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mardi 29 août 2023

LA CÔTE BASQUE RACONTÉE PAR L'ÉCRIVAIN ANDRÉ LICHTENBERGER EN SEPTEMBRE 1937

LA CÔTE BASQUE RACONTÉE PAR ANDRÉ LICHTENBERGER EN SEPTEMBRE 1937.


Emile André Lichtenberger est un historien spécialiste du socialisme, un essayiste et romancier français.

Elève au lycée de Bayonne, il restera toujours attaché au Pays Basque sur lequel il a écrit plusieurs livres.



pays basque historien ecrivain labourd strasbourg
ANDRE LICHTENBERGER 1930



Voici ce que rapporta André Lichtenberger à ce sujet dans le quotidien L'Echo de Paris, le 18 

septembre 1937 :



"Sur la Côte Basque.

Mon coin de France.



Voici plusieurs semaines déjà que, fuyant le Paris aigre et fiévreux du Front Commun camouflé et de l'Exposition en dérive, je suis venu chercher l'apaisement coutumier dans le coin de France, qui, depuis mon enfance lointaine, n'a cessé de me prodiguer ses grâces, et où, jusqu'au fond de mes moelles je me sens chez moi, en communion étroite avec, son ciel changeant et sa race immuable, son Océan tumultueux et ses falaises impassibles. 



Non, certes, que je renie mon Alsace natale. Mais quand, au lendemain de la guerre d'avant le déluge, celle de 70, un jeune couple meurtri chercha où réfugier sa nostalgie et raffermir les santés ébranlées, c'est à l'autre extrémité du terroir national, au fond de la baie de Biscaye, que les recueillit le bourg historique où la maison de Louis XIV et celle de l'Infante ne cessent de commémorer le mariage fameux par lequel le génie ingénieux du Mazarin pensa mettre fin à une rivalité séculaire et à des luttes indéfiniment meurtrières. 



Toutes les images ineffaçables de ma première enfance s'incarnent, à Saint-Jean-de-Luz, avec la Rhune comme toile de fond, entre Socoa et Sainte-Barbe. Et, plus tard, c'est à Biarritz, dont Victor Hugo célébra les tamaris et l'innocence, et dont le caprice d'Eugénie de Montijo fit la fortune que mon adolescence découvrit les émois si divers de la pelote basque et du baccalauréat. Du lycée de Bayonne, où en philosophie je décrochai tous les prix (nous étions un), il fallut bien gagner Paris pour y apprendre la dure bataille de la vie. 



pays basque autrefois labourd éducation enseignement
LYCEE DE BAYONNE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Quelle douceur, chaque été, de revenir au cher pays et d'y renouveler son âme en même temps que son vestiaire. Retrouvés le béret, le makhila et les sandales, quelles flâneries à s'ébattre sur la grève dure, en face du décor des Trois Couronnes et du Jaizquibel ! Ai-je connu au Maroc ou en Egypte, à Naples ou à Rio-de-Janeiro, horizons plus féériques ? 



Même durant le grand égorgement mondial, il me fut permis, de loin en loin, au cours d'une permission rapide, de renouer le lien sacré, d'oublier un instant le cauchemar, de reprendre en ces lieux un lambeau d'espoir. 



Et, quand, naïfs, nous crûmes — espoir fallacieux ! — qu'il allait être possible de revivre une existence apaisée, quel plaisir, dans une vieille maison au fond d'un jardin discret, de rebâtir un foyer familial où, avec ferveur, enfants et petits-enfants trouveraient l'abri, le repos, la paix vivifiante ! 



Hélas ! la côte basque en général, Biarritz en particulier — peut être plus encore que d'autres régions balnéaires ou thermales — ont été cruellement éprouvées par la crise et les changements qu'elle a marqués dans les habitudes touristiques. Si les sports d'hiver et les croisières ont enlevé des hivernants à la Riviera, la vogue de l'ensoleillement lui a procuré de merveilleuses saisons estivales. La clientèle de luxe cosmopolite, en l'honneur de qui avaient pullulé au pays de Ramuntcho, les palaces, les casinos et les villas somptueuses, a été définitivement décimée, sans que lui fussent substituées des aubaines compensatrices. 



pays basque autrefois palace riches labourd
LA RESERVE DE CIBOURE
PAYS BASQUE D'ANTAN



La manie grandissante de la bougeotte a abrégé les séjours, en même temps que la nécessité de l'économie en diminuait, pour le commerce local les recettes. Au malaise grandissant, les troubles d'Espagne ont ajouté des éléments d'incertitude peu faits pour attirer les oisifs. On a vu, les uns après les autres, se fermer les grands hôtels et les rideaux de fer demeurer clos sur les vitrines des succursales des maisons de la rue de la Paix. Les prix des villas de quelque importance ont dégringolé dans des proportions vertigineuses... 



"Biarritz, la reine des plages, la Plage des Rois", affirmait naguère une réclame grandiloquente. Ces temps sont passés. Le diable, dit la légende euskarienne, n'ayant jamais pu apprendre le basque, renonça jadis à se fixer au pays. Aujourd'hui, il s'est réinstallé dans les bourses aplaties, et toutes les ingéniosités s'évertuent à le tirer par la queue. 



pays basque autrefois labourd plage
BIARRITZ REINE DES PLAGES PLAGE DES ROIS
PAYS BASQUE D'ANTAN



Est-ce à dire que soient désertes ces anses charmantes hantées naguère par les privilégiés de tous les mondes ? 



C'est méconnaître l'irrésistible attraction de ce terroir comme la souplesse de la race qu'il nourrit. Jadis, elle alla poursuivre la baleine jusqu'à Terre-Neuve et chercher l'Eldorado jusqu'en Argentine. Puisque les rois d'antan ont disparu, c'est à ceux d'aujourd'hui qu'elle adresse ses sourires. Non seulement une aristocratie réduite, mais fidèle, lui demeure attachée ; mais, chaque année plus nombreux, à des prix changés, le "petit monde", comme disent les commères sur le marché, se presse sur les falaises autrefois réservées à la noblesse du pétrole et du Gotha. 



Les méfaits du Front Populaire sont innombrables. Ne méconnaissons pas ce que, par hasard, il a semé de bon grain parmi tant d'ivraie. 



affiche front populaire 1936
AFFICHE FRONT POPULAIRE 1936



Tous les matins, arpentant la plage d'argent du côté d'Ilbaritz, je traverse un champ de coquelicots bougillons éparpillés sur le sable. Dégringolée d'un hôtel désaffecté que surmonte le drapeau rouge, toute une marmaille écarlate célèbre, je n'en doute pas, au chant de l'Internationale, les conquêtes opérées par le prolétariat sur ses exploiteurs. Mais il faut confesser que les mines sont superbes et la tenue excellente. Sous le soleil radieux, en face de l'Océan qui ronronne, comment n'espérer que les âmes ne s'aèrent et ne s'éclairent en même temps que brunissent les épidémies et que s'élargissent les poitrines maigriotes ? 



Il me plaît d'imaginer que, sur notre humanité troublée, le vieux terroir exercera son emprise. Est-ce que, barbotant sous le ciel d'azur, parmi les flots d'écume blanche, ce pullulement cramoisi n'évoque pas l'idée d'une multitude de cocardes tricolores, symbole alerte, par delà ce qui aujourd'hui nous aigrit et nous divise, d'un ralliement joyeux qui, un jour, se fera entre tous les enfants d'une même patrie ? 



A tous les âges de ma vie mon pays basque m'a défendu contre la détresse. Jusque dans l'ère de Blum et sous le signe de Jouhaux, je vous jure qu'il n'a pas épuisé les ressources de sa magie..."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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lundi 28 août 2023

PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 28 AOÛT 2023 SAINT AUGUSTIN ET SAINT JULIEN - AUSTIN

 

PROVERBE DU 28 AOÛT 2023 (SAINT AUGUSTIN) (SAINT JULIEN) (AUSTIN).


AUGUSTIN : Né le 13 novembre 354 à Tagaste (Algérie), Augustin devient évêque d'Hippone. 



religion catholique saint sainte augustin
28 AOÛT SAINT AUGUSTIN D'HIPPONE



Chrétien romain, de la classe aisée, ayant des origines berbères, Augustin est un des théologiens les plus fascinants de son époque.

Né à la fin de l'empire romain, Augustin assiste aux grandes invasions et au sac de Rome par le Wisigoth Alaric. Cela va imprégner ses écrits. 

Augustin meurt à 76 ans, le 8 août 430.

Son oeuvre immense le range parmi les plus grands Docteurs de l'Eglise ; Augustin est le patron des théologiens.

Avec Ambroise de MilanJérôme de Stridon et Grégoire le Grand, Augustin est l'un des quatre Pères de l'Eglise occidentale et l'un des 36 docteurs de l'église.

Augustin d'Hippone reste l'un des écrivains les plus lus et les plus étudiés dans toutes les langues et sur tous les continents.




religion catholique saint sainte augustin
28 AOÛT SAINT AUGUSTIN D'HIPPONE


JULIEN : Saint Julien de Brioude (3ème siècle) est un martyr de l'Eglise des premiers temps.




religion catholique saint sainte julien
28 AOÛT SAINT JULIEN DE BRIOUDE


Soldat romain converti au christianisme, il aurait subi le martyre en 304.

Au-dessus de son tombeau, trois basiliques successives ont été élevées.

Le modeste tombeau de  Saint-Julien à Brioude est l'un des sanctuaires les plus anciens de l'Auvergne.

On lui a dédié plus de 800 églises, dont il en reste au moins 300. 





AUSTIN : Agustin (es), Augustin (fr).

Artikutzako eguna. Mendebaldeko kulturan eraginik handiena izan duten gizonetarik bat Augustinus Afrikarra (+430).

AGUSTIN : Latineko Augustinus-etik sortua, eta hau Augustus-etik. Aljeriako Hipona (egun Bona) hirian jaio zen Eliza katolikoaren lau doktoreetako bat den san Agustin. Jaia abuztuaren 28an da. Aldaerak : AugustinMustio eta Austin (Deun-ixendegi euzkotarra-Die).

MUSTIO : Agustin-en aldaera, Orbaibarko (Nafarroa) toponimian ageri dena.





Une naissance du 28 août Léopoldine Cécile Marie Pierre Catherine Hugo.



fille poète france noyade
PORTRAIT DE LEOPOLDINE HUGO AVRIL 1837
DESSIN DE SA MERE ADELE HUGO


Née le 28 août 1824 à Paris - Morte le 4 septembre 1843 à Villequier (Seine-Inférieure).

Léopoldine est la fille du romancier, poète et dramaturge Victor Hugo et d'Adèle Foucher.

En 1838, elle rencontre Charles Vacquerie, fils d'un amateur du Havre et ils s'éprennent l'un de l'autre, mais Victor Hugo la trouve trop jeune pour envisager un mariage l'année suivante.

Elle l'épouse finalement en février 1843, dans la plus stricte intimité.

Le 2 septembre 1843, le couple arrive à Villequier, où deux jours plus tard, ils embarquent dans un canot de course, sur la Seine.

A la suite d'un fort coup de vent, le canot chavire et les deux époux se noient, ainsi que leur oncle qui pilotait le canot et leur cousin. 4 décès, quelle tragédie !

La mort prématurée et tragique de sa fille, à 19 ans, et de son gendre aura une très grande influence sur l'oeuvre et la personnalité de Victor Hugo.

Il consacrera à sa mémoire de nombreux poèmes.




fille poète france noyade hugo
LEOPOLDINE HUGO 15 ANS




Voici le proverbe du lundi 28 août 2023 :



SAN-AGUSTIN, TXILIN TXILIN, KUARTILLU BETE TXAKOLIN.

Pluie fine à la Saint-Augustin, le gobelet plein de vin.



pais vasco antes vino guipuzcoa
TXAKOLI A GETARIA GUPUZKOA
PAYS BASQUE D'ANTAN





(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)


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LA FEMME AU PAYS BASQUE EN 1895 (deuxième partie)

LA FEMME AU PAYS BASQUE EN 1895.


La place de la femme, dans la société, au Pays Basque, a toujours été très importante.




pays basque autrefois navarre occodental femme
FEMME DE NAVARRE MONTAGNE OCCIDENTALE
PAYS BASQUE D'ANTAN






Après nous avoir parlé des enfants, des animaux domestiques, des mariages et de la mort, voici 

ce que rapporta au sujet de la femme au Pays Basque, Mme d'Abbadie d'Arrast, épouse 

d'Antoine d'Abbadie d'Arrast, dans la revue bimensuelle La Femme, le 15 septembre 1895 :



"La femme du pays basque (suite).



"... Un autre remède pour amender les péchés de la langue est recommandé dans les veillées du pays. Une pénitente s'accusait de médisance contre son prochain. Son confesseur, après lui avoir fait de sévères remontrances, lui impose une pénitence. "Tuez une volaille, lui dit-il, une belle grosse poule, vous la plumerez, et ensuite vous en jetterez les plumes au vent, puis vous les ramasserez avec soin et vous me les rapporterez toutes." "Ce que vous me commandez là est impossible," lui dit la femme. "Alors cela prouve la gravité de votre faute ; le mal que vous avez fait par votre langue à votre prochain, vous ne pouvez le réparer pas plus que vous ne pouvez rattraper les plumes que vous jetez à l'air du ciel."



Nous disions tout à l'heure que la Basquaise restait le matin à la maison pour s'acquitter des soins du ménage ; il n'est pas sans utilité de rechercher l'emploi de son temps ; cela peut donner à réfléchir à beaucoup de nos jeunes filles que le travail effraie et qui se montrent si peu courageuses lorsqu'il faut quitter son lit. Notre Basquaise se lève la première dans la maison, au jour en été, avant le jour en hiver ; après cinq heures on ne la trouve guère couchée. Les hommes se lèvent après elle, un peu plus tard. Son premier soin est d'allumer le feu dans la cuisine et de mettre la marmite sur le feu pour faire bouillir de l'eau et préparer la soupe avant que les ouvriers ne partent pour les champs. Cela fait, elle songe aux enfants. Elle les lève, les habille, leur donne à manger et les envoie à l'école ; ensuite elle fait les lits, elle balaie la maison et la met en ordre ; elle va chercher les légumes dans son jardin, les épluche, les pèle et prépare le repas du midi. Le menu de ces repas ne varie guère : une soupe aux légumes, un peu de porc salé, des haricots en sauce, du pain de maïs, de la miche cuite au four, du fromage qu'elle a fait elle-même. Quelquefois on a tué une brebis à la maison ; avec le sang et la graisse de la brebis elle prépare des boudins que les gourmets du pays estiment particulièrement ; ces boudins servent pendant plusieurs jours à faire une soupe qu'on nomme "tripa chalda", où entrent force oignons, ail, et piments rouges. Elle sert le repas; elle ne se met pas à table, elle se tient derrière la chaise de son mari, va et vient, faisant le service. Après le repas, elle range soigneusement sa cuisine. Les cuisines basques sont arrangées avec une certaine coquetterie ; le dressoir sert à recevoir les anciens plats de la famille : plats de vieille faïence, plats d'étain souvent timbrés d'armoiries quand la maison est d'origine noble ; un volant de cretonne à petits carreaux blancs et rouges encadre le manteau de la vaste cheminée ; dans sa longue caisse de merisier une grande pendule ; les ustensiles de cuisine sont placés sur une planche au-dessus de l'évier ; le seau de cuivre pour contenir l'eau trône au milieu des vases de terre et de bois ; il brille comme de l'or ; son éclat est l'orgueil des maîtresses de maison. Dans un coin est placé un grand broc eu hêtre muni d'une anse. On l'a taillé en plein bois, dans un gros bloc de bois ; la ménagère fait bouillir son lait dans ce broc ; pour ce faire, elle jette dans le lait des pierres qu'elle a fait rougir au feu. En quelques minutes le lait bout, mousse et monte ; aussitôt on le verse dans une terrine, puis, de la terrine, on le remet dans le vase de bois jusqu'à cuisson parfaite. Le lait cuit à la pierre constitue le repas du soir avec de la méture, c'est à dire du pain de maïs et des châtaignes en hiver.



La femme, avons-nous dit, ne s'asseoit pas à table ; elle fait manger la famille, elle ne mange qu'après les autres, la plupart du temps debout ou assise sous le manteau de la cheminée. Il n'y a pas bien longtemps qu'on connaît la fourchette dans le pays ; on mangeait tout simplement avec les doigts et l'on savait s'y prendre très proprement.



pays basque autrefois cuisine dessin homualk
A LA CUISINE DESSIN DE HOMUALK
PAYS BASQUE D'ANTAN



On voit que les Basquaises n'ont pas une vie oisive. Il faut qu'elles fassent souvent la lessive ; les belles chemises blanches du mari et des fils parlent de leur vaillance au travail ; le soir, elles veillent jusqu'à 11 heures, tandis que le mari est déjà couché. Autrefois, elles filaient à la lueur d'une petite chandelle de résine ; il faut égrainer le maïs, fendre l'osier pour attacher la vigne, trier les châtaignes et les retirer du hérisson, battre les haricots, éplucher la paille de maïs pour garnir les paillasses ; elles donnent peu d'heures au sommeil. Par contre, elles ne savent guère coudre ; elles ignorent en général la science si précieuse du raccommodage, du ravaudage, des reprises bien faites. Pour ces menus travaux et pour la confection des vêtements et du linge, on fait venir la couturière. Leurs doigts rendus lourds par les gros travaux, par le lavage, ne sont pas assez souples pour manier l'aiguille ; elles savent lire et écrire, mais ce sont des talents qu'elles n'utilisent pas, si ce n'est pour lire les lettres des enfants qui sont partis pour l'Amérique et pour leur répondre ; les journaux sont en français ; elles ne parlent guère le français et le lisent mal.



Leur armoire à provisions renferme des pots de graisse et de raisiné qu'elles ont préparé elles-mêmes ; les jambons et les saucisses sont mis en réserve, suspendus dans la cuisine. L'armoire à linge est bien garnie de beau linge blanc plié par elles, qu'elles lessivent avec soin, qu'elles lavent dans le courant de la rivière, les pieds nus dans l'eau et la tête au soleil ou exposées toute une journée à la pluie et au vent. Bientôt, sur les buissons autour de la prairie, on voit les draps, les serviettes, les chemises qui sèchent, et les voisines, qui de loin en font le compte, estiment cette richesse. Dans l'armoire à linge elles ont rangé les pommes qu'elles conserveront pour les enfants, pour la famille, jusqu'aux premiers jours d'avril. Elles gardent la clef du grain ; trop souvent, hélas ! elles abusent de leur privilège ; elles prennent le grain en cachette du mari et l'échangent chez le marchand contre des douceurs ou contre des étoiles. Malheur à la maîtresse de maison qui prend l'habitude de voler la provision de blé ! Elle apprend à contenter sa fantaisie, elle achète à crédit ; elle endette la maison et ruine sa famille. Mais les dépensières sont heureusement l'exception ; la plupart des maîtresses de maison sont économes et ordonnées, bonnes mères et fidèles épouses.


pays basque autrefois lavoir basse-navarre femme linge
LAVOIR A SAINT-JEAN-PIED-DE-PORT
PAYS BASQUE D'ANTAN


Nous avons dit qu'elles portaient des haillons pour faire leur ménage ; les plus riches d'entre elles ne mettent leur robe de laine noire que dans des occasions exceptionnelles : certains dimanches du mois pour certaines cérémonies solennelles à l'église. On les voit souvent pieds nus sur les dalles de leur cuisine ou sur le chemin qui mène aux champs. Pour faire de longues courses, elles mettent leurs petits souliers plats et leurs bas dans un cabas et ne se chaussent qu'en entrant dans le village, après s'être lavées dans le torrent.



Le mari consulte sa femme lorsqu'il s'agit de vendre ou d'acheter ; il se met d'accord avec elle pour toutes les affaires d'intérêt. Avant de prendre une décision, il veut avoir son avis ; elle est souvent propriétaire de la maison, ce qui lui confère une dignité et de l'autorité.



Les Basquaises sont particulièrement compatissantes à la souffrance ; entre voisins on s'entr'aide, on n'abandonnerait jamais des orphelins ; à la mort des parents on s'entend pour se distribuer les enfants ; ces enfants-là servent plus tard comme domestiques dans la maison qui les a recueillis et ne reçoivent de gages qu'au bout d'un certain temps. Elles sont douces pour les bêtes ; les vaches, les ânes, même le porc, et surtout le porc, font partie de la maison et vivent dans la maison, très domestiques, très familiers. Elles ont beaucoup d'enfants, elles sont douces à leur égard, presque faibles, les laissant trop libres ; elles ne les surveillent pas assez, et ce manque de surveillance amène de fâcheuses conséquences, des écarts de conduite fort regrettables. C'est pour cette raison que les jeunes filles sont souvent d'une tenue plus que légère et ne se font pas respecter ; ces mêmes jeunes filles, aussitôt qu'elles se marient, deviennent sérieuses ; il est presque sans exemple qu'une femme mariée mène une mauvaise conduite.



Certaines femmes dans le village, il y a une cinquantaine d'années, se consacraient aux soins des malades par goût, par pure compassion ; elles étaient à demi médecins, presque sages-femmes, car on ne connaissait ni médecins ni sages-femmes. Elles avaient de la pratique et ne manquaient pas d'une certaine habileté. Elles allaient veiller les morts, elles préparaient les repas pour fêter la naissance du nouveau-né, pour les noces elles venaient aider aux préparatifs de la fête. Elles ne savaient à cette époque ni lire ni écrire ; elles étaient et elles sont restées, beaucoup d'entre elles, joueuses ; cela vient de la contrebande à laquelle on se livrait dans le pays presque dans chaque maison et qui détournait d'un travail régulier ; cela vient aussi de la fréquentation des places du jeu de paume où des paris se tiennent dès que des joueurs sont en présence.



Le dimanche, on les voit assises sur le pas de leur porte, quatre par quatre, six par six, une planche sur leurs genoux qui figure une table ; elles se servent de jeux de cartes espagnols et jouent au "mousse" et aux "flores". Les cartes espagnoles portent des images de soleil, de bâtons, de roses, d'épées aux couleurs éclatantes, rouges et bleues, jaunes et or. Elles jouent aux quilles, aux boules ; elles savent saisir la boule à bras tendu et la jettent avec la vigueur qu'y mettrait un homme.



Si les Basques aiment leurs enfants et les adulent, il faut bien avouer, par contre, qu'on est dur, dans certaines maisons, à l'égard des vieillards, surtout si ces derniers ont l'imprudence de se dessaisir de leurs biens en faveur des jeunes. Ils sont à charge parce qu'ils ne peuvent plus travailler ; on le leur fait sentir ; on ne sait pas respecter la vieillesse. Et cependant les vieilles Basquaises sont actives jusqu'à leur dernier souffle ; tant qu'elles le peuvent, elles continuent leurs rudes travaux. Il n'est pas rare de voir aux champs de vieux couples, courbés par l'âge, qui, la pioche à la main, retournent la terre et affrontent, malgré leurs cheveux blancs, les intempéries des saisons. Ceux-là souvent sont restés seuls à la maison ; les fils sont partis pour l'Amérique, les filles les ont suivis, et, pour vivre, il leur faut ramasser le reste de leurs forces et de leur énergie et continuer leurs travaux comme lorsqu'ils étaient jeunes. Les exemples d'une verte longévité ne sont pas rares dans le pays. Des mendiantes, âgées de plus de 80 et 90 ans, parcourent le pays en dépit de leur grand âge, appuyées sur leur bâton, leur sac de toile sur le dos, pour demander le morceau de pain que jamais la maîtresse de maison n'a refusé lorsqu'un pauvre vient tendre la main à sa porte.



Autrefois, le vieillard basque présentait un type très intéressant. Ses longs cheveux blancs s'échappaient en boucles de son béret et tombaient sur ses épaules ; il portait la culotte courte et une veste ronde de velours qui s'ouvrait sur un gilet aux couleurs éclatantes ; il avait une mémoire inépuisable et sa conversation était instructive et pleine de bon sens. Cette distinction d'esprit, ce jugement était également le partage de la vieille grand'mère que l'on consultait, que l'on écoutait comme un oracle. Elle avait beaucoup vu, beaucoup pensé, beaucoup appris entre les quatre murs de cette chère maison paternelle qu'elle n'avait jamais quittée, où elle était née, où elle allait mourir, dont elle était restée la reine et la maîtresse, où elle avait conservé la tradition de la famille et les histoires des temps d'autrefois, histoires si amusantes et qu'il est si difficile de retrouver maintenant que ces vieillards diserts ne sont plus et qu'ils ont emporté avec eux dans la tombe leurs vieux souvenirs."



A suivre...


(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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dimanche 27 août 2023

PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 27 AOÛT 2023 SAINTE MONIQUE - HOKI


PROVERBE DU 27 AOÛT 2023 (SAINTE MONIQUE) (HOKI).


MONIQUE : Née en 332 à Souk Ahras (Algérie), Monique donne le jour à 3 enfants dont le futur saint Augustin d'Hippone.




religion catholique saint sainte monique
27 AOÛT SAINTE MONIQUE



Monique est saisie d'une extase mystique à Ostie, le port de Rome, peu après qu'elle ait réussi à convertir son fils.

Monique meurt dans les jours qui suivent, en 387, à l'âge de 56 ans.

Reconnue sainte par l'Eglise catholique romaine et l'Eglise orthodoxe, Monique est fêtée le 27 août, veille de la fête de son fils.

Toutefois, en Wallonie, Monique est fêtée le 4 mai.




religion catholique saint sainte monique
27 AOÛT SAINTE MONIQUE



HOKI : Andre Mariaren kapera Zuberoko Sohütan.


pays basque église soule
CHAPELLE TRINITAIRE DE HOQUY A CHERAUTE SOULE




Un décès du 27 août : Eugène-Augustin-Nicolas Roger de Bully dit Roger de Beauvoir.



romancier poète france dramaturge romantique
PHOTO DE ROGER DE BEAUVOIR
PAR PIERRE PETIT ET ANTOINE TRINQUART



Né le 28 novembre 1807 à Paris 2ème arrondissement - Mort le 27 août 1866 à Paris 17ème arrondissement.

C'est un romancier, poète et dramaturge romantique français.

Roger naît dans une famille aisée, avec un père Receveur général des Finances.

Il adopte le pseudonyme de Roger de Beauvoir, du nom d'une propriété de ses parents, à la demande de son oncle maternel, député royaliste du Nord.

Son esprit, sa beauté et son genre de vie aventureux le rendent célèbres dans Paris.

Delphine de Girardin, écrivaine et poétesse, le surnomme le "Musset brun".

Roger est un grand ami d'Alexandre Dumas père, dont il est, avec Chateaubriand le témoin de son mariage avec Ida Ferrier.

Disposant de ressources importantes, il mène grand train, donnant de belles fêtes dans son appartement de la rue de la Paix puis dans les salons de l'hôtel de Lauzun, qu'il loue un peu plus de un an.

En 1844, il rencontre l'actrice Léocadie Doze, pensionnaire de la Comédie Française, qu'il épouse en 1847 et avec laquelle il aura deux enfants.

En 1849, pendant 3 mois il est emprisonné et condamné à une amende de 500 francs pour un poème satirique, Mon procès, écrit après son divorce.

Avec son épouse, ils se séparent judiciairement en 1850.

Atteint de la goutte, Roger passe les dernières années de sa vie, à demi ruiné, confiné dans un fauteuil, dans un appartement des Batignolles.

Quelques-uns de ses vieux amis, dont Barbey d'Aurevilly, lui rendent visite jusqu'à sa mort, le 27 août 1866, à 58 ans.

Son oeuvre est composée de plusieurs romans et de vaudevilles, avec d'autres pseudonymes comme de Belveder et Roger Bontemps.


romancier poète france dramaturge romantique
POETE ROGER DE BEAUVOIR



Voici le proverbe du dimanche 27 août 2023 :


EURI, AU DA INDIANORIK OBERENA.

La pluie est le meilleur des Américains.



pays basque danse fandango pluie
FANDANGO SOUS LA PLUIE
PAYS BASQUE D'ANTAN




(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)



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