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mardi 14 mars 2023

LE NAUFRAGE DU "PADOSA" À BIARRITZ EN LABOURD AU PAYS BASQUE LE 14 DÉCEMBRE 1907 (quatrième et dernière partie)

 


LE NAUFRAGE DU "PADOSA" EN DÉCEMBRE 1907.


Dans la nuit de tempête du 14 décembre 1907, le "Padosa", trois-mâts suédois vient s'écraser sur les rochers, au large de la Grande Plage de Biarritz.



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16 DECEMBRE 1907 NAUFRAGE DU PADOSA BIARRITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, le 15 

décembre 1907 :



"Le Naufrage du "Padosa".


Touchante entrevue. 


... Un vin d’honneur fut servi. M. le Maire profita de cette réunion pour féliciter chaleureusement nos concitoyens, marins et sauveteurs — dont le dévouement fut au-dessus de tout éloge dans la nuit du 14 décembre, et adressa quelques paroles réconfortantes aux marins suédois. Dans une allocution inspirée des plus généreux sentiments, il assura les naufragés de notre sympathie la plus agissante. Ils pourront se souvenir, dit-il, et répéter à leurs compatriotes, que, dans cette cité de luxe et de plaisir, séjour des fortunés et des heureux, ils ont trouvé des amis, des frères, qui savent prodiguer envers tous la solidarité et le dévouement. M. Axel Bjorkegren se fit l’interprète des matelots suédois, pour remercier, en termes émus et émouvants les marins, les sauveteurs, la Municipalité et toute la ville de Biarritz. 



Le capitaine Mazon prononça à son tour une allocution en anglais que purent comprendre le capitaine et le second du "Padosa" et qui était conçue dans un sens de solidarité dans le danger. 



MM. Chandesse et Latrie, les blessés biarrots, furent l'objet de la part de M. Forsans et de tous ceux qui les connaissaient d’un témoignage particulier de sincère estime et des souhaits de prompte guérison, auxquels on associe l’excellent agent Romatet. 



Les cinq marins du "Padosa", en état d voyager, sont partis jeudi pour Bordeaux, d'où ils rejoindront la Suède. Les deux autres sont soignés à l'Hôtel du Palais et nous espérons qu'ils pourront, sous peu, aller, dans leur pays, rassurer complètement leur famille. 



Générosités.



Lundi soir, le Cinéma-Palace offrit une représentation qui donna pour les naufragés 652 fr. Il convient de remercier vivement de son initiative la Direction de ce bel établissement. 



Un grand bal organisé par l’orchestre, les employés et le patron de l’établissement Jean-Baptiste Dalbarade, aura lieu ce soir samedi, 21 décembre. Le produit des entrées, ainsi que celui du vestiaire, sera intégralement remis aux malheureux naufragés du trois-mâts suédois "Padosa". La salle sera richement et artistiquement décorée par MM. Gelos et Dufils, jardiniers, et A. Dufour, tapissier, qui ont tenu eux aussi à coopérer à cette œuvre humanitaire. Pour que tous puissent participer au soulagement de ces braves marins, si dignes d'intérêt, le prix d’entrée sera seulement de 50 centimes. 



Remerciements.



M. le Consul de Suède à Bordeaux écrit la lettre suivante à M. le Maire de Biarritz


"Bordeaux, le 10 Décembre 1907.


Monsieur le Maire de Biarritz


Au nom du Gouvernement Suédois, je m'empresse de venir vous exprimer, ainsi qu'à la noble et vaillante population de Biarritz, toute ma reconnaissance pour l'assistance qui a été portée aux naufragés du voilier "Padosa". 


On n'oubliera jamais, en Suède, les actes de dévouement et d’héroïsme qui ont été déployés pour sauver ces malheureux marins et la générosité dont ils ont été l’objet. 

Veuillez agréer. Monsieur le Maire, l'assurance de ma considération distinguée. 

Le Consul de Suède,

Charles Hanappier." 


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Nous recevons la lettre suivante : 


"Monsieur le Directeur,  


J'ai hâte de remercier publiquement, par l'intermédiaire de votre journal, la Ville de Biarritz, pour les marques de sympathie qu'elle nous a témoignées dans notre grande détresse, pour le dévouement admirable de ses vaillants marins, pour tous les secours qui nous sont venus de la population. Du fond de nos cœurs émus et pour toujours reconnaissants, merci, merci à tous, et que le nom de Biarritz soit à jamais béni ! 

Le Capitaine du "Padosa"."


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16 DECEMBRE 1907 NAUFRAGE DU PADOSA BIARRITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN

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19 décembre 1907. 

Monsieur le Directeur de l’Hôtel du Palais, Biarritz. 


Monsieur, 


Je tiens à vous exprimer au nom du Gouvernement Suédois toute ma gratitude pour la générosité avec laquelle vous vous êtes comporté à l’égard des malheureux survivants du "Padosa". 


Je comprends dans mes remerciements tout votre personnel qui rivalisant avec vous a entouré de soins et de prévenances ces pauvres marins. 

Veuillez agréer, Monsieur, l’assurance de ma considération distinguée. 

Signé : Charles Nanuppier."



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16 DECEMBRE 1907 NAUFRAGE DU PADOSA BIARRITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN

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"19 Décembre 1907 

Au personnel de l’hôtel du Palais, Biarritz. 

Messieurs, 


Au nom du Gouvernement Suédois je tiens à venir vous remercier des soins et attentions dont vous avez comblé les infortunés marins du "Padosa". 


Grâce à vous ils ont pu être promptement remis des émotions terribles par lesquelles ils venaient de passer. 


Votre façon d’agir vous fait le plus grand honneur et je suis heureux de vous en féliciter.


Veuillez recevoir mes salutations distinguées. 

Signé. Charles Nanuppier."



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14 DECEMBRE 1907 NAUFRAGE DU PADOSA BIARRITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN

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Une bonne idée.


Un de nos amis nous adresse la communication suivante : 


Biarritz, le 17 Décembre 1907. 


Monsieur le Directeur de la "Gazette de Biarritz". 


Le triste drame qui s’est déroulé sur notre grève, dans la nuit de samedi à dimanche a montré l’inefficacité des moyens actuels employés de terre pour secourir les naufragés. Et il en est ainsi malheureusement neuf fois sur dix, si l’on ne dispose pas d'un vrai canot de sauvetage et d’une équipe d’élite pour le monter.


En particulier, le canon porte-amarre manque très souvent son but. Rien d’étonnant à cela, puisque toujours le projectile va "à contre-vent" et qu’il est dirigé sur un point mobile et limité : le navire en perdition. 


Ne pensez-vous pas qu’il serait préférable d'exiger, par une loi internationale, que chaque bateau fût muni d un canon porte-amarre avant d'être mis à l’eau. 


Ainsi lancé du bord, le projectile arriverait toujours en un point quelconque de la côte où il serait bien facile de le saisir. Un va-et-vient serait établi et l’équipage sauvé. 


Je vous donne cette idée pour ce qu'elle vaut. Elle est d'un "profane de la navigation", mais j’espère qu’elle sera reprise et discutée par des "hommes de métier" et qu'on en tirera ce qu’elle peut avoir de pratiquement réalisable. 


On pourrait exiger aussi un cerf-volant et un flotteur à voile minuscule, toujours prêts à être lancés. 

Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l'expression de mes meilleurs sentiments. 

H. S. 



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MARINS SAUVETEURS ET CANON PORTE-AMARRE BIARRITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN


P.-S. — En Angleterre, on emploie surtout des fusées porte-amarre, de portée égale à celle des fusils et des canons.


Nous croyons nous rappeler qu'un de nos concitoyens- exposa déjà — en 1899 — l'idée préconisée par notre correspondant, à quelques membres du Congrès International des Pêches Maritimes et Fluviales, et que l'idée fut trouvée excellente. 



Souscriptions.

Recueillies en faveur des naufragés du Trois Mâts Suédois "Padosa" (Côte de Biarritz, nuit du 14 Décembre 1907).


Par l’Hôtel du Palais-Biarritz, 2 004 Frs 60. 

Par M. le Curé de Ste-Eugénie, (produit de quêtes) 700 francs.

Par M. Luis Gomez de Vlllavedon y Santos, produit d’une soirée de Gala au Cinéma-Palace" 652 Frs 60.

Par l'Hôtel Victoria 300 Francs.

Par le Syndicat des Garçons Limonadiers et Restaurateurs de Biarritz 25 Francs.

Par la Société des Secours mutuels Espagnols de Biarritz 20 Francs.

Par l'Ecole de Mme Monségu 10 Francs.

Par l’Hôtel d'Angleterre 135 Francs.

Par The Congrégation of St-Andrew’s Church de Biarritz 100 Francs.



En outre des fonds recueillis, les Naufragés, gracieusement hospitalisés et soignés par l’Hôtel du Palais, ont reçu de toutes parts, de nombreux vêtements, des cigares, des petits souvenirs, etc... 



Afin d’assurer la plus équitable répartition possible de ces souscriptions, entre les survivants du "Padosa" et les familles de leurs camarades morts ou disparus, le produit en a été mis à la disposition de M. le Consul de Suède, à Bordeaux, qui a bien voulu se charger de le partager."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)







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mardi 14 février 2023

LE NAUFRAGE DU "PADOSA" À BIARRITZ EN LABOURD AU PAYS BASQUE LE 14 DÉCEMBRE 1907 (troisième partie)

 

LE NAUFRAGE DU "PADOSA" EN DÉCEMBRE 1907.


Dans la nuit de tempête du 14 décembre 1907, le "Padosa", trois-mâts suédois vient s'écraser sur les rochers, au large de la Grande Plage de Biarritz.



pays basque autrefois labourd naufrage tempête
16 DECEMBRE 1907 NAUFRAGE DU PADOSA BIARRITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, le 15 

décembre 1907 :



"Le Naufrage du "Padosa".



Funèbre cérémonie.


La mer, devenue calme, rejeta, mardi matin, une des victimes du "Padosa". Le cadavre fut trouvé sur la côte, à l’établissement des bains de M. Darricarrère. Les nombreuses ecchymoses qu'il portait sur le corps, produites par les épaves au milieu desquelles il s'était débattu et qui peut-être ont occasionné sa mort, une grave blessure constatée sur la tête n’ont pas empêché d'établir son identité. C'est un jeune matelot du "Padosa", nommé Harald Pearson. 



Le cadavre, immédiatement transporté à la morgue, a été mis en bière par les soins de la police. Le cercueil a été placé à côté de celui de son camarade. Ils furent unis dans le danger, unis dans la mort. 



Les obsèques des deux marins eurent lieu à dix heures du matin, au cimetière du Sabaoü, au milieu d'une nombreuse affluence. 



Nous avons remarqué dans l’assistance : MM. Long-Savigny et Cassiau, adjoints au maire de Biarritz ; MM. le Dr Gallard, capitaine Mazon, Garay, Fournier, Gibrac, St-Martin. etc., conseillers municipaux ; M. Jonhston, ministre protestant de l'église St-André de Biarritz ; M. Bellairs, consul d’Angleterre ; M. Blin, administrateur de la marine ; M. Axel Bjorkegren, docteur suédois ; M. Pavillard, etc. 



M. Long-Savigny, premier adjoint au maire de Biarritz, a prononcé le discours suivant qui a provoqué l’émotion et les larmes des assistants : 

Avant que cette tombe se referme, j’ai le douloureux devoir de venir, au nom de la population tout entière de Biarritz, saluer les victimes d’un de ces drames émouvants de la mer, que nos vaillants marins ne connaissent que trop,— maintes fois pour défendre leur vie contre les éléments déchaînés, plus souvent encore pour user généreusement tout ce qu’ils ont de courage et de dévouement à arracher à la fureur de la tempête d’autres existences humaines. 

Il y a quatorze ans, à peu près à la même époque, une cérémonie pareille nous réunis sait ici, pour le seul marin retrouvé de l’équipage de la "Surprise". C'était alors un Français. Ce sont aujourd'hui des Suédois, de cette forte et belle race que nous aimons tant à accueillir dans notre pays, et dont le souverain regretté, symbole vivant de droiture et d’honneur, avait fait de Biarritz un de ses séjours de prédilection. 

Ce sont des jeunes gens, presque des enfants. L’un d’eux, retrouvé ce matin sur la plage, compte à peine dix-sept ans. Les papiers trouvés sur l'autre disent qu’il allait avoir ses vingt ans dans quelques jours, et avec eux, sur cette poitrine que la rage des vagues a rendu muette, reposait un portrait de jeune fille de là-bas, une sœur, une fiancée peut-être, qui pleure aujourd'hui l'être chéri qui ne reviendra plus, après avoir peiné le dur labeur de l'Océan, s’asseoir de nouveau près du foyer familial ! 

Que leurs camarades, du moins, disent à ceux de leur pays qu’ils ont eu ici les plus belles funérailles, celles que toute une ville fait, avec le meilleur de son cœur, aux braves marins qui succombent dans l’accomplissement de leur devoir.

Compatriotes ou étrangers, les marins, que tout le peuple de Biarritz se fait un pieux devoir d'accompagner à leur dernière de meure, emportent avec eux la même sincère affliction. Ces hommes à qui nous sommes venus jeter un dernier adieu, ce sont des nôtres qui s'en vont ! 

Autour du modeste cercueil de ces marins, inconnus de nous tous, de ces enfants de lointains rivages qui, jamais, n'avalent passé au milieu de nous, tous nos cœurs se serrent de la même angoissante pitié, et les mêmes larmes de profonde émotion montent à nos yeux à tous ; comme aussi, pour disputer cette proie à la mort, pour ranimer un souffle dans cette poitrine inerte, combien de dévouements s’étalent associés dans le même élan d’ardente fraternité ! 

Dans ce déchaînement de catastrophes, quand un de nos semblables, quel qu'il soit, est en péril, la même petite flamme d’Humanité, qui, semblable à la lampe jamais éteinte du sanctuaire, veille au fond de tous les cœurs, jette alors une lumière plus vive et plus pure. Et chacun obéit à ce devoir naturel ; ni celui-ci ni celui-là en particulier, mais tous ensemble, unis dans un même élan d'instinctive solidarité, se jettent dans la mêlée, rivalisant pour reconquérir une existence, et s'ils ont été vaincus dans cette lutte généreuse, donnant encore en foule leur commisération attendrie et leurs larmes à celui qu'ils ont senti être de la même chair et du même sang. 

Repose en paix, Jon Johansohnn ; repose en paix, Harald Pearson. Petits marins du Nord, dormez votre dernier sommeil sous notre doux soleil du Midi. A défaut des parents restés bien loin de leurs chers disparus, toute une ville en deuil, vos frères de Biarritz, vous accompagne d'un dernier adieu ! 



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16 DECEMBRE 1907 NAUFRAGE DU PADOSA BIARRITZ
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M. Blin, commissaire de marine à Bayonne, a pris ensuite la parole. 


"C'est au nom de l'indéfectible solidarité qui unit tous ceux qui par un lien quelconque appartiennent à la marine, que j’adresse un suprême adieu à ceux qui furent dans la nuit de samedi, les victimes des éléments déchaînés. Plus heureux cependant que leurs deux camarades, que la mer, cette grande mangeuse d'hommes, a jalousement conservé comme une rançon, ils pourront reposer au milieu d'une population de marins, comme eux, dont le dévouement, ainsi d’ailleurs que celui de ces admirables personnes qui ont à un titre quelconque secouru avec tant d'empressement les survivants du naufrage. a été ce qu'il devait, ce qu’il pouvait être. 

Que tous soient hautement remerciés. 

Au jour où, chez nous, on visite les morts, ils s’arrêteront devant leur tombe ; ils y laisseront tomber un souvenir ému, et la terre de l’exil, devenue une terre amie, leur sera plus légère. 

En exprimant aussi à la municipalité de Biarritz tous mes remerciements pour ses bons offices en cette triste occurrence, et en adressant le témoignage de ma profonde et douloureuse sympathie à M. le Consul général de Suède, et aux survivants du drame inexorable auquel nous avons assisté, le cœur angoissé de notre impuissance à les mieux secourir, je ne saurais oublier les familles qui attendent là-bas dans de lointains villages, le retour de ceux qui ne doivent plus revenir ! 

Notre présence autour de ces deux cercueils marque, mieux que je ne saurais le dire, combien nous prenons part au deuil si cruel qui les frappe : pour tous les marins, en effet, qui constituent une seule et même famille, le malheur qui atteint les uns cause le deuil de tous". 



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14 DECEMBRE 1907 NAUFRAGE DU PADOSA BIARRITZ
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M. le Consul de Suède à Bordeaux, délégué officiellement par son gouvernement aux obsèques de ses malheureux compatriotes, a adressé, en termes chaleureux, à travers lesquels perçait une émotion intense, ses remerciements à la municipalité de Biarritz, à sa vaillante population, pour le dévouement témoigné aux marins du "Padosa", et pour la sollicitude touchante dont ils ont été entourés. 



M. Johnston, révérend de l’Eglise St-André de Biarritz, a dit quelques prières en anglais, après quoi on a procédé à la levée des deux cercueils. Sur chacun d’eux, avaient été placées de magnifiques gerbes de fleurs, offertes par des amis et par les marins de Biarritz ; le capitaine du "Padosa" en avait déposé une, lis et roses blanches, en son nom personnel et au nom de ses marins. 


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16 DECEMBRE 1907 NAUFRAGE DU PADOSA BIARRITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN

La Ville de Biarritz avait fait déposer sur la tombe une magnifique couronne aux couleurs françaises et suédoises. 



Remarqué celle de M. le Consul de Suède et de M. le docteur suédois Axel Bjorkegren. 



C'est au milieu d’un profond recueillement que les deux corps ont été descendus dans la même fosse. Le pasteur, M. Monod, a récité les dernières prières, cependant qu’une main de femme inconnue est venue religieusement jeter avec un dernier regard, sur les deux cercueils, une magnifique gerbe de fleurs. 



A la fin de la cérémonie, la foule s’est écoulée lentement, non sans avoir tenu à serrer la main des vaillants survivants du "Padosa", profondément touchés et émus de tant de sympathie. 



Touchante entrevue. 



L’équipage du "Padosa" ayant fait manifester, mercredi matin, dans une lettre adressée à M. le Maire de Biarritz, le désir de remercier avant leur départ pour la Suède les vaillants marins et sauveteurs de Biarritz, ainsi que tous ceux de nos concitoyens qui leur ont donné tant de marques de sympathie. M. Forsans acquiesça très volontiers à leur demande et, dans l'après-midi du même jour, à cinq heures, à la Mairie, dans la salle du Conseil Municipal, se sont retrouvés les naufragés du "Padosa", les marins et sauveteurs biarrots et la Municipalité."



A suivre...


(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)





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samedi 14 janvier 2023

LE NAUFRAGE DU "PADOSA" À BIARRITZ EN LABOURD AU PAYS BASQUE LE 14 DÉCEMBRE 1907 (deuxième partie)

LE NAUFRAGE DU "PADOSA" EN DÉCEMBRE 1907.


Dans la nuit de tempête du 14 décembre 1907, le "Padosa", trois-mâts suédois vient s'écraser sur les rochers, au large de la Grande Plage de Biarritz.



pays basque autrefois naufrage tempête
16 DECEMBRE 1907 NAUFRAGE DU PADOSA BIARRITZ
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Voici ce que rapporta à ce sujet La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, le 15 

décembre 1907 :



"Le Naufrage du "Padosa".



Après la catastrophe.



Les soins médicaux ont été donnés aux naufragés par les Docteurs Long-Savigny, Claisse, Legrand, Sudaka, Augey, Berne, de Lostalot, etc. ; ils se sont prodigués auprès de tous et ont eu beaucoup de mérite à rappeler à la vie certains d’entre eux. 



Un des marins secourus au Palais n’a dû la vie qu'aux longues et patientes tractions prodiguées par le Dr Long-Savigny et aux vomissements que ce dernier réussit à provoquer. 



On ne saurait trop louer le merveilleux service, la sollicitude admirable dont les victimes ont été et sont encore l’objet au Palais et dans la villa du Dr Lacroze. 



Au Palais, tout le personnel, tout le confort, toutes les ressources de cet établissement de luxe a été mis à la disposition des marins, qui se trouvent là en vrai Paradis, entourés de dames bienfaisantes que leur prodiguent le plus gracieux dévouement. 



Par les réchappés du naufrage on a pu connaître enfin certains détails. 



Le navire sinistré est de nationalité suédoise, le Padosa, dont le port d’attache est Roo, près de Helsenborgh. Il venait de Bilbao et Portugalete et allait vers les Canaries sur lest quand une voie d’eau se déclara à son bord. Il tenta inutilement, depuis quatre jours, de lutter contre la tempête et de se réfugier à St-Sébastien. Hier, il perdit son gouvernail, et, tout désemparé, vint se jeter vers la côte de Biarritz sans que l’équipage connut le point de la côte devant laquelle ils arrivaient. Il était monté par onze hommes d'équipage. C'était un voilier jaugeant de 300 à 400 tonneaux. 



Ce matin dimanche, le Dr Long-Savigny et M. Cassiau, adjoints au Maire de Biarritz, et le Procureur de la République de Bayonne, ont visité les marins du Padosa. Tous sont en voie de rétablissement et leur guérison est l'affaire de quelques jours. 



Ces représentants de l’autorité ont félicité les sauveteurs blessés : l'agent Romatet, MM. Chandesse et Latrie.



15 Décembre. 

Voici la liste des matelots ramenés à terre : 

Jean Johanson, 50 ans, qui a succombé malgré les soins énergiques qui lui ont été donnés par les docteurs Claisse et Augey, par les sauveteurs et par le personnel de la villa "San-Fernando". 

Ehuin Johanson, frère sans doute du précédent ; Jules Anderson ; Werner Lindberg ; Herman Sundin ; Albert Gustavson, ces cinq en excellente voie de guérison, à l'Hôtel du Palais. 

Le capitaine Bjork et un autre matelot, relativement très bien portants, à la villa "San Fernando". 



Il manque donc trois marins qui ont disparu et dont la mer n'a pas encore rendu les cadavres. Cela fait quatre morts, avec la victime décédée dans la nuit et dont le corps a été gardé dans une salle de la Mairie, puis conduit à la Morgue. 



Tout en déplorant ces malheurs, il faut trouver une consolation dans ce fait que, malgré les conditions épouvantables d'un naufrage, en pleine nuit, et quoique la mer toute parsemée d'épaves fut intenable pour des nageurs en détresse, sept hommes sur onze ont pu être sauvés.



Nous apprenons que les personnes habitant l’hôtel du Palais, ont, dans la matinée, recueilli entre elles quelques fonds et que, du produit de la collecte, une somme de quarante francs a été immédiatement remise à chacun des marins. D'ailleurs les deux naufragés qui avaient été recueillis à la villa St Fernando viennent d’être conduits au Palais. où des chambres leur ont été données à côté de celles de leurs camarades. 



pays basque autrefois naufrage tempête
14 DECEMBRE 1907 NAUFRAGE DU PADOSA BIARRITZ
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Une lettre.


Nous recevons du Dr Long-Savigny, la lettre suivante : 

Biarritz, le 15 Décembre 1907. 


Monsieur le Directeur, Vous voulez bien, dans la "Gazette", rappeler les soins persévérants donnés par moi à un des naufragés, soins auxquels vous avez assisté. Permettez-moi de rappeler que nous étions deux docteurs autour de ce malheureux ; le Dr G. Legrand a pris la même part que moi aux efforts qui ont arraché ce noyé à la mort imminente. 



11 est superflu d'ailleurs d'ajouter que tous les médecins présents ont apporté le même dévouement à l'accomplissement de leur devoir. Dans des chambres voisines des nôtres, les Docteurs Claisse et Sudaka pansaient des blessures -sérieuses reçues par marins et sauveteurs. A la villa "San Fernando", trois médecins, les Docteurs de Lostalot, Augey et Berne, ont épuisé toutes les ressources do leur art à ranimer un malheureux chez lequel l'asphyxie, trop avancée, a rendu tous les dévouements inutiles. Et l'on peut dire que le corps médical de Biarritz tout entier, a droit au même titre à cette simple mention : c'est qu’il a fait son devoir avec le même ensemble, la même solidarité qui se retrouvent toujours en semblables circonstances. 

Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l'assurance de mes meilleurs sentiments. 

Dr G. Long-Savigny



Quelques détails.


L'état de santé des naufragés s'améliore d’heure en heure. Quatre sont presque complètement remis, et parmi eux le capitaine ; ils sont allés visiter les épaves sur la plage et lundi à 2 heures sont allés reconnaître leur camarade John Johanson, dont le corps est au cimetière, et qui sera inhumé aux frais de la ville. Ils ont emporté de cette visite une profonde impression de tristesse, et c’est les larmes aux yeux qu’ils ont quitté le jeune marin disparu.



La Chasse au Renard qui devait avoir lieu aujourd'hui, et dont le rendez-vous était dans la Cour de l'Hôtel du Palais, a été contremandée pour cause de deuil et renvoyée jusqu’après les obsèques du naufragé du "Padosa". 



Trois autres marins sont encore alités ; l'un d’eux, celui qui a été presque littéralement ressuscité à force de soins, est encore sérieusement malade, mais on compte le remettre sur pied dans une ou deux semaines. Les autres seront debout plus tôt et sont tout à fait hors de danger. 



Une foule de détails intéressants nous sont apportés à chaque instant et un journal entier ne suffirait pas à les relater. Relatons-en quelques-uns. 



MM. André Lafitte et Pierre Bégué, ont eu l’heureuse initiative, voyant le retard mis par le canon porte-amarre à venir à la plage, de dételer, malgré les protestations du cocher, les chevaux d’une voiture et de s’en servir pour amarrer le canon. 



Plusieurs personnalités de la colonie anglaise ont participé au sauvetage. Une dame poussa son dévouement jusqu’à se dépouiller d’une partie de ses vêtements pour en faire une couche à un naufragé arraché à la mort. 



Le capitaine du voilier, avec qui nous avons pu nous entretenir grâce à un interprète, nous a confirmé qu’il n’a pas cru, au début, à l’imminence du danger. 



Il ne savait où il était et était d’autant plus désorienté qu’il voyait les feux du phare à alternances blanches, et que la carte marine en sa possession indiquait, pour le phare de Biarritz, des feux blancs et rouges alternatifs. Espérons, pour l’honneur de notre service maritime, que ce dernier n’a pas oublié, quand il changea, il y a deux ans, les feux de notre phare, d’en faire mention sur les cartes et il nous plaît de croire que le "Padosa" était muni d’une carte trop ancienne. 



pays basque autrefois naufrage tempête
16 DECEMBRE 1907 NAUFRAGE DU PADOSA BIARRITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN


En outre, le capitaine se croyait ancré sur un fond de sable et espérait que son bateau tiendrait jusqu’au moment d’une accalmie, ou tout au moins jusqu’au jour et jusqu'à marée basse. Il ne crut pas avoir le droit d’abandonner son navire, qui, d'ailleurs, espérait-il encore, pourrait être ren du ué par la haute mer et reprendre le large. 



Enfin, il voyait distinctement la foule, distinguait les préparatifs de sauvetage et pensait que des secours lui viendraient de la terre si rapprochée. 



C'est pourquoi ses marins et lui endurèrent avec courage les affres de la tourmente, et ce n'est qu’après plusieurs heures d'attente angoissante qu'ils sentirent la gravité de leur position et l'imminence du danger mortel. 



Il était plus de neuf heures quand on comprit l’urgence des décisions désespérées. 



Un homme s'embarqua dans une des chaloupes du "Padosa" et tenta de venir à terre. C'est à lui qu’a dû servir la bouée que l’on trouva quelque temps après sur le rivage, avec une ceinture de marin attachée à elle. Quant à la barque, elle se brisa sur les récits et c'est en voulant la saisir que le Commandant Caulfeild lut blessé. 



Une heure plus tard, le capitaine lui-même s'aventura sur la mer, essayant de gagner le rivage à la nage, mais les lames de tond, les courants contraires rendirent sa tentative impossible et, après de longs et infructueux efforts, il fut de nouveau hissé à bord. 



Dès lors, les minutes mortelles et angoissantes torturèrent lentement ces hommes qui sentaient la mort, ils se préparèrent aux suprêmes efforts de désespoir, se munirent tous de ceintures, prêts à se livrer au hasard des flots, quand s'engloutirait ce navire qui craquait et se désagrégeait de toutes parts. 



On sait le reste. Jusqu’aujourd'hui lundi, on laissa ignorer au capitaine la mort de quatre de ses hommes, afin qu’il put se re mettre de sa fièvre et de ses souffrances physiques et morales. Cependant, son grand souci était de rassurer les compatriotes de là-bas, à Roo, en Suède. Il envoya un télégramme annonçant — comme il le croyait — que tous étaient saufs. Mais ce télégramme fut retenu. 



Un autre souci de ce brave marin se manifesta par cette interrogation qu’il fit anxieusement : "C’est bien moi qui me suis sauvé le dernier, n’est-ce pas ?" et il fut satisfait quand on lui apprit — ce qui est du reste la vérité — qu'il avait réellement été le dernier des naufragés abordant au rivage et recueillis par les sauveteurs. 



La catastrophe du "Padosa", arrivant 14 ans après celle de la "Surprise", nous a encore pris au dépourvu pour l’efficacité des moyens de sauvetage. 




pays basque autrefois naufrage labourd
AU ROCHER DE LA VIERGE BIARRITZ
20 NOVEMBRE 1893
PENDANT LE NAUFRAGE DE LA SURPRISE



Elle a démontré les nécessités d’une organisation plus rationnelle du service du canon porte-amarre et a nécessité de l'installation à Biarritz d’au moins un canot de sauvetage. Nous faisons des vœux pour qu’on fasse, sans plus tarder, cette acquisition."




pays basque autrefois guide baigneurs
MARINS SAUVETEURS ET CANON PORTE-AMARRE BIARRITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN



A suivre...


(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)





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mercredi 14 décembre 2022

LE NAUFRAGE DU "PADOSA" À BIARRITZ EN LABOURD AU PAYS BASQUE LE 14 DÉCEMBRE 1907 (première partie)

LE NAUFRAGE DU "PADOSA" EN DÉCEMBRE 1907.


Dans la nuit de tempête du 14 décembre 1907, le "Padosa", trois-mâts suédois vient s'écraser sur les rochers, au large de la Grande Plage de Biarritz.


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pays basque autrefois naufrage tempête
16 DECEMBRE 1907 NAUFRAGE DU PADOSA BIARRITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, le 15 

décembre 1907 :



"Le Naufrage du "Padosa".



Dans des éditions spéciales, nous avons, au lendemain du drame poignant dont Biarritz a été le théâtre, donné au public les détails de ce naufrage et, dans le numéro hebdomadaire d'aujourd'hui, nous ne pouvons que reproduire, en les complétant les renseignements et les documents déjà fournis. 



En perdition. 

16 décembre. 



Une terrible catastrophe s'est produite dans la nuit de samedi à dimanche, causée par la tempête d’une extrême violence qui sévissait sur le Golfe de Gascogne. Vers 6 heures et demie du soir, la nouvelle se répandit qu'un voilier venait se jeter à la côte, du côté de la Grande Plage et, aussitôt après, les appels de détresse de la sirène du bord, les signaux du bateau, attirèrent une foule énorme en demandant du secours. Bientôt on eût pu constater la présence de tous nos braves marins : Million, avec des paillons imbibés de pétrole, allumait des feux sur la plage pour instruire les matelots de la situation de la terre. Des cordages furent amenés, des hommes se jetèrent à l'eau avec des câbles, essayant, mais très inutilement, de vaincre la mer démontée pour approcher du navire, qui était venu s’ensabler près des rochers qui continuent le plateau où s’élève l'Hôtel du Palais. 



Il n'y avait pas 150 mètres du rivage au voilier, et l'on dut bientôt se convaincre que les secours de terre étaient presque impossibles. Aucune barque n’eut pu tenir la mer dans ces parages semée de brisants ; de barque de sauvetage, il n'y en a point ; le canon porte-amarre fut amené — avec quel que peu de retard ; on mit eu place l'appareil pour la manœuvre des câbles qui devaient assurer le va et vient qu'on espérait établir bientôt entre la terre et le navire inconnu en perdition ; quand le canon fut en batterie, on lança une première amarre qui manqua le but, puis — à de trop longs intervalles — cinq autres amarres, dont le vent soufflant avec furie semblait se jouer en les portant à des distances invraisemblables. Cependant, la dernière amarre atteignit le bateau et s'accrocha à une partie de la coque, que l’on ramena très tard dans la nuit, jusque près du bord. Mais il était trop tard pour que les marins pussent la trouver, la saisir, et s’en servir pour leur salut. 



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MARINS SAUVETEURS ET CANON PORTE-AMARRE BIARRITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN



Un autre obstacle, déplorable celui-ci, se présentait ; la foule immense des spectateurs ne pouvait être contenue et gênait considérablement la manœuvre des filins, cordages et appareils. Il faudrait bien, en pareil cas, qu’on pensât à faire venir de la troupe en nombre suffisant pour maintenir les gens au-delà des limites où leur présence est une si grande gêne. 



Cependant, les heures s’écoulaient, mortelles et angoissantes. Des dévouements admirables s’offraient en pure perte, les initiatives généreuses et dignes d’éloges se multipliaient. 



La nuit n’était pas tout à fait noire. Une sorte d’obscure clarté permettait de suivre les yeux l’agonie du navire que l’on voyait se pencher, se disloquer, s’émietter peu à peu ; la mer commençait à charrier des épaves, où l'on cherchait vainement une indication, un bout de filin ou de cordage permettant de communiquer avec les naufragés. 



L'Hôtel d'Angleterre avait fait envoyer une provision de feux grégeois, de feux..., avec lesquels on produisit des lumières, grâce auxquelles les marins purent voir ce qui se passait à terre. D'autres citoyens avaient apporté des feux d'appel, des flammes de bengale ; on épuisa ainsi la provision du Comité des Fêtes. En même temps, la Ville faisait donner toute la lumière des lampes à arc de la plage : l'Hôtel du Palais allumait tous ses feux, et cet éclairage, jeté sur le rivage, fut de beaucoup d’utilité pour le travail de sauvetage. Plusieurs automobilistes apportèrent des phares d’une intense lumière et une automobile appartenant à la comtesse Orloff-Davidoff, resta toute la nuit avec ses feux projetés dans la direction du bateau. Toute la nuit aussi, l’appareil lumineux du Cinéma, installé au Casino Municipal, projeta ses rayons de clarté sur la Plage. 



Il a été établi que les marins du pauvre voilier n’ont pas eu conscience, pendant les premières heures, du grave danger qu'ils couraient. Ils auraient pu, au début, munis de ceintures de liège, aborder assez facilement sur la grève, étant donné surtout que la mer, quoique furieuse, n’offrait pas encore ce terrible danger des épaves accumulées dont elle assomme les malheureux en détresse. Mais, ainsi que cela nous a été affirmé plus tard, le capitaine croyait tenir jusqu’au jour ; il se croyait simplement ensablé el ne connaissait pas la côte dangereuse où son bateau devait infailliblement périr.



La catastrophe. 



Vers dix heures cependant, les premiers craquements se firent entendre ; ils eurent dors conscience du péril. On les entendit prier tous ensemble des appels lamentables. 



L’Océan, continuant son œuvre, déchiquetait le navire et apportait à la côte tout ce qu'il arrachait : agrès, bastingages, barques ; puis, à 11 h. 14 exactement, un craquement sinistre se fit entendre ; le voilier s’ouvrit et disparut presque tout entier dans les flots. 



Cependant, un morceau de l'arrière émergeait encore, portant les marins qui semblaient, contre tout espoir, espérer encore un impossible secours. 



Mais au bout de dix ou quinze minutes, cette épave disparaissait aussi et la foule, anxieuse, cherchait en vain des yeux, sur la mer furieuse et noire, une trace de ces êtres humains, qui semblaient irrémédiablement perdus. 



Les minutes passaient, longues comme des heures ; plus d’une demi-heure s'écoula ainsi sans que l'on vit autre chose qu'un effroyable fouillis de bois brisés, de matériaux et d'objets divers, s’entrechoquant dans les vagues. 


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16 DECEMBRE 1907 NAUFRAGE DU PADOSA BIARRITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN


Sauvetage.



Tout à coup, un cri fut poussé par des marine : "Un homme à la côte !". On se précipita avec des cordes, avec des bouées, avec des échelles. Et, les uns après les autres, dans les criques voisines des falaises du Palais, cinq naufragés purent être sauvés au prix des plus grands efforts. Pendant ce temps, trois autres victimes étaient successivement recueillies près de la petite plage voisine de la villa "Les Vagues". 



Les naufragés furent admirablement soignés. Tout le corps médical était là, aidé par des concitoyens d’un dévouement à toute épreuve. 



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16 DECEMBRE 1907 NAUFRAGE DU PADOSA BIARRITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN



Leu plus beaux hôtels, les grandes villas s’offraient à recevoir les malheureux : l’Hôtel Continental, l’Hôtel Victoria avaient tout préparé pour eux ; mais on alla au plus près ; les hommes recueillis du côté de la de la Grande Plage furent conduits à l’Hôtel du Palais ; ceux qu’on sauva de l'autre côté, furent reçus à la villa "San Fernando", par le Dr Lacroze et sa famille. 



Ce fut pour tons un grand soulagement, de voir aboutir enfin tant d’efforts courageux, tant de vœux ardents et émus. 



Nous ne prétendons pas rendre ici justice à tous ceux qui se sont prodigués et dévoués. Dans un pareil cas, on ne peut tout voir ; mais nous signalerons sincèrement ce qui est parvenu à notre connaissance.



On a remarqué le dévouement de tous les marins qui ont tenté ce qui était humainement possible. Le capitaine Mazon, conseiller municipal, était là des premiers avec M. Goalard, et ils prodiguèrent leurs conseils et leur concours. Le commissaire de marine de Bayonne, MM. Long-Savigny, premier adjoint, remplaçant le Maire actuellement à Paris, M. Cassiau, deuxième adjoint, et la plus grande partie des conseillers municipaux restèrent là presque toute la nuit. 



Remarqué aussi M. Arthur Bonsonbv, secrétaire du Premier Ministre Anglais, Sir Campbell Bannermann, la plupart des médecins de Biarritz, M. Lhermeneau, capitaine des pompiers, qui se distingua par son activité. 



Noms devons signaler aussi le dévouement du Commander Caulfeild, commandant en retraite de la marine anglaise, qui se porta bravement au-devant de la chaloupe du Padosa an moment où celle-ci allait atterrir. Le commandant fut violemment heurté par l'avant de la chaloupe et dut être transporté à son domicile, où il s’est alité ; M. Fourquet, dit "Carcabueno", toujours présent et solide quand il s’agit de grand dévouement ; les marins Mimiague, Pommiès père et fils, Emile Henry, dit "Pinthiaïre", et tous leurs intrépides camarades, qui firent, en cette occasion, comme toujours, tout ce qu'il est humainement possible de faire ; un grand nombre de nos concitoyens, qui apportèrent aux gens de mer le concours précieux de leur initiative et de leur abnégation ; l’agent Romatet, qui a été assez sérieusement blessé au genou, M. Latrie, serrurier à la Compagnie des Eaux, blessé sur diverses parties du corps, et en particulier à la mâchoire, M. Chandesse, poélier, assez sérieusement blessé à la tête et contusionné sur le corps."



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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