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dimanche 1 juin 2025

LA MORT DU COMMANDANT JEAN PASSICOT À SAINT-JEAN-DE-LUZ EN LABOURD AU PAYS BASQUE LE 1ER JUIN 1945

LA MORT DU COMMANDANT PASSICOT EN 1945.


Il y a 80 ans, jour pour jour, disparaissait à Saint-Jean-de-Luz, un Résistant, le commandant Jean Passicot.




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SAINT-JEAN-DE-LUZ 1945


Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien local Le Courrier de Bayonne, le vendredi 1er 

juin 1945 :



"Mort subite du Commandant Passicot.



Le commandant Jean Passicot est mort cette nuit, à 1h du matin, à son domicile à Saint-Jean-de-

Luz, des suites d'une rupture d'anévrisme. 

Telle est la nouvelle que tout le Pays Basque a  apprise avec une profonde stupeur. Le 

commandant Passicot, chef d'escadron d'artillerie, avait su par ces belles qualités de chef, par son 

courage et son affabilité, s'attirer la sympathie unanime.



Il était chevalier de la Légion d'honneur, titulaire des croix de guerre 14-18 et 39-40 ; il venait 

d'être décoré récemment à Chantaco par le général Revers, d'une troisième croix de guerre au 

titre de la Résistance. Il était de ces grands patriotes qui n'avaient pas accepté la défaite et qui, 

dès le début, luttèrent pour chasser et gêner l'action de l'occupant.



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GENERAL REVERS 1947



Dès 1943, il se mettait en rapport avec les chefs politiques et militaires du Mouvement de 

Libération de Bordeaux. Il fut chargé par eux d'organiser l'action paramilitaire dans le Pays 

Basque. Au début, son groupe était connu sous le nom de groupe "Le Basque" devenu par la suite 

groupe "Ganich". 



Il avait procédé dans chaque localité au recrutement de cadres susceptibles par leur situation 

sociale, leurs sentiments gaullistes et leurs aptitudes militaires d'organiser des forces armées et 

d'engager éventuellement une action militaire contre l'ennemi le moment venu. C'est ainsi que 

dans chaque localité de quelque importance un officier de réserve qualifié avait pris la tête de 

chaque formation.



Les chefs du mouvement de Bordeaux ayant été arrêtés il s'était mis ensuite en rapport avec le 

général en chef de l'O. R. A. par l'intermédiaire du commandant d'Ossau.



Il a ainsi étudié les possibilités de parachutage dans la région au cours d'une réunion tenue à 

Paris avec l'Etat-Major. Le 8 juin 1944, la Gestapo est venue pour l'arrêter. Il s'est enfui et a 

continué à rester en relation avec le général Dufour à Bordeaux et le commandant d'Ossau.



Après la Libération, il forma plusieurs bataillons F. F. I. dont il devint le chef. Il est maintenant 

commandant de la place de Bayonne et chef militaire de la frontière. Sa disparition prématurée à 

50 ans, en pleine force physique, sera unanimement regrettée.



Le Courrier présente à Madame Passicot et à la famille du disparu l'expression de sa sympathie 

attristée."



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LE COURRIER DE BAYONNE
PAYS BASQUE D'ANTAN


(Source : Médiathèque de Bayonne. Site Patrimoine. Collection presse)







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mercredi 11 octobre 2023

LE MAIRE D'ANGLET M. FRANÇOIS DOMMAIN ET SON CONSEIL MUNICIPAL À ANGLET EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN FÉVRIER 1941 (deuxième partie)

 

LE MAIRE D'ANGLET EN FÉVRIER 1941.


François Dommain est élu Maire d'Anglet en 1937, puis révoqué par le Régime de Vichy en 1941, avant de redevenir Maire d'Anglet, entre 1944 et 1952 jusqu'à sa mort.



pays basque autrefois occupation seconde guerre mondiale vichy municipalité
MAIRE D'ANGLET FRANCOIS DOMMAIN


Dès sa mise en place le 10 juillet 1940, le nouveau régime de Vichy révoque des maires "ayant manqué gravement aux devoirs de leurs charges".



De plus, le 12 décembre 1940, est promulguée au Journal Officiel la loi du 16 novembre "portant réorganisation des corps municipaux".



Dans les communes de plus de 2 000 habitants, le Conseil municipal, le maire et les adjoints ne sont plus élus mais nommés. Le maire, qui n'est plus obligatoirement choisi par les conseillers municipaux, et les adjoints sont nommés par le ministre, secrétaire d'Etat à l'Intérieur, dans les communes de plus de 10 000 habitants, dont Anglet.



Presque simultanément, une loi du 14 novembre 1940 permet de déclarer démissionnaire d'office pour des raisons "d'ordre public ou d'intérêt général" tout conseiller municipal, comme tout conseiller général ou d'arrondissement, la démission d'office étant prononcée par le ministre dans le cas d'Anglet.



Une loi du 16 novembre 1940 ajoute à cette procédure celle de la révocation des élus municipaux, prononcée par le même motif par le ministre après mise en demeure adressée par le préfet.



Voici ce que rapporta à ce sujet la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays Basque, le 13 

février 1941 :



"Le Maire d’Anglet s’adresse au Conseil Municipal.




... La nouvelle Mairie. 


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MAIRE ANGLET
PAYS BASQUE D'ANTAN


Nous avons achevé la construction de notre mairie et l’avons complétée par la création d’une place qui sera dans quelques années l’un des plus jolis coins de la commune, cela sans dépasser d’un centime le crédit primitivement voté malgré le renchérissement du matériau et de la main-d’œuvre. 



Pour la décoration intérieure de la maison commune, nous avons sollicité et obtenu de l’un des peintres les plus connus de la région, dont le très grand talent est admiré de tous, le don d'une œuvre capitale qui sera sans doute son œuvre maîtresse et qui sera l’une des attractions et des richesses d’Anglet. Que M. de la Pena en reçoive ici nos remerciements. Merci aussi à M. Massé et à Mlle Sousbielle qui ont bien voulu nous faire don d'une de leurs toiles. 



Nous avons doté la commune d'un contrat de concession d’électricité longuement débattu, et dont il n’est pas exagéré de dire qu'il est avantageux pour nos administrés. 



Nous avons en même temps étendu le réseau d’adduction d’eau et par des conventions très étudiées réalisé plus de cent branchements nouveaux à des conditions particulièrement favorables pour des propriétaires peu aisés. 



Les travaux.



Un projet d’égout a été mis à l’étude, et nous en pressons la mise au point ; un règlement de voirie a été établi et concourt à l'assainissement nécessaire de la commune ; nos routes ont été entretenues et un programme de réfection totale du réseau établi : un plan photographique très complet a été dressé et se montre un merveilleux instrument de travail pour toutes les questions de cadastre. 



Une coopérative agricole a mis à la portée de tous les agriculteurs, au plus juste prix, les engrais nécessaires et a fonctionné jusqu'à l’armistice. 



Les bains douches des Cinq-Cantons améliorés ont été rendus utilisables. 



Des abris pour les familles ont été construits dans les cimetières ainsi que des water-closets publics. 



Si le port des pêcheurs n’a pu être réalisé pour des causes indépendantes de notre volonté, des pieux d'amarrage sont en train d’être fixés dans l'Adour pour la commodité de nos pêcheurs de Blancpignon. 



Une convention nouvelle avantageuse pour la commune, et réservant de très grandes possibilités d’avenir, a été conclue avec la Société des Bains de Mer et a mis fin à des procès coûteux, la ville étant déchargée de tous les frais déjà engagés. 



Partout, dans tous les domaines, notre action, votre action s’est faite sentir. Nous avons dû par suite des circonstances faire au point de vue social et humain un très gros effort ; plus de 4 000 réfugiés ont trouvé asile dans notre commune, et sur ce nombre 600 ont été logés et nourris par nous au prix d’un labeur qui n’a été possible que grâce à des concours précieux. Et cet effort a été apprécié par nos hôtes car j’ai en main des lettres adressées à l'un de nos collègues et qui sont la plus belle récompense des soins que leur ont prodigués tous les hommes de bonne volonté qui se sont mis à notre service à cette occasion. Plusieurs conseillers étaient de ces hommes, qu’ils m'excusent de ne pas les nommer et de les confondre avec tous les autres dans la même gratitude. 



Le rôle d'une municipalité.



Mes chers collègues, j'ai toujours pensé que le rôle essentiel d'une municipalité était, plus encore que l’expédition des affaires courantes, de créer autour d’elle une atmosphère de confiance, d'estime, je dirais presque d’affection ; un climat en un mot favorable à l’union de tous dans le respect des droits de chacun. Et s’il est une chose dont nous avons le droit d’être heureux, c’est d'avoir réussi à attirer à nous les sympathies effectives de notre colonie étrangère. Ville de tourisme et de saison estivale presque autant que Biarritz mais avec le calme que lui donne ses villas familiales, nous avons réussi à intéresser à la prospérité de la commune et à ses œuvres sociales tous nos hôtes d’autres pays, qui ne sont réellement plus pour nous des étrangers, mais des amis, des compatriotes d'élection. C'est à eux que nous devons en grande partie d'avoir pu, en dehors de nos secours aux réfugiés, créer un Comité de secours aux familles nécessiteuses des mobilisés et prisonniers, qui a distribué à ce jour plus de 100 000 francs d'aide. C'est à eux et aux compatriotes fortunés qui nous ont fait confiance, que nous devons d'avoir pu doter Anglet d’ambulances, d’un dispensaire, de soupes populaires ; je ne citerai aucun nom, je craindrais d’en oublier, mais à tous j'adresse nos remerciements bien sincères et venus du cœur. 



Le devoir accompli.



Voilà, mes chers collègues, un tableau très succinct de votre activité communale. 



On y chercherait vainement un acte antinational, une insoumission aux lois, une négligence coupable. Comme vous le voyez nous pouvons passer la main sans regrets. Nous avons fait notre possible. Nous avons, nous aussi, été des hommes de bonne volonté, nous avons agi de notre mieux. Avant de nous retirer et de clore cette séance, qui sera probablement la dernière, je vous demanderai, mes amis, de pousser avec moi un cri qui est dans nos cœurs et sur nos lèvres, et que nulle puissance au monde ne peut nous empêcher de crier, avec toute notre foi profonde dans les destinées de notre pays : Ce cri, vous le savez, c’est celui de vive la France éternelle, vive la France quand même et malgré tout."









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lundi 11 septembre 2023

LE MAIRE D'ANGLET M. FRANÇOIS DOMMAIN ET SON CONSEIL MUNICIPAL À ANGLET EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN FÉVRIER 1941 (première partie)

LE MAIRE D'ANGLET EN FÉVRIER 1941.


François Dommain est élu Maire d'Anglet en 1937, puis révoqué par le Régime de Vichy en 1941, avant de redevenir Maire d'Anglet, entre 1944 et 1952 jusqu'à sa mort.



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MAIRE D'ANGLET FRANCOIS DOMMAIN


Dès sa mise en place le 10 juillet 1940, le nouveau régime de Vichy révoque des maires "ayant manqué gravement aux devoirs de leurs charges".



De plus, le 12 décembre 1940, est promulguée au Journal Officiel la loi du 16 novembre "portant réorganisation des corps municipaux".



Dans les communes de plus de 2 000 habitants, le Conseil municipal, le maire et les adjoints ne sont plus élus mais nommés. Le maire, qui n'est plus obligatoirement choisi par les conseillers municipaux, et les adjoints sont nommés par le ministre, secrétaire d'Etat à l'Intérieur, dans les communes de plus de 10 000 habitants, dont Anglet.



Presque simultanément, une loi du 14 novembre 1940 permet de déclarer démissionnaire d'office pour des raisons "d'ordre public ou d'intérêt général" tout conseiller municipal, comme tout conseiller général ou d'arrondissement, la démission d'office étant prononcée par le ministre dans le cas d'Anglet.



Une loi du 16 novembre 1940 ajoute à cette procédure celle de la révocation des élus municipaux, prononcée par le même motif par le ministre après mise en demeure adressée par le préfet.



Voici ce que rapporta à ce sujet la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays Basque, le 13 

février 1941 :



"Le Maire d’Anglet s’adresse au Conseil Municipal.



A la séance qui s'est tenue à la mairie d’Anglet, le 9 février, M. Dommain, maire d'Anglet, a adressé aux membres du Conseil municipal les paroles suivantes : 


Au moment où une décision administrative va sans doute nous renvoyer de cette maison commune, où nous avait amenés la volonté des électeurs, librement exprimée par le suffrage universel, j’ai le devoir tout d’abord de vous remercier de la collaboration si amicale, si confiante, que vous m’avez accordée pendant quatre ans : je vous en suis reconnaissant. 



Nous nous inclinerons en silence devant cette décision, et je ne dirai rien qui puisse créer ou entretenir de la discorde entre Français. Mais il est une parole contre laquelle j’ai le devoir de m’élever en votre nom. On a dit, on a écrit, que seules seraient frappées les municipalités composées de traîtres ou de prévaricateurs. 



Mes chers amis, je vois parmi nous des hommes qui ont été comme moi mobilisés de 1914 à 1918, d’autres qui, soldats du la guerre actuelle, ont à peine regagné leurs foyers, et je vois aussi quelques places vides, parce que leurs titulaires sont actuellement prisonniers de guerre, comme notre ami Barets, premier adjoint, deux fois mobilisé, lieutenant d’artillerie, et qui apprendra dans un camp d’Allemagne que les autorités françaises l’ont jugé indigne de rester conseiller municipal de sa commune. Les uns et les autres, nous avons fait notre devoir partout où nous ont placé les circonstances, et, s'il y a des traîtres en France, ce n’est pas parmi nous que l'on en trouvera un seul : patriotes autant que quiconque, dévoués à notre pays, confiants dans ses destinées, prêts à donner pour lui notre vie s'il le faut, nous répudions cette qualification honteuse. 



Nous avons conscience d'avoir servi.


Prévaricateurs, nous ne l'avons jamais été : nous pourrons quitter tout à l’heure cette salle de nos séances, la tête haute, car nous avons les mains nettes, et nous avons conscience d’avoir ici servi avec honnêteté les intérêts dont nous avions la charge. Notre passage dans cette maison n'aura pas été inutile. Permettez-moi de vous rappeler brièvement notre action : 


Nous avons rétabli l’ordre et la discipline autant que la dignité dans les séances du Conseil ; réservant à nos commissions plénières toutes les discussions, toujours amicales, où chacun exprimait librement ses idées avec le respect des idées qui lui étaient opposées, nous n’avons plus vu de séances publiques où l’on venait comme au cinéma assister à des querelles et à des injures. 



Nous avons administré la commune en "bon père de famille", ménageant ses finances, et ne voulant plus rien connaître de nos diverses étiquettes politiques, ne sachant plus qu’une chose, c’est que adversaires ou partisans de la veille, tous, sans aucune exception, avaient droit a notre égale sollicitude. 



Pour les enfants de nos écoles nous avons créé deux classes nouvelles dans chacun des groupes de Saint-Jean et des Cinq-Cantons. Nous axons fait admettre le principe de la construction du groupe de Blancpignon et obtenu pour ce groupe une subvention plus élevée que celle précédemment fixée. Et si la guerre en a empêché la réalisation nous avons cependant pu avec l’aide de l’administration de la Poudrerie, annexer à l’école actuelle des filles des salles, maternelle et de garderie, qui peuvent être citées comme modèles aux installations de ce genre. Et j’ouvre ici une parenthèse pour remercier publiquement les anciens directeur et sous-directeur de la Poudrerie. M. le colonel Verola et M. Blum, de la compréhension et de la bienveillance avec lesquelles ils ont accueilli mes suggestions : ils ont bien voulu accepter comme architecte l’auteur du projet de groupe scolaire de Blancpignon, M. Marcel et celui-ci a conduit son œuvre de manière à l’intégrer dans le projet général du groupe à venir ; c’est un commencement ; à nos successeurs de l’achever. 



A tous les enfants reçus au certificat d'études primaires, nous avons assuré un livret de caisse d’épargne, voulant, par la récompense, leur donner le goût de l'effort. Nous avons créé des bourses pour des enfants particulièrement méritants et dont les familles ne pouvaient assurer la continuité des études primaires supérieures ou secondaires. 



A suivre...



(Source : Les amis du réseau Comète: 4. Passages du Pays Basque intérieur - Crossings via the inland Pays Basque (cometepaysbasque.blogspot.com) et Les municipalités en temps de guerre (1814-1944) | Cairn.info) et gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)








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mercredi 5 avril 2023

DES GAULLISTES AU PAYS BASQUE EN JUIN 1941

DES GAULLISTES AU PAYS BASQUE EN 1941.


Après l'armistice du 22 juin 1940, est fondé en février 1941, par Marcel Déat, le Rassemblement national populaire, parti politique français fasciste et collaborationniste.



pays basque autrefois affiche résistance de gaulle
AFFICHE PRO DE GAULLE 1940



Voici ce que rapporta à ce sujet l'hebdomadaire fasciste et collaborationniste Rassemblement (du 

15/06/41 au 5/10/41), dans son numéro 2, le 22 juin 1941 :



"Contre le Gaullisme.

Pour une dictature de l'utilité nationale.



Hendaye, Juin. 


La facilité avec laquelle le gaullisme recrute ici ses adeptes est déconcertante. Jamais je n'eus supposé que l'avachissement des esprits put atteindre à un degré aussi bas. Dans ces régions, les 95 pour cent sont — ouvertement ou sournoisement — contre le Maréchal sans trop savoir pourquoi.



A Paris — et ailleurs sans doute — on relève un pourcentage de gens à qui la défaite a appris quelque chose. Ne serait-ce qu’à se servir de leurs méninges pour réfléchir et raisonner leurs actes. Ici rien !...



Pourtant la côte basque — hormis quelques marchands de soupe — n’est redevable dans le passé d'aucune faveur spéciale aux Anglais. Elle n'en a pas plus à attendre dans l'avenir...



Mais Londres et ses satellites ne sont connus ici qu'à travers le mirage de beaux mensonges sur la fiction desquels chacun peut bâtir à son gré l’idéal qu'il lui plaît.



Le gaullisme, même pour ces cerveaux à vitesse réduite, c'est le rêve facile, égoïste... La folle du logis lâchée vers l'infini...


collaboration fascisme hedomadaire rnp deat
DESSIN HEBDOMADAIRE RASSEMBLEMENT
22 JUIN 1941


Peut-être, dans la sourde animosité que l'on témoigne envers la réalité présente, entre-t-il une grosse part de déception... Voilà de "barbares" Allemands qui ne brûlent plus les villes, ne violent aucune femme et jouent avec les gosses au lieu de leur couper les mains...


Que devient là-dedans toute la belle haine dont on a si longtemps embrumé ces esprits ? même ces esprits basques si calmes et posés ?...



Alors on est désemparé, dépité... On en veut aux Allemands de ne pas être tels que feue la ІІIe nous les avait montrés... Et malgré l'évidence on se cramponne au passé... Car, suivre le Maréchal, c'est avoir le courage de donner aux faits et aux paroles le vrai sens qui en découle... Chacun et chaque chose doivent reprendre leur place exacte et leur valeur réelle.



Ici, c'est trop réfléchir. Alors, par verrerie, on préfère la chimère... C'est plus simple.



Voilà donc où en est ce coin de notre patrie après dix mois d'armistice et de gazouilles vichyssois.



Ici, seul, le bobard est roi. Le ragot accommodé au goût du jour et de chacun...



En voici quelques échantillons : 


Ce matin les journaux de Paris ne sont pas arrivés. C'est assez fréquent, paraît-il.



Mais la vendeuse a cru devoir me souligner :


— On ne sait pas ce qu'il se passe là-bas !



Car, moi qui arrivais en droite ligne de la capitale, j'ignorais que, depuis plusieurs jours, de sanglantes émeutes se déroulaient dans nos rues...



Drôle de marchande, d'ailleurs ! Dans sa boutique nombreux sont chaque matin les habitués... Ils déplient les journaux, les parcourent, émettent un avis, les replient et puis s'en vont... Sans en acheter aucun, bien entendu ! Mais comme usine à bobards et centre d'informations imbéciles c'est réussi !



pays basque autrefois occupation resistance seconde guerre mondiale
AFFICHE POUR LA RESISTANCE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Quelqu'un m'a dit : 


— Vous ne croyez pas que les Allemands emportent tout ? Allez voir à la gare.



J'y suis allé. J'ai vu un wagon de choux-fleurs et deux de pommes de terre. Mais ils arrivaient... Ils ne partaient pas.



Vous ignorez sans doute, à Paris, que le Maréchal a été récemment victime d’un attentat parce que le peuple en a assez d'être trompé ;


Que quatre divisions allemandes sont entrées, une nuit récente, au grand complet et en grand secret, en Espagne par le défilé de Roncevaux. C'est par Irun que les Anglais vont venir !


Qu'à Saint-Jean-de-Luz les plus jolies femmes ont été enlevées et expédiées en Allemagne.



Saint-Jean-de-Luz ; entrée du pont reliant à Ciboure. La flottille de pêche n'est pas sortie. Par groupes, les marins flânent le long du quai. 4 heures, soir.



Au centre d'un petit rassemblement, un homme en bleu pérore, à très haute voix. Il veut, ostensiblement, être entendu alentour. Si ce type-là est Français, ce ne doit pas être de longtemps...



— Pétain ? De quel droit prétend-il parler au nom de la France ?... A quatre-vingt-cinq ans. qu'il nous f... la paix ! Il a assez fait tuer de monde à Verdun... En Espagne, nous avons fait figure d'imbéciles devant Franco, grâce à lui... La France, c'est pas lui qui la fera...



Or, à trois mètres, exactement, l'agent de police de service au trafic écoute attentivement.



Puis un autre agent, cycliste et galonné, passe et s'arrête...



Il y avait insultes envers le chef de l'Etat et appel à la rébellion. Le tout sur la voie publique... Personne n'a bronché. Le délit était pourtant flagrant !



Biarritz. Un ami, un vétérinaire, a fait les deux guerres. Avant, doriotiste convaincu. Maintenant, attentiste sans le savoir.


— C'est exact, me dit-il, qu'ici tout le monde est pour de Gaulle. La cause ? Toujours les mêmes et avec les mêmes idées qui sont aux mêmes postes. Rien de changé ! 



pays basque autrefois résistance occupation seconde guerre mondiale
AFFICHE POUR LA RESISTANCE
PAYS BASQUE D'ANTAN


"De Brinon est venu, on l'a chambré et il n a rien vu... On ne lui a présenté que les snobs locaux".



Sur le discours de Darlan. la coalition du silence s'est faite, unanime, inexplicable, comme sous l'impulsion d'une mystérieuse consigne... Quelques figures se sont allongées un peu... C'est tout.



Et les prisonniers ? S'il y a une chose à laquelle on pense bien peu, c'est celle-là ! C'est à croire qu'ici tous en sont revenus ! 



"Fadaises", ce qui précède, si l'on n'essayait d'en tirer une conclusion.



Voici la mienne : Cette "cinquième colonne" de réfractaires à l'avenir n'opère avec autant de désinvolture et d'impudence que parce qu'elle ne trouve rien devant elle pour lui barrer la route.



Au contraire, l'inertie, le double jeu ou la sympathie des détenteurs du pouvoir à tous les degrés lui facilitent singulièrement la tâche.



Il faut que ceux dont la charge et le devoir sont de faire appliquer l'ordre nouveau, à tous les échelons, se sentent contrôlés dans leurs faits et gestes par des gens vigilants, décidés, résolus à exiger qu'ils fassent leur métier.



Mais, pour ce faire, je ne crois plus aux paroles, ni à l'exemple.



Franco, sans ses phalanges, eût été simplement un fusillé de plus.



Et ce sont ces moyens-là, tout arbitraires qu'ils soient, qu'emploierait — dans un but inverse — la "Légion de "Nono", si on la lançait, un jour prochain, à l'assaut de Paris... Si nous ne voulons pas être submergés, un seul remède nous reste : la "6e colonne", qui répondra à l'activité gaulliste par une activité plus grande. La légalité, autant que la sélection des moyens, ne doivent pas nous importer plus quelles elles ne leur importent à eux... Nécessité n'a pas de loi !



Ou alors ne parlons plus d'une France nouvelle et acceptons sans murmures celle dont il plaira à nos maîtres d'hier de faire celle de demain."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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vendredi 7 septembre 2018

DES ACTES DE RÉSISTANCE AU PAYS BASQUE NORD EN 1941

LA RÉSISTANCE AU PAYS BASQUE EN 1941.


Après l'armistice du 22 juin 1940, les premières troupes motorisées allemandes arrivent au Pays Basque le 25 juin 1940.

samedi 23 septembre 2017

UNE GRÈVE EN NOVEMBRE 1940 DANS LES CONSERVERIES DE SAINT-JEAN-DE-LUZ EN LABOURD AU PAYS BASQUE


APRÈS L'ARMISTICE DU 22 JUIN 1940, L'ASSEMBLÉE NATIONALE VOTE LES PLEINS POUVOIRS AU MARÉCHAL PÉTAIN LE 10 JUILLET 1940.


La mention "République Française" disparaît des actes officiels et le régime est dès lors désigné sous le nom "d'Etat Français".