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mardi 17 février 2026

UN DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DES BASSES-PYRÉNÉES PAR PAUL RAYMOND EN 1863 (troisième partie)

 

UN DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DES BASSES-PYRÉNÉES EN 1863.


Paul Raymond, né Paul Raymond Lechien, est un archiviste et historien français qui était en poste à Pau, au 19ème siècle et une des principales sources paléographique et lexicographique du Béarnais.



19ème siècle topographie basses-pyrénées archiviste béarn
DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DES BASSES-PYRENEES
DE PAUL RAYMOND 1863



Voici ce que rapporta à ce sujet Pierre Bayaud, Directeur des Services d'Archives des Basses-

Pyrénées, dans le Bulletin du Musée Basque N° 25-26 en 1964 :



"Le Dictionnaire topographique des Basses-Pyrénées et son auteur l'archiviste Paul Raymond (1833-1878).


... Le 26 mai 1860, le Ministre envoyait à Raymond Lechien les instructions rédigées par Léopold Delisle en mars 1859. En voici les principales dispositions :


"Chaque Dictionnaire Départemental s'ouvrira par une introduction dans laquelle l'auteur fera sommairement la description physique du Département et présentera les tableaux des anciennes circonscriptions auxquelles répond le territoire de ce département.


Le Dictionnaire devra contenir en une seule série alphabétique :


1° Les noms fournis par la géographie physique : Montagnes, Vallées, Cavernes, Forêts, Cours d'eaux, Etangs, Marais, Caps, Baies, Havres, Iles et Rochers.


2° Les noms de lieux habités : Communes et dépendances de Communes, telles que Villages, Hameaux, Ecarts, Fermes, Moulins, etc.


3° Les noms se rapportant à la Géographie Historique, noms de peuples et d'anciennes Circonscriptions, religieuses, politiques et administratives, vieux chemins, camps, retranchements, châteaux, fiefs, abbayes, prieurés, commanderies, hôpitaux, maladreries.



Pour dresser la nomenclature des lieux habités on pourra se servir des tableaux de recensement de la population conservés dans les archives de chaque Préfecture. A la fin du recensement de chaque commune on trouve un tableau récapitulatif par quartiers, villages, hameaux ou rues.



Dans les mêmes archives on pourra consulter les états des chemins ruraux, rédigés, commune par commune, à partir de l'année 1823.



On aura la nomenclature des rivières et des cours d'eau dans des tableaux statistiques que les Préfets ont envoyés au Ministère de l'Intérieur entre les années 1835 et 1845, et dont les minutes doivent être restées dans les archives ou dans les bureaux des préfectures.



A la suite de chaque nom moderne seront cités les noms anciens qui lui correspondent. Il suffira de donner un exemple de chaque forme en choisissant toujours les textes les plus anciens et les plus authentiques. Parmi les documents qui doivent être principalement consultés, nous rappellerons les inscriptions, les légendes de monnaies, ... diverses productions littéraires du Moyen Age, telles que Chroniques, vies de Saints, romans chevaleresques, etc., les Chartes et les Cartulaires, les Pouillés, les Registres de visites ecclésiastiques, les Rôles d'impositions, les Aveux et les Livres Terriers. Dans les citations, au nom même du lieu, on n'ajoutera que les mots qui peuvent en déterminer la situation. On indiquera la source d'où chaque texte est tiré, et, autant que possible, l'année ou le siècle auquel il remonte...



Les sources seront indiquées d'une manière très abrégée mais, cependant, assez précise pour permettre d'y recourir. Elles seront énumérées dans un tableau placé en tête de chaque Dictionnaire. Toutes les fois qu'il s'agira de documents manuscrits, le tableau fera connaître les dépôts dans lesquels ils sont conservés.



Le Dictionnaire de chaque Département se terminera par un Index des noms anciens comprenant dans une seule et même série alphabétique : 1° Les noms anciens cités dans le corps de la livraison ; 2° Les noms anciens dont l'équivalent moderne n'est pas connu mais qui doivent s'appliquer à des lieux renfermés dans des limites du Département."


19ème siècle topographie basses-pyrénées archiviste béarn
PORTRAIT DE M GUSTAVE ROULAND
MINISTRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE ET DES CULTES
DU 13 AOÛT 1856 AU 24 JUIN 1863

Le 4 juillet 1861, le Ministre rappela à Lechien sa réponse de 1860 :


"J'espère, Monsieur, que vous aurez donné suite à vos bonnes intentions, et pour vous guider plus sûrement dans l'accomplissement de cette tâche, je vous adresse ci-joint un exemplaire du "Dictionnaire topographique d'Eure-et-Loir", qui vient de paraître. L'excellent travail de M. L. Merlet vous mettra à même de vous rendre un compte exact du concours que le Comité attend de vous."



Par retour de courrier, Lechien répond le 8 :


"J'ai reçu, avec la dépêche du 4 de ce mois, l'exemplaire du "Dictionnaire topographique d'Eure-et-Loir" que vous avez bien voulu m'adresser. Comme j'ai eu l'honneur d'informer V.E. le 23 mars 1860, j'ai entrepris le Répertoire topographique de l'arrondissement de Pau, mais dans le cours de mes recherches, j'ai cru devoir y joindre les arrondissements d'Oloron et  d'Orthez qui forment, ou à peu près, l'ancienne province de Béarn. Pour ces trois arrondissements réunis le travail marche de front et est assez avancé puisque le nombre des articles portés sur bulletins s'élève à plus de deux mille cinq cent. J'espère pouvoir transmettre un travail convenable à la fin de l'année 1862."



Le silence de Lespy s'explique : il avait mis au service de Lechien sa connaissance approfondie du Béarn. Peu après, Picamilh renonçait à sa collaboration pour le pays basque, l'archiviste assumant le Département entier ; cette lettre de Lechien, du 17 mai 1862 le montre :


"J'ai l'honneur d'adresser à V.E. les premiers cahiers du "Dictionnaire topographique des Basses-Pyrénées" contenant la lettre "A". Le travail est terminé pour les cinq arrondissements de ce Département, mais, avant d'en adresser la copie, je prie V.E. de vouloir bien me communiquer les observations que le Comité jugera à propos de faire pour que je puisse m'y conformer à l'avenir."



Le 24 mai, le Secrétaire Général du Ministère remerciait Lechien, et soumettait à l'examen d'Anatole de Barthélémy, membre du Comité, les cahiers. Le 7 juin, ce dernier rédigeait la Note suivante :


"Le soussigné est d'avis que les trois cahiers communiqués par M. Raymond Lechien paraissent conformes au programme donné par la Commission. Il y aurait lieu de réclamer le reste du Dictionnaire, l'Introduction et la Table Alphabétique des formes anciennes de noms de lieu (sic) afin de pouvoir juger du travail dans son ensemble."



Nouvelle lettre ministérielle à Lechien le 7 juillet :


"Monsieur : La Commission de publication du Dictionnaire Topographique de la France a examiné le travail que vous avez bien voulu m'adresser le 17 mai dernier. Elle s'est convaincue, comme elle en avait l'intime persuasion, en acceptant votre concours, que vous pouviez mieux que personne, Monsieur, mener à bonne fin une entreprise à laquelle vos études particulières et votre position d'archiviste vous avaient tout particulièrement préparé. Elle vous sera obligée de me faire parvenir le reste du "Dictionnaire", l'Introduction et la Table Alphabétique des formes anciennes des noms de lieux."



Lettre du 25 août de l'archiviste :


"J'ai l'honneur d'adresser à V.E. les cahiers contenant les lettres "B" à "Z" du "Dictionnaire Topographique du Département des Basses-Pyrénées", l'Introduction et la Table des Formes Anciennes. Pour la rédaction de cette dernière, j'ai suivi le système adopté dans le "Dictionnaire d'Eure-et-Loir".


Le 3 septembre, le Secrétaire Général du Ministère adresse ces cahiers à Barthélémy :


"Le commencement de ce travail a favorablement été jugé par vous, Monsieur. Aujourd'hui qu'il est terminé, pensez- vous qu'il puisse sans modifications être mis sous presse ?"


Le 6 septembre Barthélémy répond :


"Le soussigné est d'avis que le travail de M. Paul Raymond peut être imprimé."



Le 13 septembre 1862 le Ministre de l'Instruction Publique écrivait la lettre suivante au directeur de l'Imprimerie Impériale ; elle montre que le Dictionnaire de Raymond était le quatrième Dictionnaire imprimé :


"Monsieur le Directeur, j'ai l'honneur de vous adresser, avec prière de le faire immédiatement mettre à l'impression le "Dictionnaire Topographique du Département des Basses-Pyrénées", rédigé par M. Paul Raymond, archiviste de la Préfecture à Pau. Je vous serais obligé, Monsieur le Directeur, de vouloir bien donner des ordres pour que ce nouveau Dictionnaire, qui devra, quant au format, au papier et aux caractères, être conforme à ceux d'Eure-et-Loir, de l'Yonne et de la Meurthe, puisse être publié dans un court délai, et pour que les épreuves me soient exactement envoyées dès que chaque feuille sera composée".



En même temps Raymond était informé de cet envoi à l'Imprimerie Impériale :


"M. Anatole de Barthélémy, membre du Comité, a été désigné pour surveiller l'impression de votre travail qui a paru à la Commission répondre complètement aux conditions du programme."



Raymond remerciait le 15 par retour du courrier.



Le 19 ou le 20 septembre, Paul Raymond envoie au Ministre une lettre transmise le 22 à Anatole de Barthélémy : 


"J'ai l'honneur de vous communiquer la lettre ci-jointe que vient de m'adresser M. Paul Raymond, Archiviste des Basses-Pyrénées, pour me faire connaître les moyens d'exécution du "Dictionnaire Topographique" de ce Département. L'exposé fait par M. P. Raymond devrait, peut-être, figurer en tête de son travail sous forme de préface ? Veuillez, je vous prie, Monsieur, me donner votre avis à ce sujet."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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samedi 17 janvier 2026

UN DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DES BASSES-PYRÉNÉES PAR PAUL RAYMOND EN 1863 (deuxième partie)

 

UN DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DES BASSES-PYRÉNÉES EN 1863.


Paul Raymond, né Paul Raymond Lechien, est un archiviste et historien français qui était en poste à Pau, au 19ème siècle et une des principales sources paléographique et lexicographique du Béarnais.



19ème siècle topographie basses-pyrénées archiviste béarn
DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DES BASSES-PYRENEES
DE PAUL RAYMOND 1863



Voici ce que rapporta à ce sujet Pierre Bayaud, Directeur des Services d'Archives des Basses-

Pyrénées, dans le Bulletin du Musée Basque N° 25-26 en 1964 :



"Le Dictionnaire topographique des Basses-Pyrénées et son auteur l'archiviste Paul Raymond (1833-1878).



III. — Le "Dictionnaire Topographique".



Le 26 août 1858, Rouland, Ministre de l'Instruction Publique, avait diffusé une circulaire relative à l'établissement d'un Dictionnaire Géographique de la France.



19ème siècle topographie basses-pyrénées archiviste béarn
PORTRAIT DE M GUSTAVE ROULAND
MINISTRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE ET DES CULTES
DU 13 AOÛT 1856 AU 24 JUIN 1863



L'abbé Marquette, curé-doyen d'Arthez-de-Béarn, avait songé, encore séminariste, à un projet de ce genre pour le Département, y avait intéressé plusieurs de ses condisciples "et d'autres hommes instruits, de divers états, mais bientôt privé de la coopération de ses amis, il interrompit ses recherches", et a perdu ses précieux matériaux. Presque sexagénaire, il n'a pas le courage de se remettre à l'œuvre. Dans sa lettre au Ministre, du 25 octobre 1858, l'abbé fait des remarques pertinentes : "... Je crains que plusieurs correspondants que V. E. a nommés ne puissent faire toutes les recherches désirables, et que bien des détails essentiels ne leur échappent ; il faudrait donc des coopérateurs nombreux, zélés et capables ; et il les leur faudrait dans chaque ville, dans chaque bourg, dans chaque hameau. Par ce moyen, me semble-t-il, rien n'échapperait à leurs recherches.



"Et ce moyen, Monsieur le Ministre, permettez-moi de vous le faire remarquer, vous l'avez entre les mains. Vous pouvez avoir dans les moindres hameaux de l'Empire un correspondant obligé, intelligent, capable. Tous les instituteurs dépendent de V.E. Elle peut les engager, les forcer même à coopérer à cette œuvre monumentale et d'utilité publique. Que tous soient obligés de fournir un Mémoire topographique, historique, etc., de leur Commune et rien ne périra de tout ce qui existe d'intéressant en ce moment dans toute l'étendue de l'Empire. Les mémoires de plusieurs instituteurs seront, je le veux, imparfaits, peut-être mal digérés ou insignifiants par la banalité des choses consignées, ou par la banalité des redites ; mais les matériaux y seront. Ce sera, ensuite, aux correspondants principaux ou à un Comité nommé par V.E., de trier les matériaux, de les coordonner, d'y mettre la dernière main.


Que de fois je me suis dit : Si j'avais été évêque, j'aurais obligé chaque ecclésiastique de mon diocèse à me donner la géographie et l'histoire de sa paroisse. C'est justement ce que vous pouvez obtenir de chaque instituteur de l'Empire. Et tous les amis des sciences et des antiquités vous en sauront gré. Quel service immense rendu à chaque localité de lui conserver à jamais le souvenir de ce qu'elle est et de ce qu'elle a été."



Le baron de Crouseilhes, Ministre de l'Instruction Publique en 1851, Sénateur de l'Empire, membre non-résidant du Comité des Travaux Historiques et des Sociétés Savantes, indiquait à son successeur, le 5 novembre 1858, M. Picamilh : "... Je me permets d'indiquer à V.E. un jeune homme instruit, laborieux,  M. Picamilh, qui travaille depuis quelques années à une statistique de ce pays, qui promet d'être assez complète, et dont la première partie a déjà paru en un volume in-8°, et l'on annonce la prochaine publication du second volume. Je crois que les travaux qu'a nécessités cet ouvrage ont dû mettre l'auteur sur la voie de la découverte de faits qui donneraient d'utiles éléments du Dictionnaire Géographique. M. Picamilh peut consacrer tout son temps à des occupations littéraires et archéologiques, et seconderait, je crois, d'une manière satisfaisante les instructions de V.E. Il réside à Pau."



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BARON DOMBIDAU DE CROUSEILHES



Le 20 mars 1860 le Ministre écrit au baron de Crouseilhes :


"La Commission (de rédaction du Dictionnaire Géographique de la France) vient de commencer ses travaux et désire savoir si M. Picamilh se chargerait volontiers de recherches dans les arrondissements de Bayonne et de Mauléon, en se conformant aux instructions et spécimen ci-joints publiés par le Comité. La connaissance du basque est indispensable pour un travail de cette nature, et je crois M. Picamilh familiarisé avec cet idiome."



Le 2 avril 1860 Crouseilhes répondait :


"... Appelé à s'occuper uniquement des arrondissements de Bayonne et de Mauléon (qui comprennent le pays basque), M. Picamilh m'exprime quelqu'appréhension qu'une connaissance imparfaite de la langue basque, et les rares archives qu'on trouve en ce pays, ne rendent sa tâche plus difficile. Toutefois, reconnaissant du témoignage flatteur qu'il trouve dans la désignation de V.E., il se met à votre disposition, ayant réuni de nombreux documents sur l'ensemble du Département. Connaissant personnellement les habitants les plus notables des deux arrondissements, il espérerait pouvoir remplir convenablement vos vues. Il penserait que, vu les obstacles qu'il peut rencontrer, un délai de six mois lui serait nécessaire à partir du jour où une lettre d'avis de V.E. lui aurait donné cette mission."



Le 27 avril, lettre ministérielle à Picamilh, avocat à la Cour Impériale, demeurant à Jurançon, pour le remercier :


"Loin de vous fixer un délai pour l'exécution de votre travail, la Commission entend vous laisser toute latitude à cet égard, le délai de six mois que vous demandez étant d'ailleurs assez rapproché. J'ai l'honneur de vous transmettre un exemplaire des instructions de M. Delisle et du spécimen qui les accompagne. Ces documents, Monsieur, vous indiqueront d'une manière précise la pensée de la Commission et la nature du concours réclamé de tous les savants de la province. Je n'ai pas besoin d'ajouter que la part de collaboration de chacun sera exactement indiquée dans le "Dictionnaire Géographique de la France".



Le 12 mai Picamilh accusait réception : "... J'ai déjà commencé ce travail et j'apporterai dans son exécution tout le zèle qu'il me sera possible."



La circulaire d'août 1858 (voir au commencement de cette Section III) avait été aussi envoyée à Nogué, avoué à Pau, ancien Maire de cette ville et ancien Commissaire de la Seconde République, avant d'être Député en 1848, en tant que Président de la Société Scientifique de Pau. Le 9 octobre 1858, Nogué avait répondu :


"Il n'existe pas pour le Département des Basses-Pyrénées des travaux manuscrits ou imprimés dans lesquels on puisse trouver des indications pour ce travail. Je suppose que la plupart des matériaux ont été détruits par les guerres de religion du XVIe siècle. M. Lespy, membre de notre Société, professeur au Lycée de Pau, et auteur d'une grammaire béarnaise et de divers ouvrages sur le Béarn, a consenti à se charger du travail géographique que vous désirez. Nul mieux que lui, par ses études antérieures et par la connaissance de notre ancien idiome, n'est préparé aux recherches indispensables. Le travail de M. Lespy se bornera à l'ancien Béarn qui comprenait les arrondissements de Pau, d'Oloron et d'Orthez. Les arrondissements de Bayonne et de Mauléon ont une langue et une origine différentes."



Le 20 mars 1860 on demandait à Nogué : si M. Lespy "est toujours disposé à préparer le Dictionnaire des 3 arrondissements précités, en se conformant aux instructions et au spécimen publiés" ; aucune réponse n'était encore parvenue au ministère le 23 juin 1860.



Le 23 mars 1860, P. Raymond Lechien avait écrit cette importante lettre au Ministre :


"Me proposant d'entreprendre le Répertoire Topographique de l'arrondissement de Pau, j'ai l'honneur d'exposer à V.E. qu'il n'existe pas, en fait, de société savante dans la Ville de Pau, et que les correspondants du Ministère, pour le Département des Basses-Pyrénées ne s'occupent pas du travail dont il s'agit ; mes fonctions d'Archiviste du Département et les études faites à l'Ecole Impériale des Chartes, mes voyages comme Inspecteur des Archives Communales, me mettent en mesure d'entreprendre ce Répertoire si je suis agréé par V.E. Dans ce cas, j'aurais besoin de connaître les instructions et spécimens qui ont été communiqués aux Correspondants ; je prie V.E. de me les faire adresser si elle veut prendre ma demande en considération."

(signé) : Raymond Lechien.



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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mercredi 17 décembre 2025

UN DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DES BASSES-PYRÉNÉES PAR PAUL RAYMOND EN 1863 (première partie)

UN DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DES BASSES-PYRÉNÉES EN 1863.


Paul Raymond, né Paul Raymond Lechien, est un archiviste et historien français qui était en poste à Pau, au 19ème siècle et une des principales sources paléographique et lexicographique du Béarnais.



19ème siècle topographie basses-pyrénées archiviste béarn
DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DES BASSES-PYRENEES
DE PAUL RAYMOND 1863



Voici ce que rapporta à ce sujet Pierre Bayaud, Directeur des Services d'Archives des Basses-

Pyrénées, dans le Bulletin du Musée Basque N° 25-26 en 1964 :



"Le Dictionnaire topographique des Basses-Pyrénées et son auteur l'archiviste Paul Raymond (1833-1878).



Le 30 novembre 1963 était célébré, au Musée Basque de Bayonne, le centenaire de la publication du "Dictionnaire Topographique des Basses-Pyrénées" de Paul Raymond.



Permettez-moi, avant d'aborder cet ouvrage, de donner quelques notes biographiques sur l'auteur et de présenter la chronologie de ses travaux et publications.



I. — La vie de l'auteur.



Paul Raymond Lechien naquit à Belleville (Seine), le 8 septembre 1833. Il était fils de François Lechien et d'Anne-Joséphine-Sophie Vergne. Après les études secondaires à Sainte-Barbe, il entra à l'Ecole des Chartes. Il appartient à la promotion d'archivistes-paléographes du 10 novembre 1857 qui comprenait cinq noms ; sa thèse, restée inédite, était intitulée "Du pillage de la maison et des biens de l'évêque. Ve au XIIIe siècles.



Au début de 1858, Lechien est nommé à Pau archiviste du Département. En 1864 il obtient de la chancellerie la disparition de son patronyme "Lechien" au bénéfice de son second prénom ; désormais il est officiellement "Paul Raymond".



Le 14 avril 1868, il épousa, à Pau, Marie-Françoise-Marguerite-Isabelle Lafitte, fille de feu Ulysse, propriétaire et avocat, et de Laure-Marie Mourot, descendante du juriste palois connu. Il avait comme témoins Eustache-Maur-François Saint-Maur, avocat général près la Cour Impériale, archiviste-paléographe, et Vastin Lespy, professeur au Lycée ; ceux de sa femme étaient Charles Basterreche, ancien receveur général du Département, et Léon Daran, docteur en médecine et conseiller général.



Raymond devait avoir des ressources personnelles, car l'on sait que les traitements des archivistes ont toujours été modestes. L'anecdote suivante, dont on m'a garanti l'exactitude, semblerait le prouver. Raymond se trouvait depuis un long moment debout dans le cabinet préfectoral sans que le Préfet, G. d'Auribeau, prêtât attention à lui. Soudain on entendit piaffer des chevaux dans la cour sur laquelle donnait cette pièce. Le Préfet s'approche de la fenêtre et demande à Raymond : "Savez-vous à qui appartient ce bel attelage ?" — "C'est le mien, Monsieur le Préfet." Aussitôt changement dans l'attitude du haut personnage : "Mais, asseyez-vous donc, cher Monsieur." Et un entretien cordial s'engagea. Un Préfet snob — son patronyme "Guillaume" était devenu "G. d'Auribeau" — ne pouvait qu'avoir de la considération pour un subordonné au standing de vie de riche apparence.



Devenu Secrétaire Général de la Préfecture le 28 décembre 1877, Raymond mourait en fonction le 27 septembre 1878, à 3 h. et quart du matin, dans son domicile privé, 6, rue Mourot, en revenant de Paris ; depuis longtemps malade, il était considéré comme perdu depuis plus d'un mois. Le lendemain, Emile Garet, directeur de "L'Indépendant des Basses-Pyrénées" (journal républicain de Pau), et futur Président du Conseil Général, consacrait au disparu un article qui, sans négliger l'ami politique, rendait pleinement justice à l'érudit :

"Après le 14 décembre 1877, M. Paul Raymond, dont les sentiments républicains étaient aussi sincères que résolus, fut appelé au Secrétariat Général de la Préfecture. Sur ce nouveau théâtre, nous pouvons le dire, il sut déployer les qualités d'un autre ordre dont ses amis seuls possédaient le secret : intelligence prompte des affaires administratives, coup d'œil sûr quant aux hommes et quant aux choses, inébranlable esprit de justice et fermeté non moins inébranlable sur le terrain du devoir, grande modération quant aux idées, mais énergie non moins grande pour la défense des principes dont il avait accepté d'être le serviteur sinon le champion".



Auparavant Garet avait énuméré les nombreux travaux scientifiques de Raymond, rappelé qu'avec son ami Lespy il avait fondé la "Société des Bibliophiles du Béarn", qu'il fut l'un des fondateurs du "Comité de la Bibliothèque Populaire", qu'en 1871 il avait été l'un des principaux promoteurs de la résurrection de la "Société des Sciences, Lettres et Arts, de Pau", en sommeil depuis 1844.


"Levé avec le jour, il travaillait chez lui comme dans ses bureaux. Courbé sur sa table encombrée de pièces, il fournissait journellement une somme de travail considérable. Aussi, chaque année recevait-il de son Ministre les éloges les plus complets. Suivant l'un de ces témoignages officiels, il était en avance sur tous ses collègues — pour la publication des Inventaires —, et le dernier Inspecteur Général qui vint à Pau, il y a deux ans, M. de Rozière, fit sur son compte un rapport qui équivalait à la plus flatteuse des récompenses."



Paul Raymond avait eu trois enfants. J'en ai connu deux. En tournée d'Archives Communales à Castétis, le 28 juin 1943, je rendis visite à l'aînée, Mme Barbey, née à Pau le 4 février 1869. Cette septuagénaire très distinguée, de haute taille, me fit le meilleur accueil. La maison familiale étant transformée en école ménagère depuis 1941, Mme Barbey logeait dans l'ancienne orangerie voisine. Malgré ses maigres ressources, elle fit don aux Archives des Basses-Pyrénées, le 29 septembre 1947, de 600 volumes ; il y avait là un incunable parisien de 1481, "Liber sextus decretalium", acheté 1 fr. 25 en décembre 1852 ; 13 in-folio des "Ordonnances des Rois de France" ; de nombreux volumes de mémoires et chroniques publiés par la "Société de l'Histoire de France". Son frère eut deux fils ; l'un qui faisait partie de l'armée Juin, fut tué au pied du Mont-Cassin en 1944.



II. — Répertoire Bibliographique.



L'œuvre de Raymond est énorme, et l'on se demande comment, en 20 ans, un homme a pu analyser et inventorier un si grand nombre de documents, et faire un tel nombre de publications.


1859 — 1. "Nouvelles des affaires de France, 1521" (Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, pp. 369-380). 


1860 — 1. Pièces sur l'hôtel de Clisson. (Loc. cit., pp. 447-454.)


1863 — 1. "Dictionnaire Topo graphique des Basses-Pyrénées." (Nous y reviendrons ci-après.)

2. Tome I des Inventaires-Sommaires des Archives des Basses-Pyrénées


1865 — 1. Tome III des Inventaires-Sommaires : Archives Civiles, Série C. et D. 

2. "Enquête du Prévôt de Paris sur l'assassinat de Louis, duc d'Orléans, 1407". 


1866 — 1. "Notice sur une mosaïque placée dans la grande abside de la cathédrale de Lescar." 

2. (1866 à 1869). "Notes extraites des comptes de Jeanne d'Albret et de ses enfants, 1556-1608." 


1867 — 1. Tome IV des Inventaires-Sommaires.

2. "Une lettre de Gaston Phoebus à Jean III comte d'Armagnac."

3. "Dolmen et cromlechs situés dans la Vallée d'Ossau."


1868 — 1. "De l'origine d'Arnaud de Moles, auteur des verrières de Sainte-Marie d'Auch". 

2. "Les tumuli des environs de Pau". 


1869 — 1. "La question de Roncevaux". 

2. "Un règlement pour la saison thermale des Eaux-Chaudes en 1576". 

3. "Notes sur les peintures murales du XVe s. à Boeil près Nay". 


1872 — 1. "Rôles de l'armée de Gaston Phœbus, 1376-1378".


1873 — 1. Tome V des Inventaires-Sommaires.

2. "Histoire de Béarn et Navarre par Nicolas de Bordenave, 1517 à 1572", 

3. "Cartulaire de l'Abbaye de St-Jean de Sordes (Landes)". 

4. "Le vrai nom de "Bétharram" est "Gattaram".

5. "Sur les traces de l'occupation romaine dans les Basses-Pyrénées". (Ibid., pp. 261-262.)

6. "Sur les Chemins "Roumieu". (Ibid., pp. 270-271.)

7. "Ateliers monétaires du territoire des Basses-Pyrénées". (Ibid., p. 271.)

8. "Sur l'origine des "cagots". (Ibid., pp. 285-287.)

9. "Notes pour servir à l'hagiographie des Basses-Pyrénées". 

10. "Mœurs béarnaises 1385 à 1550". 

11. "Curiosités judiciaires du Parlement de Pau, 1623-1732". 

12. "Le Béarn sous Gaston Phœbus". 


1874 — 1. Tome VI des Inventaires-Sommaires, Paris, 

2. "Sceaux des Archives du Département des Basses-Pyrénées", 

3. "Les artistes en Béarn avant le XVIIIe siècle".

4. "Exploration d'un tumulus à Andrein". — (Ibid. pp. 45-46.)

5. "Mémoire sur les inscriptions des colonnes de l'église de Bielle (Basses-Pyrénées)". 

6. "Le Droit du Seigneur au pays de Béarn", 

7. "Quittances de Renaud et de Jacques de Pons, et Jean de Bretagne, 1377-1446."


1876 — 1. Tome II des Inventaires-Sommaires.

2. "Récits d'Histoire Sainte en béarnais, traduits et publiés pour la première fois sur le manuscrit du XVe siècle", par V. Lespy et Paul Raymond.


1877 — 1. "Exploration d'un tumulus à Balansun". 

2. "Notes sur la famille de Jean-Paul de Lescun, membre du Conseil Souverain de Béarn. "

3. Documents divers. (Ibidem, pp. 424-429). 


1878 — 1. "Correspondance inédite de Louis XI avec le duc Bretagne, 1463-1464,"

2. "Un baron béarnais au XVe siècle". 


1879 — 1. "Enquête sur les serfs du Béarn au XIVe siècle". 


1887 — 1. (9 ans après sa mort) "Dictionnaire béarnais ancien et moderne", par V. Lespy et P. Raymond.



Il donna en outre :


A la "Revue des Sociétés savantes",

1. "Note sur le dolmen d'Escout".

2. "Marché pour la construction des orgues de la Cathédrale de Bayonne".

3. "Acte par lequel un habitant de Mondrans s'engage à se noyer s'il continue à se livrer au jeu (1337)".

4. "Contrat d'apprentissage d'un jeune violoniste béarnais (1601)".


A la "Correspondance littéraire",

1. "Une maîtresse inconnue de Henri IV", pièces inédites.


A l'"Indépendant des Basses-Pyrénées",

1. "Sur les chansons de X. Navarrot", publiées par Lespy.

2. "Antiquités de la Vallée d'Ossau : La grotte d'Izeste". 

3. "Note sur les tombeaux gallo-romains du Pont-Long".

4. "Observations sur l'origine du nom de la ville de Pau et ses armoiries".

5. "Observations sur l'antiquité des centres de population des Vallées d'Ossau, d'Aspe et de Barétous".

6. "Nouvelles observations sur l'Administration Communale dans les Vallées d'Ossau et de Barétous".

7. "Les grottes de Rébénacq".

8. "Sur les Dictons du pays de Béarn publiés par M. V. Lespy".



A suivre...




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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mercredi 3 février 2021

LES FLEUVES EN PAYS BASQUE NORD EN 1873 (première partie)

LES FLEUVES EN PAYS BASQUE NORD EN 1873.


La plupart des cours d'eau des Basses-Pyrénées, en 1873, appartiennent au bassin de l'Adour, à l'exception des petits fleuves côtiers du Pays Basque Nord.



fleuves adour garonne
ADOUR ET GARONNE





Voici ce que rapporta à ce sujet le Journal officiel de la République française, le 3 mars 1873 :



"Annexe n° 1573.


(Séance du 25 janvier 1873.) 



Rapport fait au nom de la commission d'enquête sur les chemins de fer et autres voies de transport (bassin du golfe de Gascogne), par M. Krantz, membre de l'Assemblée nationale.



Nous comprendrons dans le présent travail, non seulement le bassin de l'Adour, mais encore toute la zone du littoral qui s'étend de Bayonne à la pointe de Grave.



Cette vaste région est, en France, une des moins bien pourvues de voies de communication. Quelques rares chemins de fer, des rivières fort médiocrement navigables et fort médiocrement utilisées, enfin, dans les Landes, des routes impraticables par suite du manque de matériaux d'empierrement ; tel est en quelques mots le bilan de ses richesses.



Elle est cependant intéressante à plus d'un titre et il en est peu où des voies de communication judicieusement établies puissent produire d'aussi heureux résultats.



Bassin de l'Adour



Le bassin de l'Adour comprend : Le fleuve lui-même qui, de Saint-Sever, origine de la navigation fluviale, jusqu'à Bayonne où la navigation devient entièrement maritime, présente une longueur de 126 kilomètres.


landes autrefois pêche alose
PÊCHE DE L'ALOSE DANS L'ADOUR
LANDES D'ANTAN


La Midouze, depuis Mont-de-Marsan jusqu'à son confluent avec l'Adour au Hourquet sur une longueur de 43kilomètres. 



Les divers affluents sur la rive gauche de l'Adour, à savoir : Le Luy, les Gaves réunis, la Bidouze, l'Aran, l'Ardanabia et la Nive qui présentent ensemble un développement de 219 kilomètres, ce qui donne en tout 388 kilomètres.



Quelques-unes de ces rivières sont flottables dans leur partie supérieure ; mais, bien qu'elles présentent ensemble un parcours accessible aux trains sur près de 270 kilomètres, elles ne desservent ainsi qu'un trafic actuellement insignifiant, peu susceptible de se développer et dont il n'y a pas lieu de s'occuper ici.



L'Adour, dans sa partie navigable, comprend trois régions distinctes : 

La première s'étend de Saint-Sever jusqu'au confluent de la Midouze, sur une longueur de 32 kilomètres.


La seconde, du Hourquet au confluent des Gaves, sur une longueur de 69 kilomètres. 


La troisième s'étend du bec des Gaves jusqu'à la mer sur 25 kilomètres. 


Total comme précédemment 126 kilomètres.



En aval du confluent des Gaves, l'Adour est une puissante rivière dont la largeur varie de 150 à 400 mètres, la profondeur de 1 mètre 60 à 10 mètres, et dont le débit est en tout temps considérable. La marée y pénètre jusqu'à Vimport, au delà de Saubusse.



Cette partie basse de l'Adour ne réclame actuellement aucune amélioration.



Entre le Hourquet et le bec des Gaves, la pente kilométrique est de 0 m. 13, le débit d'étiage de 14 mètres et le débit des hautes eaux de 1 200 mètres. La rivière présente généralement un mouillage de 1 mètre, sauf sur quelques hauts fonds ou il se réduit à 0 m. 40. Son lit établi dans une argile compacte, n'est pas sujet aux érosions. Il est encombré souvent par des sables fins qui se déplacent avec facilité. Leur mobilité même permet à la batellerie de se créer artificiellement un mouillage au moyen de chevalages ou d'obstacles qui, en rétrécissant le lit, augmentent la vitesse du courant.



C'est également le procédé auquel on a recours pour améliorer la rivière en lui constituant un lit mineur au moyen d'endiguements, et partout où il a été employé sur l'Adour, il a constitué un mouillage de 1 mètre.



Bien que la pente kilométrique de la rivière n'excède pas 0 m. 13 en moyenne et rende ce système d'amélioration assez efficace, cependant si l'on veut obtenir 1 m. 60 ou 2 m. 00, il faudra recourir à des barrages mobiles. Quatre ou cinq barrages écluses, convenablement disposés permettront d'obtenir un mouillage de 2 m. 00. Le coût de ces ouvrages ne paraît pas devoir s'élever au-dessus de 1 500 000 fr.



En amont du Hourquet jusqu'à Mugron, sur 14 kilomètres environ, la pente de la rivière est de 0 m. 50 par kilomètre.


landes autrefois adour
RIVES DE L'ADOUR A MUGRON
LANDES D'ANTAN



Son débit d'étiage de 6 m. 00. Son débit de crues de 800 m. 00.



La navigation en rivière reste encore possible quoique pénible et coûteuse. La pente et l'inégalité des débits suffisent à l'indiquer. Mais au delà de Mugron, elle cesse complètement. L'obstacle présenté par le moulin de Trouva et surtout l'accroissement de la pente qui atteint 1 m. par kilomètre ne permettent plus de constituer en lit de rivière un chenal constamment navigable à la descente et à la remonte.



Somme toute, si l'on veut, à partir du confluent de la Midouze, établir une voie navigable dans la vallée de l'Adour, il faudra recourir à un canal. On peut aisément le disposer de manière à ce qu'il serve aux irrigations, et sous ce point de vue encore il est de beaucoup préférable à la rivière canalisée.



Ce qui vient d'être dit suffit à indiquer que la navigation de l'Adour, considérable de Bayonne aux Gaves, notable encore jusqu'à Dax, devient insignifiante au delà du Hourquet.



Elle s'effectue au moyen de gabares ayant 28 mètres de long, 4 m. 60 de large, 0 m. 83 de calaison utile et pouvant porter jusqu'à cinquante tonnes. La durée du voyage de Dax à Bayonne est d'environ 20 heures ; le prix du fret varie de 5 à 6 centimes par tonne kilométrique.


gabarres pont landes autrefois
GABARRES A DAX
LANDES D'ANTAN



Le mouvement total est de 4 500 000 unités donnant au parcours entier 36 500 tonnes environ.



La Douze et le Midou en se réunissant à Mont-de-Marsan constituent la Midouze dont la longueur jusqu'à l'Adour est da 43 kilomètres, sa pente moyenne est de 0 m. 39, — sa largeur de 30 à 35 m., son débit d'étiage de 12 m. 50 et de hautes eaux de 350 m. ; c'est une rivière facile à canaliser.



Jusqu'à ce jour, elle ne l'a été qu'au moyen de rétrécissements qui n'ont pas permis d'obtenir plus de 0 m. 80 de mouillage minimum. Avec pas deux barrages éclusés dont la dépense ne paraît devoir dépasser 500 000 fr. on obtiendrait aisément un mouillage de 1,60.



Actuellement, la Midouze dessert un trafic total d'environ 114 000 unités donnant au parcours entier 2 700 tonnes environ.



L'Adour et la Midouze ont été dotées par les lois du 6 juin 1836, 19 juillet 1837, 31 mai 1846.



Le montant total des dotations s'élève à 2 372 227 francs.



Les affluents navigables de la rive gauche de l'Adour sont le Luy, les Gaves réunis, la Bidouze, l'Aran, l'Ardanabia et la Nive. La longueur cumulée de leurs parties navigables, s'élève ainsi qu'il a été dit précédemment, à 219 kilomètres.



Bien qu'elles ne soient pas officiellement reliées au réseau général de la navigation, elles méritent cependant d'être mentionnées.



Les deux Luy, de France et de Béarn, forment à leur confluent près du moulin d'Oro une rivière navigable qui conserva le nom de Luy et s'étend jusqu'à l'Adour sur une longueur de 24 kilomètres 30. Cette rivière a des eaux abondantes, un cours régulier, une pente d'environ 0m 33 par kilomètre. On pourrait aisément l'améliorer, mais jusqu'à ce jour on ne l'a pas fait, et actuellement elle présente en eaux basses des hauts fonds sur lesquels le mouillage n'excède pas 0m 25. Aussi le mouvement qu'elle dessert ne dépasse-t-il pas 410 tonnes à la distance entière, soit au total 10 000 unités de transport.


moulin landes autrefois
VUE PRISE DU MOULIN D'ORO
LANDES D'ANTAN



La belle rivière que les Gaves de Pau et d'Oloron forment après leur jonction en amont de Peyrehorade est navigable jusqu'à l'Adour sur 9 420 mètres.



Son débit est abondant, sa largeur va de 120 à 130 mètres, sa pente atteint 0,08 seulement en basse mer, et la marée remonte jusqu'au confluent des Gaves. Sauf en deux passages faciles à améliorer, elle présente partout un mouillage de 3 mètres.



Elle dessert un mouvement de 8 500 tonnes au parcours entier, soit en totalité de 80 000 unités.



Il y aurait utilité à la prolonger sur 20 kilomètres par un canal latéral au Gave d'Oloron jusqu'à Sauveterre, qui deviendrait ainsi le port de l'arrondissement de Mauléon. On desservirait de cette façon la riche vallée du Gave d'Oloron, les salines d'Oraas et de Salies, les exploitations de bois de la montagne et aussi les irrigations de la plaine. La dépense de ce canal peut approximativement être fixée à 3 millions.



La Bidouze est navigable du pont de Came à l'Adour, sur une longueur de 17 700 mètres ; sa largeur est de 40m 00, son mouillage varie de 1 à 6 m. Elle dessert principalement les importantes carrières de Bidache et transporte 40 700 tonnes à la distance entière, soit en tout 720 000 unités.


pays basque autrefois pont
PONT DE LA BIDOUZE A GUICHE 1910
PAYS BASQUE D'ANTAN


Par ordonnance du 10 juillet 1835, l'Aran, a été déclaré navigable depuis le moulin Bardos jusqu'à son embouchure dans l'Adour, sur 10 800 mètres.



Sa largeur varie de 10 à 15 mètres. Son mouillage, sur quelques hauts fonds, ne dépasse pas 0 m. 30. Il est surtout navigable à l'aide de la marée.



Il dessert un mouvement total de 35 000 unités, donnant au parcours entier 3 240 tonnes. Il sert principalement au transport des fruits de la fertile vallée d'Aran.



Par l'ordonnance déjà citée du 10 juillet 1835, l'Ardanabia a été aussi déclarée navigable depuis Portoberry jusqu'à l'Adour sur 8 000 mètres.



Cette rivière présente les mêmes conditions que l'Aran et transporte 5 850 tonnes au parcours entier, soit en tout 46 800 unités.



On pourrait assez aisément prolonger la navigation sur 2 600 mètres jusqu'aux mines de sel de Briscous. Mais ce prolongement desservirait plutôt des intérêts privés que des intérêts publics et ne sauraient être entrepris qu'avec un large concours des concessionnaires de la mine. La dépense présumée serait de 300 000 fr."



A suivre...



(Source : Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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dimanche 15 mars 2020

L'HISTOIRE DE L'ADOUR AUTREFOIS (deuxième et dernière partie)


L'ADOUR AUTREFOIS.


L'Adour est un fleuve du Bassin Aquitain de 307 kilomètres, prenant sa source dans le massif pyrénéen du pic du Midi de Bigorre et se jetant dans l'Océan Atlantique, entre Tarnos et Anglet.

samedi 15 février 2020

L'HISTOIRE DE L'ADOUR AUTREFOIS (première partie)


L'ADOUR AUTREFOIS.


L'Adour est un fleuve du Bassin Aquitain de 307 kilomètres, prenant sa source dans le massif pyrénéen du pic du Midi de Bigorre et se jetant dans l'Océan Atlantique, entre Tarnos et Anglet.