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vendredi 16 février 2024

AU "PAYS DES BASQUES" DE GAËTAN BERNOVILLE EN MAI 1934 (première partie)

AU "PAYS DES BASQUES" EN MAI 1934.


Gaëtan Bernoville, né le 6 novembre 1889 à Saint-Jean-de-Luz (Basses-Pyrénées) et mort le 11 janvier 1960 à Paris 5ème arrondissement, est un journaliste et écrivain catholique français.




pays basque autrefois traditions peuple écrivain bernoville iparralde
LIVRE LE PAYS DES BASQUES
DE GA£ETAN BERNOVILLE



Il publie, en 1930, Le Pays des Basques : Types et Coutumes.



Voici ce que rapporta à ce sujet Charles Baussan dans le quotidien La Croix, le 27 mai 1934 :



"Au Pays des Basques.



Le précepte antique "Connais-toi toi-même" vaut pour les peuples aussi bien que pour les individus ; la France a beaucoup à apprendre à se regarder elle-même, sans vaine complaisance, à étudier et comprendre les diverses races et les divers pays, si bien soudés, si bien fondus en elle, en une seule nation et une seule terre. C’est donc, on peut le dire, une œuvre patriotique que cette Collection "Gens et pays de chez nous", qui s’ouvre si heureusement par le livre de M. Gaétan Bernoville : le Pays des Basques



Le pays basque a sept provinces, trois sur le versant français. — Labourd, Basse-Navarre et Soule, — quatre sur le versant espagnol, — Guipuzcoa, Biscaye, Navarre, Alaba. Ces sept provinces sont sœurs ; elles ont même sang, même langue, mêmes traditions. Mais, dans ce livre, M. Gaétan Bernoville ne parle que des trois provinces qui sont de ce côté-ci des Pyrénées. 



Ce pays, il ne l’a pas seulement étudié dans une enquête à laquelle rien n’échappait, il le voit et il le sent ;  c’est pour lui "une chose vivante et naturelle, dessinée par le contour des collines et de douces habitudes de vie" ; ce pays-là, c’est son pays ! 



Avec les voix des Basques, il entend les voix, de son enfance et de sa jeunesse ; son livre, ce sont toutes ces voix qui parlent. 



La côte, d’abord, et le pêcheur. M. Gaétan Bernoville dit le charme de la capitale du Labourd, Bayonne, demeurée basque ; l’histoire de Biarritz et de Guéthary, devenues, de villages marins qu’elles étaient, des villes d’hôtels et de touristes ; l’histoire, avec les portraits, de Saint-Jean-de-Luz et des pêcheurs luziens, jadis baleiniers et corsaires, aujourd’hui mélangés aux pêcheurs bretons pour la pêche à la sardine. Il dessine la scène pittoresque de l'arrivée des bateaux sardiniers et de la course des marchandes, le panier sur la tête, le long des rues, à qui trouverait le plus vite des acheteuses.





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LIVRE LE PAYS DES BASQUES
DE GA£ETAN BERNOVILLE



C’est en deçà de cette bande côtière de 4 ou 5 kilomètres de large qu’est le paysan-type sur lequel surtout M. Bernoville fait porter ses observations. A l’intérieur des terres, on ne parle guère que le basque. Avec le caractère basque, indépendant, fier, soucieux de l’honneur, c’est la langue principalement, une langue la plus fermée qui soit, qui a, jusqu’à présent, maintenu et même sauvé la race et ses traditions et fait des Basques un peuple à part. Entre les Basques et les influences étrangères, cette langue est une barrière. Mais "une barrière qui tend à céder". Les enfants apprennent le français à l’école ; les fonctionnaires parlent français ; autos et autobus pénètrent partout. La langue basque s’altère. "Elle tient encore assez fortement, mais pour combien de temps?"



Combien de temps encore l'entendra-t-on, presque seule, dans le royaume paysan dont M. Bernoville nous montre les paysages ? "Dans ces trois provinces ? — Le Labourd, avec ses vastes plateaux arides ; ses landes où s’ouvre la fleur jaune du genêt ; la longue rue du village d’Ustaritz et, au delà, le collège Saint François-Xavier ; Hasparren, au centre d’une petite plaine où l’on arrive par des routes sauvages ; Espelette, village où le presbytère et la mairie vivent dans le même vieux château et dont les maisons s’étagent harmonieusement sur deux coteaux. 




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CHÂTEAU FEODAL MAIRIE ESPELETTE
LABOURD D'ANTAN



La Basse-Navarre, montagneuse dans le Sud et plus riche et plus molle de dessin, au Nord, que le Labourd : avec ses ponts de pierre fortement arqués et envahis par des plantes exubérantes que l’on rencontre, d’ailleurs, un peu partout en pays basque ; avec Saint-Jean-Pied-de-Port, ville dorée et chaude, autour de sa citadelle, œuvre de Vauban, et ses vieilles rues grimpantes, étroites et ensoleillées ; avec Saint-Palais, gros bourg tranquille au milieu des prairies et des champs de betteraves et de fèves.





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CITADELLE ET FOSSES SAINT-JEAN-PIED-DE-PORT
BASSE-NAVARRE D'ANTAN



La Soule, pays de forêts et de pâturages : avec Mauléon et sa citadelle ; avec l'Hôpital-Saint-Blaise, maigre village éparpillé sur la colline, qui possède une église du plus vieux roman et qui eut jadis un hôpital pour les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle.



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EGLISE HÔPITAL-SAINT-BLAISE
SOULE D'ANTAN



Dans ces paysages rit la façade de la maison basque, le crépi blanc, trait commun aux trois provinces ainsi que l'inscription qui, au-dessus de la porte d’entrée, dit le nom du propriétaire ou la date à laquelle la maison a été bâtie. La façade labourdine a des boiseries extérieures sculptées et peintes en rouge brun. La ferme navarraise a souvent des balcons de bois peints eux aussi en rouge. La ferme souletine a déjà le toit d'ardoise de la ferme béarnaise. Tout cela, quelque intéressant que ce soit et admirablement décrit, ce n'est encore que le cadre, voici le personnage : "Le paysan, c’est le Basque." Race agricole et pastorale, le Basque "reste ce qu’il est : l'exemple d'une petite nation organisée pour ne pas mourir". 



Le beau portrait, celui de ce paysan racé, de grande allure, fier d'une fierté qu’il porte extérieurement : "Le paysan qui conduit sa charrette à bœufs, l’aiguillon sur l’épaule, la tête haute, rasée sous le béret, vous diriez un proconsul romain."



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PAYSAN BASQUE GUIDANT SON ATTELAGE
DESSIN DE F HUYGENS





L’âme a la même grandeur, ou plutôt c'est elle qui la donne. Le Basque a l'amour de l'indépendance et de la liberté ; mais il a, en même temps, "le sens de la hiérarchie située sur le plan familial, patriarcal pastoral, régional et religieux..." Au foyer le principe de l’autorité s’articule avec souplesse au culte de la liberté.



Le Basque est un taciturne. Il aime à l’extrême les divertissements, les fêtes patronymiques du village, les danses sur la place, le jeu au fronton. Mais en tout cela peu de paroles. Pas de longues histoires aux repas de fêtes, mais des chansons en chœur : "Chanter, c’est encore une façon de se taire." 



Le paysan basque "accepte virilement le quotidien comme l'éternel". Chez lui, "la paix du foyer, l'union de la famille viennent d’une conception traditionnelle, innée, de la vie et de l’ordre, non d’une douceur sentimentale". II est superstitieux, croit aux sorts et aux jeteurs de sort, mais ces superstitions coïncident chez lui avec une religion simple et profonde. "Le paysan basque est éminemment religieux. Il a une vie paroissiale intense et observe scrupuleusement au foyer les rites religieux."



Il a de la personnalité jusque dans son costume. En Soule et en Navarre, il porte une blouse courte les jours de fête ou de marché. Dans les trois provinces, il chausse ses pieds de sandales et surtout il est coiffé du fameux béret : "En général le Basque n'enlève son béret qu'à l'église, pour saluer Dieu. A l'égard des autres, son salut consiste à déplacer son béret de gauche à droite et à le soulever légèrement, ou mieux encore, à ne faire qu'un signe de tête." 





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LIVRE LE PAYS DES BASQUES
DE GAETAN BERNOVILLE


Archaïsme vivant, le paysan basque est un alliage dans lequel se rencontrent certains éléments, comme l’organisation familiale, qui font la grandeur et même la vie d’un peuple en tous les temps."



A suivre...



(Source : Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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vendredi 2 décembre 2022

CERTAINES COMMUNES BASQUES CHANGENT DE NOM PENDANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE


CHANGEMENT DE NOM DES COMMUNES BASQUES PENDANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE.


Pendant la Révolution française, plusieurs communes du Pays Basque Nord (Iparralde) doivent changer de nom.

samedi 23 juillet 2022

LE MINERAI DE FER DANS LES BASSES-PYRÉNÉES EN 1924

LE MINERAI DE FER AU PAYS BASQUE NORD EN 1924.


Depuis très longtemps, il existe des gisements de minerais de fer au Pays Basque, Nord et Sud.



pays basque autrefois mines carrières forges
CASCADE AUX MINES DE PYRITE
CAMBO-ITXASSOU
PAYS BASQUE D'ANTAN




Voici ce que rapporta à ce sujet le journal L'information financière, économique et politique, dans 

plusieurs éditions :


  • le 16 octobre 1924 :



"Les minerais des Hautes et Basses-Pyrénées.



... Très vraisemblablement, ces dépôts constituent la jonction entre la formation des Pyrénées centrales et celle des Pyrénées occidentales. Le fer paraît avoir été mis en valeur dans le pays basque non seulement de très bonne heure, mais avec une très grande activité. Des actes de 976 font déjà mention des forges, et des fosses qui les alimentaient. L’élaboration du fer devait entraîner la dénudation du pays. C’est ainsi que disparurent les magnifiques Sylves de Baïgorry et des Aldudes. Quoi qu’il en soit, le dépôt est réparti sur une grande partie du département palois. On le signale, tout d’abord, à la limite des Hautes-Pyrénées à Louvie-Soubiron (Baburet) près de Laruns, dans la vallée d’Ossun, à Peyranère et aux forges d'Abel, dans le val d’Aspe à Etchehar, Montory, Tardets, dans la vallée du Saison, ou gave de Mauléon à Libarrena, et vers l’ouest, à Ainhoa, à Ossès à Rouzé (Mendive) dans la vallée de la Nive, à Baigorry, où l’art du fer fut longtemps florissant, voire au rivage de la mer, à Bayonnette, près d’Urrugne, et à Biriatou.



La généralisation semble même déborder la zone montagneuse. Des ingénieurs américains n’ont-ils pas exploré, à la veille des hostilités les affleurements de Lucq-de-Béarn, au nord d’Oloron et l’on connaît des affleurements à ? Il n’est donc nullement téméraire d’admettre que les Basses-Pyrénées contiennent un vaste dépôt de fer, morcelé par les convulsions qui ont édifié la Rhune, et qui doit jalonner la préplaine pyrénéenne.



Pratiquement, le gisement est-il d’une mise en œuvre rationnelle ? On ne saurait le comparer à celui des Pyrénées-Orientales, ni pour l’étendue, ni pour l’extraction. Les Aciéries de France, se fondant sur les résultats du passé, avaient créé en 1906 la Société d’Ossès et de Banca, pour développer l’exploitation d'une concession de 5 471 hectares du district de Baïgorry.



La couche de carbonate de fer, insérée dans des terrains permiens, accusait 15 mètres de puissance, et se muait en hématite à la surface. Mais, à côté de 55 0/0 de fer et 1,5 de manganèse, on enregistrait plus de 12 0/0 de silice. Le minerai se perdait en profondeur, et, après un tonnage de 30 000 tonnes en 1912, la Société interrompit tout travail."



A suivre...



  • le 18 octobre 1924 :

XIII. L’avenir des dépôts basques.



L’insuccès enregistre à Ossès par une société hautement expérimentée a laissé supposer que les minerais basques ne présentaient, en réalité, qu’un intérêt médiocre. Cette conclusion semble, à la vérité, exagérément pessimiste. La décision des exploitants a été dictée non seulement pour des considérations techniques, mais aussi pour des raisons commerciales. Les gîtes de la Bidassoa et de la Nive sont, en effet, assez reculés, et ne sauraient alimenter facilement de nombreux établissements métallurgiques. Tarascon étant pourvu largement par ailleurs, Ossès ne pouvait approvisionner que le Boucau et Pauillac, et, dans une moindre mesure, Saint-Juéry et Fumel. En outre, la régularité des livraisons était entravée par l’irrégularité d’une formation lenticulaire, et une variabilité excessive des rendements corrélative. La clientèle était donc naturellement instable. On espérait cependant, que l’extraction pourrait être reprise sur des nouvelles bases après la guerre. Il n’en pas été ainsi.



Toutefois, des particuliers se sont efforcés, depuis 1913, de reconnaître l’allure des dépôts du Baïgorry. MM. Alamon et Gommez ont, décelé la présence de quatre filons parallèles d'hématite rouge, dont l’un mesure 2 mètres de puissance. Ce parallélisme paraît indiquer une formation rudimentaire. Si l'exploitation du carbonate, qu’il fallait griller, n’a pas donné toute satisfaction, celle de l’hématite serait, à coup sûr, beaucoup plus favorable.




pays basque autrefois mines forges
CARRIERES CANCALAN ET TRAIN A BAÏGORRY
PAYS BASQUE D'ANTAN



C’est évidemment le motif qui a déterminé la reprise de la concession de Baburet (1829, 1 656 hectares). Le dépôt s’allonge sur plusieurs kilomètres sur la rive gauche de Lauzom, affluent du gave de Pau. Les affleurements se peuvent suivre sur 2 kilomètres environ.



Le dépôt paraît appartenir à deux époques géologiques. Dans le dévonien, incliné de 20 à 30° nord, on a exploré un vaste amas, dit de Baburet, et, à 2 kilomètres plus loin, à Clot-Mené le prolongement de la généralisation, traversée par des pointements d’ophites.



Solane à l’est, Bat-Bielle à l’ouest, relèvent probablement d’un autre horizon, qu’on estime être l’option.



Le minerai a dû être constitué, dans les calcaires, par substitution. La sidérose a été oxydée en surface. L’hématite n’a pas été érodée. On l'a observée aux cotes 620, 631, 685.



Les anciens avaient, de bonne heure, apprécié ces richesses. L’exploitation fut active aux XVIIIe et XIXe siècles, mais interrompue en 1839. De nouvelles reconnaissances ont été effectuées de 1898 à 1904, de 1911 à 1913, et en 1915-1916.



A partir de 1920, la préparation du gîte fut méthodiquement entreprise. On a ainsi fixé la puissance à 25 mètres pour Baburet, 5 à 6 pour Clot-Mené, 2 pour Bat-Bielle.



L’hématite, brune ou jaune, accuse 55 0/0 de fer en moyenne, 1,45 de manganèse, 6 de silice. Les produits sont assez purs, quoique parfois pyriteux. D’après des rapports élaborés en 1911 et 1922, on pourrait utiliser 1 million 500 000 tonnes à Baburet, 1 000 000 à Clot-Mené.



La mine est à 13 kil. à vol d oiseau de Laruns, à 14 de Montaut. On pourrait la relier à l’une ou l’autre gare par un câble, ou une voie ferrée de 19 kilomètres.



Il n’est pas douteux que l’ouverture de voies transpyrénéennes comme celle de Oloron à Bédous et Jaca, et la diffusion de l’électricité auront pour effet d’encourager une mise en valeur des dépôts naguère très éloignés du rail, comme ceux des vallées d'Ossau et d'Aspe. La disparition progressive des hématites du Canigou favorisera aussi l’extraction des minerais oxydés des Pyrénées Occidentales.



Mais l’homologation de tarifs spéciaux de transport pour les minerais devra être envisagée, à moins que l’on ne se décide à adopter une formule de circonstance et à introniser, comme on songe à le faire dans le Roussillon et le Confient, la préparation électrique de l’acier, avec les excédents de courant de la Compagnie du Midi. La métallurgie électrique pourrait révolutionner le pays basque comme les Pyrénées-Orientales. Elle a, d’ailleurs, fait son apparition au Boucau.



Il ne faut pas oublier, non plus, que des mines à proximité de Bayonne, livrant des minerais riches et purs, pourraient expédier leur marchandise vers le Nord français et l’Angleterre, à Saint-Nazaire et à Caen. C’est là une éventualité qui n’a pas échappé à l’attention de la Chambre de Commerce de Bayonne, et suscite quelques espérances dans le pays esqualdunac."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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lundi 10 mai 2021

LA VIE CHÈRE AU PAYS BASQUE NORD EN JUILLET 1926

LA VIE CHÈRE EN 1926.


En 1926, la France connaît un taux d'inflation de plus de 31% et cela a de nombreuses conséquences pour les consommateurs.



VIE CHERE
BLAGUE 1ER AVRIL




Voici ce que rapporta à ce sujet la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque, le 5 juillet 

1926 :



"La lutte contre la vie chère La "Frigo" à Bayonne. Une boulangerie coopérative à Biarritz.



Pour combattre la vie chère, la Municipalité de Bayonne a songé à établir une boucherie de viande frigorifiée. Il faut espérer que cette in novation rencontrera auprès du public le même succès que celle du comptoir des légumes. 



Il existe encore, chez certains, un préjugé contre la viande congelée. C'est une prévention sans fondement, due à l'ignorance du public, à sa méfiance contre toutes les nouveautés. 



Il faut savoir que la viande congelée vaut la viande fraîche. Une des plus éminentes autorités vétérinaires, M. le professeur H. Martel, directeur du Service Vétérinaire à la Préfecture de police, membre de l'Académie des Sciences, écrit, ceci : 


"De tous les aliments, la viande fraîche est certainement la plus coûteuse. Il ne faut donc pas s'étonner si les bourses modestes recherchent un aliment de remplacement de prix moindre, capable de fournir à l’organisme un nombre égal d’éléments reconstituants. A cet égard, la viande congelée constitue l’aliment de remplacement idéal."



Pour faire de la bonne cuisine avec les viandes congelées qui ne sont autre chose que des viandes fraîches conservées exclusivement par le froid, il faut les employer comme les viandes fraîches sous aucune opération préalable, telle que l'ébouillantage. Il faut ne rien changer à sa manière habituelle de procéder et traiter ces viandes congelées exactement comme si elles arrivaient de chez le boucher ordinaire. 



En Angleterre, on consomme 75 p. 100 de viande congelée et 25 p. 100 seulement de viande fraîche. En France, en 1924, on consommait 5 p. 100 de viande congelée et 95 p. 100 de viande fraîche. Depuis huit mois, la consommation de la viande congelée a augmenté en France dans d'énormes proportions et aujourd’hui on consomme 40 p. 100 de viande congelée et 60 p. 100 de viande fraîche. 



En ces temps de vie chère nul n'a le droit de rejeter un facteur d'économie. 



Or, nous ne saurons trop le répéter, la viande frigorifiée présente toute les garanties désirables au point de vue de la qualité et de la salubrité. 



En effet, elle provient d'Argentine, pays de pâturages et d'élevage intensif où la qualité du bétail est superbe. Avant que d'être livrée au public, la viande subit trois inspections rigoureuses à l'abattage, à l'embarquement et à l'arrivée à l’entrepôt en France. 


MARQUE DU BETAIL ARGENTINE 1902


La municipalité a fait établir le frigorifique aux Halles selon les meilleures méthodes ; les viandes y arrivent par wagons frigorifiques complets. 



Il faut que le public ait confiance et qu'il fasse un essai loyal de cette viande congelée, il réalisera une économie certaine tout en améliorant son ordinaire. 



Le nouvel et important immeuble que Biarritz-Coopérative fait élever rue Jean-Jaurès au coin de l’avenue du Maréchal-Foch, n’est pas encore achevé ; mais on a terminé l'installation de la boulangerie et celle-ci a été inaugurée hier.



Vers dix heures et demie, toutes les personnalités officielles sont réunies dans l’immense sous-sol, qui, dans quelque temps contiendra des tonnes et des tonnes de vin. Pendant ce temps, de l'autre côté de la boulangerie, on travaille ferme pour que tout soit prêt tout à l’heure : il y a un quart d'heure seulement que l'eau a été donnée, et aucun four n’a eu seulement un essai préparatoire. Mais cela n’a pas d'importance puisque tout à l'heure, tout fonctionnera dans la perfection. Et bientôt, à la suite des personnages officiels : M. Bilange, sous-préfet de Bayonne ; M. Petit, maire de Biarritz, M. Cayrel, député de la Gironde, membre du Conseil supérieur de la Coopération ; M. Cantin, secrétaire général de la Fédération Nationale des Coopératives ; M. Augey, conseiller général ; MM. Bassagaitz, président et Sarraude, secrétaire général de Biarritz-Coopérative ; MM. Jules Patou, Deyhérassarry, Gestas, Giraudel, Lacour, conseillers municipaux ; M. Cazauran conseiller d'arrondissement ; M. Manoton de Bayonne ; etc... nous pénétrons dans la boulangerie où l'atmosphère, surtout près des fours, est d'une douce tiédeur ! ! ! La salle très grande, est bordée tout autour de sortes de larges établis de bois blanc sur lesquels, à un certain endroit, la pâte tombe toute faite, de l'étage supérieur. Pour le premier essai, on a préparé sur des tôles, des croissants. Au fond, une muraille de carreaux d'épaisse faïence blanche et brillante, sur laquelle viennent trancher les aciers des portes des quatre fours. Ces portes se lèvent moyen d'un contre-poids, et, éclairés par de puissantes lampes, apparaissent les fours énormes où des quantités considérables de pain pourront cuire à température égale, automatiquement réglée et dans le minimum de temps, avec le minimum de main-d'œuvre. 



Mais on apporte une tôle couverte de croissants et c'est M. le sous-préfet qui, le premier, a l'honneur de l'enfourner. Un jet de vapeur est préalablement envoyé dans le four qui donnera aux croissants leur belle teinte dorée. M Bilange se montre mitron fort habile et après lui M. Petit essaie ses talents, et c’est, tour à tour, à chacune des personnalités présentes de glisser sa fournée au bout de la longue perche. Sept minutes après, les premiers croissants réapparaissent, dorés, odorants, appétissants. On félicite M. Bilange de l'heureux résultat de sa fournée et l’on rompt le croissant de l'amitié, qui est on ne peut plus délectable. 



La foule, pendant ce temps, s'est sensiblement accrue, et comme les mitrons — les vrais — vont commencer l'enfournage des grands pains, il est bon de leur laisser le chemin libre. D'ailleurs, c'est l'heure des discours et là-haut, dans une future salle, toute parée de feuillages, sur l’estrade fleurie et ombragée de palmiers et bambous MM. Bilange, Petit, Cayrel, Augey, Bassagaitz et Sarraude vont prendre place. 



Le discours de M. Bilange.



M. Bilange, le premier, prend la parole, et présente tout d'abord les excuses de M. le Préfet, empêché d’assister à la cérémonie. Après avoir félicité Biarritz-Coopérative et les admirables organisateurs qui sont à sa tête, M. Bilange dit que les merveilleux résultats obtenus par Biarritz-Coopérative prouvent qu'il se faut se garder de se moquer des utopistes d'hier qui sont les réalisateurs d'aujourd'hui. Rappelant ses récentes impressions de mitron, il déclare plaisamment qu’il ne s'est jamais senti le bras aussi long, et, évoquant la belle couleur dorée des croissants, il croit voir les vastes plaines de France, couvertes de blé d'or, du blé d'hier qui sera le sang de demain. Il souhaite que les agriculteurs intensifient la production de notre blé de France, afin de donner à tous les Français le pain dont ils ont besoin. 



Le gouvernement a promis sa protection aux coopérations, car la coopération n'est que la mise en pratique du grand précepte : "Aidons-nous les uns, les autres !" 



M. Bilange fait des vœux pour que les coopératives de consommation soient le prolongement des coopératives de production en supprimant les intermédiaires. Ce sera le seul moyen véritablement efficace pour lutter contre la vie chère, et régler le cours des marchés, et, en terminant, M. Bilange souhaite que la production si nécessaire au relèvement de notre pays, puisse se réaliser dans la paix intérieure et dans la paix et dans la justice extérieures...



...Le discours de M. Camin 



M. Camin, secrétaire général de la Fédération National des Coopératives, prend à son tour la parole, et déclare qu'il n'a vu nulle part un effort aussi puissant, aussi considérable que celui qu'il a constaté à Biarritz. 



La coopération est la puissance économique qui transforme l’économie générale. Ce qu'il faut, c'est organiser la production pour les besoins de la consommation et supprimer la série des intermédiaires, les véritables fauteurs de la vie chère. Et M. Camin cite en exemple tel produit qui se vendait aux Halles Centrales plus de 1 200 francs et qui ne rapportait au producteur que 112 francs ! ! ! Sur l’initiative du sénateur Chanal, un projet de loi a été déposé, tendant à permettre l'entente entre la coopération agricole et la coopération de consommation ; mais le projet est pendant depuis deux ans ! 



Malgré les campagnes de calomnie, malgré les difficultés économiques, le mouvement de coopération prospère et l'Alliance de coopération internationale a obtenu d'être représentée à la coopération économique qui doit se tenir, après l'Assemblée générale de la S. D. N. La coopération apporte non seulement la satisfaction immédiate pour le prix et la qualité, mais encore elle fait naître chez tous ses membres l'espoir dans un idéal social chaque, jour plus élevé, espoir de solidarité et de paix, car la coopération assurera la paix économique du monde.  



Une allocution de M. Bassagaïtz



Enfin, M. Bassagaïtz, le sympathique et dévoué président de Biarritz-Coopérative, termine la série de discours. Il remercie toutes les personnalités présentes et, répondant à M. le Maire de Biarritz, il déclare que la coopération ne dresse pas d'armes contre les commerçants de Biarritz. "S'il y a 21 boulangers, nous serons le vingt-deuxième. Nous ne voulons faire de la Coopération qu'une arme de paix." 


M. Bassagaïts termine en remerciant tous ceux qui contribuèrent à l’édification et à l'installation du nouvel immeuble et qui y ont travaillé avec dévouement et ardeur."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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mercredi 3 mars 2021

LES FLEUVES EN PAYS BASQUE NORD EN 1873 (deuxième et dernière partie)

 

LES FLEUVES EN PAYS BASQUE NORD EN 1873.


La plupart des cours d'eau des Basses-Pyrénées, en 1873, appartiennent au bassin de l'Adour, à l'exception des petits fleuves côtiers du Pays Basque Nord.



fleuves adour garonne
ADOUR ET GARONNE



Voici ce que rapporta à ce sujet le Journal officiel de la République française, le 3 mars 1873 :



"Annexe n° 1573.



... La Nive a été, comme les précédentes rivières, déclarée mais non rendue navigable entre Cambo et l'Adour sur une longueur de 22 kilomètres.



Sa pente kilométrique est de 0m60, totale de 13m30, et rachetée par sept barrages d'usines accompagnées de pertuis dont la largeur varie de 4 à 7 mètres. Le mouillage passe de 0m30 à 3 mètres, et il n'existe de chemins de halage que sur une faible portion du parcours.



C'est assez dire que la navigation sur la Nive est lente, difficile et coûteuse.



Le mouvement paraît cependant s'élever d'après les relevés officiels à 16 700 tonnes pour le parcours entier, soit au total de 367 400 unités de transport.



En somme, les 388 kilomètres de voies navigables qui existent dans le bassin de l'Adour n'ont guère coûté à l'Etat que deux millions et demi, mais le mouvement qu'elles desservent ne dépasse pas 5 900 000 unités, ce qui, réparti sur l'ensemble du réseau, donne un trafic moyen de 15 000 tonnes.



Les résultats obtenus sont en parfait rapport avec les dépenses faites. On a peu semé, on a peu récolté et encore en rapprochant les résultats obtenus des sacrifices faits, on reconnaît que chaque unité coûte annuellement au Trésor deux centimes environ par tonne et par kilomètre.



Ces résultats seraient peu encourageants s'ils ne tenaient à des circonstances locales qui les expliquent.



Les voies navigables du bassin de l'Adour ont peu d'étendue, ne desservent que le bas de la vallée, et n'ont pour but que de faciliter les relations avec le port de Bayonne. Les régions qu'elles traversent ne renferment ni grandes industries, ni grandes exploitations minières et ne sauraient fournir un trafic abondant.



Ce n'est pas à dire, pour autant, qu'il n'y ait rien à faire dans le bassin de l'Adour. Mais avant de donner aucune indication à ce sujet, il importe de s'en rendre un compte exact de la situation du pays et de ses besoins.



Les divers cours d'eau ou gaves qui descendent de la chaîne des Pyrénées ont naturellement à leur origine une pente excessive qui s'amoindrit à mesure que leur parcours s'allonge, mais qui, en général, reste très forte jusqu'à quelques kilomètres des embouchures. Le volume des eaux débitées est considérable.



Dans ces conditions, les affluents de l'Adour ne peuvent guère être canalisés que sur une petite longueur et l'Adour lui-même au delà de Mugron présenterait des difficultés notables.


landes autrefois adour
RIVES DE L'ADOUR A MUGRON
LANDES D'ANTAN

Mais si ces rivières n'offrent que dans leur partie basse et sur une petite étendue des facilités à la navigation, dans leur partie haute, par le fait de leur pente et le volume de leurs eaux, elles recèlent de précieuses ressources dont l'agriculture et l'industrie peuvent tirer parti.



Le charbon minéral auquel depuis 25 ans, on a emprunté la plus grande partie de nos forces motrices, devient rare et cher. Il convient donc dès à présent et dans la mesure du possible de substituer les moteurs hydrauliques aux machines à vapeur ; nulle part on ne saurait trouver une plus grande abondance de chutes que dans ce beau bassin de l'Adour. Si on régularise le débit des gaves par quelques réservoirs placés dans les parties hautes des vallées, on créera des forces hydrauliques suffisantes pour les industries les plus puissantes.



Les eaux dont on disposera peuvent également être distribuées sur le sol par les canaux d'arrosage, et y répandre au loin la fertilité. Elles sont précieuses pour l'agriculture et pour l'industrie et ce serait en faire un emploi peu judicieux que de les consacrer uniquement à. un service de transport. Il faut bien se garder de substituer, par un engouement irréfléchi, des rivières navigables à ces gaves précieux qui peuvent travailler dans nos manufactures et fertiliser nés champs. Il est donc manifeste qu'il n'y a pas lieu de poursuivre un grand développement de voies navigables dans le bassin de l'Adour



Il est manifeste également que ce n'est pas dans la direction du Sud et de l'Est, que l'on peut rechercher aucun établissement utile de voies navigables. Le relief du sol, les nombreux cours d'eaux qui le sillonnent ne le permettraient pas. C'est dans la direction du Nord et du Nord-Est seulement que ces voies peuvent être utilement placées.



Ces points établis, voyons ce qu'il convient de faire.



Il ne saurait y avoir de doute sur l'utilité de l'amélioration de l'Adour jusqu'au Hourquet. Comme il a été dit précédemment, il suffit d'y consacrer une somme de 1 500 000 fr. pour obtenir des résultats pleinement satisfaisants.



La Midouze, moyennant 500 000 fr., peut être rendue parfaitement navigable jusqu'à Mont-de-Marsan.

landes autrefois midouze
CONCOURS DE PÊCHE SUR LA MIDOUZE A MONT DE MARSAN
LANDES D'ANTAN



Pareille somme consacrée aux six affluents de la rive gauche permettrait également de les approprier à une utile navigation.



On obtiendrait ainsi à peu de frais 356 kilomètres de bonnes voies navigables sur lesquels le trafic pourrait se faire avec des bateaux de 200 tonnes et aux prix habituels de 0,02 par tonne kilométrique.



Il est évident, d'après les chiffres précédemment cités, que sans même supposer aucun accroissement du trafic actuel, cette dépense serait productive pour le pays. Il paraît donc convenable de la faire figurer au premier rang des dépenses utiles...."


(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)





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dimanche 28 février 2021

LES FOIRES DU PAYS BASQUE NORD AUTREFOIS

LES FOIRES BASQUES AUTREFOIS.


Certaines foires existent en Pays Basque Nord depuis plusieurs centaines d'années.



pays basque autrefois foire marché
PAYSANNE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque, le 5 mai 

1926, sous la plume de Henri Courteault :



"Les Foires du Pays Basque.



Une communication de M. Henri Courteault, Professeur au Lycée de Bayonne, à la Société des Sciences, Lettres et Arts.  Trois documents.



J.-A. Brutails, l’éminent archiviste du département de la Gironde, dont la récente disparition a si douloureusement affecté le monde des archéologues français et étrangers, avait publié en 1925 un nouveau volume de l’Inventaire sommaire de son riche dépôt. Ce volume contient un ensemble de documents de la Série B (archives judiciaires), qui sont les registres d’enregistrement du Parlement de Guienne. Ayant eu l’occasion de dépouiller cet Inventaire, j’ai pu constater qu'une notable partie des pièces qui y sont mentionnées et analysées, intéressent Bayonne et sa région, Saint-Jean-de-Luz, Ciboure, Urrugne, le Labourd en général, la Soule également. On y trouve des nominations de magistrats, des confirmations de privilèges, des exemptions de droits, etc... De ce fonds inédit et demeuré jusqu’à ce jour inaccessible, j’ai extrait ces trois documents dont on va lire le texte. 


pays basque autrefois foire marché
UNE FOIRE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Lettres patentes portant établissement de foire et marché en la paroisse d’Espelette. 



"Louis par la grâce de Dieu Roy de France et de Navarre, à tous présents et à venir salut. 



Nos chers et bien aimés les habitants de la paroisse et baronnie d’Espelette au païs de Labourt nous ont très humblement fait représenter que la baronnie de lad. paroisse leur appartient et qu’en qualité de barons ils ont droit de justice, haute, moyenne, basse. Que, lad. paroisse composée d’environ 500 feux est seituée à l’extrémité du royaume au pied des monts Pyrénnées et limitrophe d’Espagne. Que le terrain en est stérille et ne produit pas de quoy fournir à la nourriture et l'entretien des habitants quy ont peine à subsister d'ailleurs ou peu de proffit et de négoce qu'ils font de leurs bestiaux avec leurs voisins et que leur communauté se trouvera par conséquent hors d’état d’acquiter les rentes et les impositions dont elle est chargée, à moins que le commerce ne soit rendu plus utille et plus avantageux au moyen de l’établissement quy peut se faire aux lieu d’Espelette d’une foire de huit jours par année et d’un marché de quinzaine en quinzaine, sur quoy les exposants nous ont très humblement fait supplier de leur accorder nos lettres nécessaires. 


A ces causes, de l’avis de notre très cher et très aimé oncle le Duc d’Orléans petit fils de France, Régent de notre royaume, voulant favorablement traitter les d. habittans de la paroisse et baronnie d’Espellette et leur procurer l’avantage et l’utillité qu’ils espèrent retirer de l’établissement des foire et marché, nous avons de notre grâce spécialle, pleine puissance et auttoritté royalle permis et accordé, permetons et accordons que par présentes signées de notre main aux d. habittans d’Espellette de faire tenir en lad. paroisse au lieu le plus comode une foire de 8 jours à commancer le 15 juin de chaque année et un marché de 15 en 15 jours les 2 et le 4 mercredy de chaque mois, lesquelles foires et marché nous avons de mêmes grand pouvoir et authoritté que dessus crééfs, établifs et authorisés et par les d. présentes créons, établissons et authorisons aud. lieu d’Espellette pour en jouir par lesd. exposants et leurs successeurs aux mêmes droits, avantages et prérogatives et par les marchands et habittans dud. lieu et des endroits circonvoisins, marchants forins et tout autres des mêmes franchises, exemptions, privilèges et libertés dont jouissent les marchands et habitans ez autres lieux d’établissement des foires et marchés ; voulons et nous plaît que les d. exposants et leurs successeurs fassent battir et construire les halles, estaux, boutiques et échopes nécessaires, s’il ne sont déjà construits, qu’ils perçoivent et fassent percevoir les droits quy seront deus suivant les uzages et coutumes et que tous marchands puissent aller, venir, séjourner, vendre, débitter, troquer et changer toutes sortes de marchandises licittes et permises, ainsi qu'il est accoutumé, pourvu toutes fois qu’à quatre lieues à la ronde lad. par. d’Espelette il n’y ayt aud. jour, autres foires et marchés auxquels ces présentes puissent préjudicier et que les d. foires et marchés n’échoient aux jours de dimanche et de fettes solennelles, auquel cas ils seront remis au lendemain et sans qu'on puisse prétendre aucune exemption ou franchise de nos droits. Sy donnons en mandemt. à nos amis et féaux conseillers les gens tent. notre cour de parlement à Bord., au sénéchal de Bayonne ou son lieutenant et à tous autres nos officiers et justiciers qu’il appar(tiendra) que les présentes ils ayent à faire registré lire et publier partout où bezoin sera et du contenir en icelles jouir et uzer les d. exposants et leurs successeurs, ensemble les marchands et habittants dud. lieu d’Espellette et des lieux circonvoisins, marchands forins et tous autres quy yront et viendront aux d. foires et marchés, pleinement et paisiblement et perpétuellement, cessant et faisant cesser tous troubles et empêchemens contraires, car tel est notre bon plaisir. Et affin que ce soit choze ferme et stable à toujours, nous avons fait metre notre scel à cess. présentes. 


Donné à Paris, au mois d’octobre, l’an de grâce mil sept cent vingt un et de notre règne le septième. 

Signé Louis et sur le reply : pour le Roy, le Duc d’Orléans, Régent, présent. Phelypeaux. visa : d’Aguesseau et scellé du grand sceau de cire verte. " 

(Arch. dép. Gironde, I B 42, f° 122, v° et 123). 


pays basque autrefois foire marché
FOIRE ALDUDES
PAYS BASQUE D'ANTAN


Lettes patentes sur arrêt portant permission d’établir foires et marchés au bourg d’Itxassou, païs de Labourt. 


pays basque autrefois lettres patentes
LETTRES PATENTES DU ROI 1790


"Louis par la grâce de Dieu roi de France et de Navarre à nos aînés et féaux, conseillers, les gens tenant notre cour de Parlement à Bordeaux et autres officiers et justiciers qu'il appartiendra, salut. 



Nos bien aimés les jurats, habitants et communautés d’Itxassous, païs de Labourt, généralité de Béarn, nous ont fait exposer que ce lieu est situé dans un païs fertile, sur le bord de la rivière de Nive, et à portée de plusieurs paroisses abondantes en toutes espèces de denrées et objets de commerce lesquels ne peuvent être transportés aux foires, des lieux voisins à cause de la difficulté des chemins, ce qui rend très nécessaire un marché et des foires aud. lieu d’Itxassou, pourquoi les exposants par leur délibération du 27 aoust 1769 avaient décidés que nous serions très humblement supplié de leur en permettre l’établissement et ils requereraient qu’il nous plut d’établir aud. d’Itxassou un marché qui se tiendrait de quinze en quinze jours le mardy de semaine différente de celui qui se tient à Hasparren et deux foires d'un jour chacune tous les ans, dont l'une le 15 may et l’autre le 21 aoust. 



pays basque autrefois foire marché
FOIRE AUX BESTIAUX ST PALAIS
PAYS BASQUE D'ANTAN


A quoi aiant égard nous aurions par arrêt de notre conseil du 14 janvier dernier, statué sur le contenu en l’exposé ci-dessus pour l’exécution duquel nous aurions ordonné que nos lettres patentes nécessaires seroient expédiées. 


A ces causes voulant favorablement traiter les exposants de l'avis de notre conseil qui a vu led. arrêt du 14 janvier dernier, ci-attaché sous le contre-scel de notre chancellerie, nous avons de notre grâce spéciale, pleine puissance et autorité royale, permis et par ces présentes signées de notre main permettons aud. jurats, habitans et communauté du bourg d'Itxassou d'établir dans le d. bourg un marché qui se tiendra de quinze jours en quinze jours le mardy à semaine différente de celui qui se tient aussi le mardi à Hasparren, et deux foires qui dureront un jour chacune, l'une desquelles se tiendra le quinze mai et l’autre le vingt août de chaque année, autorisons en conséquence tous marchands et autre particuliers à aller et venir dans les d. marchés et foires pour y porter et conduire, vendre ou achetter troquer et débiter toutes sortes de bestiaux, denrées et marchandises permises et non prohibées, à condition, qu'au cas que les d. foires et marchés arrivant un jour de dimanche ou de fête solennelle elles seront remises au lendemain, à condition aussi qu'il n’y ait aud. jours aucune foires et marchés à quatre lieues à la ronde. Si vous mandons que ces présentes vous fassiés regitrer et de leur contenu jouir et user les d. jurats, habitans et communauté ou bourg d'Itxassou pleinement et paisiblement et cessant et faisant cesser tous troubles et empêchements contraires, car tel est notre plaisir. 


Donné à Versailles, le huitième jour de juillet, l’an de grâce 1772, et de notre règne le LVIIe, signé Louis et plus bas : par le Roy. Bertin, scellées du grand sceau de France sur cire verte." 

(Arch. dép. Gironde, I B. 53, f° 64, v. et 65 r.) 



Extraits de lettres patentes de Louis XIV (Paris, février 1656) confirment les privilèges de la paroisse de Hasparren. 


pays basque autrefois foire marché
FOIRE HASPARREN
PAYS BASQUE D'ANTAN


"Nous avons... ordonné et establis en la paroisse une foire de quinze en quinze jours pour y estre aporté, vendu, débitté et troqué et eschangé toute sorte de marchandises, à condition qu’il n’y ait pas d’autre marché à 4 lieues à la ronde de ladite paroisse de Hasparren ; dans ce cas le marché "sera remis au lendemain". Les habitants lèveront un droit de "huit sols pour chasque barrique de vin et vingt sols pour chasque charge de celluy de Navarre et d’Espagne quy se consommera en lad. paroisse pour estre les deniers en provenant employés au parachèvement et entretenement de leur esglize, achapt de croix, cloches et ornements nécessaires pour son embellissement."

(Arch. dép. Gironde, I B. 27, f. 158 r., et 157 v.) 



Ces trois documents présentent un intérêt particulier, du point de vue de l'histoire régionale, puisqu'ils nous renseignent sur la situation économique de bourgs du Pays Basque auxquels ils se réfèrent ; mais ils en offrent un également d'un point de vue plus général. Ils viennent, en effet, grossir la collection de ceux que l'on possède sur l’histoire économique de la France au 18e siècle. La création de foires et de marchés dans toute l'étendue du royaume est un des traits de cette histoire ; elle apparaît comme un des articles du programme des intendants de la fin de l’Ancien Régime. C'est donc à un double titre que ces documents m’ont paru mériter d’être publiés."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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