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mardi 18 juillet 2023

COURSES DE LÉVRIERS AU PAVILLON ROYAL À BIDART EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN SEPTEMBRE 1925

COURSES DE LÉVRIERS À BIDART EN 1925.


En France, la première course de lévriers est organisée par Eugène Chapus à Bagatelle le 28 novembre 1879. Le premier coursing club a été fondé en 1890 à Boulogne-Billancourt.



courses levrier pays basque autrefois pavillon royal
PAVILLON ROYAL BIDART
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta la presse locale La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, dans 

plusieurs éditions :



  • Le 10 septembre 1925 :

"Au Pavillon Royal.

Les Courses Internationales.

La première journée - Du beau sport dans un cadre splendide.


courses levrier pays basque autrefois pavillon royal
AFFICHE LE PAVILLON ROYAL BIDART
PAYS BASQUE D'ANTAN


Hier à 15 heures 30, le Pavillon Royal nous a donné la primeur des courses de lévriers. Ces courses sont à peu près inconnues en France et de ce fait il n’y a pas beaucoup d’adeptes, mais aussitôt que les turfistes auront assisté à une de ces réunions et nous les y engageons, le Pavillon Royal deviendra à son tour un petit Longchamp où se rencontreront les personnalités de notre région. 



La réunion d’hier fut des plus attrayantes, au point de vue sport et au point de vue mondain.



Assistance très selecte, parmi les personnes présentes, nous avons remarqué : le Duc de Baylene, Mme Lea Colaço Osorio, présidente du Lévrier Club de France, Mme Lucien Lelong, M. et Mme Pierre Lafitte, Mme Darricau de Bidorrède, Mme Robert, Mme Besson, etc... 


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BLASON CLUB FRANCAIS DU LEVRIER


C’est magnifique de voir les "pursang" de la race canine, que l’on peut à peine tenir au départ et qui, dès le signal, s’élancent comme des lions, vers le poteau d’arrivée, luttant, se dépassant, choisissant leur place pendant le parcours et à l’arrivée, s’accrochant, comme si des jockeys avaient levé la cravache depuis 200 mètres. 



Peut-être le parcours aurait pu être mieux disposé. Le public est obligé s’il veut voir le départ et l’arrivée de se déplacer. Le Pavillon Royal qui nous a habitué à de si jolies choses, n’hésitera pas à satisfaire un vœu que nous avons entendu exprimer par l’élégante clientèle férue de joli sport afin de lui permettre d’assister commodément à toutes les phases de la course. 



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COURSES DE LEVRIERS
59 LILLE



Voici les résultats de la journée d’hier : 


Prix de Diane. — 1. Louqsor, à M. le Duc de Baylene ; 2. Wery Well ; 3. Lotus Lily. 1/2 longueur, 1 encolure. 


Prix d’Ilbarritz. — 1. Nill d’Uccle, à M. Jonchère ; 2. Peter Pan ; 3. Négresse. 1 longueur, 2 longueurs. 


Grand Prix du Pavillon Royal. — 1. Oxford, à Mme Pitavy ; 2. Niepce ; 3. Gamin. Tête, 1 encolure. 


Prix des Pyrénées. — 1. Nill d’Uccle, à M. Jonchère ; 2. Fleur de Portugal ; 3. Jolly. 2 longueurs, 1 longueur. 


Prix de Sachino. — 1. Gamin, à M. Jonchère ; 2. Niepce ; 3. d’Oxford. 3 longueurs, loin. 



Vendredi 11, grande réunion à 15 heures 30. 

Nos pronostics, rapports éventuels : 

1re Course : Wery Well, égalité Louqsor 3/1. 

2e Course : Nill d’Uccle 2/1, Fleur de Portugal 5/1. 

3e Course : Gamin 5/2, Niepce 6/1. 

4e Course : Golden Hope 8/1, Négresse 3/1. 

5e Course : Oxford égalité, Gamin 2/1."



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COURSES DE LEVRIERS
EXCELSIOR 6 AVRIL 1925



  • Le 12 septembre 1925 :

"Les courses de lévriers au Pavillon Royal.


La deuxième journée de Course de Lévriers au Pavillon Royal, s'est déroulée sous un beau soleil. Une assistance mondaine et sportive s’était donnée rendez-vous dans cet hippodrome miniature. Plus favorisé que les hippodromes parisiens où il fait très froid paraît-il, nos élégantes étaient couvertes de toilettes blanches et les notes claires qu'elles jetaient augmentaient le coup d'œil de cet endroit délicieux. 



Malheureusement, les opérations du pari mutuel ne fonctionnèrent pas, au grand désappointement de nombreuses personnes venues pour voir leur favori et ne purent ainsi miser sur leur chance ; mais lundi 14 septembre tout sera prêt pour donner satisfaction aux nombreux parieurs qui viendrait sans nul doute en foule sur cet hippodrome merveilleux. 



Reconnus au pesage : M. le Duc de Tamamès, M. Sydney Platt, Mme Colaço Osorio, Comte Podrecca Vladislowich Napoléone, M. Gérard de Charodon, Général Mordon, Duc de Beylen, Miss Kopp, Mme Raulet, Mme De Laforge, M. Escudier, M. Jonchère, M. Pitavy et sa famille, etc... 


courses levrier pays basque autrefois pavillon royal
COURSES DE LEVRIERS
95 ENGHIEN



Les courses


Les courses dans leur ensemble furent très disputées, puisque l’écart à l'arrivée entre les concurrents fut souvent très minime, une courte tête, une tête séparait les trois premiers, c’est tout dire. 



Dans le grand prix de la journée, le Prix King of Grammont, une surprise nous attendait, un outsider Transvaal n'ayant pas encore paru en public se classa troisième à une demi-longueur du deuxième que séparait seulement une courte tête du premier. Le prix du début nous fit assister à une jolie course très disputée, et l’on vit non sans plaisir les couleurs mi-rouge, mi-jaune, portées par Wery Well, à Mme Colaço Osorio, passées en tête le poteau d’arrivée. Ce jeune chien ne restera pas certes sur ce premier succès. 



Les arrivées.


Prix du début. — 1. Wcry Well, à Mme Colaço Osorio ; 2. Lotus Lily ; 3. Guthie ; 1/2 long., 1/2 long. 

Prix des Chasseurs. — 1. Nill d’Uccle, à M. Jonchère ; 2. Golden Hope ; 3. Jolly ; 1 long. 1/2 ; courte tête. 

Prix King of Grammont. — 1. Niepce, à M. Escudier ; 2. Maboul ; 3. Transvaal ; courte tête, 1/2 long. 

Prix Semendria. — 1. Peter Pan, à M. Nelyssin ; 2. Jolly ; 3. Clampin ; 3 long., 1/2 long. 

Prix de Sancy. — 1. Gamin, à M. Jonchère ; 2. Oxford ; 3. Niepce ; tête, tête. 


courses levrier pays basque autrefois pavillon royal
COURSES DE LEVRIER 
EXCELSIOR 14 AVRIL 1925



Au dernier moment nous apprenons qu’un match très intéressant vient d'être conclu avec enjeu de 5 000 francs pour lundi prochain. 



Oxford, à M. Pitavy, le vainqueur du Grand Prix du Pavillon Royal, sera opposé à Laura, à Mme De Laforge. Ces deux chiens ne s’étant jamais rencontrés, mais tous deux étant en pleine forme, ce sera un spectacle rare mais de toute beauté pour ceux qui auront le plaisir de se trouver lundi au Pavillon Royal."






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dimanche 9 avril 2023

LES ANIMAUX AU PAYS BASQUE EN 1898 (troisième partie)

LES "HÔTES DE LA MAISON BASQUE" EN 1898.


Au début du 20ème siècle, les animaux domestiques occupent une grande place, dans le monde rural, et en particulier au Pays Basque.




pays basque autrefois déménagement vaches
DEMENAGEMENT AVEC ATTELAGE DE VACHES
PAYS BASQUE D'ANTAN





Voici ce que rapporta à ce sujet la revue bimensuelle La Femme, le 1er mai 1898, sous la plume 

de Mme d'Abbadie d'Arrast :


"Les "hôtes de la Maison Basque" (suite).



... Le grand luxe du pays basque consiste à recouvrir le joug d'une peau de chien bien fournie de poils reluisants et égaux. Lorsque c'est une peau noire, l'effet est des plus jolis et fait un agréable contraste avec les grands draps très blancs dont on a l'habitude de recouvrir les vaches, tandis que l'on met sur les mulles des filets garnis de pompons de couleur. Les filets garantissent des mouches qui sont particulièrement mauvaises et tenaces dans le pays. On nomme "Maréac" les beaux draps blancs de l'attelage, et on les conserve clans les maisons paysannes avec le même soin que le drap destiné à servir de linceul.



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ATTELAGE 
PAYS BASQUE D'ANTAN



Les vaches sont confiées aux soins des hommes, et nous avons déjà eu l'occasion d'observer l'usage très curieux de faire traire les vaches par les valets de la ferme. Presque partout ailleurs, écrit M. Wentworth Webster dans une note érudite que nous devons à son obligeance, "c'est la femme qui est chargée de la traite. On dit même que dans le sanscrit le nom le plus ancien pour la fille de la maison (daughter) est "celle qui trait les vaches" (the milker). C'est une des preuves que les Basques ne sont pas de la grande race aryenne ou indo-européenne."



On désigne les vaches du nom de la maison dans laquelle elles sont nées ou ont été achetées. On se sert également de quelque particularité physique comme de longues cornes, un pelage plus clair, plus foncé, etc. On affirme l'individualité de la vache en lui accordant l'honneur de porter un nom. C'est une exception que l'on fait en sa faveur, car, parmi les animaux domestiques, même le chien, cette bête que sa supériorité intellectuelle met à part, aucun autre ne reçoit un nom qui soit à lui personnellement.



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VACHES A BIDART
PAYS BASQUE D'ANTAN



D'une ferme à l'autre, d'un bout de la montagne à l'autre, tous les chiens sont connus sous une même appellation : "Navarro" ou "Navarra", qui signifie "de couleur mélangée". Le Basque s'étonne lorsqu'on lui demande comment s'appelle son chien. En signe d'amitié il lui dit: "Potcho", ou "Ttêté". Ces petits termes d'amitié ne constituent nullement des noms propres. Tous les favoris y ont les mêmes droits. Le mot chien se dit en basque Chakura.


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CHIEN SUR BATEAU PORT SAINT-JEAN-DE-LUZ
PAYS BASQUE D'ANTAN


Le chien basque est d'humeur indépendante : c'est un original qui adopte des habitudes et prend des idées particulières; dont on s'occupe fort peu et que la nature a doué supérieurement. Il est consciencieux, il a le sentiment de sa responsabilité et n'est batailleur que lorsque son devoir l'appelle à combattre. A l'heure du combat, il devient redoutable, car sa force est peu commune. De grande taille, il a une tête de lion, des oreilles pointues bien dressées, le cou puissant, la mâchoire terrible. Il suffit que le chien d'une ferme ait la renommée d'être bon gardien pour tenir les malfaiteurs et les indiscrets à distance : personne n'ose s'aventurer là où il veille. Son poil épais, imperméable aux intempéries, le garantit du froid ; il est blanc, souvent marqué de taches noires ; ses pattes sont grosses avec des ongles supplémentaires auxquels la superstition attribue la vertu de le préserver de la rage. Il mesure environ un mètre de haut et peut avoir jusqu'à un mètre cinquante de long, du bout du museau à l'extrémité de la queue. C'est un bel animal qui a de la valeur. Eté comme hiver, il vit dehors et ne doit pas s'absenter de la ferme, ni descendre au village, ni rentrer dans la maison. Il faut qu'il garde le bien, car la famille est souvent absente, appelée au loin par les travaux agricoles pour toute la journée. Mais on peut être tranquille, il n'est pas nécessaire de fermer les portes, Navarro sait quelle responsabilité pèse sur lui. Comme la journée est longue et la solitude complète, il s'installe devant la maison, sur une meule de fougère, et feint de dormir, ce qui l'aide à passer le temps. En réalité, il ne cesse pas un moment d'être aux aguets et, à la moindre alerte, d'un bond, il quitte son observatoire et se porte à la rencontre de l'intrus, homme ou bête. Ses aboiements remplissent les airs et font retentir les échos, car sa voix est forte et grave ; l'intrus bat prudemment en retraite, c'est le seul parti à prendre. Lorsque les maîtres sont rentrés, le chien attend avec patience qu'on lui apporte son repas, composé de farine de maïs pétrie dans de l'eau, pitance ordinaire excellente pour surmonter la "maladie des chiens".


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HUMOUR : CHIEN AVEC SES MAITRES A BIARRITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN



Aussi longtemps que sa conscience le guide dans le sentier du devoir, tout va bien pour lui, on ne le caresse pas, mais on ne le bat pas, ce qui est une compensation. Malheur à lui, par contre, le jour où une passion coupable le sollicite à mal faire. Il n'y aura pas de merci pour lui. Cette passion néfaste l'emmène dans la montagne où il sait qu'un troupeau de moutons a établi son quartier-général. Il étrangle les brebis, suce leur sang et dévore les parties de chair pantelante dont il est le plus friand. Il met une ruse infernale à quitter la maison lorsqu'il pense que son absence passera inaperçue. Après avoir accompli son forfait, il revient, comme si de rien n'était, faire le bon apôtre aux pieds de ses maîtres. On ne peut le soupçonner d'un crime : le scélérat prend un air si soumis, si innocent ! O l'hypocrite ! Et le berger, de son côté, n'a rien vu, car la méchante bête a profité d'une heure où il visitait ses autres pâturages, et ce n'est qu'à son retour qu'il voit son troupeau en désordre et trouve des cadavres à moitié rongés ; il est au désespoir, il cherche le coupable, il le guette et le guette vainement ; pendant qu'il guette, le chien, pour dépister les soupçons, s'en est allé ravager d'autres troupeaux à de grandes distances, qu'il a parcourues en un clin d'oeil. Mais, à la fin, quelque indice met sur les traces du criminel ; le maître est rendu responsable et doit payer les dégâts : mauvais quart d'heure pour le pauvre paysan, qui perd à la fois et son argent et son chien. Un chien vicieux est incorrigible et il faut le tuer immédiatement.



Les chiens se corrompent mutuellement : dans la ferme de Irissaria il y avait un fort beau chien doux, sage, bon gardien, que ses maîtres aimaient et qu'ils traitaient amicalement. Un jour arrivèrent deux grands chiens qui l'accostèrent, lui parlèrent en leur langage, lui firent flairer et lécher leurs babines et lui persuadèrent de s'en aller avec eux. Quelques heures après, le chien était de retour ; mais les visites des deux amis se renouvelèrent et les absences du gardien se multiplièrent. Des allures si mystérieuses inquiétèrent le maître, qui ne tarda pas à acquérir la certitude que son chien exerçait d'affreux carnages dans les troupeaux en compagnie de ses pervers camarades. Sa mort fut décrétée. Après l'exécution, on enfouit son cadavre dans la terre. Or, dès le lendemain, les assassins venaient relancer leur complice, le cherchaient partout et se mirent à gratter la fosse jusqu'à ce qu'ils eussent mis à découvert les restes de celui dont ils avaient occasionné la condamnation et la mort. Grande leçon ! Que de gens acceptent sans discernement les camaraderies ! Que ceux-là veuillent bien méditer sur le sort du chien de Irissaria et apprennent qu'à tout âge, car il en va de même chez les hommes, on se perd par la mauvaise compagnie.


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CHIENS ELEVAGE LA MORINIERE ANGLET
PAYS BASQUE D'ANTAN



Quoique le chien soit sans aucun doute un vieil hôte du Basque, rien ne fait supposer qu'il soit arrivé avec lui des régions primitives. C'est à une époque relativement récente que nous le voyons mentionner comme un ami accoutumé et inséparable dans un chant, que les critiques littéraires ne font remonter qu'au XVe siècle, que bien des basquisants rejettent même comme complètement apocryphe, le chant d'Altobiscar. Ce chant célèbre la déroute de Roncevaux, lorsque l'armée de Carloman, après la mort du paladin Roland, prend la fuite et s'engage dans les défilés d'Altobiscar où elle succombe, écrasée par les rochers que les Basques lancent du haut de la montagne. "Un cri s'est élevé du milieu des montagnes des Basques, dit le chant d'Altobiscar ; et l'Etcheco Jauna (le maître de maison) debout devant sa porte a ouvert l'oreille et il a dit : Qui est là ? que me veut-on ? Et le chien qui dormait aux pieds de son maître s'est levé et a rempli les environs d'Altobiscar de ses aboiements."


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ROLAND A RONCEVAUX
PAYS BASQUE D'ANTAN



La même race du chien de garde sert de chien de berger. Les vallées espagnoles dans la haute montagne ont conservé la race la plus pure et la plus belle. Dans les vallées basques françaises l'espèce s'est malheureusement abâtardie. Un beau chien vaut de cinquante à soixante francs.



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GUIDE DE MONTAGNE ET SON CHIEN 
PYRENEES D'ANTAN



On enterre le chien, nous venons de le dire. Le chat n'a pas le privilège de la sépulture honorable : on se garde de tuer le chat à la maison, parce que cela porterait malheur, on l'emporte à la rivière et on le noye. Le chat en pays basque n'est pas une bête intéressante, on ne l'aime pas, il est livré à lui-même, au point de devenir tout à fait sauvage ; on le garde comme un mal nécessaire à cause des rats et des souris. Son éducation négligée l'a rendu aussi voleur que sournois. Il a noté les heures où les ménagères du voisinage sont occupées, il pénètre furtivement dans les cuisines, se régale des provisions de l'armoire et du lait de la jatte. On ne saurait croire l'habileté qu'il déploie pour éviter d'être vu et s'échapper à point. On faisait autrefois du chat la victime de jeux cruels, on l'enfilait au bout d'une fourche et on le faisait brûler vif dans les charivaris que l'on organisait pour se moquer des gens qui se remarient. On accompagnait les hurlements de la malheureuse bête par le bruit de ferrailles, par les sons discordants de cruches de terre qu'on appelle elseorua. Ou obtient ces sons en remplaçant le fond de la cruche par une peau de tambour. Une corde passe à travers la peau et sort par le haut de la cruche. En imprimant un mouvement de va-et-vient à la corde, on imite le mugissement des boeufs. Le chat jouit d'une mauvaise réputation, on le croit plus où moins en relation avec les sorcières. Ces actes révoltants d'une horrible cruauté sont les vestiges de croyances absurdes. Au XVIIe siècle, avaient lieu dans le pays basque de nombreux procès en sorcellerie ; on affirmait sous serment avoir vu les chats courir au sabbat et le chat est resté la bête suspecte qu'on a le droit de martyriser. 




pays basque autrefois sorcières sabbat diable
SABBAT
PAYS BASQUE D'ANTAN



Rappelons-nous combien nous sommes heureux d'être affranchis de ces dégradantes superstitions. Le chat est digne de notre affection, comme le chien ; le faire souffrir est abominable et révoltant. "Celui qui te donna un corps mortel n'a pas créé le mystère de la vie pour en faire le jouet des hommes sans pitié", s'écriait le poète Southen, parlant de la mort de son épagneul favori, compagnon de son enfance. Accordons une place également honorable au foyer à ces deux véritables amis, le chat et le chien, qu'une bonne éducation peut développer et civiliser au point de les élever jusqu'à nous. Sous beaucoup de rapports, de quoi ne sont-ils pas capables en fait de bonté, de discernement et d'intelligence ? Parfois on découvre chez eux des merveilles, pour peu que l'on cherche à comprendre et à se rendre compte des motifs de leurs actes. 



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PIERRE LOTI ET SON CHAT
PAYS BASQUE D'ANTAN



Il y a un autre animal aussi merveilleux pour son discernement que le chat et le chien, c'est le porc, auquel personne ne songe à rendre hommage parce qu'on ne le connaît pas. Avec plus d'attention, plus de justice à son égard, on découvrirait peut-être que pour la sage conduite de ses affaires il ne le cède en rien aux autres bêtes de la ferme dont nous avons parlé jusqu'à présent. Qui sait s'il ne leur dame pas le pion à tous ! Il fallait parler à Betsy, belle truie de la race du yorkshire, en anglais, puisqu'elle avait entendu exclusivement cette langue pendant toute son enfance ; elle comprenait à merveille, elle était affectueuse et reconnaissante, venait en courant dès qu'elle entendait prononcer son nom, caressante, joyeuse d'être appelée, elle connaissait son maître et le suivait aussi fidèle qu'un chien. Pauvre Betsy ! L'éducation qu'elle avait reçue en avait fait une personne policée chez qui il ne restait presque plus trace de la grossière indifférence qui inspire pour ses vulgaires congénères un mépris général.



angleterre autrefois yorkshire cochon
COCHON DU YORKSHIRE ANGLETERRE



Nous parlons des hôtes de la maison basque. Passer sous silence par une sorte de respect humain mal compris l'animal qui tient une si grande place, serait un crime de lèse-couleur locale ! Et il faut le dire sans vergogne, le porc c'est le roi du pays basque et le roi par droit de conquête.



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RETOUR DU MARCHE AVEC COCHON



Récemment importé d'outre-Manche, il a conservé les allures insolentes des touristes de l'agence Cook. Tout rose et appétissant sous son épidémie fraîche, il se passe toutes ses fantaisies, on les lui pardonne pourvu qu'il engraisse. Il transforme les rues en un cloaque, il y est chez lui, personne ne songerait à porter plainte contre ses écarts de conduite ; il flâne en grognant de la porte du maire à celle du percepteur ; il nargue la maréchaussée, le milieu de la rue lui est bon pour dormir, les voitures se détournent plutôt que de l'obliger à se lever, tant il est l'objet d'une bienveillance universelle. Lorsqu'il prolonge ses promenades sur les routes, les bons gendarmes veillent. Il est arrivé à maître porc d'être emmené par des mécréants, toute une aventure de brigands espagnols : les gendarmes se mobilisent à sa recherche, ils le rattrapent sur la frontière et le rendent à son maître, tandis que les voleurs sont châtiés de plusieurs mois de prison et payent de fortes amendes. Lorsqu'aucune méchante aventure ne lui arrive, notre ami est très ponctuel ; le soir, à l'heure dite, il regagne ses pénates où une soupe succulente lui est préparée et servie.



Son auge est quelquefois placée dans le corridor de la maison, dont les pauvres paysans souffrent qu'il fasse une porcherie ; après la soupe vient le dessert qu'il va chercher à la cuisine. D'un coup de son groin il ouvre la porte et dispute aux enfants le pain qu'ils ont dans la main. Il y a quelquefois trois et quatre porcs dans la cuisine. Il se fourre partout, il sait où est serré le grain, il soulève le couvercle du coffre à maïs. On lui pardonne cette frasque comme les autres, la maîtresse ne songe pas à le morigéner, cela pourrait contrarier sa digestion et le faire maigrir. Or, elle seule est responsable du bel état de santé et de l'embonpoint de son pensionnaire ; son mari n'a pas l'habitude de s'occuper d'un animal pour lequel il professe un suprême mépris, ce serait déroger. Cependant on vient le prévenir si le porc est malade et il a recours au forgeron qui saigne l'animal.



pays basque autrefois basse-navarre cochon rue
COCHON DANS LA RUE A ST-PALAIS
PAYS BASQUE D'ANTAN



Il y a une vingtaine d'années, dans de petites villes comme Saint-Palais, où le vagabondage des porcs est considéré comme un délit, un jeune garçon, dès l'aube, sonnait du cor par les rues. Réveillée par ces joyeux appels, la gente porcine se secouait aussitôt les oreilles et arrivait au petit galop sur la place autour de l'enfant prodigue. De compagnie on s'en allait, les mères et les enfants, les célibataires et les époux, chercher le frais sous les ombrages d'une futaie. On trouvait de l'herbe, un clair ruisseau, des glands, des racines, des légumineuses de choix. C'était un vrai jardin des Tuileries pour cette jeunesse. On y goûtait de doux plaisirs jusqu'au soir où l'on s'en retournait comme on était venu. A l'entrée de la ville, le troupeau se dispersait librement. Sans perdre le temps en de vains bavardages, chacun rentrait chez soi. Certains voyageurs ont raconté qu'en Chine il y avait des porcheries sacrées où l'on entretient des porcs sacrés. Il est permis de mettre en doute que les chinois, pour tout sacrés qu'on les tienne, coulent d'aussi beaux jours que nos profanes basques. Mais, hélas ! à chaque porc, vient la Saint-Martin, et il n'y a plus de félicité qui vaille lorsque la Parque a aiguisé ses ciseaux. Les heures de celui qu'on se plaisait à appeler "le noble" sont comptées ; il a été l'espoir de la famille ; il a reçu avec profusion le grain et la farine. On lui demande de tenir ses promesses et de prouver qu'il est porc d'honneur et de parole."


culture animal cochon chine
COCHON EN CHINE



A suivre...




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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jeudi 2 mars 2023

LES CHIENS AU PAYS BASQUE AU DÉBUT DU 20ÈME SIÈCLE (deuxième partie)

 

LES CHIENS AU PAYS BASQUE AUTREFOIS.


Au début du 20ème siècle, les chiens, en particulier errants, sont un problème au Pays Basque.



pays basque autrefois fourrière labourd chiens
AGENT BARBACANNE ET FOURRIERE
BIARRITZ 1905



Voici ce que rapporta à ce sujet la presse locale, dans plusieurs éditions :



  • La Gazette de Biarritz, le 14 juillet 1912 :


"Les Chiens.


Enfin ! on s’est décidé à prendre quelques mesures contre les chiens errants. Ce n’est pas encore assez : il faut absolument que la voiture de la fourrière des chiens circule dans la soirée, de 8 à 9 heures, et ramasse tous les errants qui sont un véritable danger pour les habitants, résidents ou étrangers qui se trouvent à Biarritz. Il y va du bon renom de la station, car on ne vient pas en villégiature avec la crainte de devenir enragé, faute d’une bonne police."



  • La Gazette de Biarritz, le 21 juillet 1912, sous la plume de Véritas :

"Les chiens.


On nous écrit : 

Monsieur le Directeur de la "Gazette de Biarritz." 


Je lis, avec surprise, dans le numéro de votre journal, portant la date du 14 Juillet 1912, un entrefilet concernant ce que vous appelez "les chiens errants". 



Permettez-moi de vous déclarer que je ne partage nullement vos sentiments au sujet de ces malheureuses bêtes. 



Ces "chiens errants" sont en général de braves bêtes que leurs maîtres, de la classe ouvrière, n’ont ni le temps ni les moyens de faire promener clans les parcs et les jardins. 



Les étrangers n’ignorent pas ces faits et sont loin de voir, dans un chien qui passe seul, un chien enragé, menaçant la tranquillité publique. Mais ils sont, trop souvent, témoins des brutalités dont ces bêtes sont l'objet, au moment où on les saisit pour les jeter en fourrière, et ils déplorent qu’elles soient traitées avec tant de barbarie. 



D’ailleurs, il est impossible de reconnaître, après l'abattage, si un chien est enragé ou non ; et vous rendriez un réel service à vos nombreux lecteurs en les prévenant que les neuf dixièmes des chiens que l’on tue comme étant enragés, n’étaient nullement atteints d’hydrophobie. 



Ce serait tranquilliser les esprits et sauver la vie à de nombreuses et innocentes bêtes."



"J’en demande bien pardon à l’aimable dame qui signe du pseudonyme "Véritas", mais ses arguments ne m’ont pas convaincu. 



Les chiens sont ici en nombre vraiment excessif. Beaucoup errent en liberté jour et nuit, soit qu’ils n’aient pas de maîtres, soit que leurs maîtres ne s’en occupent plus. Mal nourris, mal protégés contre les intempéries, ces chiens sont les plus exposés aux maladies et à la rage et sont pour cela un danger. 



Ils sont aussi une cause de trouble quand — ce qui est fréquent — leurs hurlements chassent le sommeil des habitants et de leurs hôtes. 



Je ne demande ni la mort du pêcheur ni la destruction des chiens, mais je répète que c'est par les chiens errant la nuit qu’il faut commencer la rafle quand la nécessité s'impose de prendre des mesures de propreté ou de prophyllaxie."



  • La Gazette de Biarritz, le 8 septembre 1912 :

"Arrêté Municipal sur les chiens. 


— Pendant la durée de deux mois, à partir du 1er Septembre, la circulation des chiens sur la voie publique est interdite, à moins qu’ils ne soient tenus en laisse ou muselés. Tout chien qui sera trouvé errant sur la voie publique sera saisi et mis en fourrière."




spa assistance animaux fourrière paris
SOCIETE D'ASSISTANCE AUX ANIMAUX PARIS



  • La Gazette de Biarritz, le 16 février 1913 :

"Les chiens.


Soucieuse de la sécurité publique, notre administration est résolue à se montrer extrêmement sévère pour la police des chiens. Tous les animaux doivent être munis de la muselière et être tenus en laisse. Des procès-verbaux sont faits aux contrevenants, et d’ailleurs la voiture dite "des chiens" parcourt les rues de jour et de nuit pour enlever et mettre en fourrière tous les chiens errants. 


Il y a, en effet, beaucoup de chiens à Biarritz. Le nombre des chiens imposés est de 1 250 environ ; il faut en compter à peu près autant qui échappent à la taxe. Mais la police a mission d’y mettre bon ordre. 



taxe municipale chiens 1855
TAXE MUNICIPALE SUR LES CHIENS 1855

Vendredi, un chien venu de l’extérieur a traversé notre ville, bousculant et mordant un certain nombre de ses congénères. Ce chien a été abattu et son corps a été envoyé pour autopsie à l’Institut Pasteur de Bordeaux. Une enquête très sévère a été faite et tous les chiens qui ont été mordus ou qu’on peut supposer mordus sont signalés et seront impitoyablement abattus, si le chien agresseur est reconnu atteint de la rage."



  • La Gazette de Biarritz, le 2 mars 1913 :

"A propos de Chiens.


On nous écrit : 


Sur votre avant-dernier journal, j'ai lu votre article sur les chiens où vous constatez qu’il y en a 1 250 payant la taxe municipale et peut-être autant ne la payant pas. 



Or, les chiens non inscrits appartiennent généralement à des gens qui n’ont pas les moyens de les nourrir, ou à des assistés du Bureau de Bienfaisance ; n’étant pas nourris, ils vont chercher pâture, mangent des immondices et parfois des charognes. C’est par eux que nous sommes gratifiés de cas de rage et de l’obligation de la muselière. 



Il n’y a vraiment qu’une chose à faire pour obvier à tous ces désagréments, c’est de prendre à Biarritz l’arrêt qu’a pris la municipalité de Bidache, et dont voici la teneur : "Le garde-champêtre est chargé de faire abattre les chiens dont la taxe n’a pas été acquittée en 1912." 



C’est radical, mais c’est juste, et en même temps, empêche cette affreuse maladie qu’est la rage et contre laquelle nous devons tous nous défendre. 



Un chien qui s’échappe sans muselière d’une maison ou d’un jardin parce qu’un fournisseur, boulanger, boucher ou facteur laisse la porte ouverte, est attrapé par la cuisse, et dès ce moment, il en coûte 3 francs pour le reprendre. 



A Bayonne, ville voisine, on se conforme à l’arrêté préfectoral du 8 Décembre 1866, qui dit que la redevance est d’un franc par jour de fourrière pour frais de capture, nourriture et garde. 



Pourquoi alors deux poids et deux mesures dans deux villes-sœurs et pourquoi Biarritz enfreint-il les règlements préfectoraux qui sont faits pour tout le département ? 


Veuillez agréer, etc.... 

D. V."



  • La Gazette de Biarritz, le 12 juillet 1914 :

"Muselez vos chiens. 


— En raison d'un cas de rage qui vient de se produire, le Maire de Biarritz vient de renouveler, pour une durée de trois mois, l’arrêté municipal concernant les chiens sans muselière. 


Tous les chiens errants non muselés seront capturés et mis en fourrière. 


Ne seront admis à circuler sur la voie publique que les chiens muselés ou tenus en laisse. 


Le public est prévenu qu'il doit se conformer au présent arrêté sous peine de contraventions. 


La police exerce une rigoureuse surveillance."



 A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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jeudi 2 février 2023

LES CHIENS AU PAYS BASQUE AU DÉBUT DU 20ÈME SIÈCLE (première partie)

LES CHIENS AU PAYS BASQUE AUTREFOIS.


Au début du 20ème siècle, les chiens, en particulier errants, sont un problème au Pays Basque.



pays basque autrefois chiens fourrière labourd
AGENT BARBACANNE
 ET FOURRIERE
BIARRITZ 1905



Voici ce que rapporta à ce sujet la presse locale, dans plusieurs éditions :


  • La Gazette de Biarritz, le 29 mai 1903 :

Conseil Municipal de Biarritz :


Les chiens errants et la propreté des rues.


... M. Long-Savigny parle de d’animation que l’on a pu constater ces derniers temps aux alentours de la Halle. Cette animation était due à l’intervention du Cassegus. Les employés à la poursuite des chiens errants ne rempliraient pas leur rôle avec tout le tact désirable, ni avec la douceur que l’on peut exiger même pour des animaux. M. Long-Savigny demande à ce sujet si la taxe réclamée aux propriétaires des chiens capturés est fixe, et s'il est vrai qu’elle doive contribuer à payer les frais d'envoi d’un enfant mordu, à un institut antirabique. 



M. le Maire répond que la taxe est uniformément fixée à 3 francs. Elle ne sert en rien à payer les frais d’envoi d’un enfant qui, ayant été mordu au quartier Chélitz par un chien suspect, a été envoyé, par mesure de précaution, à l’institut de Bordeaux, bien qu’on ne croie pas que le chien fut enragé. 



M. Long-Savigny reconnaît que les chiens errants sont un inconvénient, surtout aux abords de la Halle. Ils fouillent dans les amas de détritus de toute sorte que l’on laisse s’accumuler toute la matinée sans les mettre hors de leur atteinte, si bien que, journellement, les trottoirs des rues avoisinantes sont encombrés de têtes de moutons, d’os de boucherie, qui ont été semés çà et là par les chiens, il réclame un nettoyage sévère et régulier des détritus de la Halle, et leur enlèvement rapide..."



labourd autrefois pays basque halles marché
LES HALLES BIARRITZ 1904
PAYS BASQUE D'ANTAN



  • La Gazette de Biarritz, le 19 août 1904, sous la plume d'Ursus :


"Les chiens.



Le chien est l’ami de l’homme, c’est entendu - jusqu’aux mollets inclusivement. Mais cet ami a des défauts très graves : il devient enragé et dès lors constitue le plus sérieux danger, non pour son maître - il n’y aurait que demi-mal — mais pour le reste des humains Or, le département des Basses-Pyrénées tient le record du nombre des cas de rage annuels et, en particulier, l’arrondissement de Bayonne est celui qui en fournit le plus. Record peu enviable. Il y a donc, comme l’on dit, quelque chose à faire pour une ville qui a sa réputation à garder, comme Biarritz. 



On ne sait que trop l’inutilité des arrêtés municipaux sur la muselière et la laisse : ils sont toujours en vigueur, mais on ne les applique jamais. Les propriétaires de chiens ne veulent pas s’en ennuyer, et comme ils savent que leur chien, s’il vient à enrager, ne les mordra pas, eux, ils se moquent du reste. Il faut donc les prendre autrement. Dans une ville le chien n’est pas chien de garde, il est chien de luxe quelle que soit sa taille. Il faut donc le taxer com me tel. Autant qu’il me semble d’après des expériences réitérées, il doit y avoir dans les 12 000 chiens dans le canton de Biarritz, si on en formait une colonne par quatre, la longueur du chien moyen mesurée du bout du nez à l’extrémité de la queue, tendue horizontalement, étant de 0,70, la colonne s’allongerait de la gare de la Négresse à la Mairie ; si donc on frappait chaque chien d’une taxe municipale de 3 frs la recette permettrait, et fort au-delà, de payer l’Inspecteur de la Voirie à qui incomberait, moyennant prime, la recherche des animaux et l’abattage de ceux qui sont sans maître, ainsi que la perception du droit. Je parie que si l’on mettait à l’encan la ferme de la recherche des chiens, on s’y battrait. 



On raconte qu’au Mexique, il y a une ville, géographiquement très bien placée, mais qui manque complètement d’eau. La profession d’aguador y est très lucrative, cette ville renferme un grand nombre de chiens qui y remplissent des fonctions de voirie que les nôtres ne remplissent pas du tout, au contraire. Or, chaque jour, sur les quatre heures, un certain sifflement, bruissement ou aboiement particulier se fait entendre : ce sont les chiens qui s’appellent pour aller boire. Ils partent au petit trot, tous ensemble, et reviennent de même, après s’être désaltérés, ayant fait deux petites lieues. Ici, comme chacun sait, l’eau court dans les rues, la gent canine n’a donc pas ce besoin à satisfaire, mais ses instincts sociables ne s’en manifestent pas moins sous une autre forme. Vers neuf heures du soir, une clameur monte vers le ciel, c’est le couvre-feu des chiens. Je n’en conteste ni le pittoresque, ni la poésie, mais combien les nerfs délicats en pâtissent ! Parfois, la nuit, ils engagent conversation à distance et alors adieu le sommeil. Ah ! c’est un ami bien encombrant que nous avons là et comme il s’en va temps d’en battre monnaie !"



31 TOULOUSE ATTRAPEUR DE CHIENS ERRANTS



  • La Gazette de Biarritz, le 3 décembre 1911 :


"Les chiens.



Il y a environ trois semaines, un chien que l'on croit avoir été enragé, fut abattu à Biarritz.



Aussitôt — et comme il est d’usage — les animaux présumés mordus ou roulés par la bête enragée ont été sacrifiés et les chiens errants non pourvus de collier et de muselière ont été capturés par le service municipal. 



Ce service a fonctionné pendant six jours, les 14, 15 et 16 Novembre, et les 20, 21 et 22 Novembre. 



Il a été capturé respectivement chacun de ces jours, 29, 7, 10, 24, 6, 7 chiens, en tout 83. Sur ce nombre, 23 ont été réclamés par leurs propriétaires et remis contre paiement d’une amende. Les 60 autres ont été détruits par asphyxie. 



Actuellement, la "charrette aux chiens" ne circule plus et nos toutous peuvent circuler en liberté... jusqu'à nouvel ordre. Mais nos concitoyens feront bien de ne pas trop laisser errer leurs chiens, par crainte d’un nouveau cas suspect, qui pourrait donner des inquiétudes. 



J’en connais qui s’apitoient bien vivement sur le sort des pauvres bêtes sacrifiées par mesure d'ordre et de prophylaxie, qui même incriminent la Municipalité qui a autorisé ces hécatombes. 



Mais j'en connais d’autres qui trouvent la Ville insuffisamment purgée des chiens très nombreux qui vaquent partout en liberté, qui fouillent et éparpillent les ordures ménagères, qui font, la nuit, dans certains quartiers, des concerts somnifugés. 



Et, parmi les doléances qui nous sont parvenues, deux nous semblent fort justes et dignes d’attention. 



D’abord que — si, jour une raison quelconque, la capture des chiens fut décidée — connaissance en soit donnée aussitôt au public par la voie de publication et par l’intermédiaire des journaux locaux et régionaux. 



Puis, que l'on essaie d’un système avantageusement utilisé dans quelques villes : la capture des chiens errants pendant la nuit. C’est, par un service de nuit, après 9 heures du soir, qu’on attendrait plus sûrement les chiens errants, les chiens sans maîtres et sans soins, qui sont surtout des suspects. Comme nous le disait un de nos amis, "les chiens honnêtes" sont rentrés à l’heure du repos et les autres — parce qu’ils offrent moins de garantie de surveillance — ne sauraient nous émouvoir autant, s’ils sont capturés, que tant de pauvres toutous victimes de leur humeur gaillarde ou de leurs instincts de propreté et que la charrette diurne enlève sans discernement."


GARE DU MIDI BIARRITZ 1911
PAYS BASQUE D'ANTAN



  • La Gazette de Biarritz, le 7 janvier 1912 :

"Les chiens et la rage.


Quoiqu’on n’ait pas signalé de cas de rage à Biarritz depuis assez longtemps, il n’en faut pas moins user de vigilance et prévenir pour n’avoir pas à guérir. 



Dans plusieurs communes des environs, des chiens suspects ou reconnus enragés ont été abattus et le Maire de Bayonne a cru de voir prendre de sévères mesures, tout en faisant communiquer à la presse la note suivante : 


"Le Maire de Bayonne a l’honneur d’informer le public qu’à la suite d’un cas de rage qui vient de se produire sur le territoire de la commune de Bayonne, l’arrêté concernant les chiens est remis en vigueur. 


Les propriétaires de chiens sont avisés qu’ils sont susceptibles de contravention pour le cas où ils laisseraient circuler leurs animaux sans muselière. 


Le Maire appelle tout particulièrement l'attention de ses administrés sur la fréquence des cas de rage, et la nécessité pour les propriétaires de chiens de se conformer à l'arrêté municipal, afin d’éviter les conséquences fâcheuses qui peuvent résulter de l’inobservation des prescriptions de cet arrêté.


Il est à remarquer que dès que l’arrêté n’est plus mis en vigueur, les cas de rage réapparaissent, et qu’au contraire, ils cessent complètement dès qu’il est appliqué. 


L’expérience a donc démontré que le seul moyen de combattre la rage est d’interdire la circulation des chiens sans muselière. 


Le Maire de Bayonne fait de nouveau appel au bon vouloir de ses concitoyens pour que les prescriptions de l'arrêté soient rigoureusement suivies.


Des démarches vont être faites auprès des représentants des communes voisines pour que des mesures analogues soient prises, afin de combattre de façon efficace ce mal redoutable de la rage qui fait des victimes d’une façon continue." 



On ne peut qu'approuver l’initiative de la Municipalité de Bayonne



D’ailleurs, nombre de personnes se plaignent qu’il y ait encore trop de chiens errants à Biarritz, que ces chiens, par leurs courses continues, le tapage nocturne qu’ils font dans certains quartiers, et les risques de maladie qu’ils présentent sont un danger pour leurs congénères et pourraient être un péril pour la population. 



Ce serait le moment peut-être de rappeler une pratique déjà préconisée par la "Gazette", celle qui consiste à faire courir, de temps en temps, après neuf heures du soir, la "voiture aux chiens", afin de recueillir les bêtes errantes, celles qui n’ont pas de maître la plupart du temps et qui, sans soin ni surveillance, sont une proie tout indiquée pour la maladie et la rage. 



Cela n’empêcherait pas d’exiger, si cela devient nécessaire, le port de la muselière et l'usage de la laisse pour les chiens vaguant pendant la journée."



FONTAINE ET INSCRIPTION MARITIME 
BAYONNE 1912



A suivre...


(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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