samedi 25 mars 2017

L'OPERATION MYRMIDON DU 5 AVRIL 1942 SUR LA CÔTE BASQUE


TENTATIVE DE DEBARQUEMENT DES ALLIES A ANGLET EN 1942.

Winston Churchill décide au début de l'année 1942 qu'un débarquement de troupes sur la Côte Basque sera tenté pour le jour de Pâques de la même année, c'est-à-dire le 5 avril.


Il a choisi cette date car il est avéré que la vigilance allemande se relâche en période de fêtes.


Cette opération portera le nom de code de "Myrmidon"(peuple mythique de Grèce).


Quelques jours auparavant, deux paquebots porteurs de troupes et huit bâtiments de guerre de 

la Royal Navy quittent le port de Falmouth, situé à l'extrémité sud des Cornouailles, en 

Angleterre.



pays basque avant
NAVIRES ROYAL NAVY 1942





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NAVIRE ROYAL NAVY 1942



A leur bord, huit cents fusiliers marins britanniques et une centaine de soldats français 

commandés par Pierre de Chevigné, nommé début 1942, chef de la Mission militaire de la 

France libre à Washington et  détaché plusieurs semaines au Combined Operations 

(Commandos de Lord Mountbatten) à Londres.



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FUSILIERS MARINS BRITANNIQUES 1942


Le convoi met le cap sur Gibraltar pour tromper l'ennemi sur ses intentions.

Puis il stoppe à hauteur des côtes de Galice, avant de remonter vers le golfe de Gascogne.

Les deux navires de transport de troupes sont camouflés à l'aide de décors de toile.

Le but de l'expédition a été gardé secret et les commandos prennent connaissance de leurs 

objectifs en mer, en se penchant sur les cartes  et maquettes des installations militaires et 

industrielles à détruire.

Ils doivent s'attaquer aux batteries de canons côtiers de l'Adour, aux blockhaus, à la tour de 

commandement de la plage du Boucau, aux vedettes de la marine allemande stationnées dans 

le port, à divers cantonnements militaires de Bayonne.


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BATTERIES COTIERES 1942
PAYS BASQUE D'ANTAN




L'opération Myrmidon vise aussi à affaiblir les ressources allemandes, à travers la destruction 

des installations industrielles du port, ses grues, le four à minerai des Forges de l'Adour, les 

fabriques portuaires de produits chimiques, les établissements des avions Latécoère d'Anglet, 

la poudrerie de Blancpignon à Anglet.

Un destroyer doit remonter l'Adour pour bombarder les installations militaires de Bayonne.

L'opération doit permettre de débarquer des officiers français, dont le lieutenant De Boissieu 

(futur gendre du Général De Gaulle).

Ces derniers avaient pour mission de prendre contact avec la Résistance locale et en zone libre 

avec des officiers de l'armée d'armistice, avant de rembarquer à bord d'un sous-marin au 

large de Monaco.

Les forces britanniques ont établi leurs cibles sur la base de précieux renseignements fournis 

par les membres du réseau Castille et d'autres groupes locaux de renseignements.


Pour réaliser cet ambitieux plan d'attaque, l'état-major a établi une coordination parfaite qui 

ne supporte aucun retard.

Malheureusement, la panne d'un des navires de transport de troupes, le "Princess Beatrix", 

vient perturber cette organisation.


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LE PRINCESS BEATRIX 1942


Le convoi perd une heure en mer et l'opération Myrmidon est déclenchée à une heure du matin 

au lieu de minuit.

Ce retard aurait pu être rattrapé, mais une dépression maritime venant de l'ouest perturbe 

également l'organisation.

En peu de temps, les conditions de mer se détériorent et les barges lancées vers la côte ne 

peuvent plus accoster.


En tête des barges, se trouvent les deux embarcations menées par les chefs de l'expédition dont 

Pierre de Chevigné.


Malgré la forte houle, sa barge franchit la passe de l'Adour et remonte le fleuve jusqu'à 

hauteur du Brise-Lames , à Anglet.

Mais les autres ne suivent pas et Pierre de Chevigné, isolé, donne l'ordre de faire demi-tour.

Tout le monde doit regagner les bateaux, alors que les commandos ne se trouvent qu'à 

quelques dizaines de mètres du rivage.

Entraînée par les courants , une barge de la première vague d'assaut échoue sur les rochers de 

la jetée de Tarnos.

Bloquée, elle doit attendre la marée haute jusqu'à l'aube pour pouvoir partir.

Mais les allemands du poste de guet du Boucau remarquent sa présence et donnent l'alerte.

Des échanges de tir ont lieu  et un destroyer anglais bombarde les positions allemandes 

d'Anglet.

La barge coincée arrive à s'éloigner vers le large.

Alors que depuis la côte les canons grondent, les bateaux anglais envoient un écran de fumée 

artificielle et pilonnent à leur tour les positions allemandes entre Bidart et Socoa.

Le dernier membre des commandos rembarqué, le convoi anglais met le cap vers l'Angleterre.

Des avions allemands les attaquent mais la DCA des navires anglais ripostent et ils atteignent 

enfin Falmouth, sans autre encombre.

Bilan de l'opération Myrmidon : des installations militaires ont été touchées et des immeubles 

civils endommagés.


Quatre autres opérations militaires, pour harceler les allemands, eurent encore lieu sur le 

territoire français de février 1942 à août 1942, avant le grand débarquement en Normandie le 

6 juin 1944.

Ironie de l'Histoire : Hitler, face à ces menaces de débarquement, avait décidé, peu avant 

l'opération Myrmidon, en mars 1942 la construction du Mur de l'Atlantique.



(Source : Regards sur la seconde Guerre Mondiale en Pays Basque de Mixel Esteban aux éditions Elkar)



Merci ami lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.


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