CARTES POSTALES , PHOTOS ET VIDEOS ANCIENNES DU PAYS BASQUE. Entre 1800 et 1980 environ.
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mardi 17 mars 2026
mardi 17 février 2026
UN DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DES BASSES-PYRÉNÉES PAR PAUL RAYMOND EN 1863 (troisième partie)
UN DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DES BASSES-PYRÉNÉES EN 1863.
Paul Raymond, né Paul Raymond Lechien, est un archiviste et historien français qui était en poste à Pau, au 19ème siècle et une des principales sources paléographique et lexicographique du Béarnais.
Voici ce que rapporta à ce sujet Pierre Bayaud, Directeur des Services d'Archives des Basses-
Pyrénées, dans le Bulletin du Musée Basque N° 25-26 en 1964 :
"Le Dictionnaire topographique des Basses-Pyrénées et son auteur l'archiviste Paul Raymond (1833-1878).
... Le 26 mai 1860, le Ministre envoyait à Raymond Lechien les instructions rédigées par Léopold Delisle en mars 1859. En voici les principales dispositions :
"Chaque Dictionnaire Départemental s'ouvrira par une introduction dans laquelle l'auteur fera sommairement la description physique du Département et présentera les tableaux des anciennes circonscriptions auxquelles répond le territoire de ce département.
Le Dictionnaire devra contenir en une seule série alphabétique :
1° Les noms fournis par la géographie physique : Montagnes, Vallées, Cavernes, Forêts, Cours d'eaux, Etangs, Marais, Caps, Baies, Havres, Iles et Rochers.
2° Les noms de lieux habités : Communes et dépendances de Communes, telles que Villages, Hameaux, Ecarts, Fermes, Moulins, etc.
3° Les noms se rapportant à la Géographie Historique, noms de peuples et d'anciennes Circonscriptions, religieuses, politiques et administratives, vieux chemins, camps, retranchements, châteaux, fiefs, abbayes, prieurés, commanderies, hôpitaux, maladreries.
Pour dresser la nomenclature des lieux habités on pourra se servir des tableaux de recensement de la population conservés dans les archives de chaque Préfecture. A la fin du recensement de chaque commune on trouve un tableau récapitulatif par quartiers, villages, hameaux ou rues.
Dans les mêmes archives on pourra consulter les états des chemins ruraux, rédigés, commune par commune, à partir de l'année 1823.
On aura la nomenclature des rivières et des cours d'eau dans des tableaux statistiques que les Préfets ont envoyés au Ministère de l'Intérieur entre les années 1835 et 1845, et dont les minutes doivent être restées dans les archives ou dans les bureaux des préfectures.
A la suite de chaque nom moderne seront cités les noms anciens qui lui correspondent. Il suffira de donner un exemple de chaque forme en choisissant toujours les textes les plus anciens et les plus authentiques. Parmi les documents qui doivent être principalement consultés, nous rappellerons les inscriptions, les légendes de monnaies, ... diverses productions littéraires du Moyen Age, telles que Chroniques, vies de Saints, romans chevaleresques, etc., les Chartes et les Cartulaires, les Pouillés, les Registres de visites ecclésiastiques, les Rôles d'impositions, les Aveux et les Livres Terriers. Dans les citations, au nom même du lieu, on n'ajoutera que les mots qui peuvent en déterminer la situation. On indiquera la source d'où chaque texte est tiré, et, autant que possible, l'année ou le siècle auquel il remonte...
Les sources seront indiquées d'une manière très abrégée mais, cependant, assez précise pour permettre d'y recourir. Elles seront énumérées dans un tableau placé en tête de chaque Dictionnaire. Toutes les fois qu'il s'agira de documents manuscrits, le tableau fera connaître les dépôts dans lesquels ils sont conservés.
Le Dictionnaire de chaque Département se terminera par un Index des noms anciens comprenant dans une seule et même série alphabétique : 1° Les noms anciens cités dans le corps de la livraison ; 2° Les noms anciens dont l'équivalent moderne n'est pas connu mais qui doivent s'appliquer à des lieux renfermés dans des limites du Département."
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| PORTRAIT DE M GUSTAVE ROULAND MINISTRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE ET DES CULTES DU 13 AOÛT 1856 AU 24 JUIN 1863 |
Le 4 juillet 1861, le Ministre rappela à Lechien sa réponse de 1860 :
"J'espère, Monsieur, que vous aurez donné suite à vos bonnes intentions, et pour vous guider plus sûrement dans l'accomplissement de cette tâche, je vous adresse ci-joint un exemplaire du "Dictionnaire topographique d'Eure-et-Loir", qui vient de paraître. L'excellent travail de M. L. Merlet vous mettra à même de vous rendre un compte exact du concours que le Comité attend de vous."
Par retour de courrier, Lechien répond le 8 :
"J'ai reçu, avec la dépêche du 4 de ce mois, l'exemplaire du "Dictionnaire topographique d'Eure-et-Loir" que vous avez bien voulu m'adresser. Comme j'ai eu l'honneur d'informer V.E. le 23 mars 1860, j'ai entrepris le Répertoire topographique de l'arrondissement de Pau, mais dans le cours de mes recherches, j'ai cru devoir y joindre les arrondissements d'Oloron et d'Orthez qui forment, ou à peu près, l'ancienne province de Béarn. Pour ces trois arrondissements réunis le travail marche de front et est assez avancé puisque le nombre des articles portés sur bulletins s'élève à plus de deux mille cinq cent. J'espère pouvoir transmettre un travail convenable à la fin de l'année 1862."
Le silence de Lespy s'explique : il avait mis au service de Lechien sa connaissance approfondie du Béarn. Peu après, Picamilh renonçait à sa collaboration pour le pays basque, l'archiviste assumant le Département entier ; cette lettre de Lechien, du 17 mai 1862 le montre :
"J'ai l'honneur d'adresser à V.E. les premiers cahiers du "Dictionnaire topographique des Basses-Pyrénées" contenant la lettre "A". Le travail est terminé pour les cinq arrondissements de ce Département, mais, avant d'en adresser la copie, je prie V.E. de vouloir bien me communiquer les observations que le Comité jugera à propos de faire pour que je puisse m'y conformer à l'avenir."
Le 24 mai, le Secrétaire Général du Ministère remerciait Lechien, et soumettait à l'examen d'Anatole de Barthélémy, membre du Comité, les cahiers. Le 7 juin, ce dernier rédigeait la Note suivante :
"Le soussigné est d'avis que les trois cahiers communiqués par M. Raymond Lechien paraissent conformes au programme donné par la Commission. Il y aurait lieu de réclamer le reste du Dictionnaire, l'Introduction et la Table Alphabétique des formes anciennes de noms de lieu (sic) afin de pouvoir juger du travail dans son ensemble."
Nouvelle lettre ministérielle à Lechien le 7 juillet :
"Monsieur : La Commission de publication du Dictionnaire Topographique de la France a examiné le travail que vous avez bien voulu m'adresser le 17 mai dernier. Elle s'est convaincue, comme elle en avait l'intime persuasion, en acceptant votre concours, que vous pouviez mieux que personne, Monsieur, mener à bonne fin une entreprise à laquelle vos études particulières et votre position d'archiviste vous avaient tout particulièrement préparé. Elle vous sera obligée de me faire parvenir le reste du "Dictionnaire", l'Introduction et la Table Alphabétique des formes anciennes des noms de lieux."
Lettre du 25 août de l'archiviste :
"J'ai l'honneur d'adresser à V.E. les cahiers contenant les lettres "B" à "Z" du "Dictionnaire Topographique du Département des Basses-Pyrénées", l'Introduction et la Table des Formes Anciennes. Pour la rédaction de cette dernière, j'ai suivi le système adopté dans le "Dictionnaire d'Eure-et-Loir".
Le 3 septembre, le Secrétaire Général du Ministère adresse ces cahiers à Barthélémy :
"Le commencement de ce travail a favorablement été jugé par vous, Monsieur. Aujourd'hui qu'il est terminé, pensez- vous qu'il puisse sans modifications être mis sous presse ?"
Le 6 septembre Barthélémy répond :
"Le soussigné est d'avis que le travail de M. Paul Raymond peut être imprimé."
Le 13 septembre 1862 le Ministre de l'Instruction Publique écrivait la lettre suivante au directeur de l'Imprimerie Impériale ; elle montre que le Dictionnaire de Raymond était le quatrième Dictionnaire imprimé :
"Monsieur le Directeur, j'ai l'honneur de vous adresser, avec prière de le faire immédiatement mettre à l'impression le "Dictionnaire Topographique du Département des Basses-Pyrénées", rédigé par M. Paul Raymond, archiviste de la Préfecture à Pau. Je vous serais obligé, Monsieur le Directeur, de vouloir bien donner des ordres pour que ce nouveau Dictionnaire, qui devra, quant au format, au papier et aux caractères, être conforme à ceux d'Eure-et-Loir, de l'Yonne et de la Meurthe, puisse être publié dans un court délai, et pour que les épreuves me soient exactement envoyées dès que chaque feuille sera composée".
En même temps Raymond était informé de cet envoi à l'Imprimerie Impériale :
"M. Anatole de Barthélémy, membre du Comité, a été désigné pour surveiller l'impression de votre travail qui a paru à la Commission répondre complètement aux conditions du programme."
Raymond remerciait le 15 par retour du courrier.
Le 19 ou le 20 septembre, Paul Raymond envoie au Ministre une lettre transmise le 22 à Anatole de Barthélémy :
"J'ai l'honneur de vous communiquer la lettre ci-jointe que vient de m'adresser M. Paul Raymond, Archiviste des Basses-Pyrénées, pour me faire connaître les moyens d'exécution du "Dictionnaire Topographique" de ce Département. L'exposé fait par M. P. Raymond devrait, peut-être, figurer en tête de son travail sous forme de préface ? Veuillez, je vous prie, Monsieur, me donner votre avis à ce sujet."
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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samedi 17 janvier 2026
UN DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DES BASSES-PYRÉNÉES PAR PAUL RAYMOND EN 1863 (deuxième partie)
UN DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DES BASSES-PYRÉNÉES EN 1863.
Paul Raymond, né Paul Raymond Lechien, est un archiviste et historien français qui était en poste à Pau, au 19ème siècle et une des principales sources paléographique et lexicographique du Béarnais.
Voici ce que rapporta à ce sujet Pierre Bayaud, Directeur des Services d'Archives des Basses-
Pyrénées, dans le Bulletin du Musée Basque N° 25-26 en 1964 :
"Le Dictionnaire topographique des Basses-Pyrénées et son auteur l'archiviste Paul Raymond (1833-1878).
III. — Le "Dictionnaire Topographique".
Le 26 août 1858, Rouland, Ministre de l'Instruction Publique, avait diffusé une circulaire relative à l'établissement d'un Dictionnaire Géographique de la France.
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| PORTRAIT DE M GUSTAVE ROULAND MINISTRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE ET DES CULTES DU 13 AOÛT 1856 AU 24 JUIN 1863 |
L'abbé Marquette, curé-doyen d'Arthez-de-Béarn, avait songé, encore séminariste, à un projet de ce genre pour le Département, y avait intéressé plusieurs de ses condisciples "et d'autres hommes instruits, de divers états, mais bientôt privé de la coopération de ses amis, il interrompit ses recherches", et a perdu ses précieux matériaux. Presque sexagénaire, il n'a pas le courage de se remettre à l'œuvre. Dans sa lettre au Ministre, du 25 octobre 1858, l'abbé fait des remarques pertinentes : "... Je crains que plusieurs correspondants que V. E. a nommés ne puissent faire toutes les recherches désirables, et que bien des détails essentiels ne leur échappent ; il faudrait donc des coopérateurs nombreux, zélés et capables ; et il les leur faudrait dans chaque ville, dans chaque bourg, dans chaque hameau. Par ce moyen, me semble-t-il, rien n'échapperait à leurs recherches.
"Et ce moyen, Monsieur le Ministre, permettez-moi de vous le faire remarquer, vous l'avez entre les mains. Vous pouvez avoir dans les moindres hameaux de l'Empire un correspondant obligé, intelligent, capable. Tous les instituteurs dépendent de V.E. Elle peut les engager, les forcer même à coopérer à cette œuvre monumentale et d'utilité publique. Que tous soient obligés de fournir un Mémoire topographique, historique, etc., de leur Commune et rien ne périra de tout ce qui existe d'intéressant en ce moment dans toute l'étendue de l'Empire. Les mémoires de plusieurs instituteurs seront, je le veux, imparfaits, peut-être mal digérés ou insignifiants par la banalité des choses consignées, ou par la banalité des redites ; mais les matériaux y seront. Ce sera, ensuite, aux correspondants principaux ou à un Comité nommé par V.E., de trier les matériaux, de les coordonner, d'y mettre la dernière main.
Que de fois je me suis dit : Si j'avais été évêque, j'aurais obligé chaque ecclésiastique de mon diocèse à me donner la géographie et l'histoire de sa paroisse. C'est justement ce que vous pouvez obtenir de chaque instituteur de l'Empire. Et tous les amis des sciences et des antiquités vous en sauront gré. Quel service immense rendu à chaque localité de lui conserver à jamais le souvenir de ce qu'elle est et de ce qu'elle a été."
Le baron de Crouseilhes, Ministre de l'Instruction Publique en 1851, Sénateur de l'Empire, membre non-résidant du Comité des Travaux Historiques et des Sociétés Savantes, indiquait à son successeur, le 5 novembre 1858, M. Picamilh : "... Je me permets d'indiquer à V.E. un jeune homme instruit, laborieux, M. Picamilh, qui travaille depuis quelques années à une statistique de ce pays, qui promet d'être assez complète, et dont la première partie a déjà paru en un volume in-8°, et l'on annonce la prochaine publication du second volume. Je crois que les travaux qu'a nécessités cet ouvrage ont dû mettre l'auteur sur la voie de la découverte de faits qui donneraient d'utiles éléments du Dictionnaire Géographique. M. Picamilh peut consacrer tout son temps à des occupations littéraires et archéologiques, et seconderait, je crois, d'une manière satisfaisante les instructions de V.E. Il réside à Pau."
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| BARON DOMBIDAU DE CROUSEILHES |
Le 20 mars 1860 le Ministre écrit au baron de Crouseilhes :
"La Commission (de rédaction du Dictionnaire Géographique de la France) vient de commencer ses travaux et désire savoir si M. Picamilh se chargerait volontiers de recherches dans les arrondissements de Bayonne et de Mauléon, en se conformant aux instructions et spécimen ci-joints publiés par le Comité. La connaissance du basque est indispensable pour un travail de cette nature, et je crois M. Picamilh familiarisé avec cet idiome."
Le 2 avril 1860 Crouseilhes répondait :
"... Appelé à s'occuper uniquement des arrondissements de Bayonne et de Mauléon (qui comprennent le pays basque), M. Picamilh m'exprime quelqu'appréhension qu'une connaissance imparfaite de la langue basque, et les rares archives qu'on trouve en ce pays, ne rendent sa tâche plus difficile. Toutefois, reconnaissant du témoignage flatteur qu'il trouve dans la désignation de V.E., il se met à votre disposition, ayant réuni de nombreux documents sur l'ensemble du Département. Connaissant personnellement les habitants les plus notables des deux arrondissements, il espérerait pouvoir remplir convenablement vos vues. Il penserait que, vu les obstacles qu'il peut rencontrer, un délai de six mois lui serait nécessaire à partir du jour où une lettre d'avis de V.E. lui aurait donné cette mission."
Le 27 avril, lettre ministérielle à Picamilh, avocat à la Cour Impériale, demeurant à Jurançon, pour le remercier :
"Loin de vous fixer un délai pour l'exécution de votre travail, la Commission entend vous laisser toute latitude à cet égard, le délai de six mois que vous demandez étant d'ailleurs assez rapproché. J'ai l'honneur de vous transmettre un exemplaire des instructions de M. Delisle et du spécimen qui les accompagne. Ces documents, Monsieur, vous indiqueront d'une manière précise la pensée de la Commission et la nature du concours réclamé de tous les savants de la province. Je n'ai pas besoin d'ajouter que la part de collaboration de chacun sera exactement indiquée dans le "Dictionnaire Géographique de la France".
Le 12 mai Picamilh accusait réception : "... J'ai déjà commencé ce travail et j'apporterai dans son exécution tout le zèle qu'il me sera possible."
La circulaire d'août 1858 (voir au commencement de cette Section III) avait été aussi envoyée à Nogué, avoué à Pau, ancien Maire de cette ville et ancien Commissaire de la Seconde République, avant d'être Député en 1848, en tant que Président de la Société Scientifique de Pau. Le 9 octobre 1858, Nogué avait répondu :
"Il n'existe pas pour le Département des Basses-Pyrénées des travaux manuscrits ou imprimés dans lesquels on puisse trouver des indications pour ce travail. Je suppose que la plupart des matériaux ont été détruits par les guerres de religion du XVIe siècle. M. Lespy, membre de notre Société, professeur au Lycée de Pau, et auteur d'une grammaire béarnaise et de divers ouvrages sur le Béarn, a consenti à se charger du travail géographique que vous désirez. Nul mieux que lui, par ses études antérieures et par la connaissance de notre ancien idiome, n'est préparé aux recherches indispensables. Le travail de M. Lespy se bornera à l'ancien Béarn qui comprenait les arrondissements de Pau, d'Oloron et d'Orthez. Les arrondissements de Bayonne et de Mauléon ont une langue et une origine différentes."
Le 20 mars 1860 on demandait à Nogué : si M. Lespy "est toujours disposé à préparer le Dictionnaire des 3 arrondissements précités, en se conformant aux instructions et au spécimen publiés" ; aucune réponse n'était encore parvenue au ministère le 23 juin 1860.
Le 23 mars 1860, P. Raymond Lechien avait écrit cette importante lettre au Ministre :
"Me proposant d'entreprendre le Répertoire Topographique de l'arrondissement de Pau, j'ai l'honneur d'exposer à V.E. qu'il n'existe pas, en fait, de société savante dans la Ville de Pau, et que les correspondants du Ministère, pour le Département des Basses-Pyrénées ne s'occupent pas du travail dont il s'agit ; mes fonctions d'Archiviste du Département et les études faites à l'Ecole Impériale des Chartes, mes voyages comme Inspecteur des Archives Communales, me mettent en mesure d'entreprendre ce Répertoire si je suis agréé par V.E. Dans ce cas, j'aurais besoin de connaître les instructions et spécimens qui ont été communiqués aux Correspondants ; je prie V.E. de me les faire adresser si elle veut prendre ma demande en considération."
(signé) : Raymond Lechien.
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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mercredi 17 décembre 2025
UN DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DES BASSES-PYRÉNÉES PAR PAUL RAYMOND EN 1863 (première partie)
UN DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DES BASSES-PYRÉNÉES EN 1863.
Paul Raymond, né Paul Raymond Lechien, est un archiviste et historien français qui était en poste à Pau, au 19ème siècle et une des principales sources paléographique et lexicographique du Béarnais.
Voici ce que rapporta à ce sujet Pierre Bayaud, Directeur des Services d'Archives des Basses-
Pyrénées, dans le Bulletin du Musée Basque N° 25-26 en 1964 :
"Le Dictionnaire topographique des Basses-Pyrénées et son auteur l'archiviste Paul Raymond (1833-1878).
Le 30 novembre 1963 était célébré, au Musée Basque de Bayonne, le centenaire de la publication du "Dictionnaire Topographique des Basses-Pyrénées" de Paul Raymond.
Permettez-moi, avant d'aborder cet ouvrage, de donner quelques notes biographiques sur l'auteur et de présenter la chronologie de ses travaux et publications.
I. — La vie de l'auteur.
Paul Raymond Lechien naquit à Belleville (Seine), le 8 septembre 1833. Il était fils de François Lechien et d'Anne-Joséphine-Sophie Vergne. Après les études secondaires à Sainte-Barbe, il entra à l'Ecole des Chartes. Il appartient à la promotion d'archivistes-paléographes du 10 novembre 1857 qui comprenait cinq noms ; sa thèse, restée inédite, était intitulée "Du pillage de la maison et des biens de l'évêque. Ve au XIIIe siècles.
Au début de 1858, Lechien est nommé à Pau archiviste du Département. En 1864 il obtient de la chancellerie la disparition de son patronyme "Lechien" au bénéfice de son second prénom ; désormais il est officiellement "Paul Raymond".
Le 14 avril 1868, il épousa, à Pau, Marie-Françoise-Marguerite-Isabelle Lafitte, fille de feu Ulysse, propriétaire et avocat, et de Laure-Marie Mourot, descendante du juriste palois connu. Il avait comme témoins Eustache-Maur-François Saint-Maur, avocat général près la Cour Impériale, archiviste-paléographe, et Vastin Lespy, professeur au Lycée ; ceux de sa femme étaient Charles Basterreche, ancien receveur général du Département, et Léon Daran, docteur en médecine et conseiller général.
Raymond devait avoir des ressources personnelles, car l'on sait que les traitements des archivistes ont toujours été modestes. L'anecdote suivante, dont on m'a garanti l'exactitude, semblerait le prouver. Raymond se trouvait depuis un long moment debout dans le cabinet préfectoral sans que le Préfet, G. d'Auribeau, prêtât attention à lui. Soudain on entendit piaffer des chevaux dans la cour sur laquelle donnait cette pièce. Le Préfet s'approche de la fenêtre et demande à Raymond : "Savez-vous à qui appartient ce bel attelage ?" — "C'est le mien, Monsieur le Préfet." Aussitôt changement dans l'attitude du haut personnage : "Mais, asseyez-vous donc, cher Monsieur." Et un entretien cordial s'engagea. Un Préfet snob — son patronyme "Guillaume" était devenu "G. d'Auribeau" — ne pouvait qu'avoir de la considération pour un subordonné au standing de vie de riche apparence.
Devenu Secrétaire Général de la Préfecture le 28 décembre 1877, Raymond mourait en fonction le 27 septembre 1878, à 3 h. et quart du matin, dans son domicile privé, 6, rue Mourot, en revenant de Paris ; depuis longtemps malade, il était considéré comme perdu depuis plus d'un mois. Le lendemain, Emile Garet, directeur de "L'Indépendant des Basses-Pyrénées" (journal républicain de Pau), et futur Président du Conseil Général, consacrait au disparu un article qui, sans négliger l'ami politique, rendait pleinement justice à l'érudit :
"Après le 14 décembre 1877, M. Paul Raymond, dont les sentiments républicains étaient aussi sincères que résolus, fut appelé au Secrétariat Général de la Préfecture. Sur ce nouveau théâtre, nous pouvons le dire, il sut déployer les qualités d'un autre ordre dont ses amis seuls possédaient le secret : intelligence prompte des affaires administratives, coup d'œil sûr quant aux hommes et quant aux choses, inébranlable esprit de justice et fermeté non moins inébranlable sur le terrain du devoir, grande modération quant aux idées, mais énergie non moins grande pour la défense des principes dont il avait accepté d'être le serviteur sinon le champion".
Auparavant Garet avait énuméré les nombreux travaux scientifiques de Raymond, rappelé qu'avec son ami Lespy il avait fondé la "Société des Bibliophiles du Béarn", qu'il fut l'un des fondateurs du "Comité de la Bibliothèque Populaire", qu'en 1871 il avait été l'un des principaux promoteurs de la résurrection de la "Société des Sciences, Lettres et Arts, de Pau", en sommeil depuis 1844.
"Levé avec le jour, il travaillait chez lui comme dans ses bureaux. Courbé sur sa table encombrée de pièces, il fournissait journellement une somme de travail considérable. Aussi, chaque année recevait-il de son Ministre les éloges les plus complets. Suivant l'un de ces témoignages officiels, il était en avance sur tous ses collègues — pour la publication des Inventaires —, et le dernier Inspecteur Général qui vint à Pau, il y a deux ans, M. de Rozière, fit sur son compte un rapport qui équivalait à la plus flatteuse des récompenses."
Paul Raymond avait eu trois enfants. J'en ai connu deux. En tournée d'Archives Communales à Castétis, le 28 juin 1943, je rendis visite à l'aînée, Mme Barbey, née à Pau le 4 février 1869. Cette septuagénaire très distinguée, de haute taille, me fit le meilleur accueil. La maison familiale étant transformée en école ménagère depuis 1941, Mme Barbey logeait dans l'ancienne orangerie voisine. Malgré ses maigres ressources, elle fit don aux Archives des Basses-Pyrénées, le 29 septembre 1947, de 600 volumes ; il y avait là un incunable parisien de 1481, "Liber sextus decretalium", acheté 1 fr. 25 en décembre 1852 ; 13 in-folio des "Ordonnances des Rois de France" ; de nombreux volumes de mémoires et chroniques publiés par la "Société de l'Histoire de France". Son frère eut deux fils ; l'un qui faisait partie de l'armée Juin, fut tué au pied du Mont-Cassin en 1944.
II. — Répertoire Bibliographique.
L'œuvre de Raymond est énorme, et l'on se demande comment, en 20 ans, un homme a pu analyser et inventorier un si grand nombre de documents, et faire un tel nombre de publications.
1859 — 1. "Nouvelles des affaires de France, 1521" (Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, pp. 369-380).
1860 — 1. Pièces sur l'hôtel de Clisson. (Loc. cit., pp. 447-454.)
1863 — 1. "Dictionnaire Topo graphique des Basses-Pyrénées." (Nous y reviendrons ci-après.)
2. Tome I des Inventaires-Sommaires des Archives des Basses-Pyrénées.
1865 — 1. Tome III des Inventaires-Sommaires : Archives Civiles, Série C. et D.
2. "Enquête du Prévôt de Paris sur l'assassinat de Louis, duc d'Orléans, 1407".
1866 — 1. "Notice sur une mosaïque placée dans la grande abside de la cathédrale de Lescar."
2. (1866 à 1869). "Notes extraites des comptes de Jeanne d'Albret et de ses enfants, 1556-1608."
1867 — 1. Tome IV des Inventaires-Sommaires.
2. "Une lettre de Gaston Phoebus à Jean III comte d'Armagnac."
3. "Dolmen et cromlechs situés dans la Vallée d'Ossau."
1868 — 1. "De l'origine d'Arnaud de Moles, auteur des verrières de Sainte-Marie d'Auch".
2. "Les tumuli des environs de Pau".
1869 — 1. "La question de Roncevaux".
2. "Un règlement pour la saison thermale des Eaux-Chaudes en 1576".
3. "Notes sur les peintures murales du XVe s. à Boeil près Nay".
1872 — 1. "Rôles de l'armée de Gaston Phœbus, 1376-1378".
1873 — 1. Tome V des Inventaires-Sommaires.
2. "Histoire de Béarn et Navarre par Nicolas de Bordenave, 1517 à 1572",
3. "Cartulaire de l'Abbaye de St-Jean de Sordes (Landes)".
4. "Le vrai nom de "Bétharram" est "Gattaram".
5. "Sur les traces de l'occupation romaine dans les Basses-Pyrénées". (Ibid., pp. 261-262.)
6. "Sur les Chemins "Roumieu". (Ibid., pp. 270-271.)
7. "Ateliers monétaires du territoire des Basses-Pyrénées". (Ibid., p. 271.)
8. "Sur l'origine des "cagots". (Ibid., pp. 285-287.)
9. "Notes pour servir à l'hagiographie des Basses-Pyrénées".
10. "Mœurs béarnaises 1385 à 1550".
11. "Curiosités judiciaires du Parlement de Pau, 1623-1732".
12. "Le Béarn sous Gaston Phœbus".
1874 — 1. Tome VI des Inventaires-Sommaires, Paris,
2. "Sceaux des Archives du Département des Basses-Pyrénées",
3. "Les artistes en Béarn avant le XVIIIe siècle".
4. "Exploration d'un tumulus à Andrein". — (Ibid. pp. 45-46.)
5. "Mémoire sur les inscriptions des colonnes de l'église de Bielle (Basses-Pyrénées)".
6. "Le Droit du Seigneur au pays de Béarn",
7. "Quittances de Renaud et de Jacques de Pons, et Jean de Bretagne, 1377-1446."
1876 — 1. Tome II des Inventaires-Sommaires.
2. "Récits d'Histoire Sainte en béarnais, traduits et publiés pour la première fois sur le manuscrit du XVe siècle", par V. Lespy et Paul Raymond.
1877 — 1. "Exploration d'un tumulus à Balansun".
2. "Notes sur la famille de Jean-Paul de Lescun, membre du Conseil Souverain de Béarn. "
3. Documents divers. (Ibidem, pp. 424-429).
1878 — 1. "Correspondance inédite de Louis XI avec le duc Bretagne, 1463-1464,"
2. "Un baron béarnais au XVe siècle".
1879 — 1. "Enquête sur les serfs du Béarn au XIVe siècle".
1887 — 1. (9 ans après sa mort) "Dictionnaire béarnais ancien et moderne", par V. Lespy et P. Raymond.
Il donna en outre :
A la "Revue des Sociétés savantes",
1. "Note sur le dolmen d'Escout".
2. "Marché pour la construction des orgues de la Cathédrale de Bayonne".
3. "Acte par lequel un habitant de Mondrans s'engage à se noyer s'il continue à se livrer au jeu (1337)".
4. "Contrat d'apprentissage d'un jeune violoniste béarnais (1601)".
A la "Correspondance littéraire",
1. "Une maîtresse inconnue de Henri IV", pièces inédites.
A l'"Indépendant des Basses-Pyrénées",
1. "Sur les chansons de X. Navarrot", publiées par Lespy.
2. "Antiquités de la Vallée d'Ossau : La grotte d'Izeste".
3. "Note sur les tombeaux gallo-romains du Pont-Long".
4. "Observations sur l'origine du nom de la ville de Pau et ses armoiries".
5. "Observations sur l'antiquité des centres de population des Vallées d'Ossau, d'Aspe et de Barétous".
6. "Nouvelles observations sur l'Administration Communale dans les Vallées d'Ossau et de Barétous".
7. "Les grottes de Rébénacq".
8. "Sur les Dictons du pays de Béarn publiés par M. V. Lespy".
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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jeudi 17 novembre 2022
LES CÔTES DE BISCAYE AU PAYS BASQUE EN 1863 (huitième et dernière partie)
LES CÔTES DE BISCAYE EN 1863.
La province de Biscaye, en Hego Alde, a environ 150 kilomètres de côtes.
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| ABRA DE BILBAO BISCAYE PAYS BASQUE D'ANTAN |
Voici ce que rapporta à ce sujet le journal les Annales Hydrographiques, le 1er janvier 1864 :
"Routier de la Côte Nord d'Espagne (suite).
Chapitre V (suite).
De la Pointe de Onton à la Pointe Santurraran.
"... Le port d’Ea.
— Les barques de pêche du pays et les lanches peuvent seules entrer dans ce petit port à marée haute ; elles s’abritent derrière le petit môle qui est en dedans de la barre. L’entrée de cette dernière est très étroite et dangereuse lorsqu’il y a un peu de mer.
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| VILLAGE D'EA BISCAYE 1907 PAYS BASQUE D'ANTAN |
Le village d’Ea qui contient 1 167 habitants est divisé par le port dans lequel coule un petit ruisseau.
Les environs de l'entrée du port d’Ea sont encombrés de roches, parmi lesquelles la plus remarquable est la Callu-Arrijaga qui gît à 1/2 mille dans sa partie Est ; mais elle est à petite distance de la terre.
L’îlot Cacharri git à 1/2 mille dans l'E. de la roche ci-dessus et à 1 encablure environ dans le N. O. de la pointe Apiquel ; il est escarpé, plat au sommet et il forme un canal de 50 mètres de largeur dans lequel il y a du fond pour les barques.
Toute la côte que nous venons de décrire depuis le cap Machichaco est élevée, accidentée et interrompue par des coupures et par des vallées que l’on voit d’une grande distance au large, avec des escarpements vers la mer dont quelques-uns sont très élevés. Le bord de l’eau est de roche en général, mais les roches qui bordent la terre sont toutes à très petite distance.
Les plus extérieures sont celles qui entourent la pointe Apiquel et qui s'étendent sous l'eau à plus de 1 encablure.
La pointe Apiquel, nommée aussi cap Monténégro, est escarpée et saillante ; elle sépare la baie d’Ea de celle de Oguella ; elle git au S. 66° E. du phare de Machichaco, et au N. 69° O. de celui de Santa Catalina de Lequeitio. Lorsque la mer est grosse il faut donner un bon tour à la pointe, parce que les brisants qui déferlent sur ces récifs s’étendent beaucoup au large.
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| SANTA CATALINA DE MUNDACA BISCAYE PAYS BASQUE D'ANTAN |
La baie de Oguella.
— Après la pointe de Apiquel la côte s’infléchit au S. et forme la baie de Oguella qui se termine à la pointe de Santa Catalina de Lequeitio ; elles assez profonde et bordée de roches. Il n’y a qu’un point accessible auquel accostent les barques qui viennent en été charger du bois à bruler et des tuiles qu’on prend dans une fabrique située à petite distance. Lorsque la mer est grosse elle déferle considérablement dans les environs de la baie à cause de l’inégalité du fond qui est presque parlent de roche.
Dans les environs de la pointe Santa Catalina s’élève le mont Otoyo, nommé plus généralement Alto de Lequeitio ; il est escarpé du côté de la mer et il est terminé par des pics bien prononcés qui le font distinguer des montagnes environnantes. Il a plus de 543 mètres d’élévation au-dessus du niveau de la mer et il forme un bon point de reconnaissance pour aller à Lequeitio. Toute la plage est bordée de rochers avec quelques plateaux de sable.
Un prolongement de la base du mont Otoyo dans le N. E. forme la pointe Santa Catalina de Lequeitio, qui est escarpée de tous les côtés, haute de 42 mètres au-dessus du niveau de la mer et remarquable par l’ermitage et par le phare qui sont sur son sommet, ce qui permet de la reconnaître de quelque côté qu’on en approche. On peut passer auprès de cette pointe qui est saine ; il faudra l’écarter seulement lorsqu’il y aura beaucoup de mer.
Phare de Lequeitio.
— Le 15 novembre l862, on a allumé un nouveau feu dans une tour récemment construite sur l’extrémité de l'escarpement qui termine la pointe de Santa Catalina de Lequeitio. Le feu de Lequeitio est fixe blanc, élevé de 45 mètres au-dessus du niveau moyen de la mer, et avec une atmosphère claire on pourra le voir d’une distance de 10 milles. Il éclaire tout l’horizon en mer. L’appareil d’éclairage est catadioptrique ou à lentilles et du quatrième ordre. La tour, qui est légèrement conique, a 13 mètres de hauteur ; elle est en pierres, de couleur bleu clair, et la lanterne est peinte en vert. L’habitation des gardiens, qui est de la même couleur que la tour, avec des fenêtres sur ses faces Est et Ouest, est adossée à la partie intérieure de la tour. Tout l’édifice git au S. 66° E. du phare du cap Machichaco, et à 1 mille 2/l0 au N. 50° O. de l'embouchure de la crique de Lequeitio.
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| PHARE DE LEQUEITIO BISCAYE Par Ketari — http://ketari.nirudia.com/2075, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=9751325 |
Après la pointe Santa Catalina, la cote est extraordinairement escarpée et se dirige au S. S. E., avec une légère inflexion au S. O. jusqu’à la pointe de Amandarri qui forme le côté Ouest de l’entrée de Lequeitio. Elle est terminée par un récif sur lequel on voit quelques têtes de roches hors de l'eau à mer basse. Un banc de roche qui découvre à mer basse, grandes marées, gît à 33 mètres dans le N. O. de la pointe, sur laquelle on voit l’ermitage de San Juan et la caserne des carabiniers.
La crique Lequeitio.
Elle est comprise entre la pointe de Amandarri et l'extrémité Ouest de l’île San Nicolas qui restes à 1 encablure 1/2 dans le S. 75° E. de la précédente. Elle s’enfonce dans le S. S. O. pendant 2 encablures et elle se termine par une plage de sable saine qui s’étend depuis le village jusqu’à l’embouchure de la rivière de Lequeitio. Les sables de la plage sont mobiles comme tous ceux que l’on rencontre dans la crique. Les fonds varient partout de 1m 13 à 4m 24 et de 5m à 5m 66 à l’entrée, mais quelques plateaux de roches sont répandus dans toute la crique.
On peut rester au mouillage de la crique lorsqu’il lait beau temps, mais quand il y a de la mer, il faut entrer dans le port ou dans la rivière, parce que les vents du N. à l’O. et du N. à l’E. y soulèvent une grosse mer.
On peut aller facilement au mouillage avec les vents du S. O. par le N. jusqu’au S. E. ; mais pour entrer avec les vents de S. O., il faut approcher de Santa Catalina et rester sous la côte jusqu’au mouillage.
Dans l’angle S. O. de la crique gît la rivière de Lequeitio qui se dirige dans le S. ; son embouchure est étroite et elle est presqu'à sec de mer basse. Il y a sur la rivière un pont en dedans duquel on trouve une fosse où cinq ou six lanches restent à flot à marée basse. Les petits caboteurs de la côte s'amarrent dans la rivière pour hiverner.
La barre ou entrée de Lequeitio est entre la pointe de Amandarri et la roche la Barra située auprès de l’île San Nicolas. Sa largeur est de 112 mètres, et sa plus grande profondeur de 5 mètres à marée basse dans les grandes marées. Il faut passer au milieu pour naviguer par les plus grands fonds.
| LEQUEITIO BISCAYE PAYS BASQUE D'ANTAN |
Le port de Lequeitio.
— On nomme ainsi l’espace renfermé par un môle polygonal et d’une capacité à peu près égale à celui de Mundaca avec une ouverture à l’E. S. E. Il est presque entièrement à sec de mer basse grandes marées, mais le fond y est de roches couvertes d’une légère couche de sable ; il peut contenir, outre les barques du pays, quelques petits bateaux et quelques caboteurs. Le ressac est très fort quand il y a grosse mer au large et les bateaux fatiguent considérablement. Pour aller à Lequeitio, il suffira de mettre le cap sur le palais et de passer à 25 ou 35 mètres de la pointe de Amandarri.
Marées.
— La mer est haute à 3 heures du soir les jours de nouvelle et de pleine lune ; sa plus grande hauteur est de 3m 11 à 3m 39 dans les circonstances ordinaires. Sa plus petite élévation est de 1m 69. Le flot est peu sensible, le jusant l’est davantage, surtout dans le canal que forme l’île San Nicolas. Le courant n'est fort que lorsqu’il y a grosse mer ; il est occasionné par le ressac qui fatigue beaucoup les bâtiments.
Pilotes.
— Il n'y a pas de pilotes désignés pour entrer et mouiller les bâtiments ; tous les marins du pays peuvent piloter.
Lequeitio.
— La ville est bâtie autour du port et de la crique. On la voit du large et elle est très remarquable par le palais de Ulibarren qui est isolé, auprès du bord de la plage et N. et S. avec l’entrée.
L’île San Nicolas a une forme irrégulière et 2 encablures 1/2 de longueur du N. E. au S. O. Elle est escarpée dans le N. O. et le N., et elle a 42 mètres d’élévation. Elle est plus basse au S. et elle forme une petite crique dans sa partie Est. Deux maisons à sa base Sud et une batterie en ruine au sommet sont les seuls édifices que l'on voit sur l'île.
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| ÎLE SAN NICOLAS LEQUEITIO BISCAYE |
L'île San Nicolas est située dans l’E. du port de Lequeitio et elle forme deux passes, l'une au N. O. qui est la plus importante et dans laquelle se trouve la barre décrite ci-dessus, et l'autre à l'E. qui est formée par l'île et par la pointe Bastararria. Celte dernière a plus de 1 encablure de largeur, il y a peu de fond dedans, et à marée basse dans les grandes marées elle assèche presque. Les petites embarcations seules peuvent entrer à mer haute par la passe de l'E. et avec beau temps.
Une jetée peu élevée qui couvre à mare haute réunit la pointe Ouest de la rivière avec l'île pour empêcher que les sables n’entrent dans la crique.
Reconnaissances.
— Le mont Otoyo, le phare et l'ermitage de Santa Catalina sont de bons points de reconnaissance pour aller à Lequeitio quand on vient du N. O. ou du Nord. Si on vient du N. E. ou de l'E., l'île San Nicolas aidera à faire reconnaître l'entrée du port, ainsi que la ville que l'on voit de loin, mais surtout le palais de Ulibarren, et le Calvario, monticule conique de 86 mètres d'élévation qui gît à petite distance dans le S. de la ville.
Échouer le navire.
— Un bâtiment qui se trouverait affalé sur cette partie de la côte par un coup de vent du large ou par toute autre cause pourra laisser courir sur la plage de Lequeitio où, au dire des pratiques du pays, on aurait le plus de chances de sauver la vie des hommes, pourvu que l'on s’échoue dessus à mer haute. Les secours que l’on recevra immédiatement du village en embarcations et en hommes pourront faciliter beaucoup le sauvetage des équipages des navires qui se trouveraient dans cette position désespérée.
Comme le palais est en face de l’entrée du N. O., et qu’on peut le voir d’une grande distance, il suffira de courir dessus en gouvernant au milieu de la passe et d’aller s'échouer sur la plage le plus à l’O. possible. Le fond mou du sable garantit presque le sauvetage du chargement du navire et de la coque, surtout si l’on a pu s’échouer au moment de la haute mer ou aux environs.
Baie Sausaten.
— A 3 encablures 1/2 dans le S. 52° E. de l’île San Nicolas gît la Atalaya et la pointe Santa Clara. Celle fraction de côte forme une baie connue sous le nom de Sausaten. Le bord de la mer est d'une élévation moyenne, rocheux et accidenté, mais sain et accore, car à 2 encablures de distance il y a de 33 à 42 mètres, sable vasard. On ne voit à terre d'autres habitations que les maisons Endaidi et Mendeja et deux autres cases de carabiniers.
La mer du N. O. ne fatigue pas beaucoup dans cette baie, à cause de la disposition du fond qui est assez uni et mou. Les pratiques du pays assurent que l’on y trouve un bon abri avec les vents du S. E. à l’O. N. O. parle S. et l’Ouest. La tenue est bonne, mais les ancres s’enterrent beaucoup. Le meilleur mouillage est entre les deux maisons de carabiniers et à moins de 1 mille de la côte par 42 à 50 mètres d’eau.
Les seuls points abordables pour une petite embarcation sont les petites criques de Endaidi, Chantarreca et Barurdo, et les calles de chargement de Portuchiqui el de Portuandi. Toutes ces calles et ces criques ne peuvent être fréquentées que lorsque la mer est belle.
C’est en face de la calle de Endaidi que l’escadre anglaise de sir Home Pophan est restée mouillée en 1812.
La pointe de Santa Clara est malsaine et terminée par des récifs qui s’étendent au S. E. Entre cette pointe et celle de Mocoa qui est à petite distance dans l’O., le fond est de roche. La pointe de Santa Clara, nommée aussi Peña Mayor, est reconnaissable par l’ermitage de ce nom dont la blancheur tranche bien sur le fond sombre du terrain. C’est, au reste, le seul édifice qu’il y ait sur le versant des terres qui forment la pointe. Plus près de la mer et en dessous de l’ermitage gît l’endroit nommé Atalaya de Ondarroa. Après la pointe Santa Clara, la côte rentre au S. O. pour former la baie de Ondarroa, entourée par une plage ; elle est limitée au N. O. par la pointe Santa Clara et au S. E. par celle de Santurraran qui gisent à 3 encablures de distance. Les récifs qui sont au pied des deux pointes rétrécissent l'entrée de la baie.
| ONDARROA BISCAYE PAYS BASQUE D'ANTAN |
Ondarroa :
— Le havre de Ondarroa est dans la partie Sud de la baie ; il s’enfonce un peu au S., puis il tourne à l'O. où il va se confondre avec la rivière Artibas qui se jette dedans. Il est fréquenté par les lanchones et les bateaux caboteurs de 2m 26 à 2m 83 de tirant d’eau. Ces derniers doivent entrer à marée haute et avec très beau temps, parce que le canal de la passe est très étroit. A 5 encablures 1/2 en dedans de la barre, on arrive au môle de Ondarroa, sur lequel s’amarrent les lanchones et les bateaux de cabotage pour charger et décharger leurs marchandises ; mais ils sont à sec à mer basse et le môle est couvert dans les grandes marées. Les bâtiments qui veulent rester à flot doivent s’amarrer auprès du pont de la ville.
On est en complète sécurité dans le port, on n’y ressent ni la mer du large ni les crues, parce que la rivière Artibas qui coule dedans est peu importante.
La barre, quoique mobile, est bonne et la meilleure, dit-on, de toutes celles qui sont entre Machichaco et San Sébastian. Elle est défendue de la mer du N. O. par la pointe et par le récif de Santa Clara, ce qui permet de la prendre presque toujours à marée haute, et alors même que toutes les autres sont impraticables. La sonde donne de 3m 67 à 9m 96 d’eau dessus à marée haute, grandes marées, et de 0m 28 à 0m 56 à mer basse. Lorsqu’on l'a franchie, le fond diminue de telle sorte que tout le havre est presque à sec à marée basse dans les grandes marées.
La ville d’Ondarroa s'étend sur la côte Ouest du ha\re, et on la voit du S. ; elle contient 1 754 habitants qui sont presque tous pêcheurs ou trafiquants de poisson ; elle communique avec la côte opposée par un pont.
On trouve à Ondarroa des ouvriers pour faire des réparations aux bâtiments, des vivres, des secours en hommes et en bateaux. On y fait un certain commerce maritime et il y a des chantiers où l'on construit des bâtiments.
Instructions.
— Pour entrer dans le port, on accostera la terre et la plage de l’O., côté où se trouve presque toujours le canal qui ordinairement court du N. E. au S. O. Les grands bâtiments et même les petits qui ne sont pas du pays ne doivent jamais entrer sans un pilote et une lanche de secours, parce que la barre est très variable et le canal étroit.
Pilotes.
— Il n’y a pas de pilotes brevetés, mais tous les patrons de lanche sortent aussitôt qu’ils voient un navire, si ce dernier hisse un pavillon pour demander un pilote. Les frais de pilotage sont fixés d’après le tarif de Bilbao.
Marées.
— La mer est haute à 3 heures du soir les jours de nouvelle et de pleine lune ; la montée de l’eau sur la barre est de 3m 39 aux grandes marées et de 1m 69 aux marées de quartiers.
Reconnaissances.
— Le meilleur amer pour reconnaître le port Ondarroa lorsqu’on vient de l'O. est le Alto de Lequeitio, qui avec l’ermitage de Santa Clara permet d’aller chercher la barre facilement. Il suffira de gouverner sur la pointe Santa Clara, remarquable par l’ermitage qui est dessus et le seul édifice de cette nature que l’on rencontre après Lequeitio. Si l’on vient de l’E. on aura un bon amer dans l'île de Guetaria, sur laquelle on se guidera, puis on ira vers Santa Clara, l’ermitage le plus remarquable qu’il y ait dans l’E. d’Ondarroa."
(Source : Wikipédia et gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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