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lundi 27 décembre 2021

LE DÉVELOPPEMENT DE HENDAYE EN LABOURD AU PAYS BASQUE AU 19ÈME SIÈCLE (septième et dernière partie)


LE DÉVELOPPEMENT DE HENDAYE AU 19ÈME SIÈCLE.


La population d'Hendaye passe de 241 habitants en 1800 à 3 215 habitants en 1901.




pays basque autrefois labourd
HENDAYE 19EME SIECLE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet Georges Langlois, en 1931, dans son livre La véritable histoire de 

Hendaye Plage :



"Cahier des charges de la baie de Chingoudy.



Le présent cahier des charges a pour objet de régler les conditions de l’aliénation éventuelle d’une zone de terrain à conquérir sur la baie de Chingoudy et de définir les charges imposées à l’acquéreur pour l’endiguement de la partie annexée à terre ferme ; l’établissement d’un tramway reliant Hendaye à la plage.



I. — Aliénation d’une partie de la baie de Chingoudy.



Article premier. — Les terrains qui font l’objet de présente concession éventuelle sont : 

1° Les parcelles communales portées au plan cadastral sous le n° 60 et 62 et des terrains vagues appartenant à la commune bordant la terre ferme et consistant en un chemin d'exploitation ; 

2° les terrains à conquérir dans la baie de Chingoudy et à annexer dans la terre ferme contournent la baie depuis la pointe Socoburu jusqu’au vieux port, suivant une ligne ABCDEFGHIJK tracée sur le présent plan joint au cahier des charges : 

A B est une parallèle au rivage de la mer à la distance de 260 mètres de la ligne du rivage considéré dans la partie située à 400 mètres à l’ouest du chemin vicinal n° 2 ; 

C F E est un cercle de 300 mètres de rayon ; 

E F est un alignement tracé parallèlement au chemin n° 2 et à 140 mètres de ce chemin ; 

E G H est un cercle de 309 mètres de rayon ; 

H I est un alignement déterminé par deux points ; le 1er placé à 52 mètres du chemin vicinal n° 2 en face de la maison Innérarity, le second pointé 40 mètres de l'angle et de l’ancien mur du quai du vieux port 

I J K est un arc de cercle de 360 mètres de rayon et dont l’extrémité aboutit à la cale d'embarquement du vieux port en un point situé à 40 mètres du mur de la rive. Tous les terrains compris entre cette ligne et la terre ferme y compris la baie de Belcenia, seront aliénés en faveur de l’acquéreur des dunes aux charges et conditions suivantes.



pays basque autrefois hendaye plage
HENDAYE PLAGE 1882
PAYS BASQUE D'ANTAN


II. Charges.



Art. 2. — L’acquéreur construira une digue entre terre perrayée assez forte pour empêcher le retour des eaux de la mer et s’élevant à la hauteur de 0.50 au-dessus des hautes marées. Cette digue ne devra pas faire obstacle à l'écoulement des eaux naturelles. Le terrain conquis sera remblayé à mesure des besoins. Trois passages à niveau avec cales inclinées seront établis sur les points que signalera la commune pour permettre aux chars à bœufs de descendre dans la baie à marée basse et d’en rapporter des engrais.

Une bande de terrain de 10 mètres de largeur, mesurée depuis l’arête extérieure de la digue, sera réservée à la circulation publique.



pays basque autrefois plage
HENDAYE PLAGE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Art. 3. — La commune demandera à l’Etat de lui concéder, pour une durée de 60 ans, un tramway depuis les établissements des bains jusqu’au vieux port avec embranchement jusqu’au fond de Belcenia ; le tramway établi sur les terrains à conquérir, en palier ou sur des pentes de quelques millimètres seulement, longera la digue en laissant pour la circulation des promeneurs un trottoir de trois mètres de largeur du côté de la baie.

L’acquéreur accepte la rétrocession de ce tramway et s’engage à le construire et à l’exploiter en se conformant au cahier des charges qui sera imposé à la commune. Il est entendu que l’exploitation de ce tramway ne sera obligatoire que pendant la saison des bains. Ce tramway ne pourra être prolongé dans aucun cas sans l’assentiment du conseil municipal.


pays basque autrefois tramway
TRAMWAY HENDAYE PLAGE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Art. 4. — L’endiguement des terrains rétrocédés et l’établissement du tramway seront faits aux risques et périls de l’acquéreur dans le délai de trois ans après la remise des terrains è la commune et l’autorisation de l’administration supérieure pour la construction du tramway.



Art. 5. — L’acquéreur, entre les charges ci-dessus, paiera à la commune aux mains du Receveur municipal la quote-part à raison de la surface, dans la somme que celle-ci devra à l’Etat pour la cession de la baie de Chingoudy.

Plus la somme fixe de quarante mille francs, tant pour les parcelles communales privées et vagues énumérées à l’article premier que pour la concession du tramway et la rétrocession des parties de la baie de Chingoudy et de Belcénia.



Art. 6. — L’acquéreur fournira dans le délai de deux mois tous les plans et documents nécessaires pour constituer les dossiers de l’enquête relative à l’établissement du tramway.



Art. 7. - La commune subroge l’adjudicataire à toutes ses obligations en tout ce qui touche la baie de Chingoudy et celle de Belcenia envers l’administration des Ponts et Chaussées.



Art. 8. — Les frais de timbre, d’enregistrement et de publications sont à la charge de l’adjudicataire.

Fait à Hendaye, le 21 Février 1881.

Suivent les signatures.

Pour copie conforme.

Le Maire : B. Ansoborlo.


pays basque autrefois livre hendaye
LIVRE LA VERITABLE HISTOIRE DE HENDAYE-PLAGE
DE GEORGES LANGLOIS


Dans l’intervalle de la publication du cahier des charges et de l’adjudication, M. Liborio de Ramerv, administrateur-directeur de la société de fondation de Hendaye-Plage réclama au sujet de l’enquête faite les 1er , 2 et 3 mai 1881 par M. Granger commissaire-spécial. Mais dans une mise au point définitive et tout à son honneur, le conseil municipal mit le point final (un point de suspension si l’on veut) à cette irritante et grave question.



"Les réclamations du sieur Liborio de Ramnery ne sont pas fondées, car l’enquête du 16 mars 1880 ne conclut pas à l’approbation du traité Moreau, puisqu’il a été rejeté à l’unanimité par deux délibérations successives les 17 avril et 2 mai 1880.


D’ailleurs les conseillers municipaux d’Hendaye dont l’élection s’est faite principalement sur ce terrain savent que les électeurs ne les ont pas nommés pour faire les affaires de MM. Moreau, Dupuis et Consorts mais bien celles de la commune.


Que sont MM. Moreau et Dupuy ? On le voit traitant tant en son nom personnel qu’au nom de la société en voie de formation. Plus tard sa personnalité disparait ; il ne reste plus qu’une société introuvable. Un jour, pour activer une délibération favorable, il annonce que son million est trouvé, un autre jour qu’il n’a encore rien pu faire (voir ses lettres du 1er et 4 avril 1880). D’un bout à l’autre on ne rencontre que contradictions sur contradictions. Enfin, ne sachant plus à quel saint se vouer et se voyant évincé par la délibération du 2 mai 1880 et se décide à faire alliance avec la société locale d’Hendaye, il dit : 

"Voilà ma société constituée.


Le Conseil municipal n’a pas à suivre dans ses évolutions la société locale d’Hendaye ; pour lui, elle n’existe qu’en vertu d’un bail régulièrement contracté le août 1879 et dont les conditions sont parfaitement déterminées."


M. Moreau s’est rendu impossible ; il a entièrement perdu la confiance de la commune. Il reste M. Dupuy que la protestation propose de lui substituer. M. Dupuy vint à Hendaye en qualité d’entrepreneur pour la construction du chemin de fer ; il put à cette époque apprécier le pays, principalement la plage ; il comprit tout le parti qu’on en pouvait tirer pour la création d’une station balnéaire. Plus tard, utilisant les Loisirs qui lui étaient faits par les terribles événements de 1870-71, il revint à Hendaye où, en même temps qu’il fit un traité avec la commune, il dressait les plans d’un projet magnifique où rien n’était oublié. — Il y avait ville de plaisir, d’industrie métallurgique, région agricole ; tout y était prévu... L’église devait avoir un clocher neuf ; enfin les habitants croyaient déjà à l’âge d’or. Pendant plusieurs années, on attendit vainement, M. Dupuy ne donnait plus signe de vie Son grand projet ne devait servir qu’à fermer la porte à toute autre initiative. — Ce n’est qu’en 1877 que les Hendayais fatigués d’attendre, signèrent une pétition à la suite de laquelle le Conseil Municipal le 4 février 1877 vota le rejet du projet Dupuy. Ce dernier supporta sa déchéance sans la moindre protestation. Il ne demanda même pas le plus petit délai.



Aujourd’hui : plusieurs propositions. Le Conseil Municipal confiant dans les bons résultats que peut donner la vente par adjudication, croit devoir persister dans cette voie qui, seule, peut faire part égale à tout prétendant.



En résumé, le Conseil Municipal repousse à l’unanimité la protestation de M. de Ramery, le déclare mal fondé dans ses réclamations et non recevable dans ses prétentions.



L'adjudication eût lieu le 1er septembre 1881 et M. Le Roy de Bonneville offrant 71 000 francs fût déclaré adjudicataire pour le compte d’une société constituée par acte passé chez Me Fargeot notaire à Saint-Jean-de-Luz.



Cette société prit le nom de "Société Civile Immobilière de Hendaye-Plage." Les membres du Conseil d’Administration comprenaient :

MM. Le Roy de Bonneville, propriétaire à Paris. 

Bertrand, architecte à Bayonne.

Amyot, avoué à Bayonne.

Sourbié, propriétaire à Bayonne.

Joly, entrepreneur à Bayonne.

Candido Lara, propriétaire à Madrid.



La société fût constituée au capital de 800 000 francs et le siège social établi à Bayonne, 1, rue Jacques Lafitte.



Après quelques menus incidents tels que la réclamation de MM. Malleville et Champon soumissionnaires qui n’avaient pas versé en espèces le montant de leur cautionnement ; le rejet par la commune du premier plan présenté etc., les travaux prévus au cahier des charges commencèrent si bien qu’en août 1885, la Société Civile Immobilière de Hendaye-Plage avait rempli le programme imposé et effectué pour 600 000 francs de travaux. C’est dire qu’un mur de défense contre les eaux de la mer était édifié, que l’hôtel (l’Hôtel Continental actuel) et le casino ainsi que l’établissement de bains étaient construits. Restait seulement l’élargissement de la route de la plage qui fût bientôt effectué par un accord entre la ville et la société et par l’abandon des droits de cette dernière à son cautionnement de 30 000 francs déposé à la Recette des Finances au moment de l’adjudication.




pays basque autrefois hôtel hendaye
HÔTEL CONTINENTAL ET DE LA PLAGE HENDAYE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Dans cet accord il était notamment dit ceci :

Art. 4. — La commune reconnait et déclare au surplus, qu’au moyen des présentes conventions et des stipulations et engagements qui précèdent et dont l’exécution demeurera garantie par une hypothèque restreinte uniquement sur l’immeuble Casino-Bains, la Société a définitivement et complètement accompli toutes les obligations imposées par le cahier des charges de la première concession, le minimum des travaux obligatoires ayant été largement dépassé.



Et voici ce que M. Vic, Maire d’Hendaye à cette époque pouvait écrire au sujet de la déviation de la route de la Plage par le vieux port, route qui, autrefois passait par le Bas-Quartier et Belcénia :

"C’est l’unique point par lequel on puisse se rapprocher de la Plage par un accès facile, agréable, par une promenade autour d’une baie comme on n’en voit pas de plus belle, je puis dire en Europe. Le chemin de fer a fait beaucoup pour Hendaye. Depuis sa construction la population est arrivée de 400 à 2 000 habitants ; il a donné à notre ville une vie vraiment exceptionnelle. Mais ce n’est pas tout ; il doit nous donner une vie nouvelle parce que nous l’avons du côté de la Plage et c’est là que nous devons trouver un second élément de prospérité.



C'est là que doivent tendre tous nos efforts et si nous avons la foi nécessaire pour arriver au but, si vous êtes bien tous persuadés que le pays ne veut qu’un peu d’aide pour aller plus en avant : croyez-le nous allons arriver et nous devons marcher avec conviction dans la voie de ces améliorations parce que c’est la volonté du pays et sa richesse.



De plus nous avons le devoir de compléter notre projet et d'exécuter le plan que nous avons approuvé parce que c'est le seul moyen de dégrever les contribuables. Par la vente des terrains nous rembourserons le Crédit Foncier."



Conclusion.



Que dire de plus et de mieux que ce que M. Vic, maire d'Hendaye disait en 1885, il y a quarante-six ans, une fois achevée la première tranche des grands travaux ? Il resterait la seconde : la récupération des terrains de Chingudy.



Or, malgré la prise de possession, vingt ans plus tard, par la "Foncière de Hendaye et du sud-ouest", soit depuis un quart de siècle, cette question est toujours pendante.




pays basque autrefois foncière
ACTION DE CENT FRANCS
LA FONCIERE DE HENDAYE ET DU SUD-OUEST


Nous nous abstiendrons, à dessein, de commenter des événements trop récents et présents dans la mémoire de tous. Mais nous dirons néanmoins notre opinion très nette sur la question.



Hendaye en est arrivé à un stade de développement qui ne peut souffrir ni une longue attente ni la médiocrité.



Voici 75 ans qu’est née l’idée de la récupération des terrains de la baie de Chingudy. Les conseils municipaux qui se sont succédé pendant cette longue période, ont toujours proclamé la nécessité d’en terminer, pour donner à cette station finale de notre littoral océanique, tout son développement et toute sa valeur.



Hendaye est d’une sauvage et altière beauté. Elle gagnera -— comme les beautés féminines s’affinent au contact d’une civilisation — à harmoniser ses charmes naturels aux nécessités de la vie moderne qui devront respecter son antique patrimoine de splendeur et de gloire.



Les Hendayais ne peuvent plus tolérer d’atermoiements nouveaux. Ils veulent des solutions, non pour les générations futures, mais pour celles qui vivent actuellement, qui travaillent et qui souffrent.



"Finite la Comœdia".



Ils se disent qu’ils attendent depuis trop longtemps et avec trop de patience, l'éclosion d’une oeuvre qui n'est pas seulement locale mais nationale. Ils se disent, enfin, que le moment est venu de se retrousser les manches et de donner à la Côte Basque une station nouvelle digne d’elle, contribuant à la prospérité générale.



Mais que l’on y prenne garde : ce labeur doit être entrepris sans tarder davantage. Il appartiendra surtout à l’assemblée communale, qui a déjà donné tant de gages de clairvoyance et de ténacité, de prendre, sans faiblir, ses responsabilités comme jadis ses devancières, en se souvenant, toutefois, des travaux d’Hercule et de la tunique de Nessus.



Septembre 1931."











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lundi 31 mai 2021

LA RIVALITÉ ENTRE URRUGNE ET HENDAYE EN LABOURD AU 19ÈME SIÈCLE AU PAYS BASQUE

LA RIVALITÉ ENTRE HENDAYE ET URRUGNE AU 19ÈME SIÈCLE.


Cette rivalité, entre les deux communes du Labourd, Urrugne et Hendaye existent depuis plusieurs siècles.




pays basque autrefois limites hendaye urrugne
CARTE D'HENDAYE DE 1865 A 1896
PAYS BASQUE D'ANTAN





Voici ce que rapporta à ce sujet Georges Langlois, dans son livre La véritable histoire de Hendaye-

Plage, en 1931 :



"... Urrugne contre Hendaye.



En 1830, la commune d’Urrugne, très étendue, et qui a conservé de nos jours encore une superficie considérable, manifestait néanmoins des velléités d’accroissement territorial. Elle avait mis dans ses projets, en poussant une pointe à l’Ouest et l’autre au Nord, d’encercler Hendaye en ne lui laissant d’abord que ses yeux pour pleurer. La manœuvre se serait terminée en refermant les deux mâchoires de la tenaille et en absorbant les 33 hectares auxquels Hendaye en était réduit. Pour un particulier, 33 hectares constituent une superficie respectable, mais infime pour une commune.



Après s'être vu disputer son territoire par la nation voisine, Hendaye allait être obligée de se défendre "inguibus et rostro" pour se maintenir dans son intégrité. Mais quelle était donc faible ! Il sera facile de s’en rendre compte en examinant son budget de l'époque : 1 074 francs de recettes et, naturellement, un chiffre identique de dépenses.



On croit rêver. C’est le temps le bon vieux temps — comme disent encore les bonnes gens, où le maître d’école recevait 200 fr. d’appointements annuels avec 50 fr. d’indemnité de logement, le secrétaire de mairie 100 fr., le desservant 100 fr., le garde-champêtre-messager 20 fr. et où un crédit annuel de 10 fr. était ouvert pour les fêtes publiques. Le temps où les centimes additionnels à la contribution foncière produisaient en tout et pour tout dans la commune la somme de 7 fr 30 ! Et que de vieux noms Hendayais on retrouve dans la composition du Conseil Municipal de ce temps-là : Durruty (maire), Barrieu, Hiribarren, Ansoborlo, Gorsabal, Etcheverry, etc.


carte pays basque autrefois urrugne
CARTE D'URRUGNE 1887
PAYS BASQUE D'ANTAN



Or, pour répondre à une lettre du Sous-Préfet de Bayonne et à un rapport du Directeur Départemental des contributions directes, voici ce que décide le Conseil Municipal :


1° Dans aucun cas, le commune d’Hendaye ne pourra être unie à celle d’Urrugne.


2° Les terres des Joncaux et d’Izpetia ne seront pas non plus détachées de la juridiction communale sous le simple prétexte de l’établissement du cadastre.



"Vu les motifs puissants qui nous en autorisent, ces terres, crées par nous, furent concédées par notre monarque Louis XIV en récompense de la délivrance de la Rochelle par les seuls habitants de Hendaye (haut fait à prendre en considération) ; que d'ailleurs la commune d’Urrugne qui a 6 000 hectares de surface pourrait sans inconvénient quelconque faire en faveur de Hendaye un abandon d’une étendue peu considérable de terrain, tel que la portée droite du chemin qui conduit de Hendaye au port de Béhoby (sic). Dans ce cas, nos Joncaux et ceux d’Izpeta se trouveraient dans notre juridiction et nous n’aurions pas le mal au cœur de voir (nous qui n’avons presque rien) donner de notre terrain à une commune qui en a plus qu’il ne lui en faut. Le Conseil Municipal à l’honneur de prier Monsieur le Préfet de prendre en considération les motifs ci-dessus et d’avoir compassion d’une commune qui, depuis l’époque funeste de la révolution a toujours été écrasée sous les besoins les plus pressants et n’a l’air de vouloir renaître que depuis que la navigation à Terre-Neuve a recommencé."



Terre-Neuve, Hendaye ! Mais ceci est une autre histoire.



Hendaye n'eût pas satisfaction.


pays basque carte hendaye autrefois
CARTE D'HENDAYE 1887
PAYS BASQUE D'ANTAN



Puis, d’un bond nous passons à 1859 et, devant les empiètements antérieurs d’Urrugne, le Conseil Municipal d’Hendaye décide d’ester en justice contre sa voisine pour faire constater ses droits à la propriété et juridiction des terrains situés au dedans des onze pierres bornes aux initiales H. V. et la continuation de cette ligne en comprenant les communaux d’Izpeta et les Joncaux. Le 7 mars 1860, Hendaye votait 2 000 fr. pour ses frais de procédure contre Urrugne.



Le 19 février 1862, un jugement du tribunal de Bayonne faisait réintégrer à la commune d’Hendaye les terrains contestés. Les Hendayais crièrent victoire, mais pour peu de temps, car Urrugne faisait appel. Enfin, un jugement de la cour impériale de Pau en date du 23 février 1863 confirmait celui de Bayonne en mentionnant que la décision administrative définitive interviendrait après que les plans au 1/10 000e seraient dressés pour chaque commune.



Le point final fût mis à cette affaire en juillet 1894 et Hendaye reprit la disposition de ses terrains des Joncaux, de la baie de Chingudy et des dunes. Cet accroissement territorial devait être suivi d’un second en 1898 au détriment d’Urrugne, portant ainsi la superficie d’Hendaye à 726 hectares."


(Source : carte : http://hendayebidassoa.canalblog.com/archives/2014/02/11/29183384.html)


 



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vendredi 30 avril 2021

LE CAHIER DES CHARGES DE LA BAIE DE CHINGOUDY À HENDAYE EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1881 (deuxième et dernière partie)

 

LE CAHIER DES CHARGES DE LA BAIE DE CHINGOUDY À HENDAYE EN 1881.


En 1885, M. Vic, maire d'Hendaye, déclarait, qu'une fois achevée la première tranche des grands travaux, resterait à récupérer les terrains de Chingudy.




pays basque autrefois livre hendaye
LIVRE LA VERITABLE HISTOIRE DE HENDAYE-PLAGE
DE GEORGES LANGLOIS


Voici ce que rapporta Georges Langlois, dans son livre La véritable histoire d'Hendaye-Plage, au 

sujet du cahier des charges de la partie, dite des Dunes :



"Séances des 21 février et 24 mai 1881 :


Première partie de la concession. — Dunes de la plage.



Cahier des charges et conditions à imposer à l’adjudicataire des dunes de la plage et à la vente éventuelle de la baie de Chingoudy.



Cahier des charges de la baie de Chingoudy.



Le présent cahier des charges a pour objet de régler les conditions de l’aliénation éventuelle d’une zone de terrain à conquérir sur la baie de Chingoudy et de définir les charges imposées à l’acquéreur pour l’endiguement de la partie annexée à terre ferme ; l’établissement d’un tramway reliant Hendaye à la plage.



I. — Aliénation d’une partie de la baie de Chingoudy


Article premier. — Les terrains qui font l’objet de présente concession éventuelle sont : 

1° Les parcelles communales portées au plan cadastral sous le n° 60 et 62 et des terrains vagues appartenant à la commune bordant la terre ferme et consistant en un chemin d'exploitation ; 

2° les terrains à conquérir dans la baie de Chingoudy et à annexer dans la terre ferme contournent la baie depuis la pointe Socoburu jusqu’au vieux port, suivant une ligne ABCDEFGHIJK tracée sur le présent plan joint au cahier des charges : 

A B est une parallèle au rivage de la mer à la distance de 260 mètres de la ligne du rivage considéré dans la partie située à 400 mètres à l’ouest du chemin vicinal n° 2 ; 

C F E est un cercle de 300 mètres de rayon ; 

E F est un alignement tracé parallèlement au chemin n° 2 et à 140 mètres de ce chemin ; 

E G H est un arc de cercle de 309 mètres de rayon ; 

H I est un alignement déterminé par deux points ; le 1 er placé à 52 mètres du chemin vicinal n° 2 en face de la maison Innérarity, le second pointé 40 mètres de l'angle et de l’ancien mur du quai du vieux port I J K est un arc de cercle de 360 mètres de rayon et dont l’extrémité aboutit à la cale d'embarquement du vieux port en un point situé à 40 mètres du mur de la rive. Tous les terrains compris entre cette ligne et la terre ferme y compris la baie de Belcenia, seront aliénés en faveur de l’acquéreur des dunes aux charges et conditions suivantes.



II. Charges


Art. 2. — L’acquéreur construira une digue entre terre perrayée assez forte pour empêcher le retour des eaux de la mer et s’élevant à la hauteur de 0.50 au-dessus des hautes marées. Cette digue ne devra pas faire obstacle à l'écoulement des eaux naturelles. Le terrain conquis sera remblayé à mesure des besoins. Trois passages à niveau avec cales inclinées seront établis sur les points que signalera la commune pour permettre aux chars à bœufs de descendre dans la baie à marée basse et d’en rapporter des engrais.




pays basque autrefois plage
HENDAYE PLAGE
PAYS BASQUE D'ANTAN




Une bande de terrain de 10 mètres de largeur, mesurée depuis l’arête extérieure de la digue, sera réservée à la circulation publique.



Art. 3. — La commune demandera à l’Etat de lui concéder, pour une durée de 60 ans, un tramway depuis les établissements des bains jusqu’au vieux port avec embranchement jusqu’au fond de Belcenia ; le tramway établi sur les terrains à conquérir, en palier ou sur des pentes de quelques millimètres seulement, longera la digue en laissant pour la circulation des promeneurs un trottoir de trois mètres de largeur du côté de la baie.


pays basque autrefois tramway
TRAMWAY HENDAYE PLAGE
PAYS BASQUE D'ANTAN



L’acquéreur accepte la rétrocession de ce tramway et s’engage à le construire et à l’exploiter en se conformant au cahier des charges qui sera imposé à la commune. Il est entendu que l’exploitation de ce tramway ne sera obligatoire que pendant la saison des bains. Ce tramway ne pourra être prolongé dans aucun cas sans l’assentiment du conseil municipal.



Art. 4. — L’endiguement des terrains rétrocédés et l’établissement du tramway seront faits aux risques et périls de l’acquéreur dans le délai de trois ans après la remise des terrains à la commune et l’autorisation de l’administration supérieure pour la construction du tramway.



Art. 5. L’acquéreur, entre les charges ci-dessus, paiera à la commune aux mains du Receveur municipal la quote-part à raison de la surface, dans la somme que celle-ci devra à l’Etat pour la cession de la baie de Chingoudy.


Plus la somme fixe de quarante mille francs, tant pour les parcelles communales privées et vagues énumérées à l’article premier que pour la concession du tramway et la rétrocession des parties de la baie de Chingoudy et de Belcénia.



Art. 6. — L’acquéreur fournira dans le délai de deux mois tous les plans et documents nécessaires pour constituer les dossiers de l’enquête relative à l’établissement du tramway.



Art. 7. - La commune subroge l’adjudicataire à toutes ses obligations en tout ce qui touche la baie de Chingoudy et celle de Belcenia envers l’administration des Ponts et Chaussées.



Art. 8. — Les frais de timbre, d’enregistrement et de publications sont à la charge de l’adjudicataire.



Fait à Hendaye, le 21 Février 1881.

Suivent les signatures.

Pour copie conforme.

Le Maire : B. Ansoborlo.


pays basque autrefois hendaye plage
HENDAYE PLAGE 1882
PAYS BASQUE D'ANTAN


Dans l’intervalle de la publication du cahier des charges et de l’adjudication, M. Liborio de Ramerv, administrateur-directeur de la société de fondation de Hendaye-Plage réclama au sujet de l’enquête faite les 1er, 2 et 3 mai 1881 par M. Granger commissaire-spécial. Mais dans une mise au point définitive et tout à son honneur, le conseil municipal mit le point final (un point de suspension si l’on veut) à cette irritante et grave question.


PAIS VASCO ANTES HOMBRE POLITICO
LIBORIO DE RAMERY


"Les réclamations du sieur Liborio de Ramnery ne sont pas fondées, car l’enquête du 16 mars 1880 ne conclut pas à l’approbation du traité Moreau, puisqu’il a été rejeté à l’unanimité par deux délibérations successives les 17 avril et 2 mai 1880.

D’ailleurs les conseillers municipaux d’Hendaye dont l’élection s’est faite principalement sur ce terrain savent que les électeurs ne les ont pas nommés pour faire les affaires de MM. Moreau, Dupuis et Consorts mais bien celles de la commune.



Que sont MM. Moreau et Dupuy ? On le voit traitant tant en son nom personnel qu’au nom de la société en voie de formation. Plus tard sa  personnalité disparait ; il ne reste plus qu’une société introuvable. Un jour, pour activer une délibération favorable, il annonce que son million est trouvé, un autre jour qu’il n’a encore rien pu faire (voir ses lettres du 1er et 4 avril 1880). D’un bout à l’autre on ne rencontre que contradictions sur contradictions. Enfin, ne sachant plus à quel saint se vouer et se voyant évincé par la délibération du 2 mai 1880 et se décide à faire alliance avec la société locale d’Hendaye, il dit :  "Voilà ma société constituée."


Le Conseil municipal n’a pas à suivre dans ses évolutions la société locale d’Hendaye ; pour lui, elle n’existe qu’en vertu d’un bail régulièrement contracté le août 1879 et dont les conditions sont parfaitement déterminées. 


M. Moreau s’est rendu impossible ; il a entièrement perdu la confiance de la commune. Il reste M. Dupuy que la protestation propose de lui substituer. M. Dupuy vint à Hendaye en qualité d’entrepreneur pour la construction du chemin de fer ; il put à cette époque apprécier le pays, principalement la plage ; il comprit tout le parti qu’on en pouvait tirer pour la création d’une station balnéaire. Plus tard, utilisant les loisirs qui lui étaient faits par les terribles événements de 1870-71, il revint à Hendaye où, en même temps qu’il fit un traité avec la commune, il dressait les plans d’un projet magnifique où rien n’était oublié. — Il y avait ville de plaisir, d’industrie métallurgique, région agricole ; tout y était prévu.. . L’église devait avoir un clocher neuf ; enfin les habitants croyaient déjà à l’âge d’or. Pendant plusieurs années, on attendit vainement, M. Dupuy ne donnait plus signe de vie Son grand projet ne devait servir qu’à fermer la porte à toute autre initiative. — Ce n’est qu’en 1877 que les Hendayais fatigués d’attendre, signèrent une pétition à la suite de laquelle le Conseil Municipal le 4 février 1877 vota le rejet du projet Dupuy. Ce dernier supporta sa déchéance sans la moindre protestation. Il ne demanda même pas le plus petit délai.



Aujourd’hui : plusieurs propositions. Le Conseil Municipal confiant dans les bons résultats que peut donner la vente par adjudication, croit devoir persister dans cette voie qui, seule, peut faire part égale à tout prétendant.



En résumé, le Conseil Municipal repousse à l’unanimité la protestation de M. de Ramery, le déclare mal fondé dans ses réclamations et non recevable dans ses prétentions."



L'adjudication eût lieu le 1er septembre 1881 et M. Le Roy de Bonneville offrant 71 000 francs fût déclaré adjudicataire pour le compte d’une société constituée par acte passé chez Me Fargeot notaire à Saint-Jean-de-Luz.



Cette société prit le nom de "Société Civile Immobilière de Hendaye-Plage". Les membres du Conseil d’Administration comprenaient :



MM. Le Roy de Bonneville, propriétaire à Paris.

Bertrand, architecte à Bayonne.

Amyot, avoué à Bayonne.

Sourbié, propriétaire à Bayonne.

Joly, entrepreneur à Bayonne.

Candido Lara, propriétaire à Madrid.



La société fût constituée an capital de 800 000 francs et le siège social établi à Bayonne, 1, rue Jacques Lafitte.



Après quelques menus incidents tels que la réclamation de MM. Malleville et Champon soumissionnaires qui n’avaient pas versé en espèces le montant de leur cautionnement ; le rejet par la commune du premier plan présenté etc., les travaux prévus au cahier des charges commencèrent si bien qu’en août 1885, la Société Civile Immobilière de Hendaye-Plage avait rempli le programme imposé et effectué pour 600 000 francs de travaux. C’est dire qu’un mur de défense contre les eaux de la mer était édifié, que l’hôtel (l’Hôtel Continental actuel) et le casino ainsi que l’établissement de bains étaient construits. Restait seulement l’élargissement de la route de la plage qui fût bientôt effectué par un accord entre la ville et la société et par l’abandon des droits de cette dernière à son cautionnement de 30 000 francs déposé à la Recette des Finances au moment de l’adjudication.



Dans cet accord il était notamment dit ceci :


Art. 4. — La commune reconnait et déclare au surplus, qu’au moyen des présentes conventions et des stipulations et engagements qui précèdent et dont l’exécution demeurera garantie par une hypothèque restreinte uniquement sur l’immeuble Casino-Bains, la Société a définitivement et complètement accompli toutes les obligations imposées par le cahier des charges de la première concession, le minimum des travaux obligatoires ayant été largement dépassé."





 


(Source : https://henri-eugene-martinet-hendaye.webnode.fr/ et gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France)


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mardi 30 mars 2021

LE CAHIER DES CHARGES DE LA BAIE DE CHINGOUDY À HENDAYE EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1881 (première partie)

LE CAHIER DES CHARGES DE LA BAIE DE CHINGOUDY À HENDAYE EN 1881.


En 1885, M. Vic, maire d'Hendaye, déclarait, qu'une fois achevée la première tranche des grands travaux, resterait à récupérer les terrains de Chingudy.



pays basque autrefois livre hendaye
LIVRE LA VERITABLE HISTOIRE DE HENDAYE-PLAGE 
DE GEORGES LANGLOIS


Voici ce que rapporta Georges Langlois, dans son livre La véritable histoire d'Hendaye-Plage, au 

sujet du cahier des charges de la partie, dite des Dunes :



"Séances des 21 février et 24 mai 1881 :


Première partie de la concession. — Dunes de la plage.



Cahier des charges et conditions à imposer à l’adjudicataire des dunes de la plage et à la vente éventuelle de la baie de Chingoudy.



Le présent cahier des charges a pour but la création d’une ville d’eau appelée Hendaye-plage. La concession comprend deux parties ; 1° les dunes dont la commune peut disposer immédiatement après approbation préfectorale ; 2° les parties de baies de Chingoudy et Belcenia pour l’acquisition desquelles la commune est en instance auprès de l’Etat.



Les conditions pour chaque partie se trouvent définies en deux cahiers des charges séparés.



L’adjudication ne porte définitivement que sur la première partie, la commune n’ayant pas la libre disposition de la seconde. Dès que la Commune aura obtenu de l’Etat la concession sollicitée, elle en avisera l’acquéreur des dunes en le mettant en demeure d’accepter ou de refuser l’acquisition de la seconde partie aux conditions du cahier des charges et dans le délai de trois mois. Passé ce délai, l’acquéreur perdra tous ses droits.



Si au moment où la commune se trouvera en mesure de livrer les terrains qui font l’objet de la seconde concession, l’acquéreur de la première ne se trouve pas au pair des obligations à lui imposées par le cahier des charges de la première partie, il sera déchu de tout droit de préférence sur la seconde.



PAYS BASQUE AUTREFOIS CHINGOUDY
1882 PLAN DE LA BAIE DE CHINGOUDY HENDAYE
PAR M ERHARD INGENIEUR



Cahier des charges de la première partie dite des Dunes.



Art. 1. — Les terrains faisant l'objet de la vente par adjudication sont situés dans la commune d’Hendaye, section A du plan cadastral dite de Subernoa, annexée à la dite commune par décret du 25 mai 1867.



Ces terrains se composent de trois parcelles contiguës désignées par les numéros 1,2 et 3.



Elles sont limitées au nord par le rivage de la mer défini au procès-verbal du 18 mars 1878 de la commission spéciale de délimitation ; à l’ouest par la pointe de Socobourou ; au sud, par la baie de Chingoudy, les parcelles n os 3, 4, 5, 6 et 7, et 11 et le chemin d’Ellisacilio ; et à l’est, par la prolongation jusqu’à la mer vers le nord du chemin de Sascœnia et coupant les parcelles 2 et 8 (la contenance approximative est de 27 hectares).



Art 2. — La commune se réserve un hectare de terrain sur la portion retranchée des parcelles 2 et 8 par la prolongation du chemin de Sascœnia indiqué dans l’article premier et suivant le plan. Cet hectare de terrain sera destiné à former une sablière publique pour les besoins de la construction et de l’agriculture ; la commune s’interdit le droit de changer la destination de cette portion de terrain. Dans la parcelle n° 8 se trouvent enclavées deux petites parcelles n os 9 et 10 dites Santana, n'appartenant pas à la Commune. Dans la partie des Dunes située à l’ouest du chemin vicinal n° 2 de la plage, est un établissement provisoire établi sur le terrain communal par un locataire en possession d’un bail régulier comprenant neuf ares de terrain pour une durée de neuf années qui expirera le 9 janvier 1883. La commune subroge l’acquéreur à ses obligations et à ses droits en ce qui concerne ce bail. Dans la partie des dunes située à l’est du chemin vicinal n° 2 existe un établissement élevé sur le terrain communal par une société locale, en vertu d’un bail consenti le 2 août 1879 pour la durée de dix-huit années avec la faculté de résiliation stipulée à l'article 4 du contrat du bail, au cas où la commune viendrait à créer sur la plage des établissements balnéaires plus importants.



Article 4 du bail consenti le 2 août 1879. — "La commune de Hendaye se réserve le droit de résilier en tout temps le présent bail et de se substituer au preneur en le remboursant du capital engagé plus les intérêts depuis l’époque des versements dans le cas où ils n'auraient pas été servis. Le compte-rendu du produit des dépenses de l’Etablissement sera remis tous les ans à M. le Maire de Hendaye.


L’acquéreur des dunes est tenu de désintéresser les propriétaires des bains actuels conformément à l’article 4 du dit bail, et l’établissement deviendra sa propriété".



Art. 3. — L’acquéreur ou l’adjudicataire des dunes devra soumettre à l’approbation du conseil municipal, dans le délai d’un maximum de deux mois à partir de l’adjudication, un plan de la ville d’eau dans lequel sera indiqué l’emplacement des constructions et travaux obligatoires énoncés ci-après.



Ce plan devra comporter au minimum cinq hectares de viabilité consistant en places, rues, boulevards, etc...



Les constructions et travaux obligatoires sont :



1° Un mur de défense contre les eaux de la mer dont la longueur imposée au minimum est de six cents mètres ; son axe devra être celui de la route n° 2 de la plage et s'étendre de trois cents mètres de chaque côté.


2° L’élargissement du chemin vicinal n° 2 de la plage à partir de la maison Ouhaldia jusqu’à la mer à une largeur de 11 mètres, comprenant 7 mètres de chaussée et deux trottoirs de deux mètres de chaque côté avec plantations d’arbres en bordure, le tout à ses risques et périls. La commune ne s’engageant qu’à obtenir les autorisations nécessaires tant pour l’exécution des travaux que pour l’expropriation pour cause d’utilité publique des terrains dont le prix sera payé par le concessionnaire.


Les parcelles communales se trouvant dans ce parcours seront cédées gratuitement au concessionnaire pour le besoin de l’élargissement de cette route.


3° Un établissements de bains comprenant cent dix cabines reposant sur pilotis aux soubassements en maçonnerie.


4° Un hôtel à proximité de la plage,


5° Un casino.


6° Un boulevard longera le mur de défense et devra avoir au moins une largeur de quinze mètres, ainsi répartis ; un trottoir de trois mètres de largeur suivant le quai servant de promenade, avec bancs de distance en distance ; une chaussée de dix mètres, et un autre trottoir de deux mètres de large longeant les constructions.



Art. 4. — L’acquéreur sera tenu d’assurer dès la première année jusqu’à la création d’un service plus complet et pendant toute la durée des bains, c’est à-dire depuis le 1er juillet jusqu’au 1er octobre, un service régulier partant de la maison Ouhaldia jusqu’à la plage, composé d’un nombre suffisant de voitures pour représenter un total de 40 à 50 places et dont le prix d'aller et retour ne dépassera pas trente centimes, ce prix pourra être porté à vingt centimes pour aller ou revenir seulement. Ce service sera une obligation pour l’acquéreur sans créer un monopole à son profit.



Art. 5. — La mise à prix de la vente des dunes est fixée à soixante dix mille francs. La moitié du montant de l’adjudication sera payée à la commune dans les quinze jours qui suivront l’adjudication. Le solde sera payé un an après. L’adjudicataire pourra, après l’acceptation du plan de la ville aliéner, la première année, le quart des terrains acquis sans désignation de parcelles ; la deuxième année et après justification de la somme des travaux à exécuter la première année, aliéner un autre quart et ainsi de suite pour les deux années suivantes.


Le minimum des travaux obligatoires énoncés à l’article 3 sera de 600 000 francs. Après la justification de l’emploi de cette somme répartie sur la totalité des travaux obligatoires, l’adjudicataire sera dégagé de toute obligation vis-à-vis de la commune.



Art 6. — Il pourra exploiter à son profit tant qu’il le jugera convenable à ses intérêts, le casino, l’hôtel, l’établissement des bains de mer. Il pourra changer leur destination pourvu qu’ils soient remplacés par des établissements plus importants, d’accord avec la Municipalité. Il pourra également les revendre sous la réserve de leur conserver leur destination primitive qui est l’obligation de les exploiter.



Art. 7. — Les personnes qui voudront concourir à l'adjudication devront déposer chez le Receveur particulier un cautionnement du vingtième portant sur 600 000 francs, minimum des travaux à exécuter, soit 30 000 francs.


Les pièces à produire par tout soumissionnaire sont :

1° la soumission sous enveloppe cachetée ;

2° le récépissé du dépôt des 30 000 francs.


Le cautionnement ci-dessus énoncé ne sera remboursable qu’après l’achèvement complet de ses engagements. Il produira un intérêt de 3% l'an au profit de l’adjudicataire.


Les terrains sur lesquels devront être construits les travaux obligatoires sont inaliénables jusqu’à complet achèvement des travaux. Au cas où l’adjudicataire serait dans l’impossibilité de remplir ses engagements, le cautionnement deviendrait, ainsi que les terrains inaliénables, propriétés de la commune sans qu'il puisse réclamer aucune indemnité pour les travaux en voie d’exécution.


L’adjudicataire s'engage à ne pas poursuivre le remboursement par voie de justice ou autre.



Art. 8. — L’adjudicataire devra exécuter les travaux obligatoires spécifiés dans les articles 3 à 6 de la manière suivante :


Chaque année, il devra dépenser 150 000 frs au minimum.


Le délai pour l’exécution des travaux obligatoires commencera un mois après l’approbation des plans par le Conseil.


Les constructions particulières élevées en dehors des travaux obligatoires sur des lots vendus par l’acquéreur ne pourront être portés en ligne de compte sur ses engagements.


La valeur des travaux actuellement et régulièrement exécutés par la société locale de Hendaye sera reconnue à l’adjudicataire acquéreur, dans le montant des travaux obligatoires à exécuter.



Art. 9. — A la fin de chaque année, l’acquéreur devra justifier de l’accomplissement de ses engagements, faute de quoi il sera passible d'une amende de 50 frs. par mois et par fraction de 10 000 frs. de travaux non exécutés. Cette pénalité cessera lorsqu’il aura justifié qu’il se sera remis au pair de ses obligations.



Art. 10. Ces amendes seront au profit de la commune. L’entretien de chaque partie de la viabilité ne sera à la charge de la commune que deux ans après le parfait achèvement de chaque partie. La construction de ces voies présentera un trottoir de chaque côté et une chaussée de 0.25 d'épaisseur en empierrements.



Art. 11. — L’adjudicataire sera tenu d’élire domicile à Hendaye.



Art. 12. — Le Maire aura la police des établissements de bains. Il fera les règlements nécessaires pour assurer le bon ordre et la tranquillité publique.


Les tarifs des bains seront soumis à l’approbation du Maire.



Art. 13. — Les frais de timbre et d’enregistrement et de publications sont à la charge de l’adjudicataire.



Fait à Hendaye le 21 février 1881.


Pour expédition conforme,

le Maire : B. Ansoborlo.

Vu pour être annexé à notre arrêté de ce jour.



A Pau le 13 juillet 1881.

le Préfet : P. LAURENS.

Pour copie conforme,

le maire : B. Ansoborlo."



A suivre...



(Source : gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France)



 


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dimanche 9 décembre 2018

LA BAIE DE CHINGOUDY AU PAYS BASQUE EN OCTOBRE 1921


CHINGOUDY EN 1921.


La baie de Chingoudy est le nom donné à l'estuaire de la Bidassoa.