Le nouveau feu fut allumé au sommet de la Tour récemment construite sur la pointe Saint-Martin de Biarritz.
Voici l'Avis publié par la Direction générale des Ponts et Chaussées sur le Nouveau Phare de Biarritz, à la date du 11 décembre 1833 :
"Les navigateurs sont prévenus qu'à partir du 1er février 1834, le petit fanal à feu fixe de Biarritz sera supprimé et remplacé par un feu à éclipses qui sera allumé au sommet de la Tour récemment construite sur la pointe de Saint-Martin de Biarritz, à un mille marin au N. E. du fanal actuel, et à deux mille et demi au S. 33° O. de l'embouchure de l'Adour.
Les éclats du nouveau Phare se succéderont de demi-minute en demi-minute pendant toute la durée des nuits. Dans un beau temps, ils pourront être aperçus jusqu'à la distance de 8 lieuses marines par un observateur placé à 10 mètres au-dessus de la surface de la mer, et les éclipses ne paraîtront totales qu'au-delà d'une distance de 4 lieues marines."
Grâce au bienveillant concours de M. le commandant Antoine-Henri Goalard, ancien chef du pilotage de l'Adour, de MM. Martin Larretche et Vincent Hargous, ingénieurs T. P. E., ce dernier ancien ingénieur de la Chambre de Commerce, nous sommes à même de donner ci-après sur le Phare actuel de Biarritz, les renseignements les plus précis, puisés aux Archives de la Chambre de Commerce de Bayonne et à la Direction générale des Ponts et Chaussées.
Chanoine J. B. Daranatz."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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jeudi 3 avril 2025
L'HISTOIRE DU FANAL OU PHARE DE BIARRITZ - MIARRITZE EN LABOURD AU PAYS BASQUE (quatrième partie)
L'HISTOIRE DU FANAL OU PHARE DE BIARRITZ.
Le fanal était un feu qu'on allumait autrefois durant la nuit sur des tours, à l'entrée des ports et le long des plages maritimes, pour indiquer aux navires la route qu'ils devaient tenir afin d'être en sécurité.
Je vous ai déjà parlé de ce phare dans plusieurs articles : le 2 avril 2017, le 19/05/2018, le
4/12/2018, le 3/01/2025, le 3/02/2025 et le 3/03/25.
Voici ce que rapporta à ce sujet le chanoine J.-B. Daranatz, dans la Gazette de Bayonne, de
Biarritz et du Pays basque, le 8 mars 1940 :
"Le Fanal ou Phare de Biarritz de Henri IV, Louis XIII et Louis XIV à nos jours (Suite).
A ces causes requeroient lesd. suppliants qu'il peut à Sa Majesté en continuant les mêmes grâces du deffunt Roy, père de Sa Majesté, leur permettre et lever vingt sols sur chacun tonneau de sidre, et quarante sols sur chacune barrique de vin d'Espagne qui se consommeront et débiteront en lad. paroisse au lieu de huit solz qu'ils avoient accoustumé d'y percevoir afin de subvenir auxd. despenses publiques et leur donner moyen de s'acquitter d'une partie de leurs debtes puisqu'ils n'ont aucun autre fonds ny deniers communs, et que cette levée ne va au préjudice que d'eux mesmes, de quoy ils sont tous consentans.
Veu lad. requête, signée : Daudignier, avocat au Conseil ; lesd. lettres de confirmation dud. octroy dud. jour XII juin 1636, acte de délibération fait par lesd. suppliants pour demander et consentir aud. octroy du XVII juillet dernier, ouy le rapport de Sr Poncet, commissaire à ce députté et tout considéré.
Le Roy en son Conseil ayant aucunement esgard à lad. requête a permis et permet aux suppliants de prendre et lever vingt sols sur chacun tonneau de sidre et trente sols sur chaque barrique de vin et charge de vin d'Espagne qui se consommeront et débiteront en lad. paroisse pour être les derniers employés tant à l'entretien d'un feu dans la tour dud. lieu et réparation de l'église, qu'autres dépenses nécessaires pour la Communauté dud. lieu et ainsy que lesd. suppliants en ont cy devant jouy avant la cessation dud. octroy et qu'à cet effet toutes lettres nécessaires leur en seront expédiées.
Séguier De Mesmes Poncet Daligre Barrillon Bordier du XI Décembre 1649, à Paris.
Le Camus.
Comment s'appelaient ces malheureux suppliants, abbé et jurats de Biarritz, réduits "à une extrême nécessité et pauvreté", saisis par leurs créanciers, "contrainctz d'abandonner lad. paroisse ?" Le Docteur Joseph Laborde nous l'apprend dans Le Vieux Biarrit... Recherches historiques. (Biarritz-Bayonne. Lamaignère. 1905. p. XII) ; "1649. Joannis de Marithurry (abbé), Pierre de Jaulerry (premier jurat), Adam Duhalde, Estienne de Hiribeity, Laurens de Challa, jurats : Estienne de Menault, dit Marticot, Michau de Sansco, Jean de Hiriart, députés".
La concession de Louis XIV, en dehors de "l'entretien d'un feu dans la tour", prévoyait la "réparation de l'Eglise". Le même docteur Laborde nous dit que "de tous temps, les habitants de Biarritz ont tenu à honneur d'entretenir le mieux possible leur chère église ; aux XVIIe et XVIIIe siècles, de nombreux travaux ont été faits attestant ce soin pieux et jaloux. Dès 1664 et jusque vers 1753, il est question de pose et de refonte de cloches. Cf Biarritz. La paroisse Saint-Martin (Biarritz-Bayonne. Lamaignère. 1902. p. 15 ;) Encore le Vieux Biarritz. Nouveaux documents sur la paroisse Saint-Martin. (Bayonne. Lamaignère. 1908. p. 9).
Les Archives communales de Biarritz ne nous ont pas livré d'autre document sur le fanal du XVIIe siècle, cause déterminante de la supplique des Biarrots à Louis XIV.
Dans la section HH (Agriculture-Commerce-Industrie. 1647-1776) on peut glaner notamment une "Ordonnance de Louis XIV défendant à ses sujets "du pays de Basque" d'entretenir aucun commerce, société ni trafic de morues, baleines ou autres avec ses ennemis d'Espagne, sans passe-ports et permissions, à peine de punition exemplaire ; et ce, en vue des déchargements de morues, faits directement dans les ports espagnols ; et des armements de dix à douze baleiniers et terre-neuviers, projetés entre les bourgeois de Saint-Jean-de-Luz, Ciboure, Saint-Sébastien et Bilbao. (A Paris, 25e de janvier 1647. Imprimé)."
Après lecture de cette Ordonnance, reconnaissons que l'Administration royale fit bien les choses en faveur de Biarritz : les défenses de 1647 ne furent pas un obstacle aux concessions de 1649.
Il ne nous déplaît pas de consigner ici comment Biarritz, dont le docteur Laborde déclare, dans ses publications, que "le Gascon était le langage universellement parlé et écrit à Biarritz et dans toute la région", s'intéressait à la langue Basque et aux publications basques. "En septembre 1677, le 14, le lit-on dans ses Archives communales, Reg. 7, l'abbé va au Bilsar de 1600 II. faicte sur le Pais de Labourt par le Révérend Père Videgaray pour imprimer un livre en langue basque par luy composé".
Au dire de M. l'abbé Silhouette, vicaire de Biarritz (Etudes historiques et religieuses du Diocèse de Bayonne, 1894, p. 181), "la population de Biarritz avait diminué dans la seconde moitié du 17ème siècle. La pêche de la baleine donnait chaque année moins de résultat. La dernière baleine fut prise le 2 ou 3 mars 1686. Un grand nombre d'habitants émigra. Beaucoup de pêcheurs se rendirent avec leurs bateaux au Passage de Saint-Jean (Pasajes, en Espagne), où "ils fondèrent une colonie parlant gascon".
Vers cette époque, une délibération de l'Ayuntamiento de Pasajes décide de ne pas recevoir une pinasse de Biarritz, avec son équipage, parce que les gens de Biarritz ont augmenté le nombre des pêcheurs.
Le port de Biarritz ne servit plus désormais qu'à abriter quelques pinasses et barques de pêcheurs, se livrant à la pêche du poisson frais.
Une digression s'imposerait ici ; qu'est-ce que cette colonie parlant Gascon ? A quelle époque remonte l'implantation de l'idiome gascon en Guipuzcoa ?
Une étude spéciale a répondu à cette double question dans notre dernier fascicule."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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lundi 3 mars 2025
L'HISTOIRE DU FANAL OU PHARE DE BIARRITZ - MIARRITZE EN LABOURD AU PAYS BASQUE (troisième partie)
L'HISTOIRE DU FANAL OU PHARE DE BIARRITZ.
Le fanal était un feu qu'on allumait autrefois durant la nuit sur des tours, à l'entrée des ports et le long des plages maritimes, pour indiquer aux navires la route qu'ils devaient tenir afin d'être en sécurité.
Je vous ai déjà parlé de ce phare dans plusieurs articles : le 2 avril 2017, le 19/05/2018, le
4/12/2018, le 3/01/2025 et le 3/02/2025.
Voici ce que rapporta à ce sujet la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque, le 7 mars
1940 :
"Le Fanal ou Phare de Biarritz de Henri IV, Louis XIII et Louis XIV à nos jours (Suite).
Biarritz avait son feu, son fanal, bien avant les perfectionnements de Borda : des preuves officielles nous en sont fournies par Henri IV, Louis XIII et Louis XIV.
A vrai dire, le fanal de Biarritz apparaît tout d'abord, avant de briller de tous ses feux, dans une certaine pénombre. Des lettres patentes d'Henri IV, Roy de France et de Navarre, adressées à la commune, y font allusion en 1603. Voyez plutôt : "Le Roy reconnaît l'importance du bourg et village de Biarritz au bailliage de Labourd, distant d'une lieue de Bayonne, assis en tel lieu de la mer Océane qu'il y a descoubre de six à sept lieues tous les navires qui entrent et sortent de la coste d'Espaine... " — (N'est-ce pas le fanal ?) — "Biarritz est peuplé de sept à huit cents hommes tant pour la marine que pour la conservation de lad. contrée. Le Roy octroie aux Jurats qui sont et seront audit Biarritz qu'ils puissent et leur soyt loisible de porter pour marque et livrée ung chaperon de drap, moitié noir et moitié routge, pour être recognus, distingués et respectés, soit aux assemblées, soit ailleurs (A Fontainebleau. Novembre 1603)."
Entre 1614 et 1659, les Archives communales de Biarritz signalent (BB. 6) diverses mesures, dons, quêtes, voyages, démarches, tentés en faveur de Biarrots captifs en Barbarie. Une vingtaine de marins au moins sont ainsi signalés comme esclaves de Turcs.
Un "plateau pour les esclaves" recueillait à Saint-Martin de Biarritz les générosités des fidèles en faveur de leurs compatriotes malheureux. Enfin, à la demande des marins, on y fonda une confrérie sous l'invocation de l'apôtre Saint-Pierre "dont ils avaient ressenti la protection dans les dangers fréquents qu'ils ont couru et où ils l'ont invoqué". Ibid., GG. 10. Le surplus des ressources devait être affecté "au soulagement des marins vieux, infirmes, caducs". Ib.
Avec Louis XIII, fils et successeur de Henri IV, quel triste horizon que celui de Biarritz ! Le texte royal provoqué par ses édiles nous la montre en effet "scituée en un pays le plus styrile et misérable qui soit dans le Royaume". (Archives Nationales, E. 238 f° 280). Que nous voilà loin de la livrée élégante concédée à ses jurats par Henri IV !
Evidemment ces expressions de misère, retournées aux Biarrots dans la concession royale, avaient dû être longuement étalisées dans leur requête, pour apitoyer le Conseil du Roy. L'amour propre des requérants dut en ressentir quelque rancoeur.
Biarritz avait obtenu de Louis XIII, en 1636 et pour six ans, le droit de prélever "30 sols sur chacune barrique de vin, et sur chacune charge de vin d'Espagne, pour subvenir aux frais et dépenses qu'ils sont obligés de faire tant pour entretenir le feu qu'ils font en une tour hautement eslevée servant de fanal et signal en temps d'orage aux vaisseaux qui sont sur la mer, comme aussy pour fournir aux autres dépenses publiques de la Communauté".
Cette "permission et octroy" lui avait été confirmée "de temps en temps".
La dernière concession sexennale, datée de 1636, était caduque depuis le 12 juin 1642. Le souverain lui-même était mort le 14 mai 1643.
Et par ailleurs les temps étaient très durs pour le pays. Pour s'en convaincre, il suffirait de parcourir les Recherches historiques sur le siège de Fontarabie en 1638, de Ducéré ou encore son Invasion du Labourd et siège de Fontarabie (1636-1638).
Biarritz va implorer la bienveillance de Louis XIV.
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| LOUIS XIV EN 1654 Par Juste d'Egmont — https://www.altesses.eu/princes_max.php?image=fe93b9aef8, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=12403015 |
La concession royale de Louis XIII (1636-1642) n'ayant pas été renouvelée, la communauté de Biarritz était dans un besoin extrême, exténuée par sept ans d'emprunts, et contrainte d'abandonner la paroisse "scituée en un pays le plus stérile et misérable qui soit dans le Royaume", si Louis XIV "ne leur donne quelque secours".
Les suppliants sollicitent donc le droit de prélever "20 sols sur chacun tonneau de sidre et 50 sols sur chacune barrique de vin et charge de vin d'Espagne", au lieu de "8 sols qu'ils avaient accoustumé" (17 juillet 1649).
Le 11 décembre 1649, le Roy en son Conseil "a permis et permet aux suppliants de prendre et lever 20 sols sur chacun tonneau de sidre et 30 sols sur chacune barrique de vin et charge de vin d'Espagne...""pour être les derniers employés tant à l'entretien d'un feu dans la tour dud. lieu et réparation de l'église qu'autres dépenses nécessaires pour la Communauté dud. lieu..."
Voici les "Lettres patentes de Louis XIV, préparant et assurant l'avenir du fanal de Biarritz, à l'exemple d'Henri IV et de Louis XIII.
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| LETTRES PATENTES DE LOUIS XIV |
"Sur la requeste pñtée au Roy en son Conseil par les abbé jurats et habitants de la paroisse de Biarritz, pays de Labour en Basque assise sur le bord de la mer océane, frontière d'Espagne, contenant que pour subvenir aux frais et dépenses qu'ils sont obligés de faire tant po(ur) entretenir le feu qu'ils font en une tour hautement eslevée, servant de signal et fanal en temps d'orage aux vaisseau qui sont sur lad. mer. Comme aussy pour fournir aux autres despenses publiques que la Communauté dud. Biarritz est obligée de faire pour la conservation dudit lieu au service de Sa Majesté. Le défunt Roy d'heureuse mémoire leur avait confirmé, de temps en temps, la permission et Octroy de prendre et lever trente sols sur caune barrique de vin et sur chacune charge de vin d'Espagne qui se consume aud. lieu, et à cet effet leur auroit accordé ses lettres pattentes en date du XII juin 1636 portant confirmation dud. octroy pour l'espace de six ans, lesquelles ayant été vérifiées ou besoin a esté, lesd. suppliants auroient paisiblement jouy de lad. concession pendant led. temps, et quoyque depuis icelluy lesd. suppliants ayent eu plus besoin que jamais d'obtenir la continuation dud. octroy d'autant que les Espagnols par leur dernière entrée en la frontière de la ville de Bayonne pillèrent et ruynèrent tout et contraignirent lesd. suppliants d'abandonner lad. paroisse et délaissèrent tous leurs biens à la mercy des ennemis po(ur) guarantir leur vie, sy bien que depuis ce temps-là, partie desd. habitants ne sont point revenus dans lad. paroisse et les autres qui y sont retournez ont esté d'obligez d'emprunter diverses sommes de deniers pour subvenir auxd. nécessitéz publiques, durant les sept années qui se sont escoulées depuis l'expiration desd. lettres d'octroy, et pour se restablir néantmoins l'abbé et juratz ont esté sy négligents que de ne pas obtenir la continua(ti)on dudit octroy, tellement qu'ils n'ont point levé led. droict depuis l'année 1642, ce qui réduit les suppliants à une extrême nécessité et pauvreté no(nobs) tant laquelle leurs créanciers de qui lesd. suppliants ont emprunté pour avoir de quoy fournir auxd. nécessités publiques ont fait saisir les biens des particuliers qui se sont obligés pour la Com(munau)té et en poursuivent les décrets, de sorte que lesd. suppliants seront bientôt contrainctz d'abandonner toute lad. paroisse si Sa Majesté par sa bonté ord(inaire) ne leur donne quelque secours pour s'acquitter desd. debtes, veu qu'ils n'ont aucuns deniers communs et que lad. paroisse est scituée en un pays le plus stérile et misérable qui soit dans le Royaume.
Chanoine J.-B. Daranatz.
Président de la Société des Sciences, Lettres et Arts de Bayonne."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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