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dimanche 22 décembre 2019

LA GRIPPE ESPAGNOLE AU PAYS BASQUE EN 1918


LA GRIPPE ESPAGNOLE EN 1918.


La grippe de 1918, dite "grippe espagnole", virulente et contagieuse, s'est répandue en pandémie en 1918 et 1919, et a fait au moins 50 millions de morts dans le monde.



grippe maladie autrefois
GRIPPE ESPAGNOLE 1918 1919

Voici ce que rapporta à ce sujet La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, dans 

son édition du 23 septembre 1918 :



"Les épidémies.




Nous avons exposé, dans de précédents articles, les mesures — d’ailleurs vexatoires et assez peu justifiées — prises à la frontière espagnole contre les personnes venant de France ; un cordon sanitaire a été établi et fonctionne à Irun. Actuellement, et c’est un léger progrès sur le passé, on exige un certificat visé par les consuls d’Espagne, constatant, sous la signature du Maire qu’il n’y a pas d’épidémie dans la commune d’origine du voyageur. 




Mais où il y a-t-il épidémie ? En France ? Nos enquêtes sont absolument négatives à moins que l’on ne considère comme telle la fameuse grippe espagnole qui, il est vrai, a atteint beaucoup de monde, mais qui est en sérieuse décroissance. 




En Espagne, par contre, l’enquête que nous avons faite a donné des résultats dignes d’une sévère attention. Il suffit d’ailleurs de lire les journaux de la péninsule pour être fixé, au moins en partie, malgré le blancs de censure. 



grippe maladie autrefois
RAPPORTS SUR LA GRIPPE ESPGANOLE

J’ouvre au hasard quelques journaux espagnols : 


La "Voz de Guipuzcoa" du 20 septembre, page 9, sous un gros titre : "L’épidémie de grippe s’étend et s’aggrave dans toute l’Espagne" rapporte une déclaration du marquis d’Alhucemas (M. Garcia Prieto) disant que l’épidémie augmente dans l’armée. 

Le général Marma, ministre de la guerre, dit : "Hier, on a enregistré 3 500 cas dans les casernes d’Espagne. 

En général, les cas sont bénins, mais il arrive qu’ils dégénèrent en typhus et que la mort s’ensuit. 

On peut dire que la grippe s’est déclarée dans toutes les casernes de Madrid ; que tous les cours des centres d’instruction ont été suspendus". 


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CONSEILS POUR SE PRESERVER CONTRE LA GRIPPE ESPAGNOLE 1918

D’autres informations de notre confrère disent notamment : 

Notable propagation de l’épidémie à Salamanca et dans toute la province ; certaines localités, entre autres Bejar et Motilla sont envahies par la grippe ; à la Granja, 41 cas nouveaux ont été enregistrés hier ainsi qu'un décès ; beaucoup de cas à Villalba de la Sierra (province de Caceres) ; à Almonacid de la Sierra, l’épidémie croit dans des proportions alarmantes ; il y a là plus de 300 malades ; les médecins demandent de l’aide, ne pouvant suffire à tous. 

A Huesca, le mal continue de présenter un caractère grave ; il y a beaucoup de décès. Les autorités ecclésiastiques recommandent de raccourcir les offices religieux. La population de la province Huesca est très alarmée, car on parle de l'existence du typhus. L'épidémie a augmenté dans la province de Grenade. Elle augmente aussi dans toute la province de Murcie. A Aguilas, faute de secours suffisants, la situation est angoissante, surtout dans la population pauvre. A Lorca, beaucoup de morts ; à Caravaca et à Aldearroyo, tout le monde est atteint ; à Murcie même, le mal cause surtout des ravages dans la troupe. 

A Tortosa, la population est alarmée ; sur 400 soldats, 150 sont malades. 

A Valence, le fléau continue à se propager. A Marines, Bunol et Vollada, on peut dire que toute la population est attaquée ; la situation est d’autant plus angoissante qu’il y a pénurie de médecins et de matériel médical et hygiénique. 

A Tolède, la maladie se propage sans offrir de caractère grave, ajoute-t-on. 

Le journal "El Liberal", sous ce titre : "La grippe dans toute l’Espagne", donne d’autres détails : A Alcoy, le régiment de Biscaye a eu plus de 100 malades, dont 4 sont morts et 4 très graves. A San Vicente, grand nombre de grippés, la plupart avec des complications de poitrine, quelques-uns avec des transports au cerveau, 14 morts. 

A Alicante, le régiment de la "Prinzesa" compte 170 cas de grippe. 

A Pampelune, extension de l’épidémie. 

A Castellon, alarme profonde, nombreux malades et des décès. 

A Torreblanca, les 95 pour 100 de la population sont atteints ; on signale de nombreux cas de broncho-pneumonie. 

Le régiment d'infanterie de Tetuan compte un nombre considérable de malades. 

La "Informacion" dit entre autres détails nouveaux que l'épidémie a un caractère très grave à Aravaco, où l’on compte beaucoup de morts. 


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LA GRIPPE ESPAGNOLE 1918 1919

Mais il faut nous limiter dans nos emprunts à la presse espagnole, pour en venir à l’enquête personnelle que nous avons faite en Espagne et dont voici quelques données prises aux sources les plus sérieuses. 



A Saint-Sébastien, l'épidémie sévit avec intensité. La boulangerie O... compte dans son personnel 13 malades, dont un mort du typhus ; la boulangerie A., a deux ouvriers atteints du typhus ; l’hôtel E., a deux bonnes gravement malades. En un jour, il y a eu 42 décès, dont une assez grande partie sont attribuables à l'épidémie. 

Aux ateliers des wagons-lits, à Irun, il y avait jeudi 18 malades ; tout le personnel des chemins de fer d’Elizondo est atteint ; 14 employés de cette exploitation sont soignés à Irun. A Goïzueta, près d’Hernani, il y avait, à la date du 20 septembre, 17 personnes mortes du typhus ; les cadavres étaient devenus noirs. Dans quelques districts, le fléau est tel qu'il est défendu de sonner les cloches pour les morts et que ces derniers sont emportés en toute hâte sur des charrettes et sans cercueils pour être inhumés dans des fosses de chaux. Un cordon sanitaire intérieur empêche les charbonniers et autres approvisionneurs originaires de Goïzueta de pénétrer à St-Sébastien. On comptait 2 400 malades dans la population d’Irun à Fontarabie. 

En somme, situation sanitaire des plus fâcheuses, et telle que l’on était bien malvenu à écouter les imbéciles mensonges des Boches répandant le bruit que les plus graves épidémies régnaient en France. C'est nous qui avons la guerre, c’est l'Espagne qui a la contagion épidémique d'une grippe dite espagnole et qui dégénère vu certains endroits en broncho-pneumono infectieuse, en méningite et en typhus exanthématique. 



grippe espagnole
GRIPPE ESPAGNOLE 1918 1919

Espérons que nos voisins sauront promptement vaincre le déplorable état sanitaire dont ils souffrent et que les grandes chaleurs ont aggravé. Voici les pluies et les vents purifiants de l’équinoxe. Puissent-ils les débarrasser d’abord des fièvres puis de la vermine boche que nous nous chargeons d’ailleurs de secouer sur tous les fronts, de la Mer du Nord aux Balkans, au Jourdain et à Vladivostok. 




Constatons en passant que Saint-Sébastien en Espagne, comme Biarritz en France, bénéficie d’une situation sanitaire exceptionnelle et que si notre belle voisine est actuellement éprouvée par la contagion générale, elle l'est moins que Madrid et les autres grands centres d'Espagne. Les résidents de la Belle Easo ne quitteront donc pas prématurément leur villégiature, ils savent que les mesures sanitaires s'exerceront à Saint-Sébastien avec une énergie efficace et y auront, grâce au climat, un succès plus rapide qu’ailleurs.  




Mais constatons aussi qu’il était temps ; que les autorités françaises installent à la frontière hendayaise un cordon sanitaire protecteur. C’est fait aujourd’hui."



(Source : WIKIPEDIA)




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