... Le mercredi, l'"Eclair" descendait de Bidache jusqu'au Cousté, puis remontait l'Adour et le Gave jusqu'à Peyrehorade.
Après avoir passé le pont de pierre du chemin de fer, le château Clérisse et la vieille église d'Hastingues, la navigation devenait parfois difficile aux basses-eaux. Les passagers étaient alors priés de se rassembler à l'avant pour décharger l'arrière ; on avançait prudemment, à vitesse très réduite, en sondant le chenal à l'aide d'une longue gaffe, ce qui n'empêchait pas de talonner parfois sérieusement sur les bancs de graviers.
VUE GENERALE 40 HASTINGUES LANDES D'ANTAN
Le soir, on quittait Peyrehorade en même temps que des gabarres pleines de veaux qui pleuraient leur mère ou de cochons grognants.
Le bateau assurait aussi des services supplémentaires : le dimanche pour les courses de taureaux ou de chevaux ou pour des occasions exceptionnelles, comme le passage de Poincaré à Bayonne.
POINCARE A BAYONNE EN 1913
PAYS BASQUE D'ANTAN
Il était, de plus, fréquemment loué pour des excursions en groupe, des fêtes sur l'eau... Dans ces grandes occasions, il s'avançait tout pavoisé, orné de verdure et même d'hortensias en pots. Les chants et les flonflons étaient scandés par le battement de son piston et les invectives jaillissaient à l'adresse des badauds qui le contemplaient des rives. Pour la fête de Bidache, qui a lieu le dernier dimanche de juillet, le bateau descendait dès le samedi à Bayonne chercher les invités et un orchestre. Tout Bidache allait l'attendre au port, et c'est au son d'une marche entraînante que l'on remontait en groupe compact la côte jusqu'à la place du village.
D'autres fois, la fête prenait un aspect plus mondain et les instruments à cordes remplaçaient les cuivres ; et l'on voyait des domestiques stylés servir les invités sur le stables fixées à demeure sur le toit des deux salons, parées en cette occasion de nappes blanches et de bouquets de fleurs.
Le roi d'Angleterre, Edouard VII lui-même, fit, le 22 mars 1907, une excursion jusqu'à Bidache, ainsi que le raconte en ces termes "Le Courrier de Bayonne" de cette date :
"Le roi s'est embarqué ce matin, à midi quinze, sur l'"Eclair", le petit bateau à vapeur qui fait le service entre Bayonne et Bidache.
Quelques curieux, groupés sur le quai, attendaient le souverain, qui est bientôt arrivé en automobile, accompagné de plusieurs invités. L'embarcation, décorée avec goût de draperies rouges et de fleurs, était confortablement aménagée, ce qui a permis aux touristes de jouir sans fatigue de ce joli voyage sur l'Adour.
Il est probable qu'ils reviendront à Biarritz vers 6 heures, car le souverain est invité ce soir par la duchesse de Manchester au restaurant Ritz du casino municipal."
RESTAUARANT RITZ BIARRITZ PAYS BASQUE D'ANTAN
Ce que "Le Courrier" ne dit pas, c'est qu'un repas fut servi aux voyageurs sur la terrasse du château de Bidache, à moins que ce ne soit au cours d'un autre voyage, car on m'a affirmé à Bidache que le roi avait fait deux années de suite cette agréable promenade.
On vient de me dire que le roi Oscar de Suède fit la même excursion lors de son passage à Biarritz.
ROI OSCAR DE SUEDE
Je ne saurais affirmer que l'"Eclair" ait passé parfois la barre pour aller jusqu'à Biarritz ou même Saint-Sébastien, pour assister à des régates. Il n'était qu'un bateau d'eau douce peu fait pour affronter les lames de la mer.
Il avait fait cependant, une fois dans sa vie, le grand voyage de la Garonne, où il avait été construit, à l'Adour, où il devait vivre, déjà piloté par Paulin Suhas. On racontait qu'une partie de ce voyage s'étant faite de nuit, le pilote, par crainte d'un échouage, avait trop obliqué vers le large et qu'il avait vu, le matin, le soleil se lever en poupe. Il cinglait droit vers l'Amérique ! Que faire, sinon virer immédiatement de bord et foncer dans le soleil jusqu'au moment où apparaîtraient les dunes et les pins de la côte des Landes ? Que l'on n'aille pas croire, cependant, qu'il n'y a jamais de vagues sur l'Adour ! J'ai connu des gens qui, par jour de tempête, avaient bel et bien le mal de mer, en eau douce, et j'ai vu des gabares, un peu trop chargées de pierres peut-être, aller par le fond par gros temps... Il y a aussi des brouillards denses ; il y a aussi les fortes crues dont certaines empêchaient l'"Eclair" de passer sous les ponts, quoique sa cheminée télescopique put être rentrée au ras du toit.
Mais, bien qu'il fût toujours alerte et en bonne santé mécanique, le pauvre "Eclair", financièrement, n'a jamais battu que d'une aile. La compagnie qui l'avait acquis avait été fondée à l'aide de souscriptions des riverains qui, heureusement pour eux, avaient envisagé, bien plus qu'un bon placement, la création d'une ligne de navigation qui desservait leurs propriétés.
Les actionnaires avaient risqué chacun 2 000 francs, somme qui nous semble insignifiante aujourd'hui, mais qui, alors, représentait quelque chose... mettons une douzaine de vaches. Je crois qu'ils n'en revirent jamais un sou ; ils n'avaient même pas de réduction sur le prix du passage. Ce ne fut qu'une sorte d'avance amortie par le nombre important de voyages qu'ils firent, ainsi que leurs familles. Toutefois, après le départ de mon père pour Paris, en 1899, l'affaire marcha tant bien que mal jusqu'en 1914, sous la direction de M. Laval.
Alors l'"Eclair", comme tout bon Français, prit du service et navigua pour le compte de l'Amirauté britannique. Cependant, son action dans la conduite de la guerre fut bien modeste : il ne fut attaqué par aucun sous-marin et se borna à remorquer des transports de poteaux de mines.
Après cette première tourmente, il fut tacheté par un certain Sabarots. Il reprit son rôle d'avant-guerre ; pas pour longtemps, hélas ! car, pris un jour dans un brouillard aussi dense que le fog de Londres, il s'échoua dangereusement à quelques milles en amont de Bayonne. Le pauvre Sabarots ne se remit pas du tout de ce naufrage et l'"Eclair" pas trop bien.
Sorti à grand peine de sa mauvaise position avec l'aide de nombreuses paires de boeufs, il devint en 1920 la propriété de M. Labarrère, carrier à Guiche, et ne fut plus qu'un remorqueur de gabares chargées de calcaire à destination de la soudière de Mouguerre ou des hauts fourneaux du Boucau.
Les Allemands, pendant l'occupation, le laissèrent tranquille. Il ne fut pas souillé par le pavillon à croix gammée. Son exploitant avait pris, paraît-il, ses précautions pour qu'il restât libre. Il dut servir à passer dans ses flancs pas mal de gens et marchandises, puisqu'on l'avait baptisé, m'a-t-on dit, le "Forceur de Blocus", titre qui me semble un peu exagéré.
Les Allemands partis, il continua encore quelque temps son trafic, devenu trop onéreux par suite de la rareté et de la mauvaise qualité du combustible. Et puis, il était devenu trop vieux et bien fatigué. A partir de 1947, il ne bougea plus de son port d'attache, un peu en amont du pont joignant Guiche à Sames. De tous ses anciens embarcadères, il ne restait plus que des moignons de pieux pourris.
PORT DE GUICHE ET BIDOUZE PAYS BASQUE D'ANTAN
Au cours d'un dernier voyage, le 22 septembre 1948, il descendit l'Adour par ses propres moyens, pavillon haut, et faisant entendre une dernière fois sa sirène, accompagné tout au long du parcours par les regrets fervents des populations riveraines, qui avaient bénéficié jadis de ses inappréciables services.
Il est maintenant démonté, découpé au chalumeau. Pauvre "Eclair" ! Avec lui a disparu toute une époque. Les temps ont changé : la batellerie se meurt dans le bassin de l'Adour : plus de tilholes, plus de chalands descendant les nasses de la Nive, plus de galupes à fond plat venant d'au-delà de Dax. Plus de trains de bois descendant lentement au fil de l'eau, plus de halage à la cirgue, avec des mulets que les bateliers appelaient à leur aide, en soufflant dans des conques marines, tels des tritons ; plus de bateaux couverts, plus de grandes voiles carrées, plus de gabariers musclés, ramant comme des galériens et buvant pour se donner force et courage, maintes "tasses" de vin dans les auberges échelonnées sur le chemin de halage. La pinasse à moteur "A tout ha" qui "faisait", d'Urt, le marché de Peyrehorade, a disparu de la circulation. Le camion automobile, qui va de porte à porte et économise les chargements et les déchargements onéreux, accapare maintenant le trafic des marchandises comme l'autocar et l'auto particulière drainent celui des voyageurs.
Quelques très grosses gabares à moteur suffisent maintenant pour le transport des pierres des carrières et du gravier des gaves. Les rives aussi se dépeuplent. La terre se meurt, ainsi que l'eau, justement parce que, faute d'entretien des digues et des fossés, elle est envahie par l'eau qui cesse d'être vivifiante et ne produit plus qu'une végétation de plantes aquatiques, vergnes, joncs et queues de renard.
GABARRE 40 DAX 1912 LANDES D'ANTAN
Les châtelains ont tendance à négliger et à délaisser leurs résidences d'été, au bord de l'Adour, autrefois si gaies et si bien entretenues. Les goûts ont d'ailleurs changé, tandis que l'argent changeait de poche. C'est le progrès, diront certains !
De l'"Eclair", il ne restera, en bonne place au Musée Basque, que sa figure de proue, monstre bizarre de métal, tenant du coq et du poisson, que M. le Commandant Boissel a eu l'heureuse et louable initiative de demander à M. Linage, dont les ouvriers ont découpé la carcasse de notre vieil et regretté ami, le bateau de Bidache."
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
Merci ami(e) lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.
Plus de 6 800 autres articles vous attendent dans mon blog :
... Pour nous, collégiens en vacances, Maribère, avec ses deux cours d'eau, le vaste Adour devant, l'Aran, plus intime et plus sauvage non loin derrière, son réseau de fossés poissonneux, ses bois, ses pittoresques coteaux montant vers Bardos, sa cavalerie de demi-sang, ses arbres fruitiers, était un vrai paradis terrestre.
Pour les passagers, c'était surtout l'endroit où il y avait des chênes, très gros et très vieux, renforcés par de la maçonnerie et cerclés de fer. Ils ont leur légende à laquelle se mêle, une fois de plus, le souvenir de l'occupation anglaise.
En un temps où l'on pouvait aller de l'Adour à Bardos en marchant sur la cime des arbres (sic), les Anglais étaient venus choisir, parmi les chênes réputés pour la construction des navires, le bois dont ils avaient besoin pour leurs chantiers de Bayonne. Ces quelques troncs, déjà très beaux, situés au bord de l'eau et faciles à débarder, avaient tenté la hache des charpentiers. Mais leur chef, ami des beaux arbres, comme le sont les Anglais, avait ordonné qu'on les respectât. Si ceci est vrai, ils auraient plus de 500 ans d'âge.
Bien entendu, mon père nous avait soignés et l'embarcadère avait été construit juste en face de notre jardin. Mais il arrivait bien tôt, ce bateau ! La bonne courait au bord de l'eau et criait : "Il est au Bec de la Bidouze !... Il est au Cousté !... Il est à Sorhouet !..." On se brûlait en avalant le café au lait trop chaud, on mettait vite chapeau et voilette, et on s'élançait vers l'embarcadère.
Heureusement que lorsque le courant descendait était un peu rapide, l'accostage se faisait à contre-courant, après une large évolution, qui donnait un peu de répit aux retardataires. C'était une belle manoeuvre, exécutée par Paulin Suhas, le patron pilote, et Douai, l'homme d'équipage.
Quand la marée était très basse, il était bien effrayant pour les dames de franchir la passerelle, qui n'était qu'une simple planche en pente, sans main courante, engagée sur une entretoise de fer, en dessous de la dernière marche. Mais on leur tendait galamment une main caleuse et, la planche retirée, l'amarre larguée, la longue gaffe remise à sa place habituelle, sur le toit qui protégeait les passagers de la pluie et du soleil, on fendait à nouveau les flots vers Urt, en produisant un beau sillage dont les vagues, se brisant sur les berges, roulaient les canards affolés et faisaient danser les couralins à l'attache.
Puis on passait entre le château de Lissalde, ancienne demeure des Laborde-Lissalde, seigneurs du Saudan, appartenant alors à la famille Labat, et la plaine de Brannes, sur Saint-Laurent-de-Gosse, d'où l'on extrait de la tourbe.
Le gérant de la compagnie, M. Duhau, habitait à Urt, tout au bout du Campas, une maison d'où l'on avait une vue superbe sur la vallée. Quand il voyait arriver le bateau, il se dépêchait de descendre jusqu'au port d'Urt pour prendre son service et percevoir, pendant la fin du trajet, le montant des passages, de l'ordre de 0,75 à 1 franc par personne, si j'ai bonne mémoire. On était parfois obligé de l'attendre un peu, mais tout se passait en famille.
On embarquait, outre M. Duhau, quelques Urtois : parfois M. Pelot, qui était quelque chose dans la compagnie, M. de Roll, dont le château de Montpellier se voyait sur l'autre rive, la famille de Croiseuil ; et en route pour Saint-Barthélemy !
CHÂTEAU DE ROLL-MONTPELLIER 40 ST LAURENT DE GOSSE
L'embarcadère se trouvait sur le bras qui sépare l'île de Marignan de la rive landaise. Là, montaient à bord, les châtelains de ce coin, autrefois si vivant l'été, aux jardins si bien entretenus : M. Trubert, écrivain et diplomate, les de Marignan, les Nounès, etc. L'arrière de l'"Eclair" (les premières classes) devenait un cercle de gens distingués, mais quelque peu distants. Peu de conversation. Chacun, après un salut cérémonieux, allait occuper l'un des fauteuils placés en rond sur la plage arrière, tandis que M. le Curé de Saint-Barthélémy descendait dans l'étroit salon pour y lire son bréviaire en toute tranquillité.
Pendant ce temps, à l'avant, se poursuivaient les conversations des paysannes barthaises, aussi nasillardes que les canards qu'elles portaient dans leurs paniers plats, et éclataient des choeurs à plusieurs voix comme il s'en chante encore dans nos campagnes. On jouait aux cartes : le maréchal des logis, commandant la brigade de gendarmerie de Bidache, déclarait sentencieusement : "Non, je ne jouerai pas au poker ! Car c'est, je ne dirai pas un jeu de voleurs, parce que l'uniforme me commande, mais c'est un jeu de menteurs !..."
Et l'on cassait la croûte, et tout cela donnait soif. Heureusement qu'il y avait une buvette à bord où le paillet de Guiche coulait à flots, remonté sans arrêt de la cambuse de l'avant par une écoutille qui se trouvait presque sous les pieds du pilote.
Le petit vapeur fendait bientôt le vaste miroir d'eau qui s'étend entre le confluent de l'Ardanavy, petit affluent basque que remontent encore quelques bagarres pour le compte d'une carrière et l'île de Brocq. Le port d'Urcuit ne l'intéressait pas, pas plus que celui de Lahonce, situé sur un bras assez étroit, fréquenté seulement par quelques gabarres.
Par-dessus les arbres de l'île de Lahonce, on apercevait le clocher de l'ancienne abbaye, de forme trinitaire (à trois pointes) inusitée dans la région. L'ancien clocher ayant été détruit par la foudre, le curé d'alors, qui avait été vicaire en Soule, fit reconstruire ce clocher quelque peu hérétique puisque de ses trois pointes, qui représentent les trois personnes de la Sainte Trinité, celle du milieu, qui représente le Père, domine par trop les deux autres Personnes, ce que l'on ne voit pas en Soule.
EGLISE 64 LAHONCE PAYS BASQUE D'ANTAN
"Martinolet", propriété de la famille Personnaz, était laissé à tribord, et bientôt se détachait de Naguille, à bâbord, le couralin vert sur lequel Me Guichenné, serviette sous le bras, venait embarquer en pleine eau.
Cela donnait encore l'occasion d'une belle manoeuvre que tout le monde suivait avec intérêt.
En face, le moulin à marée de Bacheforêts, dont le bassin était déjà bien envasé, ne retenait guère l'attention. On s'intéressait davantage aux belles propriétés de Saint-Etienne : Rance, Larbeü, Jouanché, Port-Leyron, et au château Caradoc, de goût autrichien, dont les tours impressionnaient mon imagination d'enfant.
LA TOUR DU CHÂTEAU CARADOC BAYONNE PAYS BASQUE D'ANTAN
Dois-je décrire Bayonne, le panorama jalonné par Camp-de-Prats, les flèches de la cathédrale, la Porte de France, le pont, la citadelle ? Après être passé sous le pont de fer (quelle joie quand on y passait en même temps qu'un train) l'"Eclair" lançait un coup de sirène impressionnant que se renvoyaient plusieurs fois, à la surface de l'eau, les maisons riveraines et, après une dernière évolution savante, il accostait, vers 9 heures, aux allées Boufflers, proue en amont, primitivement en face de la maison Lebas, plus tard près du blockhaus, maintenant disparu, à l'entrée du Jardin Public, dénommé depuis square Pouzac.
LA NIVE AU PONT DE FER BAYONNE PAYS BASQUE D'ANTAN
L'après-midi, un peu avant 5 heures, un coin de sirène rappelait que l'heure du retour approchait. Les passagers du matin rembarquaient, chargés, non plus de canards et volailles, mais de denrées et de tissus achetés en ville. Les retours étaient moins bruyants : on était fatigué ; on avait faim, on mangeait, on buvait aussi. Le mécanicien, sans se faire prier, faisait frire pour quelque passager, un morceau de ventrèche, ou faisait griller quelques sardines salées sur le foyer de la chaudière.
Quand la saison avançait, la nuit qui tombait répandait une mélancolie sur le fleuve, et l'on n'entendait plus guère que le halètement de la machine, le bruissement de l'eau et les interminables histoires que racontait Paulin, tout en tournant sans arrêt, à petits coups, et machinalement, la roue du gouvernail, sous l'inscription classique "Défense de parler au pilote". Paulin avait beaucoup navigué et, avant d'être marin d'eau douce, il avait, comme beaucoup de riverains, servi dans la marine de l'Etat en qualité d'inscrit maritime.
La nuit venue, on allumait les feux vert, blanc et rouge règlementaires, car la navigation était alors très active sur l'Adour et n'avait pas encore été tuée par le chemin de fer et le camion ; et les abordages étaient à craindre. L'éclairage du bord était plutôt triste et fumeux, et je ne me rappelle pas avoir vu fonctionner l'éclairage électrique qui, pourtant, avait été installé."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
Merci ami(e) lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.
Plus de 6 800 autres articles vous attendent dans mon blog :
Pendant 51 ans, ce bateau aura marqué l'histoire de la Bidouze et de l'Adour.
DEBARCADERE DU BATEAU ECLAIR BAYONNE PAYS BASQUE D'ANTAN
D'une longueur de 21 mètres et de 4 mètres de large au maître-bau, ce petit bateau à vapeur et à
hélice avec cheminée rabattable, a été lancé, en 1893, à Langon (Gironde).
Avec une charge maximum de 10 tonnes, une jauge brute de 20 tonneaux, son tirant d'eau est de
1,25 m en charge.
Son équipage de 3 hommes (pilote, chauffeur et mécanicien) a assuré, jusqu'en septembre 1948,
avec une vitesse maximum de 8 noeuds, un service régulier entre Bayonne et Bidache ou
Peyrehorade, les jours de marché, de passagers mais aussi d'animaux.
Voici ce que rapporta à ce sujet M. André Tournier dans le Bulletin de la Société des sciences,
lettres & arts de Bayonne, en janvier 1949 :
"Le bateau l'"Eclair".
C'est avec une compréhensible tristesse que tous les vieux Bayonnais, tous les riverains de la Bidouze et de l'Adour, de Bidache jusqu'à Bayonne, ont appris, le 22 septembre 1948, que le bateau "Eclair", "Lou Bachet de Bidache" avait descendu une dernière fois le fleuve pour entrer dans un chantier de démolition.
Ce petit vapeur s'en allait, en effet, emportant les souvenirs émus de la plupart de ceux qui ont vécu dans le pays à l'époque où il faisait si bon vivre (n'en déplaise aux jeunes qui ne croient pas ceux qui parlent du bon vieux temps). Je l'ai particulièrement connu, ce brave "Eclair", qui, tous les lundis et tous les jeudis, les jours du marché d'alors, descendant d'abord la Bidouze, de Bidache à Guiche, puis l'Adour, de la Bidouze à Bayonne, chargé de passagers pittoresques, de volailles et parfois même de veaux amarrés à la rambarde de la proue.
Il avait un air bon enfant et campagnard au temps où les filles portaient, non des permanentes, mais un chignon enveloppé dans un "mouchoir de tête" noir. Pour tous, il venait de la vraie campagne gasconne : témoin cette réplique que l'on peut lire dans le livret d'une des premières revues locales bayonnaises : "Madame Pou trique".
"Es bertat, Balty qu'és badude à Peyrehourade ?
— Amic, n'as pas mentit. Que souy arribade à Bayoune per lou bachet de Bidache, dap un gouyat escarabilhat."
Balty, en effet, actrice parisienne, qui avait bien voulu accepter un rôle dans cette revue, était originaire de Peyrehorade. Pourtant, bien que l'"Eclair" assurât tous les mercredis le service Bidache-Sainte-Marie-Peyrehorade, je doute qu'elle ait choisi ce moyen de transport pour venir à Bayonne. L'"Eclair" était, en effet, le bateau de Bidache et du marché de Bayonne.
ACTRICE LOUISE BALTHY
Bidache, chef-lieu de canton important, n'est pas desservi par le chemin de fer et, en ce temps-là, il n'existait pas d'autobus. Guiche et Sames eux-mêmes n'étaient desservis que par des haltes qui n'enregistraient pas de bagages. Les riverains de l'Adour n'avaient même pas de route terrestre pour sortir de chez eux, le chemin de halage étant en principe interdit aux voitures et, de plus, trop étroit, en maints endroits, pour que l'on puisse y rouler autrement qu'à bicyclette. Tout cela incita mon père, M. Félix Tournier, à mettre sur pied un service régulier par eau.
Il y avait eu, à vrai dire, des précédents.
Sans parler des gabarres couvertes, sortes de coches d'eau, qui descendaient à la "cirgue" et, aidées par la marée, de Peyrehorade, Bidache et Guiche, et qui continuèrent longtemps leur service, même après la cessation du service de l'"Eclair", il y avait eu autrefois sur l'Adour un bateau à roues dont m'a parlé ma grand'mère. Il remontait l'Adour jusqu'à Dax, les mercredis, je crois, commandé par un certain Pauc, qui criait beaucoup du haut de sa passerelle et particulièrement : "Estope à la machine". Il a dû disparaître entre 1850 et 1860, tué par le chemin de fer. Il me semble me rappeler qu'il s'appelait "La Ville de Dax".
Plus récemment, quelque temps avant l'"Eclair", existait le "Progrès", petit bateau en bois, qui fit naufrage et que j'ai vu, pendant de longues années, pourrir et se désagréger en face d'Urt, près de Castillon, dans la sorte de baie que forme là le fleuve.
L'"Eclair" fut acquis pour le remplacer et fut lancé à Langon, sur la Garonne, vers 1893. Ma mère se rappelle très bien avoir fait le voyage pour aller le voir quand j'étais encore tout petit.
Il mesurait 21 mètres de long, 4 mètres de large au maître-bau et avait un tirant d'eau de 1 m. 25 en charge.
Sa jauge était de 25 tonneaux et sa charge maxima de 10 tonnes. Sa chaudière verticale produisait la vapeur nécessaire à un unique piston dont les points morts obligeaient à une manoeuvre assez pénible pour la mise en marche et surtout quand il fallait faire brusquement marche arrière. Le mécanicien devait alors, à l'aide d'un levier qu'il engageait dans des trous "ad hoc" sur sa périphérie, faire faire au volant, dans le sens voulu, une portion de tour assez importante.
Ce piston développait une puissance de 48 CV qui, malgré un nom prometteur de grande rapidité, ne permettait certainement pas à l'"Eclair" de filer plus de 7 ou 8 noeuds. C'est dire que la marée, montante ou descendante, avait une incidence assez marquée sur l'horaire.
Tous les villages de la région dont le territoire touche à une rivière tant soit peu navigable ont un "port", souvenir de l'ancienne importance des transports par eau. Même Bardos, dont le clocher est pourtant perché bien haut et bien loin de l'eau, possède son "port" sur l'Aran, comme Mouguerre sur l'Adour.
Le bateau quittait donc le "port" de Bidache vers 7 heures, emportant, dans la fraîcheur du matin, un certain nombre de Bidachots, dont les noms sont restés dans ma mémoire. Les Perret, les Pourquié, les Ponsolle, la commissionnaire Eulalie, etc... ; des Basques, venus à pied du côté de la route de Saint-Palais ou d'Orègue, des gendarmes. On ne perdait de vue les ruines du château des ducs de Gramont à Bidache, où Henri de Navarre venait retrouver la belle Corisande, comtesse de Guiche, que pour apercevoir les ruines, plus anciennes et couvertes de lierre, du château de Guiche.
RUE DE LA TOUR ET VIEUX CHÂTEAU GUICHE PAYS BASQUE D'ANTAN
Nous sommes, en effet, en plein fief de cette illustre famille qui, sous les noms des comtes de Guiche, ducs de Gramont, ducs de Guiche, princes de Bidache, s'illustra tout au long de l'Histoire de France dans la carrière des armes et la diplomatie.
Les ruines du château de Guiche dominent la rivière du bord d'une falaise calcaire faisant face à la plaine de Hapches (Haches en gascon), dont le nom vient, dit-on, des armes qu'on y retrouvait jadis, armes provenant d'une bataille livrée en 1449 par Gaston de Foix, époux d'Eléonore de Navarre, venu pour assiéger le château, contre l'armée de secours composée de Basques et de Bayonnais, partisans des Anglais et commandés par Ogerot de Saint-Pée et John Astley, maire anglais de Bayonne.
VIEUX CHÂTEAU DE GRAMMONT GUICHE PAYS BASQUE D'ANTAN
Cette armée, mise en déroute, fut poursuivie jusqu'à Bayonne et Saint-Pée, et le château se rendit le 15 décembre.
A Guiche, on embarquait, bien entendu, des Guichots, mais aussi des Samots venus des rives droites de la Bidouze, du quartier Saint-Jean surtout ; et n'allez pas confondre, je vous prie, les gens de ces deux communes, comme ont tendance à le faire les nouveaux venus, ignorants des choses du pays depuis qu'il existe une gare baptisée Sames-Guiche. Bien qu'à son parler, on distingue un Samot. Quant aux Guichots, ils ont gardé, auprès de leurs voisins tout au moins, une assez mauvaise réputation, depuis que les bandes des comtes de Guiche se sont installées à la bourgade, autour du château.
Bientôt l'"Eclair" débouchait par-dessous le pont du Bec de la Bidouze sur les ondes du vaste fleuve.
BATEAU ECLAIR PEYREHORADE LANDES D'ANTAN
La vue, dans cette partie du trajet, est splendide et s'étend par-dessus le miroir de l'Adour, sur les coteaux et les montagnes, avec la Rhune, comme fond de décor, exactement dans l'axe du fleuve.
Bientôt on faisait une courte halte au Cousté, sur la rive droite, à l'extrémité du chemin descendant de Sainte-Marie-de-Gosse.
Puis, pour éviter les bancs de sable de Mate-Pedouilh (tue-pou, tue-vermines), ainsi nommé parce que l'endroit était commode pour se baigner, l'"Eclair" se rapprochait de la rive gauche, déjà basque par les noms de ses maisons : "Etchechoury", "Balin", "Etchebiague", "Etchart", "Etchebeheiti", etc.
Un peu avant 8 heures, il accostait à l'embarcadère de Maribère, devant chez nous, aux confins à la fois de Guiche, d'Urt et de Bardos."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
Merci ami(e) lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.
Plus de 6 800 autres articles vous attendent dans mon blog :
La plupart des cours d'eau des Basses-Pyrénées, en 1873, appartiennent au bassin de l'Adour, à l'exception des petits fleuves côtiers du Pays Basque Nord.
ADOUR ET GARONNE
Voici ce que rapporta à ce sujet le Journal officiel de la République française, le 3 mars 1873 :
"Annexe n° 1573.
(Séance du 25 janvier 1873.)
Rapport fait au nom de la commission d'enquête sur les chemins de fer et autres voies de transport (bassin du golfe de Gascogne), par M. Krantz, membre de l'Assemblée nationale.
Nous comprendrons dans le présent travail, non seulement le bassin de l'Adour, mais encore toute la zone du littoral qui s'étend de Bayonne à la pointe de Grave.
Cette vaste région est, en France, une des moins bien pourvues de voies de communication. Quelques rares chemins de fer, des rivières fort médiocrement navigables et fort médiocrement utilisées, enfin, dans les Landes, des routes impraticables par suite du manque de matériaux d'empierrement ; tel est en quelques mots le bilan de ses richesses.
Elle est cependant intéressante à plus d'un titre et il en est peu où des voies de communication judicieusement établies puissent produire d'aussi heureux résultats.
Bassin de l'Adour.
Le bassin de l'Adour comprend : Le fleuve lui-même qui, de Saint-Sever, origine de la navigation fluviale, jusqu'à Bayonne où la navigation devient entièrement maritime, présente une longueur de 126 kilomètres.
PÊCHE DE L'ALOSE DANS L'ADOUR LANDES D'ANTAN
La Midouze, depuis Mont-de-Marsan jusqu'à son confluent avec l'Adour au Hourquet sur une longueur de 43kilomètres.
Les divers affluents sur la rive gauche de l'Adour, à savoir : Le Luy, les Gaves réunis, la Bidouze, l'Aran, l'Ardanabia et la Nive qui présentent ensemble un développement de 219 kilomètres, ce qui donne en tout 388 kilomètres.
Quelques-unes de ces rivières sont flottables dans leur partie supérieure ; mais, bien qu'elles présentent ensemble un parcours accessible aux trains sur près de 270 kilomètres, elles ne desservent ainsi qu'un trafic actuellement insignifiant, peu susceptible de se développer et dont il n'y a pas lieu de s'occuper ici.
L'Adour, dans sa partie navigable, comprend trois régions distinctes :
La première s'étend de Saint-Sever jusqu'au confluent de la Midouze, sur une longueur de 32 kilomètres.
La seconde, du Hourquet au confluent des Gaves, sur une longueur de 69 kilomètres.
La troisième s'étend du bec des Gaves jusqu'à la mer sur 25 kilomètres.
Total comme précédemment 126 kilomètres.
En aval du confluent des Gaves, l'Adour est une puissante rivière dont la largeur varie de 150 à 400 mètres, la profondeur de 1 mètre 60 à 10 mètres, et dont le débit est en tout temps considérable. La marée y pénètre jusqu'à Vimport, au delà de Saubusse.
Cette partie basse de l'Adour ne réclame actuellement aucune amélioration.
Entre le Hourquet et le bec des Gaves, la pente kilométrique est de 0 m. 13, le débit d'étiage de 14 mètres et le débit des hautes eaux de 1 200 mètres. La rivière présente généralement un mouillage de 1 mètre, sauf sur quelques hauts fonds ou il se réduit à 0 m. 40. Son lit établi dans une argile compacte, n'est pas sujet aux érosions. Il est encombré souvent par des sables fins qui se déplacent avec facilité. Leur mobilité même permet à la batellerie de se créer artificiellement un mouillage au moyen de chevalages ou d'obstacles qui, en rétrécissant le lit, augmentent la vitesse du courant.
C'est également le procédé auquel on a recours pour améliorer la rivière en lui constituant un lit mineur au moyen d'endiguements, et partout où il a été employé sur l'Adour, il a constitué un mouillage de 1 mètre.
Bien que la pente kilométrique de la rivière n'excède pas 0 m. 13 en moyenne et rende ce système d'amélioration assez efficace, cependant si l'on veut obtenir 1 m. 60 ou 2 m. 00, il faudra recourir à des barrages mobiles. Quatre ou cinq barrages écluses, convenablement disposés permettront d'obtenir un mouillage de 2 m. 00. Le coût de ces ouvrages ne paraît pas devoir s'élever au-dessus de 1 500 000 fr.
En amont du Hourquet jusqu'à Mugron, sur 14 kilomètres environ, la pente de la rivière est de 0 m. 50 par kilomètre.
RIVES DE L'ADOUR A MUGRON LANDES D'ANTAN
Son débit d'étiage de 6 m. 00. Son débit de crues de 800 m. 00.
La navigation en rivière reste encore possible quoique pénible et coûteuse. La pente et l'inégalité des débits suffisent à l'indiquer. Mais au delà de Mugron, elle cesse complètement. L'obstacle présenté par le moulin de Trouva et surtout l'accroissement de la pente qui atteint 1 m. par kilomètre ne permettent plus de constituer en lit de rivière un chenal constamment navigable à la descente et à la remonte.
Somme toute, si l'on veut, à partir du confluent de la Midouze, établir une voie navigable dans la vallée de l'Adour, il faudra recourir à un canal. On peut aisément le disposer de manière à ce qu'il serve aux irrigations, et sous ce point de vue encore il est de beaucoup préférable à la rivière canalisée.
Ce qui vient d'être dit suffit à indiquer que la navigation de l'Adour, considérable de Bayonne aux Gaves, notable encore jusqu'à Dax, devient insignifiante au delà du Hourquet.
Elle s'effectue au moyen de gabares ayant 28 mètres de long, 4 m. 60 de large, 0 m. 83 de calaison utile et pouvant porter jusqu'à cinquante tonnes. La durée du voyage de Dax à Bayonne est d'environ 20 heures ; le prix du fret varie de 5 à 6 centimes par tonne kilométrique.
GABARRES A DAX LANDES D'ANTAN
Le mouvement total est de 4 500 000 unités donnant au parcours entier 36 500 tonnes environ.
La Douze et le Midou en se réunissant à Mont-de-Marsan constituent la Midouze dont la longueur jusqu'à l'Adour est da 43 kilomètres, sa pente moyenne est de 0 m. 39, — sa largeur de 30 à 35 m., son débit d'étiage de 12 m. 50 et de hautes eaux de 350 m. ; c'est une rivière facile à canaliser.
Jusqu'à ce jour, elle ne l'a été qu'au moyen de rétrécissements qui n'ont pas permis d'obtenir plus de 0 m. 80 de mouillage minimum. Avec pas deux barrages éclusés dont la dépense ne paraît devoir dépasser 500 000 fr. on obtiendrait aisément un mouillage de 1,60.
Actuellement, la Midouze dessert un trafic total d'environ 114 000 unités donnant au parcours entier 2 700 tonnes environ.
L'Adour et la Midouze ont été dotées par les lois du 6 juin 1836, 19 juillet 1837, 31 mai 1846.
Le montant total des dotations s'élève à 2 372 227 francs.
Les affluents navigables de la rive gauche de l'Adour sont le Luy, les Gaves réunis, la Bidouze, l'Aran, l'Ardanabia et la Nive. La longueur cumulée de leurs parties navigables, s'élève ainsi qu'il a été dit précédemment, à 219 kilomètres.
Bien qu'elles ne soient pas officiellement reliées au réseau général de la navigation, elles méritent cependant d'être mentionnées.
Les deux Luy, de France et de Béarn, forment à leur confluent près du moulin d'Oro une rivière navigable qui conserva le nom de Luy et s'étend jusqu'à l'Adour sur une longueur de 24 kilomètres 30. Cette rivière a des eaux abondantes, un cours régulier, une pente d'environ 0m 33 par kilomètre. On pourrait aisément l'améliorer, mais jusqu'à ce jour on ne l'a pas fait, et actuellement elle présente en eaux basses des hauts fonds sur lesquels le mouillage n'excède pas 0m 25. Aussi le mouvement qu'elle dessert ne dépasse-t-il pas 410 tonnes à la distance entière, soit au total 10 000 unités de transport.
VUE PRISE DU MOULIN D'ORO LANDES D'ANTAN
La belle rivière que les Gaves de Pau et d'Oloron forment après leur jonction en amont de Peyrehorade est navigable jusqu'à l'Adour sur 9 420 mètres.
Son débit est abondant, sa largeur va de 120 à 130 mètres, sa pente atteint 0,08 seulement en basse mer, et la marée remonte jusqu'au confluent des Gaves. Sauf en deux passages faciles à améliorer, elle présente partout un mouillage de 3 mètres.
Elle dessert un mouvement de 8 500 tonnes au parcours entier, soit en totalité de 80 000 unités.
Il y aurait utilité à la prolonger sur 20 kilomètres par un canal latéral au Gave d'Oloron jusqu'à Sauveterre, qui deviendrait ainsi le port de l'arrondissement de Mauléon. On desservirait de cette façon la riche vallée du Gave d'Oloron, les salines d'Oraas et de Salies, les exploitations de bois de la montagne et aussi les irrigations de la plaine. La dépense de ce canal peut approximativement être fixée à 3 millions.
La Bidouze est navigable du pont de Came à l'Adour, sur une longueur de 17 700 mètres ; sa largeur est de 40m 00, son mouillage varie de 1 à 6 m. Elle dessert principalement les importantes carrières de Bidache et transporte 40 700 tonnes à la distance entière, soit en tout 720 000 unités.
PONT DE LA BIDOUZE A GUICHE 1910 PAYS BASQUE D'ANTAN
Par ordonnance du 10 juillet 1835, l'Aran, a été déclaré navigable depuis le moulin Bardos jusqu'à son embouchure dans l'Adour, sur 10 800 mètres.
Sa largeur varie de 10 à 15 mètres. Son mouillage, sur quelques hauts fonds, ne dépasse pas 0 m. 30. Il est surtout navigable à l'aide de la marée.
Il dessert un mouvement total de 35 000 unités, donnant au parcours entier 3 240 tonnes. Il sert principalement au transport des fruits de la fertile vallée d'Aran.
Par l'ordonnance déjà citée du 10 juillet 1835, l'Ardanabia a été aussi déclarée navigable depuis Portoberry jusqu'à l'Adour sur 8 000 mètres.
Cette rivière présente les mêmes conditions que l'Aran et transporte 5 850 tonnes au parcours entier, soit en tout 46 800 unités.
On pourrait assez aisément prolonger la navigation sur 2 600 mètres jusqu'aux mines de sel de Briscous. Mais ce prolongement desservirait plutôt des intérêts privés que des intérêts publics et ne sauraient être entrepris qu'avec un large concours des concessionnaires de la mine. La dépense présumée serait de 300 000 fr."
A suivre...
(Source : Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
Merci ami(e) lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.
Plus de 7 100 autres articles vous attendent dans mon blog :