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lundi 27 mai 2024

LE CHÂTEAU DE LUXE-SUMBERRAUTE EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE AUTREFOIS (deuxième et dernière partie)

 

LE CHÂTEAU DE LUXE-SUMBERRAUTE.


Le château des seigneurs de Luxe date du 11ème siècle et le château de Luxe lui a succédé à une date inconnue, remis en état et agrandi au 18ème siècle.




pays basque autrefois basse-navarre château
VUE D'ENSEMBLE ET CHÂTEAU
LUXE-SUMBERRAUTE BASSE-NAVARRE D'ANTAN





Voici ce que rapporta à son sujet le Bulletin du Musée Basque N°2 de 1931 :


"... Le château de Tardets, habité par les Luxe depuis cette époque, a disparu depuis longtemps. Cependant on ne saurait se dispenser d'en faire mention, ainsi que des événements auxquels fut mêlé Charles de Luxe, car plusieurs des seigneurs dont il sera question dans la suite y joueront, eux aussi, un rôle important.



Charles de Luxe hérita non seulement des biens de son père, mais de sa politique et de ses défauts. Quoique fixé en Soule, il continua à être un ferment de troubles et de discordes dans tout le pays et il faut dire qu'il fut bien servi par les circonstances.



Lorsque Jeanne d'Albret introduisit le protestantisme dans la Soule, elle se heurta à une résistance demi-politique, demi-religieuse et, parmi ses adversaires les plus acharnés et qui lui résistèrent par les armes, il faut citer Luxe, Armendaritz, Domezain, Uhart et Echaux.



Un premier soulèvement se produisit en 1567. Les ligueurs se réunirent à Saint-Palais, enlevèrent le pasteur Tardets d'Ostabat et l'emmenèrent prisonnier. De là, ils se dirigèrent vers Garris qu'ils assiégèrent et, après l'avoir pris, ils firent prisonnier son châtelain Lalanne d'Ispoure. Mais ces opérations n'eurent pas de suite, car les populations restèrent indifférentes à ce qui se passait. Aussi, lorsque le futur Henri IV, envoyé par sa mère, parut dans le pays, il y fut bien accueilli et les rebelles n'eurent d'autre ressource que de prendre la fuite.



L'année suivante, en 1568, la reine Jeanne se rendit à Saint-Palais pour l'ouverture des Etats de Navarre ; elle fit condamner et pendre quelques-uns des acteurs secondaires de ces troubles. Quant aux meneurs, ils se rendirent un peu plus tard à Pau sur l'ordre de la reine, pour "faire leur soumission et hommage et obtenir leur pardon". D'Echaux fut le seul à tenir son serment et, peu de temps après, la guerre civile recommença.



Les événements qui suivirent sont trop connus pour qu'il y ait lieu de les raconter en détail. Qu'il suffise de rappeler que Charles IX, profitant de ce que Jeanne d'Albret avait rejoint, en 1568, le prince de Condé chef du parti protestant, envoya Terride pour rétablir le catholicisme dans les états de cette reine. Ce fut le prétexte, pour ce chef de bandes, de mettre le pays à feu et à sang ; mais, à peine arrivait-il à Orthez, que, surpris par Montgomery à la tête d'une armée plus nombreuse, il dût fuir et que le résultat cherché ne fut pas atteint.





pays basque autrefois basse-navarre château
GABRIEL 1ER DE MONTGOMMERY



En même temps qu'il donnait à Terride cette mission, le roi de France écrivait à Luxe dont il connaissait le peu de fidélité à sa souveraine, pour lui ordonner "de se saisir et de mettre en sa main les terres, villes, places, châteaux et seigneuries appartenant à la dite Reyne et estans du ressort et juridiction du roy".



Charles de Luxe partit donc en guerre une seconde fois contre la reine de Navarre, avec les mêmes alliés que précédemment, sauf Echauz. Il s'empara des châteaux de Garris et de Mauléon, bien que ce dernier fut défendu par son beau-frère Jean de Belsunce ; mais il n'eut pas le temps de profiter de ces avantages car l'arrivée de Montgomery l'obligea, lui et ses partisans, à se réfugier dans les hautes vallées de Soule et dans les montagnes.



Après le départ du chef huguenot, Charles de Luxe tenta une dernière opération qui n'eut pas plus de succès que les précédentes. Après avoir réuni quelques partisans à Barcus il marcha sur Oloron ; mais le baron d'Arros, lieutenant général de Jeanne d'Albret, l'obligea à retourner dans le pays basque où ses partisans se débandèrent et d'où lui-même passa en Espagne.



Vaincu et fugitif, ayant perdu son influence et son prestige, Charles de Luxe sollicita son pardon de la reine de Navarre qui le lui refusa. Il se fixa alors à Ochagavia avec sa femme et quelques-uns de ses partisans. Après la mort de Jeanne d'Albret seulement, en 1572, il obtint l'autorisation de revenir à Tardets, où il termina, le 18 Juillet 1604, une existence pleine de déboires pendant laquelle, s'il fit un peu de bien, il causa sûrement beaucoup de mal.



Ses biens passèrent aux Montgomery par sa fille aînée Charlotte-Catherine qui avait épousé, en 1593, Louis de Montmorency-Bouteville. En 1671, François-Henri de Montmorency les vendit au comte de Troisvilles et ils échurent aux Montréal dans les circonstances que l'on trouvera indiquées dans l'article concernant le château d'Eliçabia.




pays basque autrefois château soule
CHÂTEAU DE TROIS-VILLES SOULE
PAYS BASQUE D'ANTAN


On ne sait rien du château de Tardets. On ignore l'époque de sa construction aussi bien que ses dispositions. Tout ce que l'on peut dire c'est qu'il couronnait le sommet du mont Gaztelugain qui domine le village de Sorhulu et le bourg de Tardets appelé autrefois Villeneuve-les-Tardets. Entièrement reconstruit par Charles de Luxe, ce château disparut vers la fin du XVIIIe siècle.



Les gens qui se distinguèrent par une grande bonté ou une grande méchanceté donnent souvent lieu à des légendes. Les Luxe entrent dans la seconde catégorie. Il faut leur savoir gré cependant d'avoir enrichi, bien à leur insu, la littérature basque d'une de ses plus jolies poésies "la chanson de Berteretch". Aussi, en terminant cette notice peu flatteuse pour leur mémoire, n'est-il peut-être pas sans intérêt de montrer un des aspects sous lesquels ils ont frappé l'imagination populaire.



La chanson de Berteretch est le récit d'un meurtre autrefois attribué au comte de Troisvilles qui, en réalité, marque un épisode des luttes entre les Gramont et les Luxe. C'est ce qui résulte d'une étude de M. de Jaurgain au Congrès de Saint-Jean-de-Luz en 1897, opinion confirmée par M. Gavel dans une communication à la Société des Sciences, Lettres et Arts de Bayonne en 1924.



D'après ces deux critiques, les faits ont dû sans doute se passer entre 1434 et 1449, époque pendant laquelle la lutte était particulièrement violente. Les meurtres et les violences contre les personnes étaient journaliers.



Tantôt c'est un bourgeois, Jean de Licq, dont la porte est enfoncée pendant la nuit et qui est mis à mort dans son lit .



Un autre jour un nommé Rutigoïti, en revenant de Licq, tue sans raison un idiot qui coupait de la fougère. Un peu plus tard, ce même Rutigoïti agit de même à l'égard du potestat Cazenave de Suhare de Barcus et du seigneur de Laxague "sans nul merci et sans qu'il ait fait déplaisir ou dommage à homme du monde".



Ces exemples montrent dans quel état était la province de Soule quand se produisit le meurtre poétisé par la chanson.



Berteretch était un riche Souletin qui mettait son influence au service des Gramont. Le châtelain de Mauléon, Louis de Beaumont, parent des Luxe et favorisant leur parti, voulut se débarrasser de cet adversaire gênant, ou tout au moins, se saisir de sa personne. Dans la nuit de Pâques, il se rendit à Larrau où habitait Berteretch, frappa à sa porte et le pria de sortir pour lui parler. 



Cette démarche, à une heure semblable, éveilla les soupçons de Berteretch et il fit part de ses appréhensions à sa mère. Cependant, il se rendit à l'appel de Beaumont ; mais, à peine était-il dehors qu'il était appréhendé et que la petite troupe reprenait le chemin de Mauléon. Que se passa-t-il en route ? Berteretch chercha-t-il à s'échapper ? La chanson ne le dit pas. Rien d'anormal ne se produisit au commencement, mais, arrivé à un carrefour près de Tardets, il fut tué et la fille de la maison d'Espeldoy, en sortant, le matin, trouva son cadavre tout sanglant. Une pierre tombale marque encore aujourd'hui l'endroit du meurtre, comme il est d'usage dans le pays basque.



Tel est le motif de la chanson dont ci-dessous la traduction :


Chanson de Berteretch.



famille soule pays basque autrefois menditte
BLASON FAMILLE BERTERECHE DE MENDITTE
PAYS BASQUE D'ANTAN



L'aulne n'a pas de moëlle

Ni le fromage d'os ;

Je ne croyais pas que les gentilshommes disaient les mensonges.



La vallée d'Andoce

Oh ! la longue vallée !

Trois fois elle m'a fauché le coeur sans arme.



Berteretch, du lit

A la servante, avec douceur

"Va, et regarde s'il paraît des hommes".



De suite la servante

Comme elle l'avait vu, 

Que trois douzaines vont et viennent d'une fenêtre à l'autre.



Berteretch, de sa fenêtre

Complimente le seigneur comte

Il lui offre cent vaches avec leur taureau à la suite.



Le seigneur comte aussitôt

Comme un traître :

"Berteretch, viens à la porte, tu retourneras de suite".



"Mère, donne-moi la chemise

Peut-être celle pour jamais !

Qui vivra se souviendra du lendemain de Pâques."



Oh ! la course de Marie Saintz

A la descente de Bustemendia !

Elle est entrée dans la maison de Bustonaby de Lacarry en se traînant sur les genoux.



"Jean Bustanoby

Mon frère bien-aimé,

S'il n'y a de secours de toi, mon frère est perdu !



Soeur tais-toi,

Je t'en prie, ne verse pas de larmes,

Ton fils s'il vit encore, est peut-être arrivé à Mauléon."



Oh ! la course de Marie Saintz

A la porte du seigneur comte !

"Aie ! Aie ! Seigneur, où avez-vous mis mon galant fils ?"



"Avais-tu toi de fils

Autre que Berteretch ?

Il est aux environs d'Espeldoy, mort, relève-le vivant !"



Les gens d'Espeldoy

Oh ! les gens dénués de sentiments !

Qui avaient un mort si près d'eux et n'en savaient rien.




La fille d'Espeldoy

Se nomme Marguerite

Elle ramasse le sang de Berteretch à pleines mains.



La lessive d'Espeldoy

Oh ! la belle lessive.

Des chemises qui étanchèrent le sang de Berteretch.

Il y en a, dit-on, trois douzaines..."








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mercredi 17 mai 2023

LE DÉCÈS D'ÉDOUARD DE BERTERÈCHE DE MENDITTE EN SOULE AU PAYS BASQUE EN 1922

LE DÉCÈS D'ÉDOUARD DE BERTERÈCHE DE MENDITTE EN 1922.


Edouard de Berterèche de Menditte naît le 12 juin 1833 à Menditte (Soule, Basses-Pyrénées) et meurt le 30 octobre 1922.



famille soule pays basque autrefois
BLASON FAMILLE BERTERECHE DE MENDITTE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Voici ce que rapporta le quotidien Le Gaulois, le 20 novembre 1922, sous la plume de Valfleury :




"Ces jours derniers, une foule nombreuse et recueillie se pressait dans l'église d'Abense-de-Haut pour accompagner à sa dernière demeure M. Edouard de Berterèche de Menditte, décédé dans sa quatre-vingt-dixième année.



Né à Menditte (Basses-Pyrénées) dans le vieux manoir ancestral, il appartenait à une des des plus anciennes familles de la noblesse du pays basque, toujours au premier rang, aujourd'hui comme dans les siècles passés, pour la défense de la religion et de la patrie.



Resté ardemment fidèle à toutes nos traditions religieuses et politiques, il fut un type accompli de gentilhomme français ; il joignait à la distinction de l'homme de race une urbanité exquise, une délicatesse de sentiments qui lui attiraient tous les cœurs mais à la bonté la plus profonde, à l'accueil le plus affable, il joignait une fermeté de principes inébranlable. 



Très attaché au pays basque, il voulut y revenir et y passer ses dernières années ; depuis vingt-cinq ans, fixé dans le petit village d'Abense, il se dévoua corps et âme à sa commune, où, entouré de la considération de tous, il était une autorité aimée autant que respectée, et on peut lui appliquer la parole de nos saints livres :"Il a passé en faisant le bien."



...Le 19 septembre 1864, il épousa à Tardets Joséphine d'Uhalt et il eut six enfants, Marie Thérèse née en 1865, Pierre en 1867, Charles en 1869, Jeanne en 1872, Marie en 1874 et Marguerite en 1881...



histoire colonel armée soule menditte
CHARLES DE BERTERECHE DE MENDITTE



Décoré de la médaille de la Baltique et de celle de la campagne de 1870-71, c'était l'un des derniers survivants, de l'expédition de Bomarsund (1854).


histoire guerre aland crimée forteresse
EXPEDITION BOMARSUND ÎLES ALAND 1854



Le deuil était conduit par M. Pierre de Berterèche de Menditte et le lieutenant-colonel de Berterèche de Menditte, ses fils ; M. Guy de Berterèche de Menditte et le lieutenant Montjean, ses petits-fils ; l'abbé de Menditte, M. Renaud d'Elissagaray, ancien député ; MM. Charles, Jean, Célestin de Menditte, ses neveux ; MM. Philippe et Marc d'Elissagaray, M. Théodore de Menditte, ses petits-neveux.



Les cordons du poêle étaient tenus par le docteur Constantin, conseiller général des Basses-Pyrénées ; M. Jean de Souhy, conseiller d'arrondissement ; M. d'Etchécopar et le capitaine Populus.



Reconnu dans l'assistance Mlle de Berterèche de Menditte, Mmes Pierre et Charles de Berterèche de Menditte, Mlle Catherine de Berterèche de Menditte, Mme Montjean, Mlle d'Uhalt, Mlle de Menditte, Mme T. de Menditte, Mme Lhande, Mme d'Arhampe d'Andurain, Mme de Joantho, Mme Keller, baron et Mlle d'Abbadie, comtesse de Braüer, Mme Diez des Allines, baron de Batz, Mme Honoré, Mlle de Souhy, Mme de Portal, Mlle L. d'Andurain, Mme d'Etchandy, M. et Mme Jean d'Andurain, le docteur Chaubard, etc."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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lundi 28 mars 2022

LE CHÂTEAU DE MENDITTE EN SOULE AU PAYS BASQUE AUTREFOIS (deuxième et dernière partie)

LE CHÂTEAU DE MENDITTE.


Cela fait plusieurs mois que je vous présente divers châteaux du Pays Basque.

Aujourd'hui, c'est celui de Menditte, en Soule.




pays basque autrefois soule armoirie
BLASON DE LA FAMILLE BERTERECHE DE MENDITTE
PAYS BASQUE D'ANTAN




Voici ce que rapporta à ce sujet Le Bulletin du Musée basque N°9 en 1935 :



"Les châteaux souletins.


Le château de Menditte.


Appendice.



A la suite de la publication dans notre dernier numéro de la notice sur le château de Menditte

nous avons reçu de l'actuel héritier du domaine, M. Charles de Berterèche de Menditte, une suite 

de notes généalogiques du plus haut intérêt. Les limites imposées par M. Nogaret lui même à son 

ouvrage sur les Châteaux Historiques du Pays Basque ne nous en permettent pas la reproduction 

intégrale. Nous croyons cependant utile et profitable d'en extraire plusieurs passages, qui 

complètent ou rectifient l'étude un peu brève de notre regretté collaborateur et ami.


Philippe Veyrin.



Dans une requête adressée en 1698, par Charles de Berterreche, écuyer, pour qu'il lui fut délivré un certificat attestant l'ancienneté de sa famille, il a été attesté que :


"La famille de Berterreche est d'une noblesse aussi ancienne que pas une autre de toutes celles du présent pays de Soule, qu'elle se trouve énoncée dans les titres et documents les plus anciens, et singulièrement dans l'ancien censier du présent pays qui est écrit en lettres gothiques ; qu'elle jouit actuellement et a joui de tout temps et mémoire perdue de tous les attributs et prééminence, prérogatives et privilèges dont les autres maisons les plus qualifiées du pays sont en possession ; qu'en outre, tous ses membres ont toujours fait profession de la religion catholique, apostolique et romaine et qu'on n'a jamais ouï dire qu'aucun ait jamais professé une autre religion."



L'ancienneté de la famille semble remonter plus haut que Raymond Guilhem de Berterreche qui fut présent, comme le mentionne M. Nogaret, à une assemblée de la noblesse de Soule, tenue le 27 mai 1327.



Effectivement, un Bernard, chapelain de Menditte, figure comme témoin dans un compromis passé le 2 Février 1297, entre Marguerite, comtesse de Foix, d'une part, et dame de Miramonde, vicomtesse de Mauléon d'autre part, au sujet des frontières du pays de Béarn et du pays de Soule.



La filiation suivie commence non pas avec Arnaud-Sanz qui figure dans un acte du 11 Août 1454, mais une génération plus haut, avec Sanz de Berterreche de Menditte qui, d'après une enquête de 1486, vivait encore en 1451.



 

"Noble homme" Ramonet, seigneur de Berterreche de Menditte, assista aux Etats Généraux de 1463 et de 1477. Fidèle lieutenant du comte de Gramont, il fut mêlé de près à la querelle des factions de Luxe et de Gramont qui pendant deux siècles ensanglanta le pays basque. Son fils, Pierre, alias Petrissantz, archer des Ordonnances du Roi, fut d'ailleurs traîtreusement assassiné par les partisans du baron de Luxe "a un treyt de baliste de la maison de Berterreche à Menditte". Ce meurtre, commis vers 1493, ne doit pas être confondu avec celui d'un Berterech de Larrau assassiné lui aussi près d'Etchebar à peu près à la même époque et qui a inspiré la plus ancienne et la plus belle légende poétique du pays de Soule.



Gratian de Berterreche, né en 1490, figure au nombre des onze gentilhommes de guerre de morte-paye, dont s'entourait Jean de Tartas, gouverneur et capitaine châtelain de Mauléon.



Quand l'arrière petite-fille de Gratian, Marie de Poyanne, héritière de la maison de Berterreche, épousa le 1er juillet 1576 Pierre du Domecq d'Ossas, il fut stipulé au contrat que, suivant l'antique coutume de Soule, les enfants qui naîtraient de cette union porteraient le nom et les armes de Berterreche de Menditte.



C'est alors qu'on écartela le blason qui depuis lors porte : "Ecartelé aux 1 et 4 d'azur à la couleuvre d'argent qui est du Domecq d'Ossas, et aux 2 et 3 d'or au dragon ailé de sinople qui est de Berterreche de Menditte".



Charles de Berterreche, écuyer figure dans de nombreuses assemblées des seigneurs de Soule, entre autres celles des 2 Juillet 1628 et le 1er Juillet 1629.



Deux de ses fils, l'aîné Laurent et Tristan l'un des cadets embrassèrent la carrière des armes. En 1630 ils étaient officiers au régiment des gardes. En 1638 ils combattent au siège de Fontarabie. En 1647 nous les retrouvons en Flandre, sous les ordres du Maréchal de Gassion.



Charles fils de Laurent, fut capitaine des milices de Soule. En 1686, il est chargé par le marquis de Boufflers de faire la carte en relief des Pyrénées depuis Sarrance jusqu'à Jaca. A cette occasion, il écrivit au roi Louis XIV et termine cette lettre en se permettant de donner des conseils sur la façon dont devait être modifié le système de défense de la Vallée de Soule.



Le 27 Janvier 1696, il fut désigné par l'assemblée de la noblesse de Soule pour être député auprès de l'Intendant de Guyenne, afin d'obtenir une exemption de capitation pour la vicomté.



Passionné pour la chasse, Charles avait une chapelle portative, dans laquelle un chapelain venait lui célébrer la messe, quand il se rendait à ses palombières de Burtheguy près de Larrau. Le permis de célébration délivré par l'évêque d'Oloron était valable pour deux ans. Les archives familiales en conservent plusieurs datant de la période 1681-1718.



Des sept enfants de Charles, deux, Arnaud-Jean, l'aîné et Dominique, le chevalier, entrèrent dans l'armée navale, l'un sur La Syrène, l'autre à bord de L'Illustre.



Arnaud-Jean entra ensuite dans les gardes marines à Rochefort. Dominique partit pour Saint-Domingue où il commanda une compagnie franche à Lesterre, puis le colonel lui fit avoir "la colonne des milices du pays avec rang des capitaines des compagnies détachées de la marine", mission qui, d'après le ministre, ne pouvait être confiée qu'à un homme de mérite reconnu et qui puisse s'y maintenir aves honneur. Il mourut à Saint-Domingue où il s'était marié.



Un troisième frère Pierre, qui se faisait appeler de Berterreche-Gestas fut officier et alla en Flandres. C'est le fils de ce dernier, Charles de la branche cadette de Berterèche-Gestas, qui devint chef de famille en 1753, à l'extinction de la branche aînée. En 1747 il était capitaine des milices de Soule au régiment de Navarrenx.



Fils unique du précédent, Marc-Charles est le dernier des Berterèche de Menditte ayant vécu sous l'Ancien Régime. Né en Mars 1760, il alla faire son droit à Paris et fut reçu avocat au Parlement. Nous le retrouvons cependant capitaine au régiment national de Soule en 1788.



Le 18 Mars 1789, Marc-Charles figure dans le procès-verbal de l'Assemblée des Trois Ordres de la Chatellenie royale de Soule. Le 14 Juillet 1790 il assiste à la Fédération en qualité de Syndic général de la noblesse du Pays de Soule, ainsi que l'atteste le certificat qui lui fut délivré par le maire de Paris.



Revenu à Menditte la même année, à la suite de son mariage, il connut bientôt des moments difficiles. Considéré comme suspect sous la Terreur, il fut emprisonné au Château-Fort de Mauléon, dans la tour des oubliettes. Il fut rendu à la liberté par l'arrêté pris aux séances du 5, 8 et 11 frimaire An II du Comité de Surveillance de Mauléon.



pays basque autrefois château
CHÂTEAU-FORT MAULEON SOULE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Sa fidélité au Roi reçut sa récompense sous la Restauration. Après la chute de l'Empire, Louis XVIII lui conféra l'ordre du Lys, réservé aux plus dévoués partisans de la royauté. Un portait de la famille royale était joint au brevet qui lui fut remis."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)







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lundi 28 février 2022

LE CHÂTEAU DE MENDITTE EN SOULE AU PAYS BASQUE AUTREFOIS (première partie)

LE CHÂTEAU DE MENDITTE.


Cela fait plusieurs mois que je vous présente divers châteaux du Pays Basque.

Aujourd'hui, c'est celui de Menditte, en Soule.




pays basque autrefois soule armoirie blason
BLASON DE LA FAMILLE BERTERECHE DE MENDITTE
PAYS BASQUE D'ANTAN




Voici ce que rapporta à ce sujet J. Nogaret, dans Le Bulletin du Musée basque N°8 en 1934 :



"La seigneurie formée par le village de Menditte et ses dépendances, appartint pendant plusieurs siècles à une des plus anciennes familles du pays de Soule, les Bertérèche. Il en est fait mention pour la première fois en 1327 à l'occasion d'une réunion des représentants de toutes les familles nobles de la province. Cependant leur filiation n'est connue que plus tard et le premier dont on puisse suivre les descendance est Arnaud-Sanz, mentionné, en 1454, comme juge-jugeant à la cour de Licharre.



Un de ses petits-fils, Pierre, alias Pétrissans, était archer des Ordonnances du roi de France sous les ordres du comte de Gramont. Ils occupaient donc déjà, dans le pays, une situation en vue.



La brache mâle s'éteignit dans la seconde partie du 16ème siècle, à la mort de Jean de Bertérèche, curé de Menditte et les biens passèrent à sa nièce, Bertrande, mariée à Raymond de Puyanne. ces derniers n'eurent qu'une fille qui épousa Pierre de Domec, écuyer, fils et héritier du seigneur du domec d'Ossas et ainsi fusionnèrent deux influentes familles de la province.



pays basque autrefois soule eglise
EGLISE DE MENDITTE SOULE
PAYS BASQUE D'ANTAN



La maison du domec d'Ossas, en effet, est connue depuis la même époque que la précédente. Son domaine constituait une des dix podestateries de la Soule ; mais, pour elle aussi, on n'a la filiation des ses membres que depuis 1454, avec Garcie-Arnaud, juge-jugeant à la cour de Licharre.



Pierre du Domec prit le nom et les armes des Bertérèche. Plusieurs de ses descendants suivirent la carrière des armes ; d'autres entrèrent dans la magistrature, mais aucun n'a laissé de nom dans l'histoire. Cependant, Marc-Charles, écuyer, se distingua dans la seconde partie du 18ème siècle.



Il faisait des études de droit à Paris au moment de la Révolution ; revint dans son pays en 1789 et, lors de la convocation de la noblesse pour l'élection des députés aux Etats Généraux, il prit part à cette assemblée.



pays basque autrefois gave pont
VIEUX PONT SUR LE GAVE MENDITTE SOULE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Plus tard il représenta le même corps à la fête de la Fédération. On lui décerna, à cette occasion, un certificat de civisme. Cela ne l'empêcha pas de passer pour suspect sous la Terreur et d'être incarcéré au château de Mauléon. Mais il ne tarda pas à être relâché et on ne l'inquiéta plus dans la suite.



Au 19ème siècle, la descendance des Bertérèche de Menditte se continua par Jacques-Théodore qui eut cinq enfants. L'aîné étant mort sans postérité, le second Théodore-Grégoire, devint chef de la branche aînée ; il eut onze enfants dont neuf fils. Aussi trouve-t-on de ses petits-enfants dans toute la région, à Bayonne, Orthez, Oloron, Tardets, Abense, Charritte et enfin à Menditte où est représentée la branche aînée. 



M. Charles de Bertérèche de Menditte, père de deux enfants dont un fils, après un séjour prolongé en République Argentine, occupe aujourd'hui l'ancienne salle familiale et, tout en faisant valoir ses domaines, il veille aux intérêts de ses concitoyens comme maire de la commune.



pays basque autrefois soule place
PLACE DU REBOT MENDITTE SOULE
PAYS BASQUE D'ANTAN




Le château peut être donné comme un spécimen de l'ancienne maison noble de la Soule. C'est un édifice des plus simples avec, en son milieu, une tour carrée contenant l'escalier. Les pièces vastes et spacieuses sont éclairées par de nombreuses et larges ouvertures dont quelques-unes à meneaux. Il a certainement peu changé depuis de nombreuses années alors qu'il abritait la famille patriarcale qui devait essaimer dans les diverses localités de la région."



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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samedi 22 juin 2019

"LA CHANSON DE BERTERECHE" AU PAYS BASQUE AUTREFOIS


"LA CHANSON DE BERTERECH".


Cette chanson date du 15ème siècle et parle d'une histoire tragique de la province de Soule.