lundi 25 mars 2019

LA MORT DU PELOTARI D'HASPARREN LÉON DIHARCE AU PAYS BASQUE EN 1924


LA MORT DU PELOTARI LÉON DIHARCE.


Léon Diharce est un joueur de pelote, originaire d'Hasparren, né le 18 juin 1870, de catégorie internationale.


GRANDE SEMAINE DES SPORTS BASQUES 1924
PAYS BASQUE D'ANTAN


Voici ce que raconta à ce sujet la presse locale, dans diverses éditions :


  • La Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays Basque, le 3 septembre 1924 :

"La Mort du Pelotari.



Le destin se complaît à des jeux cruels. Par un tragique contraste, en effet, c’est au moment où se développent les phases de la Grande Semaine de Pelote Basque dans notre pays, que l'on apprend la mort d’un des joueurs les plus réputés, membre de la Fédération française. Léon Diharce est décédé subitement hier à Hasparren, où il comptait tant de sympathies, comme il en comptait aussi dans toute une région où sur les places des villes et des villages se dressent les frontons blancs ; où l'on entend, les jours de fête, la balle frapper d’un bruit sec et joyeux les murs du trinquet. 




PELOTARI LEON DIHARCE

C'est un événement régional, hélas ! douloureux, que celui de la mort d’un "pelotari" de la valeur de Léon Diharce et l'on ne sera pas surpris que nous lui consacrions, à cette place, ces quelques lignes émues. Pour une race essentiellement sportive comme la race basque, représentée par des hommes élégants et souples, amoureux de grand air, de larges espaces et d'indépendance, la disparition d'un joueur de pelote réputé pour son adresse, estime pour sa loyauté, compte autant qu’un événement politique. 




Il y a un an, c'était Borda, d’Ascain, qui s'en allait. Aujourd'hui, c'est Léon Diharce. 




Hier, à Saint-Jean-de-Luz, lorsqu’on apprit que Diharce, qu'on attendait avec impatience, avait succombé subitement au moment de son départ, un long silence chargé de regrets s'étendit sur toute l'assistance des joueurs et des curieux accourus et, pendant toute la partie, la musique qui avait été conviée ne se fit pas entendre.



Les "Pelotaris" du Pays Basque étaient en deuil."


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"Quand on apprit la mort de Léon Diharce.




C'est sous un beau soleil et au milieu d'une nombreuse assistance que s'est jouée la partie internationale de rebot (professionnels) mise au programme de mardi. 




Cette rencontre, toujours si appréciée des vrais amateurs de la pelote, avait attiré à Saint-Jean-de-Luz, des Saratars, des Haspandars, des espagnols d'Irun, de Saint-Sébastien, de Orio, de Zumaya ! Toutes les parties du Pays Basque étaient représentées là par des volontaires délégués. A la tribune d’honneur. MM. le colonel Joly, représentant M. Paul Bénazet, Ybarnégaray, Barnetche, comte de Rivière, Petit de Meurville, de Saint-Pastou, abbé Bellevue, de Rocca-Serra, lriart ; sur le fronton, présidant aux dernières organisations, le docteur Dotézac ; sur les hauts gradins, les classiques "tamborileros" basques, bien couleur locale. 




Au moment où l'heure de la partie va sonner, une nouvelle arrive, navrante, et court de bouche eu bouche parmi les spectateurs consternés : Léon Diharce, le pelotari si apprécié, l'amateur distingué et dévoué. Diharce qui devait, aujourd'hui même, faire partie de l'équipe française, Diharce qu'on attendait d’un instant à l'autre, est mort subitement en voiture pour aller à Saint-Jean




La musique cesse de jouer et demeurera muette pendant toute la partie, en signe de deuil ; ou échange des phrases de regret, de sympathie, toutes empreintes d'une tristesse sincère. Puis, l'heure étant déjà passée, la lutte commence. 




Disons tout de suite qu'elle déçut tous les espoirs. Le camp français manquant de forme, un peu décousu dans son action, handicapé par les nombreux ratés de Lemoyne et de Goyetche qui eurent une bien mauvaise journée, ne tint pas. Les espagnols, au contraire, se montrèrent très en forme et leur camp enleva facilement la victoire par 13 jeux à 3. 




La Coupe C. Pane, gagnée par elle pendant trois années consécutives, devient donc la propriété de la brillante équipe Embil, de Orio, Nous l’en félicitons bien sincèrement tout en souhaitant que dans nos jeunes générations basques françaises, se forment des joueurs de rebot capables de se montrer les dignes héritiers des vieilles gloires de Sare et d'Hasparren. Et c'est parce que, entr'autres choses, elle s'efforce d'arriver à ce résultat, que la Fédération Française de Pelote Basque mérite l’approbation, l'encouragement et l'appui de tous ceux qui aiment le Pays Basque et s'intéressent à tout ce qui touche à sa civilisation et à ses traditions. 



PELOTARI VICTOR EMBIL ORIO
PAYS BASQUE D'ANTAN

PELOTARI EMBIL VICTOR ET SON FILS ENRIQUE
PAYS BASQUE D'ANTAN

A féliciter tout particulièrement pour leur jeu, dans la partie de mardi, à Saint-Jean-de-Luz, Embil père, espagnol, et Santako, français. A féliciter P. H. Ermoni qui, sans entraînement ni préparation, accepta de remplacer Diharce, au pied levé, et montra qu'il était toujours digne de sa réputation de jadis."



  • La Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays Basque, le 5 septembre 1924 :


"Léon Diharce.



En pleine semaine de Pelote Basque, entre deux de ces étincelantes journées qu'il aimait tant, presque dans le bruit des applaudissements qui saluaient les prouesses de ses amis et les siennes propres, Léon Diharce est mort, brutalement fauché par un accident imprévu et soudain. Il s'apprêtait, ce jour-là même, à défendre, sur le fronton de Saint-Jean-de-Luz, les couleurs françaises dans la partie internationale de rebot de la Coupe Charles Pane. Et il est tombé, presque au moment du départ, sur sa terre d'Hasparren, en songeant peut-être aux beaux coups qu'il comptait faire. Pelotari de cœur, d'essence, on peut dire qu'il est mort en pelotari. Saluons-le très bas. 




Au reste, tous ceux qui l’ont connu le pleurent aujourd’hui car peu d'hommes surent comme lui, mériter et conserver la sympathie, l'admiration et l'estime de leurs contemporains. Il était un basque de bonne souche et ceci explique cela. 




Sa grande passion fut la pelote. Il acquit, sur les frontons, une célébrité de bon aloi, et sut se classer parmi les meilleurs dans le camp des vrais pelotaris. Vieux joueur de chistera, il avait joué à Paris, avec les Chiquito, les Eloy, les Arrue, etc. Il professait une profonde préférence pour le vieux jeu euskarrien du rebot et, en ce moment, restait l'un des rares qui en ont conservé la tradition et les secrets. Nous l'avons dit déjà, il était l'un des cinq qui avaient été choisis pour représenter le Pays Basque Français le jour même de sa mort. 




Mais il ne se contentait pas d'être un acteur du jeu de pelote. Il consacrait à son maintien et à son perfectionnement, son temps et son intelligence. Membre actif, zélé et dévoué de la F. F. P. B., il y était tout spécialement apprécié pour ses avis, ses conseils, ses idées, son désintéressement. Naguère encore il avait été choisi pour assurer la direction des centres de préparation de rebot à Hasparren, pour les Jeux Olympiques. Sa disparition creuse, dans la phalange de ceux qui se consacrent au développement de la pelote en France, un vide qu'il sera difficile de combler. 




La Gazette, pour qui la tradition basque est le souci primordial, salue la belle figure qui disparaît et l'artiste que nos frontons ne verront plus."




Merci ami lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans ce 1768ème article.


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