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dimanche 3 octobre 2021

LA SOULE AU PAYS BASQUE EN 1881 (première partie)

LA SOULE EN 1881.


La Soule est la plus petite des 7 provinces du Pays Basque. Située dans les Pyrénées-Atlantiques, elle est peuplée d'environ 15 000 habitants et a pour capitale Mauléon-Licharre (Maule).





pays basque soule frontière
CARTE FRONTIERE PAYS BASQUE NORD ET SUD



Voici ce que rapporta Paul Perret dans son livre "les Pyrénées françaises" en 1881 :



"Le pays de la Soule.



Mauléon.



Le pays de la Soule porte son enseigne : c'est le clocher à trois pignons qui domine toutes ses églises.



Quand nous disons clocher, c'est uniquement parce que ce singulier appendice renferme des cloches. Encore ne les renferme-t-il pas dans le sens propre du mot, puisqu'elles sont à l'air. Ce n'est exactement qu'un pan de mur à trois pointes, une façade à trois cornes, formant saillie au dessus du toit, et percé de trois petites arcades. Quand l'église est pauvre, il n'y a qu'une cloche dans l'arcade du milieu ; quand elle est plus riche, il y en a trois, dont une plus grosse et deux plus petites. Si le vent souffle en tempête, elles tintent d'elles-mêmes, sans le secours d'un sonneur. Le clocher en usage dans la Soule est unique au monde ; aucun autre peuple de France ne se contenterait d'un appareil si rustique. Dans la dentelure de ces étranges pignons, quelquefois dans la triple petite arcade affectant la forme de l'ogive étranglée, il y a comme une vieille couleur sarrasine.



Mauléon-Licharre, vieille cité qui a pour armes un lion d'or et trois tours rondes sur champ de gueule, qui fut la résidence des puissants vicomtes de la Soule, n'a plus l'honneur que d'être un chef-lieu d'arrondissement : quatre mille habitants, avec les hameaux qui l'avoisinent. Mauléon a une église qui n'est pas plus riche que celle d'un village. Il est vrai qu'elle en possède une autre. C'est dans la "grande église" de Mauléon que se passa, au XVIe siècle, un drame étrange. Le huguenot Roussel, évêque d'Oloron par la grâce de la reine Jeanne, étant venu y prêcher les doctrines nouvelles, un des notables, Arnaud Maytie, lui imposa silence. Roussel ne tenant compte de l'injonction, Maytie saisit une hache qu'il avait apportée dans le temple et cachée dans son banc, se précipite contre la chaire et se met à la frapper à grands coups ; ses amis l'aidaient ; la chaire tombe, écrasant à demi le prêcheur sous son poids. On transporta Roussel, grièvement blessé, à Oloron, et de là aux Eaux-Chaudes, où il ne trouva point la guérison de ses blessures. Il en mourut au bout de quelques mois.




pays basque soule religion
EGLISE DE MAULEON SOULE
PAYS BASQUE D'ANTAN



L'église villageoise est située à un kilomètre environ de la ville ; on l'aperçoit du haut du pont qui conduit à la place principale, franchissant le Saison, et contre lequel un moulin s'appuie, lançant une triple gerbe d'eau et d'écume. Le Gave roule entre deux bords ravinés et tapissés d'arbustes de toute sorte ; à droite, des terrasses portant des jardins ont été construites au-dessus de la ravine ;  de l'autre côté du pont, on voit le torrent descendre entre les assises des maisons qui baignent leur pied dans l'eau. L'horizon est fermé par un haut cadre de montagnes vertes.




Le Gave trace un sillon brillant dans ce paysage un peu sombre ; il attire comme la lumière. Nous descendons sur sa berge verte, à travers des broussailles auxquelles nos mains ne s'accrochent point sans méfiance, car une vipère gît, la tête écrasée d'un coup de talon, à l'entrée de la sente ; elle sortait de ce fouillis d'herbes et d'épines, quand elle a rencontré le compagnon qui l'a tuée. Arrivés au pied de l'escarpement, nous nous asseyons sur un des blocs de grès blanc dont le lit du Gave est hérissé. Mon compagnon prend ses crayons, séduit par la tournure pittoresque des vieux toits qu'il découvre au-dessus des terrasses de l'autre bord. Quant à moi, je regarde en aval glisser le maigre flot du Gave, presque à sec, et s'épandre cette large cascade artificielle qui sort du moulin par trois bouches, avec un bruit aigu, le grondement forme la basse. Au-dessus du pont, en regard de ce moulin, se dresse une haute maison de trois étages, qui vient se refléter dans le miroir du torrent. Les images seulement m'arrivent renversées. Je vois une femme qui achève de s'habiller, puis qui se peigne ; mais je la vois la tête en bas. Elle se croit bien à l'abri des regards ;  il serait peut-être charitable de lui apprendre à se méfier des pièges de l'eau.



Il est vieux aussi, ce pont de deux arches ; mais où donc en ai-je lu une description trop complaisante, qui me le représentait tout enveloppé d'un manteau de lierre ?  Il est nu comme un pont neuf. De ce côté, il forme la seule entrée de la ville. Aussi n'est-il pas un instant désert. Les gens qui le traversent ont visiblement l'habitude de s'y arrêter, accoudés sur le garde-fou, pour considérer la cascade. D'en bas, je revois une troupe de ces Basquaises blondes, que nous n'avions pas rencontrées depuis Hendaye. Il n'est pas sûr que ces rustiques filles d'Eve soient retenues là par les fusées d'écume qui jaillissent du moulin, elles examinent plutôt ces deux originaux assis sur une roche au milieu du Gave, dont l'un fait courir ses crayons, et ont l'autre fume des cigarettes. Nous les égayons assez. Bast ! ce n'est pas un si mauvais sort que de prêter à rire à de jolies filles. 



Mais voici que les curieuses sont dérangées par une diligence qui accort avec un épouvantable fracas de vieilles ferrailles. Puis, c'est un troupeau de mules espagnoles qui arrivent, chargées de pompons et de sonnettes, portant des ornements de cuivre au frontal, conduites par leurs muletiers farouches.  Le dessin de mon compagnon est terminé ; nous nous levons et reprenons le chemin de la ville. Nous sommes sur la grande place.




pays basque place soule
PLACE DE LA CROIX BLANCHE MAULEON SOULE
PAYS BSQUE D'ANTAN



D'un côté la promenade, que borde le jardin de la sous-préfecture, et devant la mairie, le jeu de paume. Là, il faut saluer deux ormes d'un âge invraisemblable et d'une hauteur extraordinaire. Il paraît que les magistrats de Mauléon rendaient autrefois la justice sous des arbres ; si c'étaient ceux-ci, les justiciers avaient un bon pavillon, tout à fait imposant et noble.  De l'autre côté de la place, en arrière d'un autre jardin défendu par une grille, s'élève l'hôtel d'Andurrain. C'est une grande maison dans le style du XVIe siècle, dont le plan n'a pourtant pas été suivi jusqu'à l'achèvement complet. Le corps principal du logis devait être flanqué de quatre pavillons ; il n'y en a que trois, le quatrième manque sur la façade occidentale. L'édifice a été malheureusement construit en mauvaises pierres ; beaucoup de détails sont lourds, mais quelques-uns ont le plein caractère de la Renaissance, et tous sont curieux. Des têtes sculptées,  presque toujours des masques comiques,  décorent le long mur qui regarde le midi et borde une rue courant vers l'ouest. La façade orientale offre une charmante porte Renaissance, surmontée d'un balcon de fer que soutiennent de belles consoles. L'hôtel d'Andurrain est une demeure intéressante, et le maître est logé vraiment en seigneur.




pays basque château soule
CHÂTEAU D'ANDURAIN MAULEON SOULE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Au milieu de la place s'élève une colonne de marbre qui porte sa date : c'est de l'Henri II, et du meilleur. Cette place est charmante, avec le vieux logis sur l'une de ces faces, avec les jardins qui l'encadrent. Celui de la sous-préfecture est fort beau. On demande souvent à quoi les sous-préfets sont utiles ? Je ne l'ai pas découvert ; mais, si celui-ci ne sert à rien, du moins il est bien logé.




pays basque sous-préfecture soule
SOUS-PREFECTURE MAULEON SOULE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voilà cet antique Mauléon, capitale de la Soule. A l'ouest, sur le mont prochain, se dressent les restes du château qui commanda la ville et lui donna son nom, lequel ne témoigne point du tout qu'il ait été construit par un bon sire. Château du Mauvais Lion  Mauléon.   Sur cette hauteur dominant la rive droite du Saison  la ville est en grande partie sur la rive gauche  qui planta le premier cette aire redoutable ?  Au XIIIe siècle, c'est une maison forte très qualifiée ; Auger, vicomte de Soule, est cependant obligé de la céder avec sa vicomté à Edouard Plantagenest, roi d'Angleterre, duc de Guyenne. Au XVe siècle, les mêmes Anglais y sont encore maîtres, et les comtes de Foix la reprennent aux Anglais. C'est là, dans ce vieux centre basque, toujours très résistant aux nouveautés religieuses, que les catholiques se rassemblèrent pour organiser la bataille contre les ordonnances de Jeanne d'Albret, la Huguenote. La reine aurait pourtant dû savoir que ce pays de la Soule était furieusement orthodoxe, car c'était après l'aventure de l'évêque d'Oloron. Mais, quand les princes ont une foi et que les peuples en ont une autre, celle des princes recourt aisément aux vexations et à la persécution,   sans parler de la hache et de la corde. A quoi bon, puisque la préférence des peuples l'emportera ?"



A suivre...



(Source : Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)






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samedi 2 octobre 2021

PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 2 OCTOBRE 2021 SAINT LÉGER - NAGORE

 


PROVERBE DU 2 OCTOBRE 2021 (SAINT LÉGER) (RUTH) (BIANCA) (NAGORE).


LÉGER : Evêque d'Autun en 663, Léger (ou Léodegard) était aimé du peuple.



religion catholique saint sainte léger
2 OCTOBRE SAINT LEGER D'AUTUN

Léger conduisit une révolte contre Ebroïn, le maire du palais du royaume de Neustrie.

Vaincu, Léger fut supplicié et il mourut en Picardie vers 677/678.

Son bourreau ayant été à son tour assassiné, Léger fut plus tard réhabilité et reconnu comme martyr.

Un concile d'évêques proclama sa sainteté en 681 et l'Eglise catholique romaine célèbre sa fête le 2 octobre.



religion catholique saint sainte léger
2 OCTOBRE SAINT LEGER D'AUTUN

Voici ce que rapporta à son sujet La Gazette de France, le 19 avril 1987 :


Samedi 24 avril Saint Léger (VIe siècle). 

Le Perthois était une petite province fondue aujourd’hui dans les départements de la Marne et de la Haute Marne ; sa petite capitale s'appelait Perthes. Dans les invasions qui troublèrent les Gaules au Xe siècle. Perthes fat tellement ruinée, qu’il n’en reste qu’un village. Au sixième siècle, l’évêque de Châlons, Leudomère, confia au saint prêtre Léger le gouvernement alors important de l'Eglise de Perthes. Il remplit ces fonctions avec un zèle admirable. Recommandable par sa foi, sa piété, son humilité, il gagna les cœurs de tous les habitants. On rapporte qu’il délivra un possédé en faisant le signe de la croix. Il rendit aussi l’usage de ses membres à un homme entièrement perclus. Il mourut dans un âge avancé à la fin du sixième siècle et fut enterré dans son église, qui devint pour la contrée un lieu de pèlerinage. 




NAGORE : Artzeko ibarra Andre Mari Nafarroan, urriko lehen igandea ospatzen da.

Artzibarko (Nafarroa) herria eta Andre Mariaren adbokazioa. Irudia XIV. mendekoa da.



pais vasco antes religion procesion navarra
ARMOIRIE D'ARCE - ARTZIBAR NAVARRE



Un décès du du 2 octobre : François Arago.


histoire personnages celebres abolition esclavage
FRANCOIS ARAGO


Né le 26 février 1786 à Estagel (Pyrénées-Orientales) - Mort le 2 octobre 1853 à Paris.

Aîné d'une famille de propriétaires terriens, François Arago est un remarquable exemple d'ascension par le mérite. 

À dix-sept ans, il entre à Polytechnique non sans éblouir son examinateur, le physicien Gaspard Monge.

Après des aventures singulières, y compris des mesures de longitude en Catalogne qui lui valent la prison, il devient à 23 ans astronome à l'Observatoire de Paris. 

Il en prendra la direction de 1843 à sa mort.



histoire personnages celebres abolition esclavage
FRANCOIS ARAGO

Admis dans le même temps à l'Académie des Sciences avec une dispense d'âge, il s'attache à promouvoir les jeunes talents. 

Il s'illustre aussi par ses recherches dans l'optique et l'électromagnétisme en collaboration avec André Marie Ampère.

Il épouse, en septembre 1811, Lucie Carrier-Besombes, avec laquelle il aura 3 enfants.

Après la mort de son épouse en 1829 et l'avènement de Louis-Philippe 1er, il s'engage en politique. 

Élu député des Pyrénées-Orientales puis de Paris, il siège à l'extrême-gauche et se fait le champion de l'innovation industrielle.



histoire personnages celebres abolition esclavage
FRANCOIS ARAGO

Après la Révolution de Février 1848, il entre au gouvernement provisoire de la Seconde République comme ministre de la Marine et de la Guerre. 

Avec Victor Schoelcher, il fait voter l'abolition de l'esclavage.

Il préside brièvement le gouvernement républicain (Comité exécutif) du 5 mai au 28 juin 1848 et renonce à la vie politique après le coup d'État du 2 décembre 1851 de Louis-Napoléon Bonaparte et l'avènement du Second Empire.

Il meurt le 2 octobre 1853, à 67 ans.






Voici le proverbe du samedi 2 octobre 2021 :


MENDEBALA EURI BAGARIK ? EZTAGO AIZE ABARIK.

Vent d'ouest sans pluie ? Il n'est pas de meilleur ami.


tempête vent ouest
COUP DE VENT D'OUEST



(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)





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LES PAROISSES DU PAYS BASQUE NORD PENDANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE : AHETZE ET ARBONNE ET HALSOU EN LABOURD (sixième partie)

 

LES PAROISSES BASQUES PENDANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE.


Pendant la Révolution française, le Pays Basque Nord, avec sa frontière avec l'Espagne a connu de nombreux combats et a souffert avec la déportation de milliers d'habitants en 1794.


pays basque autrefois labourd paroisse
VUE ENSEMBLE D'AHETZE LABOURD
PAYS BASQUE D'ANTAN




Voici ce que publia à ce sujet l'Abbé Haristoy, Curé de Ciboure, en 1899 :



"Ahetze et Arbonne, en basque Ahetze et Arbona



Le premier est cité sous les noms de "Villa quæ dicitur Ahece" au XIIe s. ; d’Aheze, au XIIIe s. (cart. de Bayonne fos 8 et 12), d’Ahetce en 1302 (charte du chap. de Bayonne. Le second appelé Narbonna en 1186 (cart. de Bayonne f° 82) fut quelque temps la résidence d’été des évêques de Bayonne. Nous regrettons de n’avoir pas pu connaître le nom de leur demeure.



Ahetze et Arbonne formaient une seule paroisse au XVIIIe s. La population d’Ahetze en 1650, était de 107 foyers ; en 1718, de 747 habitants, en 1820, de 509. Celle d’Arbonne en 1650, de 150 foyers, en 1718, de 1 050 habitants et en 1820, de 577.


pays basque autrefois eglise
EGLISE D'ARBONNE LABOURD
PAYS BASQUE D'ANTAN


Le curé, à la nomination de l’évêque, résidait ordinairement à Ahetze et le vicaire à Arbonne, annexe. Les revenus de la cure consistaient : 

1° dans la 1/2 des fruits décimaux et prémiciaux des terres anciennes et novales, 700 1. 

2° dans la 1/2 des fruits décimaux et des terres anciennes et novales d’Arbonne, 460 1. ; 

3° dans le casuel d’Ahetze 100 1., celui d’Arbonne 80 1. avec charge de 200 1. pour le vicaire, résumé net 1 140 1.



La fabrique possédait, à Ahetze, un revenu net de 120 1. et à Arbonne une part dans les dîmes de quelques terres d’Arbonne et d’Ahetze évaluées 60 1.



A Ahetze, il y avait quelques obits tombés en désuétude ; les prébendes étaient celles d’Arretchea (12 mars 1692) 25 1. ; — de Chahirenea N. ; — de Hargues ; — de Juncas ; — d’Ilbarots-Hirigoyen ; — d’Achoutoa ; — de Dominique d’Ostalerie ; — du  Sr Casaubon, curé de St-Pé-d’lbarren (13 août 1693) 100 1. ; — de Harambillague (15 novembre 1741) 20 1. ; de Lartucea (9 mai 1698) N. ; — de Janier Etcherenea N.



Les obits et prébendes d’Arbonne étaient : 7 obits d’un rapport annuel de 257 1. — Les prébendes : celles de Juncas, fondée par Armand Juncas, vicaire, le 29 août 1727, revenu 50 1. ; — de Labiton, aliàs de Socobie, (4 septembre 1701) 201. ; — de Sorhouet-Etcbesarry 21 1. ; — de Pouy (26 octobre 1710) 200 1. ; — de St-Paul (?) 100 1. ; — de Mentaberria N.



Chapelle : celle de Pouy à Arbonne, mentionnée en 1751 (Intendance E. 38). — Confrérie : celle de N.-D. du Rosaire érigée en 1714 dans l’église de St-Martin d’Ahetze, et approuvée, le 19 juillet 1738, par Mgr de Bellefont. Parmi les membres figurent : "Arnaud Harambillague, prestre et prieur de la frairie 1761 ; Bernard de Hirigoyen, prestre ; Saubot Detcheverry, prestre ; et Dominica Duhalde, gouvernante de Duhart prestre".



Les actes paroissiaux de 1774 à 1779 portent les signatures de Munduteguy et de Duhart, prêtres.



Période révolutionnaire. — A cette époque Ahetze n’avait qu’un vicaire à la tête de la paroisse : c’était Martin Daguerressar, né à Lahonce. Grâce à la piété des fidèles qui ne voulaient pas que leur chef spirituel apostasiât, Daguerressar hésita quelque temps entre sa conscience et son ambition. Les 26 et 30 janvier 1791, il déclare au maire Dupouy, ne pouvoir prêter que le serment restrictif. Quelques jours après il dit au même magistrat : "C’est une affaire qui m’embarrasse, mais il faut en passer par là", et le 13 février suivant, il prêta le serment pur et simple. Grâce à son apostasie, à l’aide de Daguerressar, notaire de Mouguerre, il devint curé constitutionnel de Lahonce jusqu’à l’abolition du culte. Alors il abdiqua et, devint juge de paix. Avant son départ, d’Ahetze, il envoya à la municipalité un don patriotique de 116 1. 13 s. 4 d. .



pays basque autrefois place
PLACE D'ARBONNE LABOURD
PAYS BASQUE D'ANTAN



— Un autre prêtre l’abbé Duhart, ancien curé et trésorier de la fabrique d’Ahetze, abdiqua aussi.



La Révolution enleva d’Ahetze une cloche, une petite croix du poids de 1° 21 d etc. On parvint à sauver une belle croix du XVe s. que l’on montre encore dans cette paroisse. Véritable objet d’art, elle a été décrite dans les Annales de M. Didron, par un professeur des plus distingués du séminaire de Larressore, l’abbé Laran, de Bayonne, prématurément enlevé par la mort aux sciences et aux lettres. On nous a assuré que la belle croix d’Ahetze n’a échappé à la rapacité des révolutionnaires que grâce à l’inaltérable fidélité d’un enfant de la paroisse, dont nous regrettons de ne pouvoir pas donner le nom.



A la Révolution, Arbonne avait son curé et son vicaire. Loin d’imiter leur triste voisin, ils se refusèrent à prêter le serment schismatique. Le premier était Laurent Duhart, né à Ayherre, de Jean D. et de Marie Haramboure, ordonné à St-Jean-Pied-de-Port, le ler juin 1765, et le deuxième Guillaume d’Etchepare, né à Ainhoa, le 1er septembre 1758, de Jean d’E. et de Ursule Marticorena, ordonné à Oloron en avril 1783. 11 devint vicaire à Espelette et mourut le 23 août 1810. Arbonne perdit à la Révolution trois cloches, etc. 



Au rétablissement du culte, la paroisse d’Arbonne fut confiée à Martin Duhart. Nous avons déjà dit que celle d’Ahetze fut donnée à Louis Duhalde, d’Ustaritz. En 1793, on appela Arbonne Constante.



Halsou :

Halsou, en basque Haltsu, est cité au XIIIe s. dans le cartulaire de Bayonne (f° 49) et dans les collations du diocèse en 1760, sous le nom de Beata-Maria de Halsou. Ce fut d’abord une chapelle dédiée à la Ste Vierge, fondée en 1506, par Martin d’Uhalde et son épouse Marie de Haïtze. Leur demeure se voit encore près l’église de Halsou. Un jour de dimanche, les deux nobles époux allaient entendre la messe à l’église de Larressore. La rivière de la Nive, grossie par d’abondantes pluies, avait un courant des plus violents. Durant la traversée, une de leurs filles tomba dans le torrent et s’y noya. Dans leur désolation, ils demandèrent et obtinrent de Mgr Bertrand de Lahet, évêque de Bayonne, de fonder, près de leur château, une chapelle particulière ; c’était en 1506. Le seigneur de St-Martin de Larressore ayant hérité de la maison d’Uhaldea nommait à la cure de Halsou.



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HALSOU LABOURD
PAYS BASQUE D'ANTAN



Picamillh dit que "l’église de Halsou est une ancienne chapelle édifiée par les soins du baron de Lacarre, en commémoration de la mort de sa fille noyée au passage de la Nive." Mais, comme le dit le capitaine Duvoisin, ce n’est pas dans les anciens écrits que l’auteur a puisé ce renseignement. Les barons de Lacarre n’étaient pas encore alliés à la noble famille de St-Martin de Larressore.



La chapelle fut érigée en paroisse, en 1512, avec l’autorisation du prélat et le consentement du curé de Cambo et de Larressore, annexe. (Halsou ne formait alors qu’un quartier de Larressore). Le manuscrit attribué à l’abbé Larréguy nous donne le nom de ce curé. C’était Monsieur St-Martin. Il était en même temps abbé du couvent d’Urdach. Au XVIIIe s. M. St-Martin, seigneur de Larressore, nommait à la cure de Halsou.



La population, en 1650, était de 100 feux ; en 1718, de 500 habitants et en 1820, de 273. — Les revenus de la cure consistaient en une portion de la dîme, quelques prémices évaluées 336 1. et dans un casuel de 30 l., total 366 l. — Il y avait 14 obits d’un rapport annuel de 68 l. 15 s. — Les prébendes étaient celles de Hiriberria (21 mars 1713), 11 l. 5 s. ; — d’Etchegoyen, aliàs Dithurbide, (20 juin 1693), 30 l. ; — de Hiriartea (30 novembre 1667), 11 1. 5 s. ; — de Dithurbide, aliàs Etehegoyen, (prébende confondue avec la précédente), 45 l. 4 s. ; — d’Ourbarroa (28 février 1727), 6 1. ; — d’Etchegoyen, aliàs Lascorret, (7 avril 1734), augmentée postérieurement, 13 l.10 s.


— La fabrique possédait une rente constituée d’un capital de 120 l. avec charge de quatre messes.



A la Révolution, était curé de Halsou, Pierre Haramboure, enfant de la paroisse, né le 24 septembre 1716 dans la maison Etcheverry-Zahar. Après deux années de professorat à Aire, il y fut ordonné en 1742. Il devint curé de sa paroisse natale et refusa le serment schismatique ; ce qui lui valut la déportation malgré ses 84 ans. Il mourut dans son exil à Mayo (Espagne).



Une de ses sœurs, Gratianne, était mariée à Martin Harriet, grand-père des abbés Fabien et Maurice, chanoines de Bayonne ; Gratianne avec ses trois filles Haurra-Marie, Marie et Josefa, fut victime des mêmes fureurs révolutionnaires. Les quatre furent un moment emprisonnées dans l’église de St-Jean-de-Luz, changée en prison. Josefa y mourut au milieu d’un grand nombre d’internés, entassés pêle-mêle, sans distinction ni d’âge ni de sexe. Les deux autres sœurs rentrèrent au foyer paternel avec leur mère âgée de 80 ans.



Pierre Harriet, fils de cette dernière, était procureur du roi au bailliage d’Ustaritz. Il occupait dignement sa charge, quand la Révolution vint le condamner à mort comme réactionnaire. Pendant quelque temps, il se cacha dans les bois qui entouraient sa maison natale d’Etcheverry-Zahar. Un jour, il était dans une ferme appartenant à la famille et située au bois de Jatxou. Des agents de Hasparren, lancés à sa poursuite, abordent le fermier et réclament la victime. "Il a pris la direction de Hasparren", répond le fermier fidèle. Dépistés un moment, les agents reviennent encore. "Maître, dit le fermier à Harriet, les voici revenus ; ils sont quatre. Je me charge de deux, vous pourriez vous charger des deux autres, nous prendrions leurs chevaux et nous passerions la frontière." Le fermier était un vigoureux bohémien, qui ne quittait jamais son maître. L’ancien procureur rejeta la proposition et franchit la nuit même la frontière. Il alla rejoindre six prêtres émigrés de ses amis et condisciples de Larressore.



C’étaient les abbés Haramboure, curé de Halsou, dont nous avons parlé, Munduteguy, curé de Jatxou, Bernard Etchegoyen, vicaire de Jatxou, Michel Garat, missionnaire de Larressore. et deux autres dont nous regrettons de n’avoir pas les noms. Ils se mirent en communauté, faisant les prières et autres exercices de piété ensemble, exemple suivi toute sa vie, au sein de sa famille, par l’ancien procureur depuis son retour d’Espagne ; l’ex-magistrat servait la messe à ses co- exilés, à raison de deux sous par messe. Le petit pécule servait à augmenter le menu du dîner à certains jours de fête. L’ordinaire se composait de pain et de quelques fruits, assaisonné du bonheur d’une conscience tranquille.



pays basque autrefois paroisses religion
LIVRE LES PAROISSES DU PAYS BASQUE
PENDANT LA PERIODE REVOLUTIONNAIRE

DE L'ABBE PIERRE HARISTOY TOME II


Martin de Munduteguy, dont nous avons déjà parlé, était né à Halsou le 19 novembre 1729, et ordonné à Aire en décembre 1755. Un moment il eut la faiblesse de prêter le fameux serment, faute qu’il répara immédiatement en le rétractant publiquement et en déclarant que jamais il ne reconnaîtrait que l’autorité de l’évêque légitime. Il avait la réputation d’un grand prédicateur.



Bernard Etchegoyen, dit Choko, naquit à Halsou, le 25 décembre 1766, et fut ordonné le 20 mars 1790. Sitôt l’onction sacerdotale reçue, il fut nommé vicaire à Jatxou et peut-être aussi chargé de l’administration de sa paroisse natale, après le départ du curé Haramboure, car sur la liste des déportés ou lui donne le titre de curé de cette paroisse. Mais il ne tarda pas d’aller rejoindre ses confrères à Pampelune. La Révolution enleva de l’église de Halsou 1 calice avec patène, 1 ciboire, 1 soleil sans pied, 1 croix brisée, 1 porte-Dieu ; le tout pesant l6 m 50.



A l’ouverture des églises, Martin de Mundutegpy devint curé de Halsou et Jatxou réunis. Il fut remplacé bientôt par Bernard Etchegoyen. Chez ce dernier se retira, à son retour d’Espagne, l’abbé Michel Garat, missionnaire de Larressore, en attendant sa nomination à la cure de St-Pierre d’Irube vers 1805. Démissionnaire de sa cure en 1817, l’abbé Etchegoyen vécut en prêtre habitué dans sa paroisse natale, jusqu’à sa mort, en 1828.



Doué d’une excellente mémoire et connaissant la vie du saint fondateur du séminaire de Larressore, l’abbé Etchegoyen fournit, nous a-t-on assuré, d’intéressants détails à l’auteur de sa vie. Mais son bonheur, surtout dans ses vieux jours, était d’aller raconter aux élèves de cet établissement les événements de la Révolution, sa vie et celle de ses confrères sur la terre d’Espagne. Ses visites étaient désirées autant par les maîtres que par les élèves. Un jour, il y était allé dîner. Que ce fut la faute du fournisseur ou celle de l’économe, on servit à table une viande des plus coriaces. Le vénérable vieillard n’en pouvant détacher miette passa son plat à son chien, qui se tenait à ses pieds. A la récréation qui suivit, il narrait ses aventures, quand son chien vint le caresser. "Saute, lui dit-il, saute, Napoléon, c’était le nom du gardien fidèle, tu as mieux dîné que ton maître". Il paraît que désormais l’économe surveilla sa cuisine, et fêta mieux l’aimable visiteur."



pays basque autrefois chemin fer gare labourd
HALTE DE HALSOU-LARRESSORE LABOURD
PAYS BASQUE D'ANTAN



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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vendredi 1 octobre 2021

PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 1ER OCTOBRE 2021 SAINTE THÉRÈSE - ZUNBELTZ


PROVERBE DU 1ER OCTOBRE 2021 (SAINTE THÉRÈSE DE LISIEUX) (ARIELLE) (ZUNBELTZ).


THÉRÈSE DE LISIEUX : Marie-Françoise Thérèse Martin, naît à Alençon, dans l'Orne, le 2 janvier 1873.




religion catholique saint sainte therese
1ER OCTOBRE SAINTE THERESE DE LISIEUX

Thérèse perd sa mère à quatre ans et demi et est, dès lors, élevée par ses soeurs aînées Marie et Pauline qui, tour à tour, entrent au Carmel de Lisieux.

A 15 ans, elle entre, elle aussi,  au Carmel de Lisieux en 1889 et prend le nom de Thérèse de l'Enfant-Jésus.



religion catholique saint sainte therese
1ER OCTOBRE SAINTE THERESE DE LISIEUX

Thérèse y meurt 8 ans plus tard de tuberculose, le 30 septembre 1897.

Sa courte vie et son témoignage écrit (Histoire d'une âme), publié après sa mort et diffusé à plus de cinq cents millions d'exemplaires,  révèlent une forte personnalité consumée par l'amour et la joie.

Thérèse est béatifiée, puis canonisée dès 1925 par le pape Pie XI, qui la considère comme l'"étoile de son pontificat". Elle est "Patronne Secondaire de la France", avec Jeanne d'Arc.




religion catholique saint sainte therese
CANONISATION LISIEUX 1925 DE SAINTE THERESE

Sainte patronne de la France ainsi que des Missions, Thérèse est proclamée en 1997 Docteur de l'Eglise par le pape Jean-Paul II, pour le centenaire de sa mort.

La basilique de Lisieux, édifiée en son honneur, reçoit plus de 600 000 visiteurs, Lisieux étant le second lieu de pèlerinage en France, après Lourdes.





religion catholique saint sainte therese
1ER OCTOBRE SAINTE THERESE DE LISIEUX



ZUNBELTZ : Euskal Literaturatik. Erdaraz "osier noir". Zume beltz, zuria eta gorria dira zume motak ezagunenak.

Nafarroako benta baten izena da. Hemen bereizten dira Urbasa eta Andimendia.



Une naissance du 1er octobre : Charles Cros.



inventeur phonographe france
CHARLES CROS

Né le 1er octobre 1842 à Fabrezan (Aude) - Mort le 9 août 1888 à Paris 6ème arrondissement.


C'est un poète, photographe, inventeur et écrivain français.

Charles est un passionné de littérature et de sciences.

De 1860 à 1863, il est professeur de chimie à l'institut parisien des sourds-muets, avant de se consacrer à la recherche scientifique.

En 1867, il présente à l'Exposition universelle un prototype de télégraphe automatique et en 1869, il présente à la Société française de photographie un procédé de photographie en couleurs.

Dès 1873, il publie ses premiers poèmes.

Charles Cros adresse, le 30 avril 1877, à l'Académie de sciences, un mémoire décrivant le principe d'un appareil de reproduction des sons, le "paléophone".



inventeur phonographe france
INVENTEUR CHARLES CROS

En hommage à ses travaux, en 1947, son nom est retenu pour distinguer des oeuvres musicales.

Il meurt le 9 août 1888, à l'âge de 45 ans.



phonographe inventeur FRANCE
CHARLES CROS



Voici le proverbe du vendredi 1er octobre 2021 :


EGUZKIA TA EURIA, URRI EGURALDIA.

Soleil et pluie sont les habits d'octobre.




octobre mucha peintre
LE MOIS D'OCTOBRE PAR ALFONS MUCHA




(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)





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LES DANSES BASQUES EN 1927 (troisième partie)

 

DANSES BASQUES EN 1927.


Les danses Basques constituent une partie très importante de la culture Basque et la base de son folklore.




pays basque autrefois danses dessin le tanneur
DANSES BASQUES
DESSIN DE LE TANNEUR


Voici ce que rapporta le Bulletin du Musée basque N° 3-4, en 1927, sous la plume de Sauveur 

Harruguet :



"Danse des volants



Cette danse est plus particulière à la Basse-Navarre.



En Carnaval, les jeunes gens d'une commune, décident parfois de faire une cavalcade. Cela s'appelle un "Santibate".



Les chaines, les sautoirs, les broches en or, les vieilles bijouteries de famille du village sont réquisitionnées ; les couturières sont mobilisées pour préparer les costumes ; un orchestre est retenu.



pays basque autrefois danseurs
LES VOLANTS DE BASSE-NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Au jour dit, le cortège défile sur la rue.



Ce sont, d'abord, quelques cavaliers, pantalons blancs, vestes et bérets rouges. Certains, arborant souvent quelque velléité belliqueuse, se costument en officiers plus ou moins fantaisistes, munis ou non d'un sabre ou d'une épée. Un ou deux d'entr'eux porteront une quêteuse emmanchée pour cueillir les oboles aux fenêtres du parcours.



Derrière, des sapeurs aux imposants bonnets à poil, ceinture rouge, tablier et pantalons blancs, une hache en bois sur l'épaule.



Suit un tambour-major chez lequel on recherche plus les mains agiles pour faire habilement tourner la canne, que la taille avantageuse, indispensable à l'époque où son chef s'ornait d'un haut casque luxueux, ruisselant de rubans éclatants, étincelant de petits miroirs et de panaches bariolés.



Derrière lui, des deux côtés de la voie s'échelonnent des géantes, jiganteac, dont les longues jupes étayées d'un bâti en bois, cachent les meilleurs danseurs de l'assemblée. Ces jiganteac, d'importation assez récente paraissent être venues d'Espagne à travers le Labourd ; elles ont figuré dans les Santibate de Basse-Navarre vers 1885, époque à laquelle elles avaient déjà acquis droit de cité en Soule.



Immédiatement après, viennent les volants, qui sont les figurants les plus nombreux du cortège. Leur coiffe s'ornait jadis de passementeries à couleurs vives, de rubans tressés, de dorures, d'aigrettes, constituant un ensemble plaisant mais un peu compliqué, d'un équilibre instable sur la tête, malgré les lacets blancs formant jugulaire. Elle a cédé la place au béret rouge paré, muni d'un pompon, de gland ou de franges, retombant sur un côté.



pays basque autrefois danseurs
LES VOLANTS DE BASSE-NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Le costume est des plus gracieux, des plus seyants. La chemise blanche lissée à petits plis porte de larges rubans ajustés sur le dos et flottant sur les reins. La poitrine est recouverte de multiples broches en or au travers desquelles cheminent des arabesques, en sautoirs et chaines de même métal cousus avec art. Une ceinture de soie rouge enserre les reins, les pans flottant sur la cuisse. Les sandales, les pantalons blancs sont parés d'étroits rubans entrelacés, semés d'une foule de petits grelots dorés qui bruissent à chaque mouvement. A la main, une petite baguette enguirlandée.



Au centre des deux files de volants, les plis d'un drapeau tricolore largement agité, battent l'air à grandes frouées.



Viennent enfin le Monsieur et la Dame.



L'orchestre achève le cortège.



Et, tout en cheminant, les quêteurs à pied, gorriac, bérets et vestes rouges, sandales et pantalons blancs, sollicitent les générosités des spectateurs.



Tout cet ensemble s'ébranle aux sons d'un air pompeux, avance de quelques pas, recule, bat sur place des ailes de pigeon, reprend son avancée, exécute des vis-à-vis des plus animés.



Puis, une halte. Une voix s'élève : un barde improvisateur dit la bienvenue à la population, adresse quelques louanges au maire, aux notables quand l'arrêt se produit sous leurs fenêtres, chante la joie, la jeunesse.



Soulignant chacun des couplets, la musique reprend, et le cortège exécute des entrechats endiablés.



Ce sont des cortèges de cette nature qui, sous les régimes précédents, se portaient à la rencontre des personnages illustres en tournée officielle dans la région, et encadraient leur voiture quand ils faisaient leur entrée dans la localité. La danse des volants est une manifestation de grand apparat.



pays basque autrefois danseurs
LES VOLANTS DE BASSE-NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN



A l'époque où l'usage veut que les santibate s'organisent, la danse des volants marque l'aurore de l'an neuf. Elle célèbre l'éveil de la saison, la mue de la nature. Elle secoue les torpeurs de l'hiver, évoque les frondaisons naissantes, traduit l'allégresse du renouveau.



Les visions claires des costumes blancs, piqués des notes éclatantes des rubans, ouvrent la porte des horizons renouvelés. Les bruissements des minuscules grelots sont les annonciateurs du printemps. Ils représentent, avant l'heure, les frémissements dont tressailliront les fourrés et les champs. On distingue déjà les gazouillis d'oiseaux dans les matins brumeux, et, au travers de l'inclémence des premiers mois, c'est la proclamation avérée de la fin des jours sans clarté."



A suivre...



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NOUVEL ARRIÈRE-PLAN DE MON BLOG EUSKAL HERRIA LEHEN - PAYS BASQUE D'ANTAN

   


CHANGEMENT DE MOIS = CHANGEMENT D'ARRIÈRE-PLAN DE MON BLOG.


Comme je m'y suis engagé il y a quelques années, nous sommes le premier du mois et je change donc l'arrière-plan de mon blog.