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mercredi 19 novembre 2025

INCIDENT DE FRONTIÈRE À JAXU EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE EN 1830

INCIDENT DE FRONTIÈRE À JAXU EN 1830.


En 1830, la commune de Jaxu, en Basse-Navarre, comprend environ 500 habitants.



pays basque basse-navarre frontière incident
BLASON DE JAXU BASSE-NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta au sujet de Jaxu, le quotidien Journal du Commerce, le 15 novembre 1830 :



"La dépêche télégraphique expédiée à Bayonne par le nouveau ministère, et transmise sur-le-champ au préfet, à Pau, non seulement prescrit de faire dissiper tous rassemblemens d'Espagnols et de leurs adhérens qui pourraient encore se former sur la frontière, et de les diriger sur Bourges ; mais elle porte en outre que tous ceux qui ne seront pas rendus dans cette ville dans un délai déterminé, seront privés des secours que le gouvernement est décidé à leur accorder.



Le Mémorial des Pyrénées donne, dans les termes suivans, d'après une lettre de Saint-Jean-Pied-de-Port du 6 novembre, les détails de nouvelles déprédations commises par les Espagnols :



"Pendant que les Espagnols constitutionnels et les partisans de Ferdinand se battaient et que le petit nombre de soldats sur la frontière n'était occupé qu'à faire respecter notre territoire, la guerre entre les pasteurs français et espagnols de l'Ahescoa ne discontinuait pas. Les rapines partielles ont repris depuis quinze jours, de la part de ces derniers, et les troupeaux du village de Jaxu ont eu particulièrement à souffrir de ces événemens peu importans, mais quotidiens. les pasteurs de Jaxu, exaspérés de cet état de choses, rencontrèrent, hier matin, plus de 150 animaux appartenant aux Espagnols en deçà de la ligne séparative des deux territoires. L'occasion parut favorable à l'exercice de représailles !... on ne l'a pas laissé échapper. Ces animaux ont été saisis et conduits vers Saint-Jean-Pied-de-Port, où ils arrivèrent hier à midi. Un attroupement espagnol, composé de plus de 500 paysans, armés, a suivi de loin et sans pouvoir reprendre les troupeaux pignorés. Le rassemblement s'est approché jusqu'à la montagne d'Orisson et à la vue du village de Saint-Michel, près de Saint-Jean-Pied-de-Port. De là, il a rétrogradé en traquant et emmenant en Espagne la totalité des troupeaux français qui paissaient paisiblement dans nos propres pâturages. Le nombre d'animaux de toute espèce, compris dans cet enlèvement, s'élève à plus de six mille. La plus grande partie des communes de Saint-Jean-Pied-de-Port sont intéressées dans cet enlèvement général. On blâme hautement l'entreprise du village de Jaxu, pour avoir agi sans prévenir les autres localités qui ont ainsi été prises au dépourvu.



Un grand nombre de propriétaires des troupeaux enlevés se concertaient aujourd'hui pour adopter un moyen de reprendre leur propriété. Les uns proposaient des mesures de conciliation, d'autres penchaient pour courir aux armes, poursuivre les ravisseurs et les combattre jusqu'à restitution. Je ne sais ce qui en adviendra. Mais l'esprit public est singulièrement monté : on se plaint de ce qu'on n'arme pas les gardes nationales des localités exposées à toute irruption des Espagnols. On parle de s'emparer des caisses d'armes qu'on expédie, chose inconcevable, depuis quelques jours, de la citadelle vers l'intérieur."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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jeudi 19 septembre 2024

LES TROUBLES AUX ALDUDES EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE EN 1830 (deuxième et dernière partie)

TROUBLES AUX ALDUDES EN 1830.


En 1830, la commune des Aldudes est peuplée d'environ 2 300 habitants et est administrée par le Maire M. Charles Schmarzow.




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LES ALDUDES BASSE-NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien Messager des Chambres, le 9 juillet 1830 :



"Sur les troubles aux Aldudes.



La gazette qui s'imprime en langue espagnole à Bayonne contenait dans un de ses derniers numéros un article sous la rubrique de Pampelune, le 11 juin dernier, portant en substance qu'à la sollicitation du vice-roi de Navarre, et grâces à sa persévérance, il était parvenu, par l'intermédiaire de l'ambassadeur d'Espagne à Paris, à obtenir du gouvernement français l'ordre par le préfet des Basses-Pyrénées de faire exécuter le traité signé en 1785 entre les commissaires des deux puissances, Caro et Ornano, relatif à la délimitation ridicule du pays Quint ou indivis. Voici quelques particularité sur la conduite que tint M. le commissaire du roi de France dans cette opération :


M. Ornano avait épousé une demoiselle d'Echaux, tante de Mme la comtesse Harispe, née d'Echaux. Il devint créancier de cette maison pour une somme considérable. A la mort de M. le vicomte d'Echaux, frère aîné de Mme Ornano, sa succession se trouva tellement obérée que M. Ornano perdit sa créance presque en même temps que son épouse. C'est après ces malheurs qu'il sollicita et obtint du roi cette mission de haute confiance pour la délimitation du pays Quint, afin de concilier les intérêts de la vallée de Baïgorry avec ceux des vallées espagnoles. M. Ornano, très indisposé contre la maison d'Echaux, à son arrivée à Baïgorry, descendit chez M. le curé et se rendit ensuite près de M. le général Caro, commissaire de la cour de Madrid, qui se tenait tantôt à Bastan, tantôt chez les chanoines de Roncevaux. Il ne fut pas difficile aux Baïgorriens de s'apercevoir que leurs intérêts devaient être sacrifiés par ce commissaire, et qu'ils avaient encouru son animadversion.


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GENERAL DON VENTURA CARO



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COMTE D'ORNANO



Le 15 août 1785, trois principaux propriétaires de la vallée de Baïgorry, MM. Harismendi, Ernautone et Minhondo, furent envoyés comme députés à M. Ornano, qui se trouvait aux Aldudes à l'occasion de la fête locale de cette commune ; mais à leur arrivée il les fit arrêter par la maréchaussée et conduire à la citadelle de St-Jean-Pied-de-Port. M. Harismendi demeura près de deux mois dans un cachot, à ce que nous a rapporté l'un de ces députés, M. Minhondo, qui est encore vivant. C'est à cette occasion que des plaintes et des déclamations s'élevèrent spontanément contre M. Ornano et contre ses opérations iniques. Les bornes qu'il fit poser depuis le col d'Ispeguy jusqu'au col d'Ibañeta, et que les espagnols payèrent, furent arrachées le lendemain de leur plantation. Celles qui furent posées d'après le traité de 1703 existent encore. Les Espagnols et les Français les respectent, et dans ce moment les troupeaux des vallées françaises et espagnoles jouissent du pacage de ce territoire.



Si l'article de la gazette espagnole est exact, M. le préfet des Basses-Pyrénées a une mission délicate, difficile et même dangereuse ; heureusement que n'étant pas tenu à l'obéissance passive, il lui reste la ressource des représentations fondée sur le droit incontestable qu'ont les Aldudiens et les Baïgorriens de défendre leurs propriétés sous la protection des lois. Personne en France ne saurait les violer impunément, surtout lorsqu'elles attaquent les propriétaires d'une localité aussi digne du nom français.



De petites causes ont souvent produit de grands effets. On serait curieux de savoir si c'est M. le baron ou M. le comte de Damas qui, dans le deuxième trimestre de 1815, se présenta à Baïgorry, venant de la vallée de Bastan ; s'il n'y fut pas arrêté, et conduit en vertu d'ordres supérieurs jusqu'à l'extrême frontière ; s'il n'y fut pas surpris par un orage qui l'obligea à passer la nuit à écrire dans la maison d'Ubanietta où il se réfugia, et qui est située entre la commune de Baïgorry et le col d'Ispegui (limite entre France et l'Espagne) : le rapport que M. de Damas dut faire sur sa mésaventure à Baïgorry, n'aurait-il pas été produit ou rappelé à l'occasion de la décision rendue en 1827, pour faire exécuter un traité inique et repoussé par Louis XVI.




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ANGE HYACINTHE MAXENCE, BARON DE DAMAS
PAR GEORGE DAWE



Enfin cette oeuvre d'Ornano a pu être l'effet d'une récrimination, ne serait-il pas possible que la décision ministérielle eût la même empreinte ?



Le traité de 1703 a constamment été la règle de conduite entre les habitans des vallées espagnoles et françaises. Depuis 1785 jusqu'au commencement de la révolution ce traité a toujours existé, et celui de Caro et Ornano ne fut jamais exécuté. Depuis 1789 jusqu'en 1827, le traité de 1703 a été exécuté sans interruption ; c'est donc en 1826, à l'occasion d'une contestation insignifiante entre quelques habitans de la vallée d'Erro et des ouvriers de la fonderie de Banca, que le ministère, par une susceptibilité déplacée ou par d'autres motifs peut-être plus blâmables, prononça une décision dénuée de toute équité et de justice. La population de Baïgorry et des Aldudes est une avant-garde nationale et une barrière redoutable. Il n'en est point, sur la frontière des Pyrénées, de plus dévouée ni de plus capable de défendre son territoire. Le gouvernement ne saurait trop apprécier ses belles qualités de patriotisme et de fidélité.


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CARTE FRONTIERE LABOURD GIPUZKOA 1785


Un détachement de troupes françaises occupe aujourd'hui les Aldudes. Il est temps que le gouvernement prononce s'il y est pour soutenir les prétextes du cabinet espagnol ou pour défendre l'intégrité du territoire français, afin de faire cesser toute incertitude à cet égard. M. le préfet est parfaitement instruit de ce qui se passe et de ce qui a été exposé dans les deux articles précédents publiés dans ce journal. Les états de Navarre et le parlement de Pau se firent entendre au pie du trône de Louis XVI, en demandant justice pour les Baïgorriens. Il faut espérer que Charles X, son auguste frère, daignera écouter, sur le même objet, la voix de cette population digne d'un meilleur sort, et que M. le préfet des Basses-Pyrénées, seul intermédiaire entre S. M. et ce franc et malheureux peuple, ne négligera aucun moyen pour faire cesser cet état de choses. Le canton de Baïgorry a payé indûment 49 mille francs pour le pacage de ses troupeaux. Une indemnité lui est due en toute justice."


(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)







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lundi 19 août 2024

LES TROUBLES AUX ALDUDES EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE EN 1830 (première partie)

TROUBLES AUX ALDUDES EN 1830.


En 1830, la commune des Aldudes est peuplée d'environ 2 300 habitants et est administrée par le Maire M. Charles Schmarzow.




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LES ALDUDES BASSE-NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien Messager des Chambres, le 22 juin 1830 :



"Sur les troubles aux Aldudes.



La commune des Aldudes est bâtie dans les Pyrénées sur un terrain indivis ou communal entre la France et l'Espagne. Les vallées espagnoles de Valcarlos, Erro et Bastan, jouissent du pacage de ce sol conjointement avec la vallée de Baïgorry. Le gros et menu bétail de ces vallées, tant que les montagnes des Aldudes ne sont pas couvertes de neige, y jouit du droit de pacage, et il existe une ligne de démarcation d'une vallée à l'autre qui sert de guide aux deux parties, les bestiaux y paissent depuis le lever jusqu'au coucher du soleil, et pendant la nuit chacun se retire sur son territoire respectif. Il y a eu de tout temps des différends et des contestations entre les vallées espagnoles et celle de Baïgorry. Le motif est que celle-ci a augmenté progressivement en population et en produits de détail, et que par conséquent elle jouit de plus de pacage que les vallées espagnoles.



Il existe un traité fait en 1703, à Madrid, entre M. le marquis de Laguna pour l'Espagne, et M. le comte de Wenceslar, ambassadeur de S. M. T. C., pour la France, concernant ce territoire. Il y est spécifié que les quatre vallées jouiront des pacages de ce sol, et que leur bétail y aura le droit de parcours ; mais il ne sera permis à aucun habitant de ces vallées d'y bâtir ni des bergeries ni des maisons d'habitation. Ce terrain s'étend depuis les limites de la fonderie ou Banca, commune française, jusqu'à Heuguy, commune de la vallée d'Erro, et depuis les limites de la vallée de Valcarlos jusqu'à celles de la vallée de Bastan ; son étendue est donc d'environ six lieux communes de France de long sur trois de large. Ce pays était anciennement couvert de forêts, et aujourd'hui il n'y a que très peu d’arbres, mais un excellent et très abondant pâturage. Ce territoire nourrit environ 30 000 têtes de gros et menu bétail ; il est connu sous le nom des Aldudes ou pays Quint, ce qui signifie pays indivis. 



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CARTE FRONTIERE LABOURD GUIPUSCOA 1785


Quoiqu'il fut défendu par le traité mentionné ci-dessus de bâtir ni bergeries, ni maisons d'habitation, et qu'il n'y eût de toléré que des cahuttes pour mettre les pasteurs ou bergers à l'abri d'un coup d'orage, les Espagnols, d'accord sans doute avec les Baïgorriens, commencèrent à bâtir des maisons. Ils choisirent le terrain le plus propice à cet effet ; il existe encore aujourd'hui douze de ces maisons aux Aldudes qui y conservent les droits de sujets espagnols. Les maisons de Inda dit Percain, Laasa, etc., etc. sont connues comme des habitations dont les propriétaires sont sujets de l'Espagne. Les Baïgorriens, qui depuis 80 ans ont plus que doublé leur population, y ont bâti de même des maisons d'habitation et s'y sont établis. En 1792, on y comptait 1 600 communians et on peut affirmer que ce nombre n'a pas diminué depuis lors. Comme la masse de la population était française, les Aldudes devinrent communes françaises. Les douanes françaises et espagnoles y ont exercé alternativement ; mais on en a reconnu l'abus de part et d'autre, et il n'y en a pas plus aujourd'hui ; mais le prêtre qui dessert l'église est français et dépend du diocèse de Bayonne.



Vers 1748, quelques habitans de Burguete près Roncevaux, se permirent d’exercer des voies de faits sur les aldudiens, à cause du charbon que l'on faisait dans les forêts du pays indivis. Ceux-ci , peu endurans, se levèrent en masse, et après une affaire assez sanglante, brûlèrent Burguete ; cet acte fut suivi de représailles. Les gouvernemens de France et d'Espagne résolus de mettre un terme à ces dissensions, nommeront dix commissaires pour établir une ligne de délimitation entre ces vallées : M. le général Caro fut nommé par la cour de Madrid et M. le vicomte d'Ornano par la France. Les Aldudiens furent tellement bornés par les limites de ce traité qu'il s’éleva de nombreuses réclamations. Le nom d'Ornano est encore en exécration dans ces montagnes. Les états de la Basse-Navarre adressèrent des remontrances au parlement de Pau qui protesta formellement contre cette délimitation inconvenante, consentie par un commissaire du roi de France. Cette convention ou traité demeura sans exécution et les choses en restèrent là. Les dispositions du traité de 1703 continuèrent à être exécutées pour ce qui regardait le parcours du bétail des quatre vallées espagnoles et françaises.



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GENERAL DON VENTURA CARO


pays basque autrefois frontière traité commission caro ornano
COMTE D'ORNANO




Le traité de paix signé à Bâle en 1795, entre la France et l’Espagne, mit ordre à la délimitation de Caro et Ornano.



En 1793, les Aldudiens, égarés par le prêtre Inda dit Percain, au moment de la guerre qui éclata entre les deux puissances, se soulevèrent contre la France et se déclarèrent pour l'Espagne, en venant incendier la fonderie de Banca. Ils organisèrent une compagnie franche de cent cinquante jeunes gens, qui eut pour chef le frère de ce prêtre et qui était à la solde d'Espagne. Elle fit la guerre avec la légion des émigrés français, commandée par le marquis de Saint-Simon qui vint occuper les Aldudes ; et cette commune, qui commençait à prospérer, fut anéantie en un seul jour ; toutes les maisons furent incendiées après un combat de plusieurs heures entre ce corps de transfuges français et les troupes de la république. Toute la population aldudienne qui ne fut pas massacrée interna en Espagne. Avant que la guerre fut terminée, le gouvernement français d’alors fit des tentatives pour ramener ces malheureux sur le sol natal, et ils étaient sur le point d'y revenir, lorsque le prêtre Inda fit prendre des mesures de rigueur pour les en empêcher. Cependant à la paix ces malheureux vinrent relever leurs foyers abattus, et depuis cette époque le nombre de leurs maisons a considérablement augmenté. 



Comme peuple pasteur, les Aldudiens vivaient dans une médiocre aisance, lorsque, sous le prétexte de quelques contestations qui se sont élevées au sujet de la forêt de Hayra, enclavée sur le territoire Quint ou indivis, et dans laquelle on a voulu faire du charbon pour les forges de Banca, le gouvernement français a décidé fort légèrement en 1826 que le traité d'Ornano serait exécuté dans toutes ses dispositions. Cette décision a enlevé aux Aldudiens le moyen de nourrir leurs nombreux troupeaux, et les a forcés d'acheter à la vallée de Bastan le droit de pacage. L’administration a fait des représentations à la suite desquelles les cabinets des Tuileries et de Madrid ont nommé des commissaires. M. Gleize, chef de bataillon du génie, pour la France, et don Joquin Buyona, pour l'Espagne, se sont réunis à Arneguy, commune située près Saint-Jean-Pied-de-Port, entre la France et l'Espagne, pour entendre les réclamations des habitans des vallées de Cize et d’Aëllon, entre lesquels il existe aussi depuis plusieurs années des contestations sérieuses. Les Baïgorriens et les Aldudiens n’ont négligé aucun moyen pour faire entendre leurs justes réclamations à l'autorité supérieure, mais leurs plaintes n’ont pas été écoutées. 



pays basque autrefois frontière carte traité basse-navarre
BLASON DES ALDUDES BASSE-NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Dans l'impossibilité où ils sont de pouvoir continuer à payer aux Bastanais ce droit de pacage, qui leur coûte depuis trois ans plus de 19 mille francs, et n'ayant d'autre ressource pour vivre que leurs troupeaux, ils ont pris le parti de prendre les armes pour soutenir leurs droits incontestables. La première démarche qu’ils ont faite a été de faire constater, par une promenade militaire, la limite jusqu'où s'étendent leurs droits de pacage, et la seconde a été de notifier aux vallées de Bastan, Erro et Valcarlos que depuis 1827, par respect et déférence pour l'autorité et pour un bien de paix, ils se sont soumis à compter de l'argent pour avoir le pacage de leurs troupeaux dans le pays Quint ; mais qu'à l'avenir ils sont résolus à soutenir leurs droits et leur propriétés aux dépens de leur vie, et de repousser la force par la force, jusqu'à ce que les gouvernemens de France et d'Espagne aient prononcé sur les contestations qui se sont élevées de part et d’autre.



La vallée de Baïgorry compte environ 4 600 hommes en état de porter les armes, 1 200 jeunes gens, dont un grand nombre ont servi, sont dans ce moment sous les armes, bien décidés et déterminés à défendre leur sol et leurs familles. De grands malheurs peuvent arriver si les autorités des deux pays ne s'entendent pas pour terminer ce différend. Le gouvernement espagnol a fait avancer des troupes jusqu'à Val-carlos (extrême frontière), et menacent de faire saisir le bétail aldudien qui se trouverait hors des limites tracées par la convention ou traité de Caro et Ornano.



Un député de la vallée de Baïgorry est à Paris depuis plus d’un an pour faire des représentations au gouvernement. Un autre député des vallées de Cize et d’Aellon se trouve aussi depuis quelque temps pour réclamer l'exécution des traités que les habitans des frontières espagnoles violent en enlevant les troupeaux français. M. le préfet des Basses-Pyrénées n'ignore rien de ce que renferme cette note.



pays basque autrefois frontière carte traité
CARTE FRONTIERE FRANCE ESPAGNE 1642


Nous pouvons affirmer que les hostilités ont commencé, et que les deux compagnies d’infanterie qui étaient à Saint-Jean-Pied-de-Port se sont rendues sur l'extrême frontière ; nous avons annoncé dans notre dernier numéro qu’un bataillon du 9e régiment était aussi parti de Bayonne pour aller aux Aldudes."



A suivre...



(Source : gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France)








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lundi 31 mai 2021

LA RIVALITÉ ENTRE URRUGNE ET HENDAYE EN LABOURD AU 19ÈME SIÈCLE AU PAYS BASQUE

LA RIVALITÉ ENTRE HENDAYE ET URRUGNE AU 19ÈME SIÈCLE.


Cette rivalité, entre les deux communes du Labourd, Urrugne et Hendaye existent depuis plusieurs siècles.




pays basque autrefois limites hendaye urrugne
CARTE D'HENDAYE DE 1865 A 1896
PAYS BASQUE D'ANTAN





Voici ce que rapporta à ce sujet Georges Langlois, dans son livre La véritable histoire de Hendaye-

Plage, en 1931 :



"... Urrugne contre Hendaye.



En 1830, la commune d’Urrugne, très étendue, et qui a conservé de nos jours encore une superficie considérable, manifestait néanmoins des velléités d’accroissement territorial. Elle avait mis dans ses projets, en poussant une pointe à l’Ouest et l’autre au Nord, d’encercler Hendaye en ne lui laissant d’abord que ses yeux pour pleurer. La manœuvre se serait terminée en refermant les deux mâchoires de la tenaille et en absorbant les 33 hectares auxquels Hendaye en était réduit. Pour un particulier, 33 hectares constituent une superficie respectable, mais infime pour une commune.



Après s'être vu disputer son territoire par la nation voisine, Hendaye allait être obligée de se défendre "inguibus et rostro" pour se maintenir dans son intégrité. Mais quelle était donc faible ! Il sera facile de s’en rendre compte en examinant son budget de l'époque : 1 074 francs de recettes et, naturellement, un chiffre identique de dépenses.



On croit rêver. C’est le temps le bon vieux temps — comme disent encore les bonnes gens, où le maître d’école recevait 200 fr. d’appointements annuels avec 50 fr. d’indemnité de logement, le secrétaire de mairie 100 fr., le desservant 100 fr., le garde-champêtre-messager 20 fr. et où un crédit annuel de 10 fr. était ouvert pour les fêtes publiques. Le temps où les centimes additionnels à la contribution foncière produisaient en tout et pour tout dans la commune la somme de 7 fr 30 ! Et que de vieux noms Hendayais on retrouve dans la composition du Conseil Municipal de ce temps-là : Durruty (maire), Barrieu, Hiribarren, Ansoborlo, Gorsabal, Etcheverry, etc.


carte pays basque autrefois urrugne
CARTE D'URRUGNE 1887
PAYS BASQUE D'ANTAN



Or, pour répondre à une lettre du Sous-Préfet de Bayonne et à un rapport du Directeur Départemental des contributions directes, voici ce que décide le Conseil Municipal :


1° Dans aucun cas, le commune d’Hendaye ne pourra être unie à celle d’Urrugne.


2° Les terres des Joncaux et d’Izpetia ne seront pas non plus détachées de la juridiction communale sous le simple prétexte de l’établissement du cadastre.



"Vu les motifs puissants qui nous en autorisent, ces terres, crées par nous, furent concédées par notre monarque Louis XIV en récompense de la délivrance de la Rochelle par les seuls habitants de Hendaye (haut fait à prendre en considération) ; que d'ailleurs la commune d’Urrugne qui a 6 000 hectares de surface pourrait sans inconvénient quelconque faire en faveur de Hendaye un abandon d’une étendue peu considérable de terrain, tel que la portée droite du chemin qui conduit de Hendaye au port de Béhoby (sic). Dans ce cas, nos Joncaux et ceux d’Izpeta se trouveraient dans notre juridiction et nous n’aurions pas le mal au cœur de voir (nous qui n’avons presque rien) donner de notre terrain à une commune qui en a plus qu’il ne lui en faut. Le Conseil Municipal à l’honneur de prier Monsieur le Préfet de prendre en considération les motifs ci-dessus et d’avoir compassion d’une commune qui, depuis l’époque funeste de la révolution a toujours été écrasée sous les besoins les plus pressants et n’a l’air de vouloir renaître que depuis que la navigation à Terre-Neuve a recommencé."



Terre-Neuve, Hendaye ! Mais ceci est une autre histoire.



Hendaye n'eût pas satisfaction.


pays basque carte hendaye autrefois
CARTE D'HENDAYE 1887
PAYS BASQUE D'ANTAN



Puis, d’un bond nous passons à 1859 et, devant les empiètements antérieurs d’Urrugne, le Conseil Municipal d’Hendaye décide d’ester en justice contre sa voisine pour faire constater ses droits à la propriété et juridiction des terrains situés au dedans des onze pierres bornes aux initiales H. V. et la continuation de cette ligne en comprenant les communaux d’Izpeta et les Joncaux. Le 7 mars 1860, Hendaye votait 2 000 fr. pour ses frais de procédure contre Urrugne.



Le 19 février 1862, un jugement du tribunal de Bayonne faisait réintégrer à la commune d’Hendaye les terrains contestés. Les Hendayais crièrent victoire, mais pour peu de temps, car Urrugne faisait appel. Enfin, un jugement de la cour impériale de Pau en date du 23 février 1863 confirmait celui de Bayonne en mentionnant que la décision administrative définitive interviendrait après que les plans au 1/10 000e seraient dressés pour chaque commune.



Le point final fût mis à cette affaire en juillet 1894 et Hendaye reprit la disposition de ses terrains des Joncaux, de la baie de Chingudy et des dunes. Cet accroissement territorial devait être suivi d’un second en 1898 au détriment d’Urrugne, portant ainsi la superficie d’Hendaye à 726 hectares."


(Source : carte : http://hendayebidassoa.canalblog.com/archives/2014/02/11/29183384.html)


 



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