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dimanche 29 juin 2025

LA FAMILLE HARANEDER DE SAINT-JEAN-DE-LUZ EN LABOURD AU PAYS BASQUE AUTREFOIS (deuxième partie)

 

LA FAMILLE HARANEDER DE SAINT-JEAN-DE-LUZ.


La famille Haraneder de Saint-Jean-de-Luz est une très ancienne famille noble et bourgeoise.



pays basque autrefois labourd noble bourgeois saint-jean-de-luz haraneder
PIERRE-NICOLAS DE HARANEDER
VICOMTE DE MACAYE
1758-1857




Voici ce que rapporta à ce sujet Joseph Nogaret dans le Bulletin de la Société des sciences, lettres & 

arts de Bayonne, le 1er janvier 1933 :



"Une famille de riches Bourgeois sous l'Ancien Régime : les Haraneder de Saint-Jean-de-Luz.



... Pierre, cinquième enfant et troisième fils de Martin forma la 3ème branche importante de la famille. Vers 1644 il épousa Marie de Bereau de Ciboure et ce mariage le fixa dans cette localité où il devint seigneur de Geroliménéa, du nom d'une propriété de sa femme. Il fut d'abord capitaine de navire, puis armateur. Il eut en propre un grand nombre de navires et devint rapidement une personnalité importante de Ciboure dont il fut bayle pendant quelque temps. Il y mourut en Novembre 1693 à l'âge de 65 ans. Bien qu'il n'ai eu que 7 enfants, c'est-à-dire beaucoup moins que ses frères, il eut une nombreuse postérité qui se chiffrait par 16 personnes à la seconde et 27 à la troisième génération.



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FAMILLE HARANEDER BRANCHE GEROLIMENEA



L'aîné de ses fils, Dominique, resta à Ciboure et continua la profession de son père qu'il transmit à son fils. Mais c'est sa fille aînée, Mari-Martin qui suivant l'usage basque hérita de la plus grande partie des biens. Elle épousa Bernard de Lafitte, originaire d'Amou en Béarn, et le fait d'avoir épousé une Basquaise donna à ce dernier la qualité et tous les privilèges des habitants de Ciboure. Il fut même, pendant quelques années, bayle de cette localité.



Les Lafitte eurent 5 enfants dont 4 fils qui moururent jeunes et d'accidents et une fille, Marie, qui épousa Martin Rey seigneur de Portalenea, mais fut veuve de bonne heure. Martin en effet commandait le navire La Providence qui fit naufrage sur la côte de Ciboure en 1763. L'état-major et tout l'équipage périt.



Les enfants de Dominique formèrent plusieurs autres rameaux, les Haraneder de Boutran, les Haraneder d'Ascoube, les Haraneder Apéchénéa dont les membres firent peu parler d'eux. Mais celui qui arriva à la plus brillant situation, dont la lignée s'est continuée le plus longtemps et qui peut être considéré comme la gloire de la famille, était le 7ème enfant de Pierre. Il se nommait Jean-Péritz, vécut de 1652 à 1730 et épousa, en 1679, Etiennette de Bereau, sa petite cousine dont il eut 12 enfants.



De tous les Haraneder, Jean-Péritz fut celui qui acquit la fortune la plus considérable. Il habita longtemps Ciboure, puis se fixa à Saint-Jean-de-Luz où il construisit, en 1724, une magnifique maison, Joanperitzénéa, située sur l'emplacement du petit jardin public, au bas du mur de garantie près du chenal. Cette habitation qui faisait l'orgueil de la cité devint la proie d'un incendie à la fin du XVIIIe siècle.



Jean-Péritz a été un des plus énergiques promoteurs des armements pour la pêche à la baleine et à la morue. 18 navires lui appartenaient en propre et lui rapportaient de très gros revenus.



Les périodes d'hostilités, généralement si préjudiciables au commerce, devinrent pour lui une source de profits non moins considérables. Lorsque, pendant la guerre de la succession d'Espagne, aucune transaction commerciale n'était plus possible par mer. Jean-Péritz obtint du roi des lettres de marque pour ses capitaines et transforma sa flotte en vaisseaux corsaires du roi. Ces navires ramenèrent un grand nombre de bonnes prises et c'est alors que le comte de Gramont, gouverneur du Labourd, pouvait écrire au roi Louis XIV "qu'il y avait, dans le port de Saint-Jean-de-Luz, un si grand nombre de navires capturés que l'on pouvait passer de la maison occupée par sa Majesté à Ciboure sur un pont de vaisseaux attachés les uns aux autres".



Aussi les richesses de Jean-Péritz étaient-elles considérables ; on les évaluait à deux millions de livres. Au nombre de ses biens il convient de citer sa propriété de Jolimont à Urrugne et le château de ce nom. En 1694, le roi Louis XIV érigea ce domaine en vicomté, en récompense des services rendus à l'Etat par Jean-Péritz et l'élan prodigieux qu'il avait donné à la pêche de la morue, source pour le pays d'une très grande prospérité.



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TABLEAU D'ENSEMBLE FAMILLE HARANEDER


Les honneurs et la richesse n'altérèrent en rien les sentiments généreux et populaires du nouveau vicomte de Jolimont. Il fut le bienfaiteur des marins basques faits prisonniers de guerre. En Angleterre ces malheureux languissaient dans des prisons malsaines ou sur des pontons et beaucoup y moururent de misère ou de désespoir. A plusieurs reprises, Jean-Péritz subvint à leur détresse et leur fit passer des secours pour alléger leurs souffrances.



Il mourut à Ciboure le 1er Août 1730 âgé de 78 ans et fut inhumé dans l'église paroissiale, suivant l'usage ancien pour les notables.



Jean-Péritz eut 12 enfants dont six vécurent quelques années seulement. De ses trois filles ayant survécu aux autres, l'une épousa Salvat d'Urtubie de Garro bailli de Labourd ; l'autre entra dans la famille de Saint-Esteben de Sault et la troisième devint vicomtesse de Belsunce par son mariage avec Charles, héritier de cette maison.

Il eut 4 fils :

Le premier eut 5 enfants qui n'eurent pas de postérité.

Le troisième mérite qu'on rappelle son souvenir. Né vers 1684, il était avocat au Parlement de Paris et portait le titre d'écuyer. En août 1719 il épousa une jeune veuve, Marie de Castaignolès, héritière de la vicomté de Macaye. Pierre devint donc vicomte de Macaye par sa femme tout en étant vicomte de Jolimont par héritage de son père. Il fit souche et son petit-fils Pierre-Nicolas fut, en 1789, député de la noblesse aux Etats Généraux pour la province de Labourd.

Pierre-Nicolas prit part au serment du jeu de Paume ; mais, après cette mémorable journée, très affecté de tout ce qu'il voyait autour de lui et qu'il ne pouvait approuver, il refusa de se joindre aux députés du tiers dont il condamnait les actes et il quitta Versailles. Il resta quelque temps à Nantes puis, aux prises avec des embarras d'argent, il s'embarqua pour l'Inde et mourut, peu de temps après, à Chandernagor, laissant une situation des plus obérées.



En raison de son départ, le domaine de Macaye fut déclaré bien national. Mais sa veuve protesta, fit surseoir à la vente et, après bien des démarches put établir, par un acte du notaire de Chandernagor, que son mari était mort en terre française et par conséquent n'avait pas émigré. Elle réussit ainsi à être maintenue en possession de la vicomté de Macaye et mourut dans son château, que l'on peut encore voir, laissant tous ses biens à une nièce par alliance, Mme d'Irumberry. Cette dernière eut pour héritier M. de Ponchevron, ancien officier des Haras, son neveu. L'ancienne seigneurie de Macaye est actuellement la propriété de sa veuve.



Le troisième des petits-fils de Jean-Péritz, Louis-Valentin, n'eut lui-même qu'un héritier mâle, Etienne, dernier vicomte de Jolimont, qui hérita de la vicomté de ce nom et des autres biens de la famille à Saint-Jean-de-Luz et dans les environs. On ne sait rien de sa jeunesse qui se passa sans doute dans l'abondance et même dans l'opulence. On ignore aussi quels furent les malheurs ou les désordres qui amenèrent la chute complète de cette branche. Quoiqu'il en soit, au commencement du XIXe siècle, Etienne de Jolimont, arrière-petit-fils du célèbre armateur de Ciboure était un modeste berger sur la montagne de la Rhune. Très pauvre, mais ayant encore grand air, il vivait dans une mauvaise cabane où il est mort en 1860. Il avait épousé une femme du peuple dont il eut 3 enfants restés, comme lui, de simples cultivateurs.



Les biens des Haraneder n'existent plus ou ont passé dans des mains étrangères.



Il convient, en terminant, de réserver une mention à un oncle de Jean-Péritz, Joannés de Haraneder, qui resta célibataire et qui, s'il vécut à Saint-Jean-de-Luz, passa cependant une partie de son temps à Paris.



A cette époque les municipalités un peu importantes avaient un mandataire dans la capitale, pour défendre leurs intérêts auprès des pouvoirs publics. C'était le cas à Saint-Jean-de-Luz qui avait confié cette mission à ce membre de la famille dont le nom seul devait être d'un certain poids auprès des autorités. Mais, Joannés, s'il s'occupait un peu des affaires de la ville, consacrait beaucoup de temps à ses plaisirs et c'était là une cause de mécontentement pour la jurade. On trouve dans ses délibérations de nombreuses remontrances qu'elle adressait à son mandataire et dont celui-ci semblait se soucier fort peu. C'est ainsi qu'en Avril 1660, deux mois avant le mariage de Louis XIV, on lui prescrivait de remettre tous ses dossiers à un certain Laffargue, place royale. Il semble bien qu'il n'en fit rien car, trois mois plus tard, on l'avertit qu'on va cesser de subvenir à ses besoins.



pays basque autrefois mariage royal labourd
MARIAGE DE LOUIS XIV ET DE MARIE-THERESE D'ESPAGNE
SAINT-JEAN-DE-LUZ 9 JUIN 1660


Six ans après, nouvelle démarche et presque comminatoire. On lui dit qu'il a à Paris une réputation déplorable, très nuisible aux intérêts de la ville et qu'il ait à rendre compte de l'argent qu'on lui a envoyé. Il est probable que Joannés finit par pousser à bout les magistrats municipaux car quelque temps plus tard, la ville avait un autre mandataire et il n'est plus question de lui dans les archives.



Tels sont les renseignements sur les Haraneder, parvenus jusqu'à nous ; bien pauvres il faut le reconnaître, si l'on remarque que leur histoire est intimement mêlée à celle de la ville. Arrivera-t-on jamais à être mieux documenté ? Ce serait désirable, mais on ne peut guère y compter. Malgré leur brièveté, ceux que nous possédons donnent une idée de ce que furent ces familles de la bourgeoisie Luzienne qui, possédant de grandes richesses dont elles faisaient un noble usage, brillèrent d'un vif éclat sous l'ancien régime.



Les Haraneder eurent un grand train de maison ; leurs intérieurs étaient somptueux, ils recevaient beaucoup et faisaient grandement les choses. Leurs largesses étaient proverbiales, car, à toutes les époques, ils firent beaucoup pour la ville, sans compter les secours de toute nature qu'ils réservaient aux infortunes si fréquentes parmi ces populations de marins.



Actuellement il ne reste plus que le souvenir de leur faste et de leur opulence. De cette magnifique famille qui a compté, à certains moments, plus de 50 membres vivants, on ne peut retrouver que quelques descendants. Ce fut le sort de presque toutes les familles basques restées dans le pays. Après avoir brillé, après avoir tenu un rang élevé, toutes ont déchu et c'est dans le passé seulement que l'on doit rechercher l'occasion d'en parler."


A suivre...



(Source : Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France) 







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samedi 28 juin 2025

PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 28 JUIN 2025 SAINT IRÉNÉE - AIALA


PROVERBE DU 28 JUIN 2025 (SAINT IRÉNÉE) (AIALA).


IRÉNÉE : Irénée naît vers 120 ou 130 ap J.C. à Smyrne, en Asie Mineure.


religion catholique saint sainte irenee
28 JUIN SAINT IRENEE DE LYON

Evêque de Lyon à la fin du 2ème siècle, Irénée succède à Pothin, qui fut martyrisé avec Blandine sous le règne de l'empereur Marc Aurèle.

Sur la colline de Fourvière, qui domine la capitale des Gaules, une église porte encore le nom de Saint Irénée.

Défenseur de la véritable gnose, Irénée s'est illustré par sa dénonciation de l'idéologie dualiste et des sectes pseudo-gnostiques qui la professaient.



AIALA : Andre Mariaren kapela Dulantzin (Alegria), Araban.


pais vasco antes alava iglesia
EGLISE ALEGRIA-DULANTZI ALAVA
PAYS BASQUE D'ANTAN

(...) Aiala - Dulantziko (A) Andre Mariaren ermita erromaniko ederra. XIII. mendekoa, Aiala herri hustuko eliza dena. Donejakue bidean dago et debozio handia diote. Jaieguna maiatzaren 15ean da. - -  (...)



Une naissance du 28 juin : Pierre Laval.


france homme politique auvergne ministre collaboration pétain vichy
PIERRE LAVAL



Né le 28 juin 1883 à Châteldon (Puy-de-Dôme) - Mort le 15 octobre 1945 à Fresnes (Seine).

C'est un homme d'Etat français.

Pierre est issu d'une vieille famille du Puy-de-Dôme.

En 1903, à Saint-Etienne (Loire), il adhère au Comité révolutionnaire central, de tendance blanquiste, qui se fond en 1905 dans la SFIO.

Appelé sous les drapeaux en 1903, il est réformé définitif pour cause de varices.

En 1909, il épouse Jeanne Claussat, fille d'un maire radical-socialiste, avec laquelle il aura une fille.

En 1909, le couple s'installe à Paris et Pierre, après des études de droit, commence une carrière d'avocat, "d'avocat des pauvres".

En mai 1914, il est élu député et à 31 ans, il est le benjamin des 103 députés socialistes.

Au début de la Première Guerre mondiale, il ne renie pas ses convictions pacifistes mais il ne s'oppose pas à l'Union sacrée.

En novembre 1917, Clemenceau lui propose le poste de sous-secrétaire d'Etat à l'intérieur mais les socialistes refusent tous les postes ministériels.

Comme beaucoup de socialistes, il est battu aux élections législatives de novembre 1919 et il prend ses distances avec son parti, ne reprenant pas sa carte d'adhérent en 1922.

Aux élections partielles de février-mars 1923, Pierre devient maire d'Aubervilliers et il conservera son mandat jusqu'à la Libération.

Dans les années 1930, il est une figure importante de la droite, et s'oppose au Front populaire.

A partir de 1925, il est plusieurs fois ministre, en particulier des Affaires étrangères.

Il signe, en 1935, le traité franco-soviétique d'assistance mutuelle.

Pierre est président du Conseil en 1931-1932, puis en 1935-1936, menant alors une impopulaire politique de déflation.

Durant la Seconde Guerre mondiale, il est avec Philippe Pétain la personnalité la plus importante du régime de Vichy et le principal maître d'oeuvre de la politique de collaboration avec l'Allemagne nazie.

D'abord vice-président du Conseil et dauphin désigné de Pétain jusqu'à son éviction soudaine en décembre 1940.

Il revient comme chef du gouvernement d'avril 1942 à août 1944, accentuant la collaboration, désirant anticiper les désirs des nazis, avec comme but de permettre à la France d'occuper une place de choix dans une future Europe allemande. 

En fuite à la Libération, Pierre est arrêté en août 1945, condamné à mort, le 9 octobre 1945, pour haute trahison et complot contre la sûreté intérieure de l'Etat par la Haute Cour de justice.

Il est fusillé le 15 octobre 1945, après avoir tenté de se suicider en avalant une capsule de cyanure.

Il meurt à 62 ans.



france homme politique auvergne ministre collaboration pétain vichy
PIERRE LAVAL DURANT SON PROCES OCTOBRE 1945
Par Anonyme (Keystone-France) — [1], Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=76713110


Voici le proverbe du samedi 28 juin 2025 :


BERTSULARIA, LURRAREN BOZA, BERE ARRAZAREN MINTZOA.


Le bertsulari, voix de la terre, parole de son peuple.



pays basque autrefois
LE BERTSULARI ETXAHUN IRURI





(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)




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LE FILM "GACHUCHA FILLE BASQUE" EN 1922 (quatrième partie)

  

LE FILM "GACHUCHA FILLE BASQUE" EN 1922.


C'est un film muet, en noir et blanc, de 45 mn, réalisé en 1922 par Maurice Challiot et projeté pour la première fois le 9 février 1923.





pays basque autrefois cinéma gachucha
FILM GACHUCHA LA FILLE BASQUE 1922



Le scénariste de ce film est Charles Torquet.

La société de production est Natura Films.

Les principaux acteurs sont : Ninon Balzan, Hugues de Bagratide, Paulette Ray et Raoul Paoli.



Le synopsis de ce film est le suivant : Gachucha veut venger la mort de son frère, le contrebandier, qu'une dénonciation a envoyé en prison. Elle est fiancée à un honnête garçon, mais courtisée par un homme habile qui lui promet de livrer le mouchard s'il est choisi comme époux. Adroitement ce rival arrive à compromettre le fiancé de Gachucha...



Depuis 2017, je vous ai parlé de plusieurs films tournés au Pays Basque ou avec des histoires se 

passant au Pays Basque, tels que Euskadi (1936), l'Appel du stade (1941), la Robe Rouge (1933), 

Au Pays des Basques (1930), Emak Bakia (1925), le Pays basque espagnol (1931), Sinfonia Vasca 

(1936), El Mayorazgo de Basterretxe (1928), Im Lande Der Basken (1944), Odette (1928), Vicenta 

(1920), Le Mariage de Ramuntxo (1947), Gure Sor Lekua (1956), l'Athlète aux mains nues (1952), 

The Land of the Basques (1955), La Reine de Biarritz (1934), Haut-le-Vent ou Air Natal (1942),

Ramuntcho (1938), le film "Véronica" (1923) et le film "Gachucha fille basque" (1922).




Voici ce que rapporta au sujet du film "Gachucha fille basque" l'hebdomadaire Le Film Complet, 

le 6 mai 1923 :



"Gachucha par Jean Morlaix. — (Natura-Film).



... Mme Irigoyen s'alarmait de l'état de fièvre alternant avec des périodes de prostration où elle voyait sa fille. Elle la questionnait tendrement :

— Qu'as-tu, ma Gachucha ? Es-tu malade ?

— Non, maman, répondait Gachucha d'un ton lassé. Ce n'est rien ; c'est un petit moment ; ça passera.

— Est-ce que José-Miguel ?... Il me semble qu'il y a au moins deux jours qu'on ne l'a pas vu... Vous vous êtes disputés ?

— Je t'en prie, maman, laisse-moi. Je t'assure que tout va très bien.



pays basque autrefois cinéma gachucha
MLLE PAULETTE RAY GACHUCHA 

Pour rien au monde, elle ne se serait confiée à sa mère, de peur de renouveler les souffrances de la brave femme, de rouvrir les blessures qui n'étaient qu'à peine fermées. Mais Mme Irigoyen ne se décourageait pas.


— Je vois bien que tu n'es pas dans ton état normal. Aussi, tu travailles trop. Une jeunesse a besoin de s'amuser. C'est dimanche aujourd'hui. Sais-tu ce que je ferais, si j'étais à ta place ? J'irais voir le fandango au kiosque de la musique.


— Danser, maman ? Y penses-tu ?

— Bien sûr, je ne te dis pas de danser après nos deuils. Mais regarder, ce n'est pas danser, et se distraire un peu quand on a ton âge, ce n'est pas un péché.


Et la bonne mère insistait tant que Gachucha finissait par consentir.




pays basque autrefois cinéma gachucha
HEBDOMADAIRE LE FILM COMPLET 6 MAI 1923
FILM GACHUCHA LA FILLE BASQUE 1922

Elle venait de partir quand Mendiaz se présenta. Désireux de s'assurer une alliée, il affectait toujours envers la vieille femme une politesse exagérée et des attentions qui la flattaient. Elle l'accueillait donc volontiers et disait du toucheur de boeufs qu'il était plaisant et bien honnête. Il salua cérémonieusement :


— Bonjour, madame Irigoyen. J'aurais voulu parler à Mlle Gachucha.


La mère ne put que remarquer qu'il avait déjà de vraies manières de fiancé. Elle ne savait rien de ce qui s'était passé entre sa fille et ce garçon, mais les femmes lisent si bien dans les hommes !


— Ma fille vient de partir pour le fandango.

— Alors, je vous demande pardon, dit Mendiaz d'un air affairé, mais il faut que je coure après elle. C'est urgent. A bientôt, madame Irigoyen.


Il salua encore, et s'encourut sans avoir dit à la mère quelle affaire si urgente l'appelait près de la fille. A peu de distance, il rattrapait Gachucha qui n'avançait que d'une allure assez lasse. Il l'appela :


— Mademoiselle Gachucha !


Elle voûta l'épaule comme quand on s'attend à y recevoir une charge pénible et se retourna. Les yeux de Mendiaz brillaient et une sorte de frénésie animait ses traits tourmentés et mobiles. Sans autre entrée en matière, il dit :


— Je sais comment faire !




pays basque autrefois cinéma gachucha
HEBDOMADAIRE LE FILM COMPLET 6 MAI 1923
FILM GACHUCHA LA FILLE BASQUE 1922

A son tour, elle eut une flamme dans les yeux.


Il l'entraîna à l'écart. Elle ne résista pas. Elle ne se préoccupait plus de faire jaser. Tous deux s'assirent et il commença :


— Voilà : il faut avant tout que vous feigniez de vous remettre avec José et qu'il vous croie bien sincère.


Sursautant, elle se récria :


— Tromper !

— Bien sûr, tromper ! Comment a-t-il fait, lui, quand il s'est agi de vendre Chico ?

— Oui, je sais. Mais c'est bien dur.

— Une fois qu'il sera en confiance, dites-lui que vous vous intéressez à une affaire de contrebande...

— Mais il sait bien que je suis, comme lui, ennemie de la contrebande. C'est le vice des gens d'ici. C'est ça qui a coûté la vie à Chico.

— Si vous avez une objection à me présenter à chaque indication que je vous donne, autant renoncer tout de suite. Allons voir danser.

— Non, non. Je ferai tout ce qu'il faudra.

— Il faut donc, sans exciter ses soupçons, le persuader d'aller chercher chez Joroba, à Fontarabie, un ballot qui est tout prêt pour Etchegoyen. Il n'a que cela à faire. On l'attendra à son débarquement pour l'en débarrasser. Voilà tout.


Quelle que fut la justesse de cette action, Gachucha reculait instinctivement devant ces procédés perfides qui lui répugnaient. Elle hésitait. Mendiaz commençait à s'inquiéter. Et si elle ne voulait pas, maintenant ? Il se fit éloquent, toucha la corde qu'il fallait en lui faisant revoir cette mort de Chico dont la seule imagination la soulevait toute.


— Vous avez raison, dit-elle. Je ferai ce qu'il faudra.

— Je n'ai pas besoin de vous dire comment vous y prendre. Une femme sait toujours cela d'instinct, dit-il avec un vilain sourire...


Il prit un temps, puis il ajouta :


— Et quand il sera pris, nous nous fiancerons ?

— Nous nous fiancerons, dit-elle lentement et avec effort.

— C'est promis ?

— C'est juré !




pays basque autrefois cinéma gachucha
HEBDOMADAIRE LE FILM COMPLET 6 MAI 1923
FILM GACHUCHA LA FILLE BASQUE 1922

Il voulut l'embrasser, mais elle l'arrêta :


— Attendez ; pas encore !


Ils s'en allèrent au fandango. C'est la danse nationale basque. Vive, trépidante et gracieuse, un peu étrange aussi, elle est difficile à bien danser et l'on admire ceux qui s'y distinguent au rythme précipité et sautillant de la musique. Malheureusement, bien qu'on le danse encore dans tous les bals publics du pays, la tradition commence à s'en perdre. Déjà l'on remplace souvent par un orchestre plein de cuivre les musiciens qui soufflent dans leur sorte de flageolet, dont ils bouchent et débouchent les trous de la main gauche tandis que, de la main droite, ils battent drôlement un tambourin au moyen d'une petite baguette recourbée. Au fandango, elle n'eut pas de peine à retrouver José-Miguel qui dominait la foule de la tête. L'air navré du champion l'émut un instant, mais elle réagit et, bien décidée à mener jusqu'au bout sa terrible besogne, elle marcha à lui en traversant les groupes animés des danseurs. Il l'avait aperçue tout de suite et il se demanda ce qui allait se passer.


Avec une joie immense, il vit qu'elle le couvrait d'un regard bienveillant et elle lui dit en souriant :


— José, pardonne-moi mon méchant caprice.

— Pardonner ! s'écria-t-il bonnement. Il n'en est même pas besoin, mais dis-moi ce qui t'a pris.

— Eh bien, je ne sais pas ce que j'ai eu, mais ce que tu m'as dit m'a fait passer un vilain soupçon... J'ai réfléchi. C'est passé.

— Mais bien passé ? Tu n'as pas d'arrière-pensée ?

— Non, non. C'est fini.


Malgré tout, il ne la sentait pas bien franche. Pour les natures honnêtes et loyales, il est difficile de dissimuler. Mais il l'aimait tant, sa Gachucha, qu'il préféra ne pas la chicaner encore. Il murmura :

— Ah ! j’aime mieux ça !... Je le savais bien, que tu ne pourrais pas longtemps me croire coupable.


Il la regardait avec bonheur, sans pouvoir abandonner la petite main qu’il avait prise, qu’il avait retrouvée.



pays basque autrefois cinéma gachucha
HEBDOMADAIRE LE FILM COMPLET 6 MAI 1923
FILM GACHUCHA LA FILLE BASQUE 1922

Mais elle reprit :

— Écoute, j’ai quelque chose à te demander.

— Tout ce que tu voudras. Qu’est-ce que c’est ?


Elle regarda autour d’elle, craignit d’être entendue et l'entraîna à l'écart, tandis qu'il la suivait docilement, mais avec surprise. Non loin de là, Mendiaz les surveillait, content de voir que l'affaire marchait. A distance de la foule qui entourait les danseurs, elle prit son ton le plus câlin, Dalila pour le bon motif, à ce qu'elle croyait :


— Mon José, je sais que tu désapprouves la contrebande, mais, pour moi, tu risquerais bien une expédition ?


Cette fois, il ne put contenir son étonnement. Décidément, on lui avait changé sa Gachucha, il dit seulement :

— Toi ?

— Veux-tu, oui ou non ?


Elle avait pris un air dur et ses yeux noirs se faisaient menaçants. C'était plus que José n'en pouvait supporter. Il capitula tout aussitôt :


— Je ferai tout ce que tu voudras, mais tu me surprends bien, tu sais.


Les petites femmes mènent les hercules par le bout du nez. Tandis que José ne pouvait revenir de sa surprise, elle lui raconta toute l'histoire imaginée par le génie de Mendiaz, et de l'air d'une femme qui dit que c'est à prendre ou à laisser. Il ne laissa pas. Il accepta, mécontent de soi, au fond, mais sans objection.


De loi, Mendiaz vit sa grosse tête qui hochait affirmativement. Ca y était ! Il s'éloigna vivement du fandango et disparut sans avoir été remarqué par personne. Cependant, Gachucha donnait à José toutes les instructions qu'elle avait reçue du toucheur de boeufs. Mais, en elle, quelque chose grinçait et elle ne savait pas trop si elle devait être contente ou désolée. Si persuadée qu'elle fût de son devoir de punir le meurtrier de Chico, elle ne se sentait plus nette. Elle avait trompé ; elle trompait. Cet homme était un misérable, certes, mais il avait confiance en elle !


Malgré la commission infiniment désagréable dont il s'était chargé, José était si heureux de n'être plus fâché avec Gachucha qu'il avait retrouvé son équilibre et sa liberté d'esprit. Tout à coup, il s'écria :

— Ah ! mais, c'est qu'ils m'attendent, au fronton, pour la pelote ! Et moi qui allais oublier !


Ils se hâtèrent vers le fronton. Les joueurs étaient déjà sur le terrain, élégants et sveltes, avec leurs petits bérets, la chemise, les espadrilles et le pantalon blancs, la ceinture rouge ou bleue, la main armée, au bout d'un gant, de la longue chistera recourbée, en osier, qui sert à rattraper au vol la petite balle dure pour la renvoyer contre le fronton, avec une force plus que triplée. On l'acclama :


— José-Miguel ! José-Miguel !... Allons vite, lambin !


Il courut se préparer et revint vivement, tandis que, peu fière d'elle-même, malgré tout, Gachucha prenait place parmi les assistants. La partie commença. Les joueurs bondissaient, rattrapaient la balle, fouettaient le bras avec force. Un claquement annonçait que la pelote avait rebondi contre le mur. Des formes blanches accouraient, sautaient dans des attitudes magnifiques, cueillaient la pelote, la lançaient de nouveau...


L'illustre Chiquito de Cambo, champion mondial, qu'on a vu jouer à ce jeu superbe et charmant dans tous les coins du monde où les Basques voyageurs ont établi des colonies. Chiquito avait accordé son concours. Des acclamations enthousiastes saluaient ses exploits, comme ceux de José-Miguel, champion local qui s'égalait presque à son fameux adversaire. Il avait même des partisans qui le préféraient à Chiquito et affirmaient que son style était plus pur."



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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vendredi 27 juin 2025

PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 27 JUIN 2025 SAINT FERNAND ET SAINT CYRILLE - SOROSPEN

 


PROVERBE DU 27 JUIN 2025 (SAINT FERNAND) (SAINT CYRILLE D'ALEXANDRIE) (FERDINAND) (SOROSPEN).


FERNAND : Fernand ou saint Ferdinand de Cajazzo ou Ferdinand d'Aragon est un bienheureux qui aurait été le 5ème évêque de Caiazzo en Campanie (Italie) au 11ème siècle.



religion catholique saint sainte fernand
27 JUIN SAINT FERNAND

Les reliques honorées dans le diocèse de ce nom sont en fait celles de saint Ferdinand, roi de Castille et de Léon.

Saint Fernand ou Ferdinand, devenu saint patron des rois d'Espagne, a eu le mérite de réunir les provinces de Léon et de Castille.

Né en 1199, Fernand fonde l'illustre université de Salamanque et fait du dialecte castillan la langue officielle des espagnols.

Mort en 1252, à Séville, Fernand était le cousin de saint Louis, roi de France.






    CYRILLE (d'ALEXANDRIE) : Il naît en 376.




    religion catholique saint sainte cyrille
    27 JUIN SAINT CYRILLE D'ALEXANDRIE

    Fils du patriarche d'Alexandrie, Cyrille succède à son père le 17 octobre 412.

    Il se signale par sa brutalité à l'égard des païens et ses actions à l'encontre des Juifs (fermeture des synagogues etc...). 

    Au concile d'Ephèse, en 431, Cyrille proclame "Marie Mère de Dieu".

    Ses écrits lui valent néanmoins la sainteté et, en 1882, le titre de Père et Docteur de l'Eglise, par la proclamation du pape Léon XIII.





    SOROSPEN : Gaztelaniaz "favor" N. Sra del Perpetuo Socorro.

    (...) sorospen iz. Arrisku edo premia larrian dagoenari ematen zaion laguntza Sorospen etxean eta Donostia Ospitalean artatu zituzten hamalau lagun (...)

    Socorro (es). Ikus Laguntza.

    Laguntza : Erdi Aroko tradizioan bilatu behar da Laguntzako Andre Mariaren kultua, kristauak, haurrak batez ere, deabruarengandik babesten baitzituen. Erroman, gainera, Laguntzako Andre Maria ere badago. Jaia abuztuaren 8an da. Aldaerak : Laguntzane. Sokorri eta Sorospen. Baliokidea : Socorro (es).



    Une naissance du 27 juin : Louis XII. 



    roi france blois père peuple anne bretagne
    PORTRAIT DE LOUIS XII
    PAR JEAN PERREAL VERS 1514



    Né le 27 juin 1462 à Blois (Loir-et-Cher) - Mort le 1er janvier 1515 à Paris.

    Surnommé le "Père du peuple" par les états généraux de 1506, il est roi de France de 1498 à 1515.

    Ses parrains sont le roi Louis XI et le comte du Maine Charles V d'Anjou et ses marraines sont la reine d'Angleterre Marguerite d'Anjou et la comtesse de Vendôme Isabelle de Beauvau.

    Orphelin de père à 2 ans, il est pris en tutelle par Louis XI, qui lui prodigue une éducation sévère.

    En 1476, Louis XI organise son mariage avec sa fille Jeanne de France (Jeanne la Boiteuse), physiquement estropiée.

    Sacré roi en avril 1498, il fait reconnaître nulle cette union par le pape Alexandre VI pour non-consommation.

    A la mort de Louis XI, en août 1483, il échoue à obtenir la régence aux états généraux de Tours, confiée à Anne de Beaujeau.

    Pendant la guerre folle de 1485 à 1488, il est fait prisonnier en juillet 1488.

    Gracié après 3 ans de détention, il suit son cousin, le roi Charles VIII, en Italie, à la tête des avant-gardes de l'armée.

    En avril 1498, Charles VIII meurt accidentellement, sans enfant survivant.

    En mai 1498, Louis XII est sacré en la cathédrale de Reims.

    En échange du Valentinois érigé en duché qu'il donne à César Borgia, fils du pape Alexandre VI, il obtient la reconnaissance de nullité de son premier mariage et épouse, en janvier 1499, Anne de Bretagne, la veuve de Charles VIII.

    La Bretagne reste ainsi dans l'orbite de la France, mais le nouveau contrat de mariage spécifie que l'héritier du royaume ne pourra être héritier du duché.

    Dès février 1499, il reprend la politique italienne de son prédécesseur (cf 2ème, 3ème et 4ème guerre d'Italie), en ajoutant cependant à la prétention des Anjou sur le royaume de Naples, celle des Orléans sur le duché de Milan.

    Après avoir conquis le Milanais, il devient maître d'une grande partie de la péninsule.

    En septembre 1504, Louis XII signe le traité de Blois, qui prévoit le mariage de sa fille, Claude de France, avec le futur Charles Quint, et celui de sa nièce Germaine de Foix à Ferdinand II d'Aragon.

    A la demande des états généraux de Tours de 1506, sa fille est finalement fiancée à François d'Angoulême (le futur François 1er).

    Lors de ces états généraux, il est officiellement nommé "Père du Peuple".

    En 1504, il est chassé de Naples par Ferdinand d'Aragon.

    En 1513, la défaite de Novare met fin à ses ambitions italiennes.

    Louis XII administre son domaine avec intelligence, utilisant les recettes des impôts pour entretenir le réseau routier.

    Il renouvelle la Pragmatique Sanction de Bourges assurant une marge de liberté dans le choix du clergé.

    Devenu veuf en janvier 1514, il se remarie en octobre 1514 avec Marie Tudor, la très jeune soeur du roi Henri VIII d'Angleterre.

    Affaibli par l'âge, par les hémorragies intestinales à répétition qui ont menacé sa vie à plusieurs reprises et par les accès de goutte, il meurt, après presque 17 ans de règne, le 1er janvier 1515, à 52 ans.


    roi france blois père peuple anne bretagne
    ROI LOUIS XII


    Voici le proverbe du vendredi 27 juin 2025 :


    OSTALERA ATE AINTZINEAN, EZ BAITU NEHOR BARNEAN.


    L'aubergiste est devant sa porte parce qu'il n'a personne à l'intérieur.


    bayonne autrefois
    EPICERIE DOYHENART BAYONNE 1919
    PAYS BASQUE D'ANTAN


    (Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)




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